Numéro
Alif #24
- Titre
- Alif #24
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- novembre 1994
- numéro
- 24
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation de Côte d’Ivoire
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Mosquée Salam du Plateau
- Conseil Supérieur Islamique
- Procès CNI-CSI
- Conseil National Islamique
- Intégrisme
- Islamisme
- Laïcité
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001394
- contenu
-
DJOUMADA II 1415 H
Novembre 94
N° 24
3ème Année
200 F
ALIF
Mensuel Islamique d'Information et de Formation
MENSUEL ISLAMIQUE D'INFORMATIONS ET DE FORMATION DE CÔTE D'IVOIRE
CONFERENCE DE PRESSE DU 1er MINISTRE :
<< 9 mois après la dévaluation ça va..>>
LES IVOIRIENS INTERROGÉS :<< ça ne va pas>>
QUI DIT VRAI ?
P.P. 6-7
Le 1er MINISTRE DUNCAN
MOSQUEE DU PLATEAU :
LES DESSOUS DE LA POSE PRECIPITEE DE LA 1ère PIERRE.
P. 8
MUSULMANS :
PAS D'ESPRIT DE CLAN EN ISLAM
P. 5
SEMINAIRE à BOUAKE :
Le FPI et le MONDE MUSULMAN. Quel Diagnostic ?
P. 11
DECES de Mr BAKAYOKO OUSMANE :
l'Hommage de la communauté
P. 10
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ALIF - COURRIER 20 B.P. 575 Abidjan 20
APPEL AUX MUSULMANS D'AUJOURD'HUI
"Il faut que notre sang s'allume et que nous prenions feu, pour que s'émeuvent les spectateurs, et pour que le monde ouvre enfin les yeux. Non pas sur nos dépouilles, mais sur les plaies des survivants". KATEB Yacine
Frères et soeurs musulmans, en référence aux textes de Kateb Yacine, il faut que nos corps s'expriment, à travers nos prières, nos comportements sociaux et politiques pour que comprennent enfin le monde : que nous ne sommes pas une religion de violence, mais de compréhension mutuelle, de tolérance, de fraternité universelle soumise à Dieu.
LA PROPAGANDE ISLAMIQUE
L'imagination disait Napoléon gouverne le monde. Elle représente pour tous les êtres une force multidimensionnelle. l'imagination de nombreuses "choses" voiture, médecine, télévision, téléphone ont permis à l'homme de s'auto-développer et à l'humanité tout entière d'être sur le chemin du progrès.
Il existe malheureusement le revers de la médaille : il s'agit de l'autodestruction à travers le tabac, la drogue, la prostitution, les abus sexuels, la guerre, le viol, l'alcool, tous imaginés par l'homme.
La religion c'est la vie, c'est Dieu symbole de la nativité. Elle se veut plus fidèle, plus proche de Dieu. Avec elle, la vie est plus présente et plus animée.
La procréation, elle est divine, Dieu est amour et l'enfant né n'est autre que le produit de l'amour de deux êtres.
Autre symbole : la virginité, elle exprime la puissance de l'oeuvre divine.
Elle a été "imposée" à la femme pour matérialiser les passages du Coran et de la Bible sur la fornication, l'adultère.
Dieu à travers la virginité, le mariage, la naissance destine la religion à la pureté et à la fidélité.
Dommage pour nous, l'irrespect de tous ces interdits ont entraîné des conséquences lourdes. Abandon d'enfant, divorce en cascade, viol, délinquance, etc... La religion est vidée, un vol causé par l'imagination, et les comportements imaginés par l'homme lui-même, s'il ne détruisent par la religion, favorisent la naissance de nombreux clichés dans l'esprit collectif.
Que faire ?
La seule voie capable de redonner à la religion musulmane son identité réelle est la propagande : mais la première règle précédent la propagande est l'expérimentation.
Vous ne réussirez jamais à faire efficacement la propagande d'un produit ou d'une religion sans l'avoir auparavant expérimenté, vous-même. Vivez dans la foi, priez, demandez au Seigneur. Interrogez votre foi.
Décembre 1983 : étranger en terre Algérienne. Frères et soeurs musulmans, tout au long de mon séjour m'ont apporté nourriture, soutient moral et matériel.
La fraternité musulmane, je l'ai vécu, touché, senti, je peux en parler avec force et conviction.
La propagande islamique, elle consiste à utiliser des techniques de communication pour la transmission des messages à des fins idéologiques.
Communiquer, c'est faire comprendre à l'autre, c'est vérifier si l'autre à compris.
Quand vous communiquez avec un humain, vous communiquez avec quelqu'un qui ne pense qu'à lui, qui ne pense qu'à ses besoins et à ses rêves. Quels peuvent donc être les besoins des fidèles ?
Avant de répondre, notons que la communication obéit à quatre principes, la source : l'émetteur, le message, le récepteur, ou vecteur. Comment transmettre un message ?
La transmission se fait par des moyens de communication, affiches, annonce, presse, télé, radio, cassette audio gadget. "Employez vos biens pour la cause de Dieu, et ne vous précipitez pas de vos propres mains dans l'abîme. Faites le bien, car Dieu aime ceux qui font le bien".
Sourate II La Génisse Verset 191
Pour la propagande islamique, le fidèle peut choisir de publier ses écrits dans les journaux, éditer, financer l'édition des livres religieux, distribuer des prospectus, organiser des conférences, des projections de film.
Mais le feed-back de toutes ces communications dépendra de la motivation individuelle, basée sur les cinq besoins de l'homme :
- besoins physiologiques, besoin de sécurité
- besoin d'aimer, besoin d'être aimé, besoin de se réaliser.
CORPS ET ESPRIT
"Aujourd'hui j'ai mis le sceau à votre religion et je vous ai comblé de plénitude de ma grâce. Il m'a plu de vous donner l'Islam pour religion". La table Sourate 5 Verset 5
L'Islam c'est la soumission à Dieu de tout notre être, de tous nos sens, de tous nos organes : les mains, les pieds, les yeux, les oreilles, la langue et l'estomac et les organes sexuels. C'est la soumission de la vie intérieure de chacun de nous. L'Islam c'est l'homme serviteur de son créateur.
Extrait le dogme de l'Islam de la confrérie ALOUVIA. En islam, les gestes de prières seuls ou accompagnés par la récitation des versets est un langage spirituel. Chaque mot est une action. Expl : Ak-bar = Dieu est grand, une grandeur manifestée, à travers l'élévation des deux mains en direction du ciel.
L'expression corporelle en islam, expriment l'humiliation, le pardon, le dévouement et la soumission.
Mais les gestes du corps et de l'esprit doivent nécessairement vivre en parfaite qualité, afin d'assurer aux fidèles un développement spirituel, harmonieux, et un rapprochement de Dieu.
A. Bi-Kauney's
Le CNI restera-t-il silencieux après le rapport de la commission d'enquête ?
Suite à la descente policière du 10 juin 1994 sur la mosquée d'Abobo II, la commission d'enquête constituée par le gouvernement a adressé un rapport accablant sur les musulmans, on s'attendait à une réaction du CNI (Conseil National Islamique). Mais depuis... il n'y a rien.
Faut-il considérer que la descente policière est la conséquence de provocations de la part des musulmans de la mosquée d'Abobo II ? n'y a-t-il pas eu de profanation du lieu de culte ? Le CNI est-il d'accord avec le rapport de la commission d'enquête ? Qui a menti dans cette affaire ?
Telles sont les interrogations qui foisonnent chez les musulmans après la conférence de presse du Ministre de la Sécurité donnant lecture du rapport de la commission d'enquête. Visiblement un malaise, un flou règne au sein de cette communauté.
En effet, à la suite de la descente des policiers sur la mosquée d'Abobo II, le vendredi 10 juin 1994, premier jour de l'année musulmane (H. 1415), toute la société civile s'était émue et indignée devant cet autre épisode des rapports douloureux entre musulmans et pouvoir en place. Que n'a-t-on pas dit ou écrit ? le CNI (Conseil National Islamique) dans un communiqué de presse, tout en interpellant la nation, avait exigé et obtenu la constitution d'une commission d'enquête.
A la lecture du rapport de cette commission et en présence d'un vice président Du dit Conseil (dont le nom figurait en première ligne dans les colonnes d'un confrère), c'est un réquisitoire accablant qui a été dressé contre les musulmans d'Abobo II. On pourrait le résumer en ces termes :
- Il n'a jamais été question de contrôle de carte de séjour devant les mosquées.
- Ce sont les musulmans qui ont provoqué les policiers qui, pour se défendre ont appelé du renfort.
- Il n'y a pas de profanation du lieu de culte.
- L'incident a été vite clos puisque la prière du Vendredi a pu se poursuivre. (Tranquillement, NDLR) après.
Après ces déclarations pour le moindre grotesques on s'attendait à une réaction prompte du CNI pour éclairer l'opinion publique et "laver" l'honneur des musulmans souillé. Et pourtant c'est le silence le plus complet.
Que se passe t-il ? Qui du gouvernement ou des musulmans a menti ? Pourquoi le CNI ne réagit-il pas ? Qui protège quoi ?
Voici des questions légitimes que se posent les musulmans que nous avons approchés.
Honnêtement, le CNI doit expliquer. Il doit éclairer la nation et donner sa part de vérité. L'histoire de notre pays est pleine de ces situations rocambolesques dont le dénouement n'est jamais connu car à la fin, chacun des protagonistes cherchent à camoufler la vérité. Cette fois-ci, il s'agit d'une question d'honneur... de la dignité de notre Oumma (Communauté) les représentants ("porte paroles officiels") de l'Islam en Côte d'Ivoire ne doivent pas l'ignorer. Dieu ne nous dit-il pas dans le Saint Qour-an que "ceux qui éviteront la perdition parmi les hommes seront ceux qui ont cru, fait de bonnes oeuvres, qui se sont recommandés la vérité..."
Vivement le CNI doit parler. La nation veut savoir la vérité, c'est en situant les responsabilités qu'on pourra apaiser les uns et les autres.
ABDOUL KASSIM
ABIDJAN
Abidjan, le 16 - 10 - 1994
A la rédaction du mensuel "ALIF"
Chers Frères, Assalam Aleikoun
J'ai saisi l'opportunité qu'offre "ALIF - COURRIER" pour attirer l'attention du gouvernement et surtout celle des musulmans parents d'élèves de lycées et collèges sur le problème que posent les cours débutant à 13 heures aux élèves musulmans.
Le vendredi 14 - 10 - 94, vers 12 heures (midi), mon neveu se précipite sur son ensemble kaki. Je lui demande si c'est en kaki qu'il ira à la prière du vendredi et il me répond qu'il va à l'arrêt de bus car il a cours à 13 heures.
Cours à 13 heures, prière à 13 heures, que choisir ? C'est le lieu de rappeler aux musulmans et d'informer les non-musulmans que les musulmans n'ont ni Sabbat ni Dimanche. Ainsi toutes les occupations normales sont permises le vendredi à condition d'être à temps pour les prières surtout celle de 13 heures qui ne peut être aucunement "rattrapée" une fois ratée et elle est spéciale. La prière de Asr (15 h 30 - 16 h) est devenue une prière à rattraper et les rares élèves qui essaient de la faire à temps, s'ils ne rencontrent pas l'hostilité du professeur, ne manqueront pas de se faire traiter d'intégristes par certains, en tout cas tout pour les décourager.
La prière est un pilier de l'Islam et est considérée comme le Fondement de la Religion. Sa vitalité et son importance dans la vie du musulman sont incontestables. Voyons ce que le Coran dit à ce sujet : "Qu'est-ce qui vous a fait entrer dans l'enfer ? Ils diront : Nous n'étions pas parmi ceux qui accomplissent la salaat". L'Envoyé d'Allah (PSL) a dit : "Celui qui fait la salaat régulièrement et de la façon prescrite, elle sera une lumière, une preuve (de sa foi) et un moyen de secours (contre le châtiment) le jour de la Résurrection. Mais celui qui ne l'accomplit pas régulièrement de la façon prescrite, elle ne sera pour lui ni une lumière, ni une preuve, ni un moyen de secours le jour de la Résurrection ; il sera ressuscité parmi Qaroun, Pharaon, Hamaan et Ubayibn Khalaf".
La Oumma Islamique en général et nos autorités religieuses en particulier doivent se pencher sur ce problème pour éviter aux jeunes musulmans d'inscrire sur le tableau de rattrapage la prière de 13 heures.
Qu'Allah nous aide à accomplir la salaat régulièrement, durant les heures prescrites et de la façon prescrite. Qu'il nous aide à l'améliorer et à avoir le courage de la modifier en fonction de celle du prophète (PSL) s'il y en a lieu sans craindre les critiques de ceux qui critiquent et les blâmes de ceux qui blâment. Car "Allah ne change pas ce qui est en un peuple avant que celui-ci change ce qui est en lui-même".
Qu'Allah nous aide à le rappeler, à être reconnaissants envers lui, et à l'adorer dans la meilleure façon.
Massalam Adama Soumahoro
14 BP 1158 Abidjan 14
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N° 2789 du 20 -03 - 92
EDITORIAL
Faut-il avoir pitié de l'Afrique, des dirigeants africains, des peuples africains ? Faut-il les plaindre ?
