Numéro
Alif #02
- Titre
- Alif #02
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Alif
- Date
- mai 1992
- numéro
- 2
- Résumé
- Mensuel islamique d’informations et de formation
- nombre de pages
- 12
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001372
- contenu
-
ALIF MENSUEL ISLAMIQUE
d'Informations
20 BP 575 Abidjan 20
Tél. 37 - 20 - 90
Directeur de Publication
ZOUL KAADA 1412
Alif
MAI 1992
N° 2
200F
Mensuel islamique d'informations et de formation
"O vous qui avez cru ! Craignez Dieu et soyez avec les véridiques" (s.9 - v.119).
"Qu'à partir de vous se forme une nation appelant au bien" (s.5 -v.2)
LA POLITIQUE DANS L'ISLAM : QUELLE PLACE ?
QUI DOIT PARLER AU NOM DES MUSULMANS ?
PELERINAGE A LA MECQUE :
Constat d'un échec
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EDITORIAL
ALIF
INFORMATION ET OBJECTIVITE
Par KHONET IDRISS
L'accueil globalement chaleureux que nos coreligionnaires et, au delà, bon nombre de nos compatriotes ont réservé à "ALIF", est plus qu'encourageant pour la jeune équipe que nous formons. Cela constitue certes un motif de satisfaction, mais également, le considérons-nous comme un sérieux défi.
Que chacune et chacun en soit remercié.
Oui un défi (que par la grâce de Dieu nous entendons relever), dans le sens où nous partions avec un faisceau de postulats qu'il devenait important de "tester" et que nous devions confronter absolument avec la "réalité du terrain", la seule qui véritablement sera notre boussole ou notre baromètre : Cette réalité c'est celle des aspirations profondes de nos frères musulmans à vivre pleinement leur foi, dans la Paix et le respect de la ...Différence ; Cette réalité, c'est aussi la ferme conviction que nous avons, de faire partie de cette "communauté surgie pour les Hommes, qui ordonne le Bien et interdit le blâmable, et qui croit en Dieu", un Dieu Unique, Clément et Miséricordieux, et q'en conséquence nous senons compris par les gens de Cœur et d'Intelligence.
Quels sont donc ces postulats ?
- D'abord qu'il existe une volonté, chez nos frères et sœurs, d'affirmation de leur personnalité de musulman (es) façonnée par une conception métaphysique et philosophique totalement inspirée de la Parole révélée et de la sunnat.
-Qu'ensuite, une large frange de notre jeunesse est déterminée à ne laisser subsister aucune entrave à cette expression pleine et entière; Une large frange qui est prête à parler, sans auto-censure, de ses doutes, de ses espoirs, de ses certitudes quand elle les conçoit clairement, sincèrement et profondément. Surtout en ces temps de confession et d'amalgame de toute nature ! S'il y a une ligne à rechercher dans notre action, c'est bien de cela qu'il s'agira. Il faudra compter avec cette nouvelle donnée.
Notre démarche se veut sereine mais déterminée. Nous savons pouvoir compter sur le soutien ferme et confiant de toutes et de tous pour ensemble ouvrir des perspectives plus fécondes au bénéfice de la Foi que nous partageons en commun, Inch Allah !
Que Dieu nous guide !
DIEU, gloire et pureté à Lui, a imposé sur les biens des riches de quoi nourrir les pauvres. Un pauvre n'a donc faim qu'à cause de la jouissance d'un riche et DIEU exalté leur en demandera compte.
IMAM ALI
SOMMAIRE
LA POLITIQUE DANS L'ISLAM :
Quelle place ?............................P 3
NOUVELLE CROISADE
CONTRE L'ISLAM (suite) .............4
QUI DOIT PARLER
au nom des musulmans ? ..........6
PELERINAGE A LA MECQUE :
—Constat d'un échec....................8
—Comment en libéraliser
l'organisation ?...........................10
AIME POUR LES AUTRES CE QUE TU AIMERAIS POUR TOI-MEME ET TU SERAS CROYANT
Ni partielle, ni partiale, tels doivent être les critères de l'objectivité nécessaire à toute information émise par les médias. En est toujours ainsi ?
Depuis toujours, les expressions "MUSULMANS" et "DIOULAS" lues ou entendues sont trop souvent accompagnées des mots "marabouts", "mendiants", "commerçants" ou "étrangers" ou "intolérance" chez l'auditeur ou le lecteur un peu distrait - ne le sommes-nous pas tous à certains moments ? -.
Cette juxtaposition devient facilement une association indissoluble, voire une énumération de deux phénomènes dont l'un est la cause de l'autre. Et l'on glisse imperceptiblement vers les préjugés du genre :
- "les musulmans sont les dioulas"
- "les musulmans sont des commerçants"
- "les musulmans sont des mendiants"
- "les « margouilleurs » sont les musulmans"
- "Les musulmans sont des éternels assistés"
et que sais-je encore ?
Nulle intention malveillante (peut-être !) dans l'esprit du présentateur ou du journaliste et pourtant l'effet pervers est là, ancré désormais dans des milliers d'esprits, et jettant le discrédit sur une communauté qui, à bien des occasions, a fait preuve de générosité pour la Nation, preuve d'intégrité, preuve de force morale, preuve de tolérance etc....
Est-il besoin de rappeler que : LA COMMUNAUTE MUSULMANE A CONTRIBUE A LA FORMATION DE BIENS DE CADRES DANS LES GRANDES VILLES DU PAYS OU ELLE OFFRAIT SANS DISTINCTION DE RACE, DE RELIGION OU D'ETHNIE, LE GITE ET LE COUVERT ?
Cette même communauté a été également présente sur toute la ligne pendant la lutte pour l'acquisition de la liberté et l'indépendance de ce pays :
Elle a été aux côtés des communautés sœurs pour célébrer ou participer de façon active et fébrile à l'économie ivoirienne (transport, commrce, agriculture...) ;
La totale objectivité devait obliger les médias à rappeler, chaque jour que l'occasion est donnée, le dynamisme de cette communauté à s'organiser makgré la part maigre qui lui a été faite après l'indépendance et pendant les périodes de vaches grasses et la dignité avec laquelle elle a su faire son chemin en s'abstenant de se lamenter.
SOFA
ALIF
Mensuel islamique d'informations et de formation
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Tél. : 37 - 20 - 90
Siège Cité Fairmont No 14
DIRECTEUR DE PUBLICATION
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REDACTEUR EN CHEF
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CARAMOKO Ibrahim
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PARTICIPATION RESPONSABLE !
QUELLE PLACE POUR LA POLITIQUE DANS L'ISLAM ?
OUATTARA ISSOUF
L'Islam est une religion multidimensionnelle. Il n'est pas basé seulement sur un certain nombre de croyances et de principes spirituels et moraux ; Il ne tient pas seulement compte de problèmes matériels et des questions de bien-être, mais il s'étend surtout sur toutes les dimensions de la vie spirituelle et matérielle de ce bas-monde et de l'au-delà, enfin, sur tout ce qui touche de près ou de loin à l'homme du point de vue individuel et/ou social.
Mais on a voulu faire admettre aux peuples musulmans que la religion c'est (ou ce n'est que) la pureté des intentions, la sincérité des pensées et l'honnêteté, et que la politique signifie tromperie, duperie, fourberie et escroquerie.
De ce fait, on a soutenu qu'il n'existe aucune relation entre Islam et Politique. Durant de longues années, on a peiné pour faire croire aux peuples musulmans que si certains disent que la politique et la religion ne sont pas dissociables, c'est parce qu'ils ont eu l'intention de faire de la religion l'instrument de leurs projets personnels. Les tyrans, les hommes au pouvoir voulaient que les croyants ne s'occupent que de leurs problèmes et soucis personnels sans manifester le moindre intérêt pour les affaires communes ; Celles-ci doivent rester un domaine réservé aux despotes ! Tandis que la religiosité des musulmans n'était toléré que parce qu'elle ne représentait pas de danger pour le Pouvoir, ne se limitant de ce fait qu'à l'exercice du culte dans un cadre strictement individuel. Par contre, la réflexion fut censurée et les "penseurs" condamnés au silence.
DEFORMATION
Partout où un mouvement islamique pur, authentique et original a vu le jour, les ennemis de l'Islam se sont concertés pour le dénaturer, le détourner de son cours ou pour le briser. L'exemple de la révolution iranienne est édifiant à cet effet. Aucune critique n'est possible et seul le sultan ou le chef a le droit de réfléchir et de dicter la voie à suivre. Les tyrans et les hommes au pouvoir ont compris à quel point la liberté de penser donne l'envie d'avoir une volonté, de s'unir et de se ressembler. Alors les idées ont été maîtrisées pour pouvoir disposer des hommes. Ceux qui ont essayé de conserver leur indépendance culturelle et leur personnalité religieuse sont tombés dans la dualité, à savoir qu'ils sont séduits par des miettes de la culture occidentale imposée, et en même temps liés à la pensée islamique volontairement et librement acceptée.
