Numéro
Alif #14
- Titre
- Alif #14
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- janvier 1994
- numéro
- 14
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Idriss Koudouss Koné
- Tidiane Bah
- Henri Konan Bédié
- Conseil National Islamique
- Intégrisme
- Fondamentalisme islamique
- Islamisme
- Langue
- Français
- Est une partie de
- Mauvaise foi
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001384
- contenu
-
RADJAB CHAABANE 1414
ALIF
JANVIER 1994
N° 14
2ème Année
200F
Mensuel islamique d'informations et de formation
INTERVIEW DE CHEIKH AHMED TIDJANE BAH :
<< QUAND L'AMBITION PERSONNELLE VIENT SE GREFFER SUR LA RELIGION, C'EST LA DISCORDE...>>
PP. 8 - 9
L'Imam AHMED TIDJANE BAH
LE PRESIDENT DU CNI AU PRESIDENT BEDIE :
<< UN EMPIRE PEUT PROSPERER AVEC L'INFIDELITE MAIS JAMAIS AVEC L'INJUSTICE >>.
hadith du prophète Muhammad (PSL)
P.7
LES ATTAQUES CONTRE LES MUSULMANS :
CONSPIRATION OU PROVOCATION ?
PP. 6 - 7
RELIGION ET AMOUR :
LE REGARD DE L'HOMME SUR LA BEAUTE DE LA FEMME EST UNE DES FLECHES EMPOISONNEES DU DIABLE
P.2
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RELIGION ET AMOUR
<<LE REGARD DE L'HOMME SUR LA BEAUTE DE LA FEMME EST UNE DES FLECHES EMPOISONNEES DU DIABLE>>
LA RELIGION FACE A L'AMOUR
[ Tandis que le christianisme se méfie des femmes , et du désir qu'elles suscitent , l'Islam les glorifie dans de nombreux livres sacrés su l'amour Mais même dans la civilisation musulmane, la raison contrôle le désir . Etranges croisades .. ]
L'Islam et le christianisme ont des attitudes différentes en-vers l'amour, le désir, la sexualité, le corps en général. Saint Paul, l'apôtre qui a tellement marqué la chrétienté, est connu pour «sa haine du corps et du sexe, sa méfiance profonde à l'égard de la femme .. » écrit Denis de Rougemont dans l'amour et l'Occident. Il ajoute que «ces comportements sont classiques en psychiatrie», sous-entendant que Saint Paul était sans doute un grand névrosé
Il faut avouer que même pour une femme musulmane, dressée à obéir et à se voiler, Saint Paul parle un langage particulièrement misogyne La femme, ainsi, doit se voiler la tête ou alors «c'est comme si elle était rasée», nous dit-il dans les Corinthiens (11, 4-16). Mais «l'homme ne doit pas se couvrir la tête puisqu'il est l'image de la gloire de Dieu».
En lisant l'Imam Bukhari, Imam Muslim, Imam Malik, on découvre, on sent que les «équivalents» musulmans de Saint Paul aussi misogynes soient-ils à l'occasion, apprécient le corps de la femme et connaissent le poids du désir. D'ailleurs, si le christianisme parle très peu de l'amour et de la sexualité, l'islam accorde une large place à ces sujets Denis de rougemont, qui pense que pour comprendre les problèmes que pose l'amour en Occident «il faut remonter aux origines du christianisme», s'étonne : «Cette religion de l'amour total (amour de dieu, de soi et du prochain) n'a pas de livres sacrés sur l'amour» L'ensemble des textes des évangiles sur l'amour tient effectivement en cinq pages S'ils sont d'une grande beauté, d'une exigence toute divine, c'est au total bien peu ! L'islam, au contraire, propose un nombre impressionnant de livres sacrés sur l'amour, leurs auteurs, le plus souvent, avaient des fonctions religieuses : savants, cadis, imams. Ils appelaient tout simplement à éclairer l'une des dimentions les plus mystérieuses et de l'expérience humaine, celle qui a trait au désir, à l'amour, à la passion. Si Jésus n'a pas eu de vie sexuelle, celle du prophète Mohammed fut très riche. Et on la raconte avec force détails au croyant qui cherche un guide et un modèle. Les deux religions, certes, conseillent pourtant de se méfier du désir. Mais pas du tout de la même façon. Le christianisme présente la sexualité comme une source de déchéance et par le péché dès qu'il est question de la chair. L'Islam, plus raffiné, identifie le désir comme un ennemi. Mais là, on ne dit plus qu'il faut détruire l'ennemi. Il faut simplement le repérer, le connaître, pour mieux le maîtriser. Alors, s'agissant de l'amour, tout serait à porter au crédit de l'islam ? On peut remarquer, quand on parcourt les traités et les épîtres sur l'amour produits par l'islam, que ce sont des manuels de stratégie. Mais des stratégies pour quoi faire ? L'objectif est d'apprendre à l'homme à contrôler son désir : mais, l'objet du désir étant la femme, ne s'agit-il pas alors d'apprendre à contrôler celle-ci du même coup ? C'est ce qu'affirme Fatna Ait-Sabbah, l'auteur de la femme dans l'inconscient musulman, qui explique comment ce glissement du contrôle du désir au contrôle de la femme reflète une véritable vision du monde, caractéristique de l'islam. Contrôler le désir, dit-elle, revient à contrôler la femme, et en les contrôlant tous deux c'est le diable lui-même que l'on contrôle, Satan, cette grande force du mal sans laquelle le Dieu ne pourrait s'affirmer. Mais laissons à Fatna Ait-Sabbah elle-même le soin de démontrer comment, en trois étapes, l'islam définit une position sur la raison, le désir et les femmes.
« 1 L'islam est la religion de la raison Les musulmans sont le peuple qui comprend les Signes. Comprendre dans le Coran, "aqala, c'est utiliser sa raison. Linguistiquement, comprendre, "aqala, et raison "aql, se confondent « Et ce centrage de l'islam autour de la raison, "aql, va identifier, sous le vaste vocable de «désir», Svahwa, tout ce qui risque de détourner l'attention du croyant de son point focal, à savoir Dieu, qui n'est accessible que dans et à travers l'exercice constant du raisonnement Pour illustrer ce conflit fondamental de la civilisation musulmane qui oppose non la civilisation à la sexualité, mais la civilisation au désir, qui est une composante seulement de la sexualité, il faut parcourir les traités sur l'amour et les femmes
« 2. La raison doit contrôler le désir. L'auteur de Rwada Al-Muhhibbine (jardin des amoureux), Ibn Qayyim Al-Jawziya, explique donc le caractère intrinsèquement polluant du désir (al-Hawa) : s'il touche la science, il la transforme en Bid'a, et donc en errement (Dalala) ; s'il touche le pouvoir et celui qui l'exerce, il corrompt les deux et les met au service de l'injustice. Si enfin le désir touche le chef de communauté musulmane, il le transforme en traître à la cause de l'islam, car il gouverne contre ses lois et ses introductions. Pour un autre auteur, Al-Imam Abd Er-Rahmam Ibn al-Jawzi : «Il n'y a pas de sommeil plus lourd que l'inattention (al-Ghifla) ni d'esclavage plus total que le désir. Et sans la profondeur de l'inattention, le désir ne peut jamais triompher de toi. «Raison et désir sont en rapport de force, et tout renforcement de l'un implique un affaiblissement de l'autre. Nous retrouvons le schéma relationnel qui est le schéma clef qui organise l'univers sacral, l'articulation-inversion qui est condensé dans les formules suivantes : «Si le désir triomphe, la capacité de discernement (Ar-Raiy) disparait. L'homme qui a la volonté la plus puissante est celui qui triomphe de son désir. Les rapports entre la volonté (Al' Azm) et la capacité de discernement (Ar-Raiy), qui sont des aspects de la raison, ne s'exercent et s'actualisent que dans la lutte contre le désir (al-Rawa).
« Si c'est la raison qui gouverne, le désir se soumet (Saalamahu al-Hawa) et devient le serviteur et l'esclave de celui-ci. Et si c'est le désir qui gouverne, la raison devient sa prisonnière. Elle le subit», «La lutte contre le désir est identifiée par le prophète, toujours d'après Al-Imam Ibn Al-Jawzi, comme étant le grand jihad, c'est-à-dire le combat sacré par opposition au petit jihad, qui est le combat physique contre les ennemis de l'islam. Celui qui triomphe de ses désirs et les maîtrise décuple par là-même sa force physique et mentale et se place dans l'échelle des valeurs au-dessus du moujahid, du combattant qui conquiert toute une ville impie
«La Murua, vertu cardinale su système des valeurs musulmanes, c'est-à-dire la loyauté envers tout ce que le système impose comme sacré et inviolable, et notamment l'accomplissement des devoirs, c'est-à-dire l'alignement strict et sans faiblesses du comportement sur la volonté divine et ses lois, est identifiée comme imposant entre autres la désobéissance au désir. Le prophète aurait dit que la force d'un homme «ne se mesure pas à sa capacité de vaincre d'autres hommes, mais à sa capacité de vaincre sa propre personne (Nafsahu) « AL-Rawa, le désir, est la source de toutes les anomalies, es développements anormaux (Al_balaa), et la lutte contre le désir est l'unique façon de les enrayer et de rétablir la norme, la santé (As_siha).
«3. Désirer une femme, c'est succomber devant le diable. «Lorsque le satan désespère de quelqu'un, il essaye alors de l'avoir par l'intermédiaire des femmes. Avec Ibn Al-Jawzi, le glissement est fait : la beauté féminine est une manifestation du diabolique : «Le regard de l'homme sur la beauté de la femme est une des flèches empoisonnées de Iblis (diable). Selon le même auteur, Iblis aurait dit : «La flèche la plus sûre dont je dispose et qui ne rate jamais sa victime est la femme.»
Cette identification du triangle désir-diable-femme est très claire dans la littérature religieuse. Seulement, elle est présentée au croyant comme une donnée, comme une évidence du système sacral et non comme une théorie très élaborée du désir, une explication de celui-ci (...) Ainsi, pour Al-Bukhari, dont le but, en rédigeant le Sahih, était de s'assurer rigoureusement de l'authenticité des hadiths, c'est-à-dire les prophètes, l'identification de la femme comme le pôle du danger et l'incarnation du désordre est nette. Selon un hadith, le Prophète aurait dit : «Je ne laisserai après moi aucune cause de trouble plus funeste à l'homme que les femmes.»