Les africains ne commencent à prendre conscience de leur situation que lorsqu'ils sont interpellés par les occidentaux. Il a fallu que le sommet de la BAULE somme les chefs d'Etat africains d'instaurer la démocratie pour que certains parmi eux s'empressent de faire un semblant de démocratie. Tous ceux qui veulent se faire une place au soleil dans leurs pays vont faire allégeance aux occidentaux. Le premier ministre Zaïrois KENDO Wa Dondo pour se faire une légitimité est obligé de parcourir toute l'Europe. Le peuple zaïrois qu'il est censé gérer compte peu pour lui. S'il n'a pas leur soutien ce n'est pas grave. le président béninois est obligé de s'opposer à une augmentation raisonnable des salaires des travailleurs décidée par les élus du peuple, pour appliquer vaille que vaille les recommandations du F.M.I. et de la Banque Mondiale. En Côte d'ivoire les prix des tickets de bus ont été augmentés sur injonction des bailleurs de fond. Peuples africains quand comprendrez-vous que le temps est venu de vous prendre en charge sur tous les plans (économique, social, politique...) même cela doit nous coûter des famines momentanées. Nous sommes déjà dans l'eau pourquoi avoir peur du froid ? Au plan national, plusieurs problèmes concernant la communauté musulmane sont d'une actualité brûlante, il s'agit entre autres des cours de 13 heures, du Problème de réconciliation entre le CNI et le CSI ; de l'accaparement de la télévision par le PDCI et les C.N.B...
Si Dimanche Mr le ministre de l'éducation nationale et les siens peuvent aller tranquillement à l'église et dans les temples, ce n'est pas le cas des professeurs, des élèves, des éducateurs musulmans les vendredis depuis l'instauration de la double vacation qui fait que les cours commencent à 13 heures. Cette situation n'émeut pas le ministre de l'éducation qui est en même temps président de l'ADIR (Association pour la Défense des institutions Républicaines). La Côte d'ivoire est un Etat laïc, c'est ce que la constitution ivoirienne en son article 2, titre 1er dit : "La République de Côte d'ivoire est une et indivisible, LAIQUE, démocratique et sociale...". Mais on a l'impression que la pratique de la laïcité se fait souvent à deux vitesses. En tout cas dans certaines situations l'on se met à douter de la bonne foi de cet article de notre loi fondamentale. D'ailleurs l'article 18 de la déclaration universelle des droits de l'homme qui précise que la liberté de culte est un droit fondamental. Il faut que nos autorités comprennent une bonne fois pour toute qu'elles doivent tenir compte de toutes les composantes de la société ivoirienne avant de prendre des mesures qui finissent par être impopulaires. Sur le plan européen, notre attention a été retenue par la résurgence du problème des foulards dans les écoles françaises. Le gouvernement français interdit le port des foulards aux filles musulmanes. Celles qui ont essayé ont été exclues. La France "championne" des droits de l'homme ayant pris part à la rédaction de la déclaration universelle des droits de l'homme est en train d'oublier son droit. Voici ce que l'article 18 dit à propos de la liberté de conscience : "Toute personne a droit à la liberté de penser, de conscience, de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites".
Les français savent-ils que le fait de se protéger les cheveux est une injonction de Dieu à l'endroit des femmes. C'est une recommandation de Dieu. S'il se trouve des femmes pour ne pas la mettre en pratique ça c'est leur affaire, mais de grâce qu'on laisse celles qui veulent être en harmonie avec les principes de Dieu. Dans la Sourate 24 intitulée la lumière Verset 31 voici ce que Dieu dit : "Dis aussi aux croyantes qu'elles ne fassent pas étalage de leurs parures, hormis celles qu'on ne peut tenir cachées. Qu'elles rabattent leurs voiles sur leurs poitrines et qu'elles veillent à ne pas étaler leurs ornements, sauf devant leurs époux, leurs pères...". Vis-à-vis de Dieu les jeunes collégiennes et lycéennes ne sont pas en faute. Elles le sont encore moins devant les droits de l'homme. Où est le problème ? Nous assistons de plus en plus à une nouvelle dictature celle de la fameuse laïcité. C'est dommage.
OUATTARA ISSOUF
COMMUNIQUE
Tous les convertis, toutes les converties et tous ceux qui sont intéresses par un quelconque sujet sur les pratiques de la prière, le dogme la charia ... , peuvent nous écrire. Une rubrique leur sera ouverte inch'ALLAH dans les prochains ALIF.
NOVEMBRE 1994
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ISLAM ET DEMOCRATIE (suite)
Dans la sourate 33 il est verset 53 <<ô croyants ! n'entrez point sans permission dans la maison du Prophète, excepté lorsqu'il vous invite à sa table. Rendez-vous y lorsque vous êtes appelés. Sortez séparément après le repas et ne prolongez point vos entretiens Vous l'offenseriez. Il rougirait de vous le dire ; mais Dieu ne rougit de la vérité... évitez de blesser l'Envoyé de dieu...>>
Verset 54 <<l'action que vous produisez au grand jour, celle que vous ensevelissez dans l'ombre, est également dévoilée à ses yeux>>.
Verset 56 <<Dieu et les anges sont favorables au Prophète. Croyants adressez pour lui vos prières du Seigneur et prononcez son nom avec salutation>>.
Verset 57 <<Ceux qui offenseront dieu et son Envoyé seront maudits dans ce monde et dans l'autre et abandonnés aux supplices ignominieux>>
Verset 40 <<MOHAMED n'est le père d'aucun de vous. Il est l'envoyé de Dieu et le sceau des prophètes. Dieu connait tout>>
Verset 45 <<ô Prophète nous t'avons envoyé pour être témoin, pour annoncer nos promesses et nos menaces>>
Les tendances qui sont apparues dans l'islam après le prophète ne sont pas des mouvements d'opposition au Prophète mais des courants fondés sur des querelles de successions : les musulmans ne peuvent admettre d'opposition à la volonté du Prophète si ce n'est celle d'Allah.
L'Islam là aussi en tant que religion n'est pas démocratique. Que des Imams s'opposent à l'intérieur d'une mosquée pour la direction de la prière ne signifie pas opposition, ni démocratie à l'intérieur de l'islam, mais voudrait simplement dire que le conseil d'administration de la mosquée procède démocratiquement pour désigner son Président, son recteur ou son imam. La compétition ne se fait pas pour s'opposer au Prophète mais pour diriger la prière. Ce n'est pas l'islam qui fait l'objet du choix mais la gestion de la mosquée.
On ne peut parler de démocratie à l'intérieur de l'islam.
- 4ème critère : Dans l'organisation il faut qu'il soit garanti des droits individuels fondamentaux, droits de voter, de critiquer, d'agir l'islam ne respectant pas les trois premiers critères il lui sera difficile de remplir le dernier. Le poste du Prophète n'étant pas électif, le message du Coran n'étant pas mis en référendum il va de soi qu'en ce qui concerne des règles de la pratique de l'islam, il n'y a pas de droit pour les croyants de contester les versets du Coran, même si le Coran donne toute latitude aux croyants d'organiser la vie selon les préceptes musulmans. Le Coran dit à la sourate 64 verset 11 <<Aucun malheur n'atteint l'homme sans la permission de Dieu. Dieu dirigera le coeur de celui qui croira a lui. Dieu voit tout>>
Verset 12 <<Obéissez à Dieu, écoutez son envoyé, mais si vous tournez dos, notre envoyé n'en sera pas coupable : il n'est chargé que de vous prêcher clairement.
Et le Coran dit <<ô croyant ! le seigneur vous a envoyé l'islamisme et un apôtre pour vous parler des miracles évidents. Il fera sortir des ténèbres à la lumière ceux qui auront cru et pratiqué la vertu. Ils seront introduits dans les jardins arrosés de fleuves et y demeureront éternellement. Dieu leur réserve les dons les plus magnifiques>>
Les droits des musulmans sont fixés par l'islam et ne sauraient contester l'islam. Le Coran dit dans sa sourate 13, verset 14 "le tonnerre".
<<ne voient-ils pas que nous avons pénétré dans leur pays et que nous en avons resserré les limites ? Dieu juge et personne ne révise ses arrêts. Il est prompt dans ses comptes>>.
Dans la même sourate au verset 11 il est écrit <<Tout homme a des anges qui se succèdent sans cesse, placés devant lui, derrière lui ; ils veillent sur lui par ordre du Seigneur. Dieu ne changera point ce qu'il a accordé aux hommes tant qu'ils ne le changeront pas les premiers. Quand il veut les punir, rien ne peut lui mettre obstacles ; les hommes n'ont aucun autre protecteur que lui>>
Au verset 16 le Coran dit <<Quel est le souverain des cieux et de la terre ?
Répond : c'est Dieu. L'oublierez-vous pour chercher des patrons incapables de se protéger eux-mêmes ou de détourner d'eux ce qui leur nuit ? Dit-leur : l'aveugle sera t-il considéré l'égal de celui qui voit et les ténèbres et la lumière, donnera t-il pour compagnon à Dieu des divinités qui auraient créé comme a créé dieu, en sorte que les deux créations se confondent à leurs yeux ? Dit plutôt : dieu est créateur de toute chose ; il est unique et victorieux>>.
Verset 25 <<Ce qui violent le pacte de dieu après l'avoir accepté, qui séparent ce que Dieu a voulu unir et commettent les iniquités sur la terre : ceux-là, chargés de malédictions auront pour séjour une demeure affreuse>>
Les préceptes du Coran du Prophète et de Dieu ne se discutent pas. Le musulman n'est libre de critiquer le Coran sinon il n'est plus musulman. Il sera puni par l'enfer.
Les diables ne sont pas concurrents de Dieu car pour l'islam dieu est le créateur de toute chose.
La réponse n'est donc pas surprenante, aux regards des critères de démocratie dans les organisations, l'islam, n'est pas démocratique
Ce résultat de notre analyse n'est pas propre à notre islam mais un certain nombre d'organisation sociales ne saurait admettre ces critères de démocraties.
Prenons le cas d'une entreprise, y a t-il démocratie dans l'entreprise ? Non, car les procédures dites de prise de décisions ne sont pas démocratiques au seins de la firme. L'autorité dans l'entreprise est acceptée contractuellement. Le volume de la production, les prix à appliquer, les salaires, l'affectation du personnel ne se font pas par des processus démocratiques. L'environnement concurrentiel ou non impose des contraintes aux firmes qui ont pour objectifs de maximiser leur profit ou minimiser leurs charges
Cet objectif exige une organisation de l'autorité que présentent les organigrammes, la circulations de l'informations stimule la prise de décision et les compétences, la formation, le secteur d'activité, le marché déterminent les systèmes d'organisation.
On pourrait citer aussi l'Armée. L'autorité dans les corps militaires réside dans les gardes des agents, le soldat quelque soit son âge et son expérience obéira à l'officier à partir du moment où celui-ci est plus gradé que lui.
L'église, ou la religion chrétienne ne peut pas, elle non plus être présentée comme une religion démocratique, la hiérarchie de l'église ne s'obtient pas démocratiquement. Les fidèles croyants n'ont pas pu voter pour ou contre Mgr YOGO pour que celui-ci accède à l'archevêché. Même si le Pape est élu dans le collège des évêques, son mandat n'est pas rapidement mis en jeu après quelques années. Il est pape à vie et cela n'est pas démocratique. Jésus-Christ a t-il été l'élu du peuple de Jérusalem ? Même les syndicats qui sont des organisations politiques au même titre que les partis politiques, ne sont pas démocratiques. La démocratie est non seulement absent des syndicats mais y est même impossible. Alors est-il surprenant que l'islam qui a une dimension temporelle et spirituelle ne doit pas démocratique ?
La question n'a pas beaucoup d'importance car la foi au Coran et au Prophète consacre la vie du musulman et donc de l'islam. Les organisation sont plus ou moins démocratiques en fonction des objectifs qu'elles cherchent et de l'organisation interne du pouvoir susceptible de conduire à moindre coûts à ces buts. Le Coran pas une création humaine. Il s'agit de la parole de Dieu et cela n'est pas discutable pour le musulman, tel est l'islam.
La seconde question qui se pose alors à nous est celle de savoir si l'islam est adaptée à la démocratie.
II - L'ISLAM EST ELLE UNE RELIGION COMPATIBLE AVEC LA DEMOCRATIE
Plus haut lorsque nous avons présenté notre démocratie. Celle-ci a été présentée comme un système politique qui admet que le pouvoir politique puisse être par les intérêts particuliers de la société civile. Le privé est un contre-pouvoir car elle décentralise les pouvoirs et évite la tyrannie d'une autocratie, la propriété, nous l'avons montré, et donc avec la liberté le fondement de la démocratie. La propriété fonde les contre-pouvoirs tandis que la liberté garantit que la démocratie aura des effets bénéfiques énormes sur le bonheur c'est-à-dire l'agencement heureux entre la sûreté, la prospérité et la liberté.
Donc, se poser la question de la compatibilité entre l'islam et la démocratie revient en réalité à s'interroger sur l'opinion islamique, sur la propriété et sur la liberté.
Nous commencerons par présenter comment la propriété est retenue comme valeur sacrée par l'islam, ensuite nous aguerritons de la liberté dans le raisonnement pour enfin en arriver à la conclusion que de par ses origines, l'islam est très adaptée et compatible avec la démocratie. Une fois établie cela nous analyserons la question du musulman et de la démocratie en Afrique Noire avant de déterminer notre exposé par des conclusions qui reprendront les grandes conclusions de cette réflexion.
III - A- LA PROPRIETE ET LA LIBERTE DANS L'ISLAM.
