Numéro
Alif #25
- Titre
- Alif #25
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- décembre 1994
- numéro
- 25
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation de Côte d’Ivoire
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Idriss Koudouss Koné
- Ivoirité
- Tentative d'enlèvement Idriss Koudouss Koné
- Élection présidentielle ivoirienne de 1995
- Conseil National Islamique
- Intégrisme
- Terrorisme
- Langue
- Français
- A une partie
- Interview de Mr Gbagbo : "Il ne suffit pas de bien conduire pour éviter un accident de voiture"
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001395
- contenu
-
SERVICE
RAJAB 1415 H
ALIF
Mensuel Islamique d'Informations et de Formation
Decembre 94
N° 25
3ème Année
200 F
MENSUEL ISLAMIQUE D'INFORMATIONS ET DE FORMATION DE CÔTE D'IVOIRE
C.N.I.
ASSASSINAT MANQUE DU PRESIDENT IDRISS KOUDOUS KONE
P. 5
COMMENT MANGER POUR BIEN SE PORTER
P. 10
P.P 2-3
CODE ELECTORAL : L'APARTHEID EN CÔTE D'IVOIRE
ZIKR : COMMENT SE PROTEGER CONTRE LES DANGERS DE TOUS ORDRES
P. 4
INTERVIEW
DE GBAGBO LAURENT :
<<il ne suffit pas de bien conduire pour être à l'abri d'un accident de voiture ...>>
P.P. 6-7
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APARTHEID
CODE ELECTORAL :
Le code électoral : le processus d'exclusion a commencé
Quel sens donner à la déclaration du président Bédié lors de son séjour en France où il a pris part au sommet Franco-Africain et au projet de code électoral de 1995 ? Dans le même mois de Novembre 1994, deux contradictions.
Il faut tout simplement désespérer de notre pays la Côte d'ivoire. Les guerres dans le monde ne sont pas une fatalité. Elles procèdent d'une situation d'injustice notoire et d'exclusion de la population. Les exemples cités à longueur de journée ne semblent pas nous émouvoir (la Bosnie Herzegovine, le Rwanda, le Burundi, l'Algérie et plus près le Libéria...). Voici les deux textes contradictoires :
Titre II : Dispositions particulières à chaque election. Chapitre 1 - Section 2 - Article 49 : «Nul ne peut être élu président de la République s'il n'est âgé d'au moins quarante ans (40 ans) révolus et s'il n'est ivoirien de naissance né de père et mère eux-mêmes ivoiriens. Il doit jamais n'avoir renoncé à la nationalité ivoirienne. Il doit, en outre, avoir résidé de façon continue en Côte d'ivoire, pendant les cinq années qui précèdent la date des élections...».
La déclaration de Mr BEDIE en France suite à une question d'un journaliste : Question : est-ce que vous êtes favorable à une force purement francophone ou une force franco anglophone ? Etes-vous prêt à avoir M. Quattara comme potentiel challenger aux élections 95 ?
Réponse de M. BEDIE : «... Vous me parlez de Mr Ouattara comme vous auriez parlé de tout autre candidat potentiel. Je n'ai aucun pouvoir pour empêcher cela. Ce n'est pas mon souci dans la mesure où la constitution reconnaît le droit à chacun de se présenter. Tout peut se présenter comme Mr BEDIE...».
OUATTARA ISSOUF
Le Président Bédié face à la presse diplomatique et eurafricaine
Elections présidentielles 1995 en Côte d'ivoire. Qui sera candidat, qui ne le sera pas ?
A propos des élections présidentielles 1995
CHACUN A LE DROIT DE SE PRESENTER
Réponse du Président Henri Konan Bédié, lors du déjeuner-débat avec la presse, lundi dernier à Paris : «Je n'ai aucun pouvoir pour empêcher toute candidature. Ce n'est pas mon souci dans la mesure où la constitution reconnaît le droit à chacun de se présenter. Tout le monde peut se présenter comme M. Bédié»
Une réponse qui se passe de commentaire, au cours du déjeuner qu'il a offert à la presse eurafricaine, anciennement association des journalistes d'Outre-mer, et à la presse diplomatique. Sur invitation, au départ, de l'une et l'autre. Occasion pour le Chef de l'Etat de parler essentiellement de la Côte d'ivoire.
Questions - Réponses.
(Légende) Face à la presse internationale, le Président a été clair : Tout le monde peut se présenter aux élections.
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ALIF
Mensuel islamique
d'information et de formation
20 BP 575 Abidjan 20
Tél : 37 - 20 - 90
Siège : Cité Fairmon N° 14
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DE PUBLICATION
OUATTARA Issouf
REDACTEUR EN CHEF
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REDACTION
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Siddique KANTE
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MAQUETTE
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DISTRIBUTION
Edipresse
DEPOT LEGAL
N° 2789 du 20 -03 - 92
DECEMBRE 1994
EDITORIAL
DANGER :
L'apartheid en Côte d'Ivoire.
«La constitution ivoirienne est notre boussole».
«La loi fondamentale est notre guide».
«Nous sommes des légalistes, appliquons la constitution pour éviter à notre pays des aventures politiques dangereuses...». Telles sont quelques phrases entendues ça et là et prononcées par les responsables du PDCI pour prendre le pouvoir le 7 décembre 1993. Il y a eu toute une multitude de citations pour expliquer la prise du pouvoir. Passons. Ce sont les mêmes au mépris de la constitution ivoirienne qui voulaient faire voter nos frères étrangers alors que l'un des articles de la loi fondamentale est claire : ne peuvent voter que les ivoiriens. Et pourtant, ils s'étaient empressés d'appliquer l'article 11. Nous voudrions savoir si une loi ponctuelle votée pour un besoin ponctuel et immédiat peut supplanter la loi fondamentale d'un pays. Nos connaissances de profane nous permettent d'en douter. L'article 45 alinéa 2 du code de la nationalité est sans équivoque : «Tout individu dont un parent au moins est ivoirien, est ivoirien». D'où vient alors cette animosité, cette haine vis-à-vis de ceux dont l'un des parents est ivoirien ? Cet acharnement sur les «ivoiriens de circonstance» comme maître Faustin Kouamé l'a rapporté est sans fondement juridique et moral. Pourquoi cet apartheid en Côte d'Ivoire ? Ce code électoral qui fait de certains des ivoiriens de seconde zone et les autres des super ivoiriens car de souche. Les ivoiriens de seconde zone peuvent voter les députés et le Président de la République mais ils ne sont pas éligibles. Les demi-ivoiriens doivent être des «Bara-gnini» et les vrais ivoiriens doivent jouirent pleinement du fruit de leur travail. Comment peut-on être malhonnête et ingrat à ce point ? On fait des comparaisons incomparables. L'Editorialiste de Fraternité matin dans son journal du 24-11-94 pour expliquer et soutenir leur code électoral donne l'exemple d'Henri KISSINGER pour dire qu'il ne briguera jamais le poste de la présidence des Etats-Unis. Ce que Michel Kouamé a oublié de dire aux lecteurs c'est que les américains ont inscrit cet article qui l'exclut dans la constitution américaine. Or, dans le cas précis de la Côte d'Ivoire, la constitution a prévu que tout individu dont l'un des parents est ivoirien est à ce titre électeur et éligible. Et puis qui a dit qu'un ivoirien de souche est plus honnête qu'un ivoirien de circonstance ? Faut-il laisser le pays être géré par un ivoirien de souche même quand c'est un bandit des grands chemins ? Dans ce pays ceux que l'on traite d'ivoiriens de seconde zone ont fait la Côte d'Ivoire. Ils croyaient qu'ils étaient ivoiriens tout court. C'est pourquoi ils ont travaillé sans arrière-pensée. Pendant ce temps certains ivoiriens de souche pillaient impunément l'économie du pays. C'est à cause de leur mauvaise gestion que la Côte d'Ivoire a des difficultés et continue d'en avoir. Ceux qui se proclament héros de notre pays aujourd'hui où étaient-ils en 1990 lorsque le pays au bord du chaos a failli tomber dans la guerre civile parce que Feu Houphouet voulait coûte que coûte diminuer le pouvoir d'achat des ivoiriens. Nous avons le triste souvenir qu'ils s'étaient tous terrés comme des rats dans leur trou attendant que la tempête passe et laissant seul le président Houphouet. Qui est venu aider le vieux à décanter la situation ? C'est bien A.D.O. Au moins ayons l'honnêteté de reconnaître cela. L'ingratitude est l'arme des gens faibles. Dieu n'aime pas les ingrats. Et voici ce qu'il dit des ingrats dans la Sourate 13 Verset 25 : «Ceux qui dénoncent le pacte de Dieu après l'avoir solidement noué, qui rompent les liens que Dieu a ordonné de maintenir et qui sèment la corruption sur terre, ceux-là auront la malédiction et auront la plus mauvaise demeure». Si l'on devait faire le bilan de la gestion de certains ivoiriens de souche, nous pensons qu'on risque de ne pas avoir des candidats aux différents postes électifs. Michel Kouamé qui aime bien les comparaisons devait rappeler aussi qu'aux Etats-Unis ne peut être président, ministre, Directeur que des gens dépouillés de toute salissure. Mr le député de Saïoua souhaite que le pays soit gouverné par les ivoiriens multiséculaires : «... c'est pourquoi nous devons faire en sorte que gouvernent cette Côte d'ivoire ceux qui n'ont pas de point de chute qui brûleront avec elle s'il y avait le feu. Si ceux-là sont au pouvoir, il feront en sorte que la côte d'Ivoire ne brûle pas...» En tout cas pour nous les observateurs en 1990 quand il y a eu le feu à la maison, les ivoiriens de souche avaient abandonné leurs lances de pompiers. La maison a failli brûler, c'est un ivoirien de circonstance qui a éteint le feu. Ce qui se décide aujourd'hui à travers le code électoral doit interpeller les ivoiriens. Les ivoiriens friands des femmes étrangères doivent arrêter de courir après elles.
Il en est de même pour les ivoiriennes. Et puis, pourquoi ne pas étendre cette mesure discriminatoire à tous les postes de la fonction publique et des sociétés privées. Désormais, ne pourront être PDG, DG, DAF, directeurs, proviseurs, inspecteurs, professeurs, instituteurs, policiers, gendarmes, militaires, secrétaires, banquiers, commerçants, dactylographes et autres que les ivoiriens nés de père et de mère ivoiriens. Les ivoiriens de circonstance doivent aller se faire voir ailleurs. Faut-il s'étonner de cette attitude du PDCI ? Nous pensons que non. Elle obéit à leur logique. Conserver le pouvoir par tous les moyens. Le contraire nous aurait surpris.
MAROUF YEO
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FORMATION
LA PAGE DU CONVERTI
Nous avions annoncé dans le numéro 24 que nous allions proposer à nos frères convertis nouvellement à l'islam des sujets pour les aider à mieux appréhender le vrai visage de l'Islam. Nous sommes convaincus que cette page aidera certains frères musulmans à réviser leurs connaissances et à les renforcer. Nous attendons vos suggestions afin d'améliorer la qualité de nos articles. Nous reprenons dans cet article les aspects essentiels de l'ablution.
ALLAH le trés haut attache une importance capitale aux ablutions. Voici ce qu'il dit dans la Sourate 6 Verset 5 : «O vous qui avez cru ! Quand vous vous levez pour la prière, lavez-vous le visage, les bras jusqu'aux coudes et passez les mains sur la tête et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles» et le prophète Mahomed (PSL) renchérit pour dire que la pureté est la moitié de la foi, ou encore la clé de la prière est la pureté Peut-on rentrer dans une maison si l'on n'a pas la clé appropriée ? Aucune prière n'est acceptée par Dieu si elle n'est pas précédée par des ablutions correctes.
-Mérites des ablutions-
Le prophète (PSL) témoigne de la grande valeur des ablutions. Il dit :
«Voulez-vous que je vous indique ce qui absout les péchés et élève en degrés ?
Oui, dirent les compagnons.
- C'est répondit-il, bien faire ses ablutions, là où il est malaisé de les accomplir, parcourir de longues distances pour se rendre aux mosquées et attendre la prière à venir après celle déjà accomplie. Voilà ce qui équivaut à la guerre sainte, voilà la meilleure sauvegarde contre les péchés.