LES PROBLEMES POLITIQUES
L'Islam s'intéresse énormément aux problèmes politiques qui comprennent en grande partie des problèmes sociaux. Les sociologues ont eu peur de l'Islam. Cette situation procède de la dimension des problèmes politiques vus sous l'angle de la religion. La politique sans une base faite de la substance spirituelle de l'Islam comprenant la piété, la vertu, la prière, le jeûne, la formation et la perfection de soi-même, est un tonneau vide et ne peut être acceptée par les musulmans.
D'autre part, l'Islam éloigné de la politique ne joue pas totalement son rôle. La politique n'est rien d'autre que la gestion des affaires de l'Etat, gestion qui est faite par et pour les hommes ! L'Islam est venu parfaire les hommes, les guider sur le droit chemin, le chemin de la justice, de la tolérance, de la recherche du bien-être d'ici-bas et de l'au-delà et ce au profit de tout le peuple et non d'une minorité. Comment demander à un tel système de rester loin des gestionnaires de l'Etat et de leur gestion ! La forme extérieure du gouvernement n'a aucune importance dans l'Islam. La base de l'organisation étatique est aussi un contrat passé entre gouvernant et gouvernés. En général, ce sont les personnages les plus représentatifs du peuple qui prêtent serment. Selon le Prophète, le chef d'Etat musulman n'est pas au dessus de la loi. Le Coran, à la sourate 16 verset 90, nous dit :
"Dieu ordonne la justice, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Il défend les actes immoraux, les actes réprouvés ainsi que de violer les droits des autres. Il vous sermonne, peut-être vous souviendrez-vous ?".
A bon entendeur (les pseudo et tout récents défenseurs des droits de l'homme et qui de surcroît traite l'Islam de...), salut !
La loi régit donc tout le monde, quelle que soit la classe, la région, la richesse, etc... Le Coran a ordonné que les habitants non musulmans d'un Etat islamique aient une autonomie judiciaire, c'est-à-dire qu'ils doivent avoir leurs propres tribunaux et leurs propres juges.
COMPARAISON
La conception occidentale de la politique se fonde sur le pouvoir de la masse, c'est-à-dire que les prérogatives de juger et d'intimer les ordres sont dans la République le monopole exclusif de la masse qui tient les rênes du pouvoir, décrète le lois, met en exécution toutes les législations qu'elle propose. Le but d'un tel gouvernement se limite donc dans les meilleures conditions, à s'attirer la sympathie de l'ensemble des citoyens qui constituent l'Etat ou le pays.
Par contre en Islam, le pouvoir n'appartient qu'à Dieu seul. C'est Lui qui détient le suprême droit de décréter la Loi et la législation pour ses créatures qui y sont soumises TOUTES, sans immunité pour certains, faveurs ou protections dues aux relations ou à l'appartenance politique pour d'autres.
L'Islam est très explicite en matière de politique et de Démocratie. Le Coran exclut par exemple une monarchie de droit divin et une théocratie au sens occidental du terme ; Il n'existe pas en Islam de sacerdoce et d'Eglise, habilités à parler et à commander au nom de Dieu.
LA DEMOCRATIE
La démocratie est directe ou elle n'en est pas une. Aux sceptiques musulmans qui veulent qu'on obéisse aveuglément aux chefs quand bien même ils seraient en porte-à-faux avec les principes élémentaires de la vie, nous disons que l'Islam n'est une religion de complaisance ! Dieu en effet dit ceci au Saint Prophète lui-même, à tous les dirigeants :
"CONSULTE-LES DANS TOUTE DECISION" (sourate 3, verset 159)
"LEURS DECISIONS NAISSENT DE LEUR CONSULTATION MUTUELLE" (S.42, verset 38)
Lors de son élection (nous disons bien élection), le calife Abou Bakr (que Dieu soit satisfait de lui), a dit ceci :
"On vient de me choisir à votre tête et je ne suis pas le meilleur d'entre vous ; Si j'agis bien, aidez-moi. Si j'agis mal, redressez-moi. Obéissez-moi tant que j'obéirai à Dieu et à son Prophète. Si je leur désobéi, je n'ai aucun droit à votre obéissance..."
De ces quelques lignes, il résulte les observations suivantes :
— La consultation est un préalable important à toute prise de décision chez les musulmans
— Les élections ne sont pas un phénomène étranger à l'Islam
— La MODESTIE doit être une qualité fondamentale du Chef
— Le Chef exige la désobéissance des administrés au cas où lui-même viendrait à enfreindre à la Loi
— L'Islam exige le respect des droits de l'homme en général et des non musulmans en particulier...
L'Islam cherche à établir une communauté juste au service de l'humanité. Il est du devoir de chaque croyant de faire un effort constant pour répandre le bien et interdire le mal. Et Allah nous juge selon nos intentions et nos actes.
"VOUS ETES DEPUIS TOUJOURS, LA MEILLEURE NATION SUSCITEE AUX HUMAINS : VOUS ORDONNEZ LES BONS USAGES, VOUS PROSCRIVEZ CE QUI EST REPROUVE ET VOUS CROYEZ EN DIEU" (Coran, sourate 3, verset 110)
VENDREDI
1er MAI 1992,
A LA BIBLIOTHEQUE
NATIONALE,
GRANDE
CONFERENCE
AVEC
LHARBI
KECHAT,
Imam de la Mosquée
de Paris
Thème :
ISLAM ET LAICITE
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CAUSE PERDUE !
O PROPHÈTE ! FAIS LA GUERRE AUX MÉCRÉANTS ET AUX HYPOCRITES, ET SOIS SÉVÈRE AVEC EUX
L'ACCENTUA
LA DIVISION D
L'OCCIDENT DESEMPARE DE
S'ENGAGE RESOLUMENT DANS LA VO
LE SEUL OBSTACLE A L'EXPOR
Comme nous l'avions vu, la division des musulmans a toujours été l'arme de choix de la mécréance internationale dans sa croisade contre l'Islam. Au nom du nationalisme ou de fausses croyances elle a maintes fois allumé des conflits fratricides entre musulmans. L'objectif pour elle est de retarder l'unification de la Umma.
Les récents événements du golfe ne font pas exception à la règle. D'un côté au nom de la défense de son opulence contre toute jalousie, tous les moyens sont légitimés, de l'autre au nom du panarabisme tous les excès sont défendus. Toute occasion est ainsi bonne pour enfoncer le clou davantage. Le Hedjaz est occupé, on préfère parler de solution arabe et non islamique. Toute voie islamique authentique est ainsi systématiquement étouffée, surtout lorsqu'elle tend vers l'unification de la Umma et le respect de la quintessence du Message. Des ulemas de service sont lancés sur toute les ondes pour défendre l'indéfendable et justifier l'injustifiable : la présence des armées de la mécréance internationale dans le Hedjaz. Un des corollaires de cette division accentuée de la Umma a été sans doute la paralysie de la ligue arabe, bien que celle-ci n'ait rien d'islamique.
S'il y a un cauchemar qui tienne en éveil l'occident c'est bien celui de l'unité de la Umma. Pour s'en convaincre, il suffit de voir comment la position de l'Iran dans ce problème du Golfe Persique est faussement interprétée voire occultée dans la presse internationale. En effet, l'Iran qui a condamné avec l'extrême rigueur l'invasion du Kuweit, refuse de prêter main forte à la mécréance internationale pour affamer le peuple musulman d'Irak et appelle à la guerre sainte pour le déguerpissement des armées des croisés du Hedjaz, tout cela conformément à la Charia ! Faute de ne trouver de concurrent sur ce terrain, l'Iran risque de renforcer dans le cœur des musulmans sa position de porte drapeau de l'Islam authentique. On comprend alors toute la gêne des canaux d'information du Taghout devant les réactions de la République Islamique en Iran.
LA MISE EN SOURDINE DE L'OCCUPATION DE LA PALESTINE
Depuis le déclenchement des événements du 02 Août, tout se passe comme si le problème d'Israel avait disparu du coup. Israel continue à massacrer, à spolier et à torturer, mais on en souffle aucun mot. Certes nous savons par le passé que les rares allusions faites par la presse dite internationale totalement inféodée au sionisme, étaient essentiellement destinées à anesthésier l'opinion mondiale et l'obliger ainsi à accepter voire légitimer ses crimes, mais quand même. Si aujourd'hui un tel bluff ne s'avère même plus nécessaire, c'est que les précurseurs de l'affaire du Golfe Persique doivent avoir misé gros que celle-ci sans doute serait très salutaire à Israel.
Saddam Hussein a bien senti le coup, aussi dans sa quête de s'allier l'opinion islamique, implique-t-il Israel qui devient ainsi une cible prioritaire. On sait qu'avant le 02 Août, le sujet d'actualité avait deux titres principaux : l'Intifadha et la répression dans les territoires occupés (par Israel) d'une part et l'immigration massive des juifs des pays de l'Est vers Israel avec tout ce que cela comporte d'expropriation et de génocide. Tout se passe comme si cette crise avait été créée de toute pièce pour permettre à Israel de faire le "ménage" en toute quiétude... Certes, avec le réflexe stratégique de Saddam, celle-ci risque d'être de courte durée (et elle le fut), mais l'inimaginable s'est tout de même produit.