«En écho, d'une certaine façon, à ce propos prêté au prophète, le grand mystique, Hallaj, résume finalement bien la position de l'islam sur l'amour et le sexuel dans une formule assez concise : «Aie bien soin, dit-il à son serviteur qui lui demande conseil, d'occuper la personne sensuelle à chose qui soit légitime, sinon, c'est elle qui t'occupera à ce qui est illégitime. Or savoir ainsi se gouverner soi-même, est le propre des Saints.
Ibn Al-Jawzi
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N° 2789 du 20 - 03 - 92
EDITORIAL
BALLE A TERRE
Ces derniers temps nous avons assisté à des dérapages au niveau de certains hommes politiques et de certains confrères de notre pays. Ils ont toujours vu à travers le comportement de certains frères musulmans la montée de l'Islamisme en Côte d'Ivoire. Il faut beaucoup faire attention, car ces genres de comportements et d'interprétation sont dangereux pour l'avenir de notre pays. Certains compatriotes ont poussé leur mauvaise foi jusqu'à établir l'équation Musulman = étranger. Cette plaisanterie de mauvais goût n'a pas pris, alors ils ont créé un autre concept Musulman = Dioula. Là encore il y a eu échec, car les baoulé, les bété, les agni, les adioukrou, les guéré... qui embrassent l'Islam sont nombreux. L'Islam est la seule religion en Côte d'Ivoire qui ne fait pas du porte à porte, qui ne distribue pas de prospectus dans les maisons des gens. Mais on voit toujours un Islam envahissant. La conséquence de ces attitudes est le repli sur soi or ce repli peut engendrer l'esprit de corps, ce qui n'est pas bon pour notre pays. Les musulmans ont toujours été patients et tolérants malgré les injustices qu'ils ont dû subir pendant 33 ans. Et voilà que conscients de cette situation, les autorités ont essayé de rectifier le tir. Là l'on a vu un déferlement des musulmans dans les hautes instances de la nation. Il suffit qu'un acte soit posé par et pour un musulman qu'on le qualifie de dangereux. Arrêtons de nous faire peur. Evitons de créer inutilement et de toutes pièces des affrontements tribalo-éthno-réligieux, car si l'on sait quand ils commencent en revanche, on ignore quand ils prennent fin. Nous citons souvent les cas des pays comme l'Algérie, le Liban ou l'ex-Yougoslavie. Mais on oublie souvent de donner les raisons réelles de ces situations dramatiques. L'on ne s'attarde que sur les conséquences. Mais tout cela est malhonnête. Or tout ce qui se conçoit et se construit dans la malhonnêteté se termine tôt ou tard dans la confusion.
Voici des gens qui se font passer pour les champions des droits de l'homme mais qui sont prêts à mépriser, à tuer, à assassiner pour sauvegarder leurs intérêts matériels. Après avoir organisé des élections justes et équitables en Algérie, le F I S remporte le plus logiquement du monde le scrutin. A peine le F I S a-t-il commencé à savourer sa victoire que les ennemis de l'Islam ont commencé à distiller de façon insidieuse des informations selon lesquelles le peuple algérien serait malheureux.
L'Armée fait alors un coup d'Etat avec la bénédiction des «champions du monde des droits de l'homme». La victoire du F I S est volée.
Personne ne réagit du moins les mêmes. La suite de ce triste évènement, on la connait. Et aujourd'hui ce sont les mêmes qui crient à la catastrophe. Ah ! Hypocrisie quand tu nous tient.
Pour casser l'élan d'organisation des musulmans de Côte d'Ivoire, on fait circuler des fausses informations du genre : «attention il y a une coalition régionalo-réligieuse musulmane qui veut prendre le pouvoir en Côte d'Ivoire» ! «Attention ils vont appliquer la charia s'ils prennent le pouvoir» ! «Ils préparent un coup d'Etat islamique». De quoi nos détracteurs ont-ils peur ? Que se reprochent-ils pour avoir si peur ? Pourquoi les gens sont ils si versatiles ? Quand ils veulent exploiter et gagner la sympathie des musulmans, ils ne tarissent pas d'éloges à leur endroit. Mais une fois qu'ils ont acquis ce qu'ils veulent ou abusé d'eux, les musulmans, deviennent des Dioula, des étrangers, des fanatiques, des intégristes. Les musulmans de Côte d'Ivoire veulent une et une seule chose, que l'article 2 titre 1er de la loi fondamentale de notre pays soit appliqué réellement, véritablement, honnêtement et équitablement. Nous voulons oublier vite les injustices criardes dont nous avons été victimes.
OUATTARA Issouf
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MEDECINE ET RELIGIONS
(suit et fin)
La science médicale face aux courants religieux
<< Le prélèvement et le transfert d'un organe humain sont une profanation >>
LE JUDAISME
Dans la réligion juive les rabbins qui ne constituent pas une autorité suprême comme la papauté, tirent leur ascendance de la connaissance approfondie de la science réligieuse. Ils doivent pouvoir donner les réponses à toutes les questions et apaiser les inquiétudes. Les exigences de la torah ont amené le Judaïsme à prendre des positions peu compatibles avec la vie actuelle. Face aux progrès fantastiques de la médecine et de la chirurgie, comment réagir ?
« Le corps humain est une création de Dieu et doit être traité avec le maximum d'égards ». Il est dit dans le hatam Safer : « le corps atteint sa sainteté du fait de l'âme dont il est l'enveloppe charnelle, mais lorsque cette âme l'a quitté, il est difficile de porter atteinte à son intégrité sous peine de profaner la sainteté que l'âme, parcelle divine, lui a conféré » (1)
« Vous ne ferez pas d'incision dans le corps d'un mort » (Lévitique 19 : 28 et deutéronome 14, 1-2).
Cette interdiction concernant en particulier les autopsies et donc les prélèvements d'organes, reçoit pourtant une application assouplie : « le salut d'une vie humaine repousse les interdits de la Torah ».
Le vivant a priorité sur le mort.
Préserver la vie est un devoir sacré que l'on retrouve dans le Talmud de Babylone, affirmé au VIIème siècle par Rabbin Ezechiel Landau et au XIXème siècle par les Rabbins Schreiber, Schreiber, Schick, Auerbach, Bamberger et Ettlinger.
Ce principe a conduit à l'adoption de disposition par « l'Assemblée Générale du Rabbinat Français » qui a rappelé le 18 mai 1978 : « L'interdiction de toute autopsie et à posteriori, de tout prélèvement d'organes sauf dans un seul cas : lorsqu'il s'agit de sauver sur le champ une autre personne en danger et dans ce cas, l'organe ne doit être prélevé que si le donneur a donné son accord par écrit et avant son admission en milieu hospitalier ».
Une loi votée en 1953 et amendée en 1963 en Israël s'inspire du même esprit, avec l'accent mis sur l'autorisation préalable et la possibilité de refus de la part de la famille. L'accueil peu favorable de la part des communautés religieuses a conduit le gouvernement à faire adopter un article stipulant « qu'aucune autopsie ne doit être pratiquée moins de cinq heures après la notification de la déclaration de décès aux familles ». L'entourage peut être rassuré quant à la réalité de la mort, mais cette mesure est un obstacle rédhibitoire pour les prélèvements.
Pour renforcer les restrictions de la législation, le grand Rabbin d'Israël, après consultation de 356 talmudites, a décrété que l'interdit restait la règle ; les quelques dérogations exceptionnelles étant soumises à l'approbation d'un rabbin distingué et habilité pour cela. La même attitude semble avoir été adoptée par le consistoire français.
La tolérance au prélèvement d'organes est subordonnée au constat indiscutable de la mort, selon la Halakha, la mort coïncide avec l'arrêt respiratoire, le Hatam-Safer exige : l'absence conjuguée de mouvements, l'arrêt cardiaque et respiratoire, le Grand Rabbin Guguenheim précise que la fin de la vie ne peut être certaine qu'avec l'arrêt des trois fonctions : cérébrales, circulatoire, respiratoire. Le Judaïsme ignore, comme l'Islam, la mort cérébrale.
Pour pouvoir prélever utilement un organe, un coeur en particulier, il est nécessaire d'assurer une survie physiologique à cet organe. Il y a donc malgré la mort cérébrale, vie apparente. Le prélèvement et tout particulièrement celui du coeur, correspondrait à un meurtre, quoique Rav Steinberg déclare dans la revue ASSIA « au cas où un coeur serait prélevé dans des conditions que l'on ne pourrait connaitre avec certitude, nous serions dans l'obligation d'en faire profiter un malade susceptible de recevoir un tel organe. Il est strictement interdit de gaspiller une telle matière première ».
Déjà au XVème siècle, Moses ISSERLES disait : « nous ne sommes plus compétents » à propos de la médecine et de ses applications en conformité avec la Torah. Martin BUBER (1878/1965) déclarait dans le Je et le Tu « l'homme dans une situation donnée peut consulter la loi mais c'est une réponse existentielle de l'homme qui doit déterminer ce qu'il a à faire ».
Malgré ces avis, sages et réalistes, la majorité des autorités rabbiniques appliquent la loi « Stricto Sensu », bloquant ainsi toute évolution. Nous remarquerons cependant qu'aux USA, de nombreuses greffes cardiaques sont pratiquées par des médecins juifs, dans les hôpitaux juifs. Dans ces établissements subventionnés par la communauté israélite, les autorités religieuses admettent ce genre d'intervention. Comment sont conciliés ces actes de la loi ? Le Talmud ne proclame-t-il pas « La médecine a le droit de guérir » (B.X.85 b).
L'EGLISE CATHOLIQUE ROMAINE
Selon l'église catholique romaine, l'homme étant créature de Dieu se doit de respecter la vie.