- Quand le musulman fait ses ablutions et se lave le visage, tous les péchés commis par ses yeux tombent avec l'eau. Quand il se lave les mains, tous les péchés commis par elles tombent avec l'eau. Il sort ainsi pur de tout péché.
-Les actes obligatoires-
A)- D'obligation divine :
- L'intention : prendre la résolution d'accomplir les ablutions dans l'intention telle ou telle prière. La valeur d'un acte ne vaut que par l'intention qui l'inspire.
- Se laver le visage qui se limite du haut du front au bout du menton et de l'os temporel droit à l'os temporel gauche.
Dieu dit : «Lavez-vous le visage».
- Laver les mains et les bras jusqu'aux coudes : «Lavez-vous les mains et les bras jusqu'aux coudes».
- Essuyez la tête avec les mains, du front jusqu'à derrière la tête : «Passez-vous les mains sur la tête».
- Lavez les pieds jusqu'aux chevilles : «Lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles».
Il faut observer l'ordre prescrit des actes, exécuter les actes sans interruption car il n'est pas louable de rompre la continuité d'une oeuvre pie déjà commencée.
DES ABLUTIONS
Remarque
Quelques docteurs de la Loi estiment que la friction de la peau pendant les ablutions est obligatoire, d'autres la considèrent semi-obligatoire (Sunna).
A mon avis, elle constitue une partie intégrante du lavage du membre et n'a nullement le caractère d'une règle spéciale.
B) - Actes semi-obligatoires (Sunna)
a) Au début on invoque le nom de Dieu en disant «Bismillah» -au nom de Dieu-.
Le Prophète (S.B. sur lui) dit :
- L'ablution de l'homme est incomplète s'il n'invoque pas le nom de Dieu.
b) Se laver les mains trois fois jusqu'aux poignets avant de les introduire dans l'eau, au réveil.
Le Prophète (S.B. sur lui) dit :
- Quand l'un de vous se réveille, il ne doit pas introduire les mains dans l'eau avant de les laver trois fois, car il ne sait pas où se trouvait sa main pendant son sommeil.
(B & M)
c) Se frotter les dents avec une bûchette d'ARAK.
Le Prophète (S.B. sur lui) dit :
- Si je ne craignais pas d'imposer à mon peuple ce qui lui est pénible, Je l'aurais astreint à se nettoyer les dents à toutes les ablutions avec l'Arak». (Accacias)
(Malek)
d) Se rincer la bouche en remuant de l'eau d'une mâchoire à l'autre et la rejeter ensuite.
Le Prophète (S.B. sur lui) dit : Quand tu fais ton ablution, rince-toi la bouche...
e) Se nettoyer le nez.
Le Prophète (S.B. sur lui) dit : Aspire fortement l'eau, à moins que tu ne jeûnes ! (de crainte d'avaler de l'eau).
f) Démêler sa barbe.
Un jour Ammar Ben Ya'cer démêla sa barbe. Ses camarades en furent étonnés.
Il leur répondit : Pourquoi ne fais-je pas ce que j'ai vu faire par le Prophète ?
g) Laver trois fois chaque membre : une fois obligatoire, et deux fois complémentaires.
h) Essuyer ses oreilles, extérieurement et intérieurement comme le faisait le Prophète (S.B. sur lui).
i) Avoir un soin particulier des doigts et des orteils, les laver et les entrelacer.
OUATTARA ISSOUF
A suivre...
ZIKR
Comment se protéger contre les dangers de tout ordre ?
Nous avons choisi pour vous ce zikr inspiré des mystiques :
4 fois : Yâ Fatâhou. O ! Le Victorieux (Chaque matin et chaque soir).
4 ou 16 fois : Yâ Satârou O ! Le protecteur qui couvre (cache) à la vue des autres nos aspérités (défauts), vices et nous soutient. Après chaque prière)
Récitez ensuite : Yâ Latifou ou Al Latif (9 fois) puis ajoutez-y cette litanie Prophétique, vous serez Inch Allah à l'abri de tout danger de quelque ordre que ce soit et vous obtiendrez ce que vous cherchez, car DIEU (Loue Soit-Il) est celui qui aplanit les difficultés de Ses serviteurs qui ont sans cesse recours à Lui (Loue Soit Il).
O ! Seigneur ! Digne de Tout Respect et de tout Honneur, c'est vers Toi que j'ai orienté mon visage ou ma direction. Tourne vers moi Ton Noble Visage et accueille-moi par le plus clair de Ton Pardon et de Ta generosité tout en me souriant et m'exprimant Ta satisfaction. Je t'implore au Nom de Ta misericorde. O ! Toi le plus Misericordieux des Misericordieux. O ! DIEUX ! Digne de Tout Respect et de Tout Honneur.
Rabbi zal djalâli wal ikram
Laka wadjah tout wadjhi
Faqbil ileya bi wadjhikal karim
Wassraqbini bi mahddi afwika
Wa karamika wa Anta Dâhikoune ileya
Wa Râdine ani Birahmatika
Yâ Arhama Râhimina yâ Allâhou
Ya zal djalâli wal ikrâm
Pour terminer, réciter la Fatiha (première sourate du Coran) et les deux dernières sourates du Coran (113 ème et 114 ème) puis clôturez le tout par une prière sur le Prophète (Paix Sur Lui) soufflez sur vos deux mains et dites -Amine 3 fois. passez sur votre visage (de préférence) à cet instant les yeux fermés.
113ème Sourate : Falaqui
114ème Sourate : Nâssi
C.A.T.
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MINISTERE DE L'INTERIEUR
ACTUEL
ASSASSINAT MANQUE DU PRESIDENT KOUDOUS
La visite du CNI du 4 au 5 Novembre 1994 dernier a Odienne a failli se transformer en un drame national
En effet, à quelques 10 km de la ville d'Odienne, le véhicule qui transportait le président QOUDOUS a échappé de justesse aux balles d'individus non identifiés...
Dans la nuit du vendredi au samedi à 3 h, des individus non identifiés ont tenté d'abattre à quelques 10 km d'Odienné, El Hadj Idris Koné Président du CNI en tirant sur le véhicule qui le transportait.
En plus du président il y avait comme autres passagers l'imam Ali Ouattara de Niangon et le frère Diallo de la Riviera qui était au volant. Cette tournée avait pour but l'installation officielle de la coordination de ladite ville.
Le véhicule du président qui roulait très en avant du reste du cortège, aperçoit soudain un individu qui agite une torche pour demander au chauffeur de s'arrêter, celui-ci tout d'abord commence a ralentir. Mais ayant remarqué qu'il n'y avait ni panneau ni aucun autre signe qui sont visibles à tous les vrais barrages, les occupants du véhicules trouvent bizarre que des forces de l'ordre puissent installer un poste de contrôle sans aucun signe d'identification. Ayant bien sûr à l'idée que les coupeurs de routes deviennent de plus en plus efficaces dans cette région du pays et ayant surtout senti le coup fumant, le chauffeur a continué son chemin voire même doubler de vitesse. Aussitôt, ces inconnus les prennent en chasse. Ils tirent même une première rafale. C'est en ce moment que les occupants de la 405 Break du président Quoudouss voient leurs doutes se confirmer. Réussissant à semer ses poursuivants, la 405 Break fonce à toute vitesse et tombe sur un barrage de police. Cette fois un vrai, avec tous les éléments nécessaires à son identification à plus de 200 m dans la nuit.
La voiture s'arrête, le président Quoudouss en descend, se présente au responsable et lui explique la situation. Celui-ci se réjouit de la présence de Quoudous parmi eux, dont ils sont prévenus d'ailleurs depuis plus d'une semaine.
Tandis qu'ils discutent, le véhicule des poursuivants arrive au poste de police et celui qui semble être le chef du groupe en descend, intime l'ordre au Président Quoudouss de se présenter et d'ouvrir le coffre arrière pour contrôle. Celui-ci se présente mais l'inconnu dans une indifférence totale ouvre le coffre arrière et fouille les bagages, sans y trouver de suspect. Un autre des poursuivants sort de la voiture et se met à charger son arme qui certainement devait être celle qui quelques minutes plutôt avait tiré la rafale. Etant tous habillé de treillis sans aucun signe d'appartenance à un corps officiel, les victimes ni même les policiers ne savent jusqu'aujourd'hui qui ces inconnus pouvaient être.
Avant de monter dans leur voiture et de repartir, le chef lance avec mécontentement : «vous avez eu de la chance !»
Toute cette scène vient de se dérouler sous les regards impuissants des agents de police. La délégation surprise par tout ce zèle d'individus non identifiables, préfère continuer son chemin et aller en ville.
Dès le lever du jour, le préfet Mr KIPRE est saisi. Celui-ci demande au commissaire de se rendre sur les lieux pour constater l'incident. Mais les recherches jusqu'au retour de la délégation devaient rester sans issue.
Une fois à Abidjan, Quoudouss et ses collaborateurs saisissent le ministre de la sécurité qui aux dernières nouvelles aurait ouvert une enquête. Pour permettre aux enquêteurs de mener leurs investigations avec efficacité, nousnous réservons de révéler ce qui est à notre possession comme information.
Dans tous les cas, cette enquête sera suivie au fur et à mesure, pour l'information de nos lecteurs.
BOSYHA
KOUDOUS Idriss Kone, President du CNI
LA PEUR D'ÊTRE SEUL
"J'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose qui est de ne savoir demeurer en repos, dans une chambre".
Ce que disait Pascal, ce génie singulier, en plein XVIIe siècle, demeure d'une brûlante actualité.
L'homme, laissé à lui-même, dans le silence, chez lui, sans distraction, sans divertissement, se morfond, s'effraie. Il voit soudain la misère de sa condition, le mal qui lui peut advenir, les menaces de la maladie et de la mort - Nul ne saurait y échapper - le vide immense, infernal, de son coeur pétri d'angoisse.
De là, en son temps comme dans le nôtre, ce besoin de bruit, de visites, de spectacles, de déplacements, de voyages, de manifestations sociales...
Au XVIIe siècle, on se précipitait à la chasse, pour une folle chevauchée ; on se rendait aux armées pour des conquêtes sur les territoires et peuples, les voisins ; on prenait la route ou les vents pour l'aventure...
Aujourd'hui, on vogue dans les airs, on fait son tour du monde, on se passionne pour des faits de société ou le sport ; surtout et c'est radicalement nouveau, il n'est plus nécessaire, pour se divertir, de quitter sa chambre ; c'est le monde entier, par le biais de la télévision, qui fait irruption en elle, avec sa musique, son vacarme, sa violence. Mais cette violation de domicile ôte-t-elle à la solitude son épouvante ? On le voudrait.
En fait, cette peur d'être seul, livré à ses pensées, à ses craintes, à ses remords peut-être, est l'indice d'un mal être, d'une difficulté à vivre inguérissable. Le remède, ce serait d'être habité par une tranquillité d'esprit si royale, si pleine, si maîtresse d'elle même que la joie, la paix, le repos tout naturellement en découleraient.
Mais comment y parvenir ? Comment trouver, au coeur même de ce monde, aussi désespéré que désespérant, nuit obscure dont on ne sort pas, la voie salutaire, l'issue ?
A vrai dire, dans cette affaire, la plus grave qui soit, le point sensible, le lieu déterminant, on pourrait dire fatal, où tout se joue quant à la destinée de l'homme, c'est l'orientation de son regard intérieur. S'il n'a plus, à l'horizon de la pensée et de sa vie, cette ancre de salut où accrocher son espérance, que peut-il faire sinon jeter au ciel un "à quoi bon" sceptique ? L'existence, pour lui, n'a plus de sens, il lui faudrait un modèle, un inspirateur.
Dieu, pourtant, existe. N'a-t-il pas envoyé les prophètes et à travers sa parole, pour ouvrir à l'humanité la vie ? N'est-ce pas en lui qu'on peut désormais trouver, et en lui seul, dans le silence d'une chambre que nul média ne vient trouiller, la ferme assise et l'équilibre ? Et ne vient-il pas, pour qui lui ouvre la porte, remplir sa solitude ?
Mory MEITE
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INTERVIEW DE Mr GBAGBO : «Il ne suffit pas de
A l'occasion du séminaire du FPI sur le monde musulman, ALIF a rencontré en même temps que son confrère " PLUME LIBRE ", le secrétaire général de ce parti pour avoir plus de précision à propos de cette initiative. Avec Laurent GBAGBO, le FPI nous a donc dévoilé la politique de l'Islam et des musulmans.