TEST D'AUTORITE PLUS QUE CONCLUANT DE L'OCCIDENT SUR SES MARIONNETTES
Avec l'échec du communisme, disparait le filet idéologique du Taghout au profit de l'économique.
Si hier, grâce à un jeu cynique de terrorisme nucléaire, les Nations du monde étaient tenues en discipline sous ses deux ailes occidentale et orientale, aujourd'hui le chantage alimentaire semble de plus en plus privilégié. Les instruments de cette nouvelle stratégie : la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et les marionnettes de gouvernants chargés de livrer leurs pays à ces deux instances.
Après la fin de la dite guerre froide, il était quand même nécessaire de tester l'autorité du Taghout sur ses sujets. Les événements du Golfe, de ce point de vue, constituent une aubaine. Bravant les convictions de leurs peuples, ces Etats-marionnettes ont répondu promptement à l'appel du Taghout pour l'occupation, la profanation et le contrôle du territoire sacré de l'Islam. Jamais le Taghout n'avait eu son appel aussi entendu, son ordre aussi exécuté et ses crimes aussi légitimés.
On sait que l'armée américaine dans le Golfe comptait au moins 11% de femmes, sans compter ses prostituées, ses strip-teaseuses, ses stocks d'alcool et sa musique perverse; tout cela au nom du maintien du moral des GI'S.
Curieusement, tout ceci n'entraîne aucune protestation de la part de ces Etats dits musulmans; au contraire, ceux-ci embouchent les trompettes de leurs maîtres pour justifier tous ces crimes. Si l'événement du Golfe Persique avait été planifié par le Taghout pour tester l'efficacité de l'arme alimentaire sur celle de l'atome pour asseoir son autorité, alors on peut affirmer que le but est largement atteint. Si hier pour réunir sous ses ailes ses poussins, la poule imitait le frappement du chacal, aujourd'hui il lui suffit de cacher le grain. Désormais, avec ce test d'autorité concluant, il y a fort à parier que le communisme a vécu et on inaugure une nouvelle ère de colonialisme sans voile.
L'AFFAIRE DU GOLFE PERSIQUE : UNE AUBAINE POUR LES MARCHANDS DE CANON
Ce chapitre et le précédent pourraient être regroupés sous la même rubrique des conséquences de la fin de la dite guerre froide. En effet, mise en haleine sous la menace de la destruction nucléaire, un des objectifs de la guerre froide était d'obliger les Etats du Tiers-Monde, surtout à pétro-dollars, à se surarmer au grand bonheur de l'industrie militaire du Taghout. Avec la réunification des deux camps de la mécréance internationale (ou fin de la guerre froide), s'est opérée une chute vertigineuse des exportations d'armes. Ainsi, aux Etats-Unis comme en Europe, des usines étaient menacées de faillite avec tout ce que cela pourrait entraîner comme troubles sociaux. Les dites coupes dans les budgets militaires ou l'annulation de certains projets d'armement en sont des signes révélateurs. Une crise majeure au Golfe est pour ces marchands de canons une aubaine inespérée.
Les choses ne se sont pas fait attendre. En moins de deux mois, l'Arabie Saoudite a battu tous les records d'achat d'armes. Dans le même moment, toutes ces marionnettes appelées à la profanation des lieux saints et à la défense des sources d'énergie de l'occident auront leur quote-part bien sûr. Bref, un bon pactole pour l'industrie de mort du Taghout. A la question, pourquoi celui-ci ne peut plus se contenter des conflits localisés qu'il ne cessait d'allumer par-ci par-là, la réponse est fort évidente. Les marionnettes solvables, la crise aidant, se font de plus en plus rares. En outre, avec la fin de la dite guerre froide, se rétrécit la
L'armée américain
le Golfe 11% de
compter ses
et ses stock
La guerre terminée, et après ?
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DIEU N'EST PAS DANS UN BUNKER
ATION DE SON ECHEC IDEOLOGIQUE
OU DE L'AGRESSION CONTRE L'ISLAM,
REVELATION DE SES PERVERSIONS !
liste des clients du monde industriel.
Ainsi donc, nous venons de voir les résultats que la mécréance internationale tire de cet événement du Golfe, du coup, se trouve relayé au second plan les mobiles de Saddam Hussein. Bien sûr ceux-ci ne manquent pas d'intérêt, mais il y a le risque de s'y attarder pour laisser échapper l'essentiel : l'occupation du centre de la Ummah par l'armée des croisés. Tel a été le souci qui a orienté notre démarche ici. Cependant, et pour satisfaire un certain goût de spéculation, essayons aussi de répondre à la question :
pourquoi Saddam a fait ceci ?
Mais tout de suite et pour lever toute équivoque, celui-ci est triplement coupable :
Premièrement pour avoir servi d'instrument de la mécréance internationale dans sa guerre contre l'Islam en Iran.
Deuxièmement, pour avoir violé la souveraineté d'un Etat tiers.
Troisièmement pour avoir donné prétexte au Taghout de contrôler directement le périmètre sacré même si ce contrôle était déjà réel à travers la dynastie décadente des Al Saoud.
HYPOTHESES
Donc la question subsidiaire est de se demander :
— Saddam a-t-il agi en marionnette fidèle ou en rebelle ?
1°) Saddam en marionnette-fidèle
En effet, il est possible que Saddam, digne héritier de Yazid comme on l'a dit ou, pour contrer la Révolution Islamique en Iran, soit utilisé pour ces objectifs :
- contrôle direct du Hedjaz par le Taghout pour sauver la monarchie décadente des AL Saoud de plus en plus vomie par le peuple musulman; Cela serait alors la phase ultime d'un processus qui a entraîné ces génocides pendant tous ces pèlerinages depuis 1987 et peut-être même depuis la profanation de la sainte mosquée par des gendarmes français en 1979. Pour la mécréance internationale une république islamique au Hedjaz lui serait fatale.
-Le Taghout conscient qu'il a été aveuglé par sa haine pour l'Islam prend conscience qu'il a surarmé un pays à population musulmane. Son sort lié à celui d'Israel lui dicte l'urgence de détruire cette formidable machine de guerre Irakienne. Surtout si l'avenir ou plutôt la relève de Saddam est incertaine ... alors on l'attire dans un guet-apens.
- l'étau se resserrant de plus en plus sur Israel, le Taghout décide de sacrifier un "petit" mais fidèle serviteur pour dévier les canons arabes d'Israel et les pointer entre eux.
2° Hypothèse : Saddam marionnette -rebelle.
On sait que quelques jours après le début de son agression contre la République Islamique en Iran, Saddam a pleuré de déception à la télévision Irakienne son Taghout de mandataire lui promit une victoire rapide et facile ... certes, pour lui retarder le naufrage, ses maîtres lui ont donné toute sorte d'armes. Mais comme le Satan ne paie qu'en monnaie de singe, après le cessez-le feu l'Irak est devenu le plus endetté des pays du Tiers-Monde, on parle de plus de 70 milliards de dollars ! Quant à son économie largement tributaire de ses maîtres extérieurs elle se trouve dans un état de délabrement total. Les médias du Taghout le présentent comme un cas d'indigence et le somment de payer ce qui lui était donné pour faire la sale besogne (essayer de tordre le cou à la République Islamique d'Iran). Les valets invités naguère pour épauler l'Irak dans sa mission, sont excités aujourd'hui pour réclamer leur "dû". Dans cette campagne, les deux plus fidèles porte-voix sont comme hier l'Arabie Saoudite et le Kuweit. On peut donc imaginer que meurtri, piégé, trompé et désabusé Saddam a retrouvé un sursaut d'orgueil pour faire un bras d'honneur à ses maîtres ingrats. Cela expliquerait largement la capitulation différée qu'il vient de signer devant la République Islamique en Iran assorti d'un méa-culpa que digère mal la presse dite internationale. Cependant force est de reconnaître que si Saddam Hussein devenait rebelle, le Taghout serait dans un embarras intenable.
En effet, d'une part il devrait affronter ses propres armes et de l'autre, il souffrirait du cauchemar de voir un jour Israel s'allier à l'Iran dans son combat contre la mécréance internationale ! Alors si cette hypothèse était la bonne, on ne tardera pas à le voir s'adonner à toutes les bassesses et à toutes les pitreries pour maintenir Saddam Hussein dans son camp. Dans ce feu le Kuweit risque de ne pas peser lourd dans les mises.
Pour l'heure donc, l'invasion du Kuweit par l'Irak, en dehors de son caractère criminel vis-à-vis de la Charia, ne fait que l'affaire du Taghout : occupation du Hedjaz, occultation du problème d'Israel, division de la Umma, profanation des lieux saints de l'Islam, renforcement de l'autorité de l'Occident sur ses valets de la sous-région, occasion et prétexte pour détruire le potentiel militaire de l'Irak qui représente un danger aux yeux d'Israel, etc... Tout se passe comme s'il s'agissait d'une nouvelle escalade dans la croisade de la mécréance internationale après son échec avec l'ARME DE LA PLUME (SALMAN RUSHDIE). Que Saddam soit marionnette-rebelle ou fidèle, cela ne change rien au diagnostic. Cependant, il appartient à tout un chacun d'en retenir plus que par le passé ces utiles leçons-ci :
-L'O.N.U. n'est qu'un minable instrument de la politique occidentale
- Tous les pays musulmans à l'exception de l'Iran, sont confiés à des marionnettes du Taghout.