(1) - De l'Ethique au droit. Documentation Française NED n° 4855-1988. Cependant, si toutes les vies sont d'origine divine, celle de l'homme est placée au dessus des vies végétales et animales, s'en distinguant par cette faculté de raisonnement qui l'inspire et lui permet de penser. « Dieu admet en effet le sacrifice de la plante et de l'animal pour assurer la survie de l'humain ; n'est-il pas écrit dans la Genèse (I, 28-31) : « Dominez sur les poissons... Les oiseaux... sur tout animal... » Mais il est interdit à l'homme de sacrifier l'homme, même pour son salut : « Je ne reclamerai à chaque homme la vie de l'homme qui est son frère » (Genèse 9-5). De ce qui se précède se déduit que l'homme n'est humain que pârce qu'il pense et que l'origine divine de sa vie donne à celle-ci un caractères sacré.
Il est aussi admis que cette faculté de penser, d'aimer, de vouloir, a son siège dans le cerveau, organe essentiel à la vie assurant une double activité :
- commander les fonctions indispensables au maintien de la vie matérielle du corps,
- assurer les relations avec l'entourage sur le plan intellectuel, affectif, voire spirituel.
Le théologien catholique reconnait que la mort cérébrale, détruisant définitivement toute possibilité de vie affective et consciente atteste la fin de la vie, même si naturellement ou artificiellement, certaines fonctions physiques sont maintenues.
« L'homme vit et ne peut vivre d'une vie humaine que dans la mesure ou l'unité organique du corps rend possible une vie encore humaine. Lorsque le cerveau est mort, l'âme ne peut plus se servir du corps comme d'un instrument adapté à une vie vraiment humaine (R.P. RIOUET) ».
La conséquence est que rien ne s'oppose à un prélèvement d'organes : l'organe isolé peut être encore biologiquement vivant, mais l'homme est mort. Cette opinion n'a pas toujours prévalu et le principe du corps, même mort s'est opposé longtemps aux dissections, autopsies et évidemment à tous les prélèvements.
Proclamée vers 450 le moine Vincent de Lerus, cette position restrictive expliquerait la répulsion de certains catholiques pour toute action portant atteinte à l'intégrité des cadavres ? Cette référence à la tradition considérée comme fondement de la religion a été, à tort érigée en dogme.
Si pendant une partie du moyen-âge, les dissections ont été considérées comme sacrilège, l'attitude pragmatique de certains souverains pontifes contredit radicalement ce comportement.
Les papes Sixte IV (1471/1484) et clément VII (1523.1534) autorisèrent les dissections en vue d'études anatomiques et en 1622, le Saint Evêque François de sales fit don de son corps à la science. L'hostilité au prélèvement d'organes reste encore tenace malgré l'intervention du pape Pie XII qui dans son allocution << Greffe chirurgicale et morale religieuse >> (2) déclare que les prélèvements de tissus ou d'organes << ne soulèvent en eux-mêmes aucune objection morale >> insistant cependant sur le respect du à la dépouille mortelle (3).
* Parlant de la greffe de cornée, Pie XII ajoute : << son enlèvement même parfaitement licite en soi peut devenir illicite s'il viole les droits et les sentiments des tiers à qui incombe le soin du cadavre, les proches parents d'abord >>.
Si quelques catholiques invoquent encore la ré-
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REPORTAGE
surrection des morts pour s'opposer aux prélèvements d'organes, ils sont en désaccord avec nombre d'arguments tirés de l'Ecriture qui rappelle que «... notre corps est promis non à une quelconque réanimation mais une totale métamorphose qui doit faire de lui un corps spirituel » (R.P. de LUBAC) (1).
Morale chrétienne et théologique catholique non seulement ne s'opposent pas au prélèvement d'organes, mais considèrent qu'il constitue un acte sublime d'amour et de charité
« Le don d'organes est une preuve d'amour envers le prochain et l'amour est plus fort que la mort puisqu'il est résurrection. Mais la liberté doit rester entière tant chez le donneur que chez le receveur. Respect donc de la dignité de l'homme dans son corps comme dans son esprit » (1).
LES PROTESTANTS
Toujours attentives aux évolutions de la société, les églises de la famille protestante considèrent le progrès médical comme « une bienfaisante intervention du Seigneur dans un monde plutôt occupé à sa propre destruction ».
Certaines « grandes premières chirurgicales » aux USA ont été réalisées dans des hôpitaux et centre de recherches médicales financés par des fondations privées souvent protestantes.
Les crédits mis à la disposition des médecins sont considérables, mais les comités d'éthique et ces établissements sont peu enclins à transiger avec des principes moraux et religieux.
Les autorisations accordées pour des actes chirurgicaux extraordinaires ou des expérimentations humaines peuvent être, dans ces conditions, comme offrant des garanties indiscutables
« Nous citerons deux exemples : Baby Foc la petite fille au coeur de singe et de Burney Clark l'homme au coeur artificiel »
Les deux « grandes premières » ont été réalisées dans des centres dépendant de l'église adventiste qui ne passe pas pour particulièrement laxiste !
« Il faut donc admettre que les protestants se montrent particulièrement attentifs à tout ce qui peut contribuer à améliorer la santé de l'homme et à soulager sa souffrance ». (1)
En ce qui concerne la réalité de la mort, le critère adopté est également la mort cérébrale : le Pasteur Gallard note qu'il n'y a plus de vie lorsque l'individu est « mort d'humanité consciente ». Le Pasteur Dumas préconise même l'euthanasie en cas de coma profond. Ce que le corps médical se refuse d'accepter : un état végétatif chronique peut prendre fin ; or un retour à une vie relationnelle est toujours possible. Favorable à toute nouvelle thérapeutique chirurgicale soulageant la souffrance le monde protestant est hostile à toute dérive médiatique spectaculaire.
« La tentative, l'expérience, ne sont moralement admissible que si elles permettent autre chose qu'une survie aléatoire...
Elles doivent dépasser le simple succès technique et offrir à l'homme une possibilité de vie presque normale ».
« La Science doit aider l'homme à vivre et non pas survivre ».
Mélité Mori.
Suite et Fin
MOSQUEE DE WILLIAMSVILLE :
L'APPEL DE L'IMAM I. COULIBALY
Au moment où il prenait la direction de la communauté musulmane de williamsville, les travaux de construction de la grande mosquée étaient pratiquement au point mort.
Trois ans après, grâce à une action de sensibilisation dans laquelle il s'est entièrement investi, l'Imam Ismaël Coulibaly a réussi aujourd'hui a faire avancer le chantier de la mosquée. Mais beaucoup reste encore à faire. D'où cet appel pressant qu'il lance en direction de toute la communauté musulmane de Côte d'Ivoire.
« Nous remercions Allah le Tout-Puissant, nos pères et nos mères dont les efforts conjugués ont permis aujoud'hui à la communauté musulmane de williamsville d'acquérir un terrain pour bâtir une mosquée digne de ce nom.
Malheureusement, pendant plus de vingt ans, le chantier n'a pu évoluer dans le sens souhaité par tous. Cela n'a nullement découragé les fidèles. Nous avons d'abord commencé par sensibiliser la communauté musulmane de notre quartier sur l'importance de l'acte qu'elle est appelée à poser. Ainsi, chacun, selon ses moyens, a compris la nécessité d'apporter sa pierre pour l'édification de cette oeuvre. Certaines personnes ont émis des réserves quant à la gestion des fonds qui seront recueillis. Il n'a pas été facile de trouver un trésorier. Je me suis alors proposé comme trésorier, et les aines n'y ont trouvé aucun inconvénient.
Je me dois ici de féliciter les femmes musulmanes de williamsville qui ont déployé et qui continuent de déployer une grande énergie pour rassembler des fonds.
Depuis donc trois ans, c'est avec un réel plaisir et une grande fierté que nous voyons avancer les travaux du chantier. Au fur et à mesure que les travaux avancent, nous faisons régulièrement, et dans la plus grande transparence, le point de la situation financière.
Notre souhait aujourd'hui est de voir cette mosquée disponible d'ici le mois de Ramadan. C'est en tout cas, le souhait de tous les musulmans de williamsville que je salue publiquement.
C'est également le lieu de lancer un vibrant appel à tous les musulmans du pays pour qu'ils nous viennent rapidement en aide, parce que cette mosquée est aussi la leur. Comme toute mosquée, elle n'appartient pas seulement à ceux qui l'ont construite. La preuve, nous accueillons tous les vendredi, des fidèles musulmans habitant les autres quartiers d'Abidjan. Cela nous fait énormément plaisir...
Les différents quêtes que nous faisons quotidiennement ne suffissent pas à terminer les travaux. Il en faut un peu plus.
Récemment, un de nos frères qui a requis l'anonymat a offert plus de 2.350.000 F comme contribution personnelle. Nous demandons aux autres membres de la communauté musulmane de Côte d'ivoire qui ont des moyens suffisants de suivre cet exemple.
C'est vrai que les temps sont difficiles, mais nous savons que certains de nos frères et soeurs financièrement nantis n'ont pas encore compris la nécessité d'investir dans une oeuvre d'une grande piété comme la construction d'une mosquée. Nous le regrettons, et nous leur demandons de se ressaisir pendant qu'il est encore temps.
Une chose est certaine : leurs fortunes ne les suivront pas dans la tombe. Dieu saura récompenser les siens, quand viendra le jour du jugement dernier. »
T.M.F.
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PROVOCATION
REPONSE à J.M. ADIAFFI
Fraternité Matin du 26 Novembre 1993, en page 16, publiait sous le titre «un seul Dieu, plusieurs cultes», des extraits d'une interview de Monsieur J.M. ADIAFFI.
<< On reconnaît la futilité de quelqu'un à ce qu'il parle des choses qui ne le concernent pas et à ce qu'il informe sur à propos des quels on ne l'a pas interrogé. >> calife
Un des sous-titres «Islam et Fanatisme» a retenu mon attention. Non pas tant qu'il fait original, l'idéologie ambiante ; celle qui est à la mode, ayant définitivement scellé les mots Islam et Fanatisme dans des liens prétendus dériver de la «Vérité Biblique» avec tout un cortège d'acceptations et des annotations infamantes, sensées être incontestables ! Mais plutôt parce que j'étais intéressé, à priori, par les réflexions de quelqu'un, présenté volontiers comme un grand écrivain africain, plusieurs fois lauréat de prix littéraires ; réflexions appliquées à l'un des thèmes les plus discutés (?) de ces dernières années, souvent avec, du moins une égale «passion et ... fanatisme».
