Numéro
Alif #19
- Titre
- Alif #19
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- juin 1994
- numéro
- 19
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation de Côte d’Ivoire
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Obscurantisme
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001389
- contenu
-
10 JUIN 1994 = 1er MOUHARAM 1415 H
(Nouvelle Année Musulmane)
MOUHARAM
1415 H
الف
alif
JUIN 1994
N° 19
3ème Année
200 F
MENSUEL ISLAMIQUE D'INFORMATIONS ET DE FORMATION DE CÔTE D'IVOIRE
LA VIOLENCE PAR LA VIOLENCE
EST LE SIGNE D'UNE
FAIBLESSE NOTOIRE ...
P.6
LES IVOIRIENS
SONT-ILS DES
TRICHEURS ?
P. 4
LE GENOCIDE
DU PEUPLE
RWANDAIS :
L'ONU Disqualifiée.
P. 7
PIEUSE et HEUREUSE ANNEE
TOUS et à TOUTES
1415 H
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ALIF COURRIER
Le droit de réponse de la communauté AHMADIYA à l'interview de CHEIKH AHMED Tidjane BAH a suscité des réactions diverses. Nous publions dans ce numéro une de ces nombreuses lettres.
Alif dans son n° 15 du mois de mars 1994 à la page accordée par droit de réponse aux frères Musulmans du Mouvement Ahmadiyya.
Ils ont déclaré que "les musulmans qui prétendent que toute révélation a cessé depuis 632 de l'ère chrétienne sont coupables d'une innovation et commettent une erreur. Ils ne peuvent citer un seul passage du saint Qur'an pour appuyer leur allégation".
"Lnterrogez les gens du livre de rappel (ou les spécialistes en la matière) si vous ne savez point» (chapitre 21 - V7) Allah est véridique.
La question qui nous brûle les lèvres est dès lors de savoir. Pourquoi vous lancez ce défi provocateur comme les détenteurs de la vérité dans toute sa globalité et sa totalité à tous les frères que nous somme et pourquoi ayant un outil aussi précieux que l'al Qur'an (le recteur de la conscience) c'est-à-dire la source essentielle de notre Inspiration. Le code pour toutes les situations de notre vie qui en principe doit orienter notre cheminement spirituel pour trancher la vérité sans la gestion de notre état d'âme.
(Nafs al-amarha).
Cependant, vous affirmez que le Mahdi (messie [...] Jésus) n'est porteur d'aucune loi, il ne peut apparaitre que comme le subordonné ou disciple parfait du saint Prophète Mohammad (BSAL). Dans ce cas, comment expliquez-vous la seconde venue (... ?) du messager et Prophète Issa (Jésus) (BSAL) sur terre ? Sera-t-il un messager et prophète ou comme un discipline ?
Vous allez sans nul doute, nous dire qu'il reviendra peut-être à son état antérieur de prophète mais il prêchera "la religion de l'Islam" comme HAZRAT MIRZA GHULAM AHMAD a enseigné la loi du saint prophète et messager dans son époque (1835-1908).
Affirmer qu'il n'y a aucun passage dans l'Al Qur'an qui dit que toute révélation a cessé, est une prétention ; c'est prétendre connaître sa présence. Nous pensons qu'un tel raisonnement ne doit pas être tenu par une communauté comme le mouvement Ahmadiyya.
Il n'y a que celui qui ne cherche pas dans l'al. Qur'an qui ne trouve pas ce dont il a besoin.
Cherchez donc, mes frères dans l'al. Qur'an, le réservoir du véritable paradis du savoir vous trouverez
Lisez alors passage de l'al Qur'an où Allah. a demandé à chacun de messagers antérieurs et comme condition préalable à leur mission de reconnaître et annoncer la venue du dernier en date des prophètes et messagers de Allah Mohammad (BSAL).
Et lorsque Allah prit l'engagement des prophètes : " Quelle soit l'importance du livre et de la sagesse que je vous ai donnés ; s'il vous vient un messager croyant à ce qui est avec vous, croyez-en lui et aidez à sa victoire".
Il dit : "avez-vous accepté et pris le même engagement. Ils dirent : "Nous avons accepté".
Il dit : "témoignez-en donc et je suis avec vous parmi les témoins.
Celui qui tourne le dos après cela, ceux là sont les rebelles" (chapitre 3 - verset 81 - 82).
Vous convenez avec nous que tous les prophètes obéirent. En suivant cette logique, le messie promis c'est-à-dire Jésus ressuscité aujourd'hui selon votre version.
Dans ce cas, il a précédé Mohammad (BSAL) qui décrient donc son adepte. Par conséquent, il doit accorder foi au livre apporté par son processeur et lutter en faveur de la religion de vérité, afin qu'elle triomphe sur toute autre religion...
A partir de maintenant, il n'est plus question d'une quelconque continuité de révélation (Wahi).
Puisque Allah le très haut à décrété dans ce passage du Saint al Qur'an chapitre 5- verset 3).
"Aujourd'hui je vous ai parfait votre religion, je vous ai accordé ma grâce toute entière et j'ai agrée pour vous l'Islam comme religion" (Allah est véridique);
En conclusion finale, par la volonté du tout puissant, la révélation (Wahi) a cessé par l'intermédiaire de son bien-aimé Mohammad. (bénédiction et salut de Allah soient sur lui).
Le dernier de la chaîne des prophètes et messagers.
TOURE TIDIANE AMADOU ET
TRAORE DRAMANE FAMORY (BARBU)
Communauté du juste milieu.
05 BP 1110 ABIDJAN 05 TEL : 27-60-12
NECROLOGIE
HOMMAGE AU PROFESSEUR
FADIGA DOUGOUTIKI
Au moment où tu t'apprêtais à célébrer le 10è anniversaire de la mort du frère BAKAYOKO décédé en 1984, en compagnie de ton frère Diarrassouba et en présence des CHEIKHS Tidiane BAH et SONTA Moustapha et des sages EL Hadj SEKOU FADIGA et SANOGO, Allah t'a arraché promptement à notre affection, créant un grand vide autour de nous qui ne pourrait être comblé que par la volonté et la grâce d'ALLAH.
Professeur FADIGA, tu fus un abonné privilégié du journal ALIF.
Malgré Ton aversion pour l'ostentation, nous ne pouvons passer sous silence, la sincérité de ta foi, ton amour pour la rigueur et la justice et ta disponibilité et ton assistance pour les malades démunis et sans espoirs.
Tu ne cessais de nous répéter que «nous sommes tous des cadavres et que chacun attend son jour, pour séjourner dans l'au-delà auprès d'ALLAH Soubhana WATA Allah».
A ta chère famille inconsolable, à tes collègues Professeurs agrégés, à tes collaborateurs de services, à tes étudiants et à tous tes frères de foi, le journal ALIF adresse ses condoléances les plus attristées et les plus émues.
Qu'Allah t'accueille dans son paradis et qu'il protège ta progéniture.
