Numéro
Alif #16
- Titre
- Alif #16
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- mars 1994
- numéro
- 16
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation de Côte d’Ivoire
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Conseil Supérieur Islamique
- Ligue Islamique des Prédicateurs de Côte d'Ivoire
- Ibrahim Binaté
- Obscurantisme
- Laïcité
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001386
- contenu
-
- RAMADAN
- CHAWAL
1414 H
ALIF MENSUEL ISLAMIQUE
d'Informations
20 BP 575 Abidjan
Tél. 37 - 20 - 90
Directeur de Publication
MARS 1994
N° 16
2ème Année
200 F
MENSUEL ISLAMIQUE D'INFORMATIONS ET DE FORMATION DE CÔTE D'IVOIRE
ATTENTION DANGER IMMINENT :
- LES HYPOCRITES, VERITABLES ENNEMIS DE L'ISLAM
- LA DESTRUCTION DE L'ISLAM PASSE PAR SA SATANISATION
INTERVIEW :
<< On ne peut pas diriger une association islamique si l'on n'est pas musulman.>>
IBOURAIMA BINATE Président de la LIPCI
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ALIF - COURRIER 20 B.P. 575 Abidjan 20
MUSULMANS Réveillez-vous !
Dans votre livraison de Novembre 93, OUSTAZE Aboubakar Fofana pose un problème crucial : celui de la crédibilité des paroles professées par les imams et autres prédicateurs au cours des prêches. Et, au-delà du problème de la crédibilité, il y en a un autre, Qui est un danger : l'obscurantisme. Et pour causes.
Tout d'abord jetons un coup d'oeil sur ces directeurs conscience, c'est à dire les imams et / ou prédicateurs : l' imam est un homme qui, en principe, se consacre au service de Dieu. Et, de ce fait, il n'exerce aucune activité rémunératrice à proprement parler. Or c'est, avant et après tout, un homme. Et, en tant que tel, il a des obligations, des devoirs à remplir : subvenir à ses besoins et à ceux des siens. Mais comment ce problème est il résolu ? Par la ZAKAT qui leur est accordée par des gens qui, comme l'a si bien dit OUSTAZE A. Fofana, leur donnent, sinon leur imposent, en même temps, des directives : prêcher dans les limites des instructions qui leur ont été donnée . Et gare à l'imam qui ne s'y conformerait pas. Il se verrait privé de cette ZAKAT, j'allais dire de ces prébendes. Mais quelles instructions ? Ces instructions-là sont-elles en conformité avec la parole de Dieu ? Et, surtout, pourquoi des instructions leur sont-elles données ? ..
Ainsi, au cours des prêches, des paroles, les musulmans en entendent plein. Mais des paroles distillées en fonction d'instructions données par l'homme, le <<sponsor>> et non par Dieu.
Les musulmans, qui assistent à ces prêches, ne sont-ils pas induits en erreur ? Sûrement, puisque ces paroles sont considérées comme étant totales . Alors qu'elles sont partielles, et, peut-être, partiales . Puisqu'en le faisant, ces prédicateurs prennent parti pour leur << sponsor >> . Et non pour Dieu . Ces paroles peuvent-elles donc être considérées comme crédibles ?
Sûrement pas. Mais à qui la faute ? A ces prédicateurs qui sont, ne l'oublions pas, au service de la communauté musulmane ? Sûrement pas. A qui alors, cette faute ? A cette communauté musulmane. Qui refuse doublement de prendre ses responsabilités . D'abord, en ne trouvant pas les moyens de mettre les imams et autres prédicateurs à l'abri du besoin. Ensuite, et c'est le plus important, en refusant de s'instruire dans leur religion . Car des bibliothèques bourrées de différentes éditions du Saint Coran, il y en a plein chez les musulmans Mais ces derniers lisent-ils ces livres ? Non ! Et, pour paraphraser un penseur, ces musulmans se serviraient de leur bibliothèque comme un eunuque, un homme sexuellement impuissant se servirait d'une femme. Bref, ces différentes éditions du Coran, ils n'y jettent jamais le moindre coup d'oeil. Pourquoi les ont-ils alors, ces livres-là ? Les livres constitueraient à ne pas douter, des signes extérieurs d'appartenance à la communauté musulmane . Car, à bien observer la réalité actuelle, on remarquerait qu'il y a plus de personnes appartenant à la communauté musulmane que de musulmans Et ces signes extérieurs là, les musulmans y sont attachés . Ainsi, le prénom musulman (arabe ? ), le boubou et autres saint-sulpiceries suffisent pour dire que tel individu est musulman. Des signes extérieurs importants, certes . Mais plus importants que les signes intérieurs-là, ils sont les seuls comptant pour Dieu . Ce sont les ultimes critères de jugement divin, et non humain. Il est certes difficile, sinon impossible pour l'homme de savoir si son semblable dans sa vie privée est conforme à sa religion Mais quel (s) effort (s) font ces directeurs de conscience c'est-à-dire les imams et autres pour amener les musulmans à s'intéresser à leur religion en dehors des manifestations publiques ? Peut-être en font-ils . Mais cela se perçoit difficilement. Et puis, supposons le musulman, le commun des musulmans s'intéresse à sa religion, s'instruit dans sa religion. Dont il a une bonne connaissance à défaut que celle-ci soit parfaite. Dans ces conditions-là, ces prédicateurs qui prêchent sur instructions humaines, donc en pensant à leur ventre, pourront-ils professer ces vérités partielles, partiales et, peut-être tronquées ? En d'autres termes, ces imams et autres ne feraient-ils pas un effort pour décourager chez les musulmans tout effort pour s'instruire dans leur religion ? Si oui, pourrait-on blâmer ces imams ? Sûrement pas Car dans ces conditions-là, ils le feraient par instinct de conservation, de survie. Bref, ce ne sont là que de simples questions. Et espérons que à ces questions-là, les imams, les vrais, car il doit y en avoir, sauront apporter des réponses . Et surtout qu'ils sauront nous donner tort pour que l'Islam ait raison L'Islam, et non une communauté musulmane qui semble être un agrégat, un ensemble d'intérêts humains mesquins figés, «branchés» sur les signes extérieurs, rien que les signes extérieurs . Aurions-nous tort ? C'est notre souhait. Pour la gloire de Dieu...
B.S. KAMARA à ABIDJAN
REMERCIEMENTS
Monsieur le Directeur de Publication
du journal ALIF
ABIDJAN
Cher frère Ouattara Issouf,
C'est avec un réel plaisir, et une joie immense que nous avons découverte en même temps que la Communauté Musulmane Ivoirienne l'article sur le Collège Confessionnel Islamique CISSE KAMOUROU de Gagnoa paru dans votre journal ALIF N° 11 du mois d'Otocbre 93 sous la plume du frère IDRISSA OUED.
Nous vous remercions, et prions le tout puissant ALLAH qu'il accorde longue vie à ALIF qui est outil indispensable aux musulmans ivoiriens.
Nos encouragements à tous le personnel du journal ALIF.
LE DIRECTEUR FONDATEUR
CISSE IBRAHIM KHALIF
B.P : Tel : 772406 , Fax [...] , Telex : [...] GAGNOA RCI
- De la nuit du 26 Mars
au 27 Mars matin,
c'est LAYLATOUL
Quadr
(nuit de DESTIN)
- Jeûnez les 6 jours de
CHAWAL.
Commencez un jour
après la Fête.
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ALIF
Mensuel islamique d'information et de formation
20 BP 575 abidjan 20
Tél : 37 20 90
Siège : Cité Fairmon N° 14
DIRECTEUR DE PUBLICATION
OUATTARA Issouf
REDACTEUR EN CHEF
MAROUF YEO
REDACTION
Marouf YEO
Siddique KANTE
TOURE Yacouba
WATTARA Adams
DIALLO Mamadou
OUATTARA Issouf
CARAMOKO Ibrahim
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Tél : 44 - 15 - 34
MAQUETTE
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IMPRESSION
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03 BP 1233 Abidjan 03
Tél : 37 - 82 - 52
DISTRIBUTION
Edipresse
DEPOT LEGAL
N° 2789 du 20 - 03 - 92
EDITORIAL
ALIF a deux ans. Que de chemin parcouru, que d'obstacles franchis, que de croc-en-jambe, bref que de difficultés. Chaque numéro mis sur le marché était le fruit d'un «accouchement douloureux » Mais le combat en valait la peine et en vaudra la peine. L'expérience mérite d'être vécue et partagée par les autres. Mais il n'y pas eu que des déceptions. La satisfaction était à son comble lorsque l'on nous écrivait pour nous encourager ou pour porter la contradiction, ou téléphonait pour dire «félicitations» ou encore «merde»
Nous étions encore plus qu'heureux car nous nous apercevons que nous servons à quelque chose. Deux ans c'est bien mais il serait encore plus intéressant que nous ayons plusieurs «deux ans» afin de continuer à servir notre communauté. Cela est exaltant. Les prochaines batailles seront dures. Mais il faut se dire la vérité, la nouvelle situation créée par la dévaluation sera à coup sûr préjudiciable aux organes de presse que nous sommes. Il faut une action vigoureuse du gouvernement sur les intrants materiaux (intrants) entrant dans la fabrication des journaux. Donc nous demandons à tous les fidèles lecteurs d'ALIF de continuer d'apporter leur soutien à leur mensuel. Si les résultats escomptés sont atteints, nous passerons à un bimensuel. Alors chers lecteurs nous attendons vos critiques afin de d'améliorer davantage ALIF. Nous reprenons notre Editorial n° 1 de mars 1992 textuellement afin de rappeler à nos lecteurs que notre combat est demeuré le même.