PLUME LIBRE
ALIF : Si vous deviez vous présenter à la communauté musulmane, sous quel profil ou angle souhaiteriez-vous qu'elle vous découvre ?
L. G. : Ca c'est bien compliqué. Mais enfin, je suis GBAGBO Laurent comme vous savez. Mais je sais que vous voulez quelque chose de plus. Je pense que ce qu'il faut dire, ce qui me semble important dans ma vie et qui me caractérise. Je suis de père et de mère Bété de Gagnoa dans la s/p de Ouragahio. Je ne suis pas villageois. Aussi bien mon père que moi-même sommes des citadins, nous ne sommes pas des paysans comme beaucoup d'ivoiriens. Mon père a grandi à Gagnoa au moment de la pénétration coloniale chez nous c'est vers 1912 que mon père est né exactement en 1914. Il est donc parti avec sa maman à Dabou d'où il s'est retrouvé à Tabou où il a arrêté ses études pour se consacrer à des petits métiers dans les villes. A 21 ans il décide d'aller dans l'armée. Il se retrouve donc à Dakar et avec le grade de sergent à la fin de sa carrière militaire, il est sous-officier de réserve. Il est donc immédiatement rappelé sur le front lors du débarquement de Normandie où il se bat contre les allemands. A son retour il replonge dans les petits métiers par-ci par-là. Tout ceci pour vous dire qu'il n'a jamais eu le temps d'être un paysan contrairement à beaucoup de gens de ma génération dont les parents sont des paysans, donc qui ont grandi avec un enracinement dans le terroir qui peut avoir un côté positif s'ils deviennent instruits dans leur terroir mais ce qui peut avoir aussi un côté négatif s'ils deviennent obtus. Mon père est un citadin. Ma soeur et moi-même avons donc grandi dans ces conditions-là. Moi je suis né à Gagnoa, ma soeur est née à Treichville. Et nous avons grandi en ville qui était donc notre cadre d'évolution. Je rappelle que dès l'âge de 8 ans je n'étais plus avec mon père. Comme il était devenu entre temps policier on l'affectait un peu partout et pour nous fixer, à Gagnoa j'habitais chez un homme, un policier qui était attié et dont la femme était Baoulé. Après je suis allé habiter chez la famille Soumaré de Gagnoa où j'ai eu mon CEPE. Le vieux Soumaré ne vit plus mais son ancienne femme est encore là, et sa fille aussi. C'est d'ailleurs cette dernière qui est la mère de mon chauffeur Daouda Diaby. Vous pouvez demander à Malick s'il était présent à l'époque. Voilà les personnes qui ont participé à mon éducation. Mais une éducation urbaine. Mais dans les quartiers pauvres. En même temps j'ai été élevé dans un milieu de militant où on sait qu'on a rien gratuitement et que tout se gagne. J'avais deux ans en 1947 quand mon père a pris sa première carte du parti socialiste. Il a toujours milité pour avoir le peu qu'il a. La seul chose qu'il a pu nous inculquer c'est que sur la terre, il n'y a rien de gratuit donc il faut toujours se battre. Ma mère étant une commerçante, elle voyageait beaucoup. Ce qui l'a emmené à parler couramment le Baoulé et le Dioula. Voilà donc ma famille mes soeurs et moi sommes Bété par l'ethnie et Ivoirien de culture.
PLUME LIBRE
ALIF : En fonction des dispositions actuelles de la communauté musulmane qu'elle image voudriez-vous lui communiquer et que pensez-vous du traitement qui lui a été réservé depuis l'indépendance jusqu'à aujourd'hui ?
L. G. : Ecoutez, ce séminaire là m'apprend beaucoup de choses car on ne sait jamais tout. Je vous l'ai dit, j'ai grandi dans les villes mais ce sont des villes de la Côte d'Ivoire forestière ce sont Abidjan, Agboville, Gagnoa et Daloa-Issia. Donc l'idée que j'avais avant d'être un responsable politique, je dirai même pas du musulman mais du dioula, c'était l'idée qu'on a dans ces régions c'est-à-dire c'est un commerçant. Avec tout ce que cela a de positif. Parce que si tu n'as pas de pétrole il t'en vend. Mais avec tout cela a de négatif c'est-à-dire que c'est un roublard aussi. Donc mes responsabilités politiques m'ont emmené à apprendre déjà parce que dialectiquement une communauté humaine ne peut pas être faite de gens tout noir ou tout blanc donc il faut apprendre à les connaître. C'est pour apprendre à connaître la Côte d'Ivoire que nous avons entrepris ces tournées que nous effectuons. Je dois faire toutes les régions du pays. En ce qui concerne le Nord, j'ai déjà fait tous les départements sauf quatre qui me reste à savoir Bondiali, Tengrela, Katiola et Dabakala.
Alors étant un fils des quartiers populaires des villes coloniales, je suis forcément un homme tolérant. Je n'ai jamais été mêlé à une intransigeance doctrinale au niveau religieux puisque ce n'est pas notre préoccupation. Je me souviens avec les Soumaïla Savané à Gagnoa, quand nous avions faim, les soirs nous allions tous réciter des Sourates dans les cours pour qu'on nous donne à manger quelques fois les restes des plats ou quelques pièces de 5 F ou 10 F. De la même façon je l'ai fait avec d'autres qui sont chrétiens. Donc avec un tel parcours on est forcément tolérant. On n'a pas le temps d'une guerre de religions. Ca c'est la première des choses. La deuxième chose c'est que l'Islam n'est pas connu en Côte d'Ivoire. Il y a beaucoup de musulmans, de signes extérieurs de l'Islam : les grands boubous, les mosquées, il y a les départs à la Mecque et maintenant des émissions radio et télévisées. Ces signes extérieurs sont côtoyés tous les jours sans qu'on les connaissent sans connaître aussi ceux qui les portent.
Dans mes tournées, j'ai été frappé par une chose en discutant avec les gens, quand on a demandé à connaître leurs besoins. Quant ils ont parlé d'abord de la réhabilitation de l'Islam et du musulman, j'ai été étonné. Je m'attendais à ce que soit mise en tête une préoccupation matérielle. Mais cette préoccupation idéologique, cette préoccupation de l'identité a retrouvé... mais les gens à Abidjan ne savent pas que c'est une revendication primordiale. Et je voudrais que les musulmans sachent que j'ai compris cela depuis 1991 et en écoutant des gens comme KALILOU Diaby de Samatiguila, les familles Chérif et Fofana de Kani, j'ai commencé à comprendre que cela n'était pas un petit problème qu'on peut régler avec quelques billets de Banque. Il faut que les gens sachent cela. C'est pourquoi je vous dirai qu'on ne connaît pas les musulmans de Côte d'Ivoire.
P. L. : Pensez-vous donc que le traitement de la part du pouvoir de l'Islam émane de cette ignorance ?
L. G. : Non, l'un des exposés tout à l'heure a été clair et ça m'a moi-même appris beaucoup de choses, les traitements douaniers sous la colonie. Mais il faut dire qu'au moment de la pénétration coloniale, les grands résistants en Afrique de l'Ouest ont été des musulmans, l'Almamy Samory Touré, Ousmane Dan Fodjo, El Hadj Omar, etc... Parce que l'Islam est une religion révélée de la même source géographique et de la même force idéologique. Donc quand les colonisateurs ont gagné, ils ont appliqué un certain nombre de traitements... que ce soit dans la colonisation anglaise qui a été un peu plus simple après. Mais dans la colonisation française il y a eu beaucoup de problèmes surtout en Algérie où on parlait d'assimilation. Or quand on parle d'assimilation, on séduit aussi idéologiquement, c'est-à-dire du point de vue de la religion on réduit l'autre à soi. Or les indépendances ont reconduit ces dispositions. Au lieu de faire une révolution et remettre tout à plat, pour faire une véritable égalité entre les religions et aboutir à un état laïc. On peut comprendre les colonisateurs. Ils viennent d'un pays où ils étaient à 80 % chrétiens quand ils sont arrivés ici. Mais on ne peut pas comprendre les ivoiriens, on était pas à 80 % chrétiens à l'indépendance. Vous comprenez ce que je veux dire. C'est pourquoi d'ailleurs nous faisons toutes ces tournées, pour comprendre, pour connaître et si demain nous avons une parcelle de pouvoir pour rétablir la justice. Parce que ce qui nous fait courir, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, c'est qu'un pays où il n'y a pas de justice est un pays qui éclate. Ca peut éclater à propos de problèmes électoraux, mais ça peut éclater aussi à propos d'autres problèmes. Le Rwanda ce n'était pas des problèmes électoraux. Mais ça peut éclater à propos d'une communauté qui se sent brimée par rapport à d'autres, cela peut entraîner loin. Il faut prévoir. Gouverner c'est prévoir. Nous apprenons aujourd'hui, nous apprenons maintenant pour que demain si nous avons une parcelle de pouvoir, pour que nous puissions effectivement faire un état laïc et puis chacun applique sa religion.
ALIF : Nous avons des appréhensions. Quand on vous écoute nous sommes très satisfaits. Une lecture des événements nous rend un peu amères. En remontant à la colonisation nous remarquons que les plus grands résistants étaient tous des musulmans. Et ceux-mêmes qui ont favorisé la colonisation étaient de confessions chrétiennes. Après l'indépendance, les lois chargées de brimer l'Islam ont été reconduites parce qu'elles pouvaient empêcher le transfert de ce qui restait comme ressources du Sud au Nord. A la fin on se dit que votre discours est plus électoraliste que un message vrai.
L. G. : D'abord je voudrais dire qu'il y a une erreur dans votre constat. Les peuples non-musulmans dans la Côte d'Ivoire pré-coloniale n'étaient pas chrétiens. Ils ont été chrétiens avec la colonisation, donc ils étaient animistes. On avait deux côtés en Afrique de l'Ouest en général.
On avait d'un côté les peuples totalement islamisés ou à moitié islamisés et d'un autre les peuples animistes. Donc je crois qu'il n'est pas juste de dire que les peuples qui étaient chrétiens ont favorisé la mainmise du colonisateur. Mais la christianisation est une des conséquences de la colonisation, ce n'est pas une cause de la colonisation. Deuxièmement sur l'autre aspect de votre inquiétude, je ne peux rien dire parce que, quand un homme politique parle à un moment ou des échéances électorales approchent, c'est évident qu'il est suspect. Comme c'est un sujet trop important pour en faire de la polémique, je vous demande seulement d'observer. Et si un jour nous avons une parcelle de pouvoir, reposez-moi la question. Mais ce n'est pas le seul problème, c'est dans tous les domaines.
Les gens se posent la question de savoir si vous êtes une fois gouverné... Et ce n'est pas seulement en Côte d'Ivoire. Quand vous êtes dans l'opposition, il n'y a pas de repères pour qu'on vous saisisse ; donc même quand vous annoncez des choses qui sont correctes, tant que vous n'avez pas encore gagné, les gens se méfient un peu. Donc je comprends votre méfiance, mais je crois quand même que nos actes plaident pour nous. Depuis que la politique de type moderne est introduite en Côte d'Ivoire c'est-à-dire depuis 1945, nous sommes les seuls à faire ce que nous faisons. Ce sont des actes. Parce que nous n'avons pas les rênes du pouvoir, donc nous ne pouvons pas prendre les décisions qu'il faudrait effectivement pour établir l'égalité des cultes et établir le caractère laïc de nos cultes, donc nos actes plaident quand même pour nous par rapport à tous ceux qu'on a connu en Côte d'Ivoire comme faisant la politique, passés ou présents. C'est tout ce que je peux vous dire.
ALIF : Justement à propos de ce séminaire, la communauté musulmane attend en ce moment qu'il y ait un certain nombre de propositions. Qu'est-ce que vous lui proposerez donc au sortir de ce séminaire ?