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ALIF
Mensuel islamique
d'information et de formation
20 BP 575 Abidjan 20
Tél : 37 - 20 - 90
Siège : Cité Fairmon N° 14
DIRECTEUR
DE PUBLICATION
OUATTARA Issouf
REDACTEUR EN CHEF
Marouf YEO
REDACTION
Marouf YEO
Siddique KANTE
TOURE Yacouba
WATTARA Adams
DIALLO Mamadou
OUATTARA Issouf
CARAMOKO Ibrahim
MEÏTE Mory
COMPOSITEUR
Imprimerie Reprographie
Tél : 37 - 82 - 52
MAQUETTE
MAROUF
IMPRESSION
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Tél : 37 - 82 - 52
DISTRIBUTION
Edipresse
DEPOT LEGAL
N° 2789 du 20 -03 - 92
EDITORIAL
BONNE ANNEE 1415
A TOUS ET A TOUTES
La fin de l'année 1414 s'est terminée de façon tragique pour certains peuples de la planète. 600 mille morts Rwanda, Nouvelle guerre entre le Yémen du Sud et le Yémen du Nord, les musulmans Bosniaques continuent d'être exterminés, la guerre continue en Angola, en Somalie... Des intentions de guerre entre le Nigeria et le Cameroun existent. Balbutiement de la démocratie au Togo, au Congo, en C.I. au Tchad, au Burundi, au Rwanda... Le pèlerinage 94 a fait près de 829 morts. Bilan tristement catastrophique.
Cependant une lumière perce les ténèbres de ce bilan triste. Il s'agit de l'Afrique du Sud qui après plusieurs années d'obscurantisme décide d'être une nation civilisée en organisant des élections justes avec la victoire éclatante de Mr. NESLSON MANDELA.
Que dire à nos frères musulmans en ce début d'année 1415 ? Nous voulons profiter de cette année pour rappeler à nos frères musulmans que c'est leur année et c'est maintenant qu'ils doivent faire des cadeaux à leurs enfants, à leurs épouses, à leurs époux, à leurs amis, à leurs collègues de bureau...
Il est temps de penser aux types de cadeaux que nous voulons offrir. Nous devons plus penser aux prières afin que Dieu nous aide dans nos entreprises ici-bas et qu'il nous offre une demeure paisible dans l'au-delà. Mais au fait c'est quand la date exacte du Nouvel an ? Le vendredi 10 juin 1994 correspond au 1er Mouharam 1415 de l'Hégire. C'est le début de la nouvelle année musulmane.
Celui qui réussit à jeûner tout ou partie du mois de Mouharam, (précisément du 10/06/94 au 09/07/94) bénéficiera d'énormes retombées spirituelles.
Sur le plan individuel, faisons notre bilan. Si pour nous il est positif, remercions Dieu de l'avoir fait ainsi et demandons lui de l'améliorer pour 1415.
S'il devait être négatif, remercions Dieu et prions pour qu'il nous aide à l'améliorer. Dieu dit qu'il sait ce qui est bien pour nous. Evitons de nous plaindre quel que soit ce qui nous arrive, car il sait où est notre vrai bonheur.
Fasse Dieu que l'année 1415 nous apporte le bonheur vrai, qu'il nous donne une longue vie pleine de spiritualité et surtout de responsabilité envers nous-même, et envers nos engagements vis-à-vis de nos relations. Et surtout que Dieu nous donne une BONNE FIN.
Que tous ceux qui ont un problème quelconque y trouve une solution approprié./. Marouf YEO.
La direction du journal ALIF a le plaisir de présenter ses voeux les meilleurs de Pieuse Pratique, de Bonheur, de Santé de Prospérité et de Réussite à tous ses lecteurs.
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TRICHERIE
LES IVOIRIENS SONT-ILS DES TRICHEURS ?
En abordant ce thème, nous n'avons aucunement l'intention de salir la réputation des ivoiriens. Nous avons fait un certain nombre de constats par rapport à ce fléau.
Notre article a pour but d'attirer l'attention de tous les ivoiriens sur ce problème qui tend à se généraliser si ce n'est déjà fait. Nous le posons aussi par rapport au type de société que nous voulons avoir demain pour continuer l'oeuvre que Dieu nous a confiée à savoir : ordonner le bien et interdire le blâmable. Le problème de la tricherie se pose avec acuité dans certains secteurs-clé d'activités de notre pays : l'Ecole, l'Administration générale, la police, la santé publique, la religion...
Peut-on définitive séparer tous secteurs. Assurément non, car au centre de tout cela se trouve l'homme cheville ouvrière de toutes les activités planétaires. L'homme aujourd'hui a plus tendance à obéir à ses instincts qu'à sa raison.
Et cela est dommageable pour la société en générale et l'individu en particulier. L'école ivoirienne est malade de sa société, de ses structures, de son administration, de ses enseignants, de ses élèves en un mot de son environnement immédiat et lointain. Elle est à l'image de la société ivoirienne. Une société ivoirienne qui a tendance à donner dans la facilité, dans la compromission et dans le mensonge.
Aujourd'hui l'on accuse les élèves et les étudiants de refuser de travailler à l'école. Ils sont accusés de paresseux de vauriens. Mais la responsabilité des enfants dans ce problème est très infime. Que pouvez-vous demander à un instituteur qui a dans sa classe plus de 80 élèves au lieu de 40 Parce que quelque part la construction des écoles n'a pas suivi la démographie. Que peut faire un écolier sans formation de base lorsque l'instituteur ou l'institutrice passe le plus clair de son temps à demander des permissions pour aller régler ses problèmes, alors qu'en réalité il s'éclipse pour faire autre chose. Que peut un élève au collège ou au lycée quand il n'a pas le minimum pour aller en classe ? Que peut un élève quand il se retrouve dans une classe de 120 élèves et qu'il est obligé de s'asseoir à 3 par banc ? Que peut-il lorsque le souci premier du principal ou du proviseur est de s'enrichir de la pauvreté des parents en inscrivant parallèlement ? Que peut-il lorsque des professeurs chargés de faire les cours sont souvent en retard ou absents ou préoccupés plus à soigner leur image qu'à enseigner. Que peut le professeur lorsqu'au mépris du bon sens son chef d'établissement remplit ses classes de plusieurs élèves (120 élèves par classe). Que peut le proviseur, lorsque pour des raisons bassement électoralistes ou des problèmes de promotion personnelle des hommes politiques et des administrateurs n'hésitent pas à imposer des listes d'élèves à l'inscription.
Que peut l'étudiant oirien dans une université prévue pour 6 000 étudiants et qui en a 35 000 aujourd'hui 4. Que peut-il face à tous ces problèmes (logement, transport, restauration...). Pour se donner bonne conscience, tout le monde parle de la tricherie. Personne ne veut s'engager résolument sur le chemin de la vérité. Nous sommes tous des tricheurs parce que nous trichons avec notre conscience. Nous refusons de reconnaitre nos insuffisances. Nous accusons toujours les autres d'être responsables de nos difficultés. Ce ne sont pas nos prières hypocrites, nos complaintes et nos larmes de crocodiles qui régleront les problèmes de tricherie. Il nous faut une dose d'honnêteté, de courage, de changement de mentalité et surtout de foi pour parvenir à un début de solution. Réfléchissons ensemble sur cette sourate très évocatrice de Dieu (à lui la pureté) : "Dieu en vérité ne modifie nullement l'état d'un peuple, tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes." Sourate le Tonnerre V 11.
(la suite dans notre prochaine édition).
OUATTARA ISSOUF.
OUBLI OU NEGLIGENCE ?
