Numéro · Al-Azan · avril 2006 Citer
Al-Azan #142
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Al-Azan
- Date
- avril 2006
- Résumé
- Bulletin Mensuel de l’AJMCI Plateau-Dokui
- nombre de pages
- 4
- Sujet
- Nurudine Oyewolé
- CNI et renouvèlement de ses structures
- Congrès AJMCI (2006)
- Radio Al Bayane
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Association des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire
- Conseil National Islamique
- Langue
- Français
- Source
- Nurudine Oyewolé
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001413
- Table des matières
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p. 1 [Edito-Azan] LA PROBLÉMATIQUE DE NOS MADRASAS (MAA SALAM NUR'DINE O)
Cet éditorial aborde la crise du système éducatif des madrasas en Afrique de l'Ouest, notamment en Côte d'Ivoire. L'auteur propose une réforme radicale pour transformer ces structures en écoles modernes confessionnelles. Cette transition permettrait une meilleure intégration socio-économique et universitaire des étudiants. L'article souligne l'urgence d'adapter les programmes pour répondre aux exigences contemporaines. Il s'agit d'un appel à repenser l'éducation islamique pour le bien de la communauté.
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p. 2 A PROPOS DES POTS DE VIN (I) (Youssouf Al Qardaw)
L'article traite de l'interdiction stricte en Islam de recourir aux pots-de-vin, tant pour le corrupteur que pour le corrompu, en s'appuyant sur des hadiths du Prophète (SAW). Il souligne que le péché incombe à celui qui accepte la corruption et non à celui qui est contraint d'y recourir pour récupérer son droit. L'auteur décrit également la situation de corruption institutionnalisée dans certains pays africains. Il rappelle que la droiture et l'intégrité sont des piliers de la foi. Cette analyse met en lumière les dangers moraux et sociaux de telles pratiques.
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p. 2 IDENTITE : LE MUSULMAN ET SES ENFANTS (IV) (D. Mohamed Ali Al Hachimi)
Cet article aborde la responsabilité des parents musulmans dans l'éducation et le suivi de leurs enfants, sans pour autant être intrusifs. Il insiste sur l'importance d'inculquer des valeurs morales de droiture, de respect et de bienveillance. L'objectif est de former des membres utiles pour la communauté et la société. Les parents sont encouragés à être des modèles de vertu au quotidien. La transmission des principes islamiques est présentée comme un acte d'amour et de guidance.
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p. 2 [Echos du Minaret] TÉMOIGNAGE (Sr Noorina)
Une jeune femme musulmane partage son cheminement personnel vers la pratique de l'Islam et sa décision de porter le hidjab. Elle décrit les appréhensions initiales de son entourage face à ce choix. Elle exprime le sentiment de paix intérieure qu'elle a trouvé dans sa foi. Elle lance un appel aux parents pour ne pas imposer le voile par la force. Elle suggère plutôt de laisser opérer la magie de l'Islam à travers l'exemple et la patience.
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p. 3 [CARICATURES DU PROPHÈTE] Ce qui n'a pas été dit (Alain Gresh)
Cet article analyse la controverse autour des caricatures du prophète Muhammad (SAW) publiées au Danemark. L'auteur critique l'hypocrisie entourant le débat sur la liberté d'expression dans ce contexte. Il souligne les réalités politiques et religieuses du Danemark, souvent méconnues du grand public. L'analyse met en perspective les tensions entre respect des croyances et droits d'expression. Il appelle à une réflexion plus profonde sur les enjeux de cette crise médiatique.
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p. 3 [ESPACE JEUNES] Conduites à tenir (La Rédaction)
Une réflexion spirituelle adressée à la jeunesse sur l'importance du Qur'an comme guide et source de pouvoir spirituel. L'article exhorte à préserver l'unicité divine face aux défis contemporains. Il encourage les jeunes à suivre l'essence de la Sunnah du Prophète (SAW). L'accent est mis sur la résistance aux distractions des temps modernes. C'est un appel à renforcer sa foi et son engagement spirituel au quotidien.
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p. 3 [LAFIA] LE CANCER DU SEIN (BAMBA SIRIKI)
Un article de sensibilisation sur le cancer du sein, présentant les facteurs de risque comme l'âge ou la puberté précoce. Il explique la méthode de l'autopalpation pour le dépistage précoce. L'auteur mentionne les traitements disponibles en Côte d'Ivoire pour les patientes. Il insiste sur l'importance de la vigilance et de la prévention médicale. La santé est présentée comme un dépôt précieux à préserver par des gestes simples.