Ma curiosité, en l'occurrence se résumant en ces quelques interrogations. Qu'en pense-t-il ? Va-t-il enfin donner l'occasion à ses lecteurs d'en savoir un peu plus, un peu différemment sur ce sujet, lui qui a, comme instrument privilégié de travail, la raison fondée sur les qualités de réflexion, de culture, d'ouverture d'esprit et d'honnêteté intellectuelle du chercheur ?
Eh bien, non ! Très vite, il a fallu déchanter ; mes dispositions favorables allaient se dissiper aux tous premiers mots d'un «développement» qui s'avérait en réalité n'être qu'une juxtaposition, sans référence aucune, de sentences péremptoires, définitives, rejetant d'emblée le moindre doute, ce doute méthodique cartésien dont on se réclame par ailleurs.
Lisez plutôt : «L'ISLAM ET LE FANATISME»
Je n'accepte pas le concept du Grand Nord. Et cela je le dis en tant que nationaliste ! Le grand Nord ne veut absolument rien dire pour la bonne raison que les peuples senoufo et bambara ne sont pas totalement islamisés. Dans cette région l'identité culturelle africaine est conservée. Du moins dans certains îlots. Et c'est justement dans ces îlots qu'on rencontre de grands créateurs d'oeuvres d'art. Si les Sénoufo étaient complètement islamisés à quelle signification auraient répondu les toiles de Waraniène et de Fakaha et les masques senoufo ? L'Islam est une religion étrangère, une religion de conquête ! Bien plus c'est une religion qui cultive le fanatisme. L'Islam fait peur pour son fanatisme ! S'il pouvait avoir un Islam rénové qui peut séparer la religion de l'Etat ce serait une bonne chose !
Les Musulmans de Côte d'Ivoire sont en train de s'organiser ! Et je suis sûr qu'ils seront plus tard tentés de nous imposer une ligne de société islamique où la charia fera la loi. C'est très inquiétant pour nous !»
La question que d'emblée je voudrais poser à Mr ADIAFFI est celle-ci : Monsieur, quelle est ici, votre contribution à un débat si important, par rapport aux propos de «café du commerce» qu'on entend de la bouche de n'importe quel quidam, pris au hasard dans le premier maquis venu ?
Devant l'insoutenable légèreté d'affirmations assenées avec tant d'apparente sérénité, c'est un malaise qui étreint, le lecteur, surtout, lorsque ce dernier a une certaine idée de ce que devrait être la fonction de l'intellectuel dans la société : une fonction de guide des consciences, de poseur de balises, d'éclaireur de pistes nouvelles pour la pensée, de planteur de jalons, de releveur de pièges, à l'attention du commun ; toutes choses étant susceptibles de leur faciliter le discernement, l'esprit de relativisation et de mesure, si salutaires face aux agressions médiatiques, au magma «d'informations» qui inondent le «village planétaire» que nous habitons.
Loin de moi, au demeurant, l'idée d'ouvrir une ... guerre d'opinion ou de doctrine. D'abord, cela n'est ni le lieu, ni même opportun d'engager un débat aussi sérieux. Principalement, parce que Monsieur ADIAFFI, au stade où il en est de son élévation intellectuelle, n'a hélas pas encore eu le temps ni le loisir de lire, comme cela, en passant, les éléments d'informations vraies sur une religion qui, excusez du peu, concerne au bas mot plus de 2 milliards d'êtres, sur les 3 que compte l'humanité. Religion dont le prophète a suscité à la pensée de LAMARTINE (Auteur que Mr ADIAFFI connaît sans doute mieux, car faisant «naturellement» partie de son bagage intellectuel), ces écrits qui se suffisent à eux-mêmes :
«LA GRANDEUR DU PROPHETE
Voici ce que Lamartine dit du prophète Mohammed (PSL)
« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens et l'immensité des résultats sont 3 mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mohammed (PSL) ? Les plus fameux n'ont remué que des armes, des lois, des empires. Ils n'ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des âmes, des législations, des empires, des peuples, des dynasties des millions d'hommes sur un tiers du globe habité (...) Il a fondé sur un livre (le Coran) une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toute langue et de toute race et il a inspiré pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu UN et Immatériel (...) philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier conquérant d'idées, restaurateur des dogmes rationnels d'un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d'un empire spirituel, voilà Mohammed (PSL). A toutes les échelles où l'on mesure la grandeur humaine, quel Homme fut grand ?» (1)
J'en passe et de meilleurs. Or entre «l'opinion» de Mr ADIAFFI et les produits de la pensée d'un Lamartine, qui, l'on en conviendra aisément, a marqué son époque de la profondeur, de l'ampleur et de l'envergure de son oeuvre, le choix de ce qui était jusqu'ici ma sympathie, le cédera, malheureusement pour lui, à celui de ma raison. Sans l'ombre d'une hésitation !
En effet, l'un parle de ce qu'il ignore manifestement, l'autre de ce qu'il a pris le soin d'analyser dans la pure tradition de l'honnête intellectuel qu'il est.
Passée donc cette première réaction à l'article de Mr ADIAFFI, je me suis, enfin, livré à un petit exercice scolaire : j'ai studieusement «mis à la forme négative» chacune des sentences dont notre savant semble si pénétré.
Et croyez-moi, si vous le voulez, voici, miraculeusement, que s'esquisse pour moi, un début d'intelligibilité de son texte, si l'on le pose comme un début d'approche du message de l'Islam.
Du moins, est-ce la conclusion à laquelle j'arrive, si je les compare aux écrits de ses pairs, grands intellectuels Européens qui eux, se sont un peu intéressé, humblement, à l'essence du message coranique. Ces intellectuels dont le Chef de file, Roger Garaudy me semble être un digne représentant de la pensée contemporaine. On se référa utilement aux Actes du 1er Congrès des Musulmans Européens ; les 19, 20, 21, juillet 1985 à Seville. D'ailleurs, à Mr ADIAFFI et autres célèbres auteurs Ivoiriens, aux maître Faustin Kouamé, aux Marcel Amondji et consorts, qui a n'en point douter, passent une partie importante de leur temps dans les plus illustres bibliothèques à travers le vaste monde, je me permets cette recommandation : Il ne faudrait surtout pas manquer de visiter, à l'occasion, les rayons «Islam» s'ils tiennent tant à continuer de s'exprimer sur cet ineffable thème ; ils y trouveront peut-être les chefs qui leur donneront accès à la compréhension des évènements de ce siècle et des temps à venir (amen) ; à méditer pour ceux qui «sauront lire les signes et y réfléchir».
Sans rancune, mais au contraire, avec beaucoup d'espoir pour leur édification personnelle et à travers eux à l'intention des nombreux lecteurs qui se réfèrent à eux pour la formation de leurs opinions sur les choses de ce monde.
P.S : Quand à l'amalgame avec le dit «concept du Grand Nord», cela est tout simplement consternant. Et n'appelle de ma part aucun commentaire sauf une profonde et triste commisération pour la pauvreté de la vision nationale qu'il trahit.
(1) Extrait : Lamartine, Histoire de la Turquie 1854.
KANTE SIDDIQUE
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PROVOCATION
Je parle beaucoup sur la forme sur des sujets >> Calife Ali.
«Mieux vaut une ignorance qui se sait qu'une ignorance qui s'ignore».
Or donc les musulmans de Côte d'Ivoire font peur aux autres couches sociales du pays. Sinon comment comprendre les attitudes haineuses à leur endroit ? Pourquoi tout ce branle-bas dans certains Etat-majors culturo-politico-religieux. Qu'est-ce qui a bien pu piquer le philosophe - Bossoniste J.M. ADIAFFI pour qu'il se répande en élucubrations en vociférations à l'encontre des musulmans ? Est-il à la recherche d'une publicité ? Où est-ce encore une crise de croissance intellectuelle ? Hier, l'on voyait à travers la prise de position de Mr BALLA KEITA sur l'intervention de Mgr YAGO une guerre entre chrétiens et musulmans. A cette époque la presse de gauche en avait fait son cheval pendant un mois. Ensuite ce fut Mr Marcel AMONDJI qui s'attaquait aux musulmans dans le Journal TERE n° 58 du 09-05-1992 à travers la critique du livre de Mr Koulibaly Mamadou professeur agrégé à la faculté des sciences économiques. Plus récemment dans le Réveil-Hebdo n° 2 était encore écrit des inexactitudes sur l'Islam. Que dire de toutes ces transes collectives des gens dits intellectuels. Est-ce l'ignorance ? Ou bien est-ce une malhonnêteté intellectuelle ? Si c'est l'ignorance, nous disons que cela est grave, car un penseur contemporain a dit que «mieux vaut une ignorance qui se sait qu'une ignorance qui s'ignore.» Quand on est ignorant et que l'on ne sait pas qu'on l'est, on devient un danger public. Et pourtant, nombreux sont les ignorants qui ont pu, par la recherche et l'action atteindre le niveau des savants et se sont mis à semer l'ignorance et les ténèbres dans le monde. Notre ami ADIAFFI est certainement à côté d'eux. Pour paraître bien aux yeux de ses disciples, «Monsieur tout le monde» se croit obligé de parler de l'Islam en mal. «Monsieur tout le monde» ne sent un véritable soulagement qu'après avoir répandu sa bile sur les musulmans. Est-ce que Monsieur ADIAFFI se rappelle-t-il de ce qu'il a dit lors du passage de Mr GARAUDY à Abidjan pendant l'année scolaire 1985-1986 au C.C.F. ? Rafraîchissons-lui la mémoire : Voici ce qu'il a dit «S'il veut embrasser une religion, c'est l'Islam.» ça, c'était pour le rappel. Lorsque ADIAFFI affirme que «les peuples Sénoufo et BAMBARA ne sont pas totalement islamisés», sur quoi se base t-il ? Sait-il que deux sénoufo ou deux Bambara sur trois sont musulmans, et que le singleton qui reste est partagé entre les chrétiens et les bossonistes ? Le problème aujourd'hui n'est pas d'aller regarder les toiles de Waraniéné de Fakaha et les masques sénoufo mais de s'interroger : Quelle est leur contribution à l'évolution morale, sociale, économique, politique et spirituelle de la communauté nationale. Si par contre ces objets servent à satisfaire le désir insatiable des touristes repus en mal d'exotisme alors arrêter de nous distraire.