Les musulmans sont dispersés partout dans le monde et il leur est impossible de se regrouper dans une même république, sur un même territoire pour appliquer à un niveau collectif sans distinction, les préceptes du Coran. l'islam, dans ces conditions deviendrait la règle de vie pour tous musulmans et non musulmans. Les différentes tendances islamiques se rencontreraient pour choisir par le suffrage universel leur Président. Mais ce président sera-t-il un commandeur universel comme l'a été le Prophète ? Non, car le prophète n'est pas l'élu des hommes et il est loin au-dessus des hommes.
Mais si dans ce pays, sur cette terre, et au même moment il y avait dans le pays des non musulmans, des animistes, des chrétiens etc., l'islam s'imposerait-il à tous sans distinction ? la réponse a cette question est délicate surtout qu'aujourd'hui l'on voit naître des républiques islamiques laissant à croire que la constitution d'une telle république s'imposerait à tous, musulmans et non musulmans.
Les écritures nous apprennent pourtant que lorsqu'en l'an 1 l'Hégire (623), le Prophète proclama la constitution de la cité-Etat de Médine, chaque tribu païenne ou religieuse était considérée comme libre de se faire régir par les lois et traditions de son choix, les juifs, les païens et autres pouvaient conserver leur religion et leur croyance, les lois de chaque groupe non musulmans étaient respectées par la première constitution islamique respectait ainsi les préceptes du Coran.
Dans la sourate II "la génisse" verset 62 il est écrit <<ceux qui ont cru, ceux qui suivent la religion juive, les chrétiens, me sabéens et quiconque aura cru en Dieu et au jour dernier et qui ont pratiqué le bien, tous ceux-là recevront une récompense de leur Seigneur ; la crainte ne descendra point sur eux, et ils ne seront point affligés>>.
Mais MAHOMET (S.A.W) était convaincu que l'islam était la seule voie de salut mais il laissait le soin aux autres de faire le choix.
Voir sourate III verset 82 et 83 <<quiconque désire un autre culte que l'islam, ce culte ne sera point reçu de lui et il sera dans l'autre monde du nombre des malheureux>>.
La constitution de Médine présente ainsi plusieurs articles nous en retiendrons quelques uns tirés de VIRGIL CHEORGHIU <<la vie de MAHOMET>> Presses-Pocket, Plon 1962- PP 205- 209.
Article 13 <<Les croyants devront se mettre contre celui d'entre eux qui aura commis une violence ou aura désiré une injustice, un crime ou encore une transgression des droits ou une perturbation quelconque parmi les croyants, et les mains de tous se lèvent contre celui-là, fut-il fils de l'un d'eux>>.
ALIF
C'est mon journal préféré
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LUCARNE FORMATION
ASSALAM ALEIKOUN WA RAMATOULAYE
TANA WA BARAKATOU
Mes deux petits frères et moi âgés respectivement de 3 et 14 ans sommes orphelins de père. Mon oncle paternel insiste pour avoir notre tutelle. Ma mère qui craint qu'il ne dilapide nos biens, veut refuser. Islamiquement et légalement a-t-elle le droit de le faire ?
DIALLO Fatim à Abidjan
Le problème que tu poses, Fatim, est un fait social très courant de nos jours.
Dès l'annonce du décès d'un frère, les survivants ne s'intéressent qu'à son héritage. Et pour cela, il invente toutes les astuces et les moyens de pression pour convaincre les veuves d'accepter leur offre "bénévole". Ainsi il se présente comme des oncles attentionnés et prévenant à l'égard des veuves.
Lorsque celles-ci refusent, ils utilisent alors la coutume et la tradition. Il faut tout de même reconnaître qu'il y a une minorité d'oncles qui utilisent réellement les biens laissés par les défunts pour s'occuper des veuves et des orphelins. Mais dans la majorité des cas, ceux-ci, une fois en possession des biens, les utilisent pour satisfaire leurs propres enfants. Ils laissent ainsi les orphelins dans le dénouement le plus total. Sache que ceux-là peuvent encourir la colère de Dieu qui dit dans le Coran "Quant à l'orphelin n'opprime pas" (Sourat 93 "le jour montant" Verset 9).
Dans le Sourate 4 "Les femmes" au Verset 10 il interdit clairement de dilapider les biens des orphelins. "Oui ceux qui mangent injustement les biens des orphelins ne font que manger du feu dans leurs ventres. Ils tomberont bientôt dans l'enfer - Saïr".
Comme tu le vois, toute personne qui utilise les biens des orphelins pour satisfaire ses propres besoins commet un grand péché.
Le code civil Ivoirien a aussi mis en place des règles susceptibles de protéger les orphelins et les veuves contre les abus des parents du défunt.
La mère a la prééminence dans le choix du titulaire de la puissance paternelle.
En cas de décès du père, l'article 7 de la loi 70 - 483 du 3 Août 1970 sur la minorité. Confère à la mère légalement marié la garde juridique et la puissance paternelle automatique des enfants mineurs. De même l'article 9 de la même loi confère ces mêmes pouvoirs à la mère non mariée légalement vis-à-vis de ses enfants. Ainsi comme tu le vois ta mère peut assurer votre tutelle durant votre minorité jusqu'à ce que vous ayez 21 ans (la majorité).
Pour cela, il lui faut saisir le juge des tutelles au tribunal du lieu où vous vivez qui va ouvrir un dossier qui lui permettra d'avoir votre garde juridique paternelle si elle est sûre de la probité et de l'honnêteté de ton oncle, elle peut accepter de lui confier votre tutelle. Il sera soumis à un contrôle exercé sur sa gestion par un conseil de famille composé par des parents des familles paternelles et maternelles.
Le tuteur doit rendre compte à la fin du mandat.
De même que Dieu exhorte les croyants à remettre aux orphelins leurs biens lorsqu'il dit dans la Sourate 4 "Les femmes" Verset 6, "Vous pouvez éprouver les orphelins. Lorsqu'ils atteignent la puberté et que vous sentez chez eux une bonne conduite alors remettez leur leurs biens, prenez des témoins contre eux. Mais quel suffisant comptable que Dieu".
De même le code civil prévoit que tout tuteur doit tenir des documents de gestion des biens des orphelins et leur rendre compte de sa gestion à leur majorité.
Au cas où il aurait abusé inconsidérément de ces biens, ceux-ci peuvent le poursuivre en justice pour lui demander des comptes. Article 90 de la loi sur la minorité.
Le tuteur peut-il user modérément des biens du mineur.
Le tuteur a pour rôle principal d'encadrer les mineurs et de gérer leurs biens dans leur intérêt. Il peut arriver qu'ils utilisent une partie pour vivre.
Dieu dans sa gestion a prévu que le tuteur peut "puiser dans les biens des mineurs de "quoi manger convenablement au titre de sa rémunération". Mais il faut que ce tuteur soit "très pauvre" et n'ait pas d'autres ressources financières.
Comme tu le vois, Fatim, ta mère peut refuser de confier votre tutelle à une autre personne. Si elle a les moyens intellectuels (un peu d'instruction et d'intelligence) et les moyens physiques (du courage et beaucoup d'amour pour vous, je lui conseille d'assurer notre garde juridique qui lui permettrait de gérer vos biens à votre profit.
Ton frère OUBA
MUSULMANS : « pas d'esprit de CLAN en Islam ... »
L'islam est une religion universelle qui condamne l'esprit de clan, le tribalisme, le régionalisme, l'ethnocentrisme et leurs corollaires.
Une guerre contre les traditions anti-islamiques
De même que l'Islam a déclaré la guerre aux croyances et aux superstitions antéislamiques à cause du danger que cela représentait pour la raison, le caractère et le comportement, il a déclaré la même guerre aux traditions d'Islam qui étaient basées sur le tribalisme, la vanité, l'orgueil et la glorification de sa propre tribu.
La première chose qu'a faite l'Islam dans ce domaine fut d'avoir anéanti l'esprit de clan sous toutes ses formes. Il a interdit aux Musulmans de faire renaître n'importe laquelle de ses tendances ou d'y appeler les autres.
Le Prophète (BSDL) a renié tout lien avec celui qui le fait. Il a dit : "N'appartient pas à notre communauté celui qui appelle à un clan ou qui combat pour un clan et n'est pas des nôtres celui qui meurt en ayant l'esprit de clan".
Il ne fait aucune distinction à cause d'une couleur déterminée de la peau, ni pour une race particulière, ni pour quelque situation géographique.
Il n'est pas permis au Musulman de prendre parti pour une couleur contre une autre, ni pour un peuple contre un autre, ni pour une contrée contre une autre.
Il n'est pas permis à celui qui croit en Dieu et au jour ultime de prendre la défense de son peuple dans le droit et l'imposture, dans la justice et l'injustice.
Ouathila Ibn Al Asqaâ rapporte :
"J'ai dit : "Ô Messager de Dieu ! Qu'est ce que l'esprit de clan" ? Il dit : "C'est quand tu aides ton peuple dans l'injustice".
Dieu exalté a dit : "Ô vous qui avez cru ! Pratiquez constamment la justice et soyez témoins pour Dieu contre vous-mêmes ou contre les deux géniteurs et les proches parents" (Chap. 4 Verset 135). "Que votre aversion pour un peuple ne vous porte pas à ne point être justes" (Chap. 5 Verset 8).
Quant à ce adage antéislamique qu'on prenait à la lettre "aide ton frère qu'il soit injuste ou victime d'une injustice", le Prophète (BSDL) en a rectifié la signification.
Quand il prononça cette formule à ses compagnons, une fois que leur foi s'enracina dans leurs cœurs, et visant à travers elle une autre signification, ils s'en étonnèrent profondément et dirent : "Ô Messager de Dieu ! Nous sommes d'accord à le secourir quand il est victime d'une injustice mais comment l'aider dans sa propre injustice" ? Il dit : "vous l'empêchez de la commettre et c'est ainsi que vous l'aidez".
Il en découle que toutes les fois que les Musulmans appellent à une appartenance régionale (patriotisme) ou à une appartenance raciale (nationalisme ce n'est là qu'un appel de l'anarchie antéislamique que renie l'Islam ainsi que son messager et son Livre.
L'Islam ne reconnaît aucune allégeance autre que sa foi, aucun lien autre que sa fraternité, et aucune séparation autre que la croyance et la mécréance différenciant les hommes les uns des autres.
Le mécréant hostile à l'Islam est l'ennemi du Musulman même s'il est son voisin dans sa patrie, ou s'il est l'un de ses concitoyens et même s'il est son frère de père et mère.
Dieu exalté a dit : "Tu ne trouves pas des gens qui croient en Dieu et au jugement dernier se liant d'amitié agissante avec ceux qui vivent dans la haine et l'animosité de Dieu et de son Messager quand bien même ce serait leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu" (chap. 59 Verset 22).
"Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas vos pères et vos frères comme amis intimes s'ils ont préféré la mécréance à la foi". (Chap. 9 Verset 23).
On ne doit pas se vanter de ses parents ou de sa couleur.
Al Boukhary rapporte que Abou Dharr et Bilal l'abissin (DAS) et ce sont tout deux des pionniers de l'Islam, se fâchèrent l'un contre l'autre et échangèrent des insultes sous l'effet de la colère. Abou Dharr dit à Bilal : "Ô fils de la noire !"
Bilal s'en plaignit auprès du prophète (BSDL) qui dit à Abou Dharr : "Tu l'as donc dénigré au sujet de sa mère ? Tu es un homme ayant gardé quelque chose de ses défauts antéislamiques".
Abou Dharr rapporte que le Prophète (BSDL) lui a dit : "regarde bien, tu n'es nullement meilleur qu'un rouge ou qu'un noir sauf si tu es plus pieux que lui". Il dit aussi : "vous êtes tous les fils d'Adam et Adam a été créé de terre".
Ainsi l'Islam a interdit au Musulman de se laisser aller aux passions antéislamiques comme le fait de se vanter de ses parents et de ses ancêtres, ou de tirer quelque grandeur de ses pères et de ses aïeux et de se dire les uns aux autres : "Je suis le fils d'un tel ou je suis de telle descendance et toi de telle autre, je fais partie des blancs et toi tu fais partie des noirs.
Je suis arabe et tu es mon arabe.
Quelle est la valeur de ta famille et des origines quand tous les humains ont la même origine ?
Si même on admet que la famille a quelque valeur, quel mérite ou quel péché a l'homme de naître de tel père ou de tel autre ?
Le Messager de Dieu (BSDL) a dit : "Ces origines dont vous vous vantez ne peuvent servir à injurier quelqu'un. Vous êtes tous les fils d'Adam. Nul n'est meilleur qu'un autre si ce n'est par sa religion et par sa piété".
"Tous remontent à Adam et Eve... Dieu ne vous demandera pas compte de vos origines et de vos familles le jour de la résurrection. Les plus nobles d'entre vous sont pour Dieu les plus pieux".
Le prophète (BSDL) a déversé toute sa colère sur ceux qui se vante de leurs pères et de leurs aïeux en des termes péremptoires et percutants. Il a dit : "Ou bien des gens cesseront de se vanter de leurs pères qui sont morts et qui ne sont désormais que le charbon de l'Enfer, ou bien ils seront pour Dieu plus méprisables que le scarabée qui pousse les excréments avec son nez.
"Dieu vous a débarrassés de la sottise antéislamique et de cette manie de vous vanter de vos pères. Il n'y a qu'un croyant pieux ou un misérable dévergondé. Les gens sont tous les fils d'Adam et Adam a été créé de terre".
Dans ce Hadith il y a un rappel à ceux qui tirent gloire de leurs premiers aïeux tels les pharaons ou les rois perses et autres arabes et non arabes d'avant l'Islam qui ne sont plus que le charbon de l'Enfer comme l'a dit le Messager de Dieu.