L. G. : Ce séminaire a deux objectifs. Le premier c'est d'abord pour nous instruire nous-mêmes. C'est important. Vous ne pouvez pas travailler sur un sujet que vous ignorez. Or au fur et à mesure que nous avons travaillé aussi bien dans la partie Nord de la Côte d'Ivoire que dans les villes forestière où il y a de fortes communautés musulmanes, nous nous sommes rendus compte que nous ne connaissions pas nos compatriotes musulmans et que nous ne connaissions pas l'Islam. Voilà d'où est venu l'idée de ce séminaire. Et comme Soumahoro l'a dit, nous avons organisé un séminaire à Daloa sur "les freins au processus de démocratisation" et Soumahoro a fait un exposé. De là, ceux qui considéraient que l'Islam était le frein, il a démontré que ce n'était pas le cas et que c'était même un vecteur de la liberté. On a donc décidé depuis ce temps de faire un séminaire sur l'Islam. Donc c'est d'abord pour nous instruire. Moi-même je connais en gros les grandes familles islamiques du Moyen-Orient les chiites, les sunnites, etc. Ici j'ai appris qu'il y a d'autres familles... et je suis en train d'apprendre. Le deuxième aspect c'est que avec nos militants qui sont de confessions musulmanes, s'il y a des aspects sur lesquels il faut qu'on se batte pour attirer l'attention de l'Etat, nous le ferons. Dès 90 quand on nous a signalé cette injustice au niveau de la représentation diplomatique. Nous n'avons pas attendu ce séminaire. Nous nous sommes battus, nous n'avons pas attendu que les musulmans viennent, viennent. Cela oblige les gens à se réveiller et à nommer un musulman ivoirien ambassadeur à RYADH. Mais ce n'est pas suffisant parce que si maintenant on peut encadrer les ivoiriens qui vont au pèlerinage là-bas c'est une bonne chose. Mais il faut leur permettre de faire leurs papiers ici et de ne plus aller chercher des visas au Mali, au Sénégal ou en Guinée, donc il faut forcément une ambassade et même des consulats sur place. Donc ça on a commencé à le faire. Nous attendons de ce séminaire de voir s'il y a d'autres choses qu'on peut faire, on le fera, d'autres combats qu'on peut mener, on les mènera. Je dois dire que je parle aujourd'hui de l'Islam mais ce n'est pas l'Islam seulement. Chaque fois que nous revenons d'une rencontre et qu'il y a des problèmes à résoudre, nous nous mettons à nous battre. Et souvent la presse en rend compte comme des sujets de la navigation. Le conflit agriculteurs-éleveurs. Donc quand nous allons rencontrer des gens qui nous soumettent des problèmes, s'il y a des problèmes pour lesquels nous pouvons nous battre, nous le faisons immédiatement si non le reste nous les mettons dans nos dossiers pour le jour où...
PLUME LIBRE : Pour coller à l'actualité que pensez-vous du réveil de l'Islam en Côte d'Ivoire et Pensez-vous réellement qu'il y ait menace d'intégrisme en CI ?
L. G. : D'abord je voudrais dire que je suis parti en exil en 1982. A mon retour en 88, j'ai été frappé par d'une chose. Au moment où je partais, la foi religieuse que ce soit chez les chrétiens ou les musulmans était en veilleuse. C'est une chose qui me choquait, surtout chez les intellectuels c'était même de bon ton que de se montrer un peu athée. Moi je ne porte pas de jugement mais je constate. A mon retour en 88 j'ai vu qu'il y avait un renouveau dans la foi, dans le monothéisme. Là, je me suis rendu compte que chez les chrétiens il y avait une multiplication de ce qu'on appelle les sectes, je n'aime pas beaucoup ces appellations, chez les musulmans, les gens ont commencé à
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INTERVIEW
bien conduire pour éviter un accident de voiture ».
GBAGBO
s'organiser, les jeunes n'avaient plus honte d'aller à la mosquée nos collègues de la même façon que nous nous allions à l'église, allaient maintenant à la mosquée tranquilles. Donc il y a un renouveau de la foi religieuse. Je n'ai jamais cru à une menace intégriste Mais je voudrais rappeler que pour moi c'est la politique qui est importante Pour ne pas qu'il y ait des violences d'origine religieuse parce que moi je ne suis pas complexe Pour parler de toutes ces questions parce que je me sens en paix avec moi-même Je n'ai jamais offensé une religion et puis j'ai grandi avec des gens qui sont d'horizons divers. Mais quand on crie on traîne on ne peut pas expliquer l'apparition de l'Ayatollah Khomeiny et des autres positions qu'ils ont adoptées si on veut faire la politique de REZA Palavi le Shah d'Iran. Les phénomènes humains agissent comme des balanciers. Si vous êtes restés corrompus trop longtemps, il arrive forcément un jour ou un justicier apparaît qui veut tout corriger. Et il se peut qu'il aille à l'extrême.
Regardez tout près de nous au Ghana, les gens étaient tellement corrompus, Jerry Rawlings est venu. Il en a fait tuer un bon nombre. S'il était musulman, les gens allaient crier, que c'est un intégriste. Or ce n'est pas une question d'intégrisme. Donc chacun se sert des instruments qui sont à sa disposition pour purifier la société dans laquelle il vit. Chez les uns, Jerry Rawlings par exemple ce fut les armes parce qu'il est militaire, chez d'autres comme l'Ayatollah Khomeiny ce fut l'arme idéologique de l'Islam parce qu'il est musulman. En Algérie, on crie contre le FIS. Mais moi je pense qu'il faut être clair. Ou bien les partis politiques fondés sur la religion sont interdits ou bien ils ne le sont pas. Moi, je souhaite qu'ils soient interdits pour éviter les situations de ce genre. Mais ce n'est pas le FIS QUI s'est imposé. Il a fait une demande de reconnaissance et le gouvernement d'alors lui en a donné l'autorisation d'exercer. Ils vont aux élections que le FIS remporte et ensuite on lui dit que ce n'est pas normal parce que c'est un parti religieux. Vous voyez-là que c'est la politique. Quand dans sa politique on n'est pas clair et qu'on la met dans des cul-de-sacs or on sait que les cul-de-sacs on ne s'en sort que par la violence. La violence, les analystes sommaires veulent l'attribuer à un tel ou un tel. Mais il faut regarder dès le départ. Si le FLN n'avait pas tant échoué, n'avait pas tant tergiversé après avoir été la fille de la révolution, si il n'avait pas voulu dans son tâtonnement voulu tout et son contraire c'est-à-dire un parti religieux et son contraire, on n'aurait pas cette situation en Algérie.
ALIF : Quelle est votre position sur le principe du contrôle des identités autour des lieux de culte, suite bien sûr aux événements de la mosquée d'Abobo ?
L. G. : Notre parti a pris position sur ce problème et croyez nous ce n'est pas un problème électoraliste parce qu'en 1990 déjà quand Alassane Ouattara avait institué la carte de séjour, nous avons été le seul parti à dire que c'était dangereux. Parce qu'une carte de séjour on l'institue pour contrôler le flux et le reflux des étrangers. A partir de ce moment-là, c'est conjointement le ministère des affaires étrangères et le ministère de l'intérieur qui l'instituent. Et là, il y a des règles précises. Or là c'est le ministère de l'économie et des finances, en fait c'était un impôt supplémentaire, on se dit qu'avec 4 millions d'étrangers si chacun paye 5 500 F voilà ce que cela peut nous donner. C'est un impôt supplémentaire qui frappe une partie de la population.
Voilà l'analyse de départ. Mais je pense que cela n'a pas été assez loin, mais alors pour la contrôler, je suis moi, curieux de savoir qu'on ne recherche les étrangers qu'auprès des mosquées. C'est ce qui est une insulte, non pas seulement aux musulmans mais également au républicain que je suis. Je pense que c'est injuste du point de vue des lois républicaines de soupçonner une communauté plutôt qu'une autre. Parce que à force de soupçonner de telle manière, cela emmène des catastrophes Hitlériennes de génocide contre les Juifs parce qu'on soupçonne une communauté. Mais tout au long de la frontière du Ghana il y a aussi des étrangers et ils ne sont pas musulmans. Tout au long de la frontière du Liberia, chez nous il y a des étrangers, mais ils ne sont pas forcément musulmans. Mais le fait qu'on recherche les étrangers auprès des mosquées, ça veut dire qu'on confond "Dioulas", "musulmans", "intégristes", "étrangers", "terroristes". Et quand un Etat fait ces confusions, c'est dramatique, parce qu'il a les moyens de ne pas faire ces confusions. Voilà pourquoi nous nous élevons contre de telles pratiques parce qu'on ne voudrait pas une guerre civile dans notre pays. Or les gens sont assez légers. Ils posent des actes et ils viennent apiè cela demander pardon à la télévision. L'acte que vous avez posé, la blessure même si la plaie guérie, la cicatrice reste, nous nous ne voulons pas qu'il y ait des cicatrices. Or la carte de séjour a été institué contre notre gré. C'est devenu une loi de l'Etat et donc s'ils veulent la contrôler nous demandons que cela se fasse de manière plus égalitaire. Mais cela pose un autre problème qui est celui de la manière de travailler de nos forces de l'ordre. Ca c'est un vieux problème duquel je ne voudrais pas parler maintenant. Mais j'ai toujours dit que les forces de l'ordre travaillent avec des méthodes qui ne me conviennent pas, comme si la brutalité était une méthode de travail.
ALIF : Est-ce à dire que si demain le FPI venait au pouvoir, il remettrait en cause l'institution de la carte de séjour ?
L. G. : Nous allons voir parce qu'aujourd'hui, il est patent que même ceux qui ont institué la carte de séjour se sont rendus compte de son échec sur le plan des finances publiques parce que c'est uniquement pour les finances publiques qu'ils l'ont instituée. Et même les instruments qui ont été achetés pour faire les cartes de séjour n'ont même pas pu être remboursés par ce qu'ils ont eu. Donc sur ce point-là, c'est un échec. Car un impôt qui ne rapporte pas ce qu'on attend de lui, n'est plus utile.
Là, nous aurons les mains plus libres pour agir. Notre grand problème à nous, ce pourquoi d'ailleurs nous nous étions opposés à cette carte de séjour, c'est qu'il faut nous dépêcher de créer un parlement Ouest-africain ça c'est vraiment un de nos chevaux de bataille. Les problèmes de vote des étrangers et autres, voyez, tous les problèmes se tiennent. Avec les pays de la CEDEAO nous pouvons mettre sur pied un parlement Ouest-africain élu au scrutin proportionnel dans chaque pays. A partir de ce moment-là, si nous mettons ensemble les problèmes de douanes, d'économie, de fiscalité et même de monnaie commune, nous pouvons créer une citoyenneté commune dans la zone Ouest-africaine avec un ensemble variant entre 200 millions d'habitants si on prend en compte le Nigeria ou un peu moins si on ne prend pas en compte le Nigeria. A partir de ce moment-là la carte de séjour disparaît. Dès l'instant où nous adoptons une citoyenneté Ouest-africaine qui donne un certain nombre de droits à chacun s'il n'est pas chez lui, on fera d'autres papiers qui ne seront plus la carte de séjour. Un papier qui me permettra de m'installer à Zinder, à Dakar et qui permettra aussi aux autres de s'installer à Ouragahio ou à Touba. Donc voilà un peu notre vision de l'Afrique de l'Ouest.
C'est pourquoi quand les gens parlent de carte de séjour nous sommes un peu réticents car nous avons une vision plus large, nous pensons que nos économies ne peuvent pas s'en sortir aujourd'hui toutes seules. Donc il faut regarder plus large et cela nous résoudrait pas mal de questions.
PLUME LIBRE : Selon vous est-ce que les hommes politiques ne seraient pas ceux-là même qui alimentent les rancoeurs entre les populations ?
L. G. : Moi, je ne crois pas à cela. Mais je crois plutôt aux méthodes de gouvernement. Regardez toutes les villes forestières, elles abritent chacune une forte communauté de musulmans. Avez-vous déjà entendu parler de guerre entre les populations ? Jamais, tout le monde cohabite. Chez moi l'Imam est un Bété de mon village qui est devenu musulman et cela n'a dérangé personne, à côté des chrétiens et animistes. Mais si au niveau d'actes précis, comme le contrôle des pièces d'identité on va vers les mosquées, ça c'est vers celui qui envoie les policiers vers la mosquée qu'il faut tourner le regard. Ce n'est pas les populations ce serait depuis longtemps que vous auriez eu des bagarres dans pratiquement toutes les villes du pays. Mais c'est quand les forces de l'ordre doivent intervenir pour le contrôle des identités qu'elles vont vers les mosquées. Donc c'est là que se situe le problème. Qui est ce qui donne l'ordre et quelle en est la nature ? Qui leur a donné l'ordre d'aller vers les mosquées et pourquoi celui-là leur a dit d'aller vers les mosquées ?