PAS DE CORAN
LA MAISON BLANCHE
Le 13 septembre 1993, Bill Clinton se lève à 3 heures du matin pour travailler sur l'ébauche du texte que lui a préparé Jérémie ROSNER, afin qu'il se lise lors de la cérémonie de signature de l'accord de paix. Il doit prononcer ce discours, probablement un des plus importants de sa vie, dans quelques heures, devant les caméras du monde entier. Voici la suite racontée par Marek Halter et Eric Laurent :
"Il réécrit totalement la première partie en y insérant des références tirées d'une Bible entièrement annotée qu'il avait posée sur la table, à portée de main. Puis il modifia la fin du discours, s'inspirant longuement du Livre de Josué et notamment de la chute des murailles de Jéricho.
A 6 h du matin, tandis que le jour commençait de se lever sur Washington, il apporta la dernière touche au texte.
Hillary Clinton le lut en prenant son petit déjeuner et lui donna l'imprimatur.
A 8 h 30 le texte était prêt à être tiré à des milliers d'exemplaires, destinés à la presse mondiale et aux deux mille cinq cents invités à la cérémonie qui débuterait à 11 heures.
A 8 h 40, Antony Lake, chef du Conseil national de sécurité, téléphona au bureau ovale. Il expliqua, embarrassé, à Clinton que l'un des collaborateurs venait de remarquer que le discours présidentiel ne contenait aucune référence à l'islam :
"Le Président Arafat et les personnalités arabes présentes seraient en droit d'être choqués, rajouta Lake. Vous citez à plusieurs reprises la Bible et pas une seule fois le Coran.
Clinton resta quelques instants silencieux
- Apportez-moi un exemplaire du Coran."
Malgré toutes les recherches, il fut impossible de trouver dans les bureaux de la Maison Blanche un exemplaire du livre saint. Un collaborateur finit par aller l'acheter dans une librairie voisine.
Un expert du département d'Etat, spécialiste du monde arabe et des questions islamiques, fut chargé de sélectionner quelques extraits. Le texte une fois remanié et la catastrophe diplomatique évitée, Bill Clinton se prépara en toute quiétude à recevoir ses hôtes."
Source : J.A. n° 1 740 du 18/05/94
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PANDEMIE DU SIDA ET CROYANCES RELIGIEUSES
Comment les traditions religieuses regroupées autour du concept de religions révélées (Islam, Judaïsme, chrétienté) perçoivent elles cette grande pandémie qui défraie l'actualité depuis une dizaine d'années ?
- Comment celles-ci se représentent-elles le SIDA aujourd'hui (ce qui n'est pas sans rapport avec leurs représentations antérieures de la maladie et des maladies) ?
- Quelles orientations proposent-elles à ceux qui les entendent ?
- Quelles sont leurs pratiques, individuelles et collectives, dans ce domaine et quelles pratiques nouvelles pourraient elles envisager, éventuellement ensemble (qu'il s'agisse de pratiques propres aux groupes religieux ou de pratiques communes à ceux-ci et à tous les autres) ?
RELIGION
L'EGLISE CATHOLIQUE
" LE PAPE A DIT... "
Du Vatican, notre vieil ami Antonio Pelayo nous envoie une salve de reproches, accusant les mécréants que nous sommes de ne pas comprendre le sens des positions de l'autorité pontificale. Il se réfère à la parole de Jean-Paul II dont nous continuons de penser que les prêches à propos du Sida ont, entre autres constantes, celle d'un faible taux de miséricorde corrélée à une forte teneur en réactivité morale.
L'EXPANSION TRAGIQUE DE L'EPIDEMIE N'OBLIGE PAS L'EGLISE A EDULCORER SA CONCEPTION DE L'HOMME.
J'écris cet article avec la ferme conviction qu'une grande partie des lecteurs du journal du Sida ne seront pas d'accord avec moi.
Alors, pourquoi l'écrire ? Par masochisme ? La réponse est plus simple : par fidélité aux amis qui me l'ont demandé et par fidélité également à l'Eglise catholique dont l'attitude sur le problème du Sida est en permanence controversée ou mal interprétée. L'unique autorité des lignes qui suivent est celle d'un observateur qui cherche à comprendre et qui, par conséquent, ne prétend capter aucun auditoire.
Un simple fait : du 13 au 15 novembre 1989, le Conseil pontifical pour la pastorale des agents sanitaires a organisé à Rome une conférence internationale sur le syndrome, sous le titre "Vivre, pour quoi ? Le Sida". La revue qui accueille cet article n'a pas cru nécessaire d'envoyer un de ses reporters couvrir cet événement exceptionnel. Dans son éditorial du numéro 10-11 (décembre 1989), elle s'acharnait avec férocité contre l'Eglise catholique, en se fondant sur des informations partiales et sur une position a priori. Que je peux comprendre mais que je ne partage pas. Dans le numéro de février 1990, elle publiait deux lettres de médecins critiquant cet éditorial, avec une réponse réitérant l'accusation d'hypocrisie à l'égard de la position de l'Eglise, position simplement mal comprise. Je ne sais si, depuis lors, les choses ont changé, au moins un peu...
Je crois qu'il est nécessaire d'affirmer tout d'abord que la position de l'Eglise sur le problème du Sida ne peut être réduite au problème du préservatif. Bien que la comparaison soit un peu exagérée, cela équivaudrait à supposer que la moralité de la guerre doit être appréciée en fonction de l'utilisation ou pas par les armées de masques à gaz ou de défenses anti-aériennes... En lisant certains commentaires, ou en déduit que l'Eglise catholique et le pape ne feront rien d'efficace sur ce terrain tant que le souverain pontife n'annonce pas urbi et orbi que l'utilisation du préservatif est non seulement utile mais aussi nécessaire et obligatoire. Que l'on me pardonne, mais cette logique ne conduit nulle part. Il serait stérile de reprocher à Jean Paul II, aux cardinaux, aux évêques et aux prêtres de ne pas faire ce que, à l'évidence, ils ne feront jamais.
Faut-il en conclure, aujourd'hui, sans autre forme de procès, que l'Eglise catholique est un ennemi ? Peut-on affirmer que son apport sur le terrain de la prévention et de l'assistance n'est rien de plus qu'un alibi pour couvrir une complicité objective avec l'expansion de la maladie ? Peut-on réellement amalgamer ce rejet du préservatif comme solution avec l'irresponsabilité d'une institution qui guide les consciences de 900 millions d'hommes ?
IMMUNODEFICIENCE DES VALEURS EXISTENTIELLES.
Je souhaiterai envisager le problème sous un autre angle. Pour l'Eglise catholique, le problème du Sida n'implique pas la nécessité d'une révision de ses postulats moraux. L'expansion tragique de l'épidémie ne l'oblige pas à édulcorer sa conception de l'homme et de son destin en ce monde. Comme par le passé, avec d'autres manifestations du profond mystère du "mal", elle sait que la victoire finale ne se juge pas avec des schémas d'ici-bas. L'espérance repose sur d'autres postulats.
Il y aurait eu une autre tentation - à la quelle ont succombé certains "moralistes" qui ne sont que de vils opportunistes -, celle d'utiliser la maladie comme image du châtiment divin pour la dépravation d'une société ou de quelques couches de la société. Aucune citation pontificale n'autorise une telle interprétation. Aucune autorité responsable ne s'est permis une telle conception "ancien-testamentaire" et fausse à la base.
