Numéro
Alif #29
- Titre
- Alif #29
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- avril 1995
- numéro
- 29
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation de Côte d’Ivoire
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Moustapha Diaby
- Ibrahim Doumbia
- Conseil Supérieur Islamique
- Dembelé Fousseni
- Hadj
- Arrestation journalistes Plume Libre
- Intégrisme
-
Association des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire
- Terrorisme
- Langue
- Français
- A une partie
- Alif-courrier : le pouvoir BEDIE cherche des intégristes musulmans ivoiriens
- Éditorial
- Intégrisme tribal et régional ?
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001399
- contenu
-
DHOUL-QA'DA
1415 H
ALIF
Mensuel Islamique d'Informations et de Formation
AVRIL 1995
N° 29
4ème Année
250F
MENSUEL ISLAMIQUE D'INFORMATIONS ET DE FORMATION DE CÔTE D'IVOIRE
PROCES DES JOURNALISTES :
DEMBELE F. Plume Libre
DOUMBIA B. (Plume Libre)
ABOU CISSE (La Patrie)
DEBE K. (La Patrie)
LA POLITIQUE A PRIS LE DESSUS ...
P.P 5-6-7
La Nlle République :
"NE TOUCHEZ PAS A NOS IMAMS"
P. 8
LA REDEVANCE RTI OU LA DICTATURE DE L'ETAT
P. 11
PELERINAGE 95 :
P. 9
DIABY "KOWEIT" VEUT ORGANISER SEUL LE PELERINAGE
ET POURTANT...
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ALIF COURRIER 02 B.P 575 ABIDJAN 20
MUSULMANS = MANDINGUES :
L'amalgame de la télévision ivoirienne
Le vendredi 03-03-95 était jour de fête musulmane : l'Aïd El Fitr ou Ramadan. Pour apporter sa pierre à la réussite de la fête, la télévision ivoirienne (les deux chaînes) comme à l'accoutumée nous a offert un cocktail de musique mandingue (malienne et guinéenne surtout) voire de griots. Les musiciens ivoiriens élus à cette sélection avaient le «mérite» de chanter en Malinké ou Dioula (pour le premier venu). Car en fait, cette langue est le point commun entre les différents musiciens qui nous ont été donnés d'apprécier. Alors je voudrais comprendre pourquoi la télévision ivoirienne nous propose de la musique mandingue lors des fêtes musulmanes puisque ces chants ne traitent pas (toujours) de la religion musulmane : le Malinké n'est pas la langue de prière dans l'Islam. L'Islam n'est pas exclusivement réservé aux seuls Malinké encore moins aux Maliens et Guinéens en Côte d'Ivoire.
La télévision ivoirienne pèche grandement en confondant l'Islam et la culture malinké. Elle sème et fortifie l'ignorance dans les esprits. La télévision doit enseigner, instruire, éduquer et bien sûr égayer. Mais ici, je crains qu'elle ne désinforme. Alors si elle ne peut aider à extirper cette fausse idée des esprits déviants qui associent le Malinké à l'Islam, le musulman au «Dioula» et qui voudraient que les musulmans de Côte d'Ivoire soient tous des non-nationaux, qu'elle arrête d'agrandir le fossé de l'ignorance. L'Islam n'a ni langue, ni couleur, ni nationalité ni tenue vestimentaire. Et comme plusieurs ivoiriens j'allais dire de souche multiséculaire, je suis musulman et pourtant je ne parle pas malinké.
La télévision peut et doit égayer les musulmans les jours de fête par des films ou des documentaires, des débats sur l'Islam sinon, qu'elle nous offre la bonne musique d'où qu'elle vienne, quelle qu'elle soit.
Il est vraiment venu l'heure avec la redevance que la télévision ivoirienne s'investisse véritablement à servir aux téléspectateurs des émissions POSITIVES.
OUANAPOH DRAMANE OUATTARA
B.P. 216 Grand Bassam
Le pouvoir BEDIE cherche des intégristes musulmans ivoiriens.
Quoiqu'il advienne et malgré l'existence de la MACA (Maison d'Arrêt et de la Correction d'Abidjan) nous allons continuer à assumer notre devoir d'information. Que l'épée de DAMOCLES continue de planer sur nos têtes.
De la fin du règne du Président Félix HOUPHOUET BOIGNY à la condamnation de DEMBELE FAUSSENI et de DOUMBIA BRAHIMA, la communauté musulmane a subi des provocations subtiles et souterraines aux provocations bruyantes et agressives de la part du pouvoir P.D.C.I.
Tout a commencé par le Réveil Hebdo qui a parlé dans son tout premier numéro du danger de l'intégrisme musulman en Côte d'Ivoire. Nous lui avons répondu deux semaines après qu'il n'existe pas d'intégrisme. C'est ce qu'a reconnu la direction de cet hebdomadaire. Comme il faut toujours chercher à allumer le feu où il ne faut pas, M. FAUSTIN KOUAME alors député de la nation s'en prend à toute une communauté ethnique en traitant ses membres d'ivoiriens de circonstance ayant d'autres point de chute.
C'était en plein face à face ADO-HKB, Laurent Dona FOLOGO va le remplacer le 12 mars 1994 en s'en prenant à la religion musulmane qui doit s'arrêter dit-il aux portes du Sahel. Toujours dans cette islamophobie le célébrissime historien KIPPRE PIERRE AIME affirme à Aboisso qu'il a horreur d'entendre le vocable arabe dans l'école franco-arabe sur la terre de ses ancêtres. Après avoir attaqué la communauté musulmane et la communauté dioula sans succès, la 2ème étape des attaques est dirigé contre les membres de cette communauté martyrisée tant dans sa chair que dans son esprit.
En effet de juin 94 à février 95, il n'y a pas de mois où le pouvoir BEDIE ne l'a pas provoquée. Le vendredi 10 juin dernier le premier jour de la nouvelle année musulmane, la mosquée d'Abobo-Banco II est gazée par les policiers à la recherche d'étrangers car le musulman est synonyme de métèque en pleine prière de vendredi. Les musulmans agressés et brutalisés ne pourront pas accomplir la prière en commun de ce jour. Le coup aussitôt exécuté, le ministre de la «sécurité» OUASSENAN GASTON KONE présente les fameuses excuses du président Henri Konan BEDIE et jurera que cette agression ne se répétera plus jamais et désormais il n'y aura plus de contrôle de carte de séjour sur toute l'étendue du territoire nationale vendredi. Mais coup de théâtre... Contre toute attente le même OUASSENAN se contredit en affirmant à toute la nation que ce sont plutôt les musulmans qui ont agressé les policiers. La réaction escomptée de la part du pouvoir BEDIE était une violence manifestation des musulmans à la suite de cette déclaration de OUASSENAN le 22 août 94 car l'agression dont a été l'objet la communauté musulmane a eu des répercussions partout même dans le plus petit hameau de notre pays.
Rappelons que le 25 juillet 94 l'association fédérative qu'est le CNI qu'est né dans une douleur que toute la Côte d'Ivoire connaît maintenant, est assignée en justice par le CSI qui n'est représenté que par un seul individu mais soutenu par le pouvoir en place et des puissances financières occultes. Le 1er septembre 94 les musulmans sont agressés dans la mosquée de Treichville de l'Imam KONATE ANZOUMANA que le CSI a tenté de remplacer par SALIOU BAMBA, l'homme de main de MOUSTAPHA DIABY KOWEIT. Le 5 novembre 94 KOUDOUSS échappe à un attentat à Odienné aux environs de 3 heures du matin. Le 15 décembre 94 le Conseiller spécial de Bédié, le docteur vétérinaire BALLA KEITA insulte les Imams du COSIM. Dans ce même mois un document est publié où le CNI est accusé d'être en accointance avec le R.D.R et le F.P.I deux partis politiques dans l'opposition. Pour les tenants du pouvoir actuel, tous les membres de CNI sont des militants du R.D.R. Le 9 janvier 95 jour anniversaire du CNI, Koweit tente de discréditer cette association fédérative lors d'une conférence de presse où il essaie d'acheter la conscience des journalistes présents. Le 12 janvier des individus tentent d'enlever le président du CNI à son domicile, mais en lieu et place ce sont son fils et son chauffeur qui le remplacent pour quelque temps.
Le 21 février dernier DEMBELE FAUSSENI, directeur de publication de PLUME LIBRE et le journaliste DOUMBIA BRAHIM sont arrêtés et condamnés le 2 mars à 10 mois d'emprisonnement ferme. Rappelons que DEMBELE FAUSSENI a été cité nommément dans le document du complot à trois têtes et ce n'est pas étonnant qu'il soit arrêté et condamné par le pouvoir PDCI qui le cherchait depuis longtemps.
Le verdict tombe juste à la veille de la fête de la fin de Ramadan. Cela est fait pour tenter de faire soulever cette frange importante de la communauté qu'est la jeunesse, la silencieuse. Ne dit-on pas que la jeunesse est l'espoir de toute la nation ? Après avoir tenté vainement de soulever la oumma le pouvoir PDCI de BEDIE, indexe la dynamique mais silencieuse jeunesse musulmane à travers la justice.
Comme on le constate la recherches des intégristes musulmans ivoiriens est entreprise depuis l'avènement de ce pouvoir sous plusieurs formes. Aucune frange de la communauté n'est laissée dans cette série de provocations en crescendo. C'est pourquoi le Président du Conseil National Islamique s'était posé cette violente question le 3 juillet dernier : <<quel acte jusqu'aujourd'hui la communauté musulmane a-t-elle posé pour mériter cette humiliation, cette ingratitude de la part du gouvernement actuel ? Si comme il savait que les provocations allaient continuer ! Qu'Allah nous protège et nous aide Amine !
DIABY FOUSSENY
ABIDJAN
EXECUTION PUBLIQUE DES BANDITS : ATTENTION AUX DERAPAGES
Telle a été la décision prise par le dernier conseil de ministres du 16-03-95.
Il paraît que la population est d'accord avec cette sentence. A quel moment a t-on fait véritablement un sondage pour savoir que la population est en parfaite harmonie avec la décision du gouvernement ? Est-ce c'est quelques personnes interrogées par quelques journaux qui représentent le peuple ?
