Numéro
Alif #31
- Titre
- Alif #31
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- juin 1995
- numéro
- 31
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation de Côte d’Ivoire
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Bakary Chérif
- Front de la Oumat Islamique
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001401
- contenu
-
MUHARAM
1416 H
ALIF
JUIN 1995
N° 31
4ème Année
250F
MENSUEL ISLAMIQUE D'INFORMATIONS ET DE FORMATION DE CÔTE D'IVOIRE
LE LINCEUL DE
JESUS CHRIST
EST-IL LE
VRAI ?
PP. 6-7
PRIER CHEZ
BEDIE
N'A RIEN
D'EXTRA-
ORDINAIRE!
P.12
CONVERSION A L'ISLAM :
TEMOIGNAGE EMOUVANT
DE MOHAMED ALI (Ancien champion
du monde)
PP. 4-8
LA CÔTE D'IVOIRE
APPARTIENT
A TOUS LES
IVOIRIENS
P. 12
F.O.I. :
FRONT DE LA
OUMMA ISLAMIQUE
ROULERA-T-IL POUR
LA FOI ?
P. 9
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ECOLE
UNE NOUVELLE ECOLE CONFESSIONELLE EST NEE AU Km 17
Le PK 17, une borne Kilométrique anodine sur la route de Dabou dont l'histoire se confond avec celle du village d'ADIOPODOUME, au point de lui avoir prêté définitivement son nom. Le site est vraiment d'une extrême beauté Des collines verdoyantes entre lesquelles est lové le village, l'on a une vue imprenable sur l'un des plus beaux panoramas d Abidjan : une lagune qui s'étend à perte de vue dans un magnifique cadre boisé. Voilà brièvement décrit l'endroit choisi par OUSTAZ TIMITE GAOUSSOU pour y fonder une école confessionnelle dénommée Mission Islamique.
L'homme, affable, marié et père de 5 enfants, a effectué des études théologiques en Libye puis en Iran. Ensuite a travaillé pendant 12 ans au ministère Koweïtien des WAKFS (biens religieux). Après la guerre du Golfe, il décide de rentrer au pays et crée cet établissement fruit d'une aide d'amis Koweïtiens. Cette école innove de par son caractère pédagogique. En effet, elle sort des sentiers battus en se démarquant de l'enseignement traditionnel des MERDERSAS. La mission Islamique d'Oustaz Timité trouve son originalité dans le fait que l'on y enseigne le programme officiel du ministère de l'éducation nationale de Côte d'Ivoire couplé aux cours d'instructions islamiques avec apprentissage de la langue arabe. Le bâtiment qui abrite cette mission islamique est un immeuble RC + 2 composé d'une école primaire de six classes dirigé par le frère BALLO DJIBRILI, d'une bibliothèque bien fournie (Arabe, anglais, Français), d'une Mosquée et enfin d'un terrain de sports. L'école primaire est à sa première année d'ouverture et compte pour le moment seulement la classe de CP1 avec un effectif de 30 inscrits. Fait rarissime dans les milieux de l'enseignement islamique de ce pays ! cette classe mixte compte en son sein 3 élèves de confession chrétienne.
Le fondateur envisage d'ouvrir chaque année une nouvelle classe jusqu'au CM2. Cette méthode est motivé par un meilleur suivi des enfants. A long terme, Oustaz Timité ambitionne d'étendre le cycle d'enseignement à celui du secondaire et projette l'ouverture d'un internat. Formé pour la DAWA et membre de la LIPCI (ligne des prédicateurs de Côte d'Ivoire) la réalisation de cette oeuvre obéit selon OUSTAZ TIMITE à un voeu : la correction d'une erreur dont la conséquence doit être la modernisation du système éducatif islamique. Pour ce faire, il lance un appel à la communauté musulmane pour l'inscription des enfants dans ce genre d'école. Car tous les problèmes rencontrés par la communauté sont le fait de l'ignorance, premier ennemi de l'homme
La 1ere promotion de l'ecole
ALIF
Mensuel islamique d'information et de formation
20 BP 575 Abidjan 20
Tél : 37 - 20 - 90
Siège : Cité Fairmon N° 14
DIRECTEUR DE PUBLICATION
OUATTARA Issouf
REDACTEUR EN CHEF
Marouf YEO
REDACTION
Marouf YEO
Siddique KANTE
OUATTARA Issouf
CARAMOKO Ibrahim
MEITE Mory
CISSE MIRSULTAN
SYHABO DIOP
COMPOSITEUR
Imprimerie Reprographie
Tél : 37 - 82 - 52 .
MAQUETTE
MAROUF
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03 BP 1233 Abidjan 03
Tél : 37 - 82 - 52
DISTRIBUTION
Edipresse
DEPOT LEGAL
N° 2789 du 20 - 03 - 92
MIR NOURSULTAN • Collaboration DEBAMBA
A l'occasion de la nouvelle Année musulmane 1416, le journal ALIF présente à tous ses lecteurs, à la comunauté musulmane et surtout à tous les Ivoiriens ses voeux de Santé et de Prospérité. Que 1416 soit pour la Côte d'Ivoire qui se trouve à un tournant crucial de son histoire une année de Paix.
Que la sagesse anime les uns et les autres dans la résolution de tous nos problèmes.
MUHARAM 1416H - JUIN 1995
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ALIF - COURRIER 02 B.P 575 Abidjan 20
L'ISLAM EST LA RELIGION ETERNELLE D'ALLAH
En réponse au journal le dénonciateur du monde et de ténèbres n° 23
Sans aucun doute, si nous disposons, nous musulmans, de vastes réseaux de propagande en Asie, en Europe, en Amérique et Afrique, nous aurions pu présenter l'Islam au monde sous «son vrai visage» grâce à des prédicateurs bien instruits et la diffusion de diverses publication, à des centres émetteurs, et d'autres moyens de propagande. La majorité de la population a soif de la vérité et elle est lasse et n'a que faire des religions superstitieuses, artificielles. Elle aurait certainement embrassé le vrai Islam et serait guidée sur le droit chemin si elle le connaissait vraiment.
Prière et paix sur le dernier des messagers d'Allah le très haut qui a tout enseigné au monde l'unique religion de l'unique créateur pour guider l'humanité vers la voie du salut (sur eux le salut et la paix)
Chers lecteurs nous musulmans portons à votre connaissance qu'actuellement, comme d'habitude d'ailleurs à travers l'Afrique et les pays musulmans certains chrétiens provocateurs et leurs alliés athés distribuent jusque dans nos propres maisons des livrets et des tracts qui dénigrent insultent et calomnient les Musulmans, le Coran, l'Islam et son prophète (PSL). Parmi ces écrits haineux il y a :
1°) Jésus seul chemin, seul sauveur
2°) Problème Israelo-Arabe
3°) Lequel des deux Jésus ou Mohamed
4°) La Bible et le Coran
Tous les quatre par L - FELDMAN, BP 155 - 10-75-463 Paris cedex - 10
5°) Peut-on croire au Coran ? par M.R
Rakhmatov, Ambassadeur Russe ayant servi en Mauritanie, etc. etc. Dans ces livrets et tracts révélation du diable, nous lisons les satires suivantes :
1°) Mohamed aveugle ;
2°) Mohamed pécheur ;
3°) Mohamed faux prophète ;
4°) Mohamed coupable
5°) L'islam est un énorme rocher qui a barré le chemin du salut
6°) Mohamed ne fit jamais de miracles etc. etc.
A titre d'exemple, lorsque Jésus Christ commença a prêcher la bonne parole à son peuple les enfants d'Israel dans le but de s'amender d'arrêter de s'adonner au formalisme légaliste et de puiser dans l'esprit des lois et des commandements de Dieu, son peuple lui demanda des miracles pour prouver ses <<bona fides>> (bonne foi) comme rapporté dans l'évangile de St Mathieu chap. 12 verset 38 à 39. Les pharisiens prirent la parole et dirent Maître, nous voudrions voir un signe de ta part. Il leur répondit : une génération mauvaise et adultère recherche un signe, il ne lui sera donné d'autre signe que celui du prophète Jonas.
Ecoutez les tendres et doux propos de Mohamed devant les demandes sceptiques et irraisonnables.
- vous dis-je que je suis véritablement un ange ?
- vous dis-je qu'il y a véritablement entre mes mains les trésors de Dieu ? je ne fais que me conformer à ce qui m'est révélé.