Car nous le savons un policier ne peut pas tout seul décider d'aller vers une mosquée. Il obéit toujours aux ordres de ses supérieurs. Quel est donc le supérieur qui a donné cet ordre et pourquoi l'a-t-il donné ?
PLUME LIBRE : Ne croyez-vous donc pas à un complot de la part de l'Etat ? Car beaucoup de musulmans ivoiriens sont inquiets.
L. G. : Moi je ne suis pas si inquiet. Mais je suis inquiet de la dérive autoritariste du pouvoir et de la manière dont on met à l'index certaines populations. Depuis que ADO a été premier ministre, un homme dont j'ai combattu la politique et s'il était au même poste et qu'il refaisait la même politique je recommencerais à la combattre, avec la même vigueur parce que dans beaucoup de points j'estime que sa politique était trop conservatrice, il était contre les intérêts des populations. Mais le problème n'est pas là. Mais depuis que les compétitions au sein du PDCI ont commencé, comme ils n'avaient pas d'arguments, ils ont utilisé l'arme de la nationalité en l'accusant d'étranger et ensuite ils ont conclu qu'étant du Nord, tous les nordistes le soutenaient mais contre qui ? Et vous avez vu des gens qui occupent des hauts postes, écrire des articles honteux. Donc c'est la compétition politique au sein du PDCI, entre deux hommes, qui a entraîné les partisans des uns et des autres à cet état de fait. C'est donc mon analyse de la situation. Et je dis que cela n'est pas saint et ce n'est pas du tout à encourager. C'est des raisons pour lesquelles nous avons organisé ce séminaire. Pour comprendre, connaître, de ne pas nous trouver en porte-à-faux, en train de soutenir des gens qui font une politique fasciste. Mais je crois qu'il ne faut pas aller chercher ailleurs, parmi les paysans ni parmi les commerçants ou autres, c'est du point de vue de la conquête du pouvoir d'Etat que les gens pour mettre un de leurs rivaux c'est-à-dire ALLASSANE, hors-course ont échafaudé un certain nombre d'anathèmes, comme nous-mêmes à un moment donné nous avons échafaudé tout un tas d'anathèmes. Mais quand la main du Bon Dieu est quelque part, ça réussit toujours. Nous avons même échafaudé des plans pour ne pas que nous soyons là pour 95. Mais ils ont donc échafaudé des anathèmes vers la fin de la vie de HOUPHOUET, des anathèmes quelque fois amusants et sans dangers et d'autres fois dangereux contre ALLASSANE OUATTARA. C'est là qu'il faut chercher les grains du mal et non pas ailleurs.
ALIF : Des éléments du FPI se tirent dans les pattes à travers des organes de presse qui ne sont pas les leurs. Je veux parler de cette affaire entre Ali KEITA et Raphaël LAPKE. Qu'en pensez-vous en tant que secrétaire général ?
L. G. : Je vous répondrai par ceci. Quand vous conduisez votre voiture, il ne suffit pas de conduire bien, de conduire sagement, d'être à droite et de rouler à 60/h, cela ne suffit pas pour vous mettre à l'abri d'un accident car après toutes ces précautions, quelqu'un peut venir vous accrocher. Je ne voudrais pas entrer dans les détails de cette affaire parce que je ne veux pas en parler ici. Mais c'est tout ce que je peux vous dire.
INTERVIEW réalisée par
ALIF (OUATTARA Issouf et Sylvain HASSAN BOZA)
PLUME LIBRE ( Koné ZAKARIAH et DAOUDA BAKAYOKO)
QU'ALLAH NOUS PROTEGE
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PARTIALITE
PREDICTION
Pourquoi les musulmans de CI ont-ils toujours été considérés comme des étrangers ?
Depuis toujours, je me suis posé les questions de savoir pourquoi le pouvoir (PDCI) a toujours considéré les musulmans de Côte d'Ivoire comme des étrangers ? Pourquoi a-t-on toujours frustré notre communauté ?
Ces questions ont eu leur éclairage à mon esprit après la conférence de presse qu'a donnée le Président Henri KONAN BEDIE le lundi 14 novembre 1994 à l'invitation de la presse diplomatique après le sommet France-Afrique de Biarritz.
En autre propos grave, j'ai entendu notre Président dire ceci «la proportion de la communauté musulmane est de 40 % de la population ivoirienne Celle de la communauté chrétienne est de 37 % et le reste est constitué par les animistes c'est-à-dire les religions traditionnelles africaines. Mais sur les 40 % de musulmans, les nationaux ivoiriens représentent à peine 15 %...»
A l'écoute de ces propos, je venais d'être sorti de ma longue période de doute. Or donc les nationaux musulmans ne représentent que 15 % de la population ivoirienne. Et si cette donnée était vraie, pourquoi s'embarrasser de Salamalek avec cette couche minoritaire qui, avec le retrait du droit de vote des étrangers, ne pourra plus peser de son poids dans les échéances électorales à venir. Tel est certainement le maladroit calcul politique qui justifie toutes les méprises, frustrations et humiliations qu'a subies notre communauté.
Sans nous lancer dans une guerre des chiffres ici faire deux rappels :
1) Voici d'autres chiffres officiels lancé par le ministre Patrice Kouamé alors ministre de la fonction publique le vendredi 12 mars 1993 à Radio - CI. Population musulmane 39 % Population chrétienne 27 % Animistes 17 %
2) Le président du CNI l'a dit lors de l'accueil des pèlerins de Yopougon et nous voulons le redire avec lui pour que ceux qui ont des oreilles écoutent et enregistrent une bonne fois pour toute qu'en Côte d'Ivoire ici, aucun maire, aucun député et même aucun président de la République ne peut se faire élire sous le soutien des musulmans»
Abdoul Qasim
Ce que l'Afrique vit aujourd'hui comme situation sinistrée avait été prévue en 1963 par Dr KWAME NKRUMAH lors d'un discours. Suivez. 32 ans après on a l'impression que le discours date d'aujourd'hui.
Je ne doute pas de notre succès. Mais nous avons devant nous des années de peine et de persévérance, de restrictions et même de privations. Nous avons à nous arracher aux griffes de l'impérialisme économique et à protéger notre liberté. En même temps nous devons travailler sans relâche à la complète libération et à l'unité de l'Afrique.
«En fait, ces objectifs sont étroitement liés. L'impérialisme reste une force considérable en Afrique. Il contrôle notre économie, il couvre le monde de ses filets économiques, politiques, culturels, universitaires, militaires, et de ses réseaux d'espionnage. Devant l'indépendance croissante de l'Afrique, il a commencé, et persistera à prendre des formes nouvelles et plus savamment déguisées. Il utilise, et continuera d'utiliser, les diverses associations culturelles et économiques que le colonialisme a imposées aux Africains avec leurs anciens maîtres. Il crée des Etats-clients, qu'il téléguide. Comme il a déjà commencé à le faire, il présentera sous un faux jour le nationalisme et le besoin d'indépendance naissants et jouera sur la peur qu'ils inspirent. Comme il a déjà commencé à le faire, il attisera les intérêts de factions, les convoitises personnelles et l'ambition des aspirants au pouvoir en concurrence.
«Tels seront, entre autres, les moyens détournés du néocolonialisme par lesquels les impérialistes espèrent maintenir leur mainmise sur les ressources de l'Afrique, pour continuer de s'enrichir. Pour être sûr que leur hégémonie sur ce continent ne cessera pas, ils feront tout pour combattre chez les masses africaines la volonté croissante d'unité. De même que notre force est dans une politique unie de progrès, de même la force des impérialistes est dans notre désunion. Nous ne pouvons leur tenir tête efficacement qu'en leur opposant un front unifié, une communauté continentale de buts.
«Nous devons être continuellement en alerte, car nous sommes fermement résolus à ce que notre liberté ne soit jamais comprise. Or, cette liberté de construire notre économie est en danger tant qu'un seul pays de ce continent reste enchaîné par un gouvernement colonial et qu'il existe sur le sol africain des gouvernements satellites téléguidés. Notre liberté est en danger tant que les Etats indépendants d'Afrique sont désunis». Ce texte a été écrit en 1963 par Kwame Nkrumah
Extrait de : l'Afrique doit s'unir de Kwame NKRUMAH Paris, 1994, 256 PAGES 128 FF (12 800 F CFA)
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DIALOGUE
LE GERDDES - CI : POUR UN DIALOGUE DES RELIGIONS
A l'initiative du GERDDES - CI en collaboration avec la fondation allemande Friedrich Ebert les responsables de plusieurs confessions religieuses se sont retrouvés à Bingerville les 4, 5 et 6 novembre pour réfléchir sur : «tolérance religieuse et démocratie».
Les 4, 5 et 6 Novembre 1994 s'est tenu à Bingerville le premier séminaire sur les religions initié par le GERDDES-CI en collaboration avec la fondation allemande Friedrich Ebert. Trois jours durant, les participants ont planché sur le thème : Tolérance religieuse et démocratie. Sous la présidence du ministre de l'intérieur, responsable des cultes, le GERDDES - CI, ONG ivoirienne qui s'intéresse aux problèmes de développement, d'économie et de société, a donné l'opportunité aux responsables de différents cultes de se rencontrer et de réfléchir ensemble.
Selon Mr GUIE Honoré président de cette ONG, ses collaborateurs et lui ont «jugé utile de réunir des représentants des différents religions, de la société civile et les autorités politiques et administratives, pour débattre de la question de la tolérance religieuse et de la démocratie en COTE D'IVOIRE».
La cérémonie officielle d'ouverture qui s'est déroulée ce 4 novembre matin, a été l'occasion pour l'assistance d'entendre après les allocutions, trois communications faites par les représentants des confessions religieuses dont les plus répandues sont le christianisme, l'islam et l'animisme.
Etant donné la diversité des entités chrétiennes, concession a été faite aux catholiques de parler au nom de tous. Ainsi l'Abbey AKALE a fait une communication au nom des chrétiens. Et Hadj Idriss Koné président du CNI a parlé au nom des musulmans, suivi de SERY Bailly qui en l'absence de Jean-Marie Adiafi a fait une communication sur l'animisme.
L'après-midi de ce premier jour, trois conférences ont été prononcées. La première par N'GUESSAN KOUAME professeur de sociologie à l'université qui parlait de la «situation des confessions religieuses en Côte d'Ivoire». La seconde par AKA KOBY professeur de science politique à l'université, qui a traité des «rapports entre les confessions religieuses et l'Etat». Quant à la troisième conférence qui a traité des «relations inter-confessionnelles» elle a été prononcée par MOHAMED CAMARA professeur de droit à l'université et membre de la CMR (Communauté Musulmane de la Riviera).
Trois commissions ont par la suite été formées dans le but d'approfondir les réflexions dans des ateliers à partir de ces trois communications. C'est ainsi que deux jours durant ces commissions ont planché sur ces différents sous-thèmes.
De toutes ces réflexions, le séminaire a constaté, concernant «la situation des confessions religieuses» que la liberté de culte en Côte d'Ivoire est une réalité. Tout en se félicitant du choix des autorités politiques de son maintien, le séminaire a tout de même recommandé non seulement une plus juste gestion de ce droit à la liberté mais aussi d'en garantir l'aspect organisationnel.
Du deuxième sous-thème «les rapports entre l'Etat et les confessions religieuses», le séminaire a constaté que ceux-ci ont jusqu'ici dans l'ensemble été bons malgré quelques incidents regrettables survenus soit entre adeptes de religions différentes soit entre les forces de l'ordre et les religieux. Où des maisons de culte incendiées et également des responsables religieux agressés.
Le séminaire a donc recommandé un traitement égalitaire de la part de l'Etat vis-à-vis de toutes les confessions religieuses, tout en insistant sur le devoir de celui-ci quant à la sécurité les responsables religieux. Concernant le troisième sous-thème «les relations inter-confessionnelles» le séminaire a constaté qu'elles étaient acceptables mais gagneraient à être davantage améliorées. Car les quelques frustrations que nous voyons çà et là sont dues essentiellement au poids de l'histoire et à la méconnaissance des un et des autres. Le séminaire a recommandé une plus grande action de sensibilisation en faveur des fidèles par les responsables des différentes confessions religieuses. Le séminaire a également recommandé la mise sur pied d'un forum national de concertation qui va regrouper tous les responsables religieux en vue non seulement de discussions franches sincères et responsables mais aussi pour mieux se connaître.