La perspective du pape et de l'Eglise est autre. Jean-Paul II l'exprimait dans son discours, durant la conférence internationale dont nous parlions plus haut : "On n'est pas loin de la vérité lorsqu'on affirme que, parallèlement à la diffusion du Sida, s'est peu manifestée une sorte d'immunodéficience sur le plan des valeurs existentielles, qui ne peut manquer d'être identifiée comme une véritable pathologie de l'esprit." Quelques mois plus tard, dans un discours prononcé à Bujumbura, la capitale du Burundi, le pape réabordait ce thème pour affirmer que l'Eglise ne peut accepter que ce problème soit traité "à la marge de l'éthique, parce qu'alors l'origine du mal n'est ni comprise ni combattue".
En d'autres termes, l'Eglise croit surtout en l'efficacité d'une redécouverte des valeurs humaines authentiques de la sexualité et de la personne, davantage que dans n'importe quelle autre stratégie qui accepterait une altération de ces principes. Elle croit surtout que son rôle, face à cette immense tâche, ne peut se cantonner à ce qu'elle considère elle-même comme une "dégradation morale". Le même pape a dit : "Une prévention qui émanerait d'une inspiration égoïste, de considérations incompatibles avec les valeurs prioritaires de la vie et de l'amour, finirait, en plus d'être nulle et non avenue, par être contradictoire, en se polarisant seulement sur le problème sans le résoudre à la base."
Je souhaiterai conclure sur une note conciliante. L'Eglise catholique n'a pas attendu les bras croisés que l'épidémie de Sida s'étende. Je viens de visiter en Afrique des centres d'assistance d'une efficacité prodigieuse et d'une valeur humaine extraordinaire. C'est l'image du bon Samaritain remise au goût du jour. Il y aura bien quelqu'un pour rejeter une telle attitude. En tout cas, ce ne seront sûrement pas les malades pris en charge et soutenus avec un amour sans frontières.
Antonio Pelayo
Journaliste, cité du Vatican
L'EGLISE PROTESTANTE
BERNARD CHARLES :
"On ne peut pas lutter avec une morale négative"
Il y a une révolte prophétique contre la souffrance, et il faut lutter contre le mal.
Dans le domaine du Sida, peut-on situer une éthique protestante ?
La croyance en l'immortalité remonte entre autres à Platon ; c'est la vieille dichotomie que l'on trouve entre l'âme et le corps. Les religions occidentales doivent énormément à la philosophie grecque et à la gnose : l'âme serait "exilée" dans le corps. Pourtant, la piété biblique va tout à fait à l'encontre de cette philosophie grecque ; ce qui compte, c'est la vie, et la vie c'est un corps, certes un corps habité. Pour le juif, et j'allais dire pour le chrétien juif, c'est-à-dire le protestant, notre vie c'est notre corps et notre âme intimement mêlés ; au moment de la mort, l'âme n'a pas à quitter le corps enfin connaître l'immortalité. La piété juive, comme la tradition chrétienne (revue au moment de la Réforme), nous met dans le concret de la vie ; ce qui importe, c'est la vie. D'ailleurs, l'Evangile de Jean parle plus de vie réelle que de vie éternelle.
L'accompagnement des mourants va donc être différent. Il ne s'agit pas exactement de quitter ce monde, qui serait une vallée de larmes, où il y aurait toujours des malheureux, où la souffrance serait inéluctable sinon souhaitable...
Comment un protestant aborde-t-il l'accompagnement d'une personne en fin de vie ?
Soit on néglige ce qu'il est en train de vivre en pensant à l'immortalité de son âme, à la libération qu'il connaîtra enfin, soit on estime que ce qui est déterminant c'est ce qu'il vit, ce qu'il a vécu et ce que je suis en train de vivre avec lui, c'est accepter que ma vie soit relativement brève, qu'elle connaisse des limites, qui sont d'ailleurs les limites de la souffrance. Cela ne va pas à l'encontre de la foi en la résurrection, qui demeure la confiance en Dieu, mais il ne faut pas voir la résurrection comme celle de la viande, de la chair. Cette confiance signifie que ce qui nous est donné doit être vécu du mieux que l'on peut, en nous, avec nous et avec les autres, qu'on doit aimer passionnément la vie qui nous est donnée sans en ignorer les limites quand celles-ci font souffrir. Car il faut lutter contre la souffrance ; l'hôpital est une expression de la confiance en Dieu, car l'hôpital c'est la lutte contre la souffrance. Je pense que c'est pour cela que l'on trouve beaucoup de protestants et de juifs qui se sont orientés vers l'analyse, la médecine, la défense de l'autre, ce n'est pas uniquement à cause de la persécution. Je crois que c'est lié à l'éthique prophétique ; il y a une révolte prophétique contre la souffrance, la vie est à assurer pleinement, et il faut lutter contre le mal.
Dans la parabole de Lazare, l'important ce n'est pas la résurrection ou, plutôt, la sortie de coma prolongé, l'important c'est le dialogue avec les soeurs de Lazare qui se mettent à croire en la mort. Jésus dit à la soeur :
"L'important c'est que tu vives."
La tradition catholique et romaine a souvent omis, tout au long des siè-
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VIOLENCE
LA VIOLENCE PAR L
LE SIGNE D'UNE FAIB
LA VIOLENCE DEVRAIT APPELER LA SAGESSE.
Ce qu'il nous a été donné d'entendre de la part de nos autorités au sujet de l'école est tout simplement inquiétant et dramatique. Comment des autorités chargées de la gestion des hommes peuvent-elles perdre patience et opter pour la violence pour régler les problèmes. Que répondre face à tous agissements ?
Nous pensons que c'est un aveu d'impuissance car la violence sous quelle que forme qu'elle se présente n'a jamais résolu les problèmes. Elle laisse plutôt des traces indélébiles toute la vie tant au niveau des auteurs que des victimes.
La violence inouïe dont ont été victimes les étudiants ces derniers temps est inexplicable par rapport à la justesse de leurs revendications. L'école ivoirienne est malade depuis des décennies ce qui arrive aujourd'hui est le résultat de plusieurs années de négligence des autorités, des parents dits d'élèves. Les différentes réformes sur l'école n'ont été que des échecs. La preuve la réforme de 1977 dite réforme Usher a été un fiasco. Les Etats généraux de l'école de Mr. BALLA Kéita n'a rien donné. Que peut-on attendre de la consertation nationale sur l'école ivoirienne initiée par le ministre SALIOU Touré en 1993 et qui a pris fin en mars 1994 ? Rien ! Parce que simplement nos gouvernants ont toujours fait preuve d'un manque de volonté réelle politique. Pour quels intérêts luttent-ils ? Pourquoi sont-ils prêts à user de la violence pour imposer une décision qui ne semblerait pas avoir l'adhésion de la population ?
La violence comme mode de gestion ?
Les exemples de violence pour régler les conflits ne manquent. Limitons les exemples de 1990 à 1994. En mai 1991, les autorités ont cru trouvé une parade aux problèmes des étudiants en faisant faire une descente nocturne musclée et violente à la cité universitaire de Yopougon. Les victimes de cette descente sont traumatisés à jamais. Les professeurs du secondaire en février 1991 avaient fait les frais de cette barbarie à Bingerville lors de leur congrès extraordinaire. Cela n'a pas pour autant ramolli leur ardeur qui ont continué la lutte et obtenu satisfaction. En novembre 1992 à la grande mosquée d'Adjamé, les musulmans ont failli faire les frais une fois encore de cette méthode cynique qui est la violence. Leur crime, c'est d'avoir voulu s'organiser indépendamment de toute ingérence.