- les signes n'appartiennent qu'à Dieu et je ne suis qu'un avertisseur explicite (S.29 - V 50)
Deux arguments peuvent être avancés comme preuve de l'autorité divine et de la nature miraculeuse du Coran:
1°) Que nous (Dieu tout puissant) vous avons révélé le livre «vous qui êtes totalement illettré» Celui qui ne sait pas écrire son nom - si MOHAMED avait été lettré les insinuations de ses ennemis auraient pu peser d'un poids. Ils auraient pu avancer qu'il a copié son livre (EL CORAN) sur les Juifs et les chrétiens qu'il a étudié ARISTOTE et PLATON ou qu'il a récolté ses informations de la «TORAH», du Zabour et de «l'INJIL» ensuite qu'il l'ai distillé dans un langage charmeur. Chaque fois que l'on demandait des miracles a MOHAMMED le prophète de Dieu, il lui était recommander d'orienter les gens en direction du Coran - message du plus haut comme étant <<le miracle>> le miracle des miracles ! or les savants, les gens cultivés et hommes de lettres, qui étaient suffisamment honnêtes envers eux-mêmes, ont reconnu et accepté le Coran comme un véritable miracle - comme le révèle le St. Coran : seuls les injustes nient nos signes (S-29 V 49).
Ces auteurs calomniateurs connaissent bien la vérité mais : C'est ainsi que ALLAH a suscité à chaque prophète pour ennemis des démons pris parmi les hommes ou les génies. Ils s'influencent les uns les autres en embellissant leurs discours et en usant d'artifices... Si vous le suivez (o croyants) vous deviendrez mécréants. Nous musulmans qui croyons en Dieu sans associe, vénérons et croyons en tous les messagers de Dieu et en leurs enseignements sans exception aucune, en lisant ces écrits dictés par la haine, nous ne pouvons rester muets devant ces provocations sataniques et ces injures diaboliques. C'est pourquoi, dans le cadre de ces directives du Coran : ne disputez avec les détenteurs de l'écriture (juifs et chrétiens) que de la meilleure manière, sauf avec ceux d'entre eux qui sont injustes (chap - 26 - 46) nous sommes obligés par les lignes qui suivent de faire savoir a ces gens de mauvaise foi que ne peuvent se réclamer de Jésus (à lui salut) et nous rappeler à lui que ceux qui l'ont suivi et respecté son enseignement parmi lequel la croyance en la mission de MOHAMMED (PSL) et non les rebelles qui, en suivant Paul et ses païens ont perpétré la plus affreuse agression contre le Christ - Agression qui se voit en la prolifération de nouvelles Eglises qui ne sont pas d'accord sur les enseignements du Christ - Et la religion monothéiste des prophètes qu'il a enseigné en la transformant en une religion polythéiste trinitaire.
D'après les passages non altérés de la bible :
- Dieu seul est souverain et point d'autre près de lui :
1°) Sachez donc que c'est moi qui suis Dieu - Et il n'y a point de Dieu près de moi (Deut : xxxLL : 39)
2°) Je suis le premier ; je suis le dernier et hors moi il n'y a point de Dieu (Esaïe : xliv : 6)
Les passages non altérés de la bible proclament que Dieu seul est sauveur et non un ange ou un prophète ou une créature quelconque
MUHARAM 1416H - JUIN 1995
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SUITE DU COURRIER
- C'est moi qui suis l'éternel
- Et hors moi il n'y point de sauveur
- Et nul ne délivre de ma main
- Je suis le seul Dieu juste et qui sauve tournez-vous vers moi, et serez sauvés (Esaïe, 43: 11 - 15 : 21 - 22)
JESUS ET LA LOI MOSAIQUE
- Jésus (P.S) a déclaré au sujet de la loi et des prophète qui l'ont apportée avant lui :
1°) Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes, je suis venu non pour abolir mais pour accomplir - car je vous dis en vérité : tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra de la loi un seul iota.
2°) Je vous dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute vaine parole qu'ils auront proferées - c'est par les paroles que tu seras justifié ou condamné (Math. 12 37).
PAUL ET LA LOI MOSAIQUE
Paul au sujet de la loi (commandement dit le contraire en avalisant ; il dit :
1°) La loi nous a servi de pédagogue chargé de vous mener au christ (Jésus) pour être justifié par la foi. Mais la foi venue nous ne dépendons plus d'un pédagogue (Gal : 3.22.25)
2°) Le péché n'aura plus d'emprise sur vous : vous ne relevez plus de la loi mais de la grâce (Rom. 6 - 14).
3°) Vous êtes séparés du christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi : vous êtes déchus de la grâce (Gal : 5: 4).
4°) C'est le christ qui nous a racheté de la malédiction de la loi en devenant pour nous malédiction, car il est écrit : maudit est quiconque est pendu au bois (Gal : 3 - 1).
Oui, c'est moi Paul qui vous déclare : si vous vous laissez circoncire, le Christ ne vous servira de rien (GAL : 5 : 2).
Cependant le christ lui-même et tous les apôtres étaient circoncis (LUC : 2 -21)
Mais pour l'Eglise, Paul est devenu le plus grand dans le royaume des cieux après son abolition de la loi. Cette Eglise est-elle chrétienne ou Paulininieue ?
OUI LE CORAN NIE JESUS COMME ETANT FILS DE DIEU
Les musulmans ne prononcent jamais les mot «fils de Dieu» qu'ils considèrent comme blasphème mais ils vous diront : «qui était la femme de Dieu» ? Ils devraient savoir que le Dieu qui créa Adam et Eve au moyen d'un peu de terre pouvait permettre facilement à une vierge de concevoir un enfant qui incarnerait la personne de son fils. Il accomplit tout cela afin de pouvoir vivre sur la terre et sauver le monde de son péché. Aucun homme ordinaire ne peut délivrer ses frères du péché : «un pâté de beurre ne peut pas sauver un autre du feu. Pour Dieu, il en est de Jésus comme d'Adam qu'il forma de terre, puis dit : SOIS ! et il fut. La vérité vient de ton seigneur, ne sois pas au nombre des sceptiques.
«Si Dieu avait voulu prendre un fils, il aurait choisi parmi ce qu'il a créé ce qu'il aurait voulu. Gloire à lui qui est l'unique l'invincible ! ... Si vous êtes incrédules, Dieu se passe de votre adoration. Néanmoins, Il n'accepte pas de ses serviteurs «l'incrédulité». Si vous êtes reconnaissants envers lui, il agréera votre reconnaissance.
JESUS N'A PAS ETE CRUCIFIE
Les chrétiens disent qu'il y a 3 Dieux en une seule personne, mais la vérité la voici : vous dites que l'un d'eux avait été tué il s'ensuit de toute nécessité que tous les 3 ont été tués puisque les 3 font un. Il n'y a donc plus de Dieu selon toute apparence. Moïse a voulu voir Dieu. Et Dieu a voulu lui exaucer son voeu présomptieux. Il lui a dit de fixer la montagne et si celle-ci restait en place, il verrait Dieu. Mais la montagne à l'apparition de l'ombre du seigneur tombe en poussière et Moïse se trouva par l'influx insupportable d'une telle présence. Donc ce Dieu on l'approche, on le touche, on le cloue à une croix, on le martyrise et on le tue. Car il meurt ce tiers de Dieu mais heureusement qu'il est ensuite ressuscité. Sa chaire devient du pain et son sang du vin, cet instrument du vice et de la dépravation.
CONVERSION MUSULMANS AUX CHRISTIANISME
Le Coran dit : point de contrainte en religion. La vérité se distingue de l'erreur. Si ton Seigneur l'avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre croiraient en lui dans leur totalité. Est-ce à toi de contraindre les hommes à être croyants ?
CONVERSION CHRETIENS A L'ISLAM
Nous n'avons pas à faire de propagande mais, nous invitons seulement tous les vendredis à l'heure de la prière de 13H dans les différentes Mosquées de la place.
- Pouvons-nous nous résigner à croire qu'un simple individu puisse considérer son semblable (JESUS) comme étant à la fois Dieu et son créateur. Bien que notre foi en la divinité de Jésus ne pouvait non seulement être concevable mais qu'elle contribuerait à rabaisser le haut prestige de la divinité.
- Le christianisme avance la théorie du Christ, fils de Dieu et le reconnaît comme, faisant partie de la sainte trinité sacré Jésus fils de Dieu en tant que Dieu. Il est pourtant difficile d'admettre cette thèse qui va à l'encontre des enseignements de Moïse et d'Abraham selon lesquels «IL N'EXISTE QU'UN SEUL DIEU»
CONFERENCIER H. DEEDAT
Il n'est pas le seul à faire des conférences à travers le monde entier.