Dans son pèlerinage d'adieu alors que des milliers écoutaient l'Islam dans le jour le plus noble du séjour à Mina, dans le mois sacré et sur cette terre sacrée, le Prophète (BSDL) prononça le sermon d'adieu. Parmi les principes qu'il avait proclamés il y eut les recommandations suivantes :
"Ô gens ! Votre Seigneur est un. Attention ! Aucun arabe n'est meilleur qu'un non arabe, aucune non arabe n'est meilleure qu'un arabe, aucun rouge n'est meilleur qu'un noir et aucun noir n'est meilleur qu'un rouge, si ce n'est par la piété. ("votre plus noble auprès de Dieu est votre plus pieux").
Extrait du livre :
le licite et l'illicite.
NOVEMBRE 1994
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ACTUEL
CONFERENCE DE PRESSE DE Mr DUNCAN
LES IVOIRIENS DISENT « Ça ne va pas »
| Nous avons tenté d'avoir les photos de nos interlocuteurs.
| Mais ils ont préféré parler à visage caché.
**SADIA ABDOULAYE**
(Gérant de Cinéma)
"Moi je ne m'y connais pas en matière de finances mais je sais une chose, c'est que malgré les beaux discours du premier ministre, la dévaluation a fait diminuer notre clientèle depuis plusieurs mois. Et nous ne voyons pas concrètement la normalisation dont parle le premier ministre"
**DJEDJE ADAMA**
(Vendeur dans un Kiosque à journaux)
"Tout ce que moi je sais c'est que les Ivoiriens achètent de moins en moins de journaux. Si comme le premier ministre le dit que ça va, les Ivoiriens devraient avoir un peu plus d'argent. Alors moi je ne sais pas si ce qu'il dit est vrai"
**M. K.**
(Pharmacienne)
"Certains collègues ont vu une partie de leurs créances remboursées. C'est simplement ce qui m'indique moi, que la situation s'améliore. Sinon pour le reste, tout coûte aussi cher. Les clients ne se bousculent plus à nos portes"
**COULIBALY Ahmed**
(Boucher)
"La dévaluation je ne saurais vous dire ce que c'est. Mais je peux vous dire qu'on achète de moins en moins la viande venue de chez les blancs. Nos frères du Burkina nous vendent de la viande moins chère. Mais malgré tout, les achats ont diminué un peu. On sent que les Ivoiriens ont des problèmes"
**Ouattara Djibril**
(Chauffeur de Gbaka)
"L'essence coûte cher, sans parler des pièces de rechanges. Les clients, beaucoup d'entre eux préfèrent marcher. Avant, on avait des clients pour des distances très courtes, mais maintenant tout ça c'est fini. Et si dans cette situation le premier ministre vous dit que ça va, c'est qu'il a ses raisons"
**Mme Soro Assata**
(Commerçante)
"Notre commerce ne marche plus. Les Ivoiriens ne remboursent plus les crédits.
Je ne sais pas où va se terminer cette situation, mais si ça continue moi je fermerai ma boutique"
**Koffi Hilaire**
(Enseignant)
"Si le premier ministre dit que ça va, je pense que ça ne peut être que le cas.
Mais la vie quotidienne des Ivoiriens devient un enfer. Tous les facteurs connaissent une hausse de prix, c'est un élément qui laisse les Ivoiriens sceptiques"
**YAPO Charles**
(Fonctionnaire, Ministère de la Sécurité)
"Moi, je crois qu'on nous berne. Et c'est toujours comme ça dans ce pays. Ça ne va pas mais on nous dit que c'est le cas. Avec la question de nos cartes de bus, ça devient très dure"
**DIOMANDE Sékou**
(Démarcheur en assurance)
"Je ne sais pas si le ministre a conscience de ce que vivent les Ivoiriens au quotidien. On ne saurait demander à quelqu'un dont le salaire ne lui suffit même pas, d'épargner ou de prendre une police d'assurance. C'est dramatique car certains de nos clients ont même interrompu leur contrat avec nos maisons"
**SAMIR ZORKHOT**
(Gérant de Quincaillerie)
La dévaluation, c'est très dur. Nous avons été obligés d'augmenter les prix de tous nos articles parce que nous les achetons désormais assez cher. Etant donné que nous importons beaucoup de nos articles, vous imaginez. Même les autres produits fabriqués sur place ici nécessitent des composants importés qui eux ont augmenté de prix à cause de la dévaluation. En tout cas nous sentons une baisse de notre clientèle qui préfère désormais faire les achats à la casse, où elle trouve des articles d'occasion à un moindre coût.
**TAPE Léopold**
(Gendarme - Parent d'élève)
En tant que parent d'élève je ne peux que vous dire que la dévaluation nous complique sérieusement le quotidien.
Les fournitures scolaires coûtent très cher ce qui nous empêche d'acheter la totalité des fournitures par enfant. Moi j'ai choisi de le faire pour ceux qui sont en classe d'examen. Très franchement nous ne voyons pas comment se fait l'amélioration dont parle le premier ministre.
**Lou Sidonie**
(Commerçante de Vivriers)
Nous, on ne connaît pas ce dont vous parlez. Mais pendant un moment tout le monde en parlait, à la télé, à la radio, etc...
Ce qui est sûr c'est que nous, nous payons le carburant un peut plus cher qu'avant la dévaluation. La location des véhicules pour le transport de nos produits se fait donc de plus en plus élevé. A part cela, nos affaires marchent comme d'habitude, on ne se plaint donc pas.
Propos recueillis par SYHABO
***
**DEVALUATION DU F CFA**
**DUNCAN REVE... LES IVOIRIENS S'ESSOUFFLENT.**
| Jeudi 29 Septembre dernier, le premier ministre a tenu une autre conférence de presse. Comme seul point à l'ordre du jour : la dévaluation du F CFA 9 mois après. Sur toute la ligne, et deux heures durant, Daniel Kablan DUNCAN n'a crié qu'à l'auto-satisfaction, et pourtant...
Dans le cadre de ses contacts avec la population à travers la presse, le premier ministre Daniel Kablan DUNCAN faisait pour la troisième fois le bilan de la dévaluation du F CFA 9 mois après son instauration. Dans tous les cas cette conférence de presse n'était que pure formalité. Pouvait-il en être autrement quand des éminences grises des institutions financières chargées de financer le P.A.S (Plan d'Ajustement Structurel) n'ont cessé de défiler à Abidjan rien que pour nous dire que la dévaluation en Côte d'Ivoire est un exemple à suivre pour les autres pays.
Si ceux-là même qui avaient exigé la dévaluation du F CFA comme condition sine qua non pour continuer de nous aider sont satisfaits de son application et surtout de sa gestion, il serait superflu de voir autrement la situation.
Pour marquer leur satisfaction les bailleurs de fonds n'ont-ils pas d'ailleurs promis d'autres injections financières ?
Il serait donc difficile de ne pas convenir avec notre premier ministre de ce que la dévaluation est en voie d'être maîtrisée.
Mais simultanément, le prix à payer par les populations ivoiriennes se fait de plus en plus élevé et celles-ci ont la nette conviction qu'on s'enrichit désormais à la fois sur leur dos et dans leurs poches d'où le sentiment profond d'un échec de ce changement de parité de notre monnaie.
Malheureusement, l'un des plus grands handicaps de DUNCAN, reste lui-même. L'homme, en plus de sa personnalité quelconque qui n'accroche personne, manque cruellement de vocabulaire ce qui enlève à son langage ce petit plus qui donnait à son prédécesseur une infaillible assurance et une capacité à convaincre son auditoire.
Des milliers d'Ivoiriens se demandent si ce pays dont parle si bien DUNCAN est la même Côte d'Ivoire où chaque jour que Dieu fait est un calvaire pour eux.
Pour la majorité des Ivoiriens, DUNCAN rêve tandis que les Ivoiriens s'essoufflent. Quand on sait que ce souffle-là tient à une santé de fer qui elle même devient de plus en plus chère ; car Guikahuié dans sa générosité agissante version PDCI a bien voulu nous faire payer désormais tous les actes médicaux. Devant toutes ces difficultés quotidiennes, il nous semble impérieux de mettre l'attention sur le maintien de la paix sociale. Or de ce côté ce n'est pas la grande assurance, car si nos forces de l'ordre qui ont pour vocation de maintenir la paix, sont celles-là même qui au nom d'une certaine carte de séjour, jouent les "Rambo" en investissant des lieux de culte, nous sommes donc en droit de nous inquiéter.
C'est donc à propos de cette carte que nous avions souhaité que le premier ministre nous fasse un point financier lors de son "récital". Mais hélas au grand désarroi de milliers d'Ivoiriens DUNCAN s'est non seulement magistralement dérobé, mais en plus, il nous a tous contrarié en disant que la recherche de financement n'était pas au nombre des objectifs de la carte de séjour. Ce qui nous apparaît comme une grossière contre-vérité. Car nous nous souvenons encore très bien de ce que nous a dit son prédécesseur à propos de cette carte de séjour "l'argent n'a pas d'odeur". Il faut de l'argent pour redresser l'économie ivoirienne or il faut bien que cet argent vienne de quelque part.
C'est donc dans ce sens-là qu'il avait imaginé l'instauration de la carte de séjour mettant ainsi à contribution les non-Ivoiriens vivant sur le territoire national. Elle constituait donc aux côtés de plusieurs autres mesures, le chapitre de recherches de "ressources internes" dans le fonctionnement du P.A.S. Même si cette question de finances n'est qu'un objectif intermédiaire, il n'est tout de même pas interdit de nous en faire un bilan. Nous savons par ailleurs que l'instauration de cette carte s'est faite avec la collaboration du ministère des finances. Ce qui est sans commentaires DUNCAN a refusé de nous le faire. Et il a raison, car en Côte d'Ivoire nos gouvernants n'aiment pas faire les bilans qui s'avèrent négatifs. Les autorités qui s'attendaient à ce que l'argent des cartes de séjour tombent dans les caisses de l'Etat ont très vite déchanté car les véritables bénéficiaires sont les agents chargés d'assurer la bonne marche de l'opération. Et au lieu des caisses de l'Etat ce sont leurs proches à eux qui croulent sous le poids des billets de Banque à l'instar de leurs collègues appelés amicalement par les chauffeurs de Gbakas "les partenaires" ou "vulganisateurs" dont les poches sont résonnantes de pièces d'argent.
Devant cette situation nous avons très vite compris notre premier ministre. Mais la remarque qui se généralise de plus en plus au PDCI, est cette tendance à lutter contre le passé. Le prince héritier contre son défunt "père" dont il ne cesse de dénigrer chaque jour les actions ; DUNCAN, contre son initiateur dont il n'avait pas hésité à chanter les éloges lors de l'émouvante passation de service au siège de la primature en Décembre dernier.
Envers et contre tous, nous nous souviendrons pour notre part de certaines des bonnes actions que ces deux personnages ont pu poser en faveur de notre chère Côte d'Ivoire.
SYHABO
NOVEMBRE 1994
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BILAN : « Tout est globalement positif »... « Ça ne va pas... » QUI DIT VRAI ?
Conférence de presse du premier ministre DUNCAN Kablan Daniel : « 9 mois après la dévaluation, tout est globalement positif... ».
« Si nous sommes d'accord avec le premier ministre pour dire que nous devons changer de mentalité afin de nous adapter à la nouvelle situation économique provoquée par la dévaluation. Si nous sommes d'accord avec lui pour dire arrêtons de pleurnicher sur notre sort, mettons-nous au travail pour sortir le pays de la crise qu'elle traverse depuis 17 ans ».
Nous refusons d'admettre avec lui que tout va pour le meilleur des mondes en Côte d'Ivoire.
Ce n'est pas juste quand le premier ministre dit que tout est positif ? Est-ce parce que tout est positif ? Est-ce parce que l'on réussit à satisfaire les desiderata du FMI et de la Banque mondiale que l'on doit être satisfait du bilan ? Voici ce que le premier ministre a déclaré à ce sujet : « En effet, tous les objectifs du programme conclu avec le FMI et la Banque mondiale en matière des finances publiques pour fin Juin ont été exécutés parfois avec d'importantes marges ».
On a l'impression que les dirigeants africains ne jubilent que quand ils ont été bravés par la Banque mondiale, le FMI et la France. « Nous sommes très inquiets parce qu'il semble que nos pays sont gérés par la Banque mondiale, le FMI et la France (Exemple la dévaluation a été imposée à nos chefs). » Nous sommes inquiets parce que souvent nos chefs ne disent jamais la réalité du terrain.
[...]IEL lors de sa conférence satisfaction des bailleurs... (Photo : le changement)
Dans quel pays sommes-nous ?
• Le coût du transport en général a augmenté et celui de la SOTRA en particulier. Le gouvernement continue de pressurer la population. Et comme la population gémit sous le poids de la douleur, on crie victoire. Or le mal est profond. Depuis 15 ans l'on nous abreuve de promesses et d'espoirs. Jusqu'à quand devrions-nous accepter de vivre d'espoirs et de promesses ? Et comme toujours le premier ministre nous dit qu'il fera tout pour que ça marche : "le gouvernement pour sa part continuera à prendre toutes les mesures nécessaires afin de créer les conditions pour assurer la reprise économique et réduire ainsi de façon notoire le chômage et améliorer ainsi le niveau de vie de nos populations". Belle promesse, car à chaque fois qu'on nous promet des lendemains meilleurs, la situation s'est toujours empirée. Nous sommes très inquiets pour l'avenir de nos pays en général et de celui de la Côte d'Ivoire en particulier.