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p. 4 [Rencontre] Suite à son 5ème congrès ordinaire... (La Rédaction)
Interview de Nur'dine Oyéwolé, nouveau président de l'Association des Jeunes Musulmans en Côte d'Ivoire (AJMCI). Il y expose les grandes lignes de son mandat et sa vision pour la communauté nationale. L'entretien aborde les défis majeurs auxquels l'association doit faire face. Il discute également des relations constructives avec le CNI. Cette rencontre témoigne de la vitalité et des ambitions de la jeunesse musulmane ivoirienne.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- Gemini 3.5 Flash
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- contenu
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**Al-Azan**
Bulletin Mensuel de l'AJMCI PLATEAU-DOKUI
Paraissant depuis le 10 Juin 1994
Prix : 100 Frs
Porteur du Message, Acteur de son Epoque
RABILA WAL 1426 H AVRIL 2006 N° 142
Sommaire
IDENTITE
Le musulman et ses enfants (IV)
IJTIHAD
A PROPOS DES POTS DE VIN (I)
ECHOS DU MINARET
Témoignage
LAFIA
LE CANCER DU SEIN
CARICATURE
Ce qui n'a pas été dit
ESPACE JEUNES
Conduites à tenir
RENCONTRE
Le frère NUR'DINE OYEWOLE
Nouveau Président de l' AJMCI
HADITH À MÉDITER
Le prophète (Saw) a dit : "Quiconque délivre un croyant d'une gêne dans ce bas monde, Allah (Swt) le délivrera d'une gêne au jour de la résurrection,, et quiconque ira en aide à celui qui est dans une épreuve, Allah (Swt) viendra à son aide dans ce monde comme dans l'autre" (Muslim)
Al-Azan
Directeur de Publication
NURUDINE Oyewole
Coordinateur
Baikoro BAMORY
Contacts : 07.70.14.83
05.92.32.36 / 05.18.67.67
Site web:www.ifrance.com/alazan
http://alazan.ifrance.com
Edito-Azan
LA PROBLÉMATIQUE DE NOS MADRASAS
Depuis l'avènement de l'Islam, la recherche du savoir a été portée à son pinacle par le prophète (SAW) : «la recherche du savoir est un devoir pour tout musulman». cette disposition d'esprit a transformé en un laps de temps assez court, le peuple arabe, naguère arrière, en une nation pétrie de savoir-faire, conquérante et plus tard puissance mondiale.Lire le texte intégral — 3 079 mots restants Réduire le texte intégral
Cette tradition s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Contrairement à ce que nous rapportent des livres d'histoire, grâce à l'Islam, des contrées africaines ont constitué des foyers de grands bouillonnements intellectuels à réputation mondiale. Ce fut le cas de Tombouctou au Mali, de Chingetti en Mauritanie ou de Bondoukou en Côte d'Ivoire, pour ne citer que ceux-là.
L'introduction brutale de la colonisation occidentale, la léthargie des méthodes et des institutions de formation ont souvent porté un coup dur à la propagation de la connaissance islamique. Sous la colonisation, des initiatives ont vu le jour avec l'émergence des madrasas. Bien que celles-ci aient joué et continuent d'occuper un rôle majeur dans la diffusion de la pensée islamique, il n'en demeure pas moins qu'elles ont montré leur limite. En effet, la majeur partie des étudiants sortis de ce système éducatif n'arrive pas à connaître une intégration socio-économique viable. Ils sont obligés d'atterrir dans l'informel, paravent d'une vie précaire qui les jettent dans les gueules des monstres de la ville : toxicomanie, grand banditisme et prostitution.
Face à ce grave problème structurel, des efforts ont été déployés par l'OECI (Organisation des Ecoles Confessionnelles en Côte d'Ivoire) dans l'harmonisation des programmes des madrasas et en y introduisant l'enseignement des mathématiques, du français et de l'histoire géographie. Ce sont là des innovations à saluer. Toutefois, nous croyons qu'il faut aller plus loin, en opérant un changement radical, si nous voulons garantir un avenir radieux à notre jeunesse, donc à notre communauté. Car, les madrasas dans leur organisation actuelle ne sont plus adaptées aux réalités contemporaines et ne peuvent pas relever les défis de notre temps. Il faut donc une révolution dans ce domaine.
