Numéro
Alif #30
- Titre
- Alif #30
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- mai 1995
- numéro
- 30
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation de Côte d’Ivoire
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Ibrahim Doumbia
- Dembelé Fousseni
- Hadj
- Cercle d'études et de recherches islamiques en Côte d'Ivoire
- Ivoirité
- Arrestation journalistes Plume Libre
- Élection présidentielle ivoirienne de 1995
- Kader Kéita
- Secours médical islamique
- Intégrisme
- Extrémisme
- Langue
- Français
- A une partie
- Nuit de prière pour les journalistes
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001400
- contenu
-
DHOUL-HIDJA
1415 H
Mai 1995
N° 30
4ème Année
250F
alif
MENSUEL ISLAMIQUE D'INFORMATIONS ET DE FORMATION DE CÔTE D'IVOIRE
REPONSES AUX
FADAISES DU DENONCIATEUR :
(I) JESUS N'A JAMAIS ETE DIEU
(II) LES INCERTITUDES DES EVANGILES
(III) LA TRINITE DE JESUS :
Invention Humaine
( IV) LA BIBLE CONTIENT QUELQUES
PAROLES DE DIEU MAIS ...
PP. 4-8
ELECTIONS 95 :
LE CODE ELECTORAL EST
ANTI-CONSTITUTIONNEL
P. 11
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ALIF - COURRIER 02 B.P 575 ABIDJAN 20
POURQUOI FAUT'IL PRIER ABSOLUMENT EN ARABE ?
Aoudzou Billahi Minna Chaitan radjim, Bismillattir rahamir rahim Wa Soilaton wassalam ala Rassoullhah Sayyyidina Mohamodin Woalihi washabihi wa sallam.
Le monde occidental a affiché son hostilité envers l'Islam, mais malgré tous les aboiements, cette religion continue sa progression même en occident.
Cherchant par tous les moyens à créer des complexes chez les jeunes musulmans, l'occident ne manque aucune occasion pour cela. Aujourd'hui l'un de leur credo c'est <<pourquoi chaque musulman ne prierait-il pas dans sa langue ? L'Arabe serait-elle la seule langue pour accéder à Dieu ?>>
J'avais souvent entendu certains musulmans évoquer ce problème sans y prêter vraiment attention. Mais je m'en suis inquiété quand dans l'émission de Azia Noura du dimanche 05 mars 1995, une dame issue de surcroit d'un milieu très connaisseur de l'Islam, s'était acharnée à défendre ce fait que chacun devait prier dans sa langue. Je me suis alors rendu compte que cette diversion des occidentaux avait trouvé échos chez certains musulmans intellectuels soit trop crédules, soit ignorant totalement leur religion. C'est ce qui suscite ici notre réaction pour apporter des réponses qui Inch Allah satisferont les gens qui cherchent à comprendre effectivement ce fait.
D'abord il faut savoir que la récitation du Coran est un médicament de l'âme pour le lecteur comme Dieu l'a dit lui-même dans la Sourate XVII verset 82 «Et nous faisons descendre du Coran ce qui est guérison et miséricorde aux croyants»
Or, celui qui utilise un médicament n'a pas forcement besoin de savoir la composition ou la manière dont le médicament a été fabriqué avant que le médicament n'agisse. Nous savons par ailleurs que beaucoup de médicament comprennent des produits extraits de nos usines, mais quand nous allons à l'hôpital nous n'exigeons pas la composition chimique des produits qu'on nous prescrit. Ainsi en est-il du Coran.
Pourquoi la récitation en Arabe forcement ?
Ici nous allons donner une explication quelque peu mystique. Dieu pour s'adresser pour la dernière fois aux gens aurait pu le faire dans une langue créé de toute pièce. Mais point n'est besoin de vous dire tous les problèmes que cela aurait suscité. Il a donc fait un choix. Il est souverain et ne doit de compte à personne. Quelle que fût la langue choisie, le problème aurait été le même. Il l'a fait en arabe il faut donc prier en arabe parce que chaque son, chaque mot est une vibration, porteur d'un certain poids mystique. Aucun mot ne vibre de la même manière qu'un autre. Ainsi dire "Allahou Akbar" et "Dieu est grand" ne peuvent pas avoir le même effet spirituel, non pas que l'arabe soit supérieur au français mais parce que les deux formules bien qu'ayant le même sens, ne vibrent pas de la même manière et ne peuvent pas par conséquent avoir le même poids mystique.
C'est pourquoi vous verrez dans le Coran des mots qui ne sont pas d'origine typiquement arabe mais que Dieu n'a pas voulu traduire en arabe parce que la traduction n'aurait pas eu le même effet que l'originale.
Par exemple le mot "Amin" existait bien avant l'Islam. Nous l'utilisons dans toutes nos prières à l'image du prophète, parce que la traduction arabe n'aurait pas eu la même efficacité spirituelle.
Dieu n'a rien fait au hasard.
C'est pourquoi chez nous en Afrique, des gens sont devenus saints par la récitation assidue du Coran, quelque fois sans en comprendre le sens.
Le plus important c'est la bonne récitation pour retrouver la bonne vibration.
Pour ceux qui croyaient avoir trouver là une occasion de tirer sur l'Islam qu'ils sachent qu'ils ont visé encore une fois à côté de la plaque.
Pour les intellectuels en mal de spéculations vaines qu'ils sachent que c'est Dieu qui nous a créé qui nous a doté d'une infime partie de sa connaissance comme il l'a dit dans la sourate le Trône <<Ils ne cernent de sa science que qu'il veut >> Les ordres de Dieu ne se discutent pas car notre raison est trop faible pour cerner et comprendre le bien fondé de certaines décisions.
Si par exemple on décidait d'accorder à chacun le droit de prier dans sa langue dans quelle langue allions nous donc prier dans nos mosquées où se retrouvent différentes communautés ethnolinguistiques ?
Il aurait fallu trouver une langue de compromis qui n'arrangeait pas tout le monde.
Dieu est unique et il nous a donné une langue unique pour nos prières coraniques. Quiconque est convaincu de la vérité Islamique peut faire l'effort d'apprendre quelques versets du Coran pour ses prières.
Ceci dit nous ne disons pas qu'il ne faille pas traduire le Coran dans nos langues. D'ailleurs c'est quelque chose de déjà fait, s'il n'est pas mis par écrit c'est parce que nos langues ne sont pas écrites. Sinon il y "a beaucoup de gens qui connaissent la traduction du Coran dans nos différents langues.
Si après cela, certains trouvent toujours qu'ils faut prier dans nos différentes langues qu'ils le fassent et on verra s'ils auront les effets spirituels qu'ils disent ne pas avoir en récitant le Coran en Arabe.
Assalamou Ale-koum warahama touhahi wabarakatouhon
Merci
LE CULTE ET SON BUT
Un fait important ces derniers temps est le grand engouement des musulmans pour la pratique de leur religion.
Cela est d'autant plus satisfaisant que dans un passé très proche, afficher son appartenance à la religion musulmane relevait d'un certain courage et parfois d'une certaine témérité.
En effet, non seulement se créent de plus en plus des lieux de cultes, mais également ces dits lieux accueillent de plus en plus de fidèles musulmans.
Toutes ces personnes, mues par l'instinct et le désir de rendre grâce à Allah (Loué soit-Il) le créateur, adoptent en ces lieux un comportement fait de solidarité, de respect mutuel et de diligence sans égal dans leurs actes.
Aussi, cédons-nous sans rechigner de la place sur votre peau, natte ou notre tapis de prière au nouvel arrivant, nous érigeons-nous en redresseur de rangs, cédons-nous le passage à celui qui veut intégrer un autre rang, nous serrons-nous pieds contre pieds etc.
Cependant, il est hautement déplorable que toutes ces bonnes vertus dont font preuve les fidèle dans la mosquée soit oubliée une fois dehors. Autant abandonnons-nous nos chaussures aux portes de la mosquée pour épouser les qualités sous-citées en y entrant, autant à la sortie délaissons-nous ces qualités comme nous avions abandonné nos chaussures précédemment.
Nous oublions ainsi en l'espace de quelques minutes que ce monde ici-bas une grande mosquée où chacun cherche son viatique pour le retour à Dieu (Loué soit-il).
Un agneau dans la mosquée ne doit à sa sortie se transformer ni en loup dévorant ses semblables à fortiori ses coreligionnaires, ni en chacal sans scrupule trompant et abusant tous azimuts les autres;
Il ne doit avoir aucune rupture entre le comportement dans la mosquée et celui hors de celle-ci ; cela s'applique aussi à notre comportement pendant le mois de Ramadan et en dehors de celui-ci.
En principe, toute déviation dans notre vie quotidienne par rapport à notre comportement à la mosquée ou mois de Ramadan doit être corrigée une fois que nous nous sommes rendu comptes : ce n'est hélas pas le cas.
Les mosquées et le mois de Ramadan sont certes respectivement des lieux et un mois de culte, mais aussi des lieux et un mois d'autoéducation, d'autocorrection.
Que chacun de nous se souvienne qu'en sortant d'une mosquée, nous entrons dans une autre plus vaste et que par conséquent nous devons à tout moment présenter un comportement correct digne du musulman partout où nous serons.
CISSE MOUSSA
ABIDJAN
ZOUL-HIDJA 1415 H : MAI 1995
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HAJJ
ARAFAT
La station d'Arafat est le pilier le plus important du pèlerinage musulman au dire du prophète Mohammed (S.A W) «le pèlerinage c'est Arafat»
Elle se situe le 9è du mois lunaire Djoul Hidjat depuis 13 H 45 jusqu'au coucher du soleil
Tous les musulmans se retrouvent sur cette grande place avec la diversité de leur couleur, de leur langue, de leur pays, de leur ethnie.
La station d'Arafat est l'occasion de réconciliation entre l'homme et son seigneur, entre la vie et la mort et entre la richesse et la pauvreté
1) Réconciliation entre l'homme et Allah
Le fidèle passe tout son temps à prier et à méditer. Il pose ses problèmes devant le maître de l'univers et s'attend à une satisfaction totale. Le fidèle oublie ses relations avec les créatures de ce monde qui n'ont aucune puissance devant celle de Dieu. Il demande à Dieu de lui pardonner ses péchés et il prend l'engagement de ne plus revenir dans le péché
2) Réconciliation entre la vie et la mort
Tous les pèlerins sont habillés de la même manière. Les hommes sont habillés en pagne et les femmes dans leur robe blanche
Cet habillement rappelle au fidèle la mort car c'est de cette manière que tout musulman rejoint la tombe. Aucun habillement de luxe n'est autorisé ce jour là
Nous sommes venus sur la terre de façon très simple et nous retournons à Dieu de la même façon.
Le jour d'Arafat est un jour qui apprend au musulman la bravoure. Il se sent en communauté, la communauté la plus grande et la plus importante du monde Umma.
Il se rend compte que le comportement des gouvernants n'est que de la pure diversion, valable seulement sur la portion de terre qu'ils gouvernent.
Le musulman Africain se trouve devant l'Américain, le Français, l'Indonésien, l'arabe, l'anglais etc.
Ils sont tous de Adam et Adam est de la terre. Ainsi donc, pourquoi avoir peur de la mort alors qu'on appartient à une si importante communauté ?