Nous émettons des réserves sur ce projet de loi. S'il est adopté et appliqué, il ne résoudra pas le problème du grand banditisme en Côte d'Ivoire. Nous menons notre réflexion autour des deux points qui ont fait l'objet du communiqué du conseil des ministres.
D'abord l'application effective de la peine de mort.
LA PEINE DE MORT
Pour justifier l'application de la peine de mort, le gouvernement a rappelé dans son communiqué les conséquences du banditisme (assassinats, vol, meurtre, attaques à main armées...). Il ne suffit pas d'énumérer les faits du banditisme pour prendre des décisions graves. Il faut analyser froidement les causes profondes de cette recrudescence du grand banditisme. L'une des causes la plus plausible est la grave crise économique que traverse les pays africains. Et la Côte d'Ivoire n'y échappe pas.
Cette crise a entraîné des licenciements massifs mettant à la rue plusieurs familles sans ressources. Et chaque jour que Dieu fait ce sont des milliers de femmes et d'hommes qui sont mis au chômage sans espoir d'un lendemain meilleur. Inévitablement à l'intérieur de ces familles se recruteront des individus de tout acabit (voleurs, receleurs, vendeurs de drogue...). A-t-on résolu les problèmes des déflatés, des chômeurs, des licenciés ? Nous pensons qu'il faut commencer par régler ces situations avant de penser à une application effective de la peine de mort qui est fondée dans son principe. Avons nous résolu le problème de la perméabilité de nos frontières où passent toutes sortes de trafics (drogue, armes frontière libérienne...) ? Si nous sommes prêts à exécuter publiquement des bandits qui auraient tué d'honnêtes citoyens, le sommes-nous aussi pour exécuter les bandits à col blanc coupables des détournements de plusieurs milliards de francs qui plastronnent souvent dans les administrations et entreprises ? Leurs méfaits ont causé beaucoup de tort aux sociétés qui ont été obligées de fermer et de jeter à la rue des hommes et des femmes. En tout cas bandit c'est bandit. Bandit armé ou bandit à col blanc. En islam l'application de la peine de mort obéit à des conditions précises.
Nous donnons quelques exemples de ces conditions selon la Charria.
- Le voleur doit être libre de ses actes.
- Le vol ne doit pas avoir eu lieu dans une période de famine.
- Le voleur ne doit pas avoir été dans un besoin excessif. Est-ce que les bandits que l'on va exécuter ne sont ils pas touchés par l'une de ces conditions ? Ici personne ne met en cause le principe de l'application de la peine il est urgent de trouver des solutions aux problèmes que vivent quotidiennement la population. C'est à ce prix que l'on pourra faire baisser la criminalité, le grand banditisme.
MENDIANTS ET VAGABONDS
Le deuxième élément du compte rendu du conseil des ministres du 16/03/95 est le sort réservé aux vagabonds et aux mendiants. C'est une menace réelle pour la liberté et surtout pour les droits de l'homme. Et pourtant il est chanté à longueur de journée que la Côte d'Ivoire est un pays de liberté, un état de droit. Il faut savoir garder la sérénité face aux grands problèmes. C'est une qualité des grands hommes. Voici ce que le projet de loi sur le vagabondage et la mendicité dit :
<<... Le projet de loi a prévu en ce qui concerne le vagabondage et la mendicité que les coupables puissent être désormais frappés d'une interdiction de paraître du territoire de la république ou d'une interdiction de paraître en certains lieux pendant 5 ans en dehors des peines d'emprisonnement déjà existantes.>>
Cette vilaine expérience a déjà été tentée ailleurs sans succès. Il s'agit du Soudan et du Kenya. S'il y a des mendiants et des vagabonds la faute est à qui ? Nous ne pensons pas que des gens dotés d'un minimum de conscience veuillent passer leur temps à mendier et à se promener sans but précis.
Tant que le système éducatif bâtard que nous appliquons dans l'école ivoirienne, ne sera pas corrigé effectivement. Tant qu'une volonté politique réelle ne prendra pas la décision de donner une véritable réforme à notre école, le vagabondage ira en crescendo. Car ce système jette des milliers d'enfants et de jeunes dans la rue sans aucune formation et cela depuis la classe de CM2 en passant par la troisième, la Terminale et en arrivant à l'université. Comment comprendre qu'un pays dit agricole à plus de 60 % n'ait pas d'école de formation agricole par rapport à sa population ? Les écoles de formation agricole qui existent ne dépassent pas la dizaine. Pour combattre le vagabondage, il faut revoir tout le circuit du système éducatif, l'adapter à nos réalités. Pour ce qui est de la mendicité elle existera tant que la misère existera. Si ce sont les mendiants qui sont devant les mosquées que l'on vise, alors c'est peine perdue, car ceux-ci ne représentent qu'une infime partie de la chose. Toutes nos rues sont bondées de mendiants. Autant le banditisme s'est accru avec le chômage autant la mendicité a augmenté avec la crise, le vagabondage l'a été avec un système éducatif inopérant. C'est trois maux ont une même racine : L'injustice dans le traitement des problèmes.
D'ailleurs ne sommes-nous pas tous des mendiants potentiels ? Nos pays mendient à longueur d'années des aides chez certains pays développés et certaines organisations internationales. Nos autorités doivent comprendre que la force d'un homme réside en sa capacité à transformer un handicap en avantage.
OUATTARA I.
Dhoul-QA'DA 1415 H - AVRIL 1995
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EDITORIAL
Le procès des frères DEMBELE et DOUMBIA de PLUME LIBRE les 1er et 2 mars 1995 au palais de justice a suscité et suscite en nous des interrogations et des inquiétudes sur le comportement d'une grande partie de la communauté musulmane de notre pays La communauté musulmane est-elle vraiment majoritaire dans ce pays comme on le clame haut et fort partout ? Y a-t-il réellement des cadres musulmans dans ce pays ! Les musulmans forment ils une communauté comme le proclame le Coran ? les musulmans ont ils conscience qu'ils forment effectivement une force incontournable ? Vivent-ils réellement l'Islam vrai?
Tous ceux qui disent travailler pour l'Islam servent-ils vraiment la cause de cette religion ?
Nous posons ces interrogations parce que nous sommes inquiets de l'attitude démissionnaire de la majorité des musulmans face aux problèmes de leurs frères. Ils sont plus aptes à s'investir dans les choses profanes en y investissant souvent toutes leurs fortunes
Mais dès qu'il s'agit de Dieu, les données changent, ils se rétractent ou se cachent. Ils font la politique du ventre plus que celle de la matière grise.
Tenez lors du procès des journalistes de la Patrie, la mobilisation des militants du RDR était totale. Les militants sont sortis pour venir soutenir CISSE ABOU et DEBÉ KWASSI malgré l'imposante présence des forces dites de l'ordre. Malgré le gazage des militants RDR ils ont tenu à rester et cela a inquiété certainement les autorités judiciaires. Peut-être que c'est pour cela que le tribunal a préféré vide son délibéré le 03 mars 1995 jour férié parce que fête de RAMADAN. En tout cas le verdict a été rendu en catimini
Quand ce fut le tour des frères de Plume Libre <<ça>> été la désolation car les frères musulmans ne sont pas sortis nombreux.
PAR OUATTARA ISSOUF
Et pourtant on dit que les musulmans sont nombreux Mais quelle majorité !
C'est en réalité une masse apparemment amorphe et inconsistante qui est soumise à toute les contradictions et à toute forme d'exploitation. Ceux qui pratiquent la prière d'une façon sincère, assidue et ponctuelle ne sont qu'une minorité souvent traitée de fanatiques et d'intégristes par la population qui en fait souvent un sujet de moquerie et de critiques acerbes inutiles.
Certainement c'est une partie de cette minorité qui était au palais de justice. Où étaient ces cadres dont Plume Libre a parlé ? Ils étaient certainement cachés quelque part en train de scruter le sort que les magistrats allaient réservé aux prévenus. On s'explique difficilement l'indolence de ces cadres vis-à-vis de leur religion. Ils ne s'exhibent que pour leur propre bien. Peut-être que ces cadres attendent que tout leur tombe dessus sans qu'aucun effort ne soit fourni. Ont-ils oublié cette sourate du Coran qui dit <<Dieu en vérité ne modifie nullement l'état d'un peuple, tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes>>; Sourate le Tonnerre V 11
Qu'est ce que ça leur coûtait d'aller soutenir ne serait ce que par leur simple présence les jeunes de Plume Libre. Il y a de quoi avoir peur !
Heureusement que la lutte que mène la jeune presse musulmane est d'abord le fruit d'une conviction, d'une foi inébranlable en l'avenir de l'islam en Côte d'Ivoire. Il faut que la communauté se ressaisisse. Il est temps qu'elle le fasse.
Demain ce sera trop tard. Nous ne pourrions terminer notre texte sans adresser nos remerciements aux frères, aux soeurs qui se sont déplacés pour soutenir nos frères DEMBELE et DOUMBIA. Qu'ils en soient remerciés. Nos remerciements vont aussi vers ces frères qui ont eu une pensée pour nos collègues mais qui n'ont pas pu se déplacer au palais. Nous remercions également nos confrères du Jour, du groupe Nouvel Horizon pour leur soutien.
Merci à ces frères non musulmans qui ont apporté un réconfort moral pour certains et un soutien matériel pour les autres. Enfin mention spéciale à tous ces avocats qui de façon spontanée se sont constitués pour défendre les frères de Plume Libre. Que Dieu les rétribue à la mesure de leur dévouement. Ils sont de véritables combattants de la liberté et de la justice. Que Dieu nous protège contre l'injustice et l'arbitraire.
Qu'il renforce notre foi dans tout ce que nous entreprenons dans la vie et qui est utile pour nous. Nous devons joindre nos voix afin de combattre l'injustice d'où qu'elle vienne. Si nous ne le faisons pas nous serons nous-mêmes victimes demain de cette injustice. Que Dieu nous en garde Amin !