[ «Quand on constate une chose à propos de la quelle on a un avis à formuler, et qu'on garde le silence, le jour de la résurrection, Dieu, tout-puissant dira : «qui t'a empêché de parler à propos de telle chose ? » Il répondra «j'ai eu peur des gens» Tu aurais dû me craindre moi-même» dira Dieu.
Le monde de la presse en Côte d'ivoire est en ébullition depuis le 30 Avril 1990. C'est l'un des aspects positifs de la démocratie en gestation de notre pays. Puisse Dieu faire que nous connaissions la liberté de conscience et d'expression dans tous ses états.
Les musulmans, partie intégrante de la société ne veulent et ne doivent pas rester en marge de cette évolution. C'est pourquoi, des musulmans veulent relever le défi de l'an 2000 à savoir faire triompher la valeur humaine du développement en créant le journal «ALIF» mensuel d'informations et de formation. C'est dans un souci d'apporter l'information vraie concernant cette communauté. Et c'est pourquoi nous avons épousé cette belle phrase de notre Prophète (PSL) :»Quand on constate une chose à propos de la quelle on a un avis à formuler, et qu'on garde le silence, le jour de la résurrection, Dieu, tout puissant lui dira «qui t'a empêché de parler à propos de telle et telle chose ?» IL répondra «j'ai eu peur des gens» Tu aurais dû me craindre moi-même « dira Dieu.
Nous ne voulons pas être de ceux-là qui diront demain, on nous a empêché de parler. Nous voulons parler et bien afin d'informer les musulmans de ce pays objectivement. Ainsi à travers «ALIF», nous voulons atteindre les objectifs suivants.
-Essayer d'apporter l'information vraie sur l'islam aux musulmans comme aux non musulmans.
- Améliorer nos rapports avec les autres confession dans le strict respect de nos différences, afin de préserver la paix vraie outil préalable à toute évolution humaine.
- Informer de façon objective les ivoiriens en général et les musulmans en particulier sur notre situation générale.
- Essayer d'apporter autant que faire se peut, les avis de la majorité des musulmans sur les problemes du pays, car rappelons-nous que tout problème social est politique économique et spirituel...
- enfin permettre à tous les jeunes musulmans garants de la continuité de l'Islam d'identifier clairement ce qui peut les aider à prendre leurs responsabilités au moment opportun et aux adultes à s'investir pleinement pour la cause de l'Islam. Nous osons espérer que vous réserverez un accueil des plus fraternels et islamiques à ce nouveau né. Il vivra si nous voulons qu'il vive et cela avec l'aide de Dieu.
Ainsi tous les mois vous aurez dans les kiosques, «ALIF» toujours prêt à relever les défis. ]
Que Dieu nous aide.
Amine.
PAR OUATTARA ISSOUF
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INTERVIEW DU PRESIDENT DE LA L.I.P.C.I.
IBOURAHIMA BINATE
* Alif : Quels sont les objectifs de la L.I.P.C.I. ?
. Binaté : Avant de parler des objectifs de la L.I.P.C.I., il convient de poser une question préalable : pourquoi la L.I.P.C.I. ?
Nous avons décidé de créer une structure dénommée la Ligue Islamique des Prédicateurs en Côte d'Ivoire à partir d'un certain nombre de constats notamment :
- Toutes les communautés religieuses en C.I. ou en Afrique ont des personnes qui s'occupent exclusivement de leurs religions sauf l'Islam.
- Comment informer, enseigner, la communauté, et quel sera l'avenir de l'Islam.
Certes il existe de nombreuses associations qui sont animées par des individus exerçant une activité principale et qui accessoirement s'occupent d'Islam.
En outre dans chaque famille musulmane un ou deux membres sont affectés à la recherche et à l'enseignement de l'Islam.
Et ces personnes formées n'ont pas pris leur responsabilité malgré le souci des vieux de pérenniser la mission Et lorsque l'une de ces personnes se trouvent dans une association, son rôle ne consiste pas à éclairer les membres de l'association, mais à servir uniquement les dirigeants de ladite association. C'est ainsi que nous nous sommes dits qu'après nos études respectives, nous nous organiserons pour nous mettre à la disposition de la communauté.
L'idée a donc germé à partir d'un séminaire de l'A.EE.M.C.I tenu à Daloa, séminaire qui était l'unique occasion de rencontre des prédicateurs qui se dispersaient ensuite.
C'est ainsi que nous avions décidé de donner une suite à nos idées. Après plusieurs réunions successives nous avons pu tenir une assemblée générale constitutive en 1988. Et c'est à partir de ce moment qu'est née la L.I.P.C.I.
* Alif : Il existait une association des prédicateurs en C.I. N'était-il pas possible de travailler de concert avec ceux-là ?
. Binaté : Il y avait des associations des enseignements coraniques en C.I. Au préalable, nous avons pris des contacts avec eux, à la suite desquels se sont posées des problèmes de leadership. IL existait deux bureaux qui se disputaient la légimité. Ensuite il y avait un manque de confiance entre la base et le sommet (les écoles Madersa). Ce qui nous a causé beaucoup de problèmes en ce sens que les gens disaient ce sont encore les mêmes. Les premiers qui nous ont précédé n'ont pas été à la hauteur. Quant à nous, nous ne voulions pas concentrer nos efforts uniquement sur les écoles Medersa Nous avons une vision éducative du travail islamique même. Si nous voulons prendre en compte l'amélioration du système des écoles Medersa. Chaque fois qu'un problème relatif aux écoles Medersa se pose, nous en discutons avec eux s'ils le veulent.
Le premier objectif découle d'une logique : les musulmans n'arrivent pas à être unis. Ce qui signifie que ceux qui ont appris l'Islam ne sont pas unis. Si ceux qui transmettent le message sont ensemble et essaient de mettre une stratégie ensemble. Ceux qui les suivent seront obligés d'être ensemble Quand ça ne va pas entre deux IMAMS dans une même mosquée, ça n'ira pas entre les fidèles de cette mosquée. D'abord nous avons voulu unir tous ceux qui ont appris l'Islam, que cela soit dans les pays arabes ou d'Afrique ou que cela soit ceux qui ont suivi l'enseignement traditionnel. Chacun de ces groupes a son rôle. Si tu négliges un groupe, le jour, où tu arrives dans un milieu qui accepte cette façon de faire ton message ne passera pas. Il faut donc mettre tout cela ensemble y compris ceux qu'on qualifie d'étrangers et qui vivent en Côte d'ivoire Il ne faut ni oublier, ni négliger l'apport de ces frères à l'enseignement de l'Islam. C'est pourquoi nous avons dit Ligue Islamique des prédicateurs en Côte d'ivoire et non de Côte d'ivoire. Il fallait donc unir tous les prédicateurs en Côte d'ivoire.
En second lieu il fallait encadrer les associations islamiques. Avec l'éveil islamique il y a eu plusieurs associations. On ne peut pas militer dans une association islamique si l'on ne connait pas l'Islam, donc nous devons encadrer les associations islamiques.
En troisième lieu, il y a les écoles Medersa d'où nous sommes sortis pour la plupart. Nous pouvons concevoir des programmes ou apporter des conseils pour une meilleur organisation de ces écoles et essayer d'avoir des centres sur toute l'étendue du territoire national, quand nous aurons les moyens. IL nous faudra également des délégués qui vont étudier, pas seulement l'Islam, mais aussi tout ce qui se fait. Par exemple à ; Touba ou à Séguéla, les parents ne savent pas la différence entre le nombre de mosquées ou d'église. Il existe-t-il plus de mosquées ou plus d'églises ? Les parents ne le savent pas et cela ne leur pose aucun problème. Il se disent que les autres s'amusent. Et que par conséquent nous sommes dans une ville foncièrement musulmane. Ils ne peuvent ni percevoir, ni comprendre toutes les influences qui sont en jeu à l'époque moderne.
Le rôle de ces délégués sera d'étudier et de voir. Nous allons organiser des séries d'activités de formation et des enseignements et des écoles islamiques et des prédicateurs. On va organiser des rencontres pour qu'il y ait en quelque sorte des forums dans lesquels nous mettrons les grandes stratégies de la prédication en Côte d'ivoire.
* Alif : quel est le profil d'un prédicateur ?
. Binaté : d'abord je dis qu'il faut quelqu'un qui a étudié l'Islam à fond. Pour qu'il ait un cadre de prédicateurs comme au niveau de la LIPCI il faut qu'il y ait un minimum On ne peut pas reflechir à quelque chose qu'on ignore. Mais en plus dire que, ce n'est pas tous ceux qui ont étudié l'Islam qui vont être prédicateur. Il faut apprendre.