Mr J.M. ADIAFFI comment expliquez-vous la pénétration de l'Islam dans les contrées les plus reculées de notre pays. Comment interprétez-vous que les bossonistes aient cédé du terrain à l'Islam ? Certainement pas par la force comme vous semblez l'affirmer. Avez-vous des preuves que l'Islam dans son fondement est une religion qui cultive le fanatisme. A la lecture de cette phrase j'ai eu la chair de «Bosson» parce que c'est une affirmation grave. Elle est grave parce qu'elle vient de quelqu'un qui a apparemment assimilé les méthodes cartésiennes. Mais à la pratique l'on se rend compte que lorsqu'on est obnubilé par la mauvaise foi, on perd ses pédales cartésiennes. Qu'est-ce que notre philosophe fait de cette pensée de son maître Descartes : «La diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien». Un conseil à Mr ADIAFFI : Lorsque vous entreprenez des recherches relatives aux vérités de l'esprit, vous devez procéder d'une manière compatible avec l'objet de vos investigations. Et si la Foi vous manque, vous aurez l'esprit suffisamment ouvert pour observer les normes de la pensée rationnelle.
Celui qui s'intéresse sincèrement à la religion devrait l'aborder de manière scientifique, c'est-à-dire sans idées préconçues comme malheureusement c'est le cas le plus souvent. Et il ne tardera pas à obtenir les résultats que tout chercheur attend de ses études. Mr ADIAFFI relisez ce que veut dire la charia et vous aurez moins peur. A suivre toutes ces diatribes on a l'impression qu'il y a des gens qui voudraient cantonner les musulmans dans un ghetto religieux et les exclure du forum national où ils pourraient exprimer l'aspiration de leur communauté. L'Islam refuse de prendre l'homme en pièces détachées.
MAROUF YEO
PRESENTATION DES CONDOLEANCES DU CONSEIL NATIONAL ISLAMIQUE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, SON EXCELLENCE HENRI KONAN BEDIE A L'OCCASION DU DECES DU PRESIDENT FELIX HOUPHOUET-BOIGNY.
Monsieur le Président de la République, HOUPHOUET est mort, la COTE D'IVOIRE est veuve, les Ivoiriens sont orphelins.
Au petit matin du 7 Décembre dernier, le destin de notre pays s'est arrêté un court instant. Il s'en est allé, celui qui, un demi-siècle durant, a incarné, pour sa Patrie, les vertus de sagesse, de pragmatisme, de générosité et de foi.
Il s'en est allé, celui qui est entré vivant dans la légende. Il s'en est allé «rassasié de jours» ; il s'en est allé parce que Allah en a décidé ainsi ; parce qu'il n'est donné à aucun fils d'Adam, à aucune fille d'Adam, d'accéder à l'immortalité ici bas. DIEU le rappelle opportunément au Prophète dans le Coran : «Tu mourras ô MOHAMMED, et eux-aussi ils mourront».
La mort est sans doute un événement douloureux qui nous sépare des êtres chers, mais les croyants la supportent parce que cette mort ouvre sur l'espérance d'une vie future. Faut-il rappeler : «Vouloir ce que DIEU veut, est la seule science qui nous met en repos».
Monsieur le Président, vous le savez, l'illustre Défunt avait une place particulière dans le coeur des Musulmans de ce pays ; une longue histoire les lie ; une histoire faite essentiel-lement de tolérance et de respect mutuels. Tolérance et respect fondés sur la foi.
Aujourd'hui, nous sommes profondément attristés par la disparition du PRESIDENT HOUPHOUET-BOIGNY, mais nous restons sereins et dignes comme il convient aux hommes de foi. Nous joignons nos prières à celles de tous les Ivoiriens et demandons au Tout-Miséricordieux de considérer notre douleur et de récompenser son esclave selon la valeur des oeuvres qu'il a accomplies ici-bas.
Dans cette épreuve qui est commune, mais parce que vous avez désormais les responsabilités de l'Etat, nous sommes venus vous dire notre compassion et vous exprimer, au nom de la communauté Musulmane, nos condoléances les plus sincères. Acceptez-les pour vous-même, pour la famille du défunt, pour votre Gouvernement et pour la Nation Ivoirienne.
La Côte d'Ivoire a vécu cette épreuve dans la dignité et la responsabilité ; c'est sans doute le signe d'une certaine maturité.
Monsieur le Président, vous avez reçu en héritage une nation en devenir. La Côte d'Ivoire est composée d'ethnies et de confessions venant d'horizons divers.
L'intégration harmonieuse de ces différences dans le respect et la tolérance mutuels pour faire germer «une commune volonté de vie commune» nous semble devoir être l'axe prioritaire de votre action.
Une nation ne peut prospérer que dans la paix.
Comme nous l'avons toujours fait, nous soutiendrons toute politique qui garantit la justice et le respect de la différence.
Vous le savez, Monsieur le Président, la communauté Musulmane, depuis quelques temps, est l'objet de provocations répétées de la part de certains journaux de la place ou de certains individus qui croient servir, comme les nazis du 3ème Reich, une certaine pureté ethnique ou confessionnelle, ceux-là sont des inconscients qui jouent avec le feu.
On n'hésite plus à qualifier tous les Musulmans d'intégristes. L'ancienne équation : Islam = fanatisme, inventée, diffusée et imposée par l'Europe médiévale est désormais remplacée par : Islam = intégrisme. Gardons notre beau et paisible pays de ces attitudes réductrices où l'ignorance le dispute à l'irresponsabilité. Arrêtons de crier au loup.
Les musulmans de Côte d'Ivoire ont depuis longtemps prouvé leur fidélité, leur respect des lois républicaines, leur tolérance. Ce qu'ils souhaitent ardemment et recherchent patiemment, c'est la justice. La justice est en effet une des vertus cardinales de l'Islam. Le Coran proclame : «DIEU ordonne la justice et la bonté». Le prophète confirme : «Un empire peut prospérer avec l'infidélité mais jamais avec l'injustice».
Monsieur le Président, nous saluons avec beaucoup d'espoir, la création d'un Ministère d'Etat chargé de l'Intégration Nationale. Dans notre entendement, ce Ministère doit oeuvrer à l'avènement d'une véritable nation où tous les citoyens, sans distinction d'origine ou de croyance, se sentent concernés par le même destin. Alors la Côte d'Ivoire sera une grande nation, riche de sa pluralité et de ses différences.
Monsieur le Président, voilà un défi majeur que nous sommes disposés à relever avec vous. C'est l'occasion de vous exprimer toutes nos félicitations pour votre accession à la magistrature Suprême. Des tâches urgentes et délicates nous attendent tous. L'hommage le plus éclatant que nous avons le devoir de rendre à Houphouet-Boigny, c'est de consolider son oeuvre et de la perpétuer pour le bonheur de nos enfants. Nous voici au terme d'un siècle où la science et le scientisme triomphants ont profondément bouleversé le destin de l'humanité ; en même temps qu'ils ont montré leurs limites. L'homme, sans Dieu est misérable.
Malraux a écrit : «Le 21 siècle sera spirituel où il ne sera pas».
LE PRESIDENT DU CNI
El Hadj KONE DRISSA KOUDOUSS
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INTERVIEW
INTERVIEW DE CHEIKH AHMED TIDIANE BAH
* ALIF : Quel comportement, les veuves doivent-elles adopter quand on sait qu'il y a quatre mois dix jours de veuvage ?
* IMAM Tidiane BAH (I. T. B .). On confond les traditions et la religion. Dans l'esprit de l'Islam le veuvage a pour objet de maintenir la ou les veuves dans un état qui n'attire pas les regards des hommes vers elle (s) pendant le temps déterminé (4 mois et 10 jours). Pendant ce temps la mémoire du mari est respectée et pour savoir si elle est ou non en état de grossesse. L'Islam a prescrit que la veuve doit rester à la maison pendant 4 mois et dix jours si elle a les moyens de subvenir à ses besoins ou si les parents de son mari ont les moyens de la faire vivre. Mais il n'est écrit nulle part qu'une femme qui travaille doit rester à la maison. Cela devient une tradition contraire à l'Islam. la Veuve ne doit pas porter des vêtements qui sont de nature à attirer les hommes. Pendant cette période on ne doit pas chercher à l'approcher ni lui faire une proposition de mariage, ni y faire une allusion. Il faut qu'on sache qu'elle est en état de veuvage pour que les hommes ne soient pas tentés de lui faire des avances de mariage.
* Alif : Lors de la première question, vous avez terminé votre intervention par une phrase qui est très importante pour moi. Vous avez dit que l'Islam aurait pu connaître un mieux être en C.I. si les musulmans s'entendaient. En tant qu'un des leaders de l'Islam en C.I. que préconisez-vous pour permettre aux musulmans aujourd'hui et plus que jamais de se retrouver et de s'entendre pour favoriser une meilleure évolution de leur religion ?
* Imam T. BAH : Tout le monde dans ce pays demande ou réclame la tranquillité. Quand les intérêts personnels se sont grevés à la religion il est difficile de parler d'entente. Nous avons une chance dans ce pays, c'est d'appartenir à la même philosophie Islamique. Nous nous réclamons tous du Sunnisme. Donc sur le plan doctrinal rien ne cous oppose. Cela est une chance extraordinaire. Ce n'est pas le cas dans d'autres pays. Nous appartenons presqu'à 85 % à l'école juridique malikité. Ce n'est que maintenant que l'école Hambalité a fait son entrée avec l'arrivée des pèlerins et des étudiants qui ont fait leurs études en Arabie Saoudite. Tout cela est facteur d'union. Comme je l'ai déjà dit l'homme a une ambition toute naturelle. Quand l'ambition vient se greffer à la religion, c'est la discorde. Surtout le dessein d'être leader, aveugle certains musulmans.