LA COTE D'IVOIRE PAYS DES EXCELLENCES
La Côte d'Ivoire est le seul pays où il pleut des milliards et la population a du mal à joindre les deux bouts
La Côte d'Ivoire est le seul pays au monde où les paysans sont les plus riches mais ils ont des problèmes pour se soigner et envoyer leurs enfants à l'école
La Côte d'Ivoire est le seul pays au monde où une loi ponctuelle faite pour régler une situation contredit la constitution ivoirienne ou la loi fondamentale
La Côte d'Ivoire est le seul pays au monde où la loi légalise la citoyenneté à deux vitesses
La Côte d'Ivoire est le seul pays au monde où le prix des denrées de première nécessité augmente et le peuple applaudit
La Côte d'Ivoire est le seul pays au monde où les gens qui ne doivent pas aller en prison y sont et ceux qui devaient y être ne le sont pas
La Côte d'Ivoire est le seul pays au monde où les fonctionnaires cotisent pour une mutuelle dont ils ne tirent aucun profit.
ATAR
DHOUL-QA'DA 1415 H • AVRIL 1995
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LA SHARIA ( Suite et fin )
3) Le vol
La peine prévue pour le vol est l'imputation de la main droite. Le Coran déclare chapitre la Table servie verset 40 : «Au voleur et à la voleuse, coupez les mains en punition de ce qu'ils auront perpétré et à titre de sanction de Dieu. Dieu est Puissant et Sage».
Je reconnais volontiers que cette sanction est sévère ; mais de nos jours, la plupart des crimes de vol sont très souvent accompagnés d'assassinat de la victime par les agresseurs.
Il y a lieu de se demander dans ce cas pourquoi éprouver de la pitié pour la main du voleur plutôt que pour la tête de celui qui a été volé.
Ainsi donc, c'est la sévérité de la sanction qui permet au potentiel voleur de garder sa main par peur de cette sanction et à la victime potentielle de garder sa tête et ses biens.
L'expérience l'a prouvé partout où cette sanction est appliquée, le vol a disparu : les cas de plusieurs pays sont là pour le prouver.
Si l'Islam a prescrit l'amputation de la main pour le crime de vol, elle l'a assortie de nombreuses conditions pour son application.
Conditions d'application
1) L'objet volé doit avoir une valeur d'au moins 4,20 g d'or c'est-à-dire que les petits voleurs de pain ou de plat de riz ne sont pas concernés par cette sanction.
2) Le voleur doit être majeur et jouir de toutes ses facultés mentales.
3) Le vol doit être établi de manière à ne laisser aucun doute : aveu, flagrant délit ou témoignage.
4) Le voleur ne doit pas avoir aucun droit sur l'objet volé.
5) Le voleur ne doit pas avoir reçu le consentement de la victime à avoir accès à son domicile où à son lieu de travail ou à son magasin etc...
6) L'objet volé ne doit pas être une chose illicite
7) L'objet volé devrait être gardé en sécurité (dans une maison, un magasin, un enclos...)
8) Le voleur doit être libre de ses actes
9) Le vol ne doit pas avoir eu lieu dans une période de famine
10) La victime doit avoir porté plainte.
11) Le voleur ne doit pas avoir été dans un besoin excessif.
4) L'imputation calomnieuse du crime d'adultère
Dans l'islam, la vie d'un homme est sacré de même que ses biens et son honneur. Toute atteinte à la réputation et à l'honorabilité est interdite.
Accuser une personne d'adultère est un péché capital. Cette accusation a des conséquences graves sur l'entente du couple concerné et dans certains cas peut le disloquer sans compter la peine qui peut lui être infligée.
C'est pourquoi l'Islam considère la diffamation comme un délit qui doit être sanctionné. Le Coran déclare à ce propos « Ceux qui portent des accusations infamantes contre des femmes honnêtes sans pouvoir produire quatre témoins seront passibles de 80 coups de fouets, leurs témoignages ne seront plus jamais admis : ce sont eux les pervers». (Coran Sourate La lumière cerset 4 - 5) Cette loi est d'origine biblique également : dans le Deuteronome 22/13 - 18, il est écrit : «Si un homme, après avoir pris une femme et s'être uni à elle, vient la détester, s'il l'accuse de choses déshonorantes, porte atteinte à sa réputation et dit : «j'ai pris cette femme et quand je me suis approché d'elle, je ne lui ai pas trouvé le signe de la virginité». Le père et la mère de la jeune fille prendront preuve de sa virginité et la produiront devant les anciens de la ville. A la porte de la ville, le père de la jeune fille dira aux anciens : «j'ai donné ma fille pour femme à cet homme mais il la déteste, et voici qu'il l'accuse de choses déshonorantes en disant : «je n'ai pas trouvé en ta fille le signe de la virginité. Or voici le signe de la virginité de ma fille». Et ils déploieront l'étoffe devant les anciens de la ville.
Alors les anciens de la ville saisiront cet homme et le châtieront et lui imposeront une amende de cent sigles».
Conditions d'application de cette peine
1) Etre musulman, majeur et jouir de toutes ses facultés mentales
2) La personne doit jouir d'une réputation honorable
3) La victime doit avoir porté plainte
5) Le crime contre la sécurité publique
Il s'agit du brigandage et du vol à main armée. C'est-à-dire des bandits de grand chemin, des gangsters et de tous ceux qui dépouillent les gens sous une menace quelconque. La sanction prévue pour ce genre de crime et contenue dans le Coran : (La Table servie verset 33) «La seule récompense digne de ceux qui font la guerre à Dieu et à son manager et qui s'efforcent de semer la corruption sur terre est qu'ils sortent massacrés ou crucifiés : qu'on leur coupe successivement les mains et les pieds par ordre croisé ou qu'on les bannisse du pays. Cela est pour leur approche dans ce monde et ils auront dans l'autre Monde de très grands tourments. Hormis ceux qui se repentent sincèrement avant d'être pris ; sachez que Dieu est prêt à pardonner : qu'il fait miséricorde au pénitent».
Mes chers collègues et invités,
Tels sont les quelques délits sanctionnés par l'Islam sous certaines conditions comme vous l'avez constaté.
Si toutes les injonctions de Sharia sont éternellement immuables et universellement sacrées, leur application doit être faite de manière sage, responsable et réfléchie.
Le prophète n'a prescrit la première obligation fondamentale de l'Islam à savoir la prière qu'après 14 ans d'Apostolat, c'est-à-dire d'information, de formation et d'éducation jusqu'à ce que l'Islam soit rentré profondément dans leur conviction religieuse. Les sanctions des délits sont arrivés beaucoup plus tard. Avant de penser à appliquer la Sharia, il faut commencer à informer, éduquer les musulmans d'abord : en effet, la Sharia ne saurait être pratiquée que dans une société où l'Islam a pénétré profondément dans les convictions des hommes, dans leurs moeurs et dans leur éducation. Elle ne saurait non plus être instaurée dans une société où les lois islamiques ne sont pas intégralement pratiquées avec toute sa rigueur. La Sharia ne saurait être davantage être appliquée que dans une société où le minimum vital n'est pas assuré à chacun.
Couper la main d'un voleur qui a volé quelques billets pour nourrir sa famille et laisser en liberté ceux qui volent des dizaines de milliards pour aller les déposer dans des banques occidentales alors que leur peuple meurt de faim, c'est criminel et scandaleux.
Lapider un homme et une femme à qui la société ne donne pas les moyens de se marier et fermer les yeux sur la vie de débauche collective menée par certains dignitaires qui dilapident en Europe par la même occasion des millions de dollars dans les bars et casinos, est révoltant. Malheureusement, ce sont ces gens qui ne sont pas sanctionnés.
C.A. TIDJANE Bah.
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PROCES DE PLUME LIBRE :
LA POLITIQUE A PRIS LE DESSUS
Le 1er 2 Mars il y a eu une relative affluence au palais de justice. D'un côté, sous un soleil de plomb, quelques centaines de moudjahidines environ, massés devant le portail principal, a osé effectuer le déplacement, pour savoir quel sort attend deux des leurs retenus dans les liens de la prévention et de l'autre un déploiement impressionnant des forces armées à l'intérieur et au pourtour du temple de THEMIS.
L'observateur non-averti aurait cru que le palais était en état de siège ou même que le tribunal serait devenu une cour martiale à tel point que pendant que ces mémorables journées, militaires et policiers, en battle dress, équipés de fusils d'assaut KALACHNIKOV ou autres armes offensives, étaient sur le qui-vive, faisant face à une foule angoissée et calme. La cause de toute cette parade ?
Les frères DOUMBIA IBRAHIMA et DEMBELE FAUSSENY du mensuel islamique PLUME LIBRE comparaissaient devant le tribunal correctionnel pour atteinte à l'ordre publique, suite à un article de presse paru en Février dans ce journal.
Prévu pour le 1er Mars et reporté au 2 Mars sur insistance du conseil des prévenus, celui-ci ayant estimé n'avoir pas suffisamment pris connaissance du dossier. Le président ayant accepté la requête de la défense a d'entrée de jeu exigé que ce jugement soit exclusivement axé sur l'aspect violation de la loi sur la presse et qu'il ne saurait être un procès de l'Islam. Ensuite, il a demandé aux accusés quel sens donnent-ils au vocable Journal Islamique ?
Dembele Fausseny a rétorqué qu'un journal du genre avait pour but le traitement de l'information avec une sensibilité religieuse. Pour ce faire le D.P. a pris en exemple les journaux LA CROIX et VIE CATHOLIQUE qui exploitent le même créneau en France.
Doumbia Ibrahima a quant à lui qualifié le journaliste comme un membre du quatrième pouvoir qu'est la presse - le Président a pris cette affirmation à contre pied pour déclarer que l'article de presse pouvait donc être la cause de troubles.
Le Procureur BLE dans un violent réquisitoire anti-islamique savamment calculé, a qualifié de faits graves l'acte posé par les accusés car estime t-il, l'article de presse comporte des propos graves et séditieux capables de créer une situation similaire à celle qui prévaut en Algérie, Bosnie et au Rwanda, s'appuyant sur l'article 53 de la loi 91-1033 sur la presse, le représentant du parquet a réclamé une sanction exemplaire. Il requiert donc toujours au nom du même article 53 quatre ans de prison ferme à l'encontre des accusés.