- L'impérialisme naguère bipolaire est désormais monolithique.
- Salman rushdie et les événement sanglants de ces derniers pèlerinages à la Mecque procèdent d'un même processus.
l'occident désemparé de son échec idéologique s'engage résolument dans la voie de l'agression pour combattre l'Islam.
- Les Ulémas jouissant de la bienveillance des médias du Taghout ne sont que des hypocrites pour qui on forme une bonne image aux yeux des musulmans. Cet événement du Golfe Persique leur a ainsi donné l'occasion de se démasquer en essayant de justifier l'injustifiable : la présence des armées des croisés dans le Hedjaz. Pour l'Islam les laïcs, les capitalistes, les socialistes, les communistes et leurs dérivés appartiennent tous au même camp de la mécréance.
Le Sublime Coran ne dit-il pas :
«Ceux qui ne jugent pas d'après ce que Dieu a fait descendre, les voilà les mécréants.»
Aussi, si nous avions un message à l'endroit de nos frères musulmans, c'est de leur rappeler que la victoire finale sera du côté des vrais croyants conformément à la promesse de l'Eternel. La puissance des armes de la mécréance internationale n'est qu'une simple tentation du diable, qu'elle ne nous détourne donc pas du vrai ennemi de Dieu. Pointons nos armes vers le Taghout don l'éradication sur terre tarira la source d'où ont jailli Saddam Hussein et consorts.
QUE DIEU RAFFERMISSE NOS PAS SUR LE CHEMIN DE LA JIHAD ET IMMUNISE NOS CŒURS CONTRE LES SIRENES D'EGAREMENT DU SATAN,
AMIN !
BABOU
Une guerre qui a fait d'innombrables victimes !
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DISCERNEMENT
QUI D...
AU NOM DE...
"Mgr YAGO est ingrat, YAGO est jaloux..., Il est ambitieux..."
Tels sont les propos tenus par certaines personnes dites musulmanes à l'endroit du Cardinal pour la simple raison qu'il a osé dire haut ce que certains de ses coreligionnaires et même certains ivoiriens pensaient tout bas.
Toutes ces diatribes ont été condamnées par des voix qui se sont levées aussi bien dans le camps des chrétiens que chez les musulmans individuellement pris cela s'entend. Le respect des autres commence par le respect de soi-même. Est-ce que des individus se réclamant d'une religion donnée peuvent entrainer les autres membres de leur communauté vers un cul-de-sac ? On a tôt fait de voir dans le comportement de certains de ces individus celui de toute la communauté musulmane de Côte d'Ivoire. Certains journaux de la place ont réclamé à cor et à cri des répliques ou des interventions des musulmans pour condamner ces personnes incriminées. Ils ont même assimilé le silence des musulmans à une sorte de complicité
L'AMALGAME
Evitons les amalgames. Ce que nous reprochons aux uns, évitons de les plaquer à d'autres. Ce schéma est simple. On a tout de suite dit qu'il s'agit d'une guerre de religions. C'est devenu après une querelle entre Chrétiens et Musulmans au sein d'un Parti donné. Cette attitude est dangereuse en ce qu'elle peut être source de division des Ivoiriens et de conflit. évitons de tomber dans ce jeu cynique, car personne n'y gagne bien au contraire !
S'il y a des gens qui cherchent à entrainer la Côte d'Ivoire dans une guerre entre religions, ne leur donnons pas cette occasion. Il ne faudrait pas que nous cherchions à imposer notre conscience à celle des autres. Les musulmans de Côte d'Ivoire savent raison garder même si souvent on leur prête des intentions.
L'organisation de la communauté musulmane depuis le prophète Mouhammad (P.S.L.) jusqu'à nos jours obéit à une tradition. Le prophète de l'Islam avait des fonctions de chef religieux, politique, social, économique, judiciaire... Il les a rempli à merveille. Après le prophète, les califes ont assuré ces fonctions sans difficulté. Avec la disparition des califes, les imams ont pris le relai. Ils ont essayé malgré des difficultés de l'environnement de jouer pleinement leurs rôles. Ainsi, l'Imam est doté de la qualité de chef des croyants. A ce titre, il est le responsable spirituel, social, judiciaire, politique... Pour ce qui est de la Côte d'Ivoire, il y a le conseil des imams qui est habilité à parler au nom de la communauté musulmane (selon les principes de l'Islam). A notre connaissance, nous ne pensons pas qu'il ait posé un acte malencontreux à l'égard du cardinal, qui puisse créer une opposition musulmans-chrétiens. Donc évitons de faire plaisir à des personnes en mal de sensation et de publicité. Dans l'histoire du monde en général et de celle de la Côte d'Ivoire, il y a eu des individus qui ont versé dans l'excès sans que leurs communautés religieuses ne soient incriminées.
RESPONSABLE DE SES ACTES
Chaque être humain répond des actes qu'il pose. Allah dit à cet effet dans la sourate 53 verset 38 que
"Nul ne sera chargé du fardeau d'un autre".
enseigne de faire bon usage de la liberté. Cependant cela ne saurait constituer un but en soi, mais un moyen en vue d'atteindre Dieu.
Donc, un acte posé par un individu fut-il musulman, ne peut pas éclabousser les autres musulmans. Et Dieu poursuit pour dire dans la sourate 99 verset 7 et 8
"Donc quiconque fait un bien du poids d'un atome, le verra, et quiconque fait un mal du poids d'un atome, le verra."
En clair, tous les actes que nous posons sont rétribués par Dieu selon leurs qualités. Dieu le démontrera plus tard en nous exhortant à plus d'efforts, d'épreuves, de discernement. Voici ce qu'il dit :
"Dieu ne modifie rien en un peuple avant que celui-ci ne change ce qui est en lui." (sourate 13 verset 12)
RECONCILIER DANS LA VERITE
Le prophète a dit :
«Soyez véridiques, la vérité est avec la piété, ces deux qualités conduisant au paradis ; Evitez le mensonge, il est avec la perversion, ces deux-là mènent à l'enfer»
Il faut que les croyants et les croyantes sachent qu'ils endossent une lourde responsabilité s'ils offensent sans motif ; Dieu ne dit-Il pas dans le Saint Coran :
"Celui qui intercède dans une bonne action en a une part" (sourate 4, verset 85)
TOLERANCE DANS LE RESPECT DES DIFFERENCES
"Appelle à la voie de ton Seigneur par la sagesse et la bonne parole et discute avec eux de la façon la plus douce" (sourate 16, verset 125)
Nous devons cultiver entre nous l'entente, la compréhension, la solidarité, la tolérance et la Paix dans le strict respect de nos différences ! Dieu seul saura en dernier ressort récompenser les uns et les autres. Evitons le catastrophisme. On est toujours prêt à tirer à boulets rouges sur les autres et à crier au feu. Ce que nous reprochons aux autres, évitons nous même d'en faire usage, car la manipulation de l'information est très dangereuse. Dieu sait combien de fois les musulmans de ce pays ont été frustrés et le sont encore. Mais ils n'en ont pas fait un drame.
Allah sait pourquoi Il nous a créé différents ; Il le dit dans la sourate 5 verset 43
"Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté ; Mais Il a voulu vous éprouver par le don qu'il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes actions. Tous, vous retournerez à Dieu ; Alors, il vous éclairera au sujet de vos divergences."
OUATTARA ISSOUF
CHOISIS D'ETRE VAINCU ALORS QUE TU ES JUSTE
LE CARDINAL YAGO
Précision de dernière heure
VENDREDI 1er MAI 1992,
A L'hotel du GOLF
DINER-DEBAT
AVEC
LHARBI KECHAT,
Imam de la Mosquée de Paris
Thème :
ISLAM ET LAICITE
Entrée :
soutien : 10.000 F
normal : 8000 F
Etudiant : 5000 F
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TOLERANCE !
On reconnaît la futilité de quelqu'un à ce qu'il parle beaucoup sur des choses qui ne le concernent pas et à ce qu'il informe sur des choses à propos desquelles on ne l'a pas interrogé.
IMAM ALI
(les jardins des vertueux - Keshrid)
DIT PARLER
S MUSULMANS ?
Que n'a-t-on pas dit et entendu au cours de ces dernières semaines à propos de ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui les affaires BALLA, DIABATE, BAKAYOKO ! Nous avons recueillis les avis de certains frères musulmans. Voici la teneur de leurs interventions.
OUSTAZ FOFANA ABOUBAKAR
"Je pense qu'il faut situer le débat dans son contexte politique, c'est-à-dire celui du multipartisme. Il y a des musulmans au PDCI, au FPI, à l'USD, au PIT, etc...