Avez-vous en mémoire en 1987, la venue de votre Révérend Jimmy SWATGARD, ses insanités qu'il a eu à déverser sur l'Islam et son prophète dans les stades d'Abidjan et ses cassettes qui passaient tous les dimanches sur notre chaine nationale (T.V) avant de sombrer dans la prostitution !
SI TU ES DANS LE DOUTE TOURNE-TOI VERS LES GENS DU LIVRE (JUIFS & CHRETIENS)
C'était une manière de réconforter le prophète en lui disant de ne pas avoir peur. Car il y a eu des prophètes avant lui qui ont reçu la révélation malgré les obstacles et les difficultés, et avec l'aide de Dieu, ils ont pu transmettre le message de Dieu.
FOFANA NAKY
10 ABIDJAN 1907
TEL. 36 - 23 - 10
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OPINION
(PARADOXE MUSULMAN)
S'il y a une religion au monde qui voue un culte sincère à la raison, c'est l'ISLAM. Cette disposition favorable a permis au monde musulman de dominer le reste du monde par le biais d'abord de la foi et ensuite d'un intense bouillonnement intellectuel sans précédent dont le principal vecteur était l'expression plurielle de la pensée. Cela, il est vrai dans le cadre des limites tracées par le Coran. Cette civilisation islamique amorça son perigée le jour où le despotisme et la théologie dogmatique mirent l'intellect sous leur coupe réglée. Après un sommeil millénaire suite à cet état de fait, les musulmans se sont surpris dans les fers du colonialisme, puis après sous la domination totale et aliénante de l'occident. Si nous en appelons à ce pan de notre histoire, c'est pour éclairer notre présent afin que demain soit plus beau et porteur d'espérances pour la communauté musulmane de ce pays. Pendant plus de 30 ans le PDCI, Parti - état a régné sans partage sur les personnes et la pensée. Les gouvernants, en imposant le parti unique, ont réussi en même temps à faire régner la dictature de la pensée unique qui a eu pour corollaire l'exclusion et l'intolérance. Ceux d'entre les citoyens, les associations ou même les confessions religieuses qui caressent une volonté autonomiste sont poursuivis, persécutés ; bref, frappés d'ostracisme. Il n'y a rien d'étonnant à ces comportements qui somme toute, entrent dans la pure logique des partis monopolistiques. Tout parti unique n'est-il pas d'essence totalitaire ? Certes, dès l'avènement du multipartisme, le PDCI a perdu un peu de sa verve mais il n'a pas su se départir de la mentalité et du réflexe de parti unique. Chassez le naturel, il revient toujours au galop. Dans ce contexte de conquête démocratique où la concurrence est âpre, le PDCI, empêtré dans ces contradictions internes a eu souvent recours aux méthodes staliniennes pour résoudre les problèmes du moment. C'est dans cet atmosphère hostile que les musulmans de bonne foi et de bonne volonté ont décidé d'organiser la gestion de l'islam en créant des structures autonomes vis à vis de tout pouvoir politique. Cet effort a été payant car la Côte d'Ivoire a le mouvement islamique le plus vaste et le plus puissant d'Afrique occidentale francophone. N'en déplaise au pouvoir qui de tout temps a considéré l'islam comme une religion subversive. C'est de là que découle le contrôle tatillon exercé sur la communauté musulmane. Le mouvement islamique a donc bataillé dur pour obtenir cet espace de liberté relative occupée par les associations islamiques qui ont essaimé ici et là. Le danger qui risque de stopper ce dynamisme, n'est plus trop ce pouvoir sénescent mais l'adoption de certains de ces vilains défauts par des structures islamiques ou leaders religieux. En effet, il n'est pas aisé pour un militant islamique de se prévaloir d'une indépendance d'esprit par rapport à l'opinion officielle surtout quand celle-ci s'éloigne de la vérité et de la logique et d'être ensuite accepté comme tel sans être l'objet de préjugés défavorables ou de s'attirer les foudres du milieu. Pire, les irréductibles en la matière sont marginalisés ou taxés d'être les taupes du Koweïtien. En vérité l'uniformisation de la pensée est source de médiocrité et d'immobilisme sinon de régression. Nous savons que le combat et la ligne éditoriale indépendantiste d'ALIF n'est pas faite pour plaire à certains dignitaires religieux. La problématique du combat islamique ne doit s'exprimer en terme de subjectivité ou de sentimentalisme béat. La question est, que faire pour sortir la communauté musulmane du sous-développemental et intellectuel qui la déterminent ? Voilà le sens de notre combat. Qu'un organe de presse soit sous la coupe d'une structure ne lui confère pas de facto le label de meilleur défenseur des intérêts de la communauté.
Nous avons choisi le camp du COSIM parce que son histoire et son programme d'action se confondent pour le moment avec la vérité. Si par malheur un jour, l'objectif et l'idéal qu'il s'est assigné se dévoyent et dévient de leur trajectoire, il va sans dire qu'ALIF ne cautionnera de tels actes. Nul part il est écrit que la crédibilité et le sérieux d'un journal islamique se mesurent à son niveau dépendance d'une structure ou d'une personnalité religieuse. Ce qui est sûr, ce n'est pas la langue de bois qui résoudra nos problèmes. Il est vrai, ALIF n'est pas le seul défenseur de la communauté musulmane dans le pays où les musulmans seraient à la fois les plus aisés (?) au monde ? et les plus pourchassés et battus dans les mosquées. Il est aussi vrai, à ALIF nous avons toujours dénoncer ces contradictions. Notre souhait est que nos dignitaires religieux comprennent la nécessité de l'auto-critique sur fond d'expression plurielle de la pensée. Aujourd'hui, il y a une synergie entre ALIF et plume libre au niveau du combat. Et c'est cela l'essentiel. Qu'un journal soit libre ou chapeauté, cela n'est que du domaine du détail. «Soyons d'accord sur l'essentiel et tolérons nos différences, disait HASSAN EL BANNA. L'essentiel ici et maintenant n'est rien d'autre que l'indépendance des structures religieuses et l'éducation pour le progrès de notre communauté.
MIR NOURSLTAN
MESSIEURS DU POUVOIR NE VOUS MELEZ PLUS DES FETES MUSULMANES (TABASKI ET RAMADAN)
Depuis la période coloniale jusqu'à nos jours, les autorités qu'elles soient coloniales ou néo-coloniales ont toujours regardé les musulmans de Côte d'Ivoire avec méfiance. Cette méfiance a poussé les colons à s'immiscer dans les affaires islamiques de notre pays en confiant la tutelle de notre enseignement au ministère de l'intérieur pendant que les écoles confessionnelles chrétiennes étaient sous celle de l'éducation nationale. Les fêtes musulmanes étaient présidées par les commandants de cercles et par la suite, les préfets avec à la clé un message. La situation n'a pas changé aujourd'hui. Les autorités de notre pays se croient en terrain conquis et qu'elles ont le devoir d'envoyer toujours un porte-parole. En fait de message du gouvernement que le porte-parole est censé apporté aux musulmans c'est l'apologie de l'envoyeur à laquelle il nous est donné d'entendre. Cette situation est facilité par certains ministres ou présidents d'institution de confession musulmane. Ces musulmans porte-parole envoyés spéciaux du gouvernement doivent arrêter leur cinéma. Ils doivent arrêter leur «griotie». Voient-ils des ministres ou cadres chrétiens aller à l'église tenir des discours laudateurs, publicitaires ? L'Islam n'est pas une religion marginale en Côte d'Ivoire pour qu'elle soit traitée comme telle.
Il est dommage que la manipulation de notre religion prenne appui sur certains frères musulmans qui ne voient que leur intérêt. L'Islam n'est pas une religion étrangère. Alors que cesse cet assistanat malveillant qui nuit plus aux musulmans qu'il ne les sert. Les musulmans n'ont pas besoin de ça pour se sentir aimer. Ils souhaitent un peu de considération au même titre que les autres. Frères musulmans envoyés spéciaux et porte-paroles du gouvernement ayez le courage de dire la vérité à vos envoyeurs quand ça ne va pas. Vous êtes la honte de l'Islam en C.I. vous servez de cheval de troie.
MAROUF YEO.
MUHARAM 1416H • JUIN 1995 ALIF n° 31 Page 5
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INFORMATIONS
LE LINCEUL DE JESUS EST UN FAUX
Depuis quatre siècles, ce linge conservé dans la cathédrale de Turin en Italie, d'où vient-il ? Personne ne le sait. Il est apparu en France près de Troyes au milieu du 14ème siècle. A-t-il été apporté de Palestine par un croisé ? Mystère ! En plein moyen âge, il suscite une émotion considérable. A plusieurs reprises, il fait l'objet d'ostention, c'est-à-dire d'expositions publiques qui attirent de nombreux pèlerins. Pourtant au départ, l'église officielle ne croit pas à l'authenticité du suaire et interdit ces ostentions. Tant de fausses reliques sont vénérées un peu partout.