Le collectif de la défense a reconnu la vacuité du procès verbal et relevé qu'en l'espèce si l'on se réfère aux dispositions de la loi 91-1033, le délit d'atteinte à l'ordre public n'est pas un délit de presse. Me ASSI a alors demandé la relaxe pure et simple de ses clients. Me BOURGOIN a fait ressortir le malaise de la communauté musulmane et a déclaré en substance que les musulmans dans ce pays ont de justes raisons de penser qu'ils un ont malaise avec les autorités. Il a établi un lien connexe entre ledit malaise et l'article de presse en question. Il a enfin plaidé en faveur de la relaxe des deux confrères.
Le tribunal, pour les besoins de la cause, n'a pas voulu suivre les avocats dans leur brillante plaidoirie qui a démontré preuve juridique à l'appui que le délit était non-constitué. Dembele Fausseny et Doumbia Ibrahima ont été reconnu coupables et condamnés à dix mois d'emprisonnement ferme. L'annonce de la décision a été saluée par trois ALLAHOU AKBAR de la part des quelques MOUDJAHIDATES qui ont eu le privilège d'être dans la salle du jugement.
Ce énième procès a encore une fois de plus démontré, s'il en était besoin que face à un pouvoir nostalgique du parti unique ce n'est pas pour demain que les justiciables obtiendront l'équité en matière de décision de justice. Si théoriquement l'indépendance de notre système judiciaire est proclamée, les décisions judiciaires ont apparemment acclamé sa caporalisation. Cette boutade de Me SAMASSI est la parfaite illustration de cette triste réalité : "Dans ce procès, il s'agit à la fois de la foi et de la loi". La défense refuse que le juridiction soit le bras séculier d'un pouvoir incapable de résoudre ses problèmes". Que Dieu protège la Côte d'Ivoire !
MIR NOURSULTAN
DOUMBIA BRAHIMA
LE DP DE LA PATRIE Mr ABOU CISSE ET LE JOURNALISTE DE BE KWASSI
<< La liberté de la presse est la première des libertés. Les dictateurs de droite comme de gauche le savent. Il étranglent d'abord les médias et peuvent, ensuite étouffer les autres libertés. Aussi, plus que jamais, il faut se battre, sur le terrain, pied à pied, pour faire reculer l'arbitraire, pour s'opposer à l'inacceptable>>
(Reporters sans Frontières)
Abou Cissé
D.P. de la PATRIE
Le journaliste
DE BE KWASSI
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PROCES
DIEU, LA JUSTICE ET LA VIE
Le Miséricordieux a créé l'homme. Il lui a assujetti la création entière. Il a deux attributs dont la systématisation par l'homme assure l'équilibre au sein de la création et dans les sociétés humaines : la justice et l'amour.
Dieu aime l'homme. Il aime même le mécréant. Il n'a jamais fait discrimination dans l'octroi de ses bienfaits au genre humain, le très haut a donc enjoint à l'homme d'aimer son prochain et de pratiquer la justice.
Dieu commande de rendre aux gens leurs dépôts et quand vous jugez entre les gens jugez avec équité. Oui c'est le meilleur à quoi dieu vous exhorte. Dieu demeure en vérité celui qui entend, qui voit. Cor : 4 : 58
La justice que Dieu commande à l'homme est déterminée par un triple champ d'application : politique, social et économique.
La contravention de cette importante injonction divine amène l'injustice dont la conséquence est le désordre et la corruption sur la terre. L'injustice est donc la forme de transfert la plus abjecte de la mécréance.
Nous sommes des moudjahidin en lutte. Nous devons nous opposer par tous les moyens à cette forme de mécréance. Aujourd'hui nos deux frères de PLUME LIBRE sont incarcérés à la Triste MACA. Ils n'ont rien fait. Leur seul tort est d'avoir dresser un constat : des mécréants règlent les comptes à certains de leurs associés d'hier. Ces gens n'ont-ils pas été les responsables de l'hécatombe économique qui a précipité la Côte d'Ivoire dans les catacombes de la misère noire ? L'erreur de nos frères est d'avoir cru que ces gens sont des cadres musulmans militants.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Où étaient ces présumés cadres musulmans lorsque la communauté musulmane a été l'objet de la plus grande injustice et continue de la subir ?
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Ils ont été le bras séculier du parrain dans la mise en place de cette politique d'injustice.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ?
Nous, Moudjahidins devront avoir une conception objective de la justice.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ?
Depuis 90, nous aurons dû prendre nos distances de ce système oppresseur et appuyer les efforts de démocratisation pour une société plus juste et plus humaine.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ?
Mais on nous a dit de nous mettre a l'écart de tout cela.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Alors que notre poids aurait pu ramener ces gens à la raison.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Aujourd'hui c'est le tour de notre communauté.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Que la communauté musulmane essuie ses larmes.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Sous peu, le Système Houphouet et ses représentants ne seront qu'un souvenir, si Dieu le veut.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? DEMBELE FAUSSENY ET DOUMBIA ne sont que des appâts.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Que le CNI refuse d'être attentif à tout chantage ou marchandage.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Tout les croyants de bonne volonté doivent se donner les mains pour stopper cette folie de destruction qui se profile à l'horizon.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Qu'ils soient musulmans, chrétiens, ou d'autres confessions monothéistes.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ?
Le MISERICORDIEUX a dit : tout ce qui est sur la terre passera. cor : 55 . 26.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Cette organisation maffieuse qui enserre la société avec ses tentacules, doit-être combattue et démantelée.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Dieu a créé l'homme et lui a assigné la liberté.
DEMBELE FAUSSENY
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Pourquoi donc ces prévaricateurs veulent-ils mettre cet acquis en cage.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Il y a un terme fixé aux êtres et aux idées qui soutiennent l'action de l'homme.
Laquelle de leur injustice le peuple oubliera de sitôt ? Le crépuscule de celles qui motivent l'homme ivoirien depuis 40 ans est proche.
MIR NOURSULTAN.
DHOUL-QA'DA 1415 H - AVRIL 1995
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CONDAMNATION DES JOURNALISTES :
"JUSTICE A DEUX VITESSES" ?
Le procureur BLE Antoine requiert quatre ans de prison contre les journalistes de plume libre. Le Président du Tribunal condamne les prévenus à 10 mois d'emprisonnement ferme.
Telle a été la sentence retenue contre nos frères Dembelé et Doumbia.
De ce procès nous avons retenu deux faits :
- La mise au point du président Blé Dominique
- Le réquisitoire du représentant du parquet, le procureur BLE Antoine
Le président du Tribunal BLE Dominique s'est empressé de dire qu'il ne s'agit pas du procès de l'Islam, mais plutôt d'un procès de journalistes arrêtés dans l'exercice de leur fonction. Cette mise au point du président a suscité en nous des interrogations. Est-ce que habituellement les différents présidents font-ils des mises au point avant de commencer leurs procès ? N'est-ce pas que ce procès avait-il des dessous politiques ? A travers ce procès n'est-ce pas un avertissement que le pouvoir donne aux musulmans ? N'est-ce pas le C.N.I qui est visé à travers ce procès ? Puisque le Directeur de publication de Plume Libre est secrétaire général adjoint du bureau national du C.N.I ? DEMBELE et Doumbia ont été des membres très actifs de l'AEEMCI qui est membre fondateur du C.N.I et l'une des structures les plus vivantes du-dit conseil. D'ailleurs ce que Plume Libre a écrit n'a rien de grave puisque entre la publication du Numéro incriminé et la date de leur arrestation il n'y pas eu d'émeutes ; la Côte d'Ivoire ne s'est pas retrouvée dessus-dessous. Des journaux comme Frat-mat, la Nouvelle République, l'action, le Bélier ont fait pire sans être inquiété. Question : Pourquoi ont-ils été condamnés pour quelque chose qu'ils n'ont pas commis ? Procès politique ou pas, procès politico-religieux ou pas, procès banal ou pas ; ceux qui ont commandité ce procès sont déjà en prise avec leur conscience et le seront face à l'histoire. La valeur d'un acte ne vaut que par l'intention qui la sous-tend.
* Le réquisitoire du procureur nous a donné «grand froid» dans le dos. A la fin du réquisitoire du procureur on a eu l'impression qu'il venait de faire le procès de l'Islam en Côte d'Ivoire «L'épuration ethnique», «a qui le tour demain» sont deux expressions qui ont été jugées séditieuses et de nature à dresser le Nord du pays contre le Sud, les musulmans contre les non-musulmans et à discréditer le gouvernement. Ce sont de tels procès qui sont à l'origine des troubles du RWANDA, de la BOSNIE et surtout de l'ALGERIE.»
INJUSTICE
Les deux confrères de Plume Libre ne devraient pas être à la barre ce jour-là pour la simple raison que le journal le BELIER avec son directeur de publication TAPE Koulou ne sont pas à la MACA et pourtant ils ont incité à la violence, à l'exclusion et même au péril. Le Bélier dans son numéro du 26 décembre 1994 titrait à sa «une» «ADO, MASTA, Grands boubous, out». Que croyez-vous qu'on lui a fait ? On lui a simplement donné des conseils. Peut être que monsieur le procureur ne sait pas, mais aujourd'hui il est très difficile à un Koné, Ouattara, Traoré, Coulibaly... de faire un certificat de nationalité et une carte nationale d'Identité. Ils sont moins ivoiriens que les autres et présumés étrangers. Par contre si vous vous appelez Yaw (Yao) Kwassi, Komlan, Adieyi, boko, Konan, Kacou, Ebagninrin, l'on ne vous demandera rien comme justification pour vous procurer les documents. Monsieur le procureur n'y a t-il pas séparation lorsqu'un député aujourd'hui membre du gouvernement traitait une partie des ivoiriens, «d'ivoiriens de circonstance» ? N'y a-t-il pas séparation des ivoiriens lorsque des députés dit représenter le peuple font une classification entre les ivoiriens, où il y a ceux qui peuvent voter et se faire élire député, maire, président de la république et ceux qui ne feront que voter et ne pourront pas se faire élire parce que n'étant pas ivoiriens multiséculaires ? Ce sont tous ceux-là qui devraient être à la barre pour répondre de leurs propos parce que certains ivoiriens commencent à s'imprégner de ces valeurs discriminatoires (exemple bagarre entre un métis ivoirien et un autre ivoirien non métis. Les spectateurs incitaient à la violence sous prétexte que le métis est un demi ivoirien).