Nous pensons que les madrasas doivent disparaître pour laisser la place à des écoles modernes confessionnelles. Les programmes de ces écoles devraient fournir un enseignement à tronc unique jusqu'en classe de 3e. A partir du second cycle, Les élèvent pourront préparer un Bac selon deux spécialités : option enseignement général ou option enseignement religieux. Ce système permettra à nos étudiants d'intégrer n'importe quelle université en Europe, en Amérique ou au Moyen orient pour y poursuivre des études dans n'importe quelle spécialité.
Ce grand chantier ne peut se faire qu'à l'initiative de la communauté tout entière, après des réflexions bien menées et avec l'appui de bailleurs de fonds nationaux et internationaux. S'il est bien mené, ce programme pourrait être une alternative au système éducatif actuellement vacillant de nos pays. Car, dans ces écoles, on instruira, mais surtout on éduquera grâce à l'enveloppe spirituelle qui y entourera la vie.
Il faut y rêver et y croire. Notre salut passe nécessairement par cette révolution qui ne sera qu'un saut qualitatif de la communauté vers ce à quoi Allah nous destine : «Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah... » S3 V110
MAA SALAM
NUR'DINE O
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IJTIHAD A PROPOS DES POTS DE VIN (I)
L'Islam interdit aux musulmans de recourir aux pots-de-vin. Il leur a interdit de corrompre les juges ou leurs subalternes comme il a interdit à ceux-ci d'accepter les pots-de-vin. Le prophète (SAW) a dit : "que Dieu maudisse le corrupteur et le corrompu qui accepte les pots-de-vin". (Ahmad, Trirmizi et Ibn Hibban).
Cependant, si quelqu'un a usé de tous les moyens pour son droit sans succès, le mieux pour lui est de s'armer de patience jusqu'à ce que Dieu lui facilite de meilleurs moyens pour rétablir la justice et récupérer son droit.
Mais s'il recourt aux pots-de-vin pour le faire, le péché incombe à celui qui accepte les pots-de-vin et non à celui qui en use pour récupérer son droit sans pour autant être transgresseur des droits des autres. Cette thèse, soutenue par des théologiens s'appuie sur certains hadiths de Rassoul (SAW). Omar rapporte que le Prophète (SAW) a dit : l'un d'eux vous sort de chez moi emportant sous le bras l'aumône que je lui ai donnée, mais elle n'est pour lui que feu ! Omar lui demanda : ô toi Prophète de Dieu ! Comment se fait-il que tu lui donnes l'aumône si tu sais qu'elle lui est un feu ! Il répondit : que veux tu que j'y fasse ? Ils me demandent avec tant d'insistance et Dieu m'interdit l'avarice. (Abou Ya'la)
Cette situation traduit bien le comportement à adopter de nos jours dans nos pays africains où règne une situation de corruption institutionnalisée.
Source : Le licite et l'illicite Youssouf Al Qardaw
IDENTITE LE MUSULMAN ET SES ENFANTS (IV)
Il est préoccupé par tout ce qui peut les influencer
Un père musulman doit toujours être regardant sur les activités qu'ont ses enfants. Ils sait ce qu'ils lisent et écrivent, leurs passe-temps favoris, les amis et les endroits qu'ils fréquentent. Tout ceci doit se faire sans donner l'impression d'une intrusion dans la vie des enfants. Cela pourrait se faire à leur insu ou lors de discussions. Toute anomalie constatée devrait se corriger par l'explication et de façon coercitive si besoin est. C'est pourquoi, les parents devrait offrir aux enfants dès leur bas âge des livres et jouets susceptibles de construire et d'élargir leurs esprits, de leur procurer des exemples de savoir-vivre conformes aux enseignements de l'Islam.
Ce sens de la responsabilité détermine sans doute, les réussites scolaires, professionnelles et sociales des enfants. Comme le dit Allah dans le Saint Coran : "vous avez en vos épouses et vos enfants une tentation. Prenez-y garde donc" (S64 V14).
D'où le devoir de responsabilité que chaque père ou mère doit avoir vis-à-vis de ses enfants.
Il leur inculpe de bons comportements et attitudes.
Quand les enfants sont comblés et satisfaits de leurs parents le père ou la mère peut alors leur inculper une éducation de haute portée morale. Il leur enseigne des comportements tels que être bons envers ses parents, respecter les aînés, être bienveillant envers les plus jeunes que soi, aider les plus faibles, partager la justice et l'équité. Il est dit "la droiture vient d'Allah (SAW) et les bonnes manières viennent des père et mère". Le père ou la mère musulman est doux mais sans faiblesse, strict mais sans sévérité envers ses enfants. Ainsi les enfants grandiront dans une atmosphère propice à produire demain, des musulmans utiles à eux-mêmes, à leur famille et à la communauté.