Deux ans plus tard, pourtant, le Pape JULES II autorise à nouveau le culte public de la relique. Après un court passage à CHAMBERY, le linge arrive à Turin. Puis, les années, les siècles passent et les ostentions se font de plus en plus rares. Pour les fidèles qui continuent d'adorer ce suaire, la foi seule tient lieu de preuve.
Jusqu'au jour où...
« C'est à la fin du 19e siècle que le suaire rencontre la science, la photographie en l'occurrence, représentée par ces merveilleux appareils ancêtres de nos appareils actuels pieusement conservés au musée de la photographie de BIEVRE dans la région parisienne.
Donc en 1898, l'italien SECUNDO PIA utilise un appareil photo BCD et met en face le suaire. Il déclenche l'appareil, développe le négatif et alors voici ce qu'il découvre : une image qu'on n'avait jamais vue, qu'on imaginait pas. Oui, le suaire recelait une image qu'il ne pouvait révéler qu'à la photographie qui fonctionnait comme négatif. L'émotion est considérable. On considère cela comme une preuve de l'authenticité du suaire. Evidemment réaction au sens contraire et voilà PIA qui est accusé de s'être trompé entre négatif et positif. Pire, suspecté d'avoir commis une supercherie. Il faudra attendre une trentaine d'années pour qu'on refasse l'expérience et que l'on voit le bien. Oui, lorsqu'on photographie le suaire, c'est bien un visage qui apparaît encore de façon très nette. Dans les années suivantes, d'autres études sont faites sur le linceul et elles vont révéler des résultats extrêmement troubles ».
DEMONSTRATION
Dès le début du siècle, on s'aperçoit que l'image inscrite sur le linge ne reproduit ni l'ombre ni la lumière. Elle traduit le relief. Grâce à un ordinateur, on a ainsi pu reconstituer le volume du visage imprimé sur le linceul. Un chirurgien français, le Dr BARBET, étudie l'empreinte dans les années 30 et remarqua que les clous sont plantés dans les poignets et pas dans les paumes. Or les poignets peuvent effectivement supporter le poids du corps, contrairement aux paumes qui se déchiraient. Autre détail étonnant : les pouces sont invisibles or il est physiologiquement très vraisemblable que les clous en traversant les poignets et provoqués un réflexe, ramenant les pouces dans le creux des paumes. Dans les années 70, on découvre sur le linge des pollens identiques à ceux du proche orient. Enfin en 1978, lors d'une nouvelle ostention organisée à Turin, cinq jours entiers sont réservés à une équipe de chercheurs américains pour étudier le linge sacré. Le résultat publié indique que le linge ne porte aucune trace de pigments colorés. En d'autre termes, il ne s'agit pas d'une peinture. Alors certains imaginent que cet étrange empreinte serait une preuve concrète de la résurrection. Comme si le corps de JESUS traversant le suaire avait laissé une dernière trace de son existence terrestre. Ainsi, vous le voyez, dans les années 70 toutes les informations qui intéressent le grand public vont dans le même sens. La science confirme l'authenticité du suaire. Mais la science tout de même ! On l'a un peu bousculé dans cette affaire. On a tiré des conclusions hâtives, imprudentes, dès les premières expériences. On a pas attendu les contre-expertises. Alors dans les années 80, le balancier part en sens contraire. La peinture par exemple ! On s'est dépêché de dire qu'il n'y avait pas la moindre trace sur le suaire. Eh bien non ! Il y a des experts comme l'américain WALTER MC CROWN qui eux, disent qu'ils ont trouvé des traces de peinture. THIERRY MOISE est allé les voir à CHICAGO :
APPORT DE WALTER
Cet homme s'appelle WALTER MAC CROWN, c'est l'un des spécialistes mondiaux des micro-analyses. Il travaille notamment pour la justice américaine qui lui a décerné le titre de meilleur criminologue des ETATS UNIS. La quasi totalité des spécialistes du FBI et de la police sont passés sur les bancs de son école pour y apprendre leur métier. Mais il est aussi un expert mondialement connu de la détection des faux en art. En 1978, le groupe de chercheurs américains auquel appartient WALTER MAC CROWN effectue 32 prélèvements sur le linceul. C'est lui qui est chargé de les examiner pour déterminer si l'image est faite de pigments.
« J'ai utilisé un microscope optique pour examiner les constituants de l'image. Et j'ai découvert qu'il y a des petites particules, de toutes petites particules rouges qui ressemblaient à des pigments colorés. Alors j'ai utilisé de la lumière polarisée qui donne plus d'informations, pour savoir de quoi il s'agissait ».
Voici un exemple de ces minuscules pigments découverts sur le suaire. Après analyse MAC CROWN a déterminé précisément leur composition. Il s'agit d'un pigment à base d'oxyde de fer très couramment utilisé au moyen âge. Le liant de la peinture à base de blanc d'oeuf a provoqué un jaunissement des fibres. Et le sang ?
« La différence entre le sang du suaire et le vrai sang, c'est presque le jour et la nuit. Voici du vrai sang mis en présence d'un sel de sodium, ça fait des huiles. Sur cette image, les fiches de droite sont imbibées de vrai sang. Celles de gauche sont des fibres du linceul avec du sang du linceul. Aucune réaction. »
MAC CROWN a analysé le sang du suaire. Selon lui, il s'agit de vermillon, un colorant très répandu au moyen âge. Le microscope électronique a permis de confirmer ces résultats. Voici grossi six mille deux cent fois, une particule du sang du linceul. Le microscope électronique montre que cette particule contient du fer, du soufre et surtout du mercure. Un poison qu'on ne trouve pas dans du véritable sang.
« Je suis sûr que c'est parce que les pigments sont les seuls constituant de l'image. Et il n'y en a que sur l'image. On en a trouvé sur aucune partie du suaire, ça ne peut pas être autre chose qu'une oeuvre d'artistes MAC CROWN n'est pas le seul expert à contester les premiers résultats. Ainsi, les études anatomiques du Dr BARBET sont remises en cause par MICHAEL BADEN de l'institut médico-légal de NEW YORK. Il constate que des bras, l'un est plus grand que l'autre, il constate qu'il y des anomalies dans les traces de sang au niveau de la chevelure etc. Quand aux pollens, on en parle même plus, on a découvert des pollens du proche orient sur des objets qui n'ont jamais franchi la Méditerranée.
C'est alors que grâce à cet type d'appareil, des accélérateurs de particules, la science va pouvoir répondre à une question capitale. Le suaire date-t-il bien du temps de Jésus ?
DATE DU SUAIRE
Pour reconnaître l'âge des objets anciens, les scientifiques disposent d'une méthode, celle du carbone 14. Mais il était impossible de l'utiliser, dans ce cas précis parce qu'il aurait quasiment fallu détruire le suaire. Mais grâce à de tels appareils, il devient possible de faire la mesure en plaçant ici un échantillon d'un milligramme seulement et ensuite, ces atomes de carbone tournent dans cette machine et là à l'extrémité penche un certain nombre de mesures à partir desquelles, il sera possible de connaître l'âge de l'échantillon. Alors maintenant on va voir plus précisément le principe de la méthode et surtout quel résultat elle a donné lorsqu'on l'a appliqué au suaire de Turin.
Le carbone 14 est un atome de carbone un peu spécial. Il est radioactif et se désintègre peu à peu en azote.
A la surface de la terre la quantité de carbone 14 est constante depuis des milliers d'années car le rayonnement des étoiles produit du carbone 14. Or le linge du suaire de Turin est fait à partir de plantes. Tant que les plantes vivaient, elles contenaient comme tous les êtres vivants la même proportion de carbone 14. Par contre, le jour où on les a coupé, elles ont cessé d'avoir des échanges avec l'extérieur. A partir de ce moment là, le carbone 14 qu'elles contenaient et qui se désintégrait, n'était plus remplacé. La datation au carbone 14 consiste donc simplement à mesurer la quantité de carbone 14 restante. Moins s'il y en a, plus l'objet est ancien. On nettoie les objets comme ces bouts de bois dans des bains d'acide et de soude pour enlever toutes les impuretés. Puis, on extrait tout le carbone contenu dans l'échantillon. Il ne reste plus qu'à mesurer la proportion de carbone 14 sur un appareil de ce type, pour obtenir la date. 1988, pour la
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INFORMATIONS
CEUL DE
IL LE VRAI ?
quatrième fois seulement en cent ans le suaire est sorti de son ombre. L'Eglise en la personne de monseigneur BALESTERO évêque de Turin a donné son accord pour que le linge soit soumis à la datation. Trois laboratoires sont choisis pour effectuer la mesure : OXFORD, ZURICH et TUCSON (ARIZONA USA). Les prélèvements sont effectués le 21 avril 1988. Le 13 octobre de la même année, le cardinal BALESTERO annonce publiquement les résultats. L'origine du tissu se situe entre 1260 et 1390 après JESUS CHRIST, ce qui correspond d'ailleurs à la date où il apparaît dans l'histoire. L'Eglise a accepté sportivement le verdict des scientifiques et prend une position de retrait. Mais les passions se déchaînent et certains accusent les laboratoires d'avoir triché pour prouver que le linge est un faux. Tout comme on a accusé en son temps SECUNDO PIA, photographe du suaire d'avoir fraudé pour prouver l'authenticité de la relique.