* A propos des violences en Algérie, en Bosnie, au Rwanda. Les causes de ces violences sont connues de tous en tout cas de ceux qui veulent savoir. Elles ont pour origine l'injustice.
RAPPEL
La violence en Algérie procède d'une injustice criarde qui s'est faite avec des algériens et des occidentaux. Comment peut-on appeler ce qui s'est passé en Algérie ? Voici un peuple qui décide de se donner librement les dirigeants et les institutions qu'il veut. Les mécréants ont estimé que le peuple n'était pas assez mûr pour choisir. La suite on la connait. Aujourd'hui, ce sont les mêmes qui crient à la violence, à l'injustice...
Le cas Rwandais est éloquent. Comment des dirigeants d'un pays peuvent ils légaliser l'éthnocentrisme ? Au Rwanda on a légalisé la citoyenneté a deux vitesses : Une ethnie est supérieure (les Houtou sont supérieurs aux Tutsi. Tous ceux qui se sont faits complices de cette situation l'ont chèrement payé et continuent de le payer. La côte d'Ivoire est en train de devenir un pays d'injustices. Les gens aiment bien appliquer les lorsque cela les arrange, mais quand c'est le contraire ils se rétractent. L'application de la loi à deux vitesses est une injustice dont personne ne peut prévoir les conséquences demain.
En tout cas que nos gestionnaires sachent et retiennent ce que le prophète MOHAMED (P.S.L) a dit : <<un pays peut prospérer dans l'infidélité mais jamais dans l'injustice.>>
MAROUF YEO.
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LA NOUVELLE REPUBLIQUE : << NE TOUCHEZ PAS A NOS IMAMS >>
La visite du Secrétaire général du FPI Mr Laurent Gbagbo au président du CNI IDRISS KOUDOUSS a suscité l'indigestion chez certains journalistes (?) ou militants du PDCI et provoque en eux une diarrhée verbale sans commune mesure avec les faits incriminés. Suivez avec nous ce que nous avons relevé dans le quotidien la nouvelle république » du 09/02/95 et dont l'auteur est un certain Charles Kodjo.
A LA UNE de la N R << KOUDOU chez KOUDOUSS "Complot contre ALLAH" Toujours à la une mais servant de légende aux photos de Koudouss et de Gbagbo on lit ceci : "KOUDDOUSS et KOUDOU" une alliance pour tromper nos frères musulmans >>
Mais qu'est-ce que l'IMAM KOUDOUSS et Laurent Gbagbo ont-il pu dire qui a irrité notre impertinent journaliste Charles Kodjo et pour qu'il déverse sa bile puante et assassine sur notre Imam le leader du FPI et même la communauté musulmane. Voici la déclaration de Gbagbo <<personnellement, j'ai tenu à prolonger l'action de mon parti auprès du CNI pour dire de vive voix au responsable de cette organisation que partageant les mêmes idéaux de paix avec lui, nous ne pouvions que nous sentir agressés chaque fois qu'il l'est...>> Il continue pour dire <<... le Cardinal suite à cette agression s'est rendu chez le responsable du CNI pour lui apporter son soutien. Parce que quand dans un pays, on ne respecte plus le sacré, le culte, il n'y a plus de repères...>>
L'Imam KOUDOUSS répond qu'il n'est pas surpris par la démarche du FPI et de son leader. Ce geste est dans la droite ligne de la lutte que ce parti mène depuis des années. Et l'Imam KOUDOUSS de rassurer que <<eux hommes de Dieu utiliseraient, pour la même cause la seule arme dont-ils disposent c'est à dire la prière.>> Dans une adresse aux musulmans Mr Laurent Gbagbo a dit <<... Je vous invite à prier pour que les gouvernants et les gouvernés soient habités par la sagesse nécessaire afin de poser les actes les plus justes et les plus bénéfiques pour la Côte d'Ivoire. PRIEZ pour que celui qui est digne de défendre au mieux les intérêts de ce pays remporte les prochaines élections de 1995...>>
Ces déclarations ont suffi pour créer des démangeaisons chez les journalistes de la nouvelle république. Ces démangeaisons a y regarder de près procéderaient d'un terrorisme intellectuel qui n'accepte pas de voir les autres être libres de dire ce qu'il pensent. Les hommes les plus intelligents se retrouvent chez les gens de la nouvelle république et ceux qu'ils représentent sinon comment comprendre qu'ils disent et nous citons <<... Il est temps que les musulmans fassent preuve d'intelligence et de hauteur d'esprit pour éviter de faire les frais de viol et de cette filouterie de la part de mécréants...>> les musulmans n'ont pas de leçons à recevoir de gens dont le seul souci c'est comment faire pour manger, peu importe s'ils doivent enjamber des corps inertes. Les musulmans sont suffisamment intelligents pour savoir réellement la route de la raison vraie. Et puis comment peut-on demander à des gens qui font preuve de peu d'intelligence de prier pour soutenir le président BEDIE. D'où tenez-vous l'information selon laquelle KOUDOUSS aurait reproché à DIABY KOWEIT de soutenir le Président BEDIE ? Vous avez une drôle manière d'entendre, de comprendre (?) et d'interpréter les phrases des gens.
Revoyez tous les discours de l'Imam Koudouss. Il a toujours refusé que les organisations qu'il dirige soient utilisées à des fins politiciennes.
Que devient une organisation islamique qui affirme dans ses statuts qu'elle est confessionnelle et apolitique et que celle-ci se pavane partout pour dire aux musulmans de prier pour un président quand on sait que ce dernier a du mal à se démarquer de son fauteuil de président d'un parti et de celui de la présidence ? Cela s'appelle en Islam de l'hypocrisie. Or l'hypocrisie en Islam est une abomination. Voici ce que Dieu dit à propos des hypocrites dans la Sourate 61 Verset 2 et 3 : <<O vous qui avez cru ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas vous-mêmes ? C'est une abomination auprès de Dieu que de dire ce que vous ne faites pas.>> Il est plus honnête pour les responsables d'associations islamiques de ne pas les utiliser pour des raisons bassement mercantiles et politiciennes. Ils ont la liberté individuelle d'adhérer à l'organisation politique de leur choix. Nous ne sommes pas sûr que tous ceux qui militent au C S I sont forcément membres du P D C I. Charles Kodjo fait preuve de cécité quand il affirme que Diaby Koweit prie pour la paix. Nous ne savons pas si prier pour un individu c'est prier pour la paix. D'ailleurs on peut prier pour un individu, il peut arriver que l'entourage de ce dernier soit complètement en déphasage avec les réalités du terrain parce que préoccupés à se remplir les cagnottes.
A quoi aura servi votre prière ? Nous ne savions pas que M. Gbagbo est le nouveau chef des musulmans.
Merci de l'information. Désormais les musulmans s'adresseront à Charles Kodjo pour connaître la voie à suivre. <<ce qui fait que des hommes comme Koudouss qui ont reproché ou qui reprochent à M. Diaby de soutenir le Président BEDIE pour le règne de la paix sont, semble -t-il prêts à prier pour d'autres personnes. C'est ce que Gbagbo, leur nouveau chef et ami de leur brave, leur demande...>> Dixit Charles Kodjo IN Nouvelle république du 09/02/95. Nous ne savions pas qu'il y avait une ligne rouge à ne pas franchir par le C N I. Qui est l'auteur de cette ligne rouge ? Est-ce le pouvoir en place ou est-ce Charles Kodjo ? Nous avons hâte de le savoir. Poussé par sa haine à verser son venin sur le C N I Charles Kodjo n'arrive plus à faire la différence entre une organisation religieuse et un parti politique. Il a été trahi par son subconscient. Il démontre là qu'il est un fieffé zélateur qui est plus membre d'un parti politique que journaliste. Il est un journali-safa comme Michel Kouamé le dit souvent.
<<Degustez>> avec nous ces propos nauséabonds : <<le CNI vient de franchir le rubicond, la ligne rouge. En effet ce parti qui a toujours revendiqué une autonomie vient de mettre les pieds dans le plat, dans le terrain politique...>> Pourquoi nos confrères pro-gouvernementaux donnent l'impression d'avoir la peste dès que les gens qui ne sont pas de leur bord, décident de rencontrer les personnes qu'ils veulent.
Si Charles Kodjo voit une collusion en Koudouss et le F P I c'est qu'il y a eu déjà une collusion entre le pouvoir en place et le C N I.
Le gouvernement avait mandaté à l'époque trois de ces ministres pour rencontrer le C N I afin de trouver un terrain d'attente et lever certaines équivoques. Nous avons les PV des différentes rencontres. Et nous savons ce que ces ministres ont dit au C N I. Quand on a pas toutes les données concernant certains problèmes il est plus sage de se taire. Nous voulons rappeler à Kodjo que la parole a horreur de trois choses, c'est d'être dite plus tôt que prévue, c'est d'être dite après le moment précis et c'est ne pas être dite du tout. Permettez qu'on nous dise Kodjo (du Ghana ou du Togo) que vous êtes plus un insulteur que journaliste.
Nous doutons aussi de l'éducation que vous avez reçue. Nous voulons savoir si au moment où vous accouchiez vos vociférations sur votre papier vous jouissiez encore de toutes vos facultés. Quelle est cette idée de s'attaquer à nos imams gratuitement.
Si chez vous, vous attaquez sans raison vos chefs religieux et vous leur manquez de respect. Nous, nous avons beaucoup de considérations pour nos chefs religieux, les IMAMS. Quelles preuves avez vous honnêtement pour dire que <<Nos IMAMS sont en train d'humilier et de trahir Dieu en se mettant à la remorque de vils ambitieux...>> [ Vous êtes un ignorant ].
Les critères pour dénoncer la trahison d'un imam sont clairs en Islam.