Sylvain Hassan Boza
Les musulmans ont pris une part active au séminaire
S'AIMER LES UNS LES AUTRES
Comme acte concret de ce séminaire sur les religions, initié par la GERDDES-CI, la création d'un forum national de concertation entre les différentes confessions religieuses, demeure le point marquant. Cela démontre combien notre pays la Côte d'Ivoire est bénie de Dieu Tout-Puissant.
Ils sont rares les pays d'Afrique où il existe ce genre de structure que les responsables religieux ivoiriens s'apprêtent à créer. Mais, comme on le sait toute structure n'est crédible et efficace que par la qualité des hommes qui l'animent.
C'est pourquoi, ce forum qui inch'Allah verra bientôt le jour, ne le sera que dans le seul but de favoriser la connaissance de l'autre. Ce devra être un espace de sagesse et de modération. Les animateurs devront être des religieux dotés d'une certaine ouverture d'esprit et capables de se dominer devant toute forme de considération à caractère blasphématoire. Car le but essentiel sera pour chacun de se poser la question de savoir comment arriver à mieux comprendre l'autre et l'accepter.
N'étant pas considéré comme un lieu d'évangélisation ou d'islamisation, les animateurs de ce forum se devront donc d'exploiter et d'approfondir les points communs aux différentes confessions religieuses.
Ce forum devra peut-être même être le lieu de prise de décision commune aux responsables religieux faces aux situations qui se présentent très souvent à l'ensemble des croyants que nous sommes. C'est le cas actuel de nos frères chrétiens méthodistes qui après avoir payé régulièrement un terrain rencontrent une montagne de difficultés quant à rentrer effectivement en possession de celui-ci.
L'union faisant la force, peut-être que si tous les responsables religieux se mettaient ensemble pour les soutenir, le gouvernement se rendrait compte qu'il ne faut pas jouer avec la sensibilité religieuse des citoyens.
Ce sera déjà un gros avantage que tous les responsables religieux arrivent à parler d'une seule voix devant un problème qui touche à la bonne marche de la nation. Ce forum, qui sera le trait d'union entre toutes les communautés religieuses, doit être exploré à fond. Après tout, ne sommes-nous pas tous des créateurs du Seigneur Dieu Tout-Puissant ? N'est-ce pas lui qui a dit que «si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il a voulu vous éprouver par le don qu'il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les actions bonnes. Tous vous retournerez à Dieu. Alors, Il vous éclairera au sujet de vos divergences». Coran V - 48
Confession religieuses représentées
- Musulmans par le Conseil National Islamique
- Chrétiens par les Catholiques
Méthodistes
Baptistes
Advantistes du 7ème jour
Assemblée de Dieu
Harristes
- Animistes non encore institutionnalisés mais représentés par J. M. ADIAFI
N. B. : La Côte d'Ivoire compte 125 groupements et communautés religieuses.
SYLVAIN HASSAN BOZA
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COMMENT MANGER POUR BIEN SE PORTER ?
Le maintien de la santé
Puisque l'équilibre du corps, sa santé et sa survie sont assurés par l'humidité résistante à la chaleur, l'humidité est donc sa matière et la chaleur la fait mûrir et rejette ses déchets, l'amende et l'adoucit ; sinon, cette humidité ravage le corps et l'accable. L'humidité constitue de même la nourriture de la chaleur et si cette humidité faisait défaut, la chaleur brûlerait le corps, le dessécherait et le ravagerait. Entre l'humidité et la chaleur existe donc une interdépendance et elles sont la subsistance du corps entier.
Chacune d'elles est la matière de l'autre car la chaleur est la matière de l'humidité qui la préserve de la corruption et de la métamorphose, de même que l'humidité est la matière de la chaleur qui l'alimente et la porte.
Si l'un de ces deux éléments (chaleur et humidité) tend à augmenter plus que l'autre, l'humeur du corps dévie. La chaleur décompose toujours l'humidité et le corps requerra une compensation par la nourriture et le breuvage de ce que la chaleur a décomposé ; ce pour assurer sa survie. Si la nourriture excèdent en quantité la matière décomposée, la chaleur devient incapable de décomposer le surplus qui transformera en matières pourries qui ravageront le corps et causeront les multiples maladies qui varient selon la diversité de leurs matières et l'aptitude des organes à les recevoir.
Ceci dérive de ces paroles d'Allah qu'il soit exalté : (Mangez et buvez, mais gardez-vous de tout excès) Coran VII, 29. Allah a ainsi conseillé à Ses sujets de consommer les aliments et le breuvage qui subsisteront le corps et composeront la perte des aliments par la décomposition en quantité favorable à l'intérêt du corps en quantité et en qualité.
S'il excède cet octroi et commettrait des excès qui détériorent la santé et déclenchent la maladie, de même que s'il s'abstient de manger ou de boire.
Le maintien de la santé réside dans ces deux mots divins (mangez et buvez, mais gardez-vous de tout excès).
Il ne fait pas de doute que le corps est toujours en état de décomposition et de remplacement. Plus la décomposition augmente, plus la chaleur faiblit pour l'anéantissement de sa matière vu que la fréquence de la décomposition extermine l'humidité qui est la matière de la chaleur. Si la chaleur s'affaiblit, la digestion se ralentit jusqu'à ce que l'humidité s'en trouve éliminée et la chaleur éteinte. Le sujet d'Allah arrive au terme de sa vie qu'Allah lui a prescrite.
Le but de la cure de l'homme est de sauvegarder le corps jusqu'à ce qu'il atteigne cette étape non pas parce qu'il nécessite le maintien de la chaleur et de l'humidité qui assurent la jeunesse, la santé et la force car ceci ne pourra guère se réaliser sur cette terre, mais le but du médecin est d'éviter à l'humidité la pourriture et la moisissure et d'éviter à la chaleur les éléments affaiblissants et d'établir une équivalence entre ces deux éléments équitablement quant à l'aménagement qui subsiste le corps humain.
Les cieux et la terre ont été établis, et toutes les créatures subsistent par l'équité. Celui qui réfléchit à la méthode adoptée par le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, se rendra compte qu'elle est la meilleure des méthodes capables de préserver la santé étant donné que le maintien de la santé dépend du bon aménagement de la nourriture, du breuvage, de l'habit, du logis, de l'air, du sommeil, du réveil, du mouvement, de la sérénité, du mariage, du vidage et de la rétention. Si ces facteurs sus-indiqués se produisent de façon modérée et convenable au corps, au pays, à l'âge et à l'habitude, le corps tendra à préserver sa santé jusqu'au terme de la vie.
Puisque la santé est l'une des plus illustres faveurs d'Allah qu'Il octroie à Ses sujets, la plus généreuse de Ses dons, la plus profuse de Ses gratifications et même la grâce absolument la plus généreuse, celui qui s'est vu octroyer une part de succès devra respecter la santé, la préserver et la protéger des éléments nocifs.
Al-Boukhari a relaté dans son «Sahih» ce Hadith rapporté par Ibn Abbass : «Le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, a dit : «Nombre de gens sont dupes de ces deux facteurs : la santé et le loisir».
Al Tirmizi et bien d'autres ont cité ces paroles de Abdallah Ben Mohsen Al Ansari : «Le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, a dit : «Celui qui jouit d'une bonne santé physique, de la sécurité dans son groupe et qui est muni de vivres possédera en quelque sorte le monde entier».
Al Tirmizi a cité aussi un Hadith rapporté par Abi Houraira que le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, a dit : «La première question posée à l'homme le jour de la Résurrection au sujet de ses délices dans le bas monde, sera : Ne t'avons-nous pas préservé le corps et étanché la soif par de l'eau froide ?». A partir de là, certains précepteurs ont commenté cela en disant qu'il est conforme à ce verset : (Ce jour-là où vous demanderez compte des bienfaits que vous avez reçus). Coran LII, 8. Il s'agit de la santé.
Dans le Moussnad» de l'Imam Ahmed est indiqué que le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, a dit à Al Abbass : «Ô Abbass, oncle du Messager d'Allah, demande à Allah la bonne santé dans la vie d'ici-bas et dans la vie future».
Y est mentionné d'après Abou Bakr Al Saddiq : «J'ai entendu le Messager d'Allah, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, dire :
«Demandez à Allah la foi ferme et la bonne santé car rien ne pourra advenir à une personne, après la foi ferme, mieux que la santé».
Il a ainsi rassemblé la bonne santé de la vie future et de la vie d'ici-bas. La vie du Sujet d'Allah ne sera renfermée dans les deux demeures que par la foi ferme et la bonne santé, car la foi ferme repousse les châtiments de l'au-delà et la bonne santé écarte les maladies de la vie d'ici-bas, dans son coeur et son corps.
Dans les «Sunans» de An-Nissaï, est cité d'après Abi Houraira un Hadith qui remonte au Prophète : «Demandez à Allah le pardon, la bonne santé et le salut car rien de mieux, après une foi ferme ne pourra advenir à un être que la bonne santé».
Ces trois facteurs renferment l'élimination des maux passés par la grâce, des maux présents par la bonne santé et des maux futurs par le salut car ils comprennent la bonne santé durable et permanente.
Al Tirmizi a mentionné un Hadith qu'il remonte au Prophète : «On ne demande d'Allah une chose meilleure que la bonne santé».
Abdel Rahman Ben Abi Layla a rapporté d'après Abi Al Dardae : «J'ai dit : Ô Messager d'Allah ! Que je me porte en bonne santé et que je sois reconnaissant m'est plus cher que de m'affiger et que je patiente». Le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, lui répondit : «Le Messager d'Allah aime aussi, comme toi, la bonne santé».
Ibn Abbass a dit : «Un bédouin vint au Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, et lui dit : «Qu'implorerai-je à Allah après les cinq prières» ? Il répondit : «Demande à Allah de te doter d'une bonne santé». Il lui réitéra la question et à la troisième fois, le Prophète rétorqua : «Demande à Allah de t'accorder la bonne santé dans cette vie et dans l'au-delà».
Telle est la situation de la bonne santé et nous mentionnerons dans ce cadre la méthode adoptée par le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, qui exhibe à celui qui réfléchit sa perfection absolue : pour le maintien de la santé du corps et du coeur ainsi que la vie terrestre et celle de l'au-delà. Allah est le Secoureur, c'est en Lui que la pleine confiance est placée et il n'y a de force et de puissance qu'en Lui.
Quant à la nourriture et au breuvage, le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, n'avait pas l'habitude de se contenter d'un seul genre d'aliments à l'exclusion des autres, car ceci nuirait à la nature qui est parfois incapable de le tolérer, car s'il ne consomme qu'un seul genre d'aliments il faiblit ou périt et s'il consomme d'autres nourritures, la nature le rejettera et causera des dommages.
La limitation à un seul genre de nourriture de façon permanente même s'il est le meilleur genre, constitue un danger nocif.
Le Prophète mangeait les aliments habituels des habitants de sa région : viande, fruits, pain, dattes et autres produits mentionnés dans la partie concernant la nourriture du Prophète.
Si un aliment contient une qualité qui nécessite une atténuation et une modification, il l'atténue et la modifie par son contraire si possible tel qu'il modifie la chaleur des dattes par la pastèque. S'il ne trouvait pas ceci, il consommait l'aliment selon les besoins sans excès afin que la nature ne s'en trouve point atrophiée.
Si le Prophète n'aimait pas un met, il s'abstenait d'en manger et n'obligeait pas les autres à en prendre.
Tel est un cas de base substantiel dans le maintien de la santé, car si l'être mange ce qu'il ne désire point, il s'en sera dédommagé plus qu'il n'en tirera un profit quelconque.
Anass a dit : «Le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, n'a guère critiqué un aliment. Il mangeait l'aliment qu'il désirait, sinon, il s'en abstenait».
Lorsqu'on lui présenta le varan (dabb) grillé, il refusa d'en manger.
Lorsqu'on lui demanda : «Est-ce prohibé »?