La lutte dans le sentier de Dieu est donc nécessaire et obligatoire même si on doit rencontrer la mort sur son chemin
<<Il n'est en personne de mourir, que par la permission de Dieu, d'une prescription déterminée>>. Coran 3 : 145
Le musulman sincère doit donc se battre pour défendre l'intérêt de sa communauté et refuser l'exclusion. Il doit lutter pour conserver sa place sur son sol natal et éviter qu'on le traite d'étranger ou de nationaux de circonstance. A Arafat l'Ivoirien de circonstance, l'Ivoirien multiséculaire, l'ivoiren de souche, tous deviennent des serviteurs de Dieu
3) Réconciliation entre la pauvreté et la richesse
Les pèlerins sont habillés le plus simplement possible et de la même manière et ils se couchent par terre à même le sol sur une natte ou un petit matelas.
On ne peut pas distinguer le riche du pauvre, le gouverneur du gouverné.
On ne sait pas qui est baoulé, bété, dioula, etc. ?
L'ivoirien multi séculaire mange dans la même assiette que l'ivoirien de circonstance. Le noir mange dans la même assiette que le blanc.
Tous sont venus de différents continents et ils sont unis. Ils ne se connaissaient pas et ils sont devenus des frères.
Ce jour là, les plus grands diviseurs communs ont honte et ils sont impuissants.
Le C S I et le C N I se confondent devant le maître de l'univers et oublient les patrons de circonstance, les grands diviseurs, les assoiffés de pouvoir.
C'est le mariage entre la pauvreté et la richesse.
Par Elhadji MAHMOUD SAMASSI l'Imam de la Mosquée des cités du Lycée Technique
HAJJ 95
Répondant à l'appel d'ALLAH qui dit dans le SAINT CORAN qu'<<il incombe aux hommes à celui qui en possède les moyens d'aller pour ALLAH, en pèlerinage à la maison sacrée d'ALLAH à la Mecque>> (S3 ; 97) plus de 1000 musulmans Candidats au hajj 95, se sont envolés depuis le 13 avril dernier d'Abidjan et de Yamoussoukro pour DJEDDAH en Arabie Saoudite
C'est un vol régulier de la compagnie multinationale AIR AFRIQUE que 259 fidèles musulmans sont partis de notre capitale politique et administrative pour DJEDDAH, ville aéroportuaire et portuaire du royaume d'ARABIE SAOUDITE.
Comme chaque année, à cette même période de l'année hégirienne, des parents, amis et connaissances sont venus par centaines pour accompagner les musulmans qu'ALLAH a appelés pour accomplir le 5è pilier de l'ISLAM qu'est le pèlerinage. Des cars et des voitures par convois venus de toutes les régions de notre pays, avaient envahi l'aéroport international de Yamoussoukro. Ainsi la coordination du C N O P M de la capitale politique a été souvent débordée par cette marée humaine, mais avec la présence des forces de l'ordre, l'organisation mise en place par l'équipe du Dr CISSE ABDOUL KARIM n'a pas été perturbée
Malgré le peu de moyens et le manque de communication entre cette coordination du C N O P M et le C.N O P M. d'Abidjan, l'équipe de CISSE a réussi à faire respecter le plan de travail qu'elle avait concocté.
Il serait souhaitable que d'ici le retour de nos pèlerins, le bureau central du pèlerinage de C N O P M et du CNI mette des moyens à la disposition de la coordination de Yamoussoukro qui se sent orpheline. En effet, tous les parents qui n'ont pas eu le temps d'accompagner les futurs pèlerins viendront par milliers pour accueillir les pèlerins.
Rappelons que malgré le tapage publicitaire fait par les démarcheurs grâce à la télévision ivoirienne 1ère chaîne, les 98 % des futurs pélerins ont confié leur voyage religieux et spirituel au comité national d'organisation du pélerinage à la Mecque. Jugez-en-vous-mêmes :
le 13 avril, 250 futurs pèlerins dont 57 du C N O P M s'envolent à bord de EGYPT AIR.
le 17 avril, 289 futurs pèlerins dont 220 du C N O P M sont partis à bord de AIR AFRIQUE dans le 1er vol et dans le 2ème vol il y avait 207 dont 180 du C.N O P M..
le 18 avril, les 259 de Yamoussoukro sont constitués à 98 % du C N O.P M..
IN CHA ALLAH, nous reviendrons sur le détail dans nos prochaines éditions.
DIABY FOUSSENY.
ALIF
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DHOUL-HIDJA 1415 H • MAI 1995
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LA TRINITE DE JESUS, PURE INVENTION HUMAINE
LES FADAISES DU "DENONCIATEUR"
Nous avons été heureux de lire le journal dénommé "Le Dénonciateur" N° 23. Car depuis un moment, il se murmurait dans nos milieux que des "chrétiens" utilisaient certains passages du Saint Coran. Ils les opposaient pour montrer leur contradiction et conclure que ce n'est pas un livre de Dieu et surtout pour convertir certaines âmes faibles au christianisme. Nous n'avions pas les preuves mais Dieu Merci la supercherie vient d'être étalée au grand jour. Nous sommes à l'aise pour répondre aux fadaises du dénonciateur qui semble se spécialiser dans la propension des ténèbres dans notre pays. Il maintient certaines personnes dans l'obscurité la plus totale.
Le journal fait un développement dans un corps d'argumentations par ailleurs <<cohérent>> et impertinent sur son objet qui apparait comme un jugement de valeur gratuit et ose à l'encontre de l'Islam. Nous ressentons un malaise, un relent de dégoût devant une telle profession de mécréance. Faut-il voir là à travers ces élucubrations le chant du cygne ? N'est-ce pas la jalousie, la haine vindicative ? Faut-il s'étonner ? Nous pensons qu'il faut plutôt avoir de la pitié pour eux. Dieu le Tout-puissant avait averti les musulmans en des termes clairs et précis dans la Sourate 2 Verset 109 <<Beaucoup de gens du Livre, en envieux qu'ils sont, voudraient vous ramener à l'impiété, après s'être rendu compte eux-mêmes de la vraie foi et l'avoir reconnue pour telle...>> Nous pensons sincèrement que nos frères en christ du dénonciateur devraient chercher à aplanir les contradictions flagrantes qu'il ya entre les quatre évangiles plutôt que de discréditer l'Islam. Le saint Coran n'a rien à se reprocher. Il est unique. Jamais vous n'entendrez le Coran selon X, Y ou Z.
D'abord la rédaction des évangiles tant dans sa forme que dans son fond pose problème. Alors quand il y a une telle situation, l'on doit s'atteler à la clarifier plutôt que de maintenir vos adeptes dans l'ignorance. Certains lecteurs de la Bible ont trouvé certains passages obscurs, incompréhensibles, voire contradictoires, absurdes ou scandaleux.
LES EVANGILES
Très souvent les éditions de la bible destinées à une large diffusion, les introductions tendraient à persuader le lecteur que ces évangiles ne posent guère de problèmes quant à la personnalité des auteurs des différents livres, à l'authenticité des textes et au caractère véridique des récits. Alors qu'il existe des inconnues sur l'identité des auteurs. Tenez par exemple, ni Matthieu, ni Jean ne parlent de l'ascension de Jésus. Luc la situe le jour de la Résurrection dans son évangile et quarante jours plus tard dans les Actes des Apôtres dont il serait l'auteur. (1) Marc la mentionne sans préciser de date. Faut il donner une base scripturaire solide à l'Ascension ?
L'ASCENSION DE JESUS
Pour Marc chapitre 16 verset 19 JESUS fut <<enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu>> sans aucune précision de date par rapport à sa résurrection.
Luc dans le chapitre 24 verset 51 <<JESUS se sépara de ses 11 apôtres et fut emporté au ciel >>
Mais dans les actes des Apôtres, Luc (1, 2-3) dit <<ils en avaient eu plus d'une preuve alors que ; pendant quarante jours, il s'était voir d'eux et les avait entretenus du règne de Dieu>>. C'est à partir de cette citation dans les actes des Apôtres que la fête de l'ascension a été fixée quarante jours après la Pâques. La date a été fixée à l'encontre de l'Evangile de Luc ; aucun texte évangélique ne la justifie non plus par ailleurs. Il faut reconnaître que la contradiction est manifeste. Même si les chrétiens tentent de banaliser le fait : <<en fait il n'y eut pas d'ascension au sens physique lui-même, car Dieu n'est pas plus en haut qu'en bas>>
LACUNE
Comment comprendre que Jean soit le seul qui ait rapporté les ultimes entretiens avec les apôtres qui se termine par un très long discours ? Ni Marc, Matthieu, et Luc ne font mention des dernières recommandations de Jésus. C'est une lacune grave qui devait donner à réfléchir à nos frères chrétiens. Voici ce que Jean rapporte comme message essentiel de Jésus : <<si vous m'aimez, vous appliquerez à observer mes commandements ; moi je prierai le père : il vous donnera un autre paraclet (parkletos)>> J. 14, 15-16
<<Il rendra lui-même témoignage de moi>> (15, 26) <<C'est votre avantage que je m'en aille : en effet, si je ne pars pas le paraclet ne viendra pas à vous ; si au contraire je pars, je vous l'enverrai.
Et lui, par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement...>> J. 16 7-8
<<Lorsque viendra l'Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière, car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu'il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir. Il me glorifiera...>> (16, 13-14)
CONTRADICTIONS
Les contradictions sont nombreuses dans les évangiles sur un sujet commun. Dans le nouveau Testament la généalogie de Jésus divise les quatre auteurs (Jean, Matthieu, Luc et Marc)
Dans Matthieu, nous apprenons que Joseph est le fils de Jacob alors que selon Luc il serait le fils de HELI (ou HALE).
Selon Matthieu Jésus est un descendent de SALOMON fils de David ; par contre d'après Luc, il est descendant de Nathan fils de David;
. De Matthieu on apprend que les ancêtres de Jésus, du règne de David à la déportation à Babylone, étaient tous des rois. Alors que pour Luc seuls David et Nathan étaient des rois.
. Selon Matthieu de David à Jésus il y a 26 générations, selon Luc, il ya 41 générations.
Face à ces hallucinations que faut il retenir ? Il faut simplement prendre les évangiles avec beaucoup de circonspection.
JESUS déifié par certains chrétiens
Les arguments développés pour soutenir que Jésus est Dieu ne reposent pas sur du solide. Les interprétations de certains textes bibliques ont été faites souvent avec beaucoup de légèreté. Et pourtant Jésus au début de sa mission a été clair et précis : <<Ce n'est qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël que j'ai été envoyé>> MATTHIEU, 15 : 24
<<J'ai encore d'autres brebis (juives) qui ne sont pas de cette bergerie, il faut que les emmène>> JEAN, 10 : 16
Le prophète Jésus (AS) a défendu et interdit à ses disciples de prêcher aux païens et aux non israélites c'est pourquoi en envoyant ses douze Apôtres il leur donna les instructions suivantes :
<<N'allez pas chez les païens et n'entrez pas dans les villes des samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël>> MATTHIEU 5 : 17
Toujours dans Matthieu au chapitre 28 versets 19-20 une citation vient contredire le chapitre 5 verset 17 : <<ALLEZ, faites de toutes les nations des disciples les baptisant au nom du père, du fils et du saint esprit, et enseignez leur tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde >> MATTHIEU 28 : 19 - 20. Face à une telle situation qui frise le scandale, que faut-il faire? La même personne dit deux choses qui sont opposées fondamentalement. Quelle crédibilité accorder à cela? Comment un homme doté d'un bon sens et d'une raison qui lui permet de discerner le bien du mal peut-il admettre que Jésus a racheté les hommes en acceptant de mourir pour eux ?