L'intervention de certains frères musulmans ne peut pas engager les autres musulmans. Donc il faut éviter d'amener les croyants de ce pays dans une querelle qui n'est pas religieuse. Tout le monde doit agir pour que la démocratie s'installe réellement dans notre pays. Etre démocrate ne veut pas dire être forcément dans un parti donné...
Donc faisons l'effort d'éviter à notre pays des querelles inutiles car personne n'y gagne. Nous devons, Chrétiens et Musulmans, nous donner la main pour construire notre pays..."
BINATE IBRAHIMA (L.I.P.C.I.)
Il faut dire que ceux qui veulent opposer les croyants ignorent le passé de ce pays. Il y a eu des situations pires que cet incident sans qu'on crie au scandale. Des musulmans ont supporté et supportent des dirigeants chrétiens de ce pays. Il y a des musulmans partout, dans tous les Partis. Les religieux sont au dessus des tendances partisanes. Lorsqu'il y a une situation de crise dans un pays, tout le monde est touché. Nous devons œuvrer pour la paix dans notre pays car une crise sociale aiguë n'épargnera personne. L'intérêt du pays est primordial. Les musulmans de ce pays ont des problèmes qui leurs sont spécifiques : ABSENCE D'AMBASSADE D'ARABIE SAOUDITE DANS NOTRE PAYS, ETC...
Serrons-nous les coudes pour gérer notre pays.
TRAORE MAMADOU (CADRE DE BANQUE A ABIDJAN)
C'est dommage ! Il faut regretter ce qui est arrivé. Le comportement de ces personnes dites musulmanes est condamnable. Je demande à tous les frères musulmans de rester sereins et de faire l'effort d'être impartiaux. J'ai deux remarques à faire :
— Ceux qui prétendent parler au nom de l'Islam ne sont pas habilités à le faire.
— Il faut éviter d'emprunter le chemin de nos détracteurs. Notre préoccupation devrait être de trouver des réponses à un certains nombre de problèmes. Donc évitons l'amalgame.
BAKARY GBANE
(Professeur de lettres à Abidjan)
Je suis choqué par l'analyse de certains journalistes à propos de cette affaire des BALLA et autres. Il faut souligner que ces frères dits musulmans ne représentent aucune entité islamique et que par conséquent, s'ils veulent parler qu'ils le fassent en tant que citoyens membres de leurs Partis, qu'ils parlent aux noms de leurs Partis.
Par ailleurs, le Cardinal a dénoncé ce qui était dénonçable. Je suis aussi indigné par l'attitude des responsables de "Fraternité Matin" qui ont accepté de faire passer des propos aussi minés que ceux-là et qui sont de nature à troubler la Paix !
OUSTAZ CISSE DJIGUIBA
"Les gens font le commerce des sentiments et des émotions sans qu'il y ait des problèmes de fond. Il faut garder la tête froide. Evitons de déplacer les problèmes (social, économique, politique...) qui interpellent tout le monde (Chrétiens, Musulmans). Essayons de trouver une issue heureuse à nos problèmes qui sont inhérents à la vie. Nous sommes passés d'un système de monopartisme à un système de multipartisme et cela ne peut se faire sans déranger les attitudes des uns et des autres ; Ce qui peut entrainer souvent des situations conflictuelles. Est-ce pour cela qu'il faut occulter les problèmes ? Evitons donc de faire l'amalgame et de transformer cet incident en querelles entre chrétiens et musulmans. Nous avons vécu longtemps ensemble dans ce pays, dans la tolérance et la paix.
Nous musulmans refusons d'être des boucs-émissaires de qui que ce soit. D'ailleurs, toutes les oppositions en Afrique ne sont pas des situations qui relèvent des conflits interreligieux. Des religieux interviennent pour modérer, calmer les esprits et protéger le patrimoine commun ! Ils contribuent à une meilleure promotion des valeurs humaines.
DOUMBIA ISSIAKA (COMMUNAUTÉ DE LA RIVIERA)
Aucun individu, quelque soit son rang social ne peut se lever pour parler au nom de la Umma (communauté musulmane). S'il le fait, il n'engage que sa responsabilité. Il est impensable voire inadmissible qu'un musulman puisse insulter un dignitaire d'une autre religion.
Par O.I.
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PILIER N°5
LE PELERINAGE SUR LES LIEUX SAINTS DE L'ISLAM :
CONSTAT D'UN ECHEC
Comment en libéraliser l'organisation officielle ?
RAPPEL
Depuis plus de trente ans, les musulmans de notre pays toutes nationalités confondues s'acquittent bon an mal an de leurs devoirs religieux dont le pèlerinage à la Mecque ainsi que sur les lieux saints (Médine, Jérusalem, le Caire...)
Et déjà une dizaine d'années qu'ils sont chaque année plus du millier à partir, de toutes les couches sociales du pays : commerçants, cadres, paysans religieux, employés, ils partent assujetis à une et même infrastructure devenue, "au niveau de l'organisation", il faut le reconnaître désuète et caduque. Cela malgré les efforts apparents des autorités et de leurs partenaires dans le milieu musulman.
En effet, devant cet important mouvement de populations, les autorités administratives et politiques ont tenté avec un succès mitigé de rendre ce voyage confortable :
— Air Afrique, Egypt-Air, Ethiopian Air - Line pour les compagnies aériennes ;
— La Direction de l'Administration Territoriale,
— Certaines organisations musulmanes comme l'AMOP, le "Conseil Islamique"
— Les différentes équipes d'encadrement des pèlerins qui se sont succédées ;
— L'Ambassade du Senegal en Arabie Saoudite.
— Les Etudiants Ivoiriens et la Communauté Musulmane Ivoirienne en Arabie Saoudite...
Tous s'y sont investi avec le meilleur enthousiasme et la plus grande Energie.
Cependant, le constat est et demeure préoccupant ! On note
— UNE ORGANISATION MEDIOCRE caractérisée par l'improvisation continuelle : celle-ci ne se met en place, chaque fois, que bien tardivement. Quand tout est pratiquement terminé sur les lieux saints, concernant notamment les pays qui ont une représentation diplomatique ou officielle dépêchée sur place pour la circonstance pendant le mois de carême pour la préparation du pèlerinage. Des pays comme le
Senegal, la Guinée, le Mali, le Niger, ou le Nigeria, le Ghana ou le Bourkina... pourraient nous donner des leçons dans le domaine.
Qu'il nous soit permis de rappeler que les pèlerins ivoiriens continuent d'utiliser les bons offices des diplomates senegalais avec des fortunes diverses pour rencontrer les Autorités saoudiennes. Ce, pour discuter des problèmes rencontrés par les pèlerins ivoiriens ou pour obtenir les documents officiels qui autorisent légalement la circulation de l'équipe d'encadrement sanitaire et officiel sur les lieux saints (un convoi de cinq à six véhicules composé d'une vingtaine de personnes au total)
— L'ABSENCE DE REPRESENTATION DIPLOMATIQUE IVOIRIENNE EN ARABIE SAOUDITE DE CONSULAT... ET MEME DE CONSUL HONORAIRE !
Un immigré ivoirien installé depuis plusieurs décennies à la Mecque où il réside, a tenté avec succès de combler ce vide; Cela avec la complicité et le soutient des équipes d'encadrement qui se sont succédées pour palier au plus pressé, ALORS ..... !!!
Des résultats certes mais à quel prix ?
En effet le volume de travail abattu, la disponibilité de ce frère, le parc automobile dont il assurait la garde en dehors du pèlerinage ainsi que son entretien exigeaient bien une rénumération ! comme ce n'était pas le cas, alors notre homme se faisait payer d'une façon ou d'une autre par tous les moyens...
MAUVAISE FOI OU IGNORANCE
Mr B.O. C'est de lui qu'il s'agit avait alors la gestion du parc automobile de la mission d'encadrement du pèlerinage : une demie douzaine de véhicules dont deux cars. Le pèlerinage dure en moyenne un mois. Et pourtant, selon Mr. B.O. Les pneumatiques avaient été usés
lors du dernier pèlerinage ; Les amortisseurs hors d'usage, la suspension cassée et bien d'autres choses encore immaginaires ou vraies... Au bout, une surfacturation des frais d'entretien que la délégation officielle devait honorer pour ne pas être privée de l'usage de ses véhicules ! Les délégations officielles et leurs différents chefs n'ont pu que constater et laisser faire...
Complicité ? naiveté ? Irresponsabilté -? Enfin, "Mr Le consul HONORAIRE", analphabète, faisait la pluie et le beau temps avec par moment des obstructions à certaines procédures pour se rendre utile et faire sentir à ses hôtes que c'était lui le guide et l'incontournable. Mais, Monsieur le "CONSUL HONORAIRE" devenait de plus en plus exigeant et gourmand. Advint alors son éviction. Il était certes utile mais il n'honorait pas la côte d'ivoire, encore moins les Musulmans.
Fatigués par les tracasseries du voyage, la mauvaise organisation et l'absence d'une représentation diplomatique pour notre pays, les pèlerins se donnent un repos mérité à leur arrivée à la Mecque.