Inquiétude
Nous sommes inquiets parce que l'on a l'impression que tout ce qui s'applique à notre économie vient d'ailleurs et imposé de l'extérieur. Nos chefs ne sont contents que quand ils sont félicités par la Banque mondiale, le FMI et la France. Nous sommes très inquiets parce qu'il semble que nos pays sont gérés par la Banque mondiale, le FMI et la France (Exemple la dévaluation a été imposée à nos chefs...). Nous sommes inquiets parce que souvent nos chefs ne disent jamais la réalité du terrain.
Nous sommes inquiets parce qu'à chaque fois que la crise s'installe dans un pays, c'est le peuple qui paye toujours à la place des fautifs. Nous sommes inquiets parce que les situations que nous vivons aujourd'hui sont le fait de personnes sans morale ni loi et qui de façon impunie ont spolié nos économies. Nous sommes inquiets parce que cette situation a été créée avec la complicité de ceux qui jouent aujourd'hui aux gendarmes, avec la passivité des peuples et le manque de vigilance de nos chefs. Nous sommes inquiets parce que chaque jour l'on nous dit que nous sommes indépendants politiquement. Ce n'est pas juste. On ne peut pas séparer l'indépendance politique de l'indépendance économique. Que vaut une indépendance politique quand économiquement tout se décide ailleurs et l'on est obligé de subir ? Nous sommes inquiets parce que tous ceux qui ont essayé de donner une âme à l'Afrique ont été marginalisés ou éliminés (KWAME NKRUMAH, SEKOU Touré, SANKARA Thomas...).
Nous sommes inquiets parce que nos Etats sont en train de mourir. Il n'existe plus de social dans nos Etats. Aujourd'hui scolariser un enfant devient une gageure pour les parents car l'Etat s'est désengagé complètement. L'Etat n'existe plus dans le domaine sanitaire car tous les patients se prennent en charge. Les chômeurs sont pris en charge par les autres travailleurs. Nous sommes inquiets parce qu'on se demande s'il existe encore un Etat ?
OUATTARA ISSOUF
NOVEMBRE 1994
Jusqu'à quand le peuple de Côte d'Ivoire continuera-t-il d'être pressuré par l'Etat ?
Voilà un pays où les actes répréhensibles de la plupart des dirigeants restent impunis. Bien au contraire, les fautifs sont souvent promus à d'autres postes de responsabilités. Le peuple de Côte d'Ivoire, corps très hétérogène, poubelle à souhait de toutes les intrigues, de toutes les exactions, de toutes les formes d'exploitation, de viol, de vol, d'injustices est la cible visée de tous les rapaces impénitents toujours prêts à le dépouiller jusqu'à son dernier souffle. Les exemples sont nombreux où c'est toujours le peuple qui paye à la place des mauvais gestionnaires.
Le cas du CAFE
De 1975 à 1976 le kilogramme du café sur le marché international était de 4000 F CFA et pendant ce temps on le payait à nos parents pays à 90 F le kilogramme. Et on ne disait pas à nos parents qu'ils étaient exploités. Quand la fameuse crise a commencé à poindre le nez à partir de 1978, alors de façon insidieuse on a commencé à dire que la cause de la crise est le fait des spéculateurs véreux. Et l'on a oublié les spéculateurs nationaux qui ont fait et continuent de faire plus de mal aux paysans (Speculons ? [?]). On s'est plu de diminuer le pouvoir d'achat des paysans, le prix du café est tombé bien bas, le prix des produits, et au même moment les députés voyaient leurs émoluments passés du simple au double et avec eux les ministres. Le peuple n'a que son ventre pour crier famine et misère.
Les sociétés d'Etat
Dans l'euphorie du miracle ivoirien dans les années 1970, plusieurs sociétés d'Etat avaient été créées pour satisfaire certains parents et embaucher quelques "sans emploi". Les PDG de ces "SODE" se sont fixés des salaires mirobolants et des frais de mission exorbitants. Qu'a-t-on fait quand ces SODE ont fait faillite. On les a tout simplement supprimé et mis au chômage les employés. Les employés ont payé la gabegie de leurs PDG qui ont pu être recasés par leur "parapluie". La gestion scandaleuse de nos différentes sociétés a donné lieu à des licenciements abusifs. Plutôt que de rechercher les causes de cette faillite, c'est-à-dire de punir les responsables on a fait endosser aux travailleurs de Côte d'Ivoire les conséquences de cette situation avec l'imposition de la fameuse contribution nationale solidarité de 1 % sur les salaires qui dure depuis près de dix ans alors que c'était prévu juste pour un an.
le cas de la SOTRA
La Société des Transports Abidjanais qui avait le monopole du transport pendant plus de vingt ans n'a pas survécu à sa gestion artisanale. Voici une société qui a tout eu pour réussir, mais les grilleurs de cacahuètes sont passés par là. Une société qui a plus de 1.000 véhicules est tombée à moins de 300 véhicules. A l'époque des 1 000 bus la population d'Abidjan n'excédait pas 1,5 millions d'habitants. A cette époque les 1 000 bus avaient des problèmes pour transporter la population.
Aujourd'hui la population abidjanaise atteint 3 millions d'habitants et il y a moins de 400 bus pour les transporter. Même avec 600 bus à terme la SOTRA est disqualifiée pour le transport des abidjanais. A la vue de l'arrivée de 67 bus dans moins de deux mois le Ministre des Transports jubile pour dire que la solution est trouvée. Non seulement la SOTRA est incapable de transporter les abidjanais, mais elle augmente ses tarifs en disant que c'est du social. On refuse que les GBAKAS transportent les abidjanais sous le fallacieux prétexte de la présence des cahier de charge. Nos dirigeants sont formidables, quand une situation les arrange, ils n'hésitent pas à appliquer les lois et les décrets. Mais dès qu'une situation les dessert, ils oublient l'existence des textes de loi. Les vrais responsables de la déconfiture de la SOTRA de sa création à aujourd'hui sont connus. Que croyez-vous qu'on leur a fait ? Rien. Certains bénéficient de retraite dorée tandis que d'autres continuent de jouir impunément de leur forfait. Les entrées de plusieurs millions à la SOTRA ne sont pas inquiétées. Le parti au pouvoir a fait de la SOTRA une société de transport de ses militants pour les meetings. La SOTRA étant définitivement couchée, on s'attaque aux pauvres travailleurs de ladite société en mettant au chômage 2 500 personnes en leur promettant monts et merveilles. Les travailleurs étaient la cible la plus facile à atteindre. Ensuite, les usagers de la SOTRA devaient subir la mauvaise gestion des dirigeants de cette entreprise en prenant à la figure des augmentations injustifiées. La Côte d'Ivoire dit-on est un pays à économie libérale. Mais au mépris de cette assertion, on interdit à une partie de la population de transporter les travailleurs à des coûts défiant toute concurrence. Pour réussir le combat du transport à Abidjan, il faut le libéraliser, organiser les lignes des "GBAKAS", leur imposer une discipline de conduite. Faire en sorte que les policiers arrêtent d'être des racketteurs de chauffeurs, mais qu'ils deviennent des agents de l'ordre vrai et non autre chose comme c'est le cas aujourd'hui.
Le cas de l'école ivoirienne
Face à la crise de l'école, tous les ingrédients ont été essayés mais en vain. Le Ministre AMON Tanoh Lambert a cru trouver la solution au problème d'effectifs pléthoriques en réglementant les recrutements au CP1, en comptant les dents des enfants afin de déterminer l'âge réel des postulants. Feu Houphouët Boigny a essayé lui-même le poste de ministre de l'éducation nationale sans succès, monsieur AKOTO Yao Paul a cru trouver la potion magique de diminuer le nombre de bacheliers donc l'entrée à l'université nationale par le biais du BAC probatoire. Echec sur toute la ligne. Pire la parade qui consistait à orienter d'office les nouveaux promus dans les CAFOP supérieurs a été abandonnée faute de places. Mr BALLA Keïta a ressuscité le recrutement parallèle et l'a intensifié avec des réseaux dans tout le pays.
Conséquence de ces inscriptions parallèles : des classes surchargées (150 élèves par classe).
Alors naissent des néologismes : la pédagogie du grand groupe, les nouveaux bacheliers à défaut d'être orientés correctement sont "indiqués". Feu BAMBA Vamoussa n'a pas mieux fait avec "ses complots de jacqueville". Puisque les anciens ministres de l'éducation nationale n'ont rien fait pour améliorer l'école ivoirienne. Rien de bon n'a été fait avant. La Côte d'Ivoire est une terre bénite de Dieu. Dieu le magnanime n'oublie pas ses enfants. C'est fort de cet amour qu'il envoya au peuple de Côte d'Ivoire le rédempteur pour sauver l'école ivoirienne. Il s'agit de Mr KIPRE Aimé Pierre "ATILLA". Ou Mr KIPRE passe la fraude le recrutement parallèle, la tricherie aux examens, les professeurs courtisans, des jeunes filles, les pantalons "Jean", les repos les samedis, les prières, les vendredis trépassent. Pour régler le problème pléthorique dans les classes et améliorer le niveau des enfants, il faut imposer la double vacation. Il paraît que c'est une solution miracle. Elle est mieux que construire des écoles et des lycées. Et l'apport des partenaires dans ces décisions. Ils ne sont pas importants, le Rédempteur a parlé il faut exécuter sinon Dieu va se fâcher.
Ce qui est extraordinaire dans nos pays d'Afrique en général et en Côte d'Ivoire en particulier c'est que les personnes reconnues coupables de malversation ne sont jamais punies. Ils bénéficient souvent de promotion dans leurs pays.
Et c'est le peuple qui paie toujours à leur place. La preuve nous a été donnée avec la dévaluation du Franc CFA. Cette dévaluation a sanctionné plus de trente année de gestion scandaleuse de nos économies. Nos dirigeants ont été pendant ce temps des agents qui garantissaient les intérêts des "grandes" puissances.
Marouf Yéo
[Cartoon Text]
ALORS QUE LA POPULATION IVOIRIENNE S'APPAUVRIT...
ON EST FOUTU!
AUGMENTATION MÉDICAMENTS 50%
DÉVALUATION 100%
RIZ 20% CONSERVÉ 100% / MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION 50% AUGMENTATION DE SALAIRE 3%, BAISSE DE SALAIRE 80%
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ACTUEL
MOSQUEE DU PLATEAU : Pourquoi la pose de la 1ère pierre a été précipitée ?
La pose de la première pierre de la Mosquée a suscité beaucoup de commentaires tant du côté des fidèles musulmans que du côté des autres (journalistes, observateurs...) ce qui nous intrigue un peu c'est la médiatisation à outrance de l'événement par la presse pro-gouvernementale. En trois jours elle a trouvé des titres ronflants pour la même cérémonie : "La Mosquée du Bonheur (FM du 21/09/94, La Mosquée de l'unité (FM du 23/09/94, La Mosquée de la concorde (Réveil-Hebdo du 22/09/94), la RTI" Le principe de cette médiatisation est bonne à prendre mais elle a relégué au second plan un aspect important de la cérémonie. De façon consciente, la presse pro-gouvernementale a ignoré la quintessence du dessous de Koudouss président du CNI.
Comment comprendre et expliquer la précipitation avec laquelle la cérémonie a été initiée alors que rien n'indiquait cela au sein de la communauté. La preuve, le CNI était en tournée d'installation de ses coordinations régionales quand il a été informé. Le choix de Mr Koffi Guillaume comme architecte paraît obscur.
- Choix de l'architecte -
Au commencement du projet de la construction le CNI avait mis sur pied un comité technique chargé de réfléchir sur les aspects techniques de la mosquée.
Ce comité devait par la suite se joindre au comité mixte constitué cette fois-ci du ministère de la construction et de l'urbanisme (donc commission CNI + MCU). Le Comité technique de CNI qui voulait que la construction de la Mosquée soit son affaire sera surpris d'apprendre qu'il faut un appel d'offre, parce que c'est un édifice public. Entre-temps le comité technique CNI + MCU n'a jamais pu réunir régulièrement. Dans les coulisses l'on apprendra que l'appel d'offre n'est plus de mise et que le président de la République aurait coopté deux cabinets d'architectes. Il s'agit du cabinet de Koffi Guillaume et du cabinet d'un libanais du nom de FARDON. Du coup les architectes musulmans sont écartés. Il faut
les dessous de la pose précipitée de la première pierre...
préciser en passant qu'il existe environ 10 cabinets d'architectes tenus par des gens de confession musulmane. Donc mieux au fait de la chose islamique même si pour justifier le choix de Mr Koffi Guillaume on lui attribue des qualités qu'il est loin de justifier. La preuve, l'oeil de profane que nous avons, nous a tout de suite permis de voir dans le plan proposé une "basilique bis". Il a semblé ignorer que la Mosquée pour le musulman est un lieu cultuel, social, économique... Ce que nous ne comprenons pas c'est que dès qu'il s'agit d'une affaire musulmane en CI, on oublie ou on feint d'oublier les vrais acteurs que sont les musulmans. Exemple (le pèlerinage à la Mecque). La lettre d'attribution du terrain qui a été signée depuis longtemps ne serait pas encore parvenue au CNI. Et qu'elle se trouverait entre les mains du Ministre Bombet. A quelle fin ?