Demandez on vous les donnera. Nous voulons vous dire que la meilleure des prières c'est celle que Gbagbo a souhaité pour notre pays à savoir : <<Je vous invite à prier pour que les gouvernants et les gouvernés soient habités par la sagesse nécessaire afin de poser les actes les plus justes et les plus bénéfiques pour la Côte d'Ivoire.
Priez pour que celui qui est digne de défendre au mieux les intérêts de ce pays remporte les prochaines élections de 1995... >> En tout cas pour nous c'est une bonne prière quand on pense aux velléités de tricheries qui se profilent à l'horizon. C'est pourquoi on ne comprend pas le pouvoir en place qui refuse l'utilisation des urnes transparentes et qu'il refuse également que les représentants des différents partis aient le double des procès-verbaux.
Que Dieu fasse que la sagesse visite et habite les gouvernants et les gouvernés afin la paix la vraie faite de justice et de respect mutuel règne sur la Côte d'ivoire.
MAROUF YEO
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TRAHISON
PELERINAGE 95 : DIABY <<KOWEIT>> veut organiser seul le pélérinage et pourtant ...
Diaby Moustapha alias Diaby «Koweit» aurait offert 50 millions. Il veut organiser le pèlerinage de 1995. Il aurait pris des contacts dans ce sens. Il aurait même acheté déjà trois bâtiments non loin de la KAABA. Il parait aussi que l'année dernière son organisation aurait laissé à la Mecque une ardoise financière de huit (8) millions de Francs CFA. Ce que nous ne comprenons pas c'est que Diaby et son groupe veuillent organiser le pèlerinage avec la bénédiction du Ministère de l'Intérieur. L'année dernière déjà il avait réussi à organiser son pèlerinage avec moins de 200 pèlerins.
Et cette année il récidive. Et pourtant l'arrêté N° 145 INT/ATAP/AGP/3 de 1993 portant autorisation et Fonction du CNOPM (comité national d'organisation du pèlerinage à la Mecque) a donné pleins pouvoirs à celui-ci pour organiser le pèlerinage. Et Mr DIABY Koweit est membre du CNOPM jusqu'à preuve du contraire. Cet arrêté ministériel signé des mains du ministre Bombet n'a pas été abrogé et on donne une autre autorisation à Mr DIABY.
Qu'adviendra-t-il demain si une situation fâcheuse devait arriver ? Qui sera responsable de cette triste situation ? L'année dernière le pire a été évité à la Mecque grâce à la sagesse du CNOPM. DIABY Koweit a pu organiser sa part de pèlerinage avec la bénédiction du pouvoir en place. Il aurait été désigné par (qui ?) pour parler au nom de tous les pèlerins alors qu'une organisation officielle, légale et légitime et reconnue par le Ministre de l'intérieur, Monsieur Bombet était dépouillée de toutes ses prérogatives.
En tout cas nous ne comprenons pas le ministre Bombet qui se dédit en l'espace d'un an. Il signe un arrêté qui reconnait l'existence et le fonctionnement d'une structure et il cautionne une autre qui travaille sur des objectifs déjà dévolus à l'association officielle. Comment appelle-t-on cela ? Quelle signification peut-on donner à ce qu'il est convenu d'appeler le respect de la parole donnée de l'engagement pris, du serment prêté ? Si DIABY Koweit était certain de ne pas tenir son engagement vis-à-vis du CNOPM il devait refuser d'y participer.
De façon libre et indépendante il y a adhéré. A peine a-t-il adhéré qu'il s'est précipité pour créer une Autre structure. Il s'est mis à torpiller l'organisation officielle. Quelle que soit l'explication qu'il donnera pour justifier son acte, nous disons qu'il a trahi quelque part.
Et cette année il a commencé encore son cirque et il s'y est pris très tôt et cela avec la collusion de la télévision ivoirienne et de certaines presses acquises à sa cause. Nous reproduisons pour tous nos lecteurs l'arrêté N° 145 du ministère de l'intérieur afin qu'il se fasse une idée vraie de ceux qui ne respectent pas leur parole donnée.
KANTE SIDDIQUE.
YAH/PH
MINISTERE DE L'INTERIEUR
DIRECTION GENERALE DE L'ADMINISTRATION DU TERRITOIRE ET DES AFFAIRES POLITIQUES
REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE
Union - Discipline - Travail
ARRETE N° 145 /INT/ATAP/AGP/3 PORTANT AUTORISATION ET FONCTIONNEMENT DU COMITE NATIONAL D'ORGANISATION DU PELERINAGE A LA MECQUE.
Le Ministre de l'Intérieur,
VU la loi n° 60-356 du 3 Novembre 1960 portant Constitution de la République de Côte d'Ivoire ;
VU le décret du 16 Janvier 1939 portant constitution des Missions Religieuses ;
VU le décret n° 90-1530 du 7 Novembre 1990 portant nomination du Premier Ministre ;
VU le décret n° 91-755 du 14 Novembre 1991 portant nomination des membres du Gouvernement ;
VU le décret n° 91-806 du 11 Décembre 1991 portant attributions des membres du Gouvernement ;
VU le décret n° 92-49 du 29 Janvier 1992 portant organisation du Ministère de l'Intérieur ;
VU le Procès-Verbal en date des 13 et 14 Mars 1993.
A_R_R_E_T_E
ARTICLE 1ER : Sont autorisés la constitution et le fonctionnement de l'Association Culturelle dénommée : "COMITE NATIONAL D'ORGANISATION DU PELERINAGE A LA MECQUE"
ARTICLE 2 : Est agréée la composition du Conseil d'Administration de l'Association culturelle suscitée telle qu'elle suit :
Président : KONE IDRISSA
1er Vice-Président : MEITE MAMADOU
2è Vice-Président : SEKOU TOURE
Secrétaire Général : TRAORE MAMADOU
Commissaire Général : TOURE VASSIRIKI
Agent Comptable : FADIGA LAMINE
Membres :
- FOFANA BOIKARY
- CISSE ABBA
- OUATTARA ALI
- TOURE VASSIRIKI
- DIABY MOUSTAPHA
ARTICLE 3 - Le présent arrêté sera enregistré, publié et communiqué partout où besoin sera./-
Abidjan, le
A_M_P_L_I_A_T_I_O_N_S :
Présidence de la République .. 1
Secrétariat Général du GVT ... 1
Minintérieur (CAB) .......... 1
Minintérieur (DGATAP) ....... 6
Minisécurité (DGPN) ......... 1
Préfecture d'Abidjan ........ 1
Mairie de la ville d'Abidjan.. 1
Intéressés .................. 1
Archives .................... 1
Chrono ...................... 1
J.O.R.C.I. .................. 1
EMILE CONSTANT BOMBET
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INTEGRISME TRIBAL ET REGIONAL ?
I' BIAO
DGA ALLOU Tognan
* Cabinet Présidentiel
S.G du gouvernement
- Mr. KOUASSI Yao
- Conseiller auprès du Président
DIABY ABOUBACAR DIABY OUATTARA
Chef de cabinet
LOUCOU Jean Noel
Conseiller auprès du PR chargé des affaires générales :
Mr. GUESSEND Venance Konan
Conseiller auprès du PR pour les affaires sociales et de l'éducation GASPARD KOUADIO GBAKA
Conseiller du PR chargé de la communication JESUS KOUASSI YOBOUET
* JEUNESSE & SPORT
Directeur de la jeunesse et des activités
socio-éducatives
KOUASSI KOUADIO Victor
Directeur de l'éducation physique et des sports :
GOMENE BLEDE Antoine
Directeur de la DAAF
Mr DIBY KOUASSI
* Directeur de l'OISSU
Mme NIAGNE AKPA Yvonne épouse BOUANGA
* Directeur financier du groupe Frat-mat
Koné Adama
* Directeur de l'OC.M
N'ZI BROU Michel
* LONACI P.C.A
Mr DUON SADIA
Directeur financier BALLOU KANGA
* Santé et protection sociale
Directeur du CHU Cocody
KOUAME DESIRE
Directeur CHU Treichville
KOUADIO Komoé Augustin
CHU Yopougon
Mr GUEYE IDRISSA
Directeur Institut RAOUL Follereau Mlle Amangoua Constance Josette
* FONCTION PUBLIQUE
Directeur de l'AGEPE
(Agence d'études et de promotion)
Mr. N'CHO Anet Maixent
Directeur de la DAF
Mr. Koffi Komena Eugene
* MINISTERE DEFENSE
G A T L : Commandant du G.A.T.L : Lt Colonel Koffi Ettien
Attaché militaire Naval et de l'air près l'Ambassade de la république de C.I à Paris : Colonel EKRA KOUADIO
Commandant de la garde républicaine
Colonel KONAN Joseph
Commandant du groupement ministériel des moyens généraux colonel BAMBA VASSANOUSSI
* ECONOMIE, FINANCES ET PLAN
Directeur du personnel et de la formation profession à la D G des Douanes
M. KOSSERE Kore
Trésorier principal de l'Agence Comptable des dépenses publiques (ACCDP)
Mr. AKA YAO
Enseignement Supérieur
Directeur de l'ENSEA
Mr. KOFFI N'guessan
* DOUANE
Directeur de la réglementation et de la legislation
Mr ASSAMOI Michel
Directeur des statistiques et de l'informatique
Mr. Roland André
* Primature
Directeur général du centre de promotion des investissements en C.I (CEPICI)
Mr. KOUASSI Jean Claude.
FIN Source FRAT-MAT 1993-1994
LUCARNE
CHER OUBA !
J'aime un homme, qui actuellement me cause beaucoup de problèmes. Avant ces faits, je pratiquais beaucoup la religion, mais depuis lors je suis omnibulé par mes problèmes et je me détourne de plus en plus de la prière et de Dieu. Je suis inquiète car j'ai l'impression d'être une polythéiste. Ai-je raison ?
K. KHADJY à Touba
Chère KHADY
Tu pose là un problème que de nombreux croyants rencontrent de nos jours.
C'est celui de l'adoration de l'homme.
Actuellement de nombreuses personnes manifestent un tel attachement à une autre personne que sans la présence de celle-ci, elle ne peut pas vivre.