LE POIDS DU PELERINAGE
Ce devoir religieux coûte à chaque pèlerin ou à sa famille en moyenne UN MILLION DE FRANCS (1.000.000 F CFA) réparti comme suit :
— 360 000 F (billet aller-retour incluant les taxes saoudiennes sur le pèlerinage) (prix Air - Afrique)
— Le capital pour les chèques pécules. Il s'agit d'une opération bancaire qui permet les mouvements des capitaux entre le pays d'origine et le pays destintaire, en vue de couvrir les dépenses du pèlerin pendant son séjour. Ce capital est situé à deux niveaux selon la bourse du pèlerin.
— soit 650.000 F
— soit 450 000 F
Ainsi, sur ce fond déposé à la défunte B.C.C.I ou à l'époque à la B.C.E.A.O. trois chèques sont remis au pèlerin à ABIDJAN. Il aura son visa pour le pèlerinage au vu de ces chèques pécules ainsi que le carnet de vaccination à jour (pour les vaccins obligatoires) et du titre de trasnport.
Les autorités saoudiennes passeront dans les capitales Africaines ne disposant pas d'AMBASSADE pour procéder à cette formalité. Les pélerins en retard verront leurs documents acheminer par AIR AFRIQUE sur DAKAR ou NIAMEY pour rattraper le VISA SAOUDIENS.
Trois chèques sont donc remis au pélerin.
Ces trois chèques lui permettront sur place de s'acquitter
1 — Des frais de transport à verser au syndicat des transporteurs saoudiens qui vont le transporter durant tout le séjour
En ce qui concerne les frais d'hébergement, il est bon de rappeler qu'il s'agit plutôt d'un prélèvement systématique sur les pécules (650 000 F / 450.000 F) affecté sur un compte bancaire géré par la Direction de l'Administration Territoriale qui se charge de régler la facture auprès des logeurs saoudiens à la fin du pèlerinage. Cela, après le décompte du nombre total des pèlerins Ivoiriens. Un contrat entre les deux parties aurait été con-
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INSUFFISANCES !
PELERINAGE SUR LES LIEUX SAINTS DE L'ISLAM
VOLS AIR AFRIQUE
DEPARTS
Jeudi 14 Mai ......................................... 15 h 45
........................................... 22 h
Vendredi 15 Mai ............................... (via Yamoussoukro)
.................................... Abidjan 11 h
............................... Yamoussoukro 22 h
Mercredi 10 Juin ......................................... (2 vols)
Lundi 15 Juin ( ..................................... dernier vol)
N.B.
Prix du billet Abidjan-Djeddah (aller/retour) .... 382.500 F dont 32.500 F de taxes saoudiennes
Vols réguliers sur ce trajet : 362.500 F prix du billet
- Sauf modification de dernière minute.
meilleur pelerinage dans des conditions confortables avec une prise en charge sur toute la ligne par les pélerins organisés dans leur Mosquée, autour de leur Imam avec la collaboration des fidèles et des cadres.
Notre Communauté a aujourd'hui changé, évolué plus précisément. La démission des ainés en son temps nous a valu un retard considérable.
Aujourd'hui, il faut relever le défi et préparer pour la communauté de demain des infrastructures sociales, une organisation impeccable, un « responsable et digne de corps de respect... autre image que celle de la pauvreté et de la religion communauté misère, d'assistés...
La Communauté doit-elle continuer à garder le silence et croiser les bras quand la cause qu'elle sert est toujours dévoyée.
Que ALLAH nous guide dans le sens de nos responsabilités de frères et de musulmans, assisté par la foi et la souci de rétablir l'image de notre religion telle qu'elle est decrite dans le SAINT CORAN !
MEITE MORI
clu sur la bse de 800 pélérins par an.
La Direction de l'Administration Territoriale à l'exclusivité de la gestion de ce compte et elle n'a de compte à rendre ni aux pélerins, ni au conseil des IMAMS encore moins à la communauté Musulmane... Du moins, de memoire de Musulman ivoirien cela n'a jamais été. Nous sommes en 1992 ! trente deux ans après....
2 — Les Frais correspondants aux taxes saoudiennes
3 — Le troisième cheque correspond au capital qui lui reste sur la somme totale de départ 650.000 F ou 450 000 F et qui lui permet au niveau individuel, de gérer son séjour pendant le pélerinage (Achat de souvenirs, frais d'alimentation, achat de la bête à immoler pour le sacrifice commémoratif de celui d'ABRAHAM)
Bien peu de choses finalement par rapport au capital initial. En effet, au passage, le Ministère de l'Intérieur par le biais de la Direction de l'Administration Territoriale a retenu 10% sur les 650 000 F ou 450.000 F sur chaque pèlerin
Le calcul sur la base de 1.000 pèlerins nous conduit au gain sur le pèlerinage de CINQUANTE MILLIONS DE FRANCS CFA CHAQUE ANNEE POUR LA DIRECTION DE L'ADMINISTRATION TERRITORIALE ! Ce capital substanciel servirait à monter l'équipe d'encadrement officiel.
- 100.000 F CFA pour les frais divers dont :
. Le timbre à 20.000 F pour la confection du passeport pèlerinage (passeport édité par Air Afrique dont la validité est de trois ans pour la durée (POURQUOI N'UTILISERAIT-ON PAS LE PASSEPORT NATIONAL ?)
. Les frais couvrant les séances de vaccination organisées par l'Institut d'Hygiène. Les principales sont les vaccins Anticholérique, Méningococcique, Amarile, Anti-typhoïde et paratyphoïde. Certaines sont obligatoires et leur liste est indiquée par les Autorités Saoudiennes chaque année et communiquée aux différents pays pourvoyeurs de pèlerins.
A ce jour, l'INSTITUT D'HYGIENE n'a pas encore reçu cette liste pourtant parvenue à ABIDJAN par les soins du Ministère Saoudien du Pelerinage !!!
NOUS SOMMES A UN MOIS DU PELERINAGE ET IL Y A UN DELAI MINIMUM DE 10 A 15 JOURS A OBSERVER ENTRE DEUX VACCINS.
. Une petite trousse médicale individuelle.
. Un petit capital pour pratiquer l'aumône et s'offrir quelques commodités pendant le séjour.
CONCLUSION
S'il est vrai que l'encadrement sanitaire des pèlerins est caractérisé par un plus (seuls les pèlerins ivoiriens reçoivent des produits pharmaceutiques gratuitement de tlus les pèlerins de l'Afrique au sud du Sahara lors de leurs consultations médicales), il faut reconnaître qu'elle souffre de beaucoup d'imperfections :
— Absence de structure d'assistance sociale
— Absence d'Autorité morale et/ou officielle pour négocier sur place avec les saoudiens des conditions d'hébergement, de l'alimentation, pour régler les problèmes relatifs aux décès qui surviennent ou aux pèlerins qui s'égarent ou égarent leurs papiers ou leurs valises.
Autant de carences que seule une REPRESENTATION DIPLOMATIQUE pourrait régler...
Et pourtant la COMMUNAUTE MUSULMANE CONTINUE D'ATTENDRE UNE PROMESSE QUI NE VIENT TOUJOURS PAS !
Faudra-t-il encore attendre longtemps ?
quant à l'organisation actuelle, est-elle à la hauteur de ce qu'en attend la communauté Musulmane les partnaires sociaux de cette organisation représentent-ils dignement la communauté
Les Musulmans de Côte k'Ivoire pourront-ils faire pire que ce qui leur est proposé aujourd'hui
nous attendons que les responsables de notre communauté et toutes les forces vives qui la composent prennent leur responsabilité, se mobilisent et obtiennent pour les Musulmans un
INTERPELLATIONS D'UN MUSULMAN D'AUJOURD'HUI A SES FRERES
SOFA
Permettez-moi d'interpeller les musulmans de ce pays sur des aspects de notre communauté qui semblent méconnus par la majorité et qui exigent de chacun, générosité, sollicitude et soutien.
-Savez-vous quels sont ceux d'entre nous qui construisent les mosquées de nos villes, villages et quartiers?
-Savez-vous lesquels d'entre nous sont les plus charitables pendant les quêtes de la grande prière du vendredi?
Savez-vous lesquels d'entre nous observent les recommandations de l'envoyé de Dieu à savoir : l'assistance au prochain, à l'orphelin, au déshérité, au voyageur ?
-Ignorez-vous de quoi vivent nos Imams ?
-Savez-vous comment sont payés les factures d'eau, d'électricité et les fais d'entretien de nos mosquées?
Voulez-vous des Imams digne de ce nom, d'une communauté honorable et respectée ?
-Voulez vous d'une communauté rayonnante comme le prêche le saint coran ?
Savez-vous que notre communauté verse chaque année la coquette somme de 50 millions de francs CFA pour épauler l'organisation du pèlerinage par le jeu d'un prélèvement systématique de 10% sur les pécules des pèlerins ?
-Savez-vous que cette somme est gérée de façon exclusive par l'organisation officielle du pèlerinage ? Savez-vous qu'à aucun moment de l'histoire de notre pays, on a rendu compte aux groupes de pèlerins, au conseil des Imams, à la communauté... ?