L'on a l'impression que certains prédicateurs chrétiens sont ingurgité certaines leçons afin de les débiter sans réfléchir. Et voici le commentaire du journal le Dénonciateur : <<... et sa mort en tant qu'homme sans péché était utile pour le pardon des péchés et le salut de quiconque croira en lui depuis sa montée au ciel 40 jours après sa résurrection jusqu'à la fin du monde...>> La réponse à cette absurdité se trouve dans EZECHIEL, 18 - 20 : <<Vous dites : pourquoi le fils ne porte -t-il pas l'iniquité de son père ?
C'est que le fils agit selon la doctrine et la justice... Il vivra. l'âme qui pèche c'est celle qui mourra. Le Fils ne portera pas l'iniquité de son père et le père ne portera pas l'iniquité de son fils. La Justice du juste sera sur lui et la méchanceté du méchant sera sur lui.>> EZ. : 18 - 20. Dieu a-t-il vraiment besoin de livrer son fils pour être tué afin de sauver l'humanité ?
Pourquoi n'a-t-il pas pardonné aux pécheurs lui qui est le miséricordieux sans qu'il livre son fils à la mort ? Pourquoi Dieu n'a-t-il pas envoyé Jésus au début des temps afin de sauver les générations passées ? S'il l'avait fait, il serait plus indulgent et plus compatissant ? Jésus confirme toujours qu'il n'est pas Dieu. <<... or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent. Toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ>> JEAN, 17 : 3
Jésus avait montré, selon ce verset que la vie éternelle consiste à reconnaître Dieu comme étant le seul vrai Dieu et que Jésus est son envoyé. Il n'avait point dit que la vie éternelle consiste à reconnaître que Jésus est un Dieu ou qu'il est un homme et en même temps un Dieu ou qu'il y a trois personnes qui sont Dieu. Cela implique que celui qui confesse le contraire de ce qui est dit dans ce verset est dans la perdition.
LA TRINITE DE JESUS
La trinité de Jésus est une pure invention des hommes. Tout serait parti en l'an 325 après J.C au concile de NICEE.
C'est à ce concile que Jésus fut proclamé Dieu, fils unique de dieu et cela après plusieurs batailles qui ont permis aux adeptes de la Trinité de remporter.
En d'autres occasions nous donnerons les détails de ce concile.
À travers cet article nous voulons dire à nos détracteurs de faire attention car nous avons les arguments qu'il faut pour porter la contradiction partout où le besoin se fera sentir. A bon entendeur SALUT !
OUATTARA ISSOUF.
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FADAISES
LES INCERTITUDES DES EVANGILES
« LES EVANGILES »
Les écrits du nouveau Testament
Les Epîtres pauliennes ont été rédigées
avant les évangiles
Ceci renforce l'hypothèse selon la-
quelle une influence importante de Paul fut
exercée sur les auteurs des évangiles.
Mais puisque les évangiles sont mis
à la tête du Nouveau Testament, nous som-
mes appelés à suivre cet ordre.
Les quatre évangiles, qui ont été
retenus, posent quant à leur pluralité un
double problème :
a) Un problème d'ordre théologique,
ressenti dès l'Antiquité : pourquoi faut-il
quatre témoignages sur les mêmes faits ?
Ne peut-on pas harmoniser les quatre ré-
cits sur la vie de Jésus pour les fondre en
un seul ? En effet, ces tentatives furent
faites, dès les origines du Christianisme,
pour réduire cette pluralité. Nous citons
comme exemple la tentative de Talien et
celle de Marcion. Mais l'Eglise a refusé ces
tentatives d'unification artificielle en gar-
dant les quatre évangiles côte à côte.
b) Cette pluralité pose également un
problème littéraire : les trois premiers évan-
giles : Matthieu, Marc et Luc, présentent
entre eux une certaine unité par rapport au
quatrième, de Jean, bien qu'il existe entre
eux des divergences patentes.
La cause de cette discordance en-
tre les trois synoptiques (les 3 premiers)
provient du fait que « Chaque évangéliste...
n'avait à sa disposition que des récits et
des paroles isolés de Jésus qui furent trans-
mis par la tradition orale... il pouvait donc
bâtir le plan qu'il voulait » (O. Cullmann,
p.18).
Pour résoudre le problème de ces
divergences figurant au sein de ces trois
évangiles, on a donné plusieurs hypothè-
ses :
1. Hypothèse de l'utilisation : elle
consiste à supposer que le premier évan-
gile écrit serait celui de Matthieu, Marc
aurait résumé Matthieu, et Luc se serait
servi de l'un de l'autre.
2. Hypothèse de l'Evangile primitif :
Selon cette hypothèse, les trois évangiles
remonteraient à une source commune d'ori-
gine araméenne que nous n'avons plus, et
chacun des trois aurait utilisé cette source
à sa façon.
3. Hypothèse des récits écrits sépa-
rément : De petits morceaux auraient été
composés tout d'abord : récits de miracles,
recueils de paroles de Jésus etc...
Chacun des évangélistes aurait, plus tard,
combiné à sa façon ces divers éléments.
4. Hypothèse de la tradition orale :
La tradition orale se serait fixée de bonne
heure, et les évangélistes se seraient bor-
nés à puiser dans cette tradition commune.
Ce qu'ils auraient fait, chacun à sa ma-
nière.
5. Hypothèse des deux sources :
C'est une combinaison de l'hypothèse de
l'utilisation et de celle de l'Evangile primitif
perdu : Matthieu et Luc auraient utilisé,
indépendamment, Marc qui serait donc le
plus ancien des trois, et une source com-
mune, aujourd'hui perdue. Mais l'évangile
de Marc, utilisé par les deux autres, était-
il celui d'aujourd'hui ? D'autre part, la
source commune a-t-elle été vraiment uni-
que ?
Mais il faut tenir compte du fait que
l'Evangile a existé pendant des dizaines
d'années presque exclusivement sous
forme orale. Les évangiles synoptiques ne
sont donc que les porte-parole de la com-
munauté chrétienne primitive qui a fixé la
tradition orale.
La tradition orale a transmis des
récits isolés et des paroles plus ou moins
authentiques. Les évangélistes ont donc
tissé des liens entre ces paroles et ce
récits ; mais « chacun à sa façon, chacun
avec sa personnalité propre et ses pré-
occupations théologiques particulières »
(O. Cullmann, p. 20).
1. L'Evangile selon Matthieu
L'auteur du premier évangile est un
Juif, converti au Christianisme, et il vit
dans une communauté judéo-chrétienne.
Mais où situer cette communauté ? Faute
de témoignages et de preuves décisifs. On
a proposé Jérusalem, la Galilée, Antioche,
Alexandrie, ou une des grandes villes du
littoral phénicien de Syrie, ou encore une
cité aux confins de la Palestine du Nord et
de la Syrie comme Césarée de Philippe ou
Damas. Il est actuellement impossible de
se prononcer.
De même, la date de la composition
de cet évangile est imprécise. On la situe
en général entre les années 70 et 80.
Mais qui est l'auteur de cet évangile
?
« La tradition, et non le texte lui-
même qui n'en souffle mot, a attribué cet
évangile à Matthieu, le « <percepteur> »
dont la conversion est racontée IX,9... et
qui devient l'un des 12 apôtres... Mais rien
ne permet de confirmer cette tradition qui
soulève des difficultés, surtout si nous
admettons que l'auteur a utilisé l'Evangile
de Marc, qui n'était pas disciple de
Jésus. >> (O. Cullmann, pp.23-24).
2. L'Evangile selon Marc
Nous ne savons pas qui est exacte-
ment Marc. Etait-il Juif ou non ? La tradi-
tion voulait qu'il soit l'auteur du second
évangile.
Cependant, on reconnaît aisément
dans cet évangile une profonde influence
de la pensée de l'apôtre Paul suggérée
également par le livre des Actes des Apô-
tres qui fait de Marc le collaborateur de
Paul dans ses tournées missionnaires.
La date de la rédaction de cet évan-
gile n'est pas également précise.
3. L'Evangile selon Luc
Le texte du troisième évangile ne
dit pas le nom de son auteur.
Cependant, il est attribué, à partir du IIe
siècle, à un certain Luc.
Nous connaissons un Luc qui a été compa-
gnon de Paul. Toutefois, il est impossible
d'infirmer ou de confirmer cette tradition
par la langue ou le style de l'évangile.
L'auteur a utilisé trois sources : plu-
sieurs récits composés avant lui, des
renseignements recueillis auprès des té-
moins oculaires, et la tradition orale des
prédications apostoliques.
4. L'Evangile selon Jean
L'auteur du quatrième évangile n'est
pas forcément Jean fils de Zébédée, l'un
des 12 apôtres. Certains critiques ont attri-
bué le quatrième évangile à Jean l'Ancien
qui serait distinct du fils de Zébédée.
Par ailleurs, l'identification de
l'auteur à partir du texte lui-même est ab-
solument difficile. Cependant, il est à noter
que dès la fin du IIe siècle, l'authenticité
johannique de cet évangile a été mise en
doute.
On attribue habituellement une date
assez tardive à la rédaction de cet évan-
gile. On la situe dans les dernières années
du 1er siècle.
Son origine pouvait être soit
d'Ephèse, soit d'Antioche, soit encore de
Transjordanie. « Son style et sa langue...
portent la marque d'une double influence
hellénistique et judaïque. >> (O. Cullmann,
P. 40).
Par ailleurs, l'Evangile johannique
diverge d'avec les synoptiques : son seule-
ment par le cadre chronologique et le cadre
géographique qu'il donne au récit de la vie
de Jésus, mais d'une manière générale par
des traditions particulières et surtout par
des perspectives théologiques différentes.
5. Les Actes des Apôtres
Le contenu de ce livre ne corres-
pond pas à son titre, car il ne s'agit pas de
tous les apôtres, mais seulement de Pierre
et de Paul.
Dans son intention comme dans sa
forme littéraire, cet écrit n'est pas différent
des évangiles.
Son auteur est le même que celui de
l'évangile selon Luc. Le vocabulaire, la lan-
gue, le style et les idées théologiques sont
les mêmes.
Il existe quelques divergences entre
cet écrit et ceux de Paul.
Quant à la date de la rédaction de ce
livre, elle est située entre 80 et 90.
6. Les Epîtres de Paul
On a attribué à Paul 13 épîtres.
Mais l'authenticité pauliniennes épîtres
pastorales (1 Timothée, 2 Timothée, et
l'épître à Tite) a été mise en doute. (Cf.O.
Cullmann, p.78).
Bien qu'il existât déjà du vivant de
Paul des lettres qui lui étaient faussement
attribuées, l'authenticité de la plupart de
ses lettres n'a pas, à quelques exceptions
près, été contestée.
7. Les Epîtres catholiques
On englobe sous ce titre sept écrits :
l'épître de Jacques, la première et la
deuxième épître de Pierre, la première, la
deuxième et la troisième épîtres de Jean,
de Jude.