N'eût été la sagesse de nos responsables religieux le pire allait se produire. Tout récemment les partisans de l'ex-premier ministre Mr. ALHASSANE D. Ouattara ont été violemment gazés tout simplement parce qu'ils ont osé lui exprimer leur sympathie. Et enfin la marche pacifique organisée par la FESCI et ses membres pour faire aboutir leurs revendications a été sauvagement réprimée C'était l'occasion rêvée pour les forces dites de l'ordre " de casser de l'étudiant ". Tout ce qui sentait étudiant était automatiquement mis aux arrêts
Comme toujours il se trouve des gens de mauvaise foi pour justifier la violence comme si c'est la solution appropriée. Le fait de vouloir régler les problèmes posés par les étudiants et élèves par la violence est simplement aberrant parce qu'il n'y a aucune lueur à l'horizon. Alors il faut arrêter la violence pour la violence et surtout cesser de la justifier.
VOICI L'UNE
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INQUIÉTUDE
LA VIOLENCE EST
BLESSE NOTOIRE
Des autorités devraient comprendre que les hommes forts et mûrs savent tirer des critiques et des problèmes les plus importants, les leçons les plus précieuses grâce auxquelles ils se refondent et s'améliorent. Elles doivent savoir créer la confiance avec les autres partenaires.
Il n'y a pire faiblesse que de perdre patience face à un problème. Seuls les gens patients récolteront les résultats probants. Et le prophète Mohammed (S.A.W.) a vu juste, lorsqu'il déclara : " Le paradis appartient à ceux qui possèdent la patience. Et seuls, ceux qui possèdent la patience seront sauvés."
Que nos autorités prennent patience et surtout qu'elles aient la ferme volonté politique de regarder les problèmes et de les résoudre plutôt que de faire la politique de l'Autruche.
MAROUF YEO.
GENOCIDE RWANDAIS
Face à la démission de l'O.N.U. les rwandais s'adonnent à coeur joie à la tuerie gratuite.
Ce qui se passe actuellement au Rwanda est dramatique. Comment le monde entier peut il accepter d'assister au programme collectif de Hutu et de Tutsi ?
Comment des gens habités par une soi-disante raison peuvent ils perpétrer de tels crimes ? Y a-t-il une différence entre un animal qui agit selon son instinct et l'homme obnubilé par les plaisirs d'ici-bas ? Que dire de l'O.N.U. et de l'O.U.A. qui restent impuissantes face à ce génocide collectif ? Elles ne valent pas le temps d'exister, parce qu'elles ont toujours raté les grands rendez-vous (guerre Israélo-Arabe, guerre du Liban, guerre Iran-Irak, les tragédies Somaliennes et Ethiopiennes, guerre en Bosnie, Guerre du Libéria...). Elles interviennent quand tout est foutu, quand il n'y a plus rien à faire. Comment une organisation comme l'ONU peut-elle rapatrier 2 500 casques bleus du Rwanda alors que la situation ne le favorisait pas au début de la guerre civile.
Maintenant qu'il y a eu près de 600 000 morts et que tout est parti en feu, l'O.N.U. se décide de faire venir 5 500 casques bleus pour faire cesser les tueries. Les images vues à la télévision ivoirienne sont horribles. Des enfants décapités ou mutilés, des femmes et des hommes en pleine décomposition dans le Lac Victoria. Pourquoi toutes ces monstruosités ? Tout simplement parce que certaines personnes très attachées à leurs privilèges terrestres, au plaisir de la vie veulent maintenir le statu quo. Quelles que soient les raisons évoquées par le F.P.R. (Front Patriotique Rwandais) ou la garde présidentielle rien ne peut justifier ces tueries gratuites. Car rien ne vaut la vie. Rien ne peut expliquer aussi cette démission de l'O.N.U. même si les raisons avancées sont d'ordre matériels et financiers.
Où a-t-elle eu les moyens pour essayer de faire intervenir les 5 500 soldats de l'O.N.U. prévus ? Elle a eu les moyens maintenant après 600 mille morts. Quelle absurdité et quelle irresponsabilité ? Face à cette situation tragique : que faut-il faire ? Les Rwandais sont les premiers concernés par ce drame. Il n'y a qu'eux seuls qui peuvent régler ce problème avec bien sûr l'aide de certaines bonnes volontés. S'ils sont indifférents envers leur responsabilité morale, les autres ne pourront leur être d'aucun secours, et ne les aideront pas à changer ce qu'il y a de mauvais en eux-mêmes. Nos frères Rwandais doivent refuser d'obéir aveuglement à leurs instincts car s'ils devenaient prisonniers de leurs sentiments, leur personnalité perdra de sa consistance et ils connaîtront échec après échec. A l'adresse de toute l'humanité, nous disons qu'un caractère vindicatif engendre toujours l'injustice et sème la zizanie entre les gens. Si nous devions réparer par la vengeance toutes les atteintes grandes ou petites que nous subissons, nous devions gaspiller notre temps en querelles interminables et accepter d'avilir notre âme.
KANTE SIDDIQUE
PANDEMIE DU SIDA (suite)
cles (d'où la Réforme), de lire avec attention ce qu'elle héritait du message prophétique, de la vie de Jésus et des premiers textes, d'où une sorte de perversion philosophique et des pratiques que j'appellerais pagano-catholiques qui nous écartent de notre vie pour nous projeter dans l'au-delà. L'Evangile ce n'est pas changer de monde, mais changer le monde.
Il y a pourtant beaucoup de liberté de parole dans l'Eglise catholique.
On pense par exemple à Mgr Gaillot, à ces prêtres qui tiennent un autre discours que celui de la hiérarchie...
Ce sont des témoins de la marge ; il y a dans l'Eglise catholique une marge considérable. Le travail qu'a entrepris Mgr Decourtray avec René Rémond sur l'Eglise et l'affaire Touvier est remarquable, mais Dieu sait ce qu'il a encouru.
Il y a, aujourd'hui, entre protestants et catholiques, davantage d'échanges qu'autrefois. Mais cela reste la marge, même s'il n'y a de vie que dans la marge. Il semble que l'on puisse tout faire et tout dire dans l'Eglise catholique, à condition de ne pas s'en prendre au dogme ni à l'autorité du pape.
La liberté est aussi une responsabilité. J'estime que, pour lutter contre M. Lefèvre ou pour refuser les encycliques du Saint Père, nous n'avons pas à approuver tous les désordres sociaux et moraux de notre époque. Mais on ne peut pas lutter sous l'angle d'une morale négative. Dans tous nos textes protestants, il est écrit que nous ne pouvons vivre dans la tradition biblique qu'une éthique de la liberté et de la responsabilité ; il est impossible de séparer les deux démarches de la liberté et de la responsabilité.
Votre discours pourrait presque être celui de laïques athées...