Dieu dans le Coran, dit qu'il a créé les hommes et les Djinns rien que pour l'adorer. L'homme a pour destin d'adorer Dieu. C'est en cela qu'il est considéré comme ayant une foi mensongère lorsqu'il associe un être à Dieu.
L'homme ne doit avoir dans le coeur que l'idée de Dieu. Il ne doit adorer que lui et rien d'autre.
Avant que ne surviennent tes problèmes, tu étais sans aucun doute dans le droit chemin. Ta crainte était seule dirigée vers Dieu et non vers les hommes.
Dès l'instant où tu te mets à adorer l'homme. Tu te mets dans une situation très critique ainsi que l'expérience le prouve.
D'abord Individuellement
Dieu dans le Coran dit qu'il a créé l'homme, "faible". Sourate II Verset 28
Il agit en conséquent guidé par ses passions et ses instructions. Ainsi Dieu le très haut, dans son infini sagesse lui a recommandé d'agir en tenant toujours compte du juste milieu.
Tout croyant qui méconnaît ce principe se prive de toute liberté car sa pensée se trouve constamment envahie par l'image obsessionnelle d'une personne.
Certes, il y a des avantages car l'on prend plaisir à vivre au côté de celui de qu'on aime, mais cet amour non contrôlé comporte de graves inconvénients que sont les conflits familiaux, la perte de tout sens de la mesure et de tout sens de la raison.
Aimer profondément un homme, c'est se mettre dans un état de dépendance totale et se laisser téléguider par celui-ci et ses caprices. L'homme devient comme ton Dieu et c'est en cela que l'amour pour l'homme tient à être du polythéisme.
Ensuite Socialement
Aimer un homme a des avantages sociaux indéniables. Des familles se forment ainsi, qui font des enfants qui viennent grossir la société. Ces familles du fait de leur responsabilité, participent au développement économique de la société.
Mais Dieu a dit dans le Coran, que "toute âme goûtera la mort". Ce qui signifie que toute action de l'homme à une fin, même l'amour. Or c'est dans ce domaine que les conséquences sont les plus néfastes.
L'amoureux abandonné, éprouve de la haine pour les autres. Il peut même devenir fou. Il fuit ses parents, ses amis et devient inutile pour la société car se renferme sur lui-même, souffrant au plus profond de son âme.
Qu'en est-il de l'adoration de Dieu seul !
L'homme a pour obligation de n'adorer que Dieu seul. Celle-ci contrairement à l'adoration que l'on porte à l'homme n'a aucun inconvénient.
Au contraire, Dieu dans sa mansuétude fournit à l'adorateur tout ce dont il a besoin dans la vie ici-bas et dans celle de l'au-delà.
L'homme vit dans une félicité permanente. L'amour de l'homme pour Dieu développe ses capacités intellectuelles. Il rend l'homme courageux et fort.
A t'on en effet déjà vu un adorateur devenir fou du seul fait du développement de sa foi ? non assurément Au contraire, son intelligence croit ainsi que de nombreuses facultés telles que la mémoire, l'altruisme, la bonté etc.
Cher KHADY, pour me résumer j'aimerais te demander de faire un effort pour détacher ton idée de ton homme. Prie Dieu beaucoup et demande lui la force de te séparer mentalement de ton homme. Aimé ce dernier en ayant constamment à l'esprit que ce n'est qu'un être humain. Et que seul Dieu mérite ton adoration. Alors seulement tu resteras toujours maître de toi-même.
OUBA
DHOUL-QA'DA 1415 H " AVRIL 1995
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LA REDEVANCE R.T.I.
La Côte d'Ivoire est vraiment un pays d'exception. Comment expliquer l'attitude du gouvernement qui depuis 1962 n'a cessé de pressurer financièrement la population ivoirienne. En 1962 le Président Houphouet institua un impôt qu'il appela C.N.S (Contribution nationale solidarité) pour dit-on aider au développement économique et social du pays. Les résultats escomptés n'ont pas été atteints puisque les fonds recueillis seraient allés vers d'autres destinations. La caisse de stabilisation a été créée pour dit-on aider les paysans. C'est pour cela que pendant que le kilogramme du café sur le marché international était à 4000 F. le gouvernement l'achetait à 90 F le kilo à nos parents paysans. L'argument avancé pour expliquer cette situation était qu'au moment des difficultés la CAISTAB allait aider les paysans. Ce ne fut pas le cas puisque les prix d'achat ont connu toutes les formes d'escroqueries. Et quand le peuple s'est plaint, on lui a répondu que l'argent de la CAISTAB a été utilisé pour construire les routes et autres. Alors que l'objectif de la CAISTAB était d'aider exclusivement les paysans. Et quand il s'est agi de justifier l'utilisation des prêts exorbitants contractés par l'état, on a dit encore qu'ils ont été utilisés pour construire nos routes. Où est la vérité ? En 1982 le Président Houphouet imposa encore un autre impôt qui ne dit pas son nom appelé contribution nationale (1 % du salaire) pour aider les chômeurs.
Cette contribution nationale était pour un an non renouvelable. Tous les chômeurs pour lesquels l'on faisait la retenue n'ont pas été satisfaits. Au lieu d'un an, la contribution est devenue permanente donc un nouvel impôt. Le résultat est un fiasco.
- En 1989 face à la recrudescence du banditisme le président Houphouët a demandé au peuple ivoirien de l'aider à enrayer le phénomène en six mois. Et pour cela il demande une contribution appelée «opération sécurité». L'on sait c'est que les gens ont fait de ces dons et milliards collectés.
Non seulement le banditisme n'a pas été endigué comme promis mais il est devenu plus professionnel et meurtrier.
Et pourtant !
Et depuis 1990 les parents d'élèves ont tout pris en charge (cotisations fournitures etc.). On leur avait promis que l'école ivoirienne deviendrait performante s'ils acceptent de payer des cotisations. Résultat néant.
En 1991 le gouvernement a promis embauché le maximum de professeurs. Mais il ne peut le faire qu'en diminuant de moitié le salaire des enseignants : les salaires ont été revus à la baisse on n'arrive toujours pas à embaucher les nouveaux enseignants. Rappelez-vous la dernière grève de la faim des diplômés de l'E.N.S.
Le problème de la mutuelle des fonctionnaires est édifiant. Voici une mutuelle qui prélève régulièrement les cotisations mais qui est incapable d'honorer ses engagements vis-à-vis de ses adhérents.
Et voilà que non contents de ses prestations des corporations demandent à partir on leur oppose un non catégorique. La FESACI organise un sit-in au siège de la mutuelle on leur refuse l'accès en faisant investir le lieu par les gendarmes et les policiers. Et Dieu seul sait combien leurs progénitures sont nombreuses. Et pourtant ils acceptent de s'autoflageller au nom d'une obéissance aux ordres. Et dire qu'ils sont aussi membres de la mutuelle. ENFIN !
REDEVANCE R.T.I ou la dictature de l'Etat.
Non content de réduire le peuple ivoirien à la mendicité quotidienne, le gouvernement décide d'imposer un autre impôt qu'il a baptisé pompeusement redevance R.T.I pour dit-il faire une radio et une télévision performantes. Le Ministre de la communication et son D.G montent au créneau pour expliquer le bien fondé de la chose. Pour se donner une certaine légalité on fait voter une loi pour légaliser la redevance par les députés dits représentants (?) du peuple.
Nous ne savons pas de quels représentants du peuple il s'agit ? Nous doutons de leur bonne foi. Tous les exemples cités plus haut nous confortent dans l'idée que la redevance si elle est imposée au peuple servirait à tout sauf à la R.T.I. Une R.T.I discriminatoire sur tous les plans. Une R.T.I partiale qui est au service de groupes d'individus en mal de publicité. Une R.T.I où l'on croit qu'on est obligé de faire l'apologie de gens impopulaires, d'organisations minoritaires. Pour ce qui est de la communauté musulmane, nous savons comment sont traitées nos informations. Tenez par exemple le traitement réservé à l'émission Allahou AKBAR.
Programmation de l'émission à des heures indues. La retransmission de la nuit du Destin cette année au parc des sports de Treichville a été bâclée.
Elle n'a pu être retransmise pour cause de panne technique dit-on. Les pannes techniques ont le dos large. Le jour de la fête de Ramadan la Radio n'a pas honoré son rendez-vous avec les musulmans. En pareille circonstance, il est réservé trente minutes aux animateurs afin qu'ils expliquent certains détails pratiques. Mais quelle ne fut notre surprise d'entendre que la radio n'a pu le faire pour la simple raison que l'antenne était à MAN. Sacrilège ! C'est un acte prémédité. Le vendredi 3 mars 1995 jour de Ramadan, fête populaire nationale, la radio se trouve à Man. Mais le Président Bédié n'y était pas encore. Même s'il y était trente minutes ne pouvaient empêcher la retransmission. L'animateur du jour s'étant rendu compte de la supercherie, s'est excusé et a permis à un animateur vers huit heures de donner quelques informations. Mais trop tard l'acte a été posé, c'est ce qui a retenu notre attention. Nous ne croyons pas à cette redevance qui est après tout un impôt.
Et puis depuis 1990 la R.T.I est devenue indigeste. Que rapporte le reportage d'un mariage des gens d'une certaine classe à la population nationale quand on sait que ce sont des milliers de mariages qui restent dans l'anonymat le plus absolu - Alors de grâce épargnez-nous encore cette autre forme de dictature.
Le peuple ivoirien devrait refuser de payer cette redevance.
ATAR BEN FOSUSI
Quand «Dieu» Lutte contre Dieu
Dans les quatre coins du pays, la grande prière du Ramadan s'est déroulée dans la plupart des mosquées et lieux publics avec la même ferveur d'ensemble car marquant la fin du jeûne musulman. Les fidèles ont prié aux abords des principales mosquées. Il est cependant une réalité indéniable qu'il faille encore construire beaucoup plus de mosquées pour contenir les fidèles dont le nombre ne cesse d'accroître au grand dam des mécontents.
