Article
Fin du 9ème Sommet de l'OCI à Doha : le président Kérékou est rentré hier du Qatar
- Titre
- Fin du 9ème Sommet de l'OCI à Doha : le président Kérékou est rentré hier du Qatar
- Type
- Article de presse
- Editeur
-
La Nation
- Date
- 16 novembre 2000
- pages
- 1
- 4
- 5
- nombre de pages
- 3
- Langue
- Français
- Source
-
La Nation
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0006510
- contenu
-
(P. 4,5)
Fin du 9ème Sommet de l'OCI à Doha
Le président Kérékou est rentré hier du Qatar.
(De notre envoyé spécial Pothin GNANVI)
Le chef de l'État, le président Mathieu Kérékou, qui a conduit la délégation béninoise à la 9ème session de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), tenue du 12 au 13 novembre 2000 à Doha, capitale de l'Émirat du Qatar, est rentré hier à Cotonou.
Parti de Cotonou le 11 novembre 2000, le président Kérékou a pris activement part à ce sommet qui a été dominé par la crise israélo-palestinienne.
Vue partielle de la délégation béninoise conduite par le Président Kérékou.
En effet, à la fin du 8ème sommet tenu à Téhéran, il y a trois ans, l'État du Qatar a été retenu pour abriter le 9ème sommet de l'OCI qui a regroupé les représentants de 55 États membres de l'organisation. Il s'agit du plus grand rassemblement d'hommes d'État que l'État du Qatar n'ait jamais connu.
Petit État en pleine modernisation, le Qatar est une péninsule située au centre de la côte ouest du Golfe arabique. Il est limité par l'Arabie Saoudite au sud et par les Émirats Arabes Unis à l'est. D'une superficie de 11 437 km², ce pays compte 522 023 habitants. Devenu indépendant le 3 septembre 1971, le Qatar est le pays d'accueil d'un grand nombre d'Arabes non qatariens et de quelques expatriés d'autres nationalités étrangères.
Mais depuis la prise du pouvoir (le 27 juin 1995) par l'actuel Émir, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, le Qatar est entré dans une ère de modernisation et de démocratisation caractérisée par des réformes politiques, économiques et sociales.
Pourquoi ce soutien aux Palestiniens?
Pour comprendre pourquoi les dirigeants islamiques ont fermement soutenu la cause palestinienne au 9ème sommet de l'OCI à Doha, il faut remonter à l'histoire de la création de ladite organisation.
Pour des causes nobles, l'OCI fut créée à Rabat, Royaume du Maroc, le 25 septembre 1969. C'était à l'occasion de la première réunion que les dirigeants du monde islamique ont tenu, suite à l'incendie de la Mosquée Al Aqsa, première Qibla et troisième lieu saint de l'Islam, le 21 août 1969 par des sionistes, dans la ville occupée d'Al Qods (Jérusalem). Il s'agit en clair de défendre l'honneur, la dignité et la foi des musulmans et de répondre à ce défi intolérable qui leur est lancé dans la ville sainte d'Al Qods.
Il faut aussi rappeler que les dirigeants islamiques ont décidé d'unir leurs efforts, de dépasser leurs divergences pour resserrer leurs rangs en créant un vaste regroupement d'États. Il s'agit de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) à laquelle ils ont conféré la mission d'œuvrer, en toute priorité, pour la libération de l'occupation sioniste d'Al Qods, de la Mosquée Al Aqsa, en un mot, de sauvegarder les lieux saints et de soutenir la lutte du peuple palestinien et de l'aider à recouvrer ses droits.
Le 28 septembre 2000, le chef de la droite nationaliste, Ariel Sharon, qui était tenu responsable des massacres commis dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, lors de l'invasion israélienne du Liban en 1982, a effectué une visite sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem (Lieux saints). Cette provocation a entraîné une vague de violences au Moyen-Orient, violences qui interviennent au moment où les négociateurs israéliens et palestiniens avaient accompli des progrès remarquables sur le chemin de la paix.