Source : La personnalité du Musulman D. Mohamed Ali Al Hachimi
Echos du Minaret TÉMOIGNAGE
Je viens d'une famille musulmane comme les autres. Mes parents et moi commencent à découvrir l'Islam peu à peu à travers les causeries et la littérature islamique. Et graduellement l'Islam fait son entrée au sein de notre petite famille : mon père et mes deux frères ont commencé à fréquenter la mosquée plus régulièrement depuis le Ramadan 2002. Et à la même époque ma mère a commencé à porter le Hidjab, à l'âge de 45 ans mais jamais elle n'a pas exercé de pression sur moi pour que j'en fasse autant, estimant que j'étais encore trop jeune. Elle craignait peut-être que je ne puisse pas, avec mon hidjab, trouver de mari.
Pour ma part, j'ai toujours cru en Dieu même si je n'ai commencé à prier qu'à l'âge de 16 ans. Je savais que le hidjab était une obligation mais je craignais de ne pouvoir être à la hauteur et surtout la réaction de mon entourage et de mes amies. Je me disais donc : peut-être après le mariage. J'étais très «garçon manqué». J'adorais les pantalons, surtout les jeans. Je pensais que je n'allais pas pouvoir m'en passer mais, finalement, porter le hidjab s'est avéré plus facile que je ne l'imaginais. Un matin, je ne sais pas ce qui s'est passé en moi, je me suis rendormi après avoir prié le namaz Fajar et à mon réveil, j'ai senti comme un besoin de changer. Quelque chose hors du commun se passait en moi, une émotion intense, un sentiment de bonheur interne. Un miracle quoi ! J'avais l'impression de vivre dans la miséricorde de Dieu. L'après-midi, je me couvrais la tête. Et depuis je ne me suis jamais séparé de mon hidjab. Je n'avais pas les vêtements qu'il fallait mais cela n'a pas posé de problème. J'ai continué à porter les mêmes choses qu'avant (exception faite des pantalons) avec toutefois des jupes plus longues, des manches et une écharpe.
Je me sens en paix avec moi-même. Avant, les gens me regardaient comme n'importe quelle fille. Maintenant ... c'est comme si j'étais une image de l'Islam. On fait plus attention à mon comportement, aux attitudes que j'adopte. Je dois donc davantage mesurer mes mots et mes gestes. Mieux me contrôler. Être à la hauteur.
Avantage subsidiaire du hidjab mais non négligeable : ne plus être "embêtée" dans la rue. Maintenant, j'ai vraiment la paix. Avec mes amies, j'ai gardé les mêmes relations.
A l'heure où on entend toutes sortes de conneries surtout dans les magazines français - Le Point, l'Express, etc - sur le Hidjab, si je vous envoie ce témoignage c'est pour partager deux vérités importantes à mes coreligionnaires :
* Aux parents, je dirais de ne jamais imposer le Hidjab à vos filles par la force. Faites seulement découvrir l'Islam à vos enfants et laissez la magie de l'Islam s'opérer d'elle-même. Vous serez émerveillés du résultat.
* Et à mes sœurs je leur fait une confidence : le Hidjab c'est la libération dans le vrai sens du mot.
Action N° 81 Sr Noorina
Al-Azan Avril 2006
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**RENCONTRE**
Suite à son 5ème congrès ordinaire qui a eu lieu du Vendredi 17 au Dimanche 19 Février 2006, l'Association des Jeunes Musulmans en Côte d'Ivoire (AJMCI) a porté à sa tête le frère Nur'dine Oyéwolé. Homme engagé et plein de conviction, il est considéré dans le milieu du militantisme Islamique comme une référence. Dans cet entretien, il nous livre les grandes lignes de son mandat, son opinion sur la gestion de la communauté nationale, tout en partageant sa vision de ce que devrait être la oumat de Muhammad (SAW). Avec toute la franchise d'un "drogué du militantisme"
**Al Azan : Permettez à nos lecteurs de mieux vous connaître ?**
**N. O. :** Je suis NUR'DINE OYÉWOLÉ. Sur le plan professionnel, je suis enseignant de mathématiques. J'ai aussi une formation en master en management administration communication. Je suis marié père de trois (03) enfants, je suis Yorouba Ivoirien. J'ai commencé mon militantisme en tant que S.G. de l'AEEMCI du campus de 90 à 92. J'ai ensuite été président du S/C AJMCI Plateau-Dokui de 93 à 97, puis président du comité communal de l'AJMCI Cocody de 95 à 98. De 96 à 2002, j'ai été membre du bureau exécutif national de l'AJMCI où j'ai occupé les postes de vice-président chargé de l'administration puis de la formation. Dans mon quartier au Dokui, j'ai été secrétaire adjoint de 93 à 2000 Depuis 2001, je suis S.G. à plein temps et pour terminer, je suis le D.P. d'Al Azan depuis 94.