C'est à croire que les affaires musulmanes sont prises avec trop de sérieux. La preuve est que la cérémonie a été précipitée. C'est en lieu et place de l'architecte que Mr ADJA Adicko directeur de la construction et de l'urbanisme a commenté les différents plans de la Mosquée. Pourquoi après avoir fini son plan, l'architecte a jugé utile de ne pas s'intéresser aux responsables musulmans, car après tout c'est leur chose. Les différents contacts que nous avons eus infirment l'affirmation selon laquelle les dignitaires ont été consultés. Il paraît que la date de la cérémonie de pose de la première pierre a été décidée par la présidence de la République. Parce que le président de la République voulait absolument prendre part à la cérémonie avant de s'envoler pour New-York pour assister à la 49ème session de l'ONU. Et qu'il tient personnellement à la réalisation de ce projet. Le CNI approché pense qu'une Mosquée au Plateau est toujours bonne à prendre.
- C'est bon à prendre -
Le CNI se réjouit du projet de la Mosquée du Plateau. Mais le CNI voudrait que l'on prenne en compte dans la réalisation de cet édifice certaines de ses préoccupations. A savoir : une esplanade, un logement pour l'Imam, des chambres d'accueil, une galerie marchande, une bibliothèque et une salle de lecture, des bureaux pour les associations nationales, une salle de projection, un auditorium, des toilettes hommes + femmes séparées, un lieu aménagé pour les ablutions et enfin deux parkings au sous-sol. Si toutes ces préoccupations sont prises en compte, il n'y a pas d'objection à faire. Toutes les communautés musulmanes vivant en Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde doivent se donner la main pour que le projet soit une réalité sur le terrain. Qu'ALLAH nous aide à réaliser cette Mosquée. AMIN !
OUATTARA ISSOUF
Dans le souci d'en savoir un peu plus sur l'évolution du projet de la Mosquée du Plateau et surtout sur les différentes démarches qui ont abouti au résultat qui nous a été présenté le 9 Août dernier à l'occasion de la pose de la première pierre de cet édifice, nous avons rencontré Mr ADJA Adicko Directeur de la construction et de l'urbanisme.
• Alif : Voudriez-vous nous parler du projet concernant la Mosquée du Plateau ?
• A.A : Ecoutez, je voudrais vous dire que je suis au regret de ne pouvoir vous donner satisfaction pour la simple raison que je ne suis pas habileté à le faire.
• Alif : A qui doit-on donc s'adresser pour obtenir des informations concernant cette Mosquée, le public a besoin d'être informé.
• A.A : Je suis parfaitement d'accord avec vous, surtout dans le cadre de votre métier de journaliste. Mais croyez-moi je suis sincèrement désolé. Mais tout ce que je peux vous dire c'est qu'il a été mis sur pied un comité technique composé de trois structures :
- La Direction de la construction
- Les Grands Travaux (DGTX)
- Et le Conseil National Islamique qui est le propriétaire du projet. Je viens d'ailleurs de recevoir une lettre de la part de son président m'informant d'un certain nombre de griefs.
• Alif : On peut savoir ce qu'il dit ?
• A.A : Désolé, c'est confidentiel. Ce que je peux ajouter, c'est qu'il existe un autre comité de suivi dont je ne peux vous parler compte tenu de sa confidentialité.
• Alif : Les fidèles ont tout de même besoin de savoir par exemple comment s'est opéré le choix du cabinet d'architecture, et même certains fidèles de la communauté musulmane du plateau avaient souhaité avoir au sein de l'édifice au moins une petite infirmerie et aussi quelques salles de classes pour la formation des tout petits. Malheureusement rien de tout cela n'a été pris en compte. Que pouvez-vous en dire ?
• A.A : Vous posez-là des questions plus que techniques. Car nous, nous sommes des techniciens. Etant donné que c'est un édifice privé, nous n'avons pas le droit de vous donner des informations sans nous en référer au Conseil National Islamique. Peut-être qu'il ne voudrait pas qu'on parle publiquement de son projet de Mosquée, je ne le sais pas. Et donc je ne peux pas me permettre même en tant que Directeur de la construction vous révéler quoi que ce soit. Par contre si vous adressez une demande d'obtention d'information au comité technique, je pourrais l'introduire, ainsi, les autres pourraient donner leur accord, surtout le CNI. Mais je pense que vous pouvez vous adresser aux responsables du CNI. S'ils veulent bien vous donner des informations, nous cela ne nous gênerait pas.
• Alif : Par exemple la date de la cérémonie de la pose de la première pierre a été décidée sans demander l'avis des responsables du CNI ?
• A.A : Je n'en sais rien. C'est à un niveau plus élevé que moi. J'ai été saisi par mon ministre pour me prévenir que je devais commenter la maquette de la Mosquée du Plateau. Moi je ne me suis pas posé de questions. Je voudrais vous dire par la même occasion que c'est un édifice dont la construction sera très rapide selon les consignes reçues par le président de la République. C'est tout ce que je peux vous dire. Je vous remercie.
Propos recueillis par :
Sylvain HASSAN
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CONFERENCE (suite et fin)
6 - LA FEMME ET SON STATUT
Les questions sur le statut de la femme doivent plutôt être posées aux occidentaux qui n'ont reconnu que très récemment, il n'y a même pas cinquante ans, que la femme avait une âme et qu'elle avait le droit de voter. Tandis que l'Islam depuis mille quatre cent ans a dit que la femme a le droit de voter et de dire son mot.
Depuis mille quatre cent ans, l'Islam dit : "Respectez la femme. Ne spoliez pas ses droits. Ne la frappez pas. Ne la tuez pas. C'est un être responsable, le pêché originel ne vient pas d'elle. L'homme et la femme sont tous responsables devant Dieu. La femme est un être qui pense, qui est intelligent". Il y avait, au temps du prophète (Saw), des femmes policières, des femmes responsables qui étaient consultées dans les affaires de l'Etat.
Pendant ce temps, au Moyen âge, en occident, la femme était considérée comme un être sans âme, comme un animal. En Inde aussi, elle était considérée comme un être sans foi, sans âme, une fausse forme de bête. Dans le Brahmanisme où on brûle les morts, la femme était brûlée en même temps que son mari. Aujourd'hui encore, au vingtième siècle, l'Islam affirme la participation de la femme à l'évolution économique. Elle est autorisée à aller au bureau. Elle légifère. Elle est ministre.
J'ai été en Iran, pays qu'on accuse à tort d'arbitraire, les femmes là-bas, participent pleinement. Les journalistes qui m'ont interviewer là-bas, ce sont des femmes. Elles sont également dans les ministères et les bureaux.
Seulement, l'Islam demande qu'elles soient protégées. En islam la femme a les mêmes droits que l'homme. Seulement, l'homme est le directeur. Parce qu'il n'y a pas deux capitaines dans un bateau. La femme complète l'homme. Elle n'est pas l'esclave de l'homme.
L'Islam est la seule religion qui a réhabilité la femme. On envoie la femme dans des bars pour se mettre nue. L'Islam dit non, respectez les femmes : elles ne doivent pas être mises nues. On donne aux femmes des femmes pour se prostituer ? L'Islam dit non, respectez la femme : elle ne doit pas être prostituée on la donne de force à un mari ? L'Islam dit non, demandez son consentement.
On dit à la femme de travailler et apporter son salaire à son mari ? L'Islam dit non, elle travaille et son salaire lui appartient. Si elle veut, elle participe. Si elle ne veut pas, elle ne participe pas du tout. On frappe la femme ? L'Islam dit non. Et nul texte historique ne peut démontrer que le prophète (Saw) a une seule fois frappé ses femmes. Au contraire, l'Islam dit aux maris de les aider à la cuisine, au champ... ? de les comprendre et ne jamais les bouder au lit.
7 - L'OCCIDENT LA PENSEE
Il faut éviter d'uniformiser l'homme comme le font les occidentaux à l'image de Marx. Marx est mort, vive la vérité, vive Dieu. Marx n'a jamais existé pour moi.
La pensée occidentale qui est la ratio, cette forme cartésienne d'un abâtardisme intellectuel qui a totalement chosifié l'homme et qui croit que seule la vie qui est là est vraie, que seule la matière est vraie ; ceux-là sont malades, d'une maladie de la pensée et de l'action qui fait que l'occident va vers le chaos.
LE SYSTEME
Les occidentaux ne savent rien de l'Islam. Ils ne connaissent ni le prophète, ni le Coran. Il suffit qu'ils voient un pseudo-musulman agir pour qu'ils parlent d'intolérance.
- je préfère parler de la France. Je ne comprends pas. C'était un terroir de bienfaisance. Les français étaient, autrefois, les gens les plus ouverts. C'est certainement le modernisme qui les a transformé aujourd'hui. Mais, il y a toujours là-bas des gens qui luttent, qui protestent.
Suite et fin de l'interview de Cheikh TALL
- Bien d'exemple montrent que ce sont les laïcs qui sont intolérants, ils détruisent des mosquées. Non contents, ils interdisent aux musulmans d'enterrer leurs morts depuis mille ans, les obligeant à le faire comme eux.
Et tout cela, en violant les principes même de la laïcité qui n'est rien d'autre que la liberté de culte.
Et quand on leur demande, ils répondent : "parce que nous avons le droit d'envoyer nos femmes dans les bars pour te streap tease, nous avons le loisir d'ordonner l'homosexualité... nous avons le loisir d'ordonner l'union libre, le concubinage... nous avons le loisir de permettre à certains jeunes de tuer des musulmans et de les libérer après, prétextant qu'ils sont psychiatriquement malades".
Chabra et Chatilla, souvenez-vous, il n'y a pas longtemps, ce ne sont pas des musulmans qui ont massacré femmes, vieillards et enfants jusqu'aux derniers.
Ce sont des chrétiens qui l'ont fait supportés par les occidentaux. Et comme ça, ils sont très tolérants !
Lorsqu'il s'est agi du problème de la Yougoslavie, qu'est-ce que les Serbes n'ont pas fait à nos frères musulmans qui sont là-bas ? Et l'occident joue la comédie. Ils croisent les bras devant les Serbes qui, naturellement, se donnent des libertés.
SALAMAN RUSHDIE
Ce Satan, historiquement coupable, avec sa tête de diable, imberbe... Que j'écrive un livre sur votre père, sur votre mère et toute votre famille. Je les traite de bâtard, de n'importe quoi, je les dénigre et je multiplie cet ouvrage en milliers d'exemplaires... vous, vous connaissant Africains, Ivoiriens de surcroît - parce que l'ivoirien est fier de sa patrie - L'Ivoirien a un mérite que beaucoup n'ont pas. L'Ivoirien aime sa patrie. Il est prêt à mourir pour le football. Il est prêt à casser des boutiques appartenant à des étrangers qui ont joué contre eux. Parce que tout simplement il aime son pays.
Très honnêtement, lorsqu'on vous diffame vous, votre père et votre mère dans un livre qu'on publie, la première des choses que vous feriez, c'est de porter plainte pour diffamation.
Combien de fois les hommes politiques portent-ils plainte pour diffamation contre les journalistes ?
Dans la constitution Anglaise, il est formellement interdit d'insulter la Reine. Et il est formellement interdit par la législation anglaise d'insulter la religion protestante. Celui qui l'insulte peut être condamné à mort. Et on autorise cela quand il s'agit de l'Islam.
Salam Rushdie, je vous assume est un piètre écrivain. Le plus nul des écrivains. Il n'était même pas comme avant.
Même si le prophète n'était pas prophète, les témoignages historiques sur lui et la noblesse de son caractère devait le pousser, quand même, à un peu de bon sens. Mais tout le monde sait que Salam Rushdie a été payé par les occidentaux qui ont peur de l'Islam. Tous les ennemis de la vérité ont peur de l'Islam.
Bien sûr que Salman Rushdie doit être condamner à mort. Lorsqu'un français a attaqué Jésus dans un film, les français n'ont-ils pas détruit les cinémas ?
L'auteur n'a-t-il pas échappé de justesse à la mort ? Là l'opinion s'est tût. Mais quand un type attaque le prophète, qu'il attaque Abraham et Jésus - oui Jésus - et que Khomeiny le condamne à mort, on dit qu'il est tyran. Parce qu'en fait, Khoméini a réussi à plier l'occident, à mettre à genou. De tout son vivant, jamais les occidentaux n'ont réussi devant lui.
Khoméini a prouvé que l'Islam était la vérité. Moi, j'ai été en Iran. Je ne suis pas Iranien, je ne suis pas Chi'ite, je suis Sunnite. Mais je vous assure, tout ce que les occidentaux racontent de l'Islam, il faut toujours le prendre avec précautions.
On pourrait peut-être pardonner à Salman Rushdie s'il retirait ses livres du marché. Mais il a refusé. Il ne s'est pas amendé.
REMARQUES
Que les occidentaux cessent de cacher leur nudité, leur bestialité, leurs défauts, leur incrédulité, leur méchanceté, leur mépris de la justice à l'égard de la vérité pour attaquer à l'Islam qui est la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
C'est blasphémer que de dire (à propos des musulmans) les "fous de Dieu". Les Occidentaux sont devenus, eux des "fous de Satan".
Quand je dis les occidentaux, je ne parle pas de ces musulmans occidentaux mais plutôt du système laïc agressif contre l'Islam.
8 - LES JOURNALISTES
AVIS
On dit que le journaliste est l'être le plus curieux du monde, c'est un inquisiteur attiré, conscient et qui actualise son modus-vivendi parce que nous pourrions appeler la justice indiscrétion.
Je ne culpabilise pas tous les journalistes.