LE SAVIEZ-VOUS ?
Voulez-vous continuer de l'ignorer ? Voulez-vous persister dans cette ignorance dommageable pour notre communauté ?
Alors, entraidons-nous, que ceux qui sont privilégiés de la fortune aident à la promotion de notre communauté; Que ceux qui le sont moins, le fassent à la hauteur de leurs moyens.
Que ceux qui sont confrontés à des difficultés redoublent d'efforts pour mériter l'aide de la communauté ! Nous avons le devoir de promouvoir effectivement l'image de notre communauté, de faire d'elle la meilleure des communautés. Tous autant que nous sommes, à tous les niveaux : social, économique, politique... Le fortuné par la pratique de la générosité et de la charité, le savant par l'apport de la connaissance à ceux qui en savent moins, l'enseignant par la formation et l'éducation de qualité, l'artisan par le produit de son art...
Que les hommes m'entendent !
Qu'Allah nous soutienne
et guide nos pas !
QU'IL EST VILAIN DE SE SOUMETTRE DANS LE BESOIN ET DE SE MONTRER DUR DANS LA RICHESSE !
(IMAM ALI)
VENDREDI 1er MAI 1992, A LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE,
GRANDE CONFERENCE AVEC LHARBI KECHAT,
Imam de la Mosquée de Paris
Thème :
ISLAM ET LAICITE
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PILIER N°5
PELERINAGE À LA MECQUE :
UN MOIS ENTIER CONSACRÉ AU DEVOIR ET DU MUSULMAN
INTRODUCTION
"la Mecque ne se visite Pas."
a dit le poète.
Sur les deux millions d'hommes et de femmes qui s'y rendent chaque année, pas un seul voyageur. C'est en pèlerin qu'ils viennent accomplir le cinquième pilier de l'Islam après la CHAHADA (l'attestation de la loi) , les cinq prières, l'aumône et le RAMADAN.
Quoique capital dans la vie du croyant, le pèlerinage à la Mecque n'est obligatoire que pour celui qui a les moyens physiques et financiers de le faire : "Allah a imposé le pèlerinage à ce temple à quiconque a les moyens de s'y rendre" (Sourate 3. 91/97- Trad. Blachère).
MÉDINE DE LUMIÈRE
Le grand pèlerinage collectif "ALL HADJ" a lieu durant le mois sacré de DHOUL-HIDJA (le 12 ème mois lunaire, c'est à dire dans quelques semaines). Pour l'accomplir, tout musulman se doit de le vouloir, condition indispensable au même titre qu'être pubère, de condition libre et en possession de toute sa raison. Avant de quitter son pays, le pèlerin se doit, en outre, de ne laisser aucun différend derrière lui, dette ou querelle.
A quelques mois du prochain pèlerinage à la Mecque, il nous a paru utile de rapporter l'expérience qui a été la nôtre, il y a quelques années afin que nos compatriotes puissent l'effectuer avec des informations utiles et beaucoup plus de sérénité, afin de vivre une aventure spirituelle plus exaltante et riche.
Ainsi, nous rapporterons les différentes étapes du pèlerinage, telles qu'elles peuvent être vécues, en nous attardant par moments sur certains points.
Nous envisagerons, dans un dernier chapitre, quelques recommandations pouvant permettre un meilleur abord du voyage spirituel.
LA MECQUE, POINT DE RENCONTRE DE LA FOI ET DES HOMMES.
SI ELLE M'ÉTAIT CONTÉE...
L'aventure spirituelle commence à DJEDDAH avec la prise en charge par un MOUTAWWIF, guide spirituel et guide tout court sur le parcours de la purification. Chaque nationalité a ses MOUTAWIFIN (pluriel de moutawwif) attitrés et la plupart des pèlerins arrivent avec l'adresse de celui qui a assisté parents ou amis. Ceux qui en sont dépourvus peuvent s'adresser à l'administration d'accueil (les moyens de communication demeurent avant tout l'Arabe, accessoirement l'anglais).
Le service de l'ordre est chargé par ailleurs de vérifier qu'aucun non-musulman ne pénètre dans les lieux saints.
Pour ceux qui sont arrivés à temps, la première étape du pèlerinage sera la ZIYARAH (visite) de Médine, seconde ville sainte de l'Islam, ou repose le Prophète.
Cet hommage à Mouhammad (que Dieu le bénisse et lui apporte le salut) durera le temps de quarante prières, soit huit jours. La visite de Médine ne fait pas partie du rituel du pèlerinage. Elle n'est donc pas obligatoire, mais aucun pèlerin ne songe à s'y soustraire. Les autres accomplissent cette visite à l'issue du pèlerinage.
C'est dans cette cité que le Prophète trouva refuge en l'an 622, lorsqu'il fut pourchassé par les Kouraychites, qui voulaient lui donner la mort. C'est ici que le Prophète Mouhammad (psl) est enterré, ainsi que bon nombre de ses compagnons (que Dieu les bénisse et leur accorde le salut). C'est également à Médine que se trouve la Mosquée construite puis agrandie par le Prophète lui même, où une prière vaut mille prières célébrées ailleurs, exception faite de la GRANDE MOSQUÉE de la Mecque, où une prière vaut cent mille prières célébrées ailleurs et du MASDJID AL-AQSA de Jérusalem. Située au nord-est de la Mecque, à 447 kilomètres de la première ville sainte de l'ISLAM et à 425 kilomètres de DJEDDAH, Médine est entourée d'oasis fertiles.
Son territoire est HARAM (sacré), donc interdit aux non-musulmans. Médine a de nombreux noms : AT-TAYYIBAH (l'Agréable) et AL-MADINAH AL-MOUNAWWARAH (la ville illuminée, ou illustre), nominations faites par le prophète lui même. Les autres noms de Médine sont MADINATOU-N-NABI (la ville du prophète), DAR-ES-SALAM (la Maison de la paix), QARYAT AL ANÇAR (la cité des alliés du prophète), AL-MOUBARAKAH (la Bénie), AL-MOUKHTARAH (l'Elue), DAR AL-ABRR (la cité des pieux, des justes), QOUBBAT AL-ISLAM (la coupole de l'Islam), etc... Il est bon de rappeler que la fondation de cette ville remonte à la plus haute antiquité et qu'elle a porté le nom de YATHRIB avant l'Hégire. C'est le Prophète (que Dieu le bénisse et lui apporte le salut) qui aurait écarté ce nom en raison de sa signification : il réprimande, il fait mal, il dépouille le malade de ses vêtements, sans doute en raison des fièvres dont la vieille cité avait la triste réputation ; le paludisme.
C'est à partir de Médine, cité paisible épargnée par le désert, que l'Islam s'épanouit, convertissant la Mecque païenne à la foi monothéiste.
La tombe du Prophète est d'une grande simplicité : quelques calligraphies défendues par des gardiens engloutis par les sanglots de joie des pèlerins. Certains s'évanouissent de bonheur pendant que d'autres se replient sur eux-mêmes dans le silence et le recueillement. La tombe est située à l'intérieur de la Grande Mosquée. Le temps se perd dans la durée ponctuée des cinq prières...
Qui penserait donc effectuer le pèlerinage à la Mecque sans la ZIYARAH (visite) de Médine ?
Le pèlerin quitte Médine en état de sacralisation ou IHRAME (lié à des assignations de temps et de lieu). Il se dépouille alors des habits cousus de ce monde et revêt une pièce de tissu blanc, costume de la personne humaine égale à ses semblables et nue devant DIEU : ce sont deux morceaux d'étoffe blanche non cousus ou "IZAR" et "RIDA" long chacun de deux mètres environ. Le premier servira de pagne long entourant la taille, le second devant couvrir le buste à l'exception de l'épaule droite. Les seules chaussures permises sont des sandales non cousues (NA'L), laissant les talons découverts ; ainsi que les orteils. Une ceinture munie de poches mais non cousues permettant de retenir le pagne et de conserver papiers et argent, est autorisée.
Puis vient le moment de :
- la sacralisation corporelle ou "Ghousl", la grande ablution ;
- la récitation de la "TALBYA", la réponse à l'appel, ce après
La procession entre les deux collines As-Sâfâ et Al-Marwah
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LABBAYK-ALLAHOUMMA
UN PÉLERIN RACONTE LE PARCOURS
CINQUIEME PILLIER DE L'ISLAM
ET SALUT
ULMAN
-la proclamation de l'intention d'accomplir le HADJ
«Labaïk AllAhuma Labaïk !
Labaïk Lâ charika laka Labaïk
Inna-L-Hamda, Wa-Ni-Mata
Laka wa-l Moulk»
Me voici, O mon Dieu, répondant à ton appel.
Me voici toi mon Dieu qui n'a pas d'associé.
Me voici à toi la louange, la grâce,
la royauté,
Me voici...
Pendant l'IHRAME, le pèlerin doit supprimer de sa vie tout artifice (ne pas se raser, ni se parfumer), tout acte repréhensible (ne pas mentir, ni injurier, ni se mettre en colère), toute agressivité. Il doit également oublier son corps (abstinence sexuelle). Ainsi, seul l'esprit purifié a droit d'existence et de vie dans la cité de l'ISLAM.