JACQUES SYLVAIN, spécialiste du carbone 14, a été membre de la commission chargée par l'Eglise de mettre en place la datation du suaire. Nous lui avons demandé si les laboratoires auraient pu tricher ?
«C'est absolument impossible, les laboratoires savaient qu'ils avaient affaire à quelque chose d'extrêmement important et en ce genre de matière, on ne joue pas avec la science».
DECEPTION
D'autres plus modérés suggèrent que les laboratoires auraient pu de bonne foi commettre des erreurs. Par exemple, on sait qu'en 1522, un incendie ravagea la chapelle de CHAMBERY où le linge était conservé. Certains se sont dit : des poussières ou des cendres auraient-elles pu fausser la datation ?
«C'est possible que les cendres se soient déposées, elles ont pu facilement être éliminées. Avant la prise de la mesure de la radioactivité, on sait nettoyer parfaitement l'échantillon.» D'autres encore disent que les laboratoires auraient pu par mégarde avoir travaillé sur une pièce de tissu ayant servi à rapiécer la relique au moyen âge après l'incendie.
«Cela est tout à fait impossible car avant de faire le prélèvement comme on connaît très bien l'objet, effectivement on choisit l'endroit adéquat. Il ne s'agissait pas de se mettre dans un endroit qui pouvait être contestable».
Quel a été le résultat de la datation du suaire ? Alors on a daté le suaire de Turin c'est à dire qu'on a mesuré sa teneur en radiocarbone. On a ainsi pu la situer, cette teneur en radiocarbone sous la propriété croissante du radiocarbone et on a situé très exactement à cet endroit qui correspond à 700 ans c'est à dire le 13e siècle. Au fait si la teneur était du 1er siècle on aurait pu trouvé un endroit marqué par la flèche qui correspond à la valeur qu'on a donné pour les manuscrits de ce genre. De la comparaison de l'étude de manuscrits pris à ces deux époques différentes.
On constate une différence de 10 % de teneur en radiocarbone. Cette différence est tellement importante qu'il est impossible que l'on se soit trompé d'un facteur aussi important». Mais les partisans du suaire ne désarment pas. Certains comme JEAN BAPTISTE RINAUDEAU vont jusqu'à imaginer que la datation du linceul aurait pu être faussée par un flux de neutrons qui se serait produit alors que le corps de Jésus y etat enveloppé. A ce stade, le besoin de croire l'emporte sur la volonté de savoir. Mais une fausse affaire est-elle menacée par ce que la science nous apprend du suaire ?
Nous avons posé la question à un Théologien, le père GUSTAVE MARTELET :
«Si le suaire est authentique, et là je n'entends pas la question. Il ne pourrait rester qu'une chose à savoir que le CHRIST évangéliquement parlant est véritablement mort. Deux fois, le suaire ne pense pas la résurrection. Et donc si c'est un faux, peu importe. La résurrection ne repose pas sur le suaire, la résurrection repose sur le témoignage évangélique que l'évangile a consigné».
Est-ce qu'on peut imaginer un jour une découverte, à propos d'un manuscrit, du suaire ou même à ou de fouille archéologique prouver de façon scientifique, la divinité du CHRIST ?
«l'opération, est un rêve, un rêve aberrant parce que la science s'occupe de choses, des objets et la foi s'occupe de personnes, de Dieu or Dieu n'est pas une chose. Dieu est au sein du monde comme celui qui est caché. Donc il n'est pas possible que la science puisse prouver l'existence de Dieu ou la résurrection du CHRIST. Ce qu'elle peut aider à voir, c'est l'historicité du fait que l'évangile nous raconte. Mais pas une preuve mathématique qui dispenserait de la foi. Ce serait de la catastrophe».
Autrement dit, ce sera toujours la foi et jamais la science qui poussera les hommes vers les sanctuaires : et pour ce qui est du suaire, il y a donc aujourd'hui une vérité scientifique. C'est vrai, c'est à dire une vérité jusqu'à preuve du contraire. Une vérité scientifique qui date de la fin du moyen âge. Et quant à son histoire eh bien il y a différents types d'esquisses.
L'APPORT DU MUSEUM
Nous voici au MUSEUM d'histoire naturelle de PARIS. Ici, est conservé le plus grande collection d'herbier de la panète qui attire des chercheurs venus du monde entier. Cet herbier est celui de MICHAUX et date du début du 19e siècle.
Fait remarquable, on y trouve des empreintes laissées naturellement par les plantes qui ressemblent étrangement à celles du suaire. Alors aurait-on placé dans ce linceul un corps supplicié qui aurait laissé son empreinte ? Le problème, c'est que le drap ayant épousé la forme du corps, l'empreinte du visage devrait être sensiblement déformée et élargie. Or le linge présente au contraire un visage aux proportions normales. D'autre part, cette hypothèse de l'émanation naturelle n'explique pas pourquoi on trouve des pigments colorés sur l'empreinte et pas ailleurs. L'image du linceul est une fabrication humaine comme le suggère WALTER MAC CROWN. Comment réaliser une image présentant les propriétés d'un négatif photo ? Nous avons fait l'expérience.
On part d'un médaillon en relief comme ce portrait de NAPOLEON. On pose un tissu mouillé par dessus. Puis on le tamponne avec des pigments colorés. A présent on le photographie et on développe le négatif. L'image a bien les caractéristiques de celle du linceul. Mais il aurait fallu à l'artiste un relief de quatre mètre de long. D'autre part nous nous sommes rendus compte à l'expérience que le moindre pli sur le tissu provoque un défaut sur l'image. Alors, après avoir étudier la répartition du pigment dans les fibres du linceul, MAC CROWN est convaincu que l'image est une simple peinture réalisée directement à la main par un artiste. L'image que vous voyez n'est pas le suaire, il s'agit d'un dessin, réalisé à la main par un artiste célèbre de CHICAGO, WALTER STANFORD. Il révèle comme le suaire, une photo d'un vrai visage lorsqu'on l'inverse. Avoir les propriétés d'un négatif n'empêche pas d'être une simple peinture. Oui, peut être ceci est aussi simple que cela. La seule question est de savoir pourquoi ? Justement, le peintre a utilisé pour le suaire cette technique de peinture. Cette technique qui donne au dessin des propriétés si troublantes.
Laissons au chercheur le temps et surtout la sérénité pour reconstituer l'histoire du suaire mais sachons une chose : c'est que la divinité du CHRIST n'est pas plus liée à l'authenticité de cette relique qu'à celle par exemple de la couronne d'épine pour laquelle il faut s'en souvenir, SAINT LOUIS fit construire à PARIS ce fabuleux reliquaire qu'est la SAINTE chapelle où nous nous trouvons. Ici, les sciences historiques rencontrent souvent les religions Judéo-chrétiennes. C'est précisément parce que celle-ci font intervenir la divinité dans l'histoire humaine. Il naît alors une histoire sainte, illustrée sur des vitraux avec ses événements, ses hontes et ses personnages. Evidemment, la critique historique, c'est ce que nous avons faite avec notre confrère le Figaro magazine, tout au long de cette émission. La critique historique peut ensuite nous aider à démêler le vrai du faux, à savoir ce qui sait réellement passé. Mais pour ce qui est du sens que l'on peut donner à ces événements et leurs significations, alors là ce n'est plus une question de sens, c'est une affaire de conscience pour chacun et c'est une affaire de foi pour certains.
Source : EMISSION T.V.
FRANCAISE TRANSCRIPTION :
MIR NOURSULTAN
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TEMOIGNAGE
CONVERSION A L'ISLAM : TEMOIGNAGE DE MOHAMED ALI
ANCIEN CHAMPION DU MONDE DE BOXE
Le monde entier a été surpris de retrouver l'ancien champion du monde des poids lourds, MIKE TYSON, plus lucide que jamais, à sa sortie de pénitencier de l'Indiana (Etats-Unis) où il devrait purger une peine de prison de 6 ans.