Nous ne pensons pas avoir le monopole de la fidélité, de l'engagement ni de la spiritualité. La souffrance physique et la douleur morale n'ont pas de frontières, toutes les choses essentielles sont communes à tous les humains. Ce qui se passe autour du Sida est très significatif, et on peut imaginer à quel point les choses iraient mieux si on mettait autant d'énergie contre le chômage, l'exclusion, la pauvreté. Cette grande cause nous fait rebondir sur beaucoup d'autres causes. Avec le Sida, tout est différent à cause de l'urgence ; le Sida ne nous laisse pas de temps. C'est difficile de mourir à trente ans, mais il faut penser qu'une minute de vie, trois mois, trois ans, c'est peut être pareil, car c'est toute la vie. On peut peut-être vivre soixante-dix ans sans leur trouver un sens, et vivre trois mois authentiques.
Pasteur,
Eglise réformée de France.
( La suite dans notre prochaine édition)
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SCIENCE
DES TROIS RELIGIONS REVEL
Des trois religions révélées, l'Islam est la seule qui soit à la fois religion civilisation, culture et mode de vie. (Suit et fin).
Les peines en droit musulman sont en principe légales. Elles sont définies et prononcées formellement par la Shariâ (9).
**\*A\* LE TALION (KISAS)**
C'est une institution pré-islamique que l'Islam s'est contenté de régulariser. Ce maintien s'explique, chez les Arabes comme chez les autres peuples formant la société musulmane, par la rudesse des moeurs primitives d'un milieu de tribus nomades ou sédentaires, dans lequel la famille ou le clan revêt une importance capitale.
La religion musulmane a rendu légal le talion :
Coran, sourate II la Vache, versets 178 et 179 : «ô vous qui croyez ! la loi du talion vous est prescrite en cas de meurtre, l'homme libre pour l'homme libre, l'esclave pour l'esclave, la femme pour la femme" (7) Mais la vengeance est exercée, désormais par l'autorité et non plus par le groupement.
Par exemple, dans le cas de coups et blessures, le magistrat désignera un médecin qui pratiquera les mutilations légales sur le coupable.
Les infractions punies par le talion sont :
1) l'homicide volontaire, avec ou sans préméditation.
2) Les coups portés et les blessures faites volontairement, sans intention de donner la mort, mais l'ayant occasionnée.
Le talion (talis) consiste à faire subir au coupable le genre de mort ou de blessures qu'il a infligé à sa victime, c'est en propres termes "l'oeil pour l'oeil, dent pour dent" des Hébreux (4).
Dans les rites orthodoxes, le talion ne peut être prononcé qu'autant que la culpabilité de l'accusé résulte de son aveu ou le témoignage de deux hommes(1).
Dans le rite Malékite, s'il s'agit d'homicide volontaire ou d'homicide involontaire mais provoqué par des coups portés volontairement et si la victime est un musulman libre, si enfin, il y a de graves présomptions de culpabilité, la peine du talion peut être prononcée, même quand la preuve de la culpabilité ne résulte pas de l'aveu ou des dépositions de deux témoins mâles.
**\*B\* LA COMPOSITION (LEGALE OU CONVENTIONNELLE)(diya).**
C'est un adoucissement du talion. Moyennant le prix du sang répandu par l'offenseur, la partie lésée renonce à sa vengeance.
La composition est donc, en même temps, une réparation civile et une réparation pénale, c'est le rachat de la peine (5).
La composition conventionnelle est celle qui est librement débattue entre l'offenseur et la victime ou ses parents ou ses héritiers.
Celui qui aurait du requérir le talion peut renoncer à le faire moyennant la promesse d'une composition offerte par le coupable. Cette composition est prévue et même recommandée par le Coran (sourate II, la Vache, verset 178) :
"on doit user de procédés convenables envers celui auquel son frère a remis une partie de la dette, et lui-même dédommagera celui-ci de la meilleure façon. Cela constitue un allégement et une miséricorde accordés par votre Seigneur" (7).
La composition légale ordonnée par la loi, s'applique dans les hypothèses suivantes :
1*** Homicide involontaire, blessures involontaires.
2*** Quand la peine du talion est impossible à appliquer. Par exemple, le coupable devrait être amputé du bras droit et il est manchot de ce bras, on devrait lui crever l'oeil droit et il est borgne du même. La blessure que devrait subir le coupable est de nature à entraîner sa mort, en raison de son état physique, comme la répression ne saurait dépasser l'offense, le talion devient inapplicable.
3*** La peine du talion est légalement inapplicable. Par exemple, la victime est morte et ses héritiers ne se sont pas mis d'accord pour requérir le talion, s'il n'y a pas unanimité, l'application en devient impossible et on lui substitue la composition légale dans laquelle chacun des héritiers recevra sa part.
La diya est, en principe et sauf réduction d'un commun accord, de 100 chameaux ou de leur valeur pour un musulman aussi bien qu'un non Musulman (Juif, Chrétien) selon le rite Hanéfite qui se base sur le Coran sourate IV, les femmes, verset 92 : "si le croyant qui a été tué appartenait à un groupe ennemi, le meurtrier affranchira un esclave croyant s'il appartenait à un groupe auquel un pacte vous lie, le meurtrier remettra le prix du sang à la famille du défunt et il affranchira un esclave croyant" (7).
La diya est de moitié seulement pour le non Musulman selon le rite Maléekite, et de 1/15e de cette valeur pour un pyrolatre ou un idolâtre.
Pour la femme elle est de la diya d'un homme dans chaque catégorie (9).
La diya du foetus tué lors d'une agression sur une femme enceinte est de 100 chameaux s'il est de sexe masculin, la moitié s'il est de sexe féminin. Cette diya selon les rites Hanéfite et Malékite n'appartient qu'à la mère (9).
La diya est supportée en même temps, par le coupable et par son âkila, c'est à dire le groupement formé, devant compter au moins sept membres :
**1* par les parents mâles (âsab).
**2* Les patrons qui forment une catégorie spéciale d'âsab.
**3* Les membres de la même corporation.
Si le coupable est un musulman n'ayant ni parent mâle, ni patron, ni corporation, la diya est mise à sa charge et à la charge du trésor public (Bait al-Mal).
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SCIENCE
ES, LISLAM EST LA SEULE (Suite et fin)
BAREME LESIONNEL
| LESION | DIYA (Nombre de chameaux) |
| :--- | :--- |
| **CRANE**<br>Plaies<br>Traumatisme | <br>5 à 25<br>100 |
| **FACE**<br>Yeux<br>cécité<br><br>Un oeil C/O borgne<br>paupière<br><br>Nez (anosmie)<br><br>Oreilles (surdité)<br><br>Lèvres<br><br>Langue : aphasie<br><br>Dents : Une dent<br><br>en entier | <br><br>100<br><br>100<br>25<br><br>100<br><br>100<br><br>50<br><br>100<br><br>5<br><br>50 |
| **SQUELETTE**<br>pulpe doigt<br>un doigt ou orteil<br>articulation main ou pied<br>main ou pied<br>dos (fracture)<br>Bassin (fracture) | <br>3<br>10<br>5<br>50<br>100<br>100 |
| **ORGANES GENITAUX**<br><br>Sein<br>Testicule<br>Pénis (impuissance)<br>Vagin (dyspareunie) | <br><br>50<br>50<br>100<br>100 |
Si le coupable n'est pas Musulman, on appellera à la contribution, à défaut de parents, ses coreligionnaires du même quartier ou du quartier ou village voisin.
En définitive la diya est une dette collective.
Le groupement aurait pu empêcher l'infraction, il y a au moins négligence de sa part.
Le paiement de la diya est échelonné, en principe, en trois annuités.