Le journaliste est un inquisiteur objectif et un indiscret nécessaire. Mais il ne faut pas généraliser parce qu'il y a des journalistes trop pressés. Or Dieu dit dans le Coran d'éviter l'empressement qui est du domaine de Satan. Lorsqu'ils reçoivent les nouvelles d'Europe, qu'ils fassent quand même attention. Qu'ils lisent à travers les lignes.
Il y a aussi beaucoup de journalistes qui n'ont aucune connaissance de l'Islam mais qui se permettent de critiquer les principes islamiques.
QU'ALLAH NOUS PROTEGE
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TRISTESSE
Décès de Mr OUSMANE BAKAYOKO
Deuil dans la communauté musulmane.
Un grand homme s'en est allé. Eh oui, le frère Ousmane BAKAYOKO nous a lâché au moment où notre communauté avait le plus besoin de lui. Mais Dieu a eu besoin de lui, il est parti : c'est Dieu seul qui a la sentence suprême. Nul ne peut la lui discuter. Nous sommes à Dieu et nous lui retournons. C'est toute l'impuissance de l'homme face à la mort, face à la puissance de Dieu. Tous les témoignages concordent pour dire que le frère Ousmane était un homme de Dieu.
C'était un homme généreux prêt à aider ses parents, ses frères, ses amis, sa communauté. Il était d'un apport inestimable pour les journaux islamiques ALIF et PLUME LIBRE. Depuis que nous militons, nous avons rarement vu un homme aussi discret mais efficace comme Ousmane, un homme humble comme Ousmane. Il refusait à chaque moment qu'on lui vente ses bienfaits. La vérité est implacable. Ousmane est parti : ni sa bonté, ni sa disponibilité, ni ses amis, ni ses femmes, ni ses parents, ni ses biens, ni ses enfants n'ont pu l'empêcher de mourir. Nul ne peut échapper à son destin.
Quand le glas sonne pour vous, vous partez, pas une minute en plus, pas une minute en moins. Dieu nous rappelle à chaque décès toute la faiblesse, toute l'impuissance de l'homme. C'est un signe qui devait nous ramener à plus de circonspection, d'humilité, de sagesse, de pardon, de sincérité, de discrétion, de pudeur, de générosité, de justice et d'amour pour le prochain.
Ousmane était un homme de générosité. Il aidait beaucoup de frères, d'amis, des personnes désespérées à un moment donné de ses largesses. Pour ce qui nous concerne au journal ALIF, il nous a été d'une grande largesse pour toutes nos publications. Nous n'avions aucun souci à nous faire quant aux différentes parutions de chaque mois. Il était toujours prêt à nous aider au péril de sa poche, au détriment de ses bénéfices. L'attitude d'Ousmane nous rappelle ces Versets du Saint Coran qui disent : "... Il te sera fait, certes, en l'au-delà un meilleur sort qu'en ce monde. Et tu recevras bientôt les dons de ton seigneur, dont tu seras satisfait. Du temps que tu étais orphelins, ne t'a-t-Il point recueilli. Du temps tu étais errant, n'a-t-Il point su te guider.
Te trouvant enfin pauvre ne t'a-t-il pas enrichi ? Ainsi, ne brime pas l'orphelin. Ne rudoie pas le mendiant ! Proclame hautement les bienfaits de ton maître". C'est vrai Ousmane est mort après avoir accompli ici-bas sa part de mission, c'est maintenant que ses amis, ses parents, ses frères, ses épouses, ses enfants doivent redoubler d'efforts pour que l'entreprise survive à son fondateur. C'est maintenant que les épouses doivent comprendre que tout ici-bas a une fin. C'est maintenant que les enfants doivent comprendre que tout ce qui est sur la terre est éphémère et qu'ils doivent s'entourer de courage pour dire "notre père est mort mais nous devons nous battre pour réussir comme lui...". C'est maintenant que les frères et soeurs doivent jouer pleinement leur rôle à savoir encadrer la famille du défunt (veuves et enfants) à surmonter cette épreuve douloureuse. C'est maintenant que les amis doivent être plus que présents afin d'aider la famille, l'entreprise et la maman pour ne pas trop regretter ou trop sentir la disparition d'Ousmane. C'est maintenant que les frères musulmans et ses amis doivent démontrer que leur amitié et leur collaboration avec Ousmane étaient exemptes d'hypocrisie mais empreintes de sincérité. Partant de ce fait, ils doivent aider la maman, les veuves, les enfants et les frères et soeurs du défunt à réussir l'après Ousmane : c'est un défi. Cette mort du frère nous rappelle implacablement que nul n'est indispensable dans la vie et que les cimetières sont pleins d'hommes indispensables. Toutes nos condoléances à la famille éplorée. Que Dieu aie pitié de son âme.
OUATTARA ISSOUF
LES ELUCUBRATIONS DU C.S.I.
CSI/CNI : Procès du 26 - 10 - 94 suspendu pour le moment
Le CSI (Conseil Supérieur Islamique) avait assigné en justice le CNI (Conseil National Islamique) le 27 - 07 - 94 au motif qu'il est illégal et qu'il fallait le dissoudre. L'affaire avait été renvoyée en jugement le 26 - 10 - 94. Et c'est ce qui fut fait. Le 26 Octobre 1994 le CSI décide de se désister.
Mais il y a un hic. En même temps que l'avocat du CSI dit que l'affaire est terminée, elle menace. Elle dit qu'elle met fin momentanément mais se réserve le droit d'utiliser à nouveau la voie judiciaire "si l'ordre public est à nouveau troublé par le CNI". Nous ne savions pas que Maître KADIDIATOU Touré est devenue procureur de la République. L'avocat du CSI et le conseil lui-même font preuve d'une incohérence notoire teintée de mépris et de mégalomanie. Sinon comment comprendre en même temps qu'elle souhaite une conciliation entre les deux parties en conflit, elle traite les autres de dissidents. Le président du CSI en même temps qu'il affirme qu'il n'a jamais engagé de plainte contre le CNI, dit qu'il soutient l'action judiciaire de son avocat contre son rival. Et l'avocat affirme tout de go le CSI revendique 90 % des musulmans de Côte d'Ivoire. A partir de quoi fait-elle cette affirmation ? Cette attitude de l'avocat du CSI nous rappelle un peu celle du PDCI qui en son temps avait traité Mr. DJENI Kobina de solitaire prêchant dans le désert. Le résultat est là aujourd'hui pour démentir toutes les allégations d'alors. Ce qui nous a été donné de voir lors des différentes installations des coordinations du CNI à l'intérieur est éloquent. Ce sont des milliers de personnes qui sont toujours sorties pour accueillir le CNI (Daloa, Man, Abengourou, Bondoukou, Bouna, Dabakala...). Et puis pour une association qui revendique 90 % des musulmans pourquoi perdre son temps à chercher une certaine réconciliation avec des gens insignifiants ? Ce fameux comité de sages dont elle parle n'est pas neutre.
D'ailleurs l'avocat ne donne pas les vraies raisons de ce désistement. Nous savons qu'elle a agi sur injonction de certaines personnalités du pouvoir en place. Nous avons les noms. Au moment venu nous livrerons leurs noms. Et nous savons aussi ceux qui sont derrière Diaby Koweït. Dès que nous bouclerons notre enquête nous vous ferons part du dossier. Il faut souhaiter seulement que la sagesse habite les uns et les autres afin d'éviter à notre pays des lendemains instables.
MAROUF Yéo
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**SEMINAIRE : Le FPI et le monde musulman.**
Des spécialistes du monde musulman, universitaire et politique, se sont rencontrés du 24 au 25 Septembre à Bouaké dans le cadre du séminaire initié par le FPI sur le thème : "Le monde musulman et la politique : le cas de la Côte d'ivoire.
Dans sa stratégie pour les élections générales de 1995, le FPI a décidé de faire une meilleure connaissance du monde musulman qui se confirme de plus en plus comme une réalité sociologique incontournable sur l'échiquier politique national.
C'est d'ailleurs ce que reconnaitra Mme Simone GBAGBO, secrétaire nationale à la formation politique (SENAFOP) de ce parti, à la cérémonie d'ouverture du séminaire tenu du 24 au 25 Septembre à Bouaké et dont le thème était : "Le monde musulman et la politique". Elle avouera d'entrée de jeu de manière claire et nette, l'esprit électoraliste dans lequel s'inscrivait cette rencontre. S'adressant donc aux responsables de son parti elle dira "Ce séminaire servira à mieux connaître le monde musulman ; connaître pour mieux comprendre et comprendre pour mieux agir". A l'endroit du millier de militants présents à ce séminaire et dont plus de la moitié était musulmans, et pour lesquels la salle de cinéma Liberté du quartier Sokoura s'était avérée trop exiguë, Mme GBAGBO tiendra un langage tout aussi franc : "Il s'agit pour le FPI de donner la parole à la Communauté musulmane pour qu'elle présente ses désirs, ses préoccupations et surtout la considération qu'elle revendique.
Le secrétaire général du FPI en présence de qui s'est déroulée la cérémonie d'ouverture et l'ensemble du séminaire devait dire dans son style direct qui le caractérise "que pendant longtemps on a fait croire que les "dioulas" s'achetaient facilement avec des billets de cinq cents francs à la veille des élections. Nous sommes ici aujourd'hui pour que vous mêmes, vous nous disiez si cela est vrai ou faux".
Aussitôt après l'ouverture, les travaux devaient démarrer avec une série de conférences tenues par des personnalités du monde politique et universitaire.
Le Pr WATTA N'Dri Wahab spécialiste géographe, membre de la fédération des lagunes (FPI) et président de la coordination CNI de la commune d'Abobo a exposé sur le thème "l'Islam en CI" qu'il a présenté en trois grands points. De l'analyse du processus d'implantation de l'Islam en Côte d'ivoire à la dynamique de l'Islam au processus organisationnel en passant par l'Islam comme réalité nationale et les grands foyers.
Le second thème "réalités socio-culturelles du monde musulman" fut la tâche du Pr TERRA KALILOU chercheur à l'institut de la linguistique appliquée (ILA). Il a d'abord donné un aperçu historique de l'islam, puis identifié les caractéristiques culturelles de cette société et enfin abordé l'apport de l'islam à l'intégration nationale.
Avec le troisième thème "Le monde musulman et la politique", deux conférenciers devaient le présenter, l'un musulman et l'autre non musulman. Soumahoro Harouna, directeur du CEREFI et membre du SENAFOP et SERY BAILLY professeur de lettres et chroniqueur à "NOTRE TEMPS".
De l'exposé de Soumahoro, il est ressorti que l'islam n'a jamais exclut la politique car le prophète de l'islam (Saw) était chef spirituel et temporel. Au regard de cela nos imams devaient de plus en plus éclairer leurs fidèles devant les situations auxquelles ces derniers se retrouvent confrontés.
La série de conférences fit place à deux ateliers qui ont réfléchi sur deux thèmes :
- Campagne électorale en milieu musulman
- Comment mobiliser en milieu musulman ?
Au-dela de son aspect electoraliste, nous pouvons sans risque de nous tromper affirmer que l'islam a veritablement bénéficié de ce séminaire.
Car deux jours durant, bon nombre de personnes ont appris beaucoup concernant cette religion. La preuve Kouamé-Marie José responsable nationale de la JEC (Jeunesse Estudiantine et Catholique) qui s'est confiée à nous "Je ne savais pas que l'islam était une idéologie aussi complète et globale pouvant gérer tous les domaines de la vie. Je ne la jugeais qu'à travers les grands boubous et les prières quotidiennes de ses adeptes. Ce séminaire m'a vraiment beaucoup appris". Ce sera la même déclaration que nous fera AKOUN Laurent que tous les Ivoiriens connaissent.
En tout cas plusieurs de tous ces grands intellectuels présents à ce séminaire ont promis de faire des recherches approfondies sur cette religion véritablement méconnue.
Par ailleurs, il faut noter l'absence remarquée du CNI à ce séminaire. Il vient de poser par cet acte ce qui fait de lui une structure apolitique donc qui sé tient éloignée des arènes politiques. Nous attendons maintenant avant d'être véritablement rassurés de voir ce que sera l'attitude de ses responsables face à une invitation du PDCI dans un cadre pareil.
SYHABO
diennes de ses adeptes. Ce séminaire m'a vraiment
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**DJENI KOBINAN définit l'intégrisme**
KONE LANCINE
(TV 1ère chaine)
M. Djeny Kobina, les rumeurs disent que la majeure partie des militants du RDR sont des ressortissants de certaines régions choquées par les discours tenus par les actuels tenants du pouvoir. Que répondez-vous ?
D. K.
Vous me donnez l'occasion d'aborder le problème de nos militants en même temps que celui d'intégrisme dont on nous affuble.
Je voudrais commencer par l'intégrisme, j'ai lu, il n'y a pas longtemps dans un journal de la place des mises en gardes graves contre l'intégrisme, le tribalisme. Je voudrais d'abord dire qu'il faut se méfier des mots.
L'intégrisme désigne une séquence propre à l'histoire du catholicisme. Au début du siècle, tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du catholicisme ont pu lire des diatribes (...) contre le modernisme et très récemment, la dissidence de Mgr Marcel Lefebvre du Vatican a officialisé la motion de dissidence. D'où l'assimilation de la dissidence à une raideur doctrinale, un traditionalisme étroit qui débouche sur un projet démocratique totalitaire. Aujourd'hui, l'intégrisme du FIS algerien dont on parle un peu partout est en réalité le produit de l'échec d'un parti unique, le F.L.N.