Il rétorqua : «Non, mais cet animal n'existe pas dans la terre de mon peuple. Je le déteste donc». Le prophète a ainsi respecté son habitude et son désir. Puisqu'il n'était point habitué à en manger dans sa région et qu'il n'y éprouvait aucun désir, il s'en est abstenu, n'interdisant guère à celui qui le désire ou qui est habitué, d'en consommer.
Le prophète aimait la viande et notamment l'épaule et la poitrine du mouton. Ainsi lui avait-on empoisonné ces parties du mouton.
Dans les deux «Sahihs», est cité :
«On présenta au Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, de la viande et on lui offrit l'épaule qu'il appréciait».
Abou Oubayd et bien d'autres ont rapporté d'après Daba'a fille de Al-Zoubair :
«Qu'elle avait égorgé dans sa demeure un mouton». Le Prophète, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, lui envoya un messager réclamant une part de cette viande. Elle dit alors au messager : «Il ne nous reste plus que le cou et j'ai de la honte à l'envoyer au Prophète d'Allah, que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui».
Le messager revint sur ses pas et en informa le prophète qui lui dit alors : «Retourne chez elle et dis-lui : envoyez-moi le cou restant car c'est la part qui guide le mouton, la meilleure partie et la moins nocive».
Il est certain que la part du mouton la plus légère est la viande du cou, du bras et de la cuisse vu que ces parties n'encombrent pas l'estomac et leur digestion se produit rapidement.
Ainsi, sont appréciés les aliments qui combinent ces trois caractéristiques :
1 - La grande utilité et l'influence sur les force
2 - La légèreté qui n'accable pas l'estomac
3 - La digestion rapide
Telles sont les qualités d'un bon aliment car se nourrir d'une petite quantité de cet aliment est plus bénéfique que de consommer une plus grande portion d'un autre aliment.
Le prophète chérissait aussi les douceurs et le miel. Ainsi, la viande, le miel et les douceurs constituent-ils les meilleurs aliments qui sont d'une grande utilité pour le corps, le foie et les organes. S'en nourrir est extrêmement bénéfique pour préserver la santé et la force. Ces aliments ne nuisent qu'à celui qui souffre d'une défectuosité ou d'un fléau.
Le Prophète mangeait le pain assaisonné tantôt de viande dont il disait :
«La viande est au sommet des aliments des habitants de ce bas monde et de l'au-delà», ce Hadith a été relaté par Ibn Majah et bien d'autres, tantôt de pastèque ou de dattes sèches. Une fois il plaça une datte sèche sur une croûte de pain, en disant : «Tel est l'assaisonnement approprié de cette croûte de pain».
Ces paroles impliquent que le pain d'orge est froid et sec alors que les dattes sèches sont chaudes et humides, conformément à la plus correcte des affirmations.
En assaisonner le pain d'orge est la meilleure option, surtout pour ceux qui y sont habitués tels que les habitants de Médine.
Le Prophète assaisonnait parfois le pain de vinaigre en disant : «Quel excellent assaisonnement que ce vinaigre !».
Tel est un éloge du vinaigre qui n'est point préféré à un autre aliment tel que le croient les ignorants. La raison de ce Hadith est : «Qu'il retrouva sa famille un jour et on lui offrit du pain». Il dit : «Disposez-vous d'assaisonnement» ? On lui répondit : «Nous ne possédons que du vinaigre». Il dit alors : «Quel excellent assaisonnement le vinaigre».
La visée de ces paroles est que la consommation du pain assaisonné préserve la santé, contrairement à la consommation de l'un des deux aliments à l'exclusion de l'autre. L'assaisonnement améliore le pain et le rend convenable à la préservation de la santé.
Ainsi, le Prophète a-t-il dit, dans le cadre de l'autorisation au prétendant de voir sa fiancée : «Il serait digne qu'ils s'entendent tous les deux» car le mari qui connaît sa femme probablement ne regrettera point son mariage.
Le Prophète mangeait les fruits qui poussaient dans son pays selon les saisons et ne les évitait point.
Tel est l'un des plus illustres moyens de maintenir la santé car Allah, qu'Il soit loué, a établi de par Sa sagesse dans chaque pays les fruits bénéfiques à ses habitants en temps propice pour assurer aux gens la santé et la salubrité et leur tenir lieu de remèdes.
Celui qui s'abstient de manger les fruits de son pays par crainte de la maladie, est le plus grabataire de tous physiquement et le plus souffreteux.
Ces fruits renferment des humidités qui se ramènent à la chaleur de la saison et de la terre.
La chaleur de l'estomac se charge de mûrir l'humidité et de repousser son effet maléfique à condition que les fruits soient consommés modérément. En effet, la nature devra recevoir une quantité qu'elle est capable de tolérer pour ne pas atrophier la nourriture avant sa digestion en buvant de l'eau ou en mangeant la nourriture après le dessert. Il arrive fréquemment que l'individu soit atteinte de constipation douloureuse.
Celui qui assouvit modérément ses besoins, en temps propice et de façon adéquate, tirera de la nourriture un profit curatif.
A suivre
Extrait de la Médecine prophétique
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CONCILIATION
AMOUR FORCE GOUVERNEMENT / CNI
Depuis quelques semaines certains musulmans avaient pensé qu'entre le pouvoir BEDIE et les musulmans, c'était comme on le dit une lune de miel.
Après quelques actions d'éclat, bien menées par BEDIE et le gouvernement en faveur de la communauté musulmane représentée dans son écrasante majorité par le CNI et le gouvernement et certains naïfs, pensaient que cela suffisait pour distraire le CNI.
Mais au grand désarroi du prince héritier, le CNI continu de se montrer et d'agir comme une structure non manipulable. Ce qui ne fait pas l'affaire des éminences grises de la planification au sein du grand parti d'avant garde. Mais ce n'est pas pour cela que nos gouvernants vont baisser les bras. Eux qui ont déjà eu à gérer plus d'une difficulté. Tout ceci donne donc l'impression d'un véritable bras de fer entre le gouvernement PDCI et le CNI. Mais un bras de fer où le tact, la sagesse et la vigilance sont de rigueur.
1) Ce que le PDCI reproche au CNI.
2) Pourquoi le CNI trouble-t-il le pouvoir ?
Comme tout le monde le sait la naissance de cette structure s'est faite sous le règne de ALLASSANE DRAMANE OUATTARA, celui-là même qui aujourd'hui constitue 90 % des cauchemars du pouvoir. De là, à imaginer que la politique de neutralité adoptée par le CNI exprime le refus de soutenir le PDCI, il n'y a qu'un petit pas à faire. Pour cela, tous les responsables au sommet du PDCI sont d'avis que dans la mesure où le CNI refuse de leur accorder son soutien, cela indique clairement que celui-ci n'est pas de leur côté. Dans cette situation ils considèrent donc que si le CNI n'est pas avec eux, il doit certainement soutenir leurs adversaires. La naissance du R.D.R. est venu conforter les responsables du PDCI qui soupçonnaient le CNI d'avoir des intentions cachées. Les services des renseignements généraux auraient même prétendu que le président du CNI ait eu à organiser des réunions du R.D.R. dans la mosquée, Bilal sise à Yopougon Port-Bouet 2.
Informé de ces accusations, le président du CNI n'y a pas prêté grande attention.
Face à une demande du président de la République qui priait le président Idriss Koné d'apaiser les musulmans et de tout mettre en oeuvre pour faire baisser la tension au sein de la communauté musulmane, celui-ci opposera un refus catégorique surtout que Mr Noël Nemin directeur de cabinet du président de la république, proposait une série de tournées gouvernement/CNI afin de sensibiliser les musulmans.
Le président du CNI justifie son refus par le fait que cette tâche ne figurait pas au nombre des objectifs du mandat que les musulmans dans leur quasi totalité lui avaient confié. Cela prêterait à confusion et ferait croire aux musulmans d'avoir été trahis par leur responsable religieux qui sans hésiter se seraient mis au service du pouvoir.
Bien sûr le gouvernement PDCI et son président ont encaissé ce refus comme une gifle. Il n'en fallait pas plus pour mettre BEDIE hors de lui. Et le CNI devait l'apprendre à ses dépens.
La preuve, le pèlerinage 94 devait être une occasion de se venger. Après la confirmation que Mr Ipaud Lago avait donnée au CNI selon laquelle seul le CNOPM était habilité à organiser le pèlerinage, des démarcheurs s'y sont également mis. Le chef de l'Etat saisi, celui-ci a soutenu qu'il fallait laisser les démarcheurs faire ce qu'ils voulaient.
AHOUA N'GUETTA aurait même adressé une lettre au ministre des affaires étrangères pour qu'une autorisation soit délivrée au CSI lui permettant d'organiser le pèlerinage à la Mecque. Ce qui fut fait. Et tous les musulmans savent désormais combien a été l'humiliation de la délégation officielle à la Mecque.
Muni d'un passeport diplomatique et aidé par l'ambassadeur ivoirien ABOU DOUMBIA, Diaby Moustapha fut introduit auprès des autorités Saoudiennes en tant que conseiller spécial du président de la République pour les affaires musulmanes et à ce titre il a eu un message à transmettre.
En tout cas pour une revanche c'était réussi. Le CNI qui au paravent avait été reçu à la Mecque avec tous les honneurs venaient de voire le «ciel lui tomber dessus». Diaby Moustapha ne s'est pas arrêté là. Il a poussé la provocation jusqu'à s'introduire auprès de quelques Imams, membres de la délégation du CNI et leur demander de faire des prières pour le président de la République. L'Imam Ali Ouattara de Niangon et Konaté Anzoumana de Treichville ont refusé les 100 000 F que Diaby leur avait fait parvenir à chacun dans le but de leur demander de faire des prières pour le président BEDIE. Celui-ci l'ayant appris a une fois de plus considéré cela comme une offense. Cela a accentué encore un peu plus la tension entre BEDIE et le CNI.
Depuis leur retour de la Mecque, les responsables du CNI ont fini par se convaincre qu'il était difficile de faire confiance aux hommes politiques. Dès cet instant le CNI de son côté a adopté une politique de méfiance.
DIOP SYHABO
[Image: Book cover titled "MANUEL PRATIQUE DE LA PRIERE MUSULMANE"]
PROCHAINEMENT DANS ALIF N°26 DU MOIS DE JANVIER 95
<< Pourquoi les musulmans de Côte d'Ivoire sont considérés comme des étrangers>>
NE MANQUEZ PAS CE NUMERO
LUTTE CONTRE LA DROGUE
A l'instar de plusieurs communes qui ont déjà organisé la caravane «croisade contre la drogue», la coordination du plateau a convié le samedi 19 Novembre à l'INSP une projection de film sur les méfaits de la drogue et de stupéfiants...
La coordination musulmane du Plateau a organisé Samedi 19 Novembre dans la matinée une projection de filme dans le cadre de la croisade contre la drogue que le CNI a entrepris depuis quelques mois à travers la ville d'Abidjan.
Rappelons que cette croisade est organisée sous le parrainage du ministre de la sécurité intérieure et sous le co-parrainage du PNUCID.
C'est l'Amphithéâtre de l'Institut National de la Santé Publique (INSP) qui a servi de cadre à la séance de projection qui était la 8e du genre. Tout comme les autres séances de projections, des spécialistes ont été invités en vue d'éclairer l'assistance sur le sens profond de ce film. Le Dr Waotta de l'INSP et le sociologue Sadik étaient chargés de cette mission.
Le représentant du maire Mr Yapi Jacques conseiller municipal s'est réjouit de voir le CNI organiser une telle manifestation au sens aussi noble dans leur commune. Il a également fait remarquer que «notre société regorge de fléaux pour lesquels les religions, musulmane et chrétienne ont leur rôle à jouer. Mais cela dans l'entente et la paix». Le président de la coordination du plateau, le frère ALI Traoré, a simplement remercié tous ceux qui ont sacrifié leur repos pour répondre à l'invitation du CNI qui a décidé de cette croisade contre la drogue et les méfaits des stupéfiants. L'Imam Cissé Djiguiba représentant le président du CNI empêché remerciera toutes les institutions qui ne cessent de soutenir le CNI depuis le début de cette campagne de sensibilisation. En particulier le ministère de la sécurité intérieure, le PNUCID et le maire du Plateau Mr Edmond BASQUE. Aux assistants de cette séance, l'Imam au nom du président du CNI dira : Le but essentiel de cette opération est d'appeler à la réflexion et à la mobilisation pour la lutte contre ce fléau qu'est la drogue»...