**AA : Toutes ces tâches vous laissent-elles du temps pour la famille ?**
**N. O. :** Objectivement, il faut le dire, au début j'étais un drogué du militantisme quand j'étais célibataire. Ce qui fait que dans le mariage, la famille prend un coup. Heureusement que j'ai une épouse compréhensive qui m'aide à tenir le coup. Mais, depuis quelque trois ans, j'ai décidé de ne plus être comme la bougie qui se consume pour éclairer les autres, je veux que ma lumière puisse illuminer également les miens, les membres de ma famille. Je consacre donc tous mes temps libres à m'occuper de mes enfants, à les éduquer tant sur le plan scolaire que spirituel. Je bénéficie énormément pour cela du soutien de mes petits frères qui vivent avec moi.
**AA : Dans votre présentation, vous faites la précision "Yorouba Ivoirien", est-ce une réplique à ceux qui pourraient s'offusquer de voir une personne d'une ethnie étrangère à la tête d'une structure d'envergure nationale comme l'AJMCI ?**
**N. O. :** Franchement, pas du tout. Depuis le début de mon militantisme l'on ne m'a jamais renvoyé cela à la face. Je l'ai juste dit pour que l'on sache que l'Islam est "un" et universel, que la Oummat est grande et que tout le monde doit s'impliquer. Mon action s'inscrit dans ce souci. C'est surtout une façon pour moi de dire que dorénavant la Côte d'Ivoire n'a plus que 60 ethnies. Elle s'est enrichie de nouvelles autres langues (Yoruba, Wolof, Moré, Peul, Haoussa ...). C'est en ce sens que j'apprécie la radio Al Bayane qui permet à toutes les entités de la Communauté musulmane de s'exprimer sur ses antennes. Le vrai problème, c'est que la Côte d'Ivoire vit une crise qui a fait perdre aux gens leur grandeur d'âmes et d'esprits. Les jugements des uns et des autres sont liés à l'origine ethnique, à la nationalité. Je pense que les jeunes donnent ici un signal fort à la communauté et à tout le pays en général afin qu'ils sachent que ce qui doit compter c'est la valeur des hommes et non leur origine.
**AA : Certains vous traitent de rebelle vu vos commentaires sur les gestion des structures sœurs par les aînés. Nur'dine Oyéwolé se sent-il une âme de rebelle ?**
**N. O. :** Il faut le dire, il y a un véritable malaise au sein de notre communauté. En tant que responsables, partout où nous passons les fidèles nous interpellent. Il y a de réels problèmes dans la gestion de la Oummat. J'aime prendre le cas du hadj, il y a toujours des ratés et jamais d'amélioration, les musulmans ne reçoivent jamais de bilan après un pèlerinage. Ce sont autant de failles que, si nous ne les dénonçons, nous aurions failli à notre mission. Notre congrès a demandé au CNI d'organiser un congrès. C'est la base qui a parlé ce n'est pas Nur'dine Oyéwolé. La force de la jeunesse c'est son dynamisme. Nos aînés devraient plutôt être heureux d'avoir une jeunesse qui critique sa gestion, qui dénonce les faiblesses. Le CNI doit écouter la base et organiser un congrès surtout pas un congrès de complaisance. Un congrès qui permettra à la communauté de se réveiller. Ce n'est pas une rébellion, je ne fais que m'inscrire dans la logique du congrès.