* Alif : Au cours de mes lectures j'ai pu lire qu'il semble que les voiles ne sont pas obligatoires. Celui qui a écrit l'article cite un verset du Coran dans lequel Dieu dit que les femmes doivent rabattre le voile sur leurs poitrines. Et que cela s'adressait seulement aux épouses du prophète ( Muhammed
SAW) cela m'a un peu intrigué. On a toujours dit que le voile est obligatoire pour les dames. Voilà qu'aujourd'hui je découvre une autre version. quelle est la vérité sur ce point ?
* AHMED T. B. C'est une erreur de la part de celui qui a fait cette analyse, parce que le Coran dit au prophète «Prophète dit à tes épouses et aux épouses des croyants de rabattre leurs habits sur leur poitrines. Donc le fait de se couvrir toutes les parties du corps est une chose obligatoire pour toutes les musulmanes. C'est une obligation absolue.
Par contre, ce qui n'est pas islamique c'est le Tchador. Le Tchador à l'origine, est une pratique iranienne. A un moment donné de l'expansion de l'Islam jusqu'en Iran, il a été demandé aux femmes de couvrir tout leur corps sauf leur visage et leurs deux mains. C'est ce qui est une obligation islamique. Par extension ou par jalousie des arabes, ils l'ont imposé à leurs épouses uniquement dans les grandes villes. Dans les villages arabes aucune femme n'est couverte de voile. Ce n'est pas une obligation ; même en Iran l'Ayattolah Khomeni avant de mourir a dit que ce n'est pas une obligation. C'est bon de le faire parce que ça conserve bien la femme. En Arabie Saoudite, on soutient le contraire. La tradition a tellement duré dans ce pays, qu'on soutient qu'il faut porter le voile. Mais ce n'est pas une obligation islamique. Certains savants musulmans ont dit si vous voulez le maintenir, maintenez-le, mais ce n'est pas une obligation Islamique. Il faut que ça soit claire.
* Alif : Face à une telle situation on a l'impression que les problèmes des musulmans de façon générale et particulièrement de ceux de la C.I. découlent plus de l'interprétation des textes coraniques que d'autres choses ?
* A.T.B : Actuellement en C.I. ; il y a d'abord ceux qui ont fait le modernisme c'est-à-dire ceux qui ont eu la chance d'aller dans les universités arabes pour faire des études, eux ont une interprétation effectivement un peu différente de ceux qui ont fait leurs études sur place. Cela est certain. Je ne dis pas que ceux qui sont partis là bas ont toujours raison, non ! Il y a des questions sur lesquelles les gens d'ici ont raison. Mais dans la plupart des cas les deux écoles ont des analyses différentes des textes du coran ou des textes des Hadiths la différence fondamentale qui se trouve entre les deux c'est que ceux qui ont fait leurs études dans les pays arabes, argumentent toujours selon un texte coranique ou un texte d'Hadith. Alors qu'ici, les gens sont accrochés aux anciens ouvrages qui sont faits par des érudits à partir des textes du Coran et des Hadiths. Ce qui n'est pas une mauvaise chose le fondement étant le même. C'est ça la différence fondamentale.
* Alif : Les pratiquants sont souvent pris entre deux feux. Le croyant qui est confronté à une telle incertitude ne sait plus où donner de la tête.
* Alif : Comment arriver à rendre qualitativement la Dawa ? On assiste plus à des actions d'éclat qu'à des actions de qualité, parce que la maîtrise de l'Islam échappe à beaucoup de prédicateurs.
* I.A.T.B : C'est vrai ! la réalité est pire que ça. on trouve des prédicateurs qui n'ont aucune connaissance ou qui peuvent tout juste faire la lecture du Coran et qui s'auto-proclament Marabout. Parfois, ils n'ont étudié que des ouvrages élémentaires de droit musulman et ignorent la base élémentaire de l'Islam. Lorsque de telles personnes sont Imams, ils ne peuvent faire qu'une interprétation erronée du Coran et de l'Islam.
* I.A.T.B. : Cela est exact . dans les pays arabes il existe des centres de formation spécialisés pour la Dawa (prédication). Et ce n'est pas n'importe qui qu'on affecte dans ces Centres pour y apprendre la Dawa. Ici en Cote d'Ivoire, la Dawa exige une double formation :
1°) avoir une maîtrise parfaite du Coran,
2°) être pétri de connaissances scientifiques.
La raison est qu'il existe ici des musulmans et des non musulmans, des intellectuels et des non intellectuels. Quand on fait par exemple une conférence avec les intellectuels, ce n'est pas du tout la même chose qu'une conférence dans la mosquée. Il est parfois difficile de communiquer avec les gens de la mosquée. Il y a des gens qui sont spécialisées dans l'intervention dans les mosquées. Disons que j'ai eu la chance de suivre les deux formations. J'ai eu une formation ici d'abord avant d'aller de l'autre côté et puis, il y a longtemps que je suis sur place. Par contre ceux qui quittent fraîchement les écoles saoudiennes ont du mal à communiquer avec la masse. Il y a une barrière. A mon humble avis donc, pour être un véritable prédicateur, il faut maîtriser le coran et posséder quelques connaissances modernes. C'est absolument indispensable.
* Alif : Un danger guette les musulmans et les prédicateurs en particulier, c'est que certains d'entre eux arrivent à interdire à leur famille de suivre les émissions télévisées.
* I.A.T.B : C'est vrai que certaines personnes soutiennent que la Télévision est interdite. Et tenez-vous bien. Ce phénomène n'est pas particulier à la Cote d'Ivoire je ne sais pas si vous connaissez un des grands savants Musulmans du nom d'Hamidullah. De l'avis d'Hamidullah, la Télévision est interdite. Le prophète (Saw) a surtout interdit les statuettes, mais pas l'image en photo qui n'est qu'une reproduction. C'est pourquoi, beaucoup d'oulémas modernes pensent que la Télévision est négative par l'obscénité de ses images. A mon humble avis, on ne peut pas dire que la Télévision est interdite. Elle n'est qu'un instrument. Quand on prend par exemple un couteau, on peut l'utiliser dans les besoins domestiques et il est très utile. Mais on peut poignarder quelqu'un ou tuer tout un village avec. C'est l'usage qu'on fait d'un instrument qui [...]
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INTERVIEW
fait qu'il est interdit ou non. Quand on fait un mauvais usage de la Télévision, en ce moment là il est interdit. Mais quand on l'utilise pour véhiculer des messages, là, la télévision est très utile. Que cela soit ici ou ailleurs, c'est une minorité qui condamne la Télévision.
• Alif : Les photos décorant les salons sont-elles permises ? Je pose cette question parce que lorsque certaines personnes arrivent chez vous et voient une image de vous avec votre famille elles crient au scandale. C'est Haram !
• I.A.T.B. : Ces personnes font une confusion. A un moment donné, le monde musulman avait posé le problème de savoir si ou non la photo était interdite. Mais ce débat est clos de nos jours. Actuellement il existe en Arabie Saoudite des journaux avec des photos ou images. Quand vous entrez dans les salons saoudiens, les photos du Roi sont affichées partout. Ecoute bien cette illustration éloquente : J'ai un ami qui est venu me rendre visite de Daloa. il m'a dit ceci : «J'ai beaucoup de considération pour toi, mais tu as fait quelque chose qui m'a choqué».
- Quoi donc dis-je ?
- «j'ai vu ta photo dans un journal»
Ces propos m'ont tellement surpris que je n'ai pu trouver une réponse. Au moment de la prière de ASR, il ôté son grand boubou pour entrer dans les toilettes. Avant son retour, j'ai mis ma main dans sa poche et j'y ai enlevé tous les billets de banque qui portaient des images. A son retour nous avons prié ensemble. Après la prière, il a senti que son boubou est devenu léger. C'est alors qu'il m'interrogea :
- Quand je suis allé aux toilettes, es-tu sorti de la maison ?
- j'ai dit non.
- Est-ce qu'il y a quelqu'un qui est rentré ici ?
- j'ai dit non ! Personne n'est entré ici.
- Mais c'est curieux dit-il.
- Tu dis quoi donc ?
- J'avais 300.000 F (trois cent mille francs) dans ma poche qui ont mystérieusement disparu.
- Je lui ai dit que ça n'a pas disparu, ça y est avec moi. Il me dit.
- Rendez-les moi.
- Je dis non, pas question. Toi tu dis que les images sont interdites. Et tous ces billets de banque portent des images, je t'en débarrasse.
- (Rires aux éclats...)
- Seulement je n'y avais pas pensé.
• Alif : J'ai maintes fois été interpellé sur le problème du «Nansidji». Certains oustaz prétendent qu'ils ont lu des Hadiths qui l'interdiraient. Quelle est la vérité sur cette affaire ?
• I.A.T.B. : Le «Nansia» n'est pas interdit. Malheureusement vous ne parlez pas l'arabe. Sinon j'allais vous montrer un ouvrage de IBN Talbya qui est le grand Innovateur de l'Islam et qui a été à l'origine du plus grand mouvement sunnite, dont les wahabites se réclament aujourd'hui. IBN Talbya dit qu'il lui est arrivé quand les femmes étaient en difficulté d'accoucher de leur écrire du «Nansidji». Il n'y a aucun texte d'Hadith qui interdit le «nansidji».
• Alif : Nous ignorons le contenu réel des écoles juridiques. Quand un fidèle entre dans une mosquée et qu'il pratique un rite différent de celui de la majorité, il fait l'objet d'aversion et de condamnation de la part des autres, alors qu'ils ignorent le rite qu'il suit. Cela suppose qu'il faut une profonde connaissance des autres écoles même si nous ne les pratiquons pas.
• I.A.T.B : C'est tout à fait juste. Le problème est que l'Afrique de l'Ouest a reçu l'Islam à partir de l'Afrique du Nord. Le mouvement est don parti de l'Afrique du Nord en passant par le SAHARA avant d'arriver ici. Comme tous les noirs africains sont des malikites, c'est le rite Malikite qui a été transporté ici. Dans l'esprit des gens, la pratique que nous faisons ici, n'est pas celle d'une école juridique, mais c'est l'Islam. Ils n'ont jamais entendu parler des Imams MALICK, HAMBAL, CHAAFYI et HANAFI. Dès lors, tout ce qu'ils voient de contraire à leur pratique, ils le refusent et commencent à le critiquer.