* Alif : Il faut de la pédagogie.
. Binaté : La pédagogie, on va l'apprendre dans nos séries de formation. Une fois qu'on y rentre, on doit suivre une formation adéquate. Cette pédagogie sera puisée dans le Coran. Mais isolé, on ne peut diriger quelqu'un.
* Alif : Il semble que sur ce plan on vous fait beaucoup de reproche vous n'avez pas la pédagogie de la transmission du message.
. Binaté : Les reproches dépendent de beaucoup de facteurs. Le reproche que je peux accepter c'est par exemple, au niveau de la langue. Pour transmettre u message il faut maitriser la langue de transmission Dans le schéma de communication, il faut un émetteur et un récepteur. Mais entre deux, il y a la langue.
Maintenant l'autre problème, c'est qu'il y a des milieux qui nous écoutent d'une manière et qui ne perçoivent pas cette langue. Cela pose problème. Cela dépend aussi de la structure, on va de plus en plus en s'améliorant. Au départ il fallait créer la structure et travailler avec les moyens de bord. Le deuxième aspect c'est que souvent ceux qui ne connaissent pas l'Islam sont habitués à diriger l'Islam c'est à dire atteindre ce qu'ils veulent et n'ont pas ce que l'Islam veut. Donc ça pose problème. Mon exemple je suis imam à ce titre, je fais un sermon et je dis que le mariage n'a pas besoin de dire que celui-là est griot, celui-ci est un tel. Je parle selon la base islamique. Mais un cas pratique m'est arrivé. Un cadre vient me dire que, tu sais c'est devenu une tradition, c'est pas bien de dire cela. Donc ce dernier va dire moi, je fais mal les sermons parce que c'est devenu une tradition séculaire qui s'adapte. Ce n'est pas mauvais en soit.
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INTERVIEW
* ALIF : Les gens, en fait vous reproche le niveau de la langue que vous utilisez. Ils estiment que lorsque vous utilisez un niveau de langage à une population qui ne dépasse pas ce niveau de langage, vous posez plus de problème que vous n'en résolvez.
. Binaté : C'est ce que je dis. Tout cela découle du problème de formation. Raisonnons par exemple : si on a dix mosquées à Cocody et que je dispose de trois personnes qui maitrisent le français et que je dois envoyer dix personnes. Certaines mosquées vont recevoir quelqu'un qui est habitué à prêcher dans les mosquées des grands quartiers. Donc il va utiliser un niveau de langage. Les récepteurs verront peu qu'il n'y a pas de logique. Même dans nos programmes de formation (on veut chercher) dans les populations arabes, des gens pour leur apprendre le français.
* ALIF : Nous étions au niveau des prédications dans les mosquées.
. Binaté : Je dis que désormais tout cela fera partie de la formation ; on a eu des cas. Certains de nos prédicateurs à Boundiali, il y a eu des problèmes avec les vieux. A cause de la manière de le dire. Les vieux ont une manière de faire la prière mortuaire. Le prédicateur part d'un livre et vient leur dire que c'est comme cela. Et les vieux lui disent que nous ne faisons pas cela de cette façon. Le prédicateur dit que c'est ainsi que le prophète le faisait. Les vieux disent non, l'Imam Malick n'est pas un prophète. A cause de ce seul mot on l'a chassé de la mosquée. On avait un séminaire des prédicateurs ou on a dit quelles sont les méthodes communicatives. Quand tu vas dans une région, il faut d'abord étudier leur tradition et leur environnement. Il a reconnu et a dit qu'il n'avait pas pensé à cela. Pour lui, il faut que nous soyons d'abord ensemble pour que chacun connaisse ses carences et ses défaillances. Il faut que nous ayons les moyens d'organiser des forums et de pouvoir faire appel à des personnes expérimentées.
* ALIF : Quels sont vos rapports avec les organisations Islamiques ?
. Binaté : Pour le moment, nous avons de bons rapports avec les autres organisations Islamiques. Et nous sommes en quelque sorte ceux qui sont sollicités pour l'encadrement, l'enseignement, et toutes les activités des autres associations.
* ALIF : Il semble que la LIPCI soit le bras séculier du CNI. c'est à dire que la LIPCI ne travaille que pour le CNI, alors que la LIPCI n'est pas la seule organisation Islamique en CI.
. Binaté : Il faut faire un peu la différence. Nous dans notre philosophie, le CNI n'est pas une organisation à part entière. C'est le regroupement d'un certain nombre d'associations, dont la LIPCI. Donc l'idée de fédération, de coordination sur le plan national de défendre les grands intérêts, de la communauté musulmane font que nous faisons partie du CNI.
On ne voit pas du même oeil le CNI et la LIPCI. le CNI a de grandes ambitions qui concernent tout le monde que ni l'AEEMCI, ni la LIPCI, ne peuvent défendre. C'est là le problème. Quand on regarde sur le plan national, il y a le CNI et le CSI sinon il n'y a pas d'autres oppositions. Les autres associations ont été d'abord avec elles.
Quant au conseil supérieur islamique, dans un premier temps, quand nous créions la LIPCI, il n'y avait pas de CSI. Ca existait à l'état latent. Il y avait en quelque sorte un temps mort.
L'homme qui devait réveiller cela, au niveau de la LIPCI, nous n'étions pas d'accord avec les objectifs du travail. Avant même la création du CNI nous n'étions pas d'accord avec notre vision du travail islamique.
* ALIF : Les objectifs ont-ils été atteints ?
. Binaté : On ne peut pas dire que nous avons réalisé tous les objectifs. Mais, il y a un espoir en ce sens que les 2/3 de tous ceux qui sont susceptibles d'être prédicateurs sont avec nous à la LIPCI. En outre tout le monde sait aujourd'hui qu'il existe une structure à laquelle on peut s'adresser pour avoir des enseignants, des informations des Imams si on veut. Ce qui est satisfaisant Nous avons une commission pédagogique qui a fait un début de programme pour certaines Madersas. Nous avons organisé des séminaires de formation pédagogique pour les enseignants. Nous avons un séminaire annuel que nous organisons. La LIPCI participe à l'organisation du pélérinage à la Mecque.
La structure créée par l'organisation du pèlerinage à la Mecque regroupe le Conseil Supérieur des Imams, le CNI et le CSI et donc nous nous intervenons dans l'encadrement religieux. Au niveau du CNI tout ce qui est étude islamique, nous est confié. Avant même de prendre une décision, on demande à la LIPCI d'étudier les aspects islamiques de la chose. On donne notre point de vue et c'est discuté. Pour ce qui est du pélérinage à la Mecque nous intervenons au niveau de l'encadrement religieux. Par exemple Djiguiba était vice-Commissaire chargé de l'encadrement religieux.
S'il faut dire que dans une organisation tout ne peut pas être pàrfait. Surtout que c'était une grande première. Ce pèlerinage était un pèlerinage expérimental pour voir quel est notre degré d'organisation, quels sont les problèmes sur le terrain ? Quand on lit le dossier, c'est impeccable, alors que sur le terrain d'autres problèmes peuvent surgir. Dans nos rapports avec les autres associations, il faut un concours de volonté.
Par exemple ceux qui peuvent faire l'encadrement religieux sont les enseignants coraniques et la LIPCI. Or il existe déjà un climat de susceptibilité, de complexe entre nous. Certains frères enseignants coraniques voient à travers tous ceux qui ont étudié à l'étranger, des gens qui veulent prendre leur place. C'est pourquoi nous n'avons pu organiser encore les écoles Madersas parce que, le fait que tu ailles voir un responsable madersa pour lui dire que tu veux proposer une amélioration de son établissement, il craint que tu ne lui arraches sa place...
( La suite dans nos prochaines éditions)
Le frère BINATE Président de la LIPCI
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ATTENTION
DANGER
UN DANGER GRAVE MENACE LES MUSULMANS
Un danger réel guette les musulmans de côte d'ivoire. Il s'agit de ces musulmans qui foulent aux pieds, les lois fondamentales de notre religion soit par ignorance soit par pure hypocrisie à connation alimentaire et indigente. La mort du président nous a permis de détecter de grands hypocrites véritables ennemis de l'Islam. Mais pourquoi tous ces agissements ? Que cherchent ces pseudo-musulmans ? Quelles récompenses reçoivent-ils pour semer la zizanie au sein de leur communauté ? Pour quel but poursuivent-ils cette sale besogne ?
RESPONSABILITE DE MUSULMANS
Les musulmans de notre pays ont une lourde responsabilité dans ce qui arrive à leur communauté. Comment une communauté riche des enseignements de Dieu à travers le Coran et des hadiths peut-elle être tournée en dérision, manipulable à souhait ? cette situation pourrait s'expliquer par une indigence spirituelle et une inexploitation du dogme islamique. Il il y a aussi l'inadéquation de l'enseignement religieux traditionnel tant dans sa forme que dans son fond à une mentalité évolutive. Cette situation a pour conséquence de créer un désarroi psychologique et moral de bien de musulmans qui ne parviennent pas à transmettre de manière crédible leur système de valeurs dans un contexte d'agressions multiples et d'acculturation généralisée.
Pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui avec le conseil supérieur islamique, il faut remonter un peu dans l'histoire. De quoi s'agit-il ? Lors des fameux événements de Yopougon où nuitamment les forces militaires coalisées sont allées violenter, violer, blesser les étudiants à la cité universitaire de Yopougon. Suite à ce triste événement vite à ouhlier, une commission nationale d'enquête fut mise sur pied pour établir les responsabilités des uns et des autres. La communauté musulmane de Côte d'ivoire par le biais du conseil supérieur des imams était représentée. Que ne fut notre étonnement de voir le conseil supérieur islamique revendiquer la représentativité des musulmans ? C'était simplement honteux et irresponsable de la part de ces commanditaires, car la supercherie a été découverte. Donc ce qui se passe aujourd'hui avec le C.S.I est une suite logique. La communauté doit le comprendre et rester vigilante ; car ils ont a leur sein les éléments les plus dangereux. Il est facile de se faire musulmans pour déstabiliser leur famille religieuse. Malheureusement, le C.S.I.est soutenu par des gens qui se disent imams et qui trompent les fidèles. Est-ce que quelqu'un qui aime sa communauté peut-il accepter d'être un suppôt d'une quelconque autorité ou organisation. Il appartient aux musulmans de savoir où se trouvent leurs intérêts réels. Et le conseil supérieur islamique avec la complicité des médias d'état (télévision et radios et certaines presses écrites) veulent faire admettre aux musulmans que le seul interlocuteur valable est leur leader. Tous ces moindres déplacements sont couverts et présentés comme pour dire : c'est lui votre représentant. Comment une association comme le C.S.I. peut-elle de permettre d'annoncer le début de Ramadan à la télévision alors qu'elle n'est pas habilitée à le faire. A supposer que toutes les associations fortes de leur légalité décident d'aller annoncer à la télévision la date du début du Ramadan. Imaginez un peu ce qui allait se passer. Il y a plus de 60 associations islamiques en C I. Le C.S.I n'est pas la seule organisation en C.I. pourquoi c'est elle qu'on privilégie ? Et puis qu'il fasse don des millions à une population c'est son droit a-t-on besoin d'étaler cela à la télévision et dans les autres médias ? Qu'un tel a donné 10 millions avec 10 boeufs... En effet Dieu est contre les actes ostentatoires : Mohammad (PSBSL) avait vu juste lorsqu'il a dit, il y a près de 15 siècles que ce qu'il craint le plus pour nous les musulmans, c'est le polythéisme mineur, c'est à dire l'ostentation : Le prophète a dit que la meilleure est celle qui est donnée par la main droite sans que la main gauche ne sache le montant.
Une Campagne médiatique impose une image négativement contre religions d'où une :
COMMENT DEFINIR L'OSTENTATOIRE ?
Quatre éléments nous permettent de désigner l'hypocrite :
1- Lorsqu'on multiplie le zèle dans sa dévotion quand on est loué, mais on la tempère ou on y renonce totalement quand on est blâmé.
2- Lorsqu'on montre de l'ardeur dans son adoration en public, mais rien de pareil lorsqu'on est seul.
3- L'homme qui pratique l'aumône aux yeux des autres, mais s'abstient quand il n'est pas remarqué.
4- Lorsque tout ce qu'on fait de bien, d'oeuvres près, d'adoration n'est pas accompli pour plaire uniquement à Dieu, mais aussi pour jouir d'un certain crédit auprès des gens. Quelquefois, il est accompli à l'intention exclusive du monde. Qu'on arrête de tromper les musulmans. Que ceux qui veulent travailler pour l'Islam le fassent sans intention malveillante. De toutes les façons la vérité finit toujours par s'imposer. Chaque homme récoltera ce qu'il aura semé "Quiconque fait le bien du poids d'un atome le verra." << Quiconque fait le mal du poids d'un atome le verra. >>
DELOYAUTE DES AUTORITES
Les musulmans de Côte d'Ivoire ont toujours été loyaux fidèle et respectueux des en
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ATTENTION
idieuse tend à donner à l'Islam rastée par rapport aux autres certaine répulsion ...
gagements qu'ils ont toujours pris à l'égard des autres partenaires de la nation. Mais le contraire n'a jamais été respecté.
La communauté musulmane a été reléguée au statut de majorité opprimée alors que d'autres étaient l'objet de tous les égards.
L'on cherche à avoir une emprise sur les esprits et les comportements des musulmans.
Cette déloyauté des autorités est facilitée par la démission de certains musulmans (cadres, hommes politiques, intellectuels) qui affichent des attitudes de démarcation par rapport à l'Islam et font ostensiblement allégeance pour gérer leur carrière. Il y a aussi l'érosion de la conscience islamique et l'effacement de l'identité musulmane dans une bonne frange de la population.
Aujourd'hui tout se passe comme si l'on avait choisi de tolérer un islam folklorique, abcès de fixation de misère, repoussoir en faveur du projet de modernisation, manipulable à l'occasion pour servir de contrepoids aux "forces de déstabilisation" qui menacent "l'ordre régnant."
APPEL
Il faut faire attention, car à force de manipuler de s'investir de façon maladroite, on risque de «casser la corde». Or cette situation n'est pas pour arranger la communauté nationale. Ceux qui aujourd'hui exultent à l'idée que les musulmans
doivent être désagrégés, ont intérêt à faire attention. Car si la communauté musulmane devait subir un quelconque sort, la société ivoirienne serait éclaboussée. Si l'on sait quand les guerres de religions commencent il faut aussi savoir qu'elles ne terminent jamais. Qu'on arrête de s'immiscer dans les affaires des musulmans.
Les musulmans doivent espérer un changement dans leur comportement. Il faut qu'ils se dotent de la rationalité scientifique, spirituelle, morale et intellectuelle ils doivent s'investir dans la connaissance approfondie et méthodique du Coran et des hadiths ainsi que des textes des grands maitres de la pensée afin d'élaborer une synthèse vivante entre les valeurs intemporelles de l'enseignement islamique et les principes de la modernité. Que toutes les associations qui disent lutter pour l'Islam le fassent réellement, sincèrement proprement et surtout islamiquement. Il faut se dépouiller de nos problèmes de personnes et travailler pour l'Islam Arrêtons de nous servir de notre islam pour des objectifs terrestres. Fasse Dieu que nous mourons dans la voie qu'il a choisie à travers le Coran et le prophète Mohamed (P.S.L)
Aidons-nous, Dieu nous aidera.
Inch' Allah.
OUATTARA ISSOUF
ETAT, Laïc et Islam en CI.
AUJOURD'HUI, UNE CONTRIBUTION EXTERIEURE
Le démembrement de l'Empire soviétique a consacré la fin de la guerre froide. Cette nouvelle donne a précipité le démantèlement du bloc communiste et de son bras armé, le Pacte de Varsovie. Le principe de la dualité qui caractérisait les relations internationales s'est effacé au profit d'un monde unipolaire désormais dominé, asservi et au service d'un Occident judéo-chrétien dont l'impérialisme depuis l'époque de la traite négrière jusqu'en cette fin de siècle s'est reposé sur ce fondement philosophique essentiel : le darwinisme social. C'est au nom de ce veau d'or des temps modernes que le capitalisme monopoliste et tous crimes contre l'humanité trouvent leurs justifications les plus évidentes, tant il est vrai que la propension de ces nations à l'hégémonie a été sécrétée par leur désir de conquête d'espaces nouveaux pour piller les crises de surproduction et de fournitures de matières premières.
Certes, de par le vaste monde, la plupart des états ont été affranchi du joug colonial mais les rapports Occident et reste du monde restent encore empreints de néocolonialisme. Il faut noter que la configuration de ces rapports offre un visage de plus en plus complexe.
N'ayant plus une emprise directe sur ses ex-colonies, l'Occident par le biais de l'acculturation culturelle souhaite pérenniser l'exploitation de celle-ci. La culture ne détermine-t-elle pas le mode de consommation des peuples ?
C'est d'ailleurs à cet égard que le monde occidental livre une croisade très féroce contre les cultures dites traditionnelles qui au demeurant s'avèrent irréductibles.
L'Islam en tant que religion totalite apparait de par sa manifestation culturelle comme la tête de pont de ces cultures qui posent problème à la stratégie de domination économique mondiale de l'Occident.
La mort du communisme est donc l'occasion rêvée pour en découdre une fois pour toute avec cette religion. Le drame algérien est l'illustration parfaite même de cet affrontement Occident-Islam ou le premier cité apporte toute l'aide matérielle nécessaire aux élites minoritaires occidentalisées, très jouissives du second afin que le statu quo soit maintenu.
Les occidentaux ayant tirés d'utiles leçons de la révolution islamique en Iran, l'un de leur plus farouches alliés au Moyen Orient ne souhaite plus qu'une expérience similaire puisse se répéter encore dans le monde musulman et sa périphérie. C'est à titre que le réveil ou le retour des élites musulmanes à une pratique religieuse plus orthodoxe en Côte d'Ivoire fait peur. Cette revivification religieuse fait surtout peur aux nostalgiques d'une laïcité naguère vêtue de soutane et à l'ancienne puissance tutélaire la France qui occupe une position d'avant garde dans ce combat titanesque contre l'Islam à travers le monde.