Le capitaine Jules Akmel AKPA de la direction de la drogue et des stupéfiants se réjouira de cette initiative du CNI et ouvrira tout simplement la séance.
«J'ai choisi de vivre» film de Henri DUPARC fut le documentaire que l'assistance a pu voir. Il retrace l'histoire d'un jeune homme qui à un moment donné est entrée en contact avec le milieu de la drogue par la faute de l'environnement familial. Le père qui s'en reend compte à temps, reprend l situation en main.
A la fin de la projection, le Dr Waotta médecin spécialiste des effets des drogues et stupéfiants et le SADIK sociologue, ont apporté un peu plus d'éclaircissement sur les effets et aussi les origines de ce fléau.
Le capitaine Akmel dans les commentaires d'une série de diapositives à montré les trois catégories de drogues existant actuellement sur le marché Ivoirien.
D'abord les perturbateurs ou hallucinogènes la catégorie du cannabis puis les opiacées avec le pavot à opium et enfin la catégorie des stimulants où l'on trouve la cocaïne...
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QUE LA RELIGION
L'EMPORTE
L'Islam et le christianisme, la confrontation de ces deux religions a toujours donné lieu à de violentes scènes : mais si la cohabitation s'est faite avec le temps plus pacifiste.
Les divergences se poursuivent cependant : complexité des mariages entre chrétiens et musulmans ; Différence d'opinion sur la trinité de Jésus. Incertitude sur l'originalité de la Bible en tant que parole de Dieu. Doute sur l'apostolat du prophète Mahomed. La fin de cette guerre confessionnelle n'est pas pour demain. Certes elle est redoutable, mais elle n'est pas aussi destructrice que cette autre guerre qui oppose la religion à la société de consommation. "N'écoutez ni la Bible, ni le Coran : Vivez pleinement votre vie ; la vie on la vit une fois".
Le message de société de consommation est sans ambages ; pour elle point de savoir vivre, mais vivre pour consommer, car son fonctionnement est lié à son mode de production ; fabriquer pour vendre. Pour l'aboutissement de ce fondement toute une politique de vente est développée. Manipulation des esprits ; transformation des comportements ; réfondation des personnalités; pornographie et érotisme. Aujourd'hui la société de consommation a changé ses habitudes et les styles de vie, basée sur l'individualisme, là où se perdent toutes les valeurs morales, "c'est le chacun pour soi". Une autre vie où l'homme n'est qu'un véritable marionnette au service de la société de consommation. Autre message, autre objectif : pour la religion, le message divin est sans ambiguité.
- Aimez-vous les uns, les autres.
- Priez Dieu dans la pureté.
La vie appartient à Dieu, Dieu donne la vie et le reprend. L'éternel a créé l'homme pour être heureux. Détachez-vous des plaisirs mondains. A l'opposé de ce premier message, celui des producteur, consommez ! La guerre est déclarée entre la religion et la société de consommation. La religion guidée par l'éternel : le tout puissant, devrait logiquement l'emporter. Mais, le religion, elle est plutôt incarnée par les hommes, des êtres manipulables à souhait, sensibles au leitmotiv de la société de consommation, manger, boire, et fumer. Tant pis si cette consommation doit porter atteinte à la vie, et à la santé. L'important est de consommer, toujours consommer pour être classé parmi les vrais consommateurs.
COMMENT LUTTER
CONTRE LA SOCIETE DE CONSOMMATION.
La principale force de la religion depuis l'aube des temps a toujours été la parole. Mais combien sont-ils les croyants fidèles à la parole de Dieu, encore que celle-ci n'ai pas subi quelques altérations. Ceci nous renvoie respectivement au débat. La Bible est-elle la parole de Dieu ? (entre M. Diddad et le Pasteur J. Swg) Et à la controverse du Coran par le Docteur William Campbell auteur de : le Coran et la Bible à la lumière de l'histoire et de la science.
Les besoins fondamentaux que sont boire, manger, respirer font de la consommation une préoccupation sociale et universelle. Nul ne peut donc continuer de vivre que s'il n'est consommateur. Mais alors faut-il tout consommer ? Certaines consommations ou surconsommation ne vont-elles pas contre nos convictions religieuses ? Et d'autre part la consommation de certains produits peut-être cause de notre appartenance à un groupe social dont le bon choix peut s'interpréter comme une victoire sur la consommation.
En effet, battre la société de consommation, c'est s'élever au-dessus d'elle : acquérir une maitrise face aux appels incessants des fabriquants. Prendre conscience des dangers, des produits savoir orienter : guider et équilibrer ses choix. D'autre part, la prière, la parole de Dieu ; l'image des prophètes ; la Bible, le Coran sont autant de forces capables d'aider l'homme à vaincre la société de consommation. La parole au commencement était avec Dieu, cette première appartenance montre son caractère divin et sacré elle est pour l'homme, une force vitale et protectrice contre les appels et agressions incessants des affiches, spot télé et radio.
FORCE ET FAIBLESSE
Personne n'est au-dessus de la société de consommation, tous nous sommes appelés à consommer chaque jour un peu plus. L'objectif des fabriquants et producteurs étant de se tailler le plus grand nombre de consommateur, passant sous silence les méfaits et les dangers de l'abus de leur produit. Le nombre de décès causé par l'alcool et le tabac est considérable, qu'importe la société de consommation, poursuit quand à elle ses actions incitatives, avec la complicité des images sensuelles, des mots percutants face auxquels les plus sceptiques finissent toujours par se laisser emporter. La société de consommation reste imbattable, à cause de l'énormité des sommes allouées à ses campagnes publicitaires.
- Autre avantage, la présence des panneaux publicitaires, lors des compétitions sportives ; des concerts... C'est pendant ces moments de passion et d'euphorie que la société de consommation pénètre les consciences par effraction.
Elle est super-puissante, mais par nos actions, nos choix, nos comportements, et nos interdits nous devons aider la religion à remporter la victoire.
A. Bi. KAUNEY'S.
Cher OUBA, Assalam Alékoum !
J'ai un petit frère qui a été récemment condamné par le tribunal d'Abidjan à 12 mois d'emprisonnement pour consommation de drogue. Le problème est que son fournisseur est actuellement en liberté. Est-ce bien islamiquement et légalement que je le dénonce et sera-t-il condamné ?
ABDOULAYE S.
Dabou
Assalam Alékoum ! Abou !
Le problème que tu poses présentement, rentre dans l'ensemble de ceux que l'Islam appelle «Maladies sociales». Ce sont entre autres, l'alcool, la drogue, les jeux de hasard, etc...
Sache que Dieu le très haut a dit, dans le Coran à la Sourate «La table service», Verset 90 et 91 «Ô croyants, le vin, les jeux de hasard, le culte des idoles et la consultation du sort, sont une abomination inventées par Satan. Evitez les dans l'espoir de notre salut. Satan désire exciter la haine et l'inimitié entre vous et vous détournez de l'invocation de Dieu et de la pratique de la prière».
Comme tu le vois, la consommation du vin, est interdite en Islam.
Or, les doctes (oulemas) musulmans ont de puis toujours assimilé la drogue au vin à cause de la similitude de leurs effets nocifs sur l'esprit et sur le corps.
Le Khalife OMAR Ibn al-khattâb a défini le vin comme «tout ce qui enivre». Le vin fait perdre l'esprit et il en est de même des drogues. Les plus connus sont le cannabis, la cocaïne, l'opium, l'héroïne, etc... Tous les médecins et les scientifiques sont unanimes à admettre qu'ils sont préjudiciables à la santé. Ils altèrent les facultés mentales et perturbent le fonctionnement normal de tous les organes du corps.
La consommation de la drogue entraîne de la violence et de l'agressivité chez les consommateurs. C'est pour toutes des raisons que le législateur a prévu une loi pour réprimer toute vente ou toute consommation de drogue. Cette loi n° 88-686 du 22 juillet 1988 prévoit des peines d'emprisonnement très lourdes allant de 12 mois à 20 ans pour les contrevenants. La loi sanctionne même le simple détenteur de drogue. En cela elle réjouit la tradition musulmane initiée par le Prophète Mahomed (SAS) qui «MAUDIT le producteur de toute substance enivrante, celui qui passe commande de cette production, le consommateur, le porteur de la substance, celui à qui elle est destinée, celui qui l'offre, celui qui la vend, celui qui se nourrit du produit de sa vente, celui qui l'achète, celui pour qui elle est achetée.
Ton frère ayant consommé la drogue a donc été justement condamné à 12 mois d'emprisonnement qui est la peine la plus petite que le juge pouvait prononcer.
S'il avait été dans un Etat islamique, les juges l'auraient condamné à recevoir en public 40 à 80 coups de fouet.
Ton frère n'est en réalité qu'une victime de la monstrueuse et diabolique organisation mondiale de la drogue et leurs vendeurs locaux. Ceux-ci sont très dangereux pour toute société, car, pour quelques billets de francs CFA, ils hypothèquent et détruisent de nombreuses vies humaines dont de nombreux jeunes. De nombreuses familles se sont trouvées disloquées du fait de la consommation de la drogue par un membre de cette famille.
Actuellement tu es affligé, mais je suis sûr que ton père et ta mère ainsi que tes soeurs le sont encore plus.
C'est pour cela que ces vendeuses et revendeurs doivent être dénoncés, même si ce sont des hauts cadres du pays. Car Dieu dit dans la Sourate «La roche» Verset 42 «Ne couvrez pas la vérité d'un voile».
Si tu ne le fais pas, c'est la vie de tes enfants, frères, voisins, amis que tu hypothèques.
Tu dois informer la police des stupéfiants en appelant au n° 21 - 00 - 22 qui se rendra sur les lieux pour vérifier l'information et se saisir des contrevenants qui sont une grande menace pour la société. Si aujourd'hui les bandits commettent des crimes gratuits et irraisonnés, cela est dû à la consommation des drogues avec lesquelles ils s'enivrent avant d'agir.
Par ailleurs, tu dois éduquer et mettre en garde tes parents, frères et amis contre les effets nocifs de la drogue.
En agissant ainsi, tu auras non seulement agi en musulman responsable mais aussi et surtout sauvé des milliers de vie humaine.
OUBA
DEPART DE ROUSSIN
Le départ de M. Roussin pourquoi jubiler ?
Le départ de Mr Michel Roussin de la coopération a suscité des commentaires dans la presse nationale comme internationale. Les uns applaudissaient la démission de Mr Roussin, les autres compatissant à son sort. Intéressons-nous aux commentaires de notre presse nationale. Certains organes ont salué avec éclat la mise en examen de l'ancien ministre de la coopération française. Ils l'ont taxé de «Tueur de l'Afrique», d'ennemi du Tiers-Monde». Roussin «the killer». Mr Bernard DEBRE qui le remplace est vu comme un messie, un rédempteur. C'est dommage que très souvent nous perdions de vue le sens du combat contre l'impérialisme. Ce n'est pas le changement d'homme qui doit nous faire applaudir. Les hommes ne valent que par les institutions qui les emploient. En tout cas pour la France et certains pays européens cela est vrai. Que Roussin parte ou qu'il reste ne change rien dans la politique française d'exploitation de ses anciennes colonies. Que Bernard DEBRE arrive à la coopération a quoi de plus bénéfique pour les pays du Tiers-Monde ? Absolument rien. En quoi une hyène rouge est-elle différente d'une hyène jaune ? On accuse Roussin d'avoir imposé la dévaluation. Mais il n'a fait qu'exécuter les décisions de son pays et des institutions internationales. Par ailleurs l'arrivée de François Mitérand en 1981 à la tête de la République française n'a rien changé dans l'attitude belliqueuse de la France à l'égard de ses anciennes colonies. Son passage a renforcé la plupart des dictateurs à leurs postes. Les exemples les plus récentes sont ceux de l'Algérie et du Rwanda, la nouvelle Calédonie... Aucun dirigeant français fut-il socialiste ou communiste ne laissera jamais l'intérêt de son pays au profit d'une quelconque amitié. Jamais. Cela doit faire réfléchir tous les dirigeants africains. Alors qu'on arrête de jubiler lorsqu'il y a un changement d'hommes en France ou en Occident.
OUATTARA ISSOUF
DECEMBRE 1994
ALIF Page 12