Article
Cabale contre le Conseil national islamique (CNI) : Boga Doudou a son association islamique
- Titre
- Cabale contre le Conseil national islamique (CNI) : Boga Doudou a son association islamique
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Mamadou Doumbes
- Editeur
-
Le Patriote
- Date
- 22 décembre 2001
- pages
- 3
- nombre de pages
- 1
- Sujet
- Al Coran
- Harrissou Fofana
-
Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires islamiques
- Conseil National Islamique
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0007133
- contenu
-
Cabale contre le Conseil national islamique (CNI)
BOGA DOUDOU À SON ASSOCIATION ISLAMIQUE
Mamadou Doumbes
La laïcité de l'État pour les régimes successifs depuis celui d'Houphouët-Boigny est un concept à géométrie variable, surtout lorsqu'il s'agit de la communauté musulmane. Chaque régime crée son association islamique pour jouer les trouble-fêtes. Avec Bédié et Guéi, c'était Diaby Moustapha dit « Koweit » ; les Refondateurs ont porté leur choix sur Fofana Karim dit Harissou, « frère » de Boga Doudou, dont il a la bénédiction. Sauf changement de dernière minute, l'assemblée générale constitutive du « Conseil national des Imams et des muezzins de Côte d'Ivoire », structure de Al Coran de Fofana Harissou, aura lieu ce samedi à Yopougon.
Si, au nom du principe de la liberté d'associer, rien ne doit s'opposer à la création d'une structure religieuse, l'intrusion ici du politique est trop flagrante. La convocation adressée par Harissou aux participants achève de convaincre à ce sujet. Première curiosité, c'est aux muezzins qu'elle est adressée. Et beaucoup parmi ces derniers ont été dupés, puisque les organisateurs de cette rencontre leur ont fait croire à une invitation du leader du RDR, M. Alassane Ouattara, alors qu'elle est censée réunir aussi les Imams qui, dans la hiérarchie, sont au-dessus des muezzins.
La seconde curiosité est liée au lieu choisi pour cette manifestation, qui se veut hautement spirituelle, et qui a pour cadre la mairie de Yopougon, gérée par le Front populaire. M. Harissou Fofana, le cheval de Troie du régime FPI au sein de la communauté musulmane ivoirienne (FPI), régime au pouvoir. Plus grave, dans un pays laïque, comment expliquer que des préfets, sous-préfets et autres agents de l'administration se chargent de distribuer les convocations d'une association religieuse ? À en croire les nombreux témoignages émanant de l'intérieur du pays, c'est malheureusement ce qui se passe.
Tout porte à croire que le pouvoir, inquiet de l'union qui a cours au sein de la communauté musulmane, décide de passer à l'offensive. On le sait, Boga Doudou, qui est de la même région que Harissou Fofana, pour ne pas céder le Parc des sports de Treichville pour la nuit du destin au Conseil national islamique, avait demandé à d'autres associations d'en faire la requête. Cette basse manœuvre a exhorté les trois structures représentatives de la religion musulmane à sceller l'union sacrée. Les Imams de la Confédération islamique pour le développement de la Côte d'Ivoire (CID-CI) et du Front pour la Oumma Islamique (FOI) ont décidé de rejoindre le Conseil supérieur des Imams (COSIM), proche du CNI.
D'ores et déjà, le Conseil national islamique, dans un communiqué, dénonce cette violation de la laïcité de l'État.
M.D.
Communiqué de presse du CNI
Le Conseil national islamique a été saisi par de nombreux fidèles, des ambassades, ainsi que des personnalités, sur la tenue d'une réunion d'Imams, en présence de personnalités politiques et administratives, prévue ce samedi 21 décembre 2001 à la mairie de Yopougon.
Le Conseil national islamique confirme qu'il n'est ni de près, ni de loin mêlé à cette réunion dont les organisateurs et les sponsors sont tapis dans des cercles politiques et dans l'administration. En effet, des convocations relatives à cette réunion auraient même été distribuées par des fonctionnaires de l'État républicain, violant encore une fois les principes sacrés de la laïcité.
Tout en réaffirmant sa pleine adhésion aux principes de la liberté d'association et d'opinion, conformément à la Constitution de la République de Côte d'Ivoire, le CNI demande en retour aux pouvoirs publics et aux agents de l'État d'éviter de s'ingérer directement ou indirectement dans l'organisation de la communauté musulmane.
Enfin, le Conseil national islamique invite les Musulmans à ne jamais perdre leur sérénité devant les épreuves et à ne guère céder à la provocation, d'où qu'elle vienne.
Pour le CNI, Département de la communication du Conseil national islamique.