Pendant plus de trente ans, la lutte contre l'expansion qualitative de l'Islam s'est faite de manière rampante. La disparition du président Houphouet-Boigny et les problèmes liés à sa succession ont mis au grand jour les desseins de tous ceux qui veulent que la situation ne puisse évoluer en faveur de l'Islam. Déjà, les médias à la solde du nouveau régime et des voix religieuses très autorisées avec le concours d'une station de radio appartenant à l'ex-métropole ont commencé par aiguillonner les réflexes anti-musulmans au sein de l'opinion publique nationale. On a tôt fait d'assimiler le refus de pilotage automatique de la structure islamique la plus représentative (tant par la quantité que par la qualité) comme une prise de position en faveur de l'ex-premier ministre lui-même, d'origine musulmane, dans la longue lutte pour le contrôle du pouvoir qui avait atteint son summum pendant l'agonie de feu Houphouet-Boigny. La Côte d'Ivoire, excroissance de la France en terre d'Afrique, se définit comme une République laïque. L'article 1 de la Constitution lève tout équivoque sur ce fait. Mais une pratique politique trentenaire montre qu'il s'agit ici d'une laïcité bancale. Les religions exerçant sur le territoire national n'ont pas toutes été logées à la même enseigne.
L'Islam a le plus souffert de ce traitement de deux poids deux mesures. Le vent de démocratisation qui a soufflé sur le pays a obligé les dirigeants politiques à corriger un tant soit peu cette injustice criarde.
Aujourd'hui ce qui fait peur et qui rend les lendemains incertains ce n'est pas la transformation de ce pays en République islamique. Pour l'instant, la Constitution a déjà mis le garde-fou juridique nécessaire afin que cette éventualité ne soit une réalité. Ce dont il faut avoir vraiment peur, c'est la volonté des coalisés de sataniser l'Islam et ses adeptes aux yeux de l'opinion publique et de faire de ces derniers des citoyens de seconde zone. Tout juste bon comme bétail électoral mais dépouillés du droit de briguer eux aussi la magistrature suprême.
Au moment où la laïcité de l'Etat est proclamée surs tous les toits, ce sont les chantres de cette même laïcité qui n'hésitent pas à faire incursion dans le domaine du religieux afin d'atteindre des fins politiciennes.
En ce qui concerne l'Islam, ils ont tout fait pour maintenir un des derniers dinosaures : de Raspoutine et de Sultan Galiev à la tête d'une prétendue organisation islamique qui n'est en fait que l'antichambre d'un parti ou même une de ses commissions politiques habillées du manteau religieux.
Le raspoutine national, connu sous un sobriquet homonyme d'un supplicié irakien supprimé par Saddam, est le chargé de mission du système commis pour désunir et stopper net l'élan d'organisation de la communauté musulmane. Ce monstre de dépravation, en voulant obéir aveuglément à ses commanditaires, c'est-à-dire les services spéciaux français et leur alliés locaux enterrés dans le sous traitance, risque si on n'y prend garde de déstabiliser la précaire paix sociale dont bénéficie encore ce pays.
Il est une des réalités que certains dirigeants politiques s'entêtent à ne pas comprendre. L'Islam c'est un humanisme qui se concrétise aussi par un projet de société que ne prennent en compte ni droite ni gauche : par conséquent, dans un contexte politique laïc et concurrentiel comme celui de la Côte d'Ivoire, elle ne peut par le biais de ses structures spécialisées s'aligner derrière une quelconque de ces idéologies politiques.
Le musulman en tant qu'individu est peut-être libre de militer dans le parti de son choix. Les structures islamiques mises en place sont les pendants de l'église et des structures protestantes. Pourquoi ne va-t-on pas vers ces dernières ? Pourquoi l'Etat et les hommes politiques ne se mêlent-ils pas de leurs affaires ou ne cherchent-ils pas à materner celles-ci ? Il est grand temps que toutes les religions soient traitées sur pied d'égalité, cela au nom même de la laïcité. L'Imam ou l'Emir d'une structure islamique ne peut être et ne doit être membre du bureau politique ou d'une instance quelconque d'un parti politique. On a jamais demandé à l'archevêque ou au pasteur de confondre les rôles. Pourquoi il le serait pour l'Imam ? A l'image des autres confessions religieuses, les structures islamiques ne doivent travailler que dans la perspective de rendre humain l'homme aliéné par le matérialisme. Pour ce faire elles doivent concourir à l'amélioration de la qualité de sa vie spirituelle et intellectuelle. L'Islam qui a toujours milité en faveur de la justice, surtout sociale, saura par le biais de ses structures être un groupe de pression à l'image de ceux des autres religions, capable de faire entendre sa raison aux gouvernants lorsque tous sera mélangé et perturbé comme un jour de 18 février. A l'espoir, en ce mois de Ramadan, de la victoire de la foi sur les forces sataniques endormies en chacun de nous.
Cissé Noursultan A
Extrait de la "Voie" N° 723 du 18/02/94
MARS 1994
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JURIDICTION
LES FONDATEURS DES ECOLES JURIDIQUES (suit)
L'Imam Abu Hanifa :
C'est NUMAN b. Thâbit, le grand érudit et le théologien émérite né à Kufa (Irak) en l'an 80 de l'hégire. Il est parmi tous les Imams sunnites le plus âgé. Il alla très tôt à l'école pour s'instruire mais compte tenu des contraintes financières qu'il connut, il partagea son temps entre l'instruction et l'activité commerciale. Il se spécialisa dans la vente de soie.
ABU Hanifa créa une école juridique qui se caractérise par rapport aux autres écoles par l'importance qu'elle accorde à la libre opinion (Rây) à l'analogie (Qiyâs) etc.
Abu hanifa était très réputé pour la largesse de son savoir et par la profondeur de sa piété.
Les régions dans lesquelles cette école juridique fut célèbre. L'école Hanifite fut son apparition d'abord en Irak et particulièrement chez les abbassides qui régnaient sur l'Irak. Abu Hanifa eût une grande estime au palais royal de la dynastie des bani-abass. Les abbassides donnèrent à cette école un cachet officiel. Ce qui était contraire à l'opinion de l'imam Abou qui fut un farouche défendeur de la libre opinion pour laquelle il lutta toute sa vie. L'école d'Abu Hânifa fut apprécié par les empereurs Turcs.
L'Egypte choisit elle aussi cette école. L'école de Abu Hanifa fut connu un moment en Afrique au nord et en Andalousie avant qu'elle n'y soit supplantée par l'école MALIKITE.
* L'école Malikite (94-179 Hégire /712-796).
Le fondateur de cette autre école juridique est le grand savant de Medine Malick Ibn Anass. Il est né à Médine en l'an 94 de l'hégire. Il eut pour maître incontesté de la jurisprudence et de hadiths vers lesquels des centaines de disciples accouraient pour s'instruire.
L'école malikite fut surnommée l'école de Hidjaz. Mais c'est surtout en Afrique et en Espagne qu'elle trouva son aire de grande diffusion au cours de l'histoire. Il n'y "a pas une grande différence entre l"école malikite et le Hanafisme sur certains points tels l'analogie (Qiyas) sur le consensus (Ijmâ) et sur le principe de l'utilité (Istihsan).
Mais l'école Malikite est plus sévère que l'école Hanifite à l'égard du schisme et particulièrement les Kharidjites.
Autres remarques :
L'école Malikite se veut strictement orthodoxe et pratique. Son oeuvre la plus célèbre est sans doute son livre Al-Mouwatta de hadiths. L'imam Chafiy l'appelait son maître. L'imam Malik ne quitta jamais sa ville natale Médine. Il fut un grand imam qui fonda son école sur le Coran et sur la tradition pure du prophète. Il aimait répéter toujours que seule la parole et les actes du prophète sont infaillibles et par conséquent dignes d'être des modèles à suivre à l'exclusion de toutes les autres paroles.
* L'Imam Mohammad Idriss ach-chafi. (150-204 hégire)
L'imam Abou; Abdallah Mohammad B. Idriss Ach-chafi est issu d'une famille de Koraich. Abd-Manaf est l'arrière grand-père commun du prophète Mohammad et de notre Imam ach-chafi. Il est né à GAZA en Palestine en l'an 150 de l'hégire, année pendant laquelle est mort Abou-Hanifa.
Deux ans après sa naissance, à la suite du décès de son père, sa mère l'amena dans son pays où il vécut comme un orphelin. Il apprit le Coran très jeune, ensuite il se dirigea vers la tribu arabe Hodhaib qui était réputé pour son éloquence, où il mémorisa beaucoup de leurs poèmes, d'où sa très grande maîtrise de la langue littéraire arabe. Il était l'élève du grand mufti de la Mecque à cette époque qui s'appelait Moslem b Khaled Zendji. Il acquiert à l'âge de quinze ans le titre de Mufti (Le grand docteur en théologie), ensuite il alla trouvé l'imam Malik à Médine qui devint son maître. Il voyagea vers Yémen puis en Irak. Il rencontra Ahmed b Hanbal à la Mecque.