L'ensemble du texte de l'épître de
Jacques apparaît moralisant, judaïsant et
sans aucune note chrétienne. On suppose
qu'elle a été adoptée par un Chrétien qui
l'aurait christianisée en y insérant par deux
fois le nom de Jésus. Mais l'auteur est
probablement judéo-chrétien. L'identifica-
tion de son auteur est difficile.
L'épître de Pierre pose beaucoup
de problèmes quant à son auteur. Cette
épître est rédigée dans un très bon grec.
On constate une grande parenté entre les
idées de cette épître et la théologie
paulinienne. On relève l'absence de souve-
nirs personnels concernant Jésus, ce qui
est surprenant chez cet homme qui a vécu
dans l'intimité de Jésus, on cherche, en
vain, dans cette épître des notions centra-
les de l'enseignement de Jésus.
L'identification de l'auteur de l'épî-
tre de Jude est difficile.
Cependant, cette épître a une particularité
qu'il faut noter : Elle cite, à plusieurs repri-
ses, des livres apocryphes du Judaïsme et
surtout le « <livre d'Enoch>>.
La date de la rédaction de la deuxième
épître de Pierre est située après 90. Il est
donc impossible qu'elle ait pour auteur
Pierre qui, selon la tradition, serait mort
vers 64 ou 67 à Rome.
Les trois épîtres de Jean sont expri-
mées dans un style liturgique.
La majorité des critiques pense que
ces trois épîtres sont du même auteur et
que, si celui-ci n'est pas l'auteur du qua-
trième évangile, il appartient en tout cas au
même milieu spirituel.
8. L'Apocalypse de Jean
La présence légitime de l'Apocalypse
dans le canon a été contestée pour la
première fois vers la fin du IIe siècle, et elle
le sera surtout en Orient à partir du milieu
du IIIe siècle. Mais vers 150, l'Apocalypse
fut considérée comme un livre inspiré.
L'auteur de cet écrit n'est pas Jean
l'Apôtre, fils de Zébédée. Quant à la date,
l'épître a été écrit en 96 d'après le témoi-
gnage d'Irénée au IIe siècle.
Source : JESU dans le Coran
Mohamed dans la Bible
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FADAISES
JESUS N'A JA[MAIS DIT QU'IL EST DIEU]
ET IL NE LE [DIRA JAMAIS]
Cher frère directeur de publication de ALIF,
C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu dans vos colonnes (Alif N° 18) les échanges sur la vie de Jésus, fils de Marie.
D'entrée de jeu, j'aimerais signaler qu'il n'y pas de sujet tabou en Islam, on peut discuter de tout sans se voir taxé d'être habité par le diable ou d'avoir un langage charnel ou non spirituel ou encore de ne pas avoir le St Esprit après cette petite précision, j'articulerai ma contribution autour des points suivants :
1) le péché originel
2) la divinité de Jésus
3) la crucifixion de Jésus
4) l'annonce de Mouhamad dans la Bible
5) le salut
1) Du péché originel
Il est souvent fréquent que nos frères chrétiens lient la venue de Jésus au péché commis par Adam et Hève ; selon eux Le péché commis par ces premiers hommes n'est pas pardonné et il faut quelqu'un qui n'a pas péché (Jésus) vienne se faire tuer sur la croix afin que Dieu pardonne ce péché que nous portons tous et les autres à venir. Ce qui logiquement doit déboucher sur le salut de l'humanité.
a) La logique. La question est de savoir est ce normal qu'un enfant qui vient tout juste de naitre et qui n'a pas encore eu le temps d'agir soit tenu pour responsable d'un acte qu'il n'a pas commis ? (Dieu est pourtant juste et équitable). Est-ce acceptable qu'un père commette une faute et qu'on le laisse en liberté pour emprisonner son fils à sa place ou tous les deux à la fois?
Le bon sens le refuse. Donc la notion du péché originel développée par les chrétiens ne se justifie pas sur le plan de la logique, autrement dit Jésus ne saurait être venu pour mourir pour les péchés de d'autres personnes.
b) La Bible Actuelle : Elle enseigne en Deuteronome 24 V 16 que : «on ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l'on ne fera point mourir les enfants pour les pères ; on fera mourir chacun pour son péché». Une image pour expliquer que chacun est responsable de son péché commis. D'après ce verset, nous qui sommes les descendants de Adam et Eve ne saurons être tenus pour responsables d'un péché que nous n'avons pas commis. De même, les références suivantes 2 chroniques 25 V 1 à 4 ; Jérémie 31 V 28 à 30 et Ezéchiel 18 V 14 à 20 illustrent bien l'image de la responsabilité individuelle du péché. Donc bibliquement le péché originel conçu par les chrétiens ne se justifie pas à moins que les frères ne me disent pas que j'ai une analyse charnelle comme se plaisent à le faire nombre de chrétiens à qui des analyses auxquelles ne trouvant matière à redire. En tout cas, je signale que l'homme est fait de chair et d'esprit.
D'autre part, en Genèse 4 V 16 à 17, il est précisé que Cain s'est déplacé à l'orient d'Eden et s'y maria à une femme qui enfanta de Hénok ; cette femme avait donc des parents autres que Adam et Hève. Qu'est-ce qui prouve que nous ne sommes pas descendants de ceux-là dans ce cas, nous ne sommes pas porteurs du péché-originel ; donc, point n'est besoin d'un rédempteur.
c) Le Coran Eternel : Il nous enseigne que Adam et Hève ont commis un péché en mangeant un fruit que leur avait interdit Dieu mais il leur fut pardonné «puis Adam reçu de son Seigneur des paroles. Puis Dieu accueillit son repentir. Il est le pardonneur, le Miséricordieux, vraiment ! (Sr 2 V 37).
Donc Adam et Hève ont été mis sur terre sans péché, point n'est donc besoin d'un quelconque rédempteur de péché originel. De plus les références suivantes Sr 4 V 11, Sr 74 V 38, Sr 53 V 38, Sr 39 V 7, Sr 6 V 164, Sr 17 V 15, Sr 35 V 18 précisent que chacun est responsable de son péché.
Il est noter que le Coran précise que l'homme et la femme sont tous les deux responsables du péché commis et non la femme (Hève) qui a induit l'homme en erreur.
La descente d'Adam et Hève sur terre répond au fait que Dieu les y avait destinés, le passage au paradis était tout juste pour être témoins de l'existence de ce lieu et en parler à leur descendant ; car en fait il existe 3 sortes de savoir : le savoir livresque, le savoir divin et le savoir expérimental. Ce dernier savoir est très déterminant pour solidifier la foi des prophètes dans le message qu'ils doivent transmettre ; Dieu leur fait subir à l'avance des signes qui leur donnent une conviction inébranlable. Le passage d'Adam et Héve au paradis s'inscrit en droite ligne avec ce savoir expérimental.
Le concept du péché originel n'est donc pas admissible sur le plan coranique.
Au total, ni sur le plan logique, ni sur le plan biblique, ni sur le plan coranique, on ne peut admettre le concept du péché originel exposé par les chrétiens.
Une précision de taille est à faire :
1) Certes il y a des explications qu'on peut faire sur le plan spirituel mais ne les confondons pas avec les sens figurés.
2) Lorsque l'explication spirituelle contredit de manière notoire le bon sens, il y a matière à inquiétude car, l'homme fait de chair aussi a besoin de comprendre ce qu'on lui explique spirituellement, ne nous cachons pas derrière les mots lorsqu'on n'arrive pas à expliquer les choses.
3) De la divinité de Jésus.
Jésus est-il Dieu tout puissant ? Est-ce que les musulmans et les chrétiens adorent le même Dieu ? les chrétiens dans leur ensemble disent que Jésus est Dieu et c'est lui qu'ils adorent.
On pourrait être tenté d'exclure les témoins de Jéhovah de ceux qui reconnaissent en Jésus est seulement le fils de Dieu et non Dieu lui-même.
Dire que Jésus est le fils de Dieu reviendrait à dire qu'il est Dieu car en fait, l'enfant d'un mouton est un mouton, celui d'un chien est un chien, celui d'un porc et un porc donc l'enfant de Dieu doit être Dieu.
1) La logique
Pour les musulmans tout comme pour les chrétiens d'ailleurs, Dieu ne mange pas, ne boit pas, ne va pas aux toilettes, ne dort pas, ne meurt pas ne serait-ce qu'une seule seconde. Il sait tout (Omniscient) et est partout à la fois (Omniprésent) Il ne se fatigue pas non plus.
. Dieu ne mange pas car il dépendrait de la nourriture et lorsqu'elle finirait, il mourait. Ce serait un Dieu vulnérable.
. Pour ces mêmes raisons, il ne boit pas.
. Dieu ne va pas aux toilettes car cela relèverait d'une imperfection de sa part.
. Dieu ne dort par car au moment de son sommeil, le monde manquerait de son assistance.
. Pour ces mêmes raisons, Il ne meurt pas de plus s'Il devait mourir, le jour du jugement dernier, ceux qui seront destinés pour l'enfer vont attenter à sa vie pour ensuite entrer au paradis.
. Dieu est omniprésent pour pouvoir veiller à tout ce qui sera fait en secret et en public et répondre quand il le faut à des demandes faites simultanément.
. Dieu ne se fatigue pas car il serait obligé de se reposer auquel sens, le cours normal de la vie serait arrêté.
DONC toute personne qui mange, boit, va aux toilettes, dort meurt, ne sait pas quelque chose, n'est pas partout à la fois et se fatigue ne saurait être le Dieu que les musulmans adorent ; même si c'était un de ces éléments précités qui faisait défaut.
Pourtant Jésus mangeait, buvait, dormait, n'est pas omniprésent puisque lorsqu'il prêchait à Jérusalem, il ne se trouvait pas ici en ARABIE ni même en Jordanie qui est à côté. Jésus n'était pas omniscient puisque lorsque ses disciples lui ont demandé de leur dire quand la fin du monde arrivera ? il a répondu qu'il ne le savait pas ni même les anges des cieux ne le savent.
D'après les chrétiens, Jésus est mort (sur la croix) pendant 3 jours, dès l'instant où on dit qu'il es mort, il ne saurait être Dieu.
De plus le Dieu que les chrétiens adorent se repose par moments (Genèse 2V2) "Dieu acheva au sixième jour son oeuvre, qu'il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre qu'il avait faite".
EN CONCLUSION : Sur le plan logique Jésus n'est pas Dieu et donc les chrétiens et les musulmans n'adorent pas le même Dieu.
2) LA BIBLE ACTUELLE : Il est précisé que «ainsi par l'éternel roi d'Israël et non rédempteur, l'éternel des armées : Je suis premier et je suis le dernier, et hors de moi, il n'y a point de Dieu» (Isaïe 44 V 6) de même (Isaïe 46 V 9, Isaïe 43 V 11 et 45 V 21 à 22) montrent que Jésus n'est pas Dieu tout puissant.
Dans le nouveau Testament, Il est écrit : «Et à la neuvième heure, Jésus s'écrit d'une voix forte : Eloï, Eloï Lama Sabachtni ? ce qui signifie : mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?» (Marc 15 v 34) ce verset révèle trois choses :
1) Que Jésus n'est pas Dieu sinon il n'aurait pas dit : «Mon Dieu, Mon Dieu...» on ne me dira pas qu'il s'appelait lui-même ou alors peut-être qu'au moment où il prononçait ces paroles, il avait oublié qu'il était Dieu.