Pratiquement elle est versée en une seule fois, mais alors elle n'est pas payée intégralement, elle subit une diminution qui compense l'anticipation du paiement. Bien entendu, quand le coupable est solvable, c'est lui qui paie toute la diya. Le paiement est fait à la victime elle-même ou à ses héritiers, entre lesquels il se répartit au prorata des droits successoraux.
La diya une fois remise aux ayant droit de la victime, ceux-ci n'ont plus le droit d'exiger la peine du talion.
L'Islam, selon la doctrine orthodoxe, est essentiellement une religion.
Le Coran a révélé aux hommes le mystère des destinées religieuses des sociétés humaines. Cette grande vérité est une, comme Allah, en elle sont fondues et incorporées toutes les autres vérités : Philosophique, morale, juridique, et la loi (shariâ ou shar), enseignée par la parole de Dieu et l'exemple du prophète impose au Musulman, pris en sa qualité de croyant, l'ensemble de ses obligations d'homme et de citoyen, elle réglemente donc sa vie religieuse aussi bien que politique et sociale, dicte son statut familial, édicte le droit pénal, le droit public et le droit international.
Dès le XVIIIe siècle, les nations européennes qui ont occupé des pays musulmans se sont, en général, hâtés d'abroger un droit musulman, surtout pénal; qu'elles considéraient comme barbare(?!). Les pays musulmans eux-mêmes ont codifié leur droit sur le modèle des codes européens.
L'esprit de ces codifications est moderne, mais officiellement le fond de la matière (talion, diya) ne se trouve plus dans la shariâ.
Avant l'Islam, l'Arabie ne connaît que le régime de la vengeance, privée illimitée, (loi du talion), sauf le droit pour la victime et ses parents, d'accepter la composition légale (diya). La victime, aidée de ses parents et de ses contribules, tire vengeance, de l'agresseur, de ses parents et de ses contribules. C'est la guerre.
L'Islam limite les abus du talion et sa fréquence et s'efforce de généraliser la pratique de la diya.
Les califes interdiront la vengeance privée (talion) imposeront la transaction (diya) et se considérant comme autorisés à juger les conflits par le biais de Cadis (juges).
L'idée de justice sociale se juxtapose alors à l'idée de vengeance, l'idée de réparation d'un préjudice corporel s'ajoute à celle de réparation d'une offense.
La diya, reste la première tarification de la réparation du dommage corporel dans l'histoire de l'humanité,
FIN
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FORMATION
L'Islam en tant que religion révélée accorde dans son enseignement une place de choix à la morale qui recouvre tous les aspects du comportement humain dans ses rapports avec la société.
1 - LES COMMANDEMENTS
a) L'instruction en général.
A propos de l'instruction Dieu dit : "instruisez-vous auprès des gens de la science, si vous n'en n'être pas". Sourate S. 21, V7.
b) instruction morale.
Il ne sied pas que tous les fidèles quittent leur pays (à la recherche de la science). Que ne le font donc un certain nombre parmi chaque groupe, pour approfondir la science du devoir puis l'enseigner, après leur retour, à leurs concitoyens S 9 V 122.
c) Effort moral : le Coran invite à la bienfaisance par effort moral.
Que ne gravit-il (l'homme) le chemin escarpé !... Le gravir, c'est libérer le captif, nourrir l'orphelin S. 90, VII - 17. Et être ensuite de ceux qui ont cru et qui se sont recommandés la patience et qui se sont recommandés la miséricorde mutuelle.
- Ceux qui font un effort pour notre cause, nous les dirigeons dans nos sentiers et Dieu est sûrement avec les bienfaiteurs S. 29 - V69.
- En vérité, vos efforts se déploient en direction diverses : celui qui pratique la charité, qui se garde du mal et ajoute foi à la bonne parole (de la révélation), celui-là nous lui faciliterons la voie du salut. Quant à celui qui se montre avare et croit pouvoir se passer (de nous), qui repousse la belle parole (de la vérité), celui-là nous lui aplanirons le chemin de l'adversité. S.93.V 4-10. Dieu aime ceux qui s'évertuent à se rendre purs (au moral) S.9.V108.
d) Pureté de l'âme.
La pureté de l'âme est un élément fondamental pour obtenir la félicité l'au delà. A propos d la pureté de l'âme, Dieu (exalté soit-il) dit : Je jure..., par l'âme et la puissance qui l'a façonnée que celui qui la purifie et accroît ses qualités jouira du bonheur ; que celui qui la souille et l'obscurcit court à sa perte S 91 V9-10.
UN BREF APERCU DE
Dieu très haut dit encore :
Cite-leur l'histoire d'Abraham, lorsqu'il disait... "Seigneur... Ne m'humilie pas au jour de la résurrection au jour où les richesses et les enfants n'auront plus de valeur, une âme pure étant seule agréable à (Toi) Dieu S 26 V 87-89.
A propos de la pureté de l'âme, Dieu très haut déclare encore : Le jour... où le paradis sera tout proche des justes : Tenez ? (Leur sera-t-il dit) voilà ce qui vous a été promis. Il est réservé à toute âme éveillée et observatrice... à l'homme qui revient à Dieu avec un coeur contrit S.50 V31-33.
a) la droiture
La droiture vis-à-vis de Dieu et de ses semblables est un des aspects fondamentaux de la morale islamique.
Dieu tout puissant dit à ce propos : ...Votre Dieu est un Dieu unique. Acheminez-vous donc tout droit vers lui 341, V6.
Dieu tout puissant dit encore :
Agis avec rectitude comme il t'a été prescrit : ainsi doivent agir ceux qui sont convertis avec toi... S 11 ; 112
f) Chasteté, décence, continence des regards.
La chasteté, la décence et la continence des regards sont des vertus que l'Islam recommande, espère en Dieu le très haut et qui souhaite rencontrer son visage au jour du jugement dernier. A propos de ces caractères que recommande la morale islamique Dieu (exalté soit-il) nous dit :
Prescris aux croyants de tenir leurs yeux baissés et de dominer leurs sens.
Cela les rendra plus purs. Dieu sait tout ce qu'ils font.
Prescris aux croyants de tenir leurs yeux baissés et de dominer leur sens, ne laisser paraître de leur charme que ce qu'elles ne peuvent dissimuler, de couvrir leurs gorges d'un voile, de ne laisser paraître leur charme qu'à leurs époux, à leurs pères, aux pères de leurs époux, à leurs fils, à leurs beaux-fils, à leurs frères, à leurs neveux, à leurs servantes, à leurs esclaves, à leurs domestiques dépourvus de besoins sexuels et aux enfants non initiés aux rapports charnels.
Prescris leur de ne pas frapper du pied pour révéler leurs bijoux cachés S 24 V 30 31 Dieu (exalté soit-il) dit encore :
"Que ceux qui ne trouvent pas à se marier vivent dans la continence, jusqu'à ce que Dieu pourvoie à leurs besoins... S 24 V 33.
Dieu recommande encore :
"Les femmes âgées qui n'espèrent plus se marier n'encourent pas de reproche de quitter leurs manteaux, sans sortir de la décence. Mais il est préférable qu'elles évitent pareille tenue"... S 24 60.