Le chemin de Dieu étant impénétrable l'homme est devenu MICHAEL ABDOUL AZIZ et s'apprête à vivre une nouvelle vie. Ayant découvert l'humilité, notre champion a été accueilli par son aîné MOHAMMED ALI dont nous livrons le témoignage de la conversion, la soumission à Allah, maître de l'univers.
Le progrès rapide et étonnant de l'Islam parmi les noirs américains en couragea KASSIUS MARCELUS KELLY nommé à présent Mohammed Ali à choisir cette religion. Il est né dans une famille chrétienne pauvre noire américaine souffrant comme les autres de privations et de discriminations. Des son enfance il choisit la boxe comme moyen de subsistance jusqu'à ce qu'il devienne un jour champion mondial. Ainsi sa réputation grandit à tous points de vue et les revenus qu'il tirait de la boxe augmentèrent considérablement. Avant qu'il proclame sa foi islamique, l'Agence de publication «William Maurice» lui proposa la somme de 250 000 dollars par an pour obtenir son autorisation de prendre quelques photos publicitaires et d'en profiter dans ses propagandes en publiant par exemple la photo de Kelly sur un paquet de beurre avec le slogan «la force de Kelly provient de ce beurre!»
Kelly n'avait aucun souci de subsistance. La conversation de Kelly n'est donc nullement due à des causes matérielles et de privation de moyens de subsistance. Ce qui l'incita à embrasser une autre religion c'est son instinct qui le poussait déjà dès son enfance à satisfaire un besoin. Mais à cette époque il ignorait la religion recherchée inconsciemment par le sens humain.
Kelly déclare ainsi : «Avant de devenir musulman j'étais chrétien je me rendais à l'église tous les dimanches et j'écoutais les choeurs religieux. Je regardais les femmes qui criaient et qui secouaient les livres qu'elle tenaient dans les mains. Je ne comprenais pas le sens de tous ces gestes. Par contre, je cherchais à connaître à fond toutes les choses et à me confier à Dieu... Mais lorsque j'appris les enseignements de l'Islam, je me rendis compte que l'Islam était la religion à laquelle je rêvais depuis l'enfance»
C'est ainsi qu'à l'âge de 22 ans Kelly déclare officiellement : «Dès à présent je m'appelle Mohammed Ali et je choisis l'Islam comme religion car je crois que c'est en suivant les enseignements de l'Islam que l'on peut atteindre le bonheur».
Le rôle de l'islam dans le destin de Mohammed Ali, voici comment il nous en parle : «Avant d'embrasser l'islam je consommais des boissons alcoolisées, je recherchais la compagnie des femmes et je n'arrêtais pas de vagabonder à présent mes lèvres ne touchent plus d'alcool, je ne commets aucun acte illicite et je considère même la boxe comme un acte incorrect (parce qu'il s'agit d'un mauvais traitement infligé à nos semblables). Ni les prostituées, ni les propriétaires de cabarets ne peuvent plus soutirer mon agent étant donné que je ne fréquente plus ces gens et lieux. Mais si je manquais de foi, je serais victime des caprices et des tentations qui font «disparaître» tout champion riche.
Après avoir déclaré sa nouvelle religion Mohammed Ali fut de toutes parts l'objet des blâmes et réprimandes de sorte que même un sénateur démocrate s'exprima ainsi : «Kelly mérite des humiliations et des blâmes tels qu'ils n'en a jamais supportés tout au long de sa vie».
«KING» le prêtre noir américain manifeste également sa désapprobation : «Kelly a causé un grave préjudice à l'âme américaine» alors que «l'Iman» disait à son tour que si Kelly insistait pour faire partie de la société musulmane, il risquerait de perdre sa chance au championnat. Mohammed Ali écrit lui même : «la même agence qui m'avait proposé 250 000 dollars par an en échange de quelques photos publicitaires, dès qu'elle apprit que j'avais opté pour l'Islam, annula sa proposition».
Mais malgré toutes ces menaces Mohammed Ali déclara : «Ma foi en l'islam est inébranlable et je connais par coeur les paroles du livre de Dieu. A-t-on besoin de preuves pour dire qu'il fait nuit, quand le ciel s'obscurcit? Ou encore, faut-il une démonstration pour prouver l'existence du brillant soleil ? Les questions islamiques sont identiques à ces exemples et il faudrait les accepter sans polémiques, ni discussions.»
Lors d'un reportage Mohammed Ali s'exprima en ces termes : «L'islam m'a aidé dans la vie et aidera également à éliminer toutes les difficultés sociales étant donné que l'islam n'est pas une affaire uniquement personnelle ou privée, mais un mouvement qui fait ébranler le monde...»
«Je suis très heureux d'avoir reconnu le véritable Dieu». Quand on lui proposa de lutter contre les viet-kongs, il dit : «je n'ai aucune raison de lutter contre eux ; ce sont les blancs qui ont provoqué cette guerre avec cette nuance que de nombreux noirs y ont été tué»
Il n'est pas inutile de répéter cette devise islamique : «Nous ne prenons part dans les guerres que pour la cause d'Allah... Seulement Allah, Allah ! c'est alors que la guerre est indispensable et seulement là ! Cette devise est palpable et n'est pas surprenante pour tout homme qui comprend le livre céleste (le Coran) et qui est musulman. Nous qui ne sommes pas prêts à lutter contre les viet-kongs, sommes plus respectés que les autres.
Le Diallobé
Extrait de la revue Maktab Islam (Ecole de l'Islam) 8e année n° 5
raison de lutter contre eux ; ce sont
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FOI (FRONT NATIONAL DE LA OUMMA) ROULERA-T-IL POUR LA FOI ?
Le 30 avril dernier, a eu lieu à la mosquée d'Attécoubé l'assemblée générale constitutive du front national de la Oumma islamique, autrement dénommer Foi.
Avec la naissance de cette structure l'espace de l'Islam en Côte d'Ivoire vient de s'enrichir d'une troisième centrale.
Mr BAKARY Chérif qui n'est pas inconnu dans les milieux islamiques de ce pays a été investi comme le tout premier président du Foi. Adjoint à l'imam de la grande mosquée d'Attécoubé, 52 ans, père de 20 enfants et ancien traducteur aux affaires islamiques au ministère de l'intérieur selon ses dires, le personnage apparemment force le respect par sa présence. Hormis les signes extérieurs qui poussent à cette comparaison, la ressemblance s'arrête là. Cet homme a défrayé la chronique en étant au coeur des intrigues qui ont agité le conseil supérieur islamique après la démission de son président, Moussa Comara, dans la deuxième moitié des années 80. A cet effet Mr CHERIF assure à titre provisoire la présidence pendant deux ans. Précisément de 1986 à 1988. L'assemblée générale du 27 mars 1988 le consacre président du csi. Le mandat sera de très courte durée car le 20 mars 1989, il est contesté par des associations de la structure fédérative. Les remous générés par la préparation des états généraux de l'Islam à Yamoussoukro qui n'ont hélas pu se tenir, entraînent une ingérence du ministère de l'Intérieur dans cette affaire religieuse. Les acquis de l'assemblée générale de 1988 seront remis en cause. Bakary Chérif cède son fauteuil à Gaoussou DIABATE et devient le 1er vice-président de ce dernier, le 28 septembre 1990. Le 28 décembre 1991 une révolution de palais pousse à la démission forcée ce vénérable vieillard. O stupeur, DIABY Koweit qui n'a jamais été membre d'aucune association religieuse, avec la bénédiction de Mr TCHOCO-TCHOCHO et compagnie est proclamé président du CSI. Chérif, toujours imperturbable comme le limonier à la barre, se maintient à son poste de 1er vice président jusqu'au jour où en 1993 il décide avec une partie du groupe de partisans (l'autre partie aurait refusé de la suivre à cause des prébendes) de claquer la porte. Cette démission en bloc selon BAKARY Chérif a été motivé par l'exercice solitaire du pouvoir et surtout une politisation exacerbée de la structure par le "Kowetien".
Cette affirmation ne peut résister à l'analyse puisque le CSI depuis sa création, la politique a pris le pas sur le religieux en son sein. Or le président du foi a été consécutivement membre de deux bureaux de l'organisation. La monopolisation du pouvoir par DIABY KOWEIT expliquerait véritablement la fracture. Mr Chérif ne nie pas cette évidence, d'ailleurs il la confirme mais en la sous-estimant.