QUE-HIDJA 1415 H • MAI 1995
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FADAISES
MAIS ETE DIEU SERA JAMAIS
2) Que Jésus est faible donc créature de Dieu puisqu'il l'appelle au secours.
3) Que, contrairement au dogme chrétien qui dit que Jésus est venu pour mourir sur la croix afin de racheter, le monde de ses péchés et permettre à quiconque croit en cela d'accéder au paradis, Jésus ne voulait pas mourir : la preuve, il demande à être sauver de la supposée crucifixion en disant à Dieu : «... Pourquoi m'as-tu abandonné ?» En toute logique, il devait subir cette mort sans s'en plaindre puisqu'il est supposé venu pour ça. Cela devrait être une joie pour lui de voir son plan qu'il a prévu se mettre à exécution ; sa venue pour la mort sur la croix.
De même, les versets suivants expriment de manière précise que Jésus n'est pas Dieu tout puissant Jean 19 V 11, Mathieu 26 V 39 ; Jean 5 V 24 ; Jean 6 V 38 Luc 23 V 46, Mathieu 4 V 8 à 10 etc...
DONC sur le plan de la Bible actuelle Jésus n'est pas Dieu et les chrétiens et les musulmans n'adorent pas le même Dieu.
3) LE CORAN ETERNEL
Lorsque les gens sont venus voir le prophète Mouhammad (SAW) pour lui demander de leur dire qui était ce Dieu qu'il adorait, Dieu enseigna au prophète la sourate Al IKLASS «Dis «lui, Dieu est unique, Dieu l'absolu. Il n'a jamais enfanté, n'a été enfanté non plus, Et nul n'est égal à lui,» Sr 112.
Dieu est absolu donc n'a besoin de personne et de rien et tout le monde a besoin de lui. Jésus a eu tout au moins besoin de sa mère pour naître donc il n'est pas Dieu surtout que Dieu même dit dans cette sourate qu'il n'a pas été enfanté. Enfin, Dieu n'a pas d'égal donc Jésus ne saurait être égal à Dieu.
D'ailleurs à ce propos, Dieu dit «Et quand Dieu dira : Ô Jésus fils marie, est-ce toi qui as dit aux gens : prenez-moi, ainsi que ma mère pour deux divinités en dehors de Dieu ? Il dira «Pureté à toi ! qu'aurais-je à dire ce à quoi je n'ai aucun droit ? Si je l'avais dit, alors tu aurais su certes : tu es en vérité, le grand connaisseur des Invisibles. Je ne leur ai dit que ce que tu m'avais commandé à savoir :
«Adorez Dieu, mon seigneur tout comme votre seigneur. Et je suis resté témoin sur eux aussi longtemps que je suis demeuré parmi eux. Puis quand tu m'as fais monter, c'est toi qui est resté surveillant ? Et tu es témoin sur toute chose. Si tu les châties, alors vraiment, ils sont tes esclaves. Et si tu leur pardonne, alors vraiment c'est toi le Puissant, le sage» (Sr 5 V 116 - 118)
Puisque nous venons de montrer que Jésus n'est pas Dieu et sur le plan logique et sur le plan biblique et sur le plan coranique, donc d'où les chrétiens tirent-ils cette notion de divinisation de Jésus ?
En fait, il n'existe aucun passage de la bible Actuelle où il est notifié clairement que Jésus et Dieu sont «une seule et même personne»
Le plus souvent les passages Jean 10 30 et Jean 1 1 sont avancés pour justifier les dires des chrétiens ; mais en fait qu'en est-il exactement ?
Jean 10 : 30 «Moi et le père, nous sommes un, pour mieux comprendre cette expression, remontons au verset 24 du chapitre 10 de Jean où les Juifs entourèrent Jésus pour savoir s'il était le christ, sa réponse est suffisante pour nous éclairer. Il dit en Jean 10 v 25 à 29 «... je vous l'ait dit, et vous ne croyez pas. Les oeuvres que je fais au nom du père rendent témoignage de moi. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis, comme je vous l'ai dit. Mes brebis entendent ma voix : je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle et elles ne périront jamais et personne ne les ravira de ma main. Mon père, qui les a donnés est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon père.» L'impossibilité de ravir les brebis et de la main de Jésus et de celle de son père lui fait dire au verset 30 que «moi et le père, nous sommes un» Ils sont «un» de quelle manière ? Sûrement pas «un» en omniprésence puisque Jésus n'était pas partout à la fois lors de son ministère sur terre, pas également en omniscience puisqu'il ne savait pas tout ; mais plutôt en conception des choses. On a donc une identité de vue entre Jésus et Dieu ; sinon lorsque Jésus a dit aux verset 20 à 22 du chapitre 17 de Jean «... Afin que tous soient un, comme toi, père tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous parfaitement un...» Il ne voulait pas dire qu'il serait égal à chacun de ses disciples.
Supposons maintenant que l'expression «moi et le père, nous sommes un» signifie que Jésus est Dieu ; la suite du chapitre 10 de Jean versets 31, 32 et 33 nous permet de refuter cette manière de voir les choses. En effet les Juifs l'ayant accusé d'ambiguïté au verset 24, sa réponse a suscité une colère chez eux c'est ainsi que «alors les Juifs prirent des pierres pour le lapider
Jésus leur dit : <<Je vous ai fait voir plusieurs bonnes oeuvres venant de mon père : pour laquelle me lapidez-vous ? Les Juifs répondirent : Ce n'est point pour une bonne oeuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui est homme, tu te fais Dieu». A Jésus de répondre pour rectifier qu'il n'entendait pas par l'expression «Moi et le père, nous sommes un» qu'il était identique en tout à Dieu en citant les psaumes 82 V 6 «Jésus leur répondit ; n'est-il pas écrit dans votre loi (Psaumes 82 V 6) J'ai dit : Vous êtes des dieux ? Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l'écriture ne peut être anéantie, celui que le père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous lui dites : tu blasphèmes ? Et cela parce que j'ai dit : je suis le fils de Dieu.>>
(Jean 10 V 34 à 36). Il est clair qu'avec cette réponse de Jésus, l'hypothèse que nous avons posée se trouve faussée et donc cette expression «Moi et le père, nous sommes un» ne saurait signifier que Jésus est Dieu.
D'ailleurs un hadith Quoursi nous enseigne : «mon esclave ne cessera de se rapprocher de Moi par des actes surrérogatoires jusqu'a ce que je l'aime et quand je l'aurai aimé, je serai les oreilles avec lesquelles il entend, les yeux avec lesquels il regarde, les mains avec lesquelles il saisit et les pieds avec lesquels il marche.
Ce hadith nous montre ici que cet esclave qui bénéficierait de ce privilège ne fera rien qui ne soit en contradiction avec les enseignements du Tout-Puissant.
* Jean 1 : 1 «Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, et la parole était Dieu.»
De prime d'abord, ces propos n'engagent nullement Jésus (A.S) ; c'est un point de vue avancé par Jean : de plus, ce texte dans la bible des Témoins de Jéhovah apparaît comme suit : «Au commencement était la parole et la parole était avec Dieu et la parole était dieu». Le premier Dieu avec "d" majuscule et le deuxième avec "d" minuscule signifie que cette parole n'était pas le Dieu transcendant puisque cette parole s'est fait chair par la suite (Jésus) et c'est la raison pour laquelle les chrétiens soutiennent que Jésus est Dieu.
Tout le problème se pose au niveau de deuxième "Dieu" ; de quel Dieu s'agit-il ? dieu ou Dieu. Pour nous éclairer faisons appel au texte grec : En effet, dans ce texte, le premier "Dieu" «la parole était avec Dieu est représentée par "HOTHEOS" qui est le Dieu transcendent donc Dieu (d majuscule), le deuxième «Dieu» «la parole était Dieu» est représentée par un mot qui n'est pas synonymes de HOTHEOS il s'agit de « TONTHEOS» qui est un dieu quelconque donc dieu (d, minuscule). Au total, il s'agit bel et bien de «la parole était dieu» c'est là le danger de la traduction car pour une majuscule mise à la place d'une minuscule, voici des milliers de personnes destinées pour l'enfer car en effet, à la question de savoir «quel est le sort réservé aux chrétiens le jour du jugement dernier», Dieu répond : Coran 55 V 72 « ce sont à coup sûr des mécréants ceux qui disent : «en vérité Dieu c'est le christ fils de Marie ! alors que le christ a dit : «oh enfants d'Israël, adorez Dieu, mon seigneur et votre seigneur «quiconque en vérité, donne à Dieu des associés, eh bien oui, Dieu lui interdit le Paradis et son refuge est le Feu. Et pour les prévaricateurs, pas de secoureurs ! de même Sr 5 V 73.'
Les chrétiens prennent souvent la sourate 2 V 62 «Ou ceux qui ont cru et ceux qui se sont judaïsés, et les Nazariens et les Sabéens. Pour justifier la certitude de leur entrée au paradis dans le Coran ; alors que ce verset ne s'adresse qu'aux chrétiens, les Judaïses et Sabéens qui ont cru et fait les bonnes oeuvres au temps respectivement de Jésus, Moïse, Idriss, et même après eux niais avant l'arrivée du prophète suivant. D'autre part, ceux qui, au temps des prophètes qui leur ont succédé, croyaient en Dieu et faisaient les bonnes oeuvres, s'ils n'ont pas voulu suivre le nouveau prophète de Dieu, ils ne bénéficient pas du Paradis. Donc ce verset ne s'adresse pas aux chrétiens "aujourd'hui.
MAH ABOU
Professeur de sciences physiques
19 BP 864 ABIDJAN 19
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FADAISES
LA BIBLE N'EST PAS LA PAROLE DE DIEU MAIS ELLE CONTIENT DES "PAROLES" DE DIEU
Dans le dénonciateur n° 23 paru en
avril il est fait mention de certaines sourates
extraites du Saint Coran qui auraient per-
mis à certains <<musulmans>> de devenir
chrétiens. Comme certains titres à la une
du journal l'indique <<c'est le Coran qui m'a
évangélisé>>
Nous pensons qu'ils auraient pu dire plutôt
que <<c'est le Coran qui m'a bibléisé>> et non
évangélisé puisqu'il n'y a pas un seul évan-
gile, il y en a 4, les uns contredisant les
autres. Pour donner de la <<force>> à leurs
argumentations le dénonciateur a rappelé
la Sourate 4 verset 136 du Coran :
<<Oh vous qui avez cru ! croyez en Dieu,
à son Messager, au Livre qu'il a des-
cendu auparavant. Celui qui renie Dieu,
ses Anges, ses Livres, ses Messagers
et les jours derniers s'est effectivement
fourvoyé dans la lointaine errance.>>
L'interprétation donnée à cette sourate par
nos <<frères >> est erronée. Ils se sont
complètement planté. Nous voulons rappe-
ler au dénonciateur qu'en matière de reli-
gions, il y a un minimum de règle à obser-
ver quand on veut l'aborder. Celui qui s'in-
téresse sincèrement à la religion devrait
l'aborder de manière scientifique c'est à
dire sans idées préconçues.
Et il ne tardera pas à obtenir les résul-
tats que tout chercheur attend de ses
études.
Est-ce le cas de l'autre ? Nous ne le pen-
sons pas.
Il suffisait simplement que les rédacteurs
du <<dénonciateur>> s'informent auprès de ceux
qui savent pour connaître la réalité des
faits.