Mais je dirais tout de suite que cette notion de l'intégrisme est un produit de l'Islam noir. Le Sénégal a été pendant plus de 20 ans dirigé par Senghor un catholique et cela n'a pas posé de problème. Ensuite des pays comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso (certainement a un degré moindre), la Mauritanie avec des populations majoritairement musulmanes. Alors je pose la question : où est le feu de l'intégrisme en Côte d'ivoire ? Les musulmans de Côte d'ivoire, comme tous les autres croyants, aspirent à une chose : vivre intensément leur foi en dehors de toute politique. Pour le moment, je crois savoir que le parti au pouvoir entretient d'excellentes relations avec la communauté musulmane et cela se voit en regardant la télévision. Est-ce que les musulmans qui sont au PDCI seraient de bons musulmans et ceux qui sont au RDR seraient des intégristes ? Pour nous, un militant est un militant...
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**L'AVOCAT DU DIABLE**
Vendredi 9 Septembre au journal de 20 h, nous avons pu voir un reportage dans lequel un certain Coulibaly Zambé se faisait défenseur d'une cause que tout le monde sait déjà perdue.
En effet, sans le savoir le sieur Coulibaly Zambé vice-président de l'Assemblée Nationale, a plongé les pieds dans un plat qui ne lui est pas destiné. Lors des journées culturelles organisées par le jeunesse de Kadioha petit village près de Tingréla, le PDCI n'a pas hésité à sauter sur l'occasion pour battre une campagne présidentielle qui n'est pas encore ouverte. Les dignitaires locaux du grand parti d'avant-garde a mis plein la vue à la modeste population de Kadioha en offrant 2 000 000 F pour soit disant les aider à achever les travaux en cours de leur petite mosquée.
Mais le sieur Zambé a été très clair dans son discours, car contre cette somme d'argent, don à titre personnel du prince héritier, il leur faudra en 1995 voter pour le PDCI et son président. Il s'est ensuite senti obligé de faire des déclarations concernant la communauté musulmane en ces termes : "Depuis le 7 Décembre date de la prise du pouvoir du président BEDIE qui a suivi peu après le mois de carême, il a offert 250 tonnes de sucre et 600 cartons de lait à la communauté musulmane et également 22 billets d'avion permettant ainsi à plusieurs d'entre eux de se rendre à la Mecque. Malgré tout cela nous entendons dire que le président BEDIE est contre les musulmans. Je pense que ce n'est pas normal. Tout le monde sait et l'Imam AFFOU SANOGO vient de le dire, quelque soit le chef que vous avez, c'est Dieu qui vous l'a donné..."
Nous voudrions rappeler au sieur Zambé qu'aucun Imam n'a demandé la charité.
Si le président BEDIE a fait tous ces dons, nous estimons que c'est de gaieté de coeur mais aussi par intérêt politique. Car aucun politicien, si novice sit-il ne pourrait accepter le risque de se mettre à dos près de 45 % d'électeurs potentiels. Il aurait été profitable pour la population de ce petit village qu'on leur construise une petite infirmerie, au lieu d'aller "frimer" sur une mosquée apparemment déjà capable d'accueillir les fidèles pour les prières. Coulibaly Zambé ne pourra jamais forcer les musulmans à voter pour son chef de parti à lui.
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**YOPOUGON : les convertis s'organisent.**
La mosquée Bilal de Yopougon Port-Bouet II est devenue depuis plus de deux mois maintenant le lieu de rencontres de certains convertis décidés à s'organiser, en mettant sur pied une association pour mieux se prendre en charge. Le choix de la mosquée Bilal n'est pas un hasard, car non seulement ce centre est l'une des rares mosquées disposant d'un registre de convertis en plus d'un petit comité chargé du suivi de ceux-ci et qui décerne des attestations de convertis, mais aussi et surtout pour éviter quelque équivoque a une période où la clarté est indispensable dans tout acte qu'on pose.
Le comité provisoire dirigé par le frère SERY Georges Ahmed, officier à la marine, tient ses réunions tous les dimanches à la mosquée Bilal avec comme préoccupation majeure, la sensibilisation des convertis afin que ceux-ci s'intéressent d'avance à cette structure qui sera la leur. C'est ce sur quoi insiste Ahmed "à priori, il peut apparaître que nous voulons faire de la discrimination entre les musulmans. Mais dans le fond après analyse, on se rend compte de la spécificité de nos problèmes : le nouveau statut du converti, ses pouvoirs avec sa famille, son entourage, et sa formation même constituent à notre sens des défis à relever. Et cela est d'autant plus intéressant que le CNI lui-même prévoit une politique en faveur des convertis. C'est donc une façon pour nous de les aider à nous aider". Pour sa première sortie, les initiateurs de cette association pensent déjà à une très grande "nuit du converti". Les réflexions sont en cours, tous les dimanches matins à la mosquée Bilal.
Sylvain Hassan B.
NOVEMBRE 1994 ALIF Page 11
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ASSOCIATION
LE CNI à BOUNA et BONDOUKOU :
Communion totale.
C'est la région du Nord-Est qui a reçu le week-end du 16 au 18 Septembre, le bureau exécutif du CNI et l'importante délégation de plus d'une cinquantaine d'imams qui la composait.
Dans le cadre de l'installation de ses coordinations régionales, départementales et communales, ce sont principalement les villes de Bondoukou et Bouna qui ont enfin vu leurs voeux exhaussés. Dans l'une ou l'autre des villes, le message sera le même. Et envers les autorités administratives et politiques et envers les fidèles musulmans.
L'étape de Bondoukou la "cité aux mille mosquées" aura été de très loin la plus émouvante parce que "chargée de symboles".
- Symbole de la connaissance islamique,
- Symbole d'une région fortement islamisée, et
- Symbole de la promotion de l'islam pour avoir donné à la CI de grands imams et maîtres dont le plus célèbre fut l'Imam Timité Quoudouss.
Bondoukou n'a-t-elle pas d'ailleurs produit un autre grand Imam, Ali Ouattara guide spirituel de l'importante communauté musulmane de Niangon, président du Conseil Supérieur des imams section communale de Yop et un des piliers actuels du CNI ?
C'est donc à juste titre que le président de ladite structure lui rendra un hommage solennel devant les siens venus des 175 villages du département de Bondoukou.
Bien avant cela, retenons que l'itinéraire de Bondoukou devait être interrompu par une escale à Tanda ou les populations venues de nombreux villages environnants voulaient lancer "un Salam" fraternel à leur premier responsable de passage dans leur ville. Mais l'énorme retard accusé par la délégation démobilisera un tant soit peu tout ce monde dont la ferveur, en dépit de tout, ne sera nullement altérée et qui sera de la cérémonie de Bondoukou là, la population malgré l'attente assez longue était mobilisée dans la cour de la mosquée de l'imam Timité Quoudouss dont le fils ainé demeure le chef spirituel de la communauté musulmane de Bondoukou.
Après le cérémonial traditionnel d'accueil, la délégation devait se retirer pour y revenir le lendemain matin vers 10 h. Bien sûr la population mobilisée attendait déjà depuis plus d'une heure avec à sa tête ses premiers responsables le maire lamine Ouattara, le député Bema Gaga Gbané et le sous-préfet représentant le préfet de région. Après les allocutions de bienvenue du président du comité d'organisation et du maire, on procédera à la présentation officielle du président de la coordination de Bondoukou et de Tanda : les frères Timité Ahmed et Timité Hassan furent respectivement choisis. Quant à la section communale du Conseil Supérieur des Imams, le grand Imam Timité Ibrahim fut désigné pour en être le président. Ce fut le tour du frère Bakayoko porte-parole des associations nationales évoluant à Bondoukou de remercier le CNI, de le rassurer et d'exprimer par la même occasion un voeux, celui de voir naître une section de l'AFMCI à Bondoukou.
Les organisateurs profitèrent pour présenter la présidente nationale de l'AFMCI Mme Konaté qui venait ainsi d'enregistrer un autre défi sur une liste déjà longue.
Le porte-parole des Imams Aboubacar Fofana quant à lui, remerciera tous ces frères et soeurs qui ont effectué le déplacement. Il fera une brève genèse de la création du Conseil Supérieur des imams et exposera ses objectifs lesquels exigent qu'on laisse "... la religion aux religieux comme la politique aux politiques". Etant donné que nous sommes dans un monde organisé, l'Imam Aboubacar Fofana au nom des Imams a dit en substance que le "temps des double casquettes est terminé. L'une religieuse et l'autre politique". Il a pour terminer fait ainsi savoir que "Nous sommes pour le dialogue, l'unité et l'entente mais pas pour la confusion".
Le président du CNI qui fut le dernier à intervenir remerciera les autorités politiques et administratives et leur lança un appel, celui de la neutralité. Car depuis quelques temps certaines autorités politiques et administratives dans certaines villes comme Bouaké, Tingréla et Daoukro s'immiscent dans les affaires religieuses islamiques. Pour cela, il dira "Nous demandons aux responsables politiques et administratifs avec tout le respect que nous leur devons de nous éviter les querelles inutiles".
Il dira à l'endroit des Imams qu'ils doivent "éviter de s'engager dans le débat politique qui fragilise aujourd'hui nos communautés et empoisonne les relations entre fidèles".
Enfin à la communauté musulmane de Bondoukou il réitérera l'espoir placé en elle en ces termes : "Nous sommes convaincus du soutien des fils de Bondoukou c'est pour cela que notre message est celui de la foi, de la sincérité et de l'union".
Bouna, samedi 17 Septembre à 17 h 30 la délégation fait son entrée dans la ville après 173 km de route non bitumée. Accueillie dans une petite ambiance à la grande mosquée, la délégation se retirera au domicile du ministre Palenfo avec qui les retrouvailles furent assez pathétiques. Classé parmi les hauts fonctionnaires "pro-Allassanistes" il avait quitté on s'en souvient la vie politique publique pour retourner dans la caserne, d'où il contribue de manière discrète et efficace à l'organisation des musulmans.
Quoudouss ne manquera pas d'ailleurs de lui rendre un hommage mérité et de souligner son apport assez important dans la création du CNI.
Dimanche 18 Septembre, la petite population militante mobilisée depuis 8 h attend sur la place publique en face de la grande mosquée. En route pour le lieu de la cérémonie, la délégation prendra le temps de rendre des visites de courtoisie au maire Mr Kablan N'Guessan Roger et le préfet Mr goï Antoine auxquels ils exprimèrent l'objet de leur visite. Il était 10 h 30 quand la délégation arriva sur la place publique où la population commençait à s'impatienter.
Le président du comité d'organisation souhaitera la bienvenue à leurs hôtes, exprimera la joie de toute la communauté musulmane de Bouna et dira à l'endroit du président CNI : "C'est en compagnie des hommes de votre nature que notre foi se trouve sans cesse renouvelée et notre croyance en Dieu réaffermie à chaque instant".
Le maire Mr Kablan lui aussi exprimera la joie du conseil municipal de recevoir dans sa commune tous ses hauts responsables religieux. Il fera une brève historique de la ville de Bouna, grand centre où l'on venait chercher le savoir de tous les coins de CI et même en dehors des frontières nationales. Frappé par la qualité des membres du Bureau du CNI Mr Kablan l'avouera et profitera pour lancer un appel à l'endroit des parents de Bouna "Vous êtes haut fonctionnaire et imam. Et je constate que tous les membres de votre délégation sont pour la plupart de hauts responsables. C'est dire aujourd'hui que l'école ivoirienne n'empêche en rien l'acquisition de connaissances coraniques. Bouna détient l'un des taux de scolarisation les plus bas. Je voudrais donc à travers vous lancer un appel à nos parents pour que l'école ne soit plus négligée".
Quant au porte-parole des imams, son message sera le même envers les autorités politiques et administratives "Ni le CNI, ni le CSIM ne sauront être des bureaux électoraux pour quelque parti politique que ce soit".
Le président du CNI aura lui aussi le même discours qu'à Bondoukou à savoir le respect scrupuleux par les autorités politiques et administratives des principes de la laïcité ce qui à coup sûr nous éviterait des incompréhensions. Mais malheureusement pour cette fois nous n'avons pu éviter le léger incident à la suite duquel le préfet Mr Goï Antoine a préféré ne pas prendre part à la cérémonie. En effet, suite à une erreur introduite dans le protocole par le comité d'organisation local, le préfet devait intervenir en dernière position. Or étant dans un cadre religieux, le CNI a toujours voulu faire ressortir cet aspect en intervenant en dernier lieu, pour que reste gravé dans les esprits des populations le message délivré. Du côté du préfet, prévenu depuis une semaine qu'il devait intervenir le dernier, il était difficile de l'en dissuader sans qu'il n'ait des appréhensions. Finalement sur l'insistance du CNI, il céda et choisi de ne plus prendre part à la cérémonie.
Une fois de plus la sagesse du ministre Palenfo qui a joué les médiateurs à la fin de la cérémonie, a permis aux uns et aux autres de sortir apparemment de cet imbroglio.
De cette tournée, il faut retenir quelques éléments communs aux différentes cérémonies. D'abord la joie des populations de recevoir le CNI chez elles. Ensuite l'accueil toujours chaleureux et enfin malheureusement et comme d'habitude l'énorme et grossier retard accusé par le CNI dans les différentes étapes des cérémonies.
Le CNI persiste et signe, il restera sans nul doute l'une des structures, championne du non respect de ses propres programmes. C'est bien dommage !
Sylvain HASSAN BOZA
ENFIN VOTRE REVE DEVIENT REALITE !
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NOVEMBRE 1994
ALIF Page 12