**AA : Quelles sont les grandes missions que vous a confié le congrès ?**
**N. O. :** Sachiez qu'avant le congrès, il y a eu les états généraux qui ont permis de faire l'état des lieux. Disons-le, l'AJMCI connaît un malaise. Au cours de ce mandat, il s'agira pour nous de donner une autre réorientation à l'AJMCI pour répondre aux défis actuels, de rompre avec les anciennes habitudes qui ne satisfont plus les militants. Le diagnostic suite aux états généraux a permis de déceler certains maux qu'il faudra soigner. Ils sont relatifs à la formation religieuse, à l'économie, à la formation spirituelle, à l'organisation. Nous ferons l'effort également d'avoir une présence sociale et citoyenne plus forte. Pour nos sœurs, redynamiser la cellule féminine pour lutter contre les maux qui sont l'analphabétisme et les problèmes économiques. Nous leur donnerons aussi une bonne formation pour qu'elle soient des mères qui éduquent afin que notre communauté soit riche en personnes dotées de valeurs morales plus tard.
**AA : Doit-on s'attendre à un bras de fer entre le CNI et l'AJMCI pour que changent les choses ?**
**N. O. :** Il n'y aura aucun bras de fer. Nous allons toujours continuer à les interpeller. Nous sommes bien élevés et ne ferons rien de déplacé contre nos aînés. Il faut rappeler que l'AJMCI est membre du CNI qui est une fédération. Il est donc de son devoir de critiquer, de dénoncer quand ça ne va pas. Partout en Côte d'Ivoire, les sections du CNI sont mortes et c'est l'AJMCI qui fait son travail. En agissant ainsi, nous ne cherchons pas à nous faire plaisir mais à appliquer le hadith qui dit que quand l'on voit une chose de blâmable, on a le devoir de la changer par la main, par la langue ou au pire des cas par le cœur. C'est dire que nous obéissons à une sounnat du prophète (SAW). Nous n'en arriverons pas aux mains, mais nous sommes à la seconde phase et que les gens se rassurent nous n'allons nullement nous dérober devant nos responsabilités.
**AA : L'on vous sait très dynamique. Toutefois, pouvez-vous rassurer ceux qui ont peur que ce dynamisme ne s'étiole maintenant que vous êtes à la tête ?**
**N. O. :** C'est encore un nouveau challenge. On fera ce qu'on pourra, je demande les prières des uns et des autres afin d'avoir l'assistance de Dieu. Si notre jeunesse est bien encadrée, c'est l'avenir de la communauté qui est assuré. Nous avons besoins du soutien de tout le monde à quelque niveau que ce soit pour réussir ce mandat. Un succès ne sera pas celui de Nur'dine Oyéwolé mais de l'AJMCI, et c'est toute la communauté qui en sortira grandie.
**AA : Votre mot pour conclure ?**
**N. O. :** Je réitère mon appel à l'endroit de tout le monde, que les gens n'hésitent pas à nous approcher en terme d'idées, de suggestions, d'aides. Que nos aînés comprennent que l'AJMCI fait leur travail. Si elle arrive à encadrer nos cadets qui sont leurs enfants, c'est l'Islam qui sera gagnant. Nous sommes dans un environnement concurrentiel. Nous devons être présents pour aider les enfants à vivre pleinement leur foi, à résister à l'agressivité de ceux qui sont opposés aux nobles valeurs de l'Islam. Je finirai par laisser nos contact le siège est situé à Treichville Avenue 21 devant le petit marché.
Téléphone : 21.25.35.15 / 07.70.14.84
MAA SALAM NUR'DINE O
**La umma au Quotidien**
**COMUDO :** la communauté du Dokui sous l'impulsion de l'imam BINATÉ a décidé de prendre le taureau par les cornes en vue de demarrer les travaux de construction de sa mosquée. Un comité dirigé par El Hadj DIARRASSOUBA AHMED a été mis en place qui travaille d'arracher-pied pour réaliser ce rêve longtemps fait par les fidèles du Dokui. Qu'Allah aide ce chantier à démarrer le plus tôt possible. (Amin)
Le collectif des communautés de Cocody organise le Mawlid de Cocody à la mosquée des résidences latrilles le samedi 08 Avril 2006 sous la forme d'un déjeuner - débat.
Adulte = 2.000 f
Enfant = 1.000 f [donnant droit à un tricot]
La COMUDO : Organise une soirée spéciale Mawlid faite de zikr et de prêches de 22H à 00 H.
Al-Azan Avril 2006Annotations de valeur
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Comment citer ce document
Al-Azan #142. Al-Azan, avril 2006. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/45843.
Al-Azan #142. (2006, avril). Al-Azan. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/45843
Al-Azan #142. Al-Azan, avril 2006. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/45843.