La base de la Foi chez le musulman repose
sur six éléments ou piliers (arcanes en
arabe) : 1 - la foi en Dieu unique créateur de
toutes choses sur la terre comme au ciel.
2 - La croyance aux prophètes sans
exception aucune.
3 - Aux livres saints.
4 - à la résurrection.
6 - à la prédestination.
Ces six piliers de la foi se regrouperont en
trois centres d'intérêt dont l'explication
pourrait prendre plusieurs pages :
I) le TAWHID ( qui se compose de
ALLAH et d'AL Qadr.
II) LA RISALAH (Anges d'ALLAH,
les Livres Saints d'ALLAH, les Messagers
d'ALLAH.)
III) L'AKHIRAH (le jour du jugement
dernier, la résurrection.)
Le Message de Dieu est progressif.
Dieu a une stratégie et une pédagogie divi-
nes. Il a envoyé son message à ses escla-
ves progressivement par rapport au temps,
au contexte à l'état d'esprit et à leur com-
préhension. Qu'un prophète vienne avant
ou après n'est pas le problème le plus
important. L'essentiel est la continuation
de la transmission des messages de Dieu
par les prophètes.
Et Dieu de la confirmer dans la
sourate 2 verset 285 : <<Le messager a
cru en ce qu'on a fait descendre vers lui
venant de son seigneur, et aussi les
croyants : Tous ont cru en ALLAH, en
ses Anges, à ses livres et en ses Messa-
gers ; (en disant) : <<Nous ne faisons
aucune distinction entre ses Messa-
gers>>. Et ils ont dit : <<Nous avons
entendu et obéi. Seigneur, nous implo-
rons ton pardon. C'est à toi que sera le
retour.>>
Nous les hommes avons-nous le
droit de faire une distinction entre les mes-
sagers de Dieu quand ALLAH lui-même ne
le fait pas ? Nous pensons que c'est pour
cela que Dieu nous recommande de lire les
livres descendus avant le prophète
Mohamed (P.S.L). Cette exhortation de Dieu
ne signifie qu'il faut abandonner l'Islam
pour d'autres religions comme veulent le
faire croire les interprètes du dénonciateur.
A chaque peuple Dieu a envoyé un messa-
ger pour éclairer ce peuple, et JESUS (A.S)
est l'un de ces Messagers tout comme
Moïse... Dieu est le chemin de la droiture.
Il ne guide que par la lumière. Le Coran n'a
jamais nié la sincère la sincérité de Moïse
ou de JESUS. Pour situer les détracteurs
de Dieu sur sa mission chez les Juifs,
JESUS a dit : <<Ce n'est qu'aux brebis
perdues de la maison d'Israël que j'ai
été envoyé >> Matthieu,, 15 : 24... Le
philosophe Roger Garaudy a expliqué sa
venue à islam parce que dit-il c'est la seule
religion qui reconnaît tous les prophètes.
Dieu est le gardien des révélations
descendues sur tous les prophètes. Les
hommes tenteront en tout temps en tout
lieu d'apporter des changements dans
les écritures saintes comme ce fut le
cas de certains passages de l'évangile
ou au lieu d'un seul, il y a 4 évangiles
d'auteurs différents avec des variantes
dans l'interprétation des textes... Des
choses ont été dites sur Jésus qui n'a eu le
temps de les vérifier... Tenez voici ce que
Luc dit dans le chapitre 1 du nouveau tes-
tament versets 1-3 << plusieurs ayant
entrepris de composer un récit des
événement qui se sont accomplis parmi
nous, suivant ce que nous ont transmis
ceux qui ont été des témoins oculaires
dès commencement et sont devenus
des ministres de la parole, il m'a aussi
semblé bon, après avoir fait des recher-
ches exactes sur toutes ces choses de-
puis leur origine, de te les exposer par
écrit d'une manière suivie, excellent
Théophile afin que tu reconnaisses la
certitude des enseignements que tu as
reçus. >> Dieu ne reconnaît pas les écrits
falsifiés des hommes. Il a maudit ceux qui
écrivent les livres de leurs mains pour après
le brandir comme étant ceux de Dieu. Et
c'est ce que Dieu affirme dans la sourate 6
verset 34 << rien ne peut changer les
paroles de Dieu >> on ne peut changer la
parole de Dieu, car dans la parole des
hommes il y a toujours des contradictions.
Dieu pour démontrer l'inviolabilité du Co-
ran interpelle les hommes : << Ne médi-
tent-ils donc pas sur le Coran ? s'il
provenait d'un autre qu'Allah, ils y trou-
veraient certes maintes contradictions !
>> S4 : V82 Au début de la révélation le
prophète Mohamed (PSC) avait eu une
inquiétude causée par sa rencontre avec
l'ange Gabriel... Au début il pensait à des
hallucinations lorsque l'ange lui annonça
son rôle de messager. C'est ainsi que Dieu
pour le rassurer lui a demandé de se ren-
seigner auprès des gens du livre qui savent
ce qui est réellement mentionné dans leur
livre.
Ils savent qu'il est mentionné que le
sceau des Messager est le prophète
Mohamed (P.S.L). C'est le sens de la
sourate 10 verset 94 ou ALLAH dit <<... si
tu es dans quelque doute concernant ce
que ce nous (Dieu) t'avons descendu,
interroge alors ceux qui lisent le livre
avant toi >> Les Juifs et les chrétiens
savent que le prophète Mohamed est le
Messager de Dieu. Jean dans son évan-
gile le relève au chapitre 16 versets 5 à
17 : <<j'ai encore beaucoup de choses à
vous dire mais vous ne pouvez pas les
porter maintenant quand le périclitos
sera venu il vous conduira dans toute la
vérité. Car il ne parlera pas lui même
mais il dira ce qu'il aura entendu. Il me
glorifiera.
La Bible n'est pas la parole de Dieu mais
elle contient des parole de Dieu.
(La suite dans nos
prochaines éditions)
MAROUF YEO
DECORATION
DECORATION D'ART ISLAMIQUE
ALLAH Soubhamna wata ALLAH dit
dans le Saint Coran :
<<C'est Dieu le créateur, le pro-
ducteur, le formateur.
A lui les plus beaux noms. Tout ce
qui est dans les cieux et sur la terre
chante pureté de lui. Et c'est lui le
puissant, le sage>>. (Sourate la mobi-
lisation (59) verset 24).
Dieu nous dit de le glorifier et de
l'évoquer par ses plus beaux noms et
de se rappeler de lui constamment :
<<Et quand mes esclaves t'in-
terrogeront sur moi... Alors que je
suis tout proche ! Je réponds à l'ap-
pel de qui fait appel quand il m'ap-
pelle. Qu'ils cherchent donc à ré-
pondre à mon appel, et qu'ils croient
en Moi. Peut-être seront-ils bien di-
rigés!>> Sourate II versets 186. Le
frère Koné Abdoulaye a mis en prati-
que ces versets en concrétisant un
songe que Dieu lui a révélé depuis
1991. A la suite de ce rêve, il s'est
consacré à la décoration d'art islami-
que en confectionnant des tableaux en
bois ou en métal avec les plus beaux
noms d'ALLAH ou des versets du Saint
Coran.
Ces tableaux servent à décorer
les mosquées, ou les salons ou les
tables de conférences ou séminaires
islamiques.
Comme illustration voici quel-
que tableaux témoins.
Outre la décoration d'art islami-
que, le frère Koné Abdoulaye est
maquettiste de bateaux de pêches et
de lits d'arts.
Découvrez son atelier de travail
et d'exposition à Williamsville 3 à proxi-
mité de la boulangerie du Tournant ou
appelez au 37-27-05 pour passer vos
commandes.
Qu'ALLAH nous guide sur le droit che-
min qui mène vers lui.
un compte rendu de
Caramoko IBRAHIM.
Un exemplaire de l'oeuvre
de M. KONE
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FORMATION
COMMENT FAIRE LES PRIERES EN RETARD ?
Il est obligatoire de s'acquitter dans l'ordre prescrit de deux prières consécutives omises si le fidèle s'en souvient par exemple : celui qui doit la prière de zouhr (13 h) et de Asr (16 h) devra s'acquitter en premier lieu du zouhr et ensuite de Asr dans l'ordre.
- Celui qui doit 4 prières obligatoirement au moins doit s'en acquitter avant de procéder à la prière présente même si l'heure en est écoulée.
Il est permis de s'acquitter à tout moment du jour et de la nuit des prières passées dès que le fidèle s'en souvient.
Celui qui doit des prières obligatoires ne peut en faire de surérogatoires de nuit du mois de Ramadan (Tarawih) ni prier le Doha (prière du matin) du chaf, (deux inclinaisons) et du Witr une seule inclinaison, du Fadji (prière de l'aurore) des deux fêtes (Ramadan et Tabaski) la prière de l'éclipse du soleil ou de la lune, et les rogations pour demander la pluie.
O.I.
COMMENT REPARER LES OUBLIS
Comment réparer les oublis au cours de la prière ?
Toute erreur commise dans la prière et consistant en une omission devra être réparée par deux prosternations avant le salut final, quand les deux tachaouds sont terminés puis par un nouveau tachaoud.
* Toute erreur commise dans la prière et consistant en une addition doit être réparée par deux prosternations après le salut final. Après chacune des prosternations le fidèle prononcera un autre salut.
Il y a sept pratiques traditionnelles dont l'omission d'une seule entraîne obligatoirement les prosternations d'oubli. Il s'agit :
1 - la sourate à réciter après la Fatiha
2 - L'action de réciter à haute voix ce qui doit être dit à voix basse
3 - L'action de réciter à voix basse ce qui doit être dit à voix haute.
4 - La récitation du Takbir (ALLAHOU AKBAR)
5 - La récitation du Tesmy (Sami-alahou limane Hamida Hou)
6 - la récitation des 2 Tachaouds.
7 - La position assise pour prononcer les Tachaouds.
Pour toutes les autres pratiques traditionnelles dans la salat (prière), le fidèle qui en oublie une deux n'est pas tenu de faire des prosternations d'oubli mais s'il en oublie trois, il fera obligatoirement deux prosternations d'oubli avant le salut final.
O.I à suivre
NUIT DE PRIERE POUR LES JOURNALISTES
Le samedi 16 Avril, l'AJMCI et l'AEEMCI ont tenu à manifester leur soutien à l'endroit des frères DEMBELE FAUSSENY et DOUMBIA IBRAHIM, incarcérés à la MACA pour délit d'opinion depuis le mois de RAMADAN. A cet effet, les militants de ces deux organisations ont organisé à la grande Mosquée d'Adjamé de 23H à 4H30 du matin. Une nuit de prière ponctuée de sermons. Deux partis politiques, l'UND et le PPS représentés respectivement par ADRIEN KOUAME président de la Jeunesse UND et BAMBA MORIFERE président du PPS et président en exercice de l'UFD ont répondu à l'invitation du comité d'organisation.