Les oeuvres qui restèrent sont la Rissala différent de la Rissala de Abou Zaid al-quayrawani connue chez nous en Afrique; et livre encyclopédique intitulé Al-oum.
Ach- chafi fut grand maître de la jurisprudence et de hadith suivant l'école de Hidjaz et de l'Irak. Son école est basée essentiellement sur le Coran et la sunna le consensus et l'analogie. Il refusait les opinions émises par un des compagnons du prophète car disait-il, ses opinions peuvent comporter des erreurs.
* L'Imam Ahmad b Hanbal (164-241) H.
Il est né à Bagdad et a grandi dans cette cité, c'est là-bas où il devait y mourir plus tard. Chafi fut son maître qui l'initia à Bagdad.
Ahmad b. Hanbal connut des dures épreuves d'emprisonnement et des tortures à cause de son refus catégorique d'admettre que le Coran est créé. Mais il supporta toutes les épreuves avec beaucoup de patience et d'endurance. Il laissa derrière lui un livre intitulé al-Mousnad sur les hadiths qui contient plus de 40 000 hadiths.
Ahmad b. était un grand imam de la jurisprudence de la sunna au point que les grands érudits de l'islam étaient unanimes pour déclarer qu'il n'avait pas son égal sur le plan de la connaissance et du savoir.
M.L.K.
Dimension de l'Islam
Belle réliure. Disponible à la librairie du Nord, BLD Nanan Yamousso et à la librairie JECEDA.
MARS 1994
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RAPPEL
Souvenons-nous
POST BASILICAM ( par Axel Koblan Avoni)
Dans la fureur verbale et plumitive suscitée par la construction de la Basilique Notre-Dame de la Paix, l'essentiel a été passé sous silence. Cet édifice n'est pas une fin. Ni finalité ni terme. Cette basilique ne saurait se réduire à une simple manifestation de foi comme on le dit. Nous croyons qu'elle est un projet. Celui de faire de la Côte d'Ivoire le lopin central d'une terre de chrétienté que l'Afrique devrait devenir. Et c'est cela qui, fondamentalement, a rencontré l'accord du Pape. Les implications de ce projet sont autrement plus importantes que le coût de cet édifice véritablement splendide par ailleurs, distribués comme aumône aux douze millions d'habitants de ce pays, les quarante milliards n'auraient rapporté qu'environ trois cent quarante mille francs à chacun. L'Afrique est l'avenir du christianisme en général et du catholicisme en particulier. Sur le plan religieux l'Asie est déjà prise. L'hindouisme et le bouddhisme y sont indéracinables. La Chine par exemple ne compte qu'une dizaine de millions de chrétiens.
Ce qui là-bas est la population d'une ville d'Amérique du nord est protestante, et dans le sud seules les populations défavorisées remplissent les églises. L'élite est atteinte par le mouvement de déchristianisation qui sévit en Europe depuis deux siècles. L'Afrique est donc la seule terre en friche où les laboureurs du christ peuvent encore semer. Non point que notre continent soit vierge sur le plan des croyances. Mais celles-ci n'ont pas donné lieu à des religions de masse comme ailleurs. La basilique notre dame de la paix sera la tête de pont pour une christianisation plus vigoureuse de l'Afrique. La stratégie de pénétration a été baptisée "inculturation". Il s'agit en effet de rapprocher le christianisme et les fondements culturels des sociétés africaines afin de permettre une meilleure osmose. Cette opération comporte plus de difficultés qu'on ne croit sur le plan théologico-métaphysique tout d'abord. La pensée judéo-chrétienne est en effet frappée au coin d'un dualisme radical qui laisse souvent perplexes les Africains nourris de culture traditionnelle.
Sur le plan politico-social, le prosélytisme des religions venues du Proche-Orient pose problème à la pensée africaine. L'idée qu'on puisse contraindre - par la force ou la persuasion - quelqu'un à adhérer à notre religion est aussi contraire à la dynamique sociale des croyances africaines. En outre, le célibat des prêtres suscite la méfiance des Africains vis-à-vis d'une religion dont les prêtres ne doivent pas avoir d'enfants. A ces objections, de nombreuses tentatives de réponses ont été apportées. Mais il faut maintenant sortir des chapelles pour porter le débat sur la place publique.
Si "l'inculturation" réussit, que restera-t-il du christianisme originel dans le christianisme africain? L'église africaine continuera-t-elle d'être une simple succursale de Rome? Dans la dialectique qui va unir le christianisme et la civilisation africaine, il n'est pas sûr que celle-ci soit la grande perdante. Sa vitalité apparaîtra dans sa capacité à digérer le message chrétien pour s'enrichir. Demeurera néanmoins la question de Cheik Hamadou Kane : "ce que nous gagnons vaut-il ce que nous perdons?".
Tiré de Fraternité-Matin, du 25 Septembre 90
"Post Basilicam"
RAMADAN
LE JEÛNE MUSULMAN DANS SON CONCEPT RELIGIEUX ET/OU MEDICAL
Dans la définition spirituelle du jeûne, nous retiendrons principalement quelques notions essentielles
1) La privation volontairement choisie entre le lever et le coucher du soleil touchant les CINQ SENS que sont :
La vue
Le gouter
- l'ouie
- l'odorat
- le toucher
2) La recherche du contrat permanent avec le seigneur dans la prière et la méditation
3) "L'élévation" pour le corps, ne serait-ce que de façon temporaire au profit de l'âme
Sur le plan médical, notamment au niveau de la physiologie, il faut savoir que le seigneur a mis à notre disposition un outil merveilleux que constitue l'organisme humain. Nous examinerons la situation par rapport à la privatisation vis à vis du gouter (l'alimentation), en effet vis à vis de celle-ci, l'organisme va gérer cette situation parce qu'il dispose de trois principaux systèmes qui interviennent successivement face :
- au jeûne court,
( c'est ce qui survient entre les 3 principaux repas quotidiens)
- au jeûne qui se poursuit
(lorsque au cours de la journée, nous sautons un repas )
- au jeûne qui se prolonge.
(le jeûne musulman)
Dans ces trois situations, il s'agit pour lui d'utiliser le glucose le carburant du quotidien pour assurer l'énergie que nécessite son fonctionnement de base ou le glycogène en cas de besoin. Dans le dernier cas de figure, les corps gras ou graisse (une former de réserve d'énergie ).
Dans le jeûne musulman, durant 30 jours, ces trois mécanismes de régulation sont largement exploités et leur utilisation contribue à épurer l'organisme en éprouvant particulièrement les deuxième et troisième mécanisme. Les machinistes parleraient de RODAGE.
Il en est de même pour les quatre autres "sens". Mais en fait, ce n'est pas cela l'objectif recherché dans le jeûne musulman. Il ne s'agit pas là que de conséquences.
Dans le jeûne musulman, l'objectif recherché est de distinguer, voir séparer l'Ame du CORPS MATERIEL qui retient le premier "prisonnier" si l'on peut dire. Alors par cet acte de dévotion on s'élève dans la quête du Seigneur.
Sachez que la clef de la connaissance de Dieu est la connaissance de l'âme (nafs) ainsi que Dieu l'a dit lui même dans la sourate XLI aux versets 53 et 54. Il nous est rapporté que le prophète (R.S.L) a dit : celui qui connais son âme connait son seigneur.
" Si tu me dis que tu te connais, je te répondrai que tu connais la matière de ton corps qui fait de tes mains (le toucher), de ta tête (les yeux ) et le reste (les d'autres sens), mais tu ne connais rien de ton âme."
Si tu es furieux, tu te cherches un adversaire, si le désire sexuel te poursuit tu cherches à épouser, si tu as faim, tu cherches à manger et si tu as soif, tu cherche à boire.
Ces satisfactions ne te sont pas propres elles sont les tiennes mais aussi celles des animaux. TON DEVOIR EST DE CHERCHER QUELLE EST TON EXISTENCE REELLE. QUI ES TU ? D'OU VIENS-TU ? POURQUOI AS TU ETE CREE ? EN QUOI CONSISTE TON MALHEUR ?
Le jeûne représente une situation privilégiée pour méditer sur ces questions et y répondre éventuellement.
TU PRESENTES DIVERS CARACTERES QUI SONT AUSSI CEUX DES ANGES [...] est ton ame qui constitue l'essentiel de ton être [...] et le reste t'est étranger. Le mois de Ramadan constitue dons l'occasion pour le fidèle de libérer son âme et de s'élever.
Si nous revenons aux conséquences de ce jeûne donc à l'aspect médical, il faut savoir qu'il y a des contre-indications médicales au jeûne et que celles-ci sont reconnues par des maitres de la loi islamique dans le chapitre des dérogations. En ce qui nous concerne, nous citerons quelques situations et voir périlleux de jeûner car les complications sont immédiates et mortelles :
1) Ulcère gastro-duodénal
- le réveil d'un ulcus
- la perforation de l'ulcère
- la péritonite
- l'hémorragie digestive
2) La drépanocytose
- la crise vasculo-occlusive
- la déglobulisation.