Cette rupture a amené BAKARY Chérif et son carré de fidèles, gonflé ensuite par des recrues provenant d'autres horizons de se retrouver dans une structure informelle appelée comité national pour la réorganisation de l'Islam en Côte d'Ivoire. Le vivier qui a donné naissance au Foi. La multiplication des structures islamiques majeures n'est pas faite pour rendre service à la gestion de l'Islam. Si les uns et les autre étaient animés par la volonté de travailler pour la cause de Dieu, une structure fédérative unique suffirait puisque les divergences doctrinales au sein de la communauté musulmane sont quasiment nulles. Alors question, pourquoi les initiateurs du front nationale de la Oumma islamique qui reprochent au conseil supérieur islamique sa politisation extrême et d'autres griefs, n'ont-ils pu se fondre dans le CNI (conseil national islamique) dont les nobles objectifs rejoignent leurs préoccupations. Chérif, s'explique : «Nous voulons travailler pour Dieu. Cet objectif est consigné dans le préambule du statut de la Foi. «Nous avons lutté pour créer les conditions d'une telle réalité à l'intérieur du CSI, cela a été peine perdue. Alors nous nous sommes tournés vers le CNI dont les dirigeants n'ont pas voulu prêter attention à notre démarche».
Le président du Foi prétend prôner la tolérance au sein de communauté musulmanes. A ce titre, le comité d'organisation n'a pas manqué d'adresser une invitation au COSIM (conseil supérieur des Imams). Non seulement cette structure n'est pas venue à l'A.G., mais elle aurait surtout refusé de reconnaître la nouvelle centrale. Malgré le non catégorique du COSIM, certains Imams auraient tout de même assisté à l'investiture. Le président Chérif a dit ne pas être opposé à cette association des Imams et s'inscrit en faux contre les allégations mensongères de DIABY SALIF dans FRATERNITE-MATIN qui relèvent selon ses termes de la pure désinformation et intoxication.
Si les dirigeants du Foi affirment la main sur le coeur que leur organisation entend travailler uniquement sur le terrain de la religion et proclament sa neutralité vis à vis des partis politiques, la présence à cette cérémonie de BALLA KEITA qui ne cache plus son désir de plier l'échine des structures islamiques dans l'intérêt du PDCI, sème le doute dans l'esprit de tout observateur des affaires musulmanes. Ce n'est pas les déclarations de DRAME BRAHIM, membre du comité d'organisation de l'AG qui rassureraient. Bien au contraire, les zones troubles et contradictoires qui marquent son propos pourraient confirmer la récupération <<Nous avons invité tous les partis politiques : de la droite, du centre et de la gauche. Toutes les associations islamiques même celles qui n'ont pas encore reçu une autorisation. L'AG a coïncidé avec la fête de la liberté. Cela pourrait expliquer l'absence de l'opposition. BALLA Keita a été le seul homme politique témoin de l'événement.
Il devait y être avec les GBAGBO, MORIFERE, WODIE et autres. Nous avions peur parce qu'il avait été décidé à l'avance qu'aucune de ces personnalités ne devaient prononcer une allocution, pour qu'on ne taxe pas notre structure de politicienne. Après l'AG, nous devrions donner des informations aux Imams. Grande fut notre surprise lorsque BALLA Keita en tant que représentant du Chef de l'Etat et non du PDCI s'est emparé de la parole. Etant d'abord musulman et ensuite envoyé du chef de l'Etat, nous ne pouvions faire autrement. Les autres partis ont brillé par leur absence...>> En ces moments de veillée d'arme électorale l'avenir immédiat prouvera ou non la bonne foi du Foi. Pour l'instant l'incertitude demeure.
Pour Messieurs CHERIF et DRAME, le foi revendique déjà pas mal d'associations islamiques officiellement reconnues dont-ils aimeraient taire les noms. Car la dénomination FRONT NATIONAL ISLAMIQUE a fait beaucoup peur au départ. Selon les initiateurs, le programme d'action du Foi prendrait essentiellement en compte la réorganisation des mosquées, la création d'infrastructures socio-éducatives et travaillerait dans le sens d'un rapprochement avec les structures existantes dont la philosophie de l'action épouse la sienne. Souhaitons que cette fois Mr BAKARY CHERIF et le FOI puissent concrétiser ces voeux pieux uniquement sur le terrain de la FOI.
MIR NOURSULTAN
LE DEUXIEME CHEVAL DE TROIE ?
Le front national de la Oumma islamique (Foi) est né, à qui profitera-t-il ? Le pouvoir politique ou l'Islam ?
La question trouve une réponse difficile voire impossible à l'heure actuelle. Les initiateurs de cette structure avoue béatement vouloir travailler pour la cause de Dieu mais pourquoi n'ont-ils pas persévéré dans la négociation avec le CNI qui il faut le souligner (c'est une réalité) occupe le terrain. Les déclarations de Mr DRAME BRAHIM jettent beaucoup d'ombres d'incertitudes sur la neutralité de cette organisation.
Tout le monde sait maintenant qu'en Côte d'Ivoire, pour BALLA KEITA, le sérieux d'une structure islamique ne se mesure qu'à son degré d'aliénation par le PDCI. Cet insulteur public n'a pas manqué de se servir de l'A.G. constitutive du Foi comme tribune pour arroser le CNI et ses dirigeants de son venin. Cette attitude est un signe qui ne trompe guère. Le CNI n'a-t-il pas refusé de barboter dans les eaux troubles du compromis sinon de la compromission ?
L'hypothèse qui est proche de la vérité et qui justifie ce comportement indécent et indélicat du conseiller du chef de l'Etat est que le pouvoir a épuisé sans succès toutes les cartouches de «l'option Koweit». Le "Kowetien" à cause de ses origines n'a pu orienté politiquement la communauté musulmane qui du reste est encore sensible aux sirènes du nationalisme. BAKARY CHERIF originaire de Touba dans le MAHOU, une des provinces du MALINKESTAN (KABADOUGOU - MAHOU - WORODOUGOU) pourrait faire l'affaire. Il a une expérience en la matière qui date depuis le CSI et puis en cette période de campagne électorale qui ne dit pas son nom la caporalisation du Foi pourrait attirer des voix non-négligeables vers le PDCI. Une partie de la population du MALINKESTAN tout au moins celle du MAHOU suivrait facilement Mr CHERIF dans un tel cas de figure. Les dirigeants du Foi affirment avec naïveté la neutralité de leur structure mais c'est méconnaître le pouvoir qui est passé maître dans l'art de tribaliser le débat politique et qui s'est toujours servi de la communauté musulmane comme caisse de résonance pour des besoins politiciens.
MIR NOURSULTAN
ALIF
C'est mon journal préféré
ues officiellement reconnue
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REGIONS
BOUAKE
LES JEUNES MUSULMANS EN SEMINAIRE
Du 12 au 15 avril dernier, s'est tenu au collège Yamousso de Bouaké, un séminaire de formation islamique regroupant environ 180 jeunes venus des sous-sections AEEMCI de Katiola, Béoumi, Sakassou et bien sûr de Bouaké. Ce séminaire dont le thème était : contribution de la jeunesse au rehaussement de l'Islam était parrainé par le bureau régional du Conseil National Islamique (CNI). Outre le CNI, le séminaire a enregistré la présence d'une délégation des jeunes du Mali (UEEMA) conduit par le frère SAKO ABDOUL Karim et celle des représentants de l'AJMCI et de la LIPCI.
Selon le président régional de l'AEEMCI, le frère Cissé Seydou le séminaire a répondu à leurs aspirations car les jeunes repartent chez eux pétris de nouvelles connaissances sur leur religion à travers les cours dispensés dont les principaux thèmes se rapportaient à la vie du prophète Mouhamad (S.A.W), les 5 piliers de l'Islam, les 4 écoles islamiques, la foi, etc.
La cérémonie de clôture a eu lieu le samedi 15 avril à la bourse du travail de Bouaké (Koko) par une magistrale conférence prononcée en dioula par Oustaz Abdoul Wahab, directeur d'une école au secrétaire général du bureau de la coordination régionale du CNI. Oustaz Fiouhou Knassé représentant le président régional du CNI Oustaz Sylla Mahmoud empêché. Il a prodigué de sages conseils aux séminaristes et les a exhortés à être des moudjahedines, des modèles, des guides car l'Islam n'est-il pas le chemin de Dieu (S-3, V 19, 20) ? «Puisse Allah les protéger pour qu'ils soient demain de grands moumines !!!» a-t-il conclu.