Après une lecture introductive du Coran, CISSE KADER en tant que porte parole du comité de soutien a pris la parole pour situer l'auditoire sur l'objectif visé par cette initiative spirituelle et donc attirer l'attention de la nation et de l'opinion publique internationale sur l'incarcération injuste et injustifiée des deux journalistes de Plume Libre. Le Docteur TOURE président d la coordination CNI d'Adjamé a orienté son discours dans le même sens que celui du premier intervenant et s'est réjouit que la coordination ait abrité cette nuit de prière. Le président KOUDOUSS KONE, a lui prêché dans le sens de l'apaisement. Il a exhorté la Jeunesse Musulmane à ne pas emprunter le chemin de la violence pour revendiquer car selon lui, l'Islam est une religion de tolérance et de patience. OUSTAZ FOFANA BOIKARY, porte parole du COSIM et Imam d'AGHIEN a eu l'honneur d'inaugurer la série de sermons. Il s'est appesanti sur les épreuves et la vie du musulmans ici-bas et a déduit que la vie du musulman est parsemée de difficultés tout comme celle des prophètes ABRAHAM, MOISE, JESUS et MOHAMED (SAM). Il a certes recommandé la patience à l'auditoire mais aussi signifié que le musulman doit se tenir éloigné de la patience christique qui exige à l'homme de tendre l'autre joue lorsque la première reçoit une gifle. Le temps fort de cette nuit de prière a été le sermons de l'Imam de la Mosquée du Lycée Technique, SAMASSI MAHMOUD. Il a invité le pouvoir à un duel imprécatoire en signifiant à celui-ci que si les deux Journalistes de Plumes Libre ne sont pas libérés dans soixante dix jours, Dieu abattra sur lui une terrible calamité. Espérons que ces paroles prémonitoires ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd ! OUSTAZ SAMASS est parti du fait mystique qu'on emprisonne pas injustement un musulman qui Jeûne.
Dans un passé récent, il aurait prodigué ces mêmes sages conseils aux présidents MOUSSA TRAORE et HABIB BOURGUIBA qui les auraient accueilli avec mépris et dédain. Ces dictateurs ont achevé leur règne dans la déchéance.
Après l'Imam SAMASSI, OUSTAZ CISSE DJIGUIBA Imam du Plateau a récusé la thèse de l'intégrisme musulman et affirmé que tous les conflits que connait notre monde sont le faite de l'intégrisme politique et tribal. SEKOU SYLLA Imam de la mosquée des étudiants a dit que le passage de la MACA est un maillon d'une grande chaîne d'épreuves.
Le comité de soutien aux Journalistes Incarcérés, sentant approcher les dangers que peuvent représenter les dérapages liés aux futures élections, a lancé un appel à l'endroit de la Nation pour que les uns et les autres cultivent le respect du droit à la différence et que cessent les injustices, les extrémistes et les exclusions. Les drames du RWANDA, de l'ALGERIE ou de la BOSNIE ne sont que la conséquence de processus de démocratisation mal négocié. MIR NOURSULTAN.
MIR NOURSULTAN
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REPORTAGE
LA FAMILLE IDEALE ET LA PAIX MONDIALE
Le Samedi 8 Avril 1995 s'est tenue à l'Ecole Supérieure Interafricaine d'Electricité, (ESIE) à Bingerville de 10 H a 17H30 un séminaire sur la paix Mondiale qui avait pour thème
«La famille idéale et la paix mondiale»
Ce séminaire a été organisé par la Fédération Inter-réligieuse pour la paix mondiale, qui a son siège à New York aux Etats-Unis.
L'animateur principal du séminaire, le Dr TAJ HAMAD Directeur Exécutif de la Fédération inter-religieuse pour la paix mondiale a mis l'accent sur les points suivants :
1 - L'aspiration de l'humanité,
2 - Les causes des conflits,
3 - Les solutions
I - L'Aspiration de l'humanité
Diapositives et videocassettes à l'appui, le conferencier a montré que l'humanité toute entière aspire a la paix, à la paix mondiale. A preuve, chaque individu, chaque croyant, chaque confession, après sa prière matinale, demande a Dieu que sa journée soit une grande journée de paix, et que cette paix se repande sur lui et sa famille, sur ses voisins, sur son quartier, sa commune, son pays, ses coreligionnaires et sur toute l'humanité sans discrimination. Je race ni de religion. «Partout dans le monde on recherche la paix, et tous les hommes, toutes les femmes souhaitant vivre en paix».
Malgré cette noble aspiration, la réalité quotidienne est autre.
II - LES CAUSES DE CONFLITS.
Pourquoi n'avons-nous pas la paix dans le monde ? C'est parce que chaque individu, chaque groupe ethnique, chaque groupe religieux met son intérêt personnel au-dessus de l'intérêt collectif. Le prophète Mouhammed (SAW) a dit, d'aimer pour son frère musulman ce qu'on aime pour soi-même.
Ainsi, les conflits individuels, naissent parce qu'un individu veut par égoïsme dominer les autres. Les conflits raciaux ou ethniques proviennent de ce qu'une race ou une ethnie veut dominer et s'imposer aux autres. Les conflits inter-religieux interviennent lorsqu'une religion veut dominer ou se considérer supérieure aux autres. Penser que telle religion est supérieure à telle autre est source de conflits. Il y a de nos jours beaucoup de religions et très peu de pratique religieuse. Les conflits internationaux surviennent lorsqu'une nation veut dominer les autres.
Du plus petit au plus grand niveau, on assiste à des conflits à travers le monde l'hégémonie et l'égoïsme sont les causes de tous les conflits. Toute la technologie actuelle sert à propager le mal et la pornographie. Ou peut-on apprendre à aimer ou à détester ?
C'est au sein de la famille
III LES SOLUTIONS
Une vue des membres des différentes religions lors d'une assemblée à SAN-FRANCISCO (USA)
C'est au sein de la famille qu'on peut apprendre à aimer ses parents ou son prochain ou à les haïr.
Toutes les diversités peuvent flétrir dans une famille harmonieuse. Le Coran nous dit de respecter nos parents, de les aimer, de les aider. Quels enseignements pouvons-nous tirer de ce verset ?
- Les parents représentent le premier intérêt de la famille.
- La famille doit vivre selon la parole de Dieu.
- Seul Dieu est au dessus des parents.
- Les parents cherchent toujours à vivre pour les enfants.
- Vivre pour les autres est la vertu principale, la clé de la paix.
Nous devons ce que nous sommes à travers nos familles.
Tout ce que je fais, doit être fait à cause de Dieu. Cette compréhension de la vie doit diriger mon travail quel est le désir de Dieu pour nous ? C'est le bonheur, la paix, l'amour, la joie parmi nous, autour de nous. Qu'est-ce qui peut apporter beaucoup de paix et de joie ? Est-ce l'argent, la connaissance, le pouvoir ? Toutes ces choses sont importantes, quand nous les recevons nous devons les partager par amour.
La source de la joie est donc de donner l'amour aux autres. D'où vient l'amour ? L'amour provient du coeur, du moins des impulsions du coeur qui rendent heureux.
Qui est Dieu ? Dieu a une nature «parentale». Nous aimons nos parents. pourquoi aimons - nous nos parents ? Dieu nous dit : tu ne seras jamais arrogant envers tes parents. Le vrai amour s'oppose au faux amour qui s'accompagne d'adjectifs possessifs. le vrai amour est absolu et ne change point. Nos parents nous aiment toujours personne n'est vilain- Tout le monde a été crée par Dieu. C'est dans notre coeur que se trouve la laideur et la beauté. Quoi qu'il arrive les parents nous aiment. Dieu ne peut s'empêcher de nous aimer.
Comment accomplir l'amour parental ?
Il existe quatre grands domaines du coeur :
- l'amour que les enfant éprouvent pour leurs parents, rien ne peut le remplacer.
- L'amour entre mari et femme (amour conjugal)
- L'amour entre frère et soeurs
- L'amour entre la nature et nous.
C'est donc à travers la vraie famille que l'Harmonie et la paix peuvent regner. La vraie paix entraîne la réconciliation, alors que la paix politique n'est pas durable. Seule la paix des coeurs est durable.
De nos jours, nous vivons dans un monde de mal et de conflit. Le monde doit devenir un monde d'unité entre l'esprit et le corps.
La famille idéale est celle du prophète Abraham, qui a voué à Dieu une foi totale. Il a mis Dieu au-dessus de tout. Si Dieu n'a pas de place dans notre coeur vous ne pouvez pas être heureux. L'essence de la religion est de vivre pour les autres. Il faut prier constamment et demander la guidance de Dieu.
C'est pourquoi, le père Moon, un dignitaire coréen a au cours d'un séminaire international pour les leaders proposé que chaque leader écrive l'essentiel de son enseignement religieux, pour en faire un livre unique qui sera présenté à l'ONU et proposé aux différents gouvernements nationaux, afin qu'ils l'enseignent dans les écoles pour militer en faveur de la paix mondiale.
Pour contribuer et consolider la paix mondial e, il sera organisé le 25 Août 1995, en Corée, à l'initiative du père Moon, un séminaire international sur la paix mondiale. Séminaire au cours duquel on procédera à des cérémonies de bénédiction pour la paix mondiale. Bénédictions qui permettent de devenir les héritiers de la terre, et de lier votre famille à un monde global qui vous permet de respecter et d'honorer les vrais parents.
L'exposé était entre coupé de projections de diapositives et de video-cassettes sur les réalisations du père Moon (organisation de pêche industrielle...) pour la paix mondiale. Le conferencier a par la suite répondu aux questions de l'auditoire.
Le journal Alif lui a demandé ce qu'il proposait pour les enfants de la rue qui sont sans famille, la famille étant le berceau de l'amour (de la paix) ou de la haine (la guerre). A cette préoccupation le conferencier a répondu : Se demander qu'est-ce que je peux faire pour les enfants de la rue ? C'est le début du royaume de Dieu sur la terre. Il ne faut pas s'interroger comment vais-je devenir riche ? Il faudrait s'interroger plutôt sur la manière d'aider les enfants de la rue. Je pense que le père Moon est en train d'y réfléchir. Nous devons travailler ensemble la main dans la main, pour aider les enfants de la rue. Le prophète Muhammad (Saw) a dit : «que ceux qui en ont plus doivent en donner à ceux qui n'en ont pas».
Tel est dit-il le projet du père Moon qui s'est investi dans la pêche.
L'amour dit-il, c'est de donner aux autres, c'est l'investissement du coeur.
Ont participé à ce séminaire plusieurs confessions religieuses et journaux islamiques notamment plume libre et Alif.
Reportage : CARAMOKO Ibrahim
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REPORTAGE
SEMAINE MEDICO-SOCIALE DU SEMI
Du 19 au 26 Mars dernier, le secours médical Islamique - Côte d'Ivoire (SEMI-CI) a organisé une semaine médico-sociale qui s'est achevée par la tenue d'une assemblée générale Le SEMI-CI, fort de plus de 300 membres et composé essentiellement du personnel technique de la santé, existe depuis seulement deux ans.
La semaine médico-sociale a commencé par un don d'un million de franc à la mosquée en construction du CHU de Treichville et par une caravane sanitaire qui a prodigué des soins de santé et consultations gratuites aux populations déshéritées des communes d'ADJAME et KOUMASSI Le 20 Mars, les pensionnaires de l'asile MARCHOUX de Bingerville ont reçu la visite du SEMI dont les membres n'ont pas manqué encore une fois de faire parler leur coeur En effet l'ONG islamique a fait don au village d'un important lot de médicaments et de biens sociaux. Après la doua de l'Imam de l'asile, le porte-parole des villageois, l'infirmier AYIOH SERAPHIN s'est réjoui de l'initiative du SEMI Au nom de l'ensemble des pensionnaires, il a émis certains doléances en relation avec la situation sanitaire des malades et a finalement remercié les donateurs. Le professeur ADAMA FANNY, porte parole du comité d'organisation de la semaine médicale a présenté le SEMI comme association du personnel technique de la santé qui se propose d'apporter une assistance sociale et médicale aux plus démunis et que naturellement, le choix du village Marchoux ne fait qu'obéir à cet idéal. IL a ensuite dit que ce premier contact sera suivi par d'autres et promis la prise en charge sanitaire des malades par la consultation.