En parlant toujours de ces nobles caractères Dieu dit :
"Heureux les croyants qui prient avec humilité, qui dédaignent les futilités, qui pratiquent la charité, qui gardent leur chasteté. S'ils approchent leurs épouses ou leurs femmes esclaves, ils n'encourent pas de blâme ; mais celui qui dépasse ces limites sera coupable" S 23 V 1-7.
"O femmes du prophète,... rompez avec les coquetteries du temps de l'ignorance primitive ... Dieu n'a d'autre dessein que de vous préserver, famille du Prophète, des souillures de ce monde et de vous assurer une pureté parfaite. S 33 - V 32-33.
g) Maîtrise de la colère.
La maîtrise de la colère est l'un des caractères que recommande l'Islam.
En effet Dieu très haut déclare : "le Paradis est réservé aux vertueux, qui distribuent leurs biens, qu'ils doivent dans la prospérité ou dans l'adversité, et qui, maîtres des mouvements de leur colère, savent pardonner à leurs semblables. Dieu aime les coeurs généreux. S III V 134.
h) Sincérité
A propos de ce noble... Dieu (exalté soit-il) dit : "croyants, vénérez Dieu et soyez sincères" S9, V119. "croyants, craignez Dieu et soyez droit dans vos propos" S 33, V 70.
"Ceux qui apportent la vérité et y croient,
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FORMATION
LA MORALE CORANIQUE
Dieu a crée les cieux et la terre... en vue de vous éprouver (et de faire voir) qui d'entre vous fera les belles actions. S 11 V7.
voilà les vertueux", S39, V33.
i) Douceur et modestie
Dieu très hut déclare dans le saint Coran :
"Cherche à modérer ton pas et à baisser un peu ta voix rien n'est plu désagréable que le braiment de l'âne" ". S 31, V 19.
Les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent (se comportent) avec modestie et douceur sur la terre. S 25, V 63.
j) Circonspection dans les jugements.
A ce propos Dieu tout puissant déclare:
O croyants, évitez la plupart des soupçons; car il y a des soupçons qui sont des péchés S49, V 12.
Croyant, si quelque méchant vous apporte une nouvelle, vérifiez-la. Sinon, vous risqueriez de nuire à votre prochain par ignorance, et d'en éprouver ensuite des repentirs. S 49 V 6. Croyant, lorsque vous êtes en campagne, n'intervenez pas à la légère ; ne vous hâtez pas de repousser celui qui vient à vous la main tendue, en lui disant : «Tu n'es pas croyant, mus secrètement par l'appât des biens terrestres... Agissez donc avec discernement. Dieu sait ce que vous faites. S 4 V 94.
k) Abstention dans le doute
Dieu (exalté soit-il) dit :
- sois constant, endurant, dévoué à Dieu. S 74, V 7.
- sois patient ; la patience ne sera d'ailleurs ta possession qu'avec l'aide de Dieu S 16, V 127.
- croyants, soyez patient, rivalisez de patience S 3 V 200.
- Croyez-vous entrer dans le paradis sans avoir éprouvé les maux qu'ont subis vos prédécesseurs ?... S2 V214.
...Nous avons éprouvé ceux qui les ont précédés. Dieu distingue ainsi les sincères et les menteurs S 29 V1-3.
Il en est qui disent : "Nous croyons en
Dieu". S'exposent-ils à la souffrance pour la cause de Dieu, les voilà qui redoutent autant les épreuves que les hommes leur font subir le châtiment de Dieu S29 V 10.
Vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes ; vous souffrirez bien des propos désagréables de la part de ceux qui ont reçu l'écriture avant vous et des idolâtres. Mais si vous patientez, tout en persévérant dans la piété, c'est là ce qui est digne d'une résolution ferme et magnanime S3, V 186.
Nous vous éprouverons par la crainte, la faim, la déperdition dans vos biens, dans vos personnes et dans vos productions. Heureux ceux qui supportent ces maux avec patience S II, V 155.
M) conformité aux bons exemples.
Dieu "exalté soit-il) dit à ce propos :
(O Prophète), sois patient comme l'ont été les plus fermes d'entre les apôtres. S 46, V 35.
Vous avez dans la personne du prophète un bel exemple, pour qui espère en Dieu et croit au jour du jugement dernier... S 33, V21.
Croyant, prenez le parti de Dieu, suivant l'exemple des apôtres de Jésus S 61 V14.
n) Maintien du juste milieu
Dieu tout puissant dit à ce propos :
Que le ton de ta prière ne soit ni trop élevé, ni trop bas ; cherche entre les deux un moyen terme. S17 V 110. Les serviteurs du miséricordieux sont ceux qui... se montrent, dans leurs dépenses, ni prodigues, ni avares, mais tiennent un juste milieu S 25 V 67.
N'aie pas la main collée au cou ; ne donne pas à pleine main S 17 V29
Dieu a établi la balance. Ne dépassez pas la mesure ; n'en retranchez point. Maintenez-la dans sa stricte droiture S 55 V 7-9.
O) Beaux actes
Dieu dit à ce propos :
Nous avons fait de ce qui existe sur la terre une véritable parure, afin d'éprouver les hommes, (de faire savoir lesquels se comporteraient le mieux SD 18 V 7.
Gloire à celui.... qui créa la mort et la vie pour vous éprouver, pour distinguer ceux d'entre vous qui accompliront les meilleures actions. SG 7, V2.
o) Emulation
Dieu déclare :
Chacun a sa direction préférée, vers laquelle il se dirige ; quant à vous, rivalisez pour le meilleur S II V 148.
"A chaque peuple, nous avons donné une loi et une voie. Si Dieu avait voulu, il vous aurait groupé en une seule communauté ; mais il a voulu voir l'usage que chaque peuple fera de ce qu'il lui a donné. Rivalisez donc pour le bien "ou le meilleur" ; vous retournerez tous à Dieu, il vous éclairera sur le sens de vos désaccords S 5 V 48 ".
p) Savoir écouter et choisir le plus beau conseil Dieu dit :
annonce une bonne nouvelle à mes serviteurs qui écoutent les paroles et suivent les plus belles d'entre elles. S39, V17-18.
q) Pureté des intentions : Dieu exalté soit-il dit :
toute la charité que vous faites tourne à votre profit, si vous ne la faites qu'en vue de Dieu lui-même. S II V 272.
Il n'a rien d'édifiant dans la plupart de leurs entretiens, si ce n'est l'exhortation à la charité, à la bonté, à la concorde entre les hommes. Celui qui agit ainsi, ayant pour but d'obtenir l'assentiment de Dieu, celui-là nous lui donnerons une récompense magnifique. S 4 V 114.
ALIF
C'est mon journal préféré
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BESTIALITÉ
ALLEZ LES GARS ON RENTRE. CETTE GUERRE DU RWANDA CE N'EST PAS NOTRE AFFAIRE.
AEROPORT DE KIGALI
BIENVENUE AU RWANDA
ALLEZ LES GARS ON DÉBARQUE. IL Y A TROP DE TUERIES. IL FAUT INTERVENIR.
QUELLE ABERRATION ! IL AURA D'ABORD FALLU 600.000 MORTS POUR INTERVENIR.
BIENVENUE AU RWANDA
LES PROTAGONISTES UNE FOIS LES CRIMES CESSÉS SE RETROUVERENT DANS UN PAYS VIDE. IL S'AGIT DU PL, MRND, MDR, PSD, PDC ET FPR.
PL
MRND
PDC
FPR
MDR
PSD
CARLOS
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