3) HTA
4) Le diabète
- le coma diabétique hypoglycémique.
5) La maladie d'une façon générale car le fonctionnement de l'organisme est initialement perturbé. Aussi est-il imprudent de la soumettre à une épreuve recommandée aux fidèles en bonne santé.
Dr CISSE Losseni et Maître nomes pour le SEMI
(Secours Médical Islamique)
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RAMADAN est un mois sacré
profitons-en pour nous repentir.
LE REPENTIR
David, à qui Dieu avait accordé une grande puissance, devant le palais de qui trente mille soldats montaient la garde, David qui, lorsqu'il psalmodiait les psaumes voyait les oiseaux accourir pour l'entendre : les cours d'eau suspendre leur cours : les génies, les animaux féroce et même les insectes faire cercle autour de lui, sans se battre les uns les autres, lui qui pouvait amollir comme cire le fer entre ses doigts. David, cependant, lui aussi se prosternait, et dût, pendant quarante jours verser d'abondantes larmes dans ses prières, pour implorer Dieu de le réintégrer dans sa miséricorde. Cette repentance de David nous est ainsi rapportée dans le Coran :
Et nous lui pardonnâmes ; car, en vérité, il fut admis auprès de nous, et il lui fut (réservé) une belle demeure (cor. 38 24).
Salomon, fils de David, à qui les vents obéissaient de qui le trône, soulevé par une force invisible, parcourait matin et soir, une distance d'un mois de voyage, Salomon gratifié une puissance qui jamais plus, depuis, ne fut octroyée à aucun des mortels, le grand Salomon fut pourtant privé de sa souveraineté pendant quarante jours, pour une faute commise à son insu. En effet, une statue était adorée dans son palais, sans qu'il en eût connaissance. En punition, Salomon fut donc privé de son pouvoir par Dieu ; Il fut réduit à la mendicité et dût tendre la main, pour obtenir un morceau de pain. Il avait beau dire qu'il tait le grand Salomon, personne ne voulait le croire : on se moquait de ses protestations et de ses paroles, et on le maltraitait. En lui crachant au visage, une femme le chassa de devant sa porte. Mais lorsqu'il rentra en possession de son sceau, qu'un poisson lui restitua, lorsque de nouveau, il fut paré de sa puissance, alors les oiseaux, les génies, les animaux revinrent se placer sous sa domination, et le peuple comprit qu'il était réellement SALOMON LE GRAND. Ceux qui l'avaient insulté et maltraité vinrent implorer son pardon. Salomon les rassura, et leur dit qu'il ne les blâmerait jamais de leurs mauvais traitements envers lui, mais qu'aussi, Il ne les remercierait pas davantage de leurs sympathies, ou de leurs louanges, car l'épreuve qui lui avait été envoyée avait été voulue part le SEIGNEUR Et DIEU ayant accepté le repentir de SALOMON, lui redonna la puissance, et accrut encore son prestige et son autorité.
S'il en fut ainsi pour les chefs des religions, pour les chefs des nations, et pour tant d'hommes illustres, comment, ô malheureux ! Peux-tu persévérer dans cette attitude fière et rebelle ? Ne comprends-tu pas que tu es enrôlé sous les étendards de Satan et installé dans la demeure de la mystification et de la duperie ? Les pernicieuses sollicitations et les passions l'assiégent de toutes parts. Tu te targues d'accomplir tes devoirs religieux, telles que les cinq prières chaque jour, le jeûne, l'aumône et le pèlerinage. Cependant, il n'est pas un de tes membres qui ne soit exempt de péché : car ton, coeur est vide et dénue de vraie pitié, de patience, de soumission, de générosité, de bienveillance, de cordialité, de douceur, de fidélité et de tant d'autres vertus excellentes et indispensables, qu'il serait trop long de l'énumérer.
Orienté en sens contraire, ton coeur est rempli de tout ce qui constitue les erreurs les plus manifestes et attire le malheur, en détruisant ton avenir. C'est ainsi que tu redoutes la pauvreté, et refuses de t'incliner devant ton destin, t'opposant ainsi aux droits de DIEU dans ses décrets sur ses créatures. Tu doutes de sa promesse : tu es jaloux, haineux, ambitieux ; tu es vaniteux, souhaitant les louanges de tous ; toujours zélé pour défendre ton sentiment propre, tu honores les riches et méprises les pauvres, tu chéris follement les vanités de ce monde l'hypocrisie t'attire, l'orgueil te rend sourd à la vérité tu gaspilles le meilleur de ton temps à à des futilités ; tu ne prononces que des paroles inutiles. Négligeant de te connaître toi-même, ta curiosité ne s'exerce que pour observer les autres, oublieux de te réformer, tu passes outre à l'accomplissement de tes devoirs. Tu prodigues tes flatteries aux créatures, tu t'enorgueillis de tes actions, tu désires qu'on te loue pour des actes que tu n'as point fait, fermant les yeux sur les défauts, tu ne vois que ceux des autres. Tu oublies complétement que les bienfaits sont des dons de DIEU ; et tu penses les avoir mérités par ton travail, ou l'aide de tes protecteurs. En un mot, tu n'entrevois que les apparences, sans rechercher les causes et les principes ; tu n'aspires nullement à t'instruire pour apprendre à respecter les termes de la loi divine.
- Et vos vains espoirs vous ont trompés, jusqu'à ce que l'arrêt d'Allah vint (s'accomplir). Et le trompeur (1) vous a trompé sur Allah ! (coran 57/13).
Ils étaient plongés dans cette erreur, lorsque l'arrêt d'ALLAH le surprit et les rappela à lui :
- et il y a une barrière entre eux et ce qu'ils désirent (cor. 34/53).
DIEU dispersa leurs commensaux ; Il les sépara de leur royaume, Il les priva de leurs courtisans et du luxe qui les environnait. Ils s'étaient fait édifier des palais splendides, et, pour se reposer, des trônes richement ornés et pompeux, et toutes ces choses leur furent reprises, ils ont été arrachés de leurs palais fortifiés. Ils se flattaient que ces palais, cers vastes demeures leur appartenaient. Ils supposaient que le pouvoir qui leur avait assuré le succès et la victoire, émanait d'eux : ils s'enorgueillissaient, mais tous ces biens s'évanouirent, ces choses qui leur furent confiées comme un dépôt, on les leur redemanda. Dans un état infamant, qu'ils n'imaginaient jamais, lorsqu'ils étaient à même d'assouvir leurs passions sensuelles ou cruelles, ils furent invités au tribunal de DIEU. Exactement et minutieusement le bilan de leurs mauvaises actions fut dressé. En des geôles, ils avaient emprisonné des êtres innocents et ils se voyaient à leur tour plongés en des prisons plus opprimantes et plus obscures que celles qu'ils avaient si solidement verrouillées. Ils avaient enchaîné injustement des hommes, à leur tour ils se virent entravés par des carcans d'une matière minérale plus solide et plus accablante, que le métal dont leurs chaînes et leurs entraves avaient été forgées. Ils avaient torturé et opprimé des citoyens, et voici que d'autres supplices, encore plus cruels leur étaient réservés, et de ses feux inextinguibles, l'enfer achèverait de les consumer.
O pitoyable infortuné ! de ces palais abandonnés, de ces donjons en ruines, qu'habitèrent les tyrans et les potentats des temps passés, ne se dégage-t-il pas une leçon pour toi ? Là, ils accomplir le cycle de leur règne : là ils firent torturer tant de pauvres gens, et flageller leurs membres et leurs visages ; en ces lieux ils firent verser tant de larmes aux faibles et aux opprimés ! Par ces tyrans combien de familles aisées et riches faisant bon usage de leurs biens, furent réduites à l'indigence, et à la misère ! Que de lois iniques et injustes ils avaient promulguées ! A cause d'eux, combien de savants désespèrent du progrès ! Combien de sages, de penseurs, d'écrivains n'opprimèrent-ils pas !
Prosternés devant DIEU, implorant son secours, pour qu'il fit disparaître ces maux de la terre versant des larmes amères, brisés par des sanglots déchirants, ces sages et ces penseurs prièrent avec des accents si émouvants que les Anges vinrent mêler leurs larmes à leurs pleurs. Leurs prières unies à celles des Anges s'élevèrent jusqu'au trône du seigneur tout puissant et juste qui leur révéla qu'il les secourrait et que s'il retardait la punition des tyrans, il ne leur ferait pas pour cela grâce. De leur oeuvres, en effet, rien n'existe plus, seules subsistent leurs déplorables légendes ! Là, ce fut un peuple qu'engloutit le déluge ; un autre périt par un tremblement de terre ; un autre fut massacré. THAMOUD détruit par la foudre ; AD par un vent mugissant et dévastateur. Pendant sept jours et sept nuits, DIEU utilisa cet élément pour anéantir ce peuple : que tu eusses pu voir renversé, comme un tronc de palmier évidé ! en vis-tu un seul échapper à la destruction ? (cor. 69/5-7).