Le 25 et 26 Mars ont été réservé a l'assemblée générale a cet effet différentes allocutions ont été prononcées tour a tour par le Président du comité d'organisation, le Pr FANNY, le Président IDRISS KOUDOUSS du CNI et du représentant du ministre de la santé, Mr BAGATE. Une conférence dont le thème : le corps de santé en Islam a été aussi prononcé par OUSTAZ DIAKITE LADJI.
Celui-ci dans un exposé consistant a établi une corrélation entre le HADITH qui stipule que <<Soulage celui que tu connais et celui que tu ne connais pas>> et le thème sous lequel a été placé la semaine médico-sociale «Pour plus d'amour envers ceux qui souffrent». Il a par ailleurs fait un recul dans le temps pour souligner la nationalité de la médecine islamique par rapport a celle de certaines civilisations antiques que la superstition entachait (ARABIE JAHILIENNE MONDE GRECO-ROMAIN etc...) et a enfin stigmatisé le respect scrupuleux que cette médecine islamique voue a la vie par rejet de pratiques médicales telles que l'Euthanasie, l'avortement et certaines formes d'inséminations artificielles. Le programme s'est poursuivi par des travaux en commission dont le résultat s'est matérialisé par quelques amendements du statut et règlement intérieur, la fixation des cotisations au prorata de la hiérarchie dans le corps médical et des projets à court terme en rapport avec l'hygiène et l'environnement et surtout une combinaison des efforts entre le SEMI et la LIPCI pour la sensibilisation de la cellule familiale sur le SIDA et les MST. Ensuite, l'on est passé au bilan du bureau sortant qui somme toute a été positif C'est au vu de cet excellent travail que l'assemblée générale a décidé de reconduire le Pr KADER KEITA pour un autre mandat de 3 ans. Les professeurs KONE MAMOUROU et KADER TOURE ont été choisi comme commissaires aux comptes de ce nouveau bureau.
MIR NOURSULTAN
Une vue des médicaments distribués au village MARCHOUX
LE CODE ELECTORAL EST ANTI-CONSTITUTIONNEL.
Je ne comprends pas la police de notre pays. Voici une police qui abuse de son pouvoir lors du contrôle des pièces d'identité. Elle embarque sans sommation d'honnêtes citoyens lors des contrôles. Là où le bât blesse c'est que dès qu'elle embarque d'innocentes personnes elle se met à les bastonner sans raison jusqu'à ce que le sang s'en suive. Je voudrais savoir si nous sommes dans un pays en état d'urgence.
Même si nous étions en état d'urgence est-ce pour cela qu'il faut brutaliser les gens ?
D'ailleurs qu'est-ce que la police fait de la fameuse phrase qui dit que toute personne est présumée innocente jusqu'à preuve du contraire. Ce n'est pas en embarquant toute la population Ivoirienne qu'on supprimera le banditisme Il faut que le ministre OUASSENAN surveille de près certains éléments excités de son groupe afin d'éviter des actes regrettables. Nous avons en mémoire les bevues de la mosquée d'Abobo, du professeur sauvagement battu à Yopougon de l'étudiant bêtement battu à Treichville....
Je ne comprends pas que dans un pays organisé comme la Côte d'ivoire que les prix de certains produits connaissent une augmentation sans que le ministre du commerce ne soit informé. Je ne comprends pas que les grands moulins d'Abidjan puissent augmenter le prix de la Tonne de la farine qui est passée de 150 000 F à 180 000 F la tonne sans que le ministre du commerce ne soit saisi.
Je ne comprends pas que le prix du pain, produit de grande consommation puisse connaitre une augmentation sans que le ministre du commerce ne soit au courant même si après le prix du pain a été ramené à 100 F.
Je ne comprends pas qu'il existe un ministre du commerce et que les bouchers décident de majorer le prix de la viande sans qu'il ne soit informé.
Je suis étonné que le président de la république mette le «hola» sur les prix de la viande et du pain. Est-ce à dire qu'il n'était pas au courant ? Enfin !
Je ne comprends pas le ministre de l'intérieur et tous les supporters du code électoral persistent pour dire qu'il n'est pas antidémocratique et anti-constitutionnel
Je dis une fois encore que le code électoral en son état actuel est dangereux pour l'unité nationale. Il est anti-constitutionnel en ce sens que son article 49 est fondamentalement opposé à l'article 45 ALI-2 de la constitution sur la nationalité est sans équivoque : <<Tout individu dont un parent au moins est Ivoirien, est Ivoirien>>. Que dit le fameux article 49 du code électoral : <<Nul ne peut être élu président de la république s'il n'est âgé d'au moins 40 ans révolus et s'il n'est Ivoirien de naissance né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens...>>>. Cet article ne contredit-il pas l'article du code de la nationalité de notre loi fondamentale.
En tout cas les tenants de la thèse qui défendent le code électoral ne nous ont pas encore démontré le contraire. Et puis ce n'est pas parce qu'on affirme qu'une chose est vraie pour qu'elle soit vraie. Alors messieurs les défenseurs d'une ivoirité à deux vitesses revoyez vos copies.
BAHA SANI.
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PROVINCE
DIVO
Inauguration du Siège du CERICI
**Le Samedi 1 Avril 1995, à l'occasion de la sortie officielle du nouveau bureau du CERICI OUSTAZ EL HADJ FOFANA BOIKARY porte-parole du COSIM a inauguré le siège de cette section.**
Plusieurs personnalités ont assisté à cette grande manifestation : le Président du secours médical Islamique, le frère KEITA KADER, le Président National du CERICI, le frère KONE IBRAHIM, le représentant du CNI et des frères venus de LAKOTA, et GAGNOA. On notait également la présence du Député de DIVO-commune TOURE YACOUBA et de singkla Adjoint au Maire.
La cérémonie a débuté par l'hymne National chanté en Arabe par une Ecole coranique avant les différentes allocutions.
A tout seigneur tout honneur, c'est le frère DIOMANDE YAYA président du CERICI DIVO qui a souhaité la bienvenue à ses invités avant de rendre un hommage mérité à OUSTAZ MAHMOUD SAMASSI, le père spirituel de ce comité de base.
Le deuxième orateur, le frère KONE IBRAHIM a loué la prise de conscience des cadres musulmans
Le troisième intervenant le frère Touré Yacouba Député de DIVO Commune a félicité OUSTAZ FOFANA pour sa brillante prestation lors du débat des Samedis de l'information de Radio Côte d'ivoire Il a ensuite rendu un vibrant hommage à OUSTAZ MAHMOUD SAMASSI.
Prenant la parole OUSTAZ FOFANA BOIKARY a dit qu'il y a trois types d'hommes.
Les intellectuels, les riches et les représentants Politiques, Il a demandé aux cadres Politiques Musulmans d'être la courroie de transmission entre les musulmans et les Autorités Politiques, car cela permet de briser les barrières de médisance, le mur de méfiance
S'adressant aux riches, Il leur a dit de mettre la main dans la poche
Pour terminer OUSTAZ FOFANA a dit que l'islam n'est pas une religion barbare, mais une religion humanitaire, que l'égoïsme, la méfiance et l'exclusion n'ont jamais construit un pays.
SIEGE DU CERICI DE DIVO
Après cette série d'allocutions ce fut l'inauguration suivie des bénédictions dites par l'imam KARAMOKO et de la visite du siège par les Autorités religieuses et Politiques sous la direction du frère TRAORE SEIDOU.
Notons que ce siège situé au Quartier Plateau est un bâtiment de sept pièces comprenant un bureau pour le CERICI, un pour AL NOURA, un pour le CNI-LIPCI, un secrétariat, une bibliothèque, une salle de formation et des toilettes. Dans la soirée, OUSTAZ FOFANA BOIKARY a prononcé une conférence sur le thème :
«Le rôle de l'élite dans l'Islam aujourd'hui cette conférence s'est déroulée en présence du Ministre de la Jeunesse et des Sports ROLAND ZAKPA et du Préfet de DIVO AUGUSTE TAHAN à la Mairie. Le conférencier, dans un langage sincère et franc a définit le rôle du
DIVO : Les cadres musulmans à l'école
A l'initiative de l'A C M D (Amicale des Cadres Musulmans de Divo) comité de base du CERICI des cours de formation religieuse et spirituelle sur la connaissance de l'Islam sont organisés tous les samedis à partir de 9 heures depuis le 11 mars 1995. Ces cours sont animés par les frères Abdoulaye Fofana Professeur du lycée Assamoi et Kalifa Professeur au Collège Moderne Issa Traoré. Pour les initiateurs ceci fait partie du programme d'activité 95 du CERICI. Pour connaître les raisons de l'institution de ces cours, nous avons demandé au frère Fofana l'un des formateurs :
«Nous avons institué des cours afin de permettre aux frères et soeurs en Islam de mieux connaître leur religion et de la pratiquer selon les prescriptions de Allah le très Haut» Et avant de formuler un voeu : Nous souhaitons que ces cours puissent constituer pour nos frères et soeurs un précieux acquis qu'ils pourront, eux aussi, transmettre, un jour aux autres membres de notre communauté.
Nous prions Dieu le Tout Puissant de nous compter parmi les croyants vertueux et pieux, de guider tous les musulmans vers sa rémission, son obéissance, son paradis». Dans le Saint Coran Sourate 11 verset 114 il est écrit ceci concernant la prière : «Et accomplis la salât (prière aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit. Les bonnes oeuvres dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent. Et soit patient. Car Allah ne laisse pas perdre la récompense des gens bienfaisants.»
Rappelons que ces cours sont ouverts à tout le monde sans distinction de religion, de sexe.
S. B. à Divo.
COMMUNIQUE :
La redaction d'ALIF cherche des frères correspondants musulmans dans les villes suivantes :
1 - Odiéné
2 - Korhogo
3 - Abengourou
4 - Ferké
5 - Ouangolo
6 - Dimbokro
7 - Yamoussoukro
8 - Bouna
9 -San-Pédro
10 - Sassandra
11 - Gagnoa
12 - Daloa
13 - Guiglo
14 - Boundiali
15 - Séguéla
16 - Touba
17 - Danané
18 - Duékoué
19 - Bangolo
20 - Agnibilékrou
<< La liberté de la presse est la première des libertés. Les dictateurs de droite comme de gauche le savent. Il étranglent d'abord les médias et peuvent, ensuite étouffer les autres libertés. Aussi, plus que jamais, il faut se battre, sur le terrain, pied à pied, pour faire reculer l'arbitraire, pour s'opposer à l'inacceptable>>
(Reporters sans Frontières)
ILS SONT À LA MACA POUR RIEN
Abou Cissé
De Bé Kwassi
Dembélé Fousseini
Doumbia Ibrahima
LUTTONS POUR LEUR LIBÉRATION
ZUL HIDJA 1415 H • MAI 1995
ALIF n° 30
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