Une correspondance de Bamba Amara Bobby à Bouaké
L'ISLAM UNE RELIGION VIVANTE
Bouaké est à l'heure actuelle une ville où la religion musulmane est très vivace et vivante. En effet, à l'instar de toute la CI entière, la communauté musulmane est de loin la plus nombreuse de toute la ville et la plus soudée.
Ce qui place Bouaké au-dessus des prétendues querelles idéologiques qu'on enregistre par ignorance souvent dans certaines régions, très peu de villes peuvent se targuer d'avoir la dimension religieuse de notre belle cité. La preuve est qu'à Bouaké, on compte 140 mosquées dont 35 mosquées où on célèbre la prière de vendredi. En plus, il ne se passe pas un vendredi où on enregistre la conversion d'au moins une dizaine de personne à l'Islam. Les deux organisation qui dirigent la communauté musulmane en CI, à savoir le conseil supérieur islamique (CSI) et le conseil supérieur des Imams (COSIM) dont le CNI est l'émanation sont tous deux représentés sur le territoire bouakéen et les deux structures travaillent sans heurts majeurs.
Toutes les associations musulmanes existant en CI et œuvrant en faveur de l'émancipation et de la formation des musulmans sont représentées ici à Bouaké. Nous avons le CERICI, la LIPCI, L'A.J.M.CI, L'AFEMCI - LE SEMI etc.
Toutes ces associations, à l'instar du CNI, ont choisi de ne servir qu'Allah (Soubhana wa Taala) et de se départir de toute prise de position politique.
Toute chose qui fait la fierté légitime du président de la coordination locale du CNI, Oustaz Sylla Mahamoud. Que dire des écoles coraniques dont le nombre croît d'année en année. Mais à côté de la manifestation tangible de la foi musulmane à Bouaké, nous avons une catégorie de prévaricateurs d'égarés qui fera l'objet de notre enquête prochainement. Dieu nous garde !
Correspondance de BAMBA AMARA BOBBY
BOUAKE
ABIDJAN
AJMCI ADJAME
Semaine culturelle du Comité Communal AJMCI d'Adjamé
Dans le cadre de son programme d'action annuel, le comité communal AJMCI d'Adjamé a organisé une semaine culturelle Islamique qui s'est étendu du 7 au 14 mai 1995.
Les activités ont commencé par un jeu concours de connaissances Islamiques ayant trait au Coran, à la vie du Prophète et à sa Sunnah.
Six sous comités étaient en compétition dont le vainqueur était le sous comité Djédjah, suivi en seconde position par le sous comité des «220 Logements».
La manifestation s'est poursuivie samedi 14 mai 1995 par une conférence au centre HUSSEINIYA d'Adjamé. Le thème de la conférence était l'unité en Islam, prononcé pr OUSTAZ Doumbia Abdoul Quadir.
Il a parlé des quatre écoles juridiques de l'Islam Sunnite, ainsi que du Chiisme duodécimain.
Ensuite il a conclu qu'au delà des divergences doctrinales qui du reste sont mineures, il y a nécessité pour les musulmans de s'unir au niveau des méthodes d'actions pour combattre le matérialisme et l'hypocrisie.
Le dimanche 14 Mai 1995 le comité communal d'Adjamé s'est rendu à Bassam pour rencontrer les frères et soeurs de cette ville, à la mosquée du «quartier France».
Trois frères (SOUMANO IBRAHIM Professeur de lycée, Sylla Mamadou Libraire et Dosso Abdallah) ont montré l'impact que les mass médias peuvent avoir sur la jeunesse en général musulmane en particulier.
Ce qu'il faut retenir de ce débat très enrichissant est que les jeunes musulmans doivent s'informer, regarder des émissions de télé, écouter la radio mais cela doit être doublé d'une vigilance, car certaines informations, émissions de télé et de radio vont contre les enseignements de l'Islam.
Alors, c'est pour éviter d'être berner, que les trois intervenants ont demandé aux Ajmcistes, de mieux connaître leur religion, car lorsqu'on a le savoir on ne peut pas être trompé.
Ensuite il y a eu la remise des prix aux gagnants du jeu concours de connaissance Islamiques du 7 mai 1995.
La partie distractive de cette rencontre a commencé après la prière de 13H 30 par la visite des sites touristiques de la cité hôte.
Sous le coup de 16H après évidement la prière, concomitamment il y a eu un match de foot ball entre les frères et une causerie entre les soeurs des deux communes.
Karamoko Debamba.
DIVO : La fête de la Tabaski
A l'instar de toutes les villes de Côtes d'Ivoire. Le peuple Djiboua a célébré le mercredi 11 mai, 1995, l'Aïd El Kébir ou la fête de la TABASKI.
Tôt le matin, les musulmans vêtus de leurs plus beaux habits se sont rendus dans la cour de la mairie où a lieu la grande prière dirigée par l'Imam Doumbia.
Après les deux rakats et le sermon l'Imam Nasséré Diaby a fait les bénédictions. Il a demandé à Allah de faire régner l'entente entre les fils de ce pays pour que règne la paix, que Dieu donne les moyens à tous ceux qui veulent le bonheur de notre cher pays et que les autochtones et les allogènes s'entendent pour le développement de Divo.
Prenant la parole, le préfet Auguste Tahan a remercié les musulmans au nom du gouvernement. Il leur a ensuite dit que leur rôle sera très déterminant dans les mois à venir. Il a demandé à cette communauté de prier afin que les élections se passent dans la paix. Pour terminer, Monsieur le Préfet a dit qu'à partir du mois de juin des prières devraient être dites dans toutes les grandes mosquées du département pour que les élections se déroulent dans le calme. Notons la présence à cette manifestation du Ministre ZAKPA ROLAND, du maire BOBI Djépa, du député TOURE Yacouba et du président de la coordination du CNI Oustaz Sanogo.
Après la prière les fidèles ont immolé leurs moutons en guise de sacrifice.
SOUMAILA Bakayoko
correspondant à Divo.
GRAND-LAHOU :
Mobilisation des jeunes musulmans
Longtemps muselée par le parti au pouvoir, la communauté musulmane prend aujourd'hui conscience et s'organise à travers tout le pays pour ne pas s'éloigner du chemin d'Allah. Grand-Lahou, la cité des Avikam n'est pas en reste. L'avenir reposant sur la jeunesse, nous avons rencontré le vice-président de l'A.J.M.C.L (Association de la Jeunesse Musulmane du Département de Lahou) à l'absence du Président.
Il nous livre à travers cette interview, ses espoirs d'un avenir lumineux.
ALIF : Présentez-vous à vos lecteurs.
"Je réponds au nom de Youdé zoubhoulou Arouna, né le 08/12/64 à Mome dans la sous-préfecture de Guiglo. Actuellement employé au SNTMVCI, section de Grand-Lahou, en qualité de chargeur billeteur. Voici quatre ans que j'ai rejoins la lumière de l'Islam. J'assume avec foi la vice-présidence de l'A.J.M.D.L.
ALIF : Parlez nous des activités de votre association.
"L'Association des Jeunes Musulmans du Département de Lahou a pour l'instant deux objectifs. D'abord bâtir l'enceinte de notre mosquée avec tout ce qu'elle comporte telle que les douches, la clôture etc... et en même temps promouvoir l'Islam dans le département par des causeries débats. Participer à l'éducation globale de la jeunesse musulmane.
ALIF : Que pensez-vous des instances dirigeantes de l'Islam dans notre pays ?
Je suis vraiment peiné de la division qui règne en notre sein. Division provoquée par Diaby «Koweit» plus politicien que religieux. S'il fait les affaires du parti au pouvoir tant mieux.
Je suis quant à moi certain qu'Allah saura réagir au moment opportun pour mettre chacun à sa place. Je souhaite ardemment que le Cni et Koudouss suivent leur chemin actuel en restant sourd aux provocations divers. Le C.O.S.IM est une force pour nous et qu'Allah dirige ses pas.
ALIF : Quels sont vos souhaits ?
La motivation de nos adhérents, la communion de toutes les forces vives du département sous le couvert d'Allah. La création d'autres cellules à travers le département.
ALIF : Un appel à lancer ?
"D'abord dans ma commune et ensuite dans mon département, je demande à la jeunesse musulmane de ne pas se confondre face à tous ces troubles et que Dieu Inch Allah, nous viendra en aide, de respecter les piliers de l'Islam avec pour base les cinq prières quotidiennes.
A la communauté musulmane, je demande d'éviter de compter sur les promesses des hommes politiques pour s'occuper des vrais problèmes de l'Islam : à savoir l'expansion de notre religion.
Le Diallobé
Correspondant d'Alif à Gand-Lahou
MUHARAM 1416H • JUIN 1995
ALIF n° 31 Page 10