En outre, ceux qui ont étudié en Arabie Saoudite, se mettent à critiquer ceux d'ici et à les condamner également.
Sachons que ce que nous faisons ici est une pratique d'une école juridique. Ce qui se fait en Arabie est aussi la pratique d'une autre école juridique. Il existe quatre écoles qui sont admises comme étant des écoles de SUNNA. Celui qui appartient à l'une de ces 4 écoles est considéré comme étant dans le bon chemin. C'est là le véritable problème. Nous n'avons pas reçu le rite Malikite comme étant un rite exclusif. Sachons également qu'il existe d'autres rites que nous ignorons. Si on avait reçu l'islam de cette manière, on ne serait pas choqué.
Dans les pays arabes par exemple, du fait de l'instruction généralisée, ça ne pose aucun problème. Vous pouvez entrer à la KAABA pour faire votre prière bras croisés ou bras ballants et n'attirerez l'attention d'aucune personne, parce que chacun sait qu'il y a des rites qui prient bras croisés et d'autres qui la font bras ballants. Chacun des rites est fondé sur le Coran et la Sunna du Prophète Muhammad (SAW). En fait qu'est-ce qu'une école juridique ? Chaque école juridique en se fondant sur le Coran et la Sunna a élaboré une voie d'adoration de Dieu. C'est cette voie d'adoration qui est l'école juridique. Les fondateurs des écoles juridiques se connaissent et se reconnaissent mutuellement. L'imam CHAAFYI a été l'élève de l'imam MALICK.
• Alif : Il existe donc des recoupement entre les différentes écoles....
• I.A.T.B. : Et ce qui est important ce n'est pas sur la doctrine, ni sur les principes fondamentaux de l'Islam, que les écoles divergent, mais uniquement les petits détails pratiques.
• Alif : Les écoles juridiques sont-elles différentes des Tariqa ?
• I.A.T.B. : La tariqa n'est pas une école juridique. C'est une voie spirituelle. Tous les fondateurs de Tariqa appartiennent à une école juridique donnée. Par exemple Cheick Ahmed Tidiane appartenait au rite Malikité. Abdoul Kadre Djélalli, le grand Patron de la Qadria appartenait à l'école Hambalite. La Tariqa est une dimension intérieure de l'Islam qui n'a rien avoir avec les écoles juridiques.
• Alif : Les mèches féminines sont-elles admises en Islam ?
• I.A.T.B. : Non ! Ce sont les cheveux d'hommes qui sont interdits. Mais lorsque les mèches proviennent de fibres végétales elles sont permises.
L'Islam considère que tout ce qu'on enlève d'une personne est considéré comme mort. C'est pourquoi, quand on se coupe les ongles ou les cheveux, il faut les enterrer.
• Alif : Le Chiisme serait-il une école juridique ?
• I A T B Non ! Le chiisme en lui-même n'est pas une école juridique. Mais le chiisme a deux écoles juridiques. Ce sont l'école Jafarite (la plus répandue) et l'école Judite qu'on rencontre au Yémen uniquement. Le chiisme si vous le voulez bien, c'est là qu'on peut parler de différence avec le sunnisme. Au départ il y avait une divergence politique sur la personne qui devait succéder au Prophète Muhammad (SAW). L'avis des chiistes est que c'est Ali qui devait le remplacer et que le prophète l'aurait nommément désigné. Les autres qualifes sont à leurs yeux des usurpateurs.
La divergence est don partie de là. Chez nous ici il n'y a pas de chiisme à l'exception des libanais et des étudiants qui étudié dans les écoles chiites.
• Alif : J'ai eu à discuter avec des Ahmadyya qui se plaignent de ce que nous les considérons comme des non musulmans alors que nous traitons avec les chiites qui eux à leur tour les considèrent comme des non musulmans, parce que dans certains appels à la prière, ils utilisent le nom d'Ali dans certains passages. Que par rapport à ça ils se renient.
Quelle est la vérité ?
• I A T.B. : Les chiites n'ont pas mis un principe fondamental de l'Islam en cause. Ni sur le plan doctrinal ni sur la notion de Dieu ni sur la conception du message et de la prophétie et de l'au-delà. Sur ces points chiisme et sunnisme s'accordent. Il est vrai que chez les chiites quand ils font l'appel à la prière, lorsqu'ils finissent de prononcer le nom du prophète ils ajoutent celui d'Ali (waliyoullah = le saint).
J'ai discuté avec un grand Mufti en 1978 à Béyrouth, et je lui ai demandé, pourquoi vous ajoutez le nom d'ali pendant l'AZAN ? Il m'a répondu que ce qui est certain, du temps du prophète, ça n'existait pas, et que ce n'est pas une obligation de l'ajouter. Je lui ai posé la question suivante :
- Est-ce qu'Ali est waliyou ou non ?
Il m'a dit que cela ne se discute pas. Tout le monde est unanime que l'Imam Ali est un Waliyou. Et s'il est waliyou est-ce qu'il y a un mal à ce qu'il soit proclamé ?
Le mal est que vous l'avez placé là où il ne devrait pas être lui-répondis-je.
Il me dit, de toute façon ce n'est pas une obligation. Il ne faut donc pas se baser sur ce fait pour dire qu'ils ont renié l'Islam. C'est un détail.
Le fait de ne pas se conformer à une sunna, ne veut pas dire qu'on va la réduire. Contrairement aux chiites, les Ahmadiya ont mis des principes fondamentaux de l'Islam en cause. Ils ont dit et écrit que le prophète Muhammad n'est pas le dernier prophète, et que ce dernier exagère. Qu'il peut avoir des prophètes et qu'il y a eu des prophètes après lui. (à suivre)
Interview réalisée par OUATTARA Issouf
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JURIDICTION
LES ECOLES JURIDIQUES DE L'ISLAM (Suite)
Nous avons vu auparavant qu'omar (le 2ème caliphe du prophète avait confié le prototype du Coran à sa fille, la veuve du prophète Mohammed).
A la mort du caliphe Omar son successeur OUSMANE constata que dans le monde musulman circulait une multitude de textes coraniques incontrôlables et contenant souvent des inexactitudes.
Le troisième caliphe OUSMANE estima qu'il était urgent de mettre fin à cette situation anarchique qui était susceptible de compromettre à jamais l'authenticité de l'écriture coranique, la pureté et l'unité du dogme, et de diviser les musulmans. Il emprunta à Hafsa la copie du coran établi sous Aboubakar qu'il réunit comme document de base remit à une commission de travail composée d'éminents récitateurs et conservateurs du coran qu'il chargea de procéder à une recension du saint livre.
Cette commission était composée encore du même Zaid b. Thâbit, Abdalla B. Zubair, Sa'dd As, et Abdr-Rahman b. El-hârith. Ousmane demande à Hafsa la copie du Coran, et la commission créée spécialement pour procéder à une recension du livre s'en servit pour faire son travail.
Cette commission bien que réduite par rapport à la première était composée du même Zaid ben thâbit, Abdallah ben Zoubaïr Sa,dd-As, Abd-r-Rahm b-Hârith.
Ce corpus fut reproduit en plusieurs exemplaires qui furent envoyés dans les diverses provinces de l'empire musulman. Après avoir confié le travail à ladite commission, le caliphe Ousmane retourna à la veuve du prophète la copie du coran qui a servi comme document de travail. Et depuis cette époque jusqu'à la fin du temps le monde musulman n'a qu'un seul et unique livre appelé le coran.
Pourquoi les écoles juridiques ?
Il faudra expliquer pourquoi ces écoles ne virent le jour qu'après environ un siècle après la mort du prophète. Tant que le prophète vivait et enseignait à ces compagnons le sens du coran et répondait aux questions par le biais des actes et des paroles. On allait vers lui à chaque fois que le besoin se faisait sentir pour comprendre un mot dans le coran. L'ensemble des paroles et des actes du prophète furent recensés et compilés en un document qui constitue sa tradition, sa sunnah-ou les hadiths.
Les hadiths ou la Sunnah sont la deuxième source de l'islam après le coran.
L'importance des Hadiths dans l'Islam
Pour les musulmans le prophète Mohammad (PSL) n'est pas seulement un envoyé de Dieu mais il est le modèle à imiter et à suivre. Dieu ne dit-il pas en parlant de lui dans la sourate 59 au verset 7
« Ce que le Messager vous donne, prenez-le et ce qu'il vous interdit, abstenez-vous en.
Et dans le sourate de l'Etoile-chapitre 53 verset 3.
«Il ne prononce rien sous l'effet de la passion, ce n'est en fait qu'une révélation.»
Les premiers musulmans se mirent à enregistrer toutes les paroles avec un grand enthousiasme.
Les Hadiths sont relatifs aux règles juridiques, aux préceptes moraux, aux indications d'ordre rituel, traitant de la commodité de la prière rituelle, de l'invitation au repas de noces, de la façon de satisfaire ses besoins naturels, de la justice de l'usage du cure-dents, des compétitions en matière de tir à l'arc, du sauf-conduit à donner à certains infidèles, de l'interdiction pour l'homme de porter des anneaux d'or ou d'argent de la loi du talion, de la façon de traiter les animaux, de l'interdiction de manger du porc, de boir des boissons enivrantes etc...
La sunnah en tant que source juridique
Il devient donc clair pour nous que la sunnah fut savamment exploiter par les exégètes du coran, les juristes, les théologiens de l'islam.
Bokhari-et Moslem
Le nombre de hadiths attribués au prophète Mohammad dépasse de centaines de millions. Mais les hadiths réputés pour authentiques sont la compilation de l'imam El-Bokhari. La science du hadith fournit des critères pour distinguer une tradition fausse d'une tradition vraie ou vraisemblable, eu égard à sa transmission ou à son contenu. Même à ce niveau précis, il est à noter que même lorsqu'elle est retenue, le degré de son authenticité est variable allant de l authenticité irrécusable (Sàhih) jusqu'au rejet (Mawdû) D'où un classement des hadiths d'après le degré de leur véracité qui atteint le nombre de quarante quatre.