La scène qui s'est produite vendredi 3 mars dernier à l'heure de la grande prière pour les habitants de Port-Bouet SOGEFIHA près de la paroisse Ste Anne qui n'ont pas eu la joie de prier en lieu habituel sis entre l'église et la bande d'immeubles longeant la voie principale. C'est un vaste espace inoccupé et propice à ce genre de réunion. Ils ont été contraints à converger vers la grande mosquée qui affiche complet d'ordinaire le vendredi dès 12 heures 30, celle-ci s'est vue étouffée par des marées humaines venues de partout pour la circonstance.
Parmi elles les refoulés de la place Ste Anne auxquels Madame le maire aurait interdit l'accès sous prétexte de gêner le voisinage. Sur l'esplanade, les fidèles musulmans avaient l'habitude de prier quelques minutes le jour de la fête par le passé : aujourd'hui ils sont devenus gênants aussi bien pour l'église que pour les habitants de la cité mais personne n'a pu être indexé pour édifier cette assertion.
Madame le maire n'ignore pas qu'elle aurait pu lancer un avis de commodo et incommodo pour situer l'importance des incommodités liées au temps de prière et les personnes physiques ou morales affectées par la même raison.
Les musulmans n'ont ni cloche ni grelot pour célébrer Dieu, leur prière est presque silencieuse seul compte l'esprit de communion - et c'est pour cela qu'ils ont encore une fois pu éviter les charges fumigènes et le gaz lacrymogène qu'ils n'ont pas insisté pour prier à cet endroit «sacré» pour eux.
Tant il est vrai qu'aussi difficile soit il de maîtriser la politique dissociée de la religion que l'influence de l'effet de groupe fait perdre de vue aux acteurs, les conséquences des actes qu'ils posent.
Madame le maire :
1°) Ne saviez-vous pas que cette cité compte beaucoup de musulmans ?
2°) Ne saviez-vous pas que des fidèles d'autres confessions religieuses que musulmanes ont l'habitude de prendre d'assaut ce terrain vague à l'occasion de réjouissance ?
3°) Ne saviez-vous pas que les habitants de cette cité toutes religions confondues ont toujours vécu en harmonie ?
4°) Ne saviez-vous pas que les musulmans comme les fidèles d'autres confessions pourraient utiliser cet espace ?
5°) Ne saviez-vous pas que vous frustriez des milliers de personnes auxquelles vous allez peut-être demander votre électorat dans seulement quelques mois -
Mais pourquoi alors :
- susciter des conflits inter-réligieux ?
- créer la suspicion entre les habitants d'une même cité ?
- semer la division dans des groupes homogènes quand bien même ils sont de différentes appartenances religieuses ?
Veut-on mettre en conflit «dieu contre Dieu» pour le triomphe de l'homme ?
Le parcours est jonché d'embûches pour le fidèle musulmans mais seule la fin justifie les moyens./.
CHEICK OUMAR KOTCHA.
Fidèle musulman à
Port-Bouet
Dhoul-Qa'da 1415 H • AVRIL 1995
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REPORTAGE
AJMT VIe MISSION DE PROPAGATION ET DE REVIVIFICATION ISLAMIQUE (MPRI) A AHUA
Après les villages de Kore-Kipra en 1988, Tagoura en 1989 Gbogbam en 1990, Ahua en 1991, Manfla en 1992, l'AJMT (Association des Jeunes Musulmans de Treichville) a organisé du 22 au 25 décembre 1994 la sixième MPRI à AHUA, village situé dans le département de TIASSALE à 139 Kms d'Abidjan Cette mission d'islamisation qui était à son deuxième séjour à AHUA après 1991 a mobilisé 120 personnes. Une équipe médicale dirigée par le Docteur Koita, assisté de deux infirmières et deux aides soignants a apporté son précieux concours à la réussite de l'entreprise l'opération missionnaire dénommée <<RAHMA>> ou MISERICORDE a été essentiellement caractérisée par des oeuvres caritatives (don d'une voiturette à une Handicapée, soins médicaux aux populations d'Ahua et villages environnants etc), de conversion à l'Islam (4 hommes et 6 femmes), de conférences, et de la projection d'un film sur la vie de la sainte RABBIA EL ADDAWIYA et de baptême d'enfants né de convertis de l'année 1991. La journée du 23 décembre 1994 a été marquée par la prière du vendredi Les missionnaires ont en l'occasion d'écouter l'Imam TANOH KOMENAN BAKARY qui dans son sermon a largement évoqué les notions de justice et d'équité illustrant au besoin ses propos par des exemples tirés de la vie du Saint Prophète (SAW), de ses fidèles et vertueux compagnons (RA) ceux-là qui n'ont pas hésité à appliquer à eux mêmes et aux membres de leur famille la charia
<<soyez impartiaux dans vos témoignages fut-ce à l'égard d'un proche>> cor 6 V 52
A la fin de la prière quelques missionnaires et l'imam se sont rendus au domicile de la belle-famille d'un frère musulman, pour une réconciliation avec son épouse. Une causerie religieuse animée par le frère MOHAMED ABDOUL CHAKIR sur le thème de l'unicité de Dieu a clos les activités de cette longue mais laborieuse journée
Le samedi 24 décembre, un groupe de missionnaires a sillonné les villages environnants d'Ahua pour y apporter le message de l'Islam. Dans l'après midi, un match de football a opposé l'AJMT à AHUA. Les visiteurs se sont inclinés devant une équipe revancharde d'Ahua par le score d'un but à zéro. En 1991 l'AJMT avait battu cette même équipe par un score fleuve de 4 buts à 0. Deux causeries ont été animées ce samedi respectivement par BALLO OUSMANE et un ancien chrétien converti à l'Islam, DOUMBIA EUGENE. Le premier a planché sur les épreuves de la vie d'ici-bas. DOUMBIA lui s'est attaqué aux contradictions de la Bible.
Le Dimanche 25 décembre, tous les missionnaires se sont retrouvés pour prendre congé d'avec Ahua. le président de l'AJMT a pris la parole pour remercier tout le village pour l'accueil fraternel qu'il a réservé à la délégation.
L'Imam TANOH lui a emboité le pas en tant que porte parole de la communauté d'Ahua. Il a félicité l'ensemble des missionnaires et a fait ressortir la joie et la reconnaissance des habitants d'Ahua.
C'est sur le coup de 17 heures que les 120 missionnaires sont rentrés à Abidjan après trois jours de travaux spirituellement riches en promesse.
MIR NOURSULTAN
SOURCE : AJMT.
AJMCI - DABOU : Journées culturelles
Le 21 et 22 janvier, le comité communal et sous-préfectoral de Dabou ont organisé des manifestations culturelles à AGBANOU et IROBO, quartier et village appartenant respectivement à la commune et à la sous-préfecture de Dabou. la première phase des dites manifestations s'est déroulée à Agbanou le samedi soir. Elle a été marqué par une activité théâtrale dont le maître d'oeuvre a été la troupe INCH ALLAH. Le public a eu l'honneur de voir une scènette intitulée rivalité ; qui stigmatise les méfaits des <<consultations charlataniques>> effectuées par certaines femmes dans les familles polygamiques, pour enfin conclure de l'incompatibilité de l'Islam avec de telles pratiques fétichistes. Les comédiens ont interprété avec brio la pièce. Pour un coup d'essai, ça a été un véritable coup de maître Il faut noter que la président du sous comité d'Agbanou, dans son discours d'ouverture a mis l'accent sur les problèmes rencontrés par les associations islamiques à Dabou. Il a sollicité à cet effet l'aide des autorités de la SAPH et des invités d'honneur, la marraine Diasso Mariam et Seny Kan, transporteur de Dabou. Ces personnalités ont affirmé que désormais, elles useront de tout leur possible pour être attentives à ces doléances.
Le dimanche 22 janvier, Irobo a accueilli les sous-comités du comité communal. Dans ce village, une conférence ayant pour thème l'importance du Ramadan a été prononcé par OUSTAZ CISSE DJIGUIBA et MOHAMED CISSE Imam du camp militaire d'Akouedo qu'accompagnait THIAM MOKODOU de la communauté de la Riviera. Les dirigeants du sous-comité d'Irobo ont été irrités par l'absence du président du comité communal et ont émis la possibilité de leur retrait du dit comité si le président continue à persister dans ce genre d'erreur.
Une correspondance de OUEDRAOGO MOHAMED
Collaboration : NOURSULTAN.
PROVINCE
PRIKRO Quand le sous-préfet et le Secrétaire général du PDCI mélangent l'Islam et la politique.
En janvier 1995 la L I P C I (Ligue Islamique des Prédicateurs de Côte d'Ivoire) avait entrepris dans la sous-préfecture une campagne de prédication.
Malheureusement les prédicateurs de mission se seraient heurtés au refus du sous-préfet, du Secrétaire général du P D C I et de l'Imam. Ils leur auraient interdit de prêcher parce qu'ils les soupçonnent d'être des partisans d'Alassane OUATTARA. Informé de la situation le C N I a écrit officiellement au préfet de M'BAHIAKRO pour avoir l'autorisation d'aller prêcher à Prikro. Ce qui fût fait. Une équipe de la L I P C I est repartie en mars et elle a pu prêcher. En plus de la prêche, la délégation devait donner des médicaments. Mais refus catégorique du sous-préfet et du S.G du P.D.C.I.
La raison est qu'il faut une autorisation du ministre de la santé avant qu'ils ne prennent les médicaments. C'est la mort dans l'âme que les prédicateurs sont revenus avec les médicaments en espérant que la prochaine fois sera la bonne. Il est dommage que certaines autorités politiques et administratives n'arrivent pas à se démarquer des attitudes rétrogrades du parti unique. Y a-t-il un mal à ce que des prédicateurs soient membres d'un parti autre que le P.D.C.I.
Les prédicateurs sont libres d'appartenir au parti qu'ils veulent. Ce n'est pas un sacrilège. Surtout qu'ils ont dit clairement qu'ils allaient prêcher la parole de Dieu. Le jour où Ils porteront les habits de politiciens, tout le monde le saura parce qu'en Islam l'hypocrisie est un péché grave.
Que Dieu nous assiste afin que sa lumière nous éclaire la voie de la sagesse, du pardon de la compréhension et surtout de la justice.
Correspondance particulière de OUATTARA KOUASSI AHMED de PRIKO.
DHOUL-QA'DA 1415 H - AVRIL 1995
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