DIEU détruisit un autre peuple où les coeurs étaient endurcis, en l'abandonnant au doute et à l'obscurité. La lumière de la foi avait disparu du coeur des hommes ; et DIEU les punit ensuite avec sévérité, en les plongeant dans les enfers : "en vérité ceux qui ne croient pas à nos signes, nous les brûlerons dans les feux. Leurs peau à peine consumée se renouvellera
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REPONSE
DROIT DE REPONSE
et ils seront en proie à de nouveaux tourments. DIEU est puissant et sage" (cor. 4/59).
O infortuné ! N'imite pas ces criminels ; évite les actes qui les firent déchoir, ne suis pas le chemin qu'ils parcoururent ! Si faute d'avoir été mis en garde, tu mourrais, avant d'avoir pu te repentir, il se pourrait que tu sois enlevé de ce monde avant d'avoir pu te préparer à assurer ton salut, ou tout au moins réunir quelques excuses pour obtenir le pardon de ton seigneur, et tu serais ainsi exposé aux tourments.
LES CONDITIONS DU REPENTIR
La repentance repose sur trois conditions :
1. Regret sincère des actes illégitimes. Les signes de la sincérité du repentir sont les larmes qu'il nous fait verser, et l'affabilité du coeur. Le prophète recommandait la fréquentation de ceux qui se repentent ; leur société étant la plus affable et la plus sympathique.
2. Abstention perpétuelle des paroles vaines et puériles.
3. Désire ferme de ne plus jamais commettre de fautes.
ABOU BEKR DE VASSIT, en réponse à une question sur ce sujet, disait que le signe d'une sincère repentance, est d'effacer toute trace intérieure du péché antérieurement commis. Le repentir détermine la volonté. Et la volonté consiste à ne plus renouveler les actes réprouvés, celui qui se repent, ayant reconnu que les péchés sont des entraves pour parvenir à son seigneur, soit dans ce monde, soit dans l'autre. De plus s'il a pu comprendre que les péchés, loin de lui assurer la réalisation des ses voeux, sont autant d'obstacle à sa réussite, ou au but qu'il veut atteindre.
Un HADITH nous dit formellement que "l'homme se frustre des bienfaits que DIEU a créés pour lui." Un autre hadith dit encore : la prostitution invite à la pauvreté.
- ceux-ci disent :
"Si tu t'aperçois que les affaires ne suivent pas une bonne marche ; qu'avec difficulté tu obtiens ton plan quotidien : que tout est pour toi un perpétuel souci, sache alors que tu as dû oublier les ordres de Dieu, et que tu as dû suivre tes passions."
- Si tu t'aperçoit que les mains et les langues t'attaquent soit toi, soit ta famille, sache bien que toi-même tu as dû commettre des fautes que tu n'as pas en tous cas suivi les préceptes de la loi divine."
(1) Le trompeur c'est Satan (toute forme matérielle à laquelle peut s'éprendre le coeur humain )
ABD-AL-KADIR
Extrait de l'ouvrage "ABD-AL-KADIR Guilani de Mehmed Ali Aini Ed Paul Geutner"
REPONSE DE L'AHMADIYYA
AU
CHEIKH AHMED TIDJANE BAH
... Et assurément, bon nombre de gens égarent d'autres par leurs mauvais désirs et par manque de connaissance réelle ; assurément ton Seigneur connaît les transgresseurs mieux que quiconque.
St CORAN (6 : 120)
Dans l'interview qu'il a accordée au mensuel islamique "ALIF" du mois de janvier 1994, N° 14, le Cheikh Ahmed Tidjane BAH, à une question relative à l'AHMADIYYA (est-il ou non musulman ? ) a donné la réponse suivante :
"... les Ahmadis ont mis des principes fondamentaux de l'Islam en cause. Ils ont dit et écrit que le Prophète Muhamad n'est pas le dernier Prophète et que le ce dernier exagère qu'il peut avoir des prophètes et qu'il y a eu des Prophètes après lui" P 9
Sans Vouloir tomber dans la polémique en lui demandant de fournir ses preuves, force est cependant de faire ressortir le paradoxe qui habite l'Islam : tandis qu'il peut faire le voyage de Beyrouth pour recueillir des informations il est incapable de se rendre à la mission Ahmadiyya à Abidjan où cependant il réside pour corriger ses vues !!! Dans ces conditions quel crédit accorder à ses propos ?
Puisse alors cet avertissement du St Coran instruire l'Imam : "Malheur à tout médisant, à tout calomniateur" (104 : 1). En tout état de cause le Mouvement des amhadiyya de Côte d'Ivoire demande à l'imam de prouver si croire à la véracité des points suivants est une hérésie :
1 - A la mort de son fils, le saint prophète (S.A.W.) a déclaré :
"Si Ibrahim avait vécu, il serait devenu Prophète" (Ibn Madjah vol. Kitaboul.
2 - Tout comme l'Imam a eu foi au mufti de Beyrouth qui justifie le nom d'Ali (A.S.) dans l'AZAN (!) le Mouvement AHMADIYYA lui demande d'avoir la même foi en la pieuse épouse du Saint Prophète (S.A.W.) Aïcha (A.S.), universellement reconnue pour avoir enseigné la moitié de la foi islamique aux musulmans et qui a dit : "ô vous les musulmans ! Dites que le Saint Prophète S.A.W.) était le Khatam Nabiyyine mais ne dites jamais qu'il n'y aura pas de
Prophète après lui" (Durri Manshoor, Vol. 5, p. 204).
3 - Le Messie promis sera appelé Prophète de Dieu (Nabioullah) (Muslim vol. 2 515).
4 - Voici le plus grand péché enseigné par le Saint Coran : "Assurément, ALLAH ne pardonnera pas qu'on lui associe un partenaire quelconque, mais en dehors de cela, il pardonnera à qui lui plaira. Mais quiconque associe de faux dieu ALLAH, commet en effet un très grand péché" (4 : 49).
Il faut comprendre que Khatam ne veut pas dire "dernier" mais Sceau, c'est-à-dire TAMPON DE PERFECTION.
Cela signifie clairement pour nous musulmans ahmadis, que MAHDI n'est porteur d'aucune Loi ; il ne peut apparaître que comme le subordonné ou le disciple parfait du Saint Prophète Muhammad (S.A.W.).
Les musulmans qui prétendent que toute révélation a cessé depuis 632 de l'ère chrétienne sont coupables d'une innovation et commettent une erreur. Ils ne peuvent citer un seul passage du Saint Coran pour appuyer leur allégation.
Les premiers docteurs musulmans n'avaient pas une telle opinion qui vise à faire de l'Islam une religion stérile coupée de sa source vitale.
C'est pourquoi pour le Mouvement Islamique Ahmadiyya, Dieu n'est pas une abstraction, mais une présence toujours vivante le compagnon puissant et vivant de tous les temps et de tous les endroits.
C'est la raison pour laquelle les Ahmadis vivent intensément leur foi selon les trois principes suivants
1 - L'Islam est la seule religion vivante,
2 - Le Saint Coran est le seul livre vivant,
3 - Muhammed (S.A.W.) est le seul Prophète vivant.
Mission Islamique Ahmadiyya
Côte d'Ivoire
03 BP 416 ABIDJAN 03
Tél. 37.10.39
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DECEPTION
CE JOUR LÀ, RÉUNION DE LA FRANCE AVEC LES PAYS DE LA ZONE FRANC.
--- JE VOUS PRÉVIENS QU'EN RÉALITÉ LA DÉVALUATION SE FERA À 100%
MAIS UNE FOIS DANS VOS PAYS, ANNONCEZ QU'ELLE SE FAIT À 50%
D'ACCORD ?
OUI ! NOUS SOMMES TOUS D'ACCORD !
PEU APRÈS
DJO ! EST-CE QUE TU SAIS QUE LE GOUVERNEMENT NOUS A GRUGÉ ?
MAIS COMMENT CELA ?
EN EFFET LA DÉVALUATION N'EST QUE LE RENCHÉRISSEMENT DE LA DEVISE ÉTRANGÈRE (FF, DOLLAR, YEN, DM...) C'EST-À-DIRE 100%. SI C'ÉTAIT 50% NOUS AURIONS DÉBOURSÉ 75 F CFA POUR AVOIR 1 FF, 450 F CFA -> 1 DOLLAR. OR CE N'EST PAS LE CAS. NOUS PAYONS POUR AVOIR 1 FF ET 600 F CFA -> 1 DOLLAR
DONC UNE AUGMENTATION DES SALAIRES À 50% EST TOUT À FAIT JUSTE. LA MARGE DU GOUVERNEMENT EST DE 50%
INTERROGATION : OÙ EST LA PART DE SACRIFICE DE L'ÉTAT ?
L'AUGMENTATION EFFECTUÉE DE 5 À 24% EST DÉRISOIRE AU REGARD DU COÛT DES DEVISES ÉTRANGÈRES.
QU'ON ARRÊTE DE PRENDRE LES IVOIRIENS POUR DES ENFANTS CAR LES AUGMENTATIONS NE PEUVENT PAS PAYER UN SAC DE RIZ.
FAMINE, DÉCÈS, VOL À MAIN ARMÉE SONT LE LOT QUOTIDIEN DES IVOIRIENS. CAR C'EST DRAMATIQUE.
CARLOS
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