Plusieurs collections de hadiths furent ainsi constitués d'une inégale valeur. Six d'entre elles ont fini par jouir d'une autorité religieuse qui les placent en tant que sources, immédiatement après le coran, ce sont par ordre d'importance et de valeur.
1 - As-Sahih (Authentique Mohammad. Al Blukhari (mort en 256 h / 870 de l'ère Chrétienne)
2 - As-Sahih (Authentique) du Muslim (mort en 261/765)
3 - As-Sunan de Sulayman Abu Dawud (M. en 275/888)
4 - AL-Fawà-id de Tirmidhi- (M. 278/892)
5 - AL-Musnad' de Ahmad b. Hanbal (M. en 241/856)
6 - As-Sunan d'Ahmadn' Nasâ i, (M. en 303/915)
D'autres recueils sont à citer, en raison de leur importance dû à des auteurs renommés c'est le cas par exemple de Malik b. anas (M. en 179/795) qu'est ainsi l'un des fondateurs des quatre écoles juridiques du monde sunnite que nous allons rencontrer plus tard.
LA NAISSANCE DES ECOLES JURIDIQUES DANS L'ISLAM
Sous les premiers caliphes, on faisait appel, pour résoudre certains problèmes, lorsque le coran et la tradition ne fournissaient aucune indication à l'avis des compagnons du prophète et on décidait d'après leur accord. Il en fut de même durant les deux générations de musulmans suivant (At-tabirn, wa tâbi u-t-tabin). C'est cet accord qui donna la naissance à ce qu'il est convenu d'appeler (l'ijmâ) Dans l'islam, les savants sont considérés comme les héritiers légitimes de la pensée des prophètes.
L'extension des règles appliquées à un cas ou à d'autres cas semblables est de faire le raisonnement analogique (qiyàs).
UNE QUATRIEME REGLE METHODOLOGIQUE
A défaut de toute possibilité de mettre à contribution les sources écrites (naql) c'est à dire le coran et la tradition, l'accord des docteurs ou l'analogie, on s'est vu dans la nécessité de recourir à la libre opinion personnelle (rây). En plus de ces cinq sources, il fallait bon gré, mal gré faire appel à l'intérêt général comme appui méthodologique (Istis-hâb) etc..
Malgré l'abondance et la force démonstratives dont jouit chacune des règles méthodologiques sus-indiquées ne manqua pas de soulever entre les docteurs de l'Islam des controverses et d'ouvrir à la jurisprudence des voies (Madhâhib) plutôt parallèles que divergente doctrinalement parlant.
à Suivre
M.L. KABA
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PROPHETE DU MOIS
Le Prophète SALOMON (Souleymane)
LE PROPHETE SALOMON (Souleymane)
Salomon (Souleymane) est le fils du prophète David, et un des descendants du prophète Abraham.
Salomon était juste et avait une grande sagesse. Il fut choisi, par Dieu, comme prophète et roi pour les israélites.
Salomon aimait beaucoup faire la prière et demander pardon à Dieu. Un jour, avant de faire la prière de l'Asr, Salomon était en train d'examiner et d'admirer ses magnifiques chevaux. Le soleil se coucha, l'heure de la prière passa sans que Salomon ne s'en rende compte. Soudain, il se souvint de la prière, il ordonna à ses hommes de rentrer les chevaux dans les écuries. Il était si attristé de cet oubli, qu'il demanda à ses hommes de lui ramener les chevaux. Il les égorgea tous, et distribua la viande aux pauvres. Puis il demanda pardon à Dieu d'avoir fait la prière de l'Asr après le coucher du soleil.
LA MALADIE DE SALOMON
Salomon tomba malade, il fut très affaibli. Mais il était patient, il s'abandonna à la volonté de Dieu durant toute sa maladie. Salomon priait Dieu, et lui demandait de le guérir. Alors Dieu l'a guéri.
Salomon remercia Dieu et le pria de lui donner un royaume sans égal. Dieu lui accorda ce qu'il avait demandé : Il donna l'ordre au vent d'obéir à Salomon. En effet, le vent soufflait selon l'ordre de Salomon.
Dieu lui fit couler une source de cuivre et Salomon l'utilisait pour la construction et autres fabrications. Dieu ordonna aux djinns d'obéir à Salomon, il les employait pour tous les travaux : Les diables lui construisaient des châteaux, des mosquées, d'énormes marmites et des statues. Ils plongeaient au fond des mers, pour chercher des perles et des pierres précieuses. Ceux qui lui désobéissaient étaient attachés avec des chaînes en fer.
Dieu apprit aussi à Salomon le langage des oiseaux et des animaux. Un jour, Salomon et son armée de djinns, d'hommes et d'oiseaux qui volaient au-dessus d'eux, passèrent dans une vallée pleine de fourmis.
Une des fourmis vit Salomon et ses soldats, elle eut peur que les autres fourmis soient écrasées, elle les avertit et leur demanda de rentrer dans leur fourmilière. Salomon entendit ce que la fourmi avait dit, il sourit avec joie, remercia Dieu pour ses bienfaits et le pria de l'aider à faire le bien.
SALOMON ET LA REINE DE SABA
Un jour, Salomon passa en revue l'armée des oiseaux. La huppe était absente, sans en être autorisée par Salomon. Celui-ci s'est fâché et décida de la punir sévèrement ou de l'égorger, si son absence était sans motif. Peu après, la huppe est revenue, s'est présentée devant Salomon, et lui raconta tout ce qu'elle avait vu dans le royaume de Saba, au Yémen.
Le peuple était gouverné par une reine, elle avait une énorme fortune, et un magnifique trône. Encore toute étonnée, la huppe raconta que ce peuple adorait le soleil et non pas Dieu unique. Salomon voulut une confirmation des dires de la huppe. Il écrivit une lettre à la reine de Saba, l'invitant à se soumettre à Dieu unique, et à se rendre à lui. Puis il ordonna à la huppe de faire parvenir cette lettre à la reine, et de se cacher pour voir ses réactions.
La huppe alla au Yémen, et remit la lettre à la reine de Saba. Elle l'a lue, puis à convoqué ses conseillers. Ceux-ci la rassurèrent sur leurs forces et lui laissèrent la liberté d'agir. La reine eut peur que Salomon ne détruise son royaume, alors, elle décida de lui envoyer un superbe cadeau, et attendre pour connaître sa réaction.
Les envoyés de la reine allèrent chez Salomon et lui présentèrent le cadeau. Mais Salomon le refusa, et leur dit qu'il ne désirait pas leurs richesses, car Dieu lui avait donné un royaume unique au monde. Puis Salomon leur fit savoir qu'il les combattrait s'ils ne se soumettaient pas à Dieu unique, et se rendaient à lui.
Les envoyés de la reine rentrèrent dans leur pays, et informèrent la reine de la décision de Salomon. La reine se rendit compte de sa force et décida de lui obéir. Salomon était sûr que la reine lui obéirait. Il ordonna aux diables de construire un magnifique palais de cristal pour la recevoir, puis il demanda aux chefs des armées de lui apporter le trône de la reine avant son arrivée. En un clin d'oeil, le trône fut devant lui, Salomon remercia et glorifia Dieu pour ses bienfaits. Puis il demanda à ses soldats de changer quelque chose dans l'aspect du trône, pour savoir si la reine pourrait le reconnaître.
La reine arriva, on l'accueillit et la conduisit jusqu'au trône où on lui demanda si celui-ci ressemblait au sien. Elle le reconnut, mais répondit : «C'est à peu près le même».
Et quand on lui demanda d'entrer dans le palais, elle crut qu'elle allait marcher sur l'eau, et elle se découvrit les jambes pour ne pas mouiller sa robe. Salomon lui fit savoir qu'il n'y avait pas d'eau et que tout le palais était en cristal. La reine se rendit compte que le pouvoir de Salomon était sans égal, et qu'il n'était pas seulement roi, mais aussi un prophète. Elle reconnut aussi qu'elle avait été injuste d'adorer le soleil, et se convertit à l'Islam.
LA MORT DE SALOMON
Les djinns trompaient les gens, et prétendirent connaître l'invisible. Salomon était debout, et s'appuyait sur sa canne quand il est mort. Les djinns ne sont pas rendus compte de la mort de leur maître, et ont continué à travailler pour lui.
Les termites ont rongé l'intérieur de la canne de Salomon. La canne est devenue si fragile qu'elle s'est cassée, et Salomon tomba à terre. Quand les djinns s'en rendirent compte ils arrêtent de travailler.
La mort de Salomon fut bien la preuve que les djinns ne connaissaient rien à l'invisible, car, avant qu'il ne soit tombé, ils ne se sont rendus compte de rien. Seul Dieu possède les secrets de l'invisible.
Dieu donna à Salomon un royaume sans égal et l'honora sur terre et dans l'au-delà. █
BONNE ET HEUREUSE
ANNEE 1994
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MAUVAISE FOI
QUE SIGNIFIE ISLAM ??
MOI MONSIEUR
ISLAM =
ISLAM SIGNIFIE SOUMISSION A UN ET UN SEUL DIEU !
FAUX ! ARCHIFAUX ! CE N'EST PAS CE QUE JE VOUS AI APPRIS !
MOI MONSIEUR !
OUI, VOUS !
ISLAM VEUT DIRE FANATISME !...
...INTÉGRISME !...
VRAI !
GUERRE SAINTE !
VRAI !
FONDAMENTALISME !
ISLAM = FANATISME
INTÉGRISME
GUERRE SAINTE
FONDAMENTALISME
ISLAM = FA
INTÉGRISME
GUERRE
SAINTE
FONDAMENTALISME
BRAVO ! BRAVO !
SOMMAIRE
Religion et amour.........................2
Editorial ........................................3
Medecine et religions .................4
Reportage :
Mosquée de williamsville............5
Provocation ..........................6 et 7
Interview de Tidjane Bah..... 8 et 9
Ecoles juridiques en islam........10
Prophète Salomon ....................11
Bande dessinée ........................12
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