Comme en 1969, date à laquelle les dirigeants ont tu leurs divergences pour faire face à la menace sioniste, il s'agit encore aujourd'hui, selon l'Émir du Qatar, pour la Nation islamique, de faire face à des dangers et à des défis qui menacent ses intérêts, son avenir, son identité, ses valeurs et sa civilisation. C'est pour cette raison que, comme un seul homme, le sommet de Doha a soutenu le peuple palestinien et condamné l'agression israélienne. De 1969 à 2000, les temps ont changé. Beaucoup de pays arabes et musulmans ont noué des relations d'affaires avec l'État hébreu. Les intérêts ne sont plus les mêmes. Mais malgré tout, les dirigeants du monde islamique ont fait à Doha l'unanimité autour de la crise israélienne en initiant une action immédiate en direction des Nations Unies pour contraindre les Israéliens à respecter les résolutions et les accords issus.
Le Bénin et l'OCI
Il est donc clair que l'OCI ne consacre pas seulement à la défense des lieux saints de l'Islam, mais elle traite aussi de la question du développement. À cet effet, l'OCI s'est dotée d'instruments efficaces de développement tels que la BID et la BADEA.
Profitant de son séjour à Doha, le chef de l'État, le président Mathieu Kérékou, a rencontré, en marge du sommet, une dizaine de chefs d'État et de gouvernement et des représentants d'institutions en vue d'analyser la situation qui prévaut au Moyen-Orient. Il faut aussi retenir qu' depuis l'adhésion du Bénin à l'OCI, les interventions de la Banque Islamique de Développement (BID) dans notre pays ne cessent de se consolider. Elle a ainsi contribué au financement du Complexe Polytechnique Agricole de Natitingou.
Comme le prévoit la charte de cette organisation, tout État islamique a le droit de devenir membre de la Conférence islamique sur présentation d'une demande exprimant son désir et sa disposition à adopter la charte de l'OCI. Ayant rempli ces conditions, le Bénin a adhéré à l'Organisation de la Conférence Islamique en 1983. Il s'est engagé à réaliser avec ses pairs les objectifs de la charte de l'OCI. Depuis ce temps, le Bénin participe régulièrement aux sessions du sommet qui ont lieu tous les trois ans. C'est dans ce cadre que s'inscrit le séjour du président Kérékou à Doha où s'est tenu le sommet de l'OCI.
Au cours de la célébration au Bénin du 25ème anniversaire de la BID, trois nouveaux accords de financement ont été signés. Il s'agit :
- de la construction de résidences universitaires sur le campus d'Abomey-Calavi,
- de la construction et de l'équipement de 285 salles de classe dans 4 départements,
- et de l'étude du Projet de développement intégré à Djougou.
Quoique présentant un caractère religieux, il faut reconnaître que l'OCI est une organisation intergouvernementale qui regroupe 56 États ayant décidé de mettre en commun leurs ressources, de conjuguer leurs efforts et de parler d'une seule voix pour défendre leurs intérêts et assurer progrès et prospérité à leurs peuples respectifs et aux autres musulmans. Pour l'Émir du Qatar, président en exercice de l'OCI, il est vrai que ces décisions ne sont pas encore à la hauteur des ambitions quant à la création d'un marché musulman commun.
Toutes ces interventions de la BID se chiffrent aujourd'hui à près de 48 milliards de FCFA. Quant à la BADEA, il faut ajouter la contribution du Fonds OPEP qui est de près de 10 milliards de FCFA.
9ème Sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique à Doha dans l'État de Qatar.
Les contacts pris par le président Mathieu Kérékou en images.
Reportage photographique de Gontran HOUNSOUNOU.
(1) L'Émir de Qatar, Sheikh Hamad Bin Khalifa Al-Thani, président en exercice de l'OCI, recevant le chef de l'État.
(2) Le Prince Moulay Rachid, frère du Roi Mohamed V du Maroc, s'entretenant avec le chef de l'État.
(3) Tête-à-tête entre le président Kérékou et son homologue gambien, Yahya Jammeh.
(4) Le chef de l'État recevant le ministre koweitien des Affaires étrangères, Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Sabah.
(5) Son Altesse Cheikh Abdallah Ben Abdel Aziz, prince héritier saoudien, s'entretenant avec le président Kérékou.
(6) Le président algérien Abdelaziz Bouteflika en audience chez le chef de l'État.
(7) Mohamed Ali faisant le point de la coopération de son institution avec le chef de l'État.