«Allahoumma Inni Ahramtou laka Bi-L-Hadj Fataqabbalhoun Minni»
Mon Dieu, Je me consacre à toi
Avec l'intention du Hadj
Je te Prie de l'accepter
Il renforcera cet engagement par une prière de deux RAKKATS.
LA MECQUE, LA CITÉ ABRITANT LA PIERRE NOIRE (KA'ABA) SITUÉE À L'INTÉRIEUR DU HARAM
(LA GRANDE MOSQUÉE)
Ainsi, le pèlerin est prêt à pénétrer dans la Mecque, ville sacrée entre toute. L'émotion est à son comble à l'approche de la KA'ABA, site premier et primordial créé par ALLAH, avant toute création sur la terre et aujourd'hui situé au cœur de l'HARAM—ACH-CHARIF (la sacro-sainte), la grande mosquée aux sept minarets. Aucun lieu sur terre ne s'est vu attribuer autant d'honneurs et de respect. Cinq fois par jour, des centaines de millions de musulmans se tournent pour leurs prières vers le coeur de cette cité, la KA'ABA.
La KA'ABA ou BAYT-ALLAH AL HARAM (la maison sacrée de Dieu) date du 2ème siècle après Jésus. C'est une bâtisse cubique, recouverte d'un épais tissu de soie brodé de calligraphies.
La pierre noire sacrée y est encastrée dans l'angle sud-est, à 1,50 m du sol. Préservée du déluge qui emporta la première KA'ABA par l'ange Gabriel, elle servit de pierre angulaire à la deuxième KA'ABA construite sur l'ordre de Dieu par Abraham.
C'est en hommage à Adam, premier constructeur de la KA'ABA, à Abraham, Ismael son fils et à Mouhammad (que le salut soit sur lui) qui chassèrent l'idolâtrie de ces lieux, que les pèlerins accomplissent aujourd'hui la TAWAF (circumambulation) autour de la KA'ABA.
On entre dans le TAWAF en prononçant «ALLAHOU AKBAR» (Dieu est le plus grand), formule suivie des prières au Prophète, répétées après le MOUTAWWIF. Le pèlerin tourne sept fois autour de la KA'ABA, se soumettant ainsi à Dieu, le priant d'accepter son repentir et de lui éviter les supplices de l'enfer.
A chaque tour, le pèlerin baise la pierre noire. Mais, seules quelques personnes y parviennent, les autres, des centaines de milliers à chaque procession, se contentent de la saluer. Chaque année, des pèlerins meurent piétinés par la foule, mais rencontrer la mort ici est un honneur suprême.
Après le septième tour, le pèlerin boit de l'eau du puits ZAMZAM, situé à quelques mètres de la KA'ABA. Cette eau, surgie du désert, rappelle la réponse divine à l'appel d'HADJIR (l'AGAR de la Bible) abandonnée pour un temps avec son fils Ismael par Abraham son époux (que Dieu lui accorde le salut).
De retour au pays, nul cadeau n'est aussi apprécié que l'eau ZAMZAM. Des quantités appréciables sont emportées dans des gourdes, des bidons et dans de petites boites scellées appelées ZAMZAMIYATE.
Certains musulmans conservent le précieux liquide toute leur vie durant, demandant à ce que l'on asperge à leur mort leur dépouille de cette eau, au moment où l'on procède à leur toilette.
D'autres profitent de leur séjour à la Mecque pour acquérir sur place une pièce d'étoffe blanche, qu'ils trempent selon une coutume populaire dans l'eau de ZAMZAM. Cette toile leur servira de linceul après leur décès.
Puis, viennent les sept allées et venues entre les collines AL SAFA et AL MARWA, en souvenir de la course effrénée d'HADJIR en quête de secours. La foule se déplace difficilement, traversée par des mouvements de transe mystique. Cette épreuve terminée, le pèlerin peut abandonner ou garder l'état d'IRHAM, en attendant le 8 de DHOU L HIDJA, date du départ pour MINA, petite ville située à 5 kilomètres du sanctuaire.
De Mina, les pèlerins se rendent le lendemain au mont ARAFAH pour accomplir le rituel le plus important du pèlerinage : "WOQOUF" (littéralement, debout, immobile). C'est ici qu'Adam aurait retrouvé Eve, après leur expulsion du paradis et après avoir longuement erré sur terre l'un à la recherche de l'autre. Les pèlerins lèvent les mains vers le soleil couchant et s'adressent à Dieu. Enveloppé dans ce tissu blanc, qui pourrait être son linceul, le pèlerin se présente à Dieu comme sorti de la tombe, prêt pour le jugement dernier. C'est un moment de grande solitude ou de recueillement, le fondement même du grand pèlerinage. le prophète Mouhammad (que Dieu le bénisse et lui accorde le salut) a dit à ce propos :
— "Nul jour n'est mieux estimé par Dieu que celui de HARAFAH". Ce jour là, Dieu, béni et exalté, descend sur la couche céleste voisine de la terre pour montrer aux gens des cieux ceux de la terre en disant :
— «Regardez mes serviteurs : ils sont venus vers moi en mauvais état, couverts de poussière, mordus par le soleil. Ils viennent des horizons les plus éloignés solliciter ma grâce."
le Prophète ajoute :
— "Nul jour ne voit autant d'hommes affranchis de l'enfer que celui de HARAFAH."
Avant de rentrer à Mina, en grappes humaines accrochées au flanc des bus et des camions, les pèlerins s'arrêtent à la carrière - de MOUZDALIFA pour prier et ramasser les 49 cailloux qui leur serviront à lapider le SATAN.
MLNA ET LA LAPIDATION DU DIABLE
Le pèlerin revient donc à Mina.
Cette localité est peu habitée en dehors de cette période précise (les trois journées du TACHRIQ) où plus de deux millions de pèlerins viennent s'y entasser dans une immense ville de toiles. Elle est traversée d'Ouest en Est par une rue appelée CHARI-AL DJAMARATE ou rue des stèles de SATAN. A l'extrémité orientale de cette rue se trouve la première borne appelée AL DJAMRAT AL AQABA ou AL DJAMRAT AL KOUBRA. Un peu plus loin vers l'Est, se dresse la seconde borne appelée AL DJAMRAT AL WOUSTA ou stèle médiane. Puis, toujours dans la même direction, on aboutit à la troisième stèle ou AL DJAMRAT AL SOUGHRA. Selon la tradition, c'est en ces lieux que surgit à trois reprises Satan devant le Prophète Abraham (que Dieu lui accorde le salut) pour tenter de l'écarter de sa mission. Abraham lui montra son mépris en lui lançant chaque fois sept cailloux. Ce geste est renouvelé par tous les pèlerins qui, durant trois jours, viennent lancer sept cailloux sur chacune de ces trois stèles symbolisant le tentateur, pour marquer leur volonté de résister à tout ce qui peut écarter du chemins de la vérité. La colère du croyant est prise au
LA PIERRE NOIRE : La toucher ou faire simplement un signe dans sa direction
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LABBAYK-ALLAHOUMMA
mot et au symbole. Le 10 DHOU-L-HIDJA, jour du premier jet de cailloux, est aussi celui de l'AID AL KEBIR, la fête du sacrifice d'Abraham. Le «Sacrifice du mouton» est destiné à racheter l'interruption de l'état d'IHRAM que le fidèle a pu se permettre, volontairement ou non, au cours du pèlerinage. Bien que non contraints par la tradition qui autorise à jeûner 10 jours comme rite de remplacement, les pèlerins égorgent des bêtes par milliers. Les uns dans le sens du rachat d'un manquement, les autres pour perpétuer le souvenir du sacrifice d'Abraham (que Dieu lui accorde le salut).
La viande de ces sacrifices ne doit pas être, en principe, consommée par le pèlerin, mais offerte aux pauvres. Mais ce jour là, les moutons sont plus nombreux que les pauvres. Au pèlerinage de l'année d'avant, un organisme bancaire avait mis sur pied une démarche fort simple, à l'adresse des pèlerins : l'achat d'un ticket permettait au pèlerin de s'acquitter du sacrifice. Cette structure (Banque Islamique) organisait ensuite l'envoi des viandes recueillies vers les pays souffrant de la famine, après immolation des bêtes.
La station à Mina doit durer quatre nuits; Après quoi, les pèlerins regagnent la Mecque par milliers, en voiture, autobus et camions.
De retour à la Mecque, on entame le TAWAF AL IFADA (circumambulation de la fin) autour de la KA'ABA et le dernier va et vient entre AL SAFA et AL MARWA. Le voyage spirituel prend fin. Le pèlerin prie, boit l'eau de ZAMZAM, se lave, se rase et remet ses vêtements cousus.
Le HADJ se termine le troisième jour de l'AID. On achète alors les cadeaux et souvenirs.
Redevenu aussi pur que le jour de sa naissance, le HADJ jouit d'un grand prestige social.
Cependant, le long et dangereux voyage qui voyait partir chaque année nos arrières grand-parents à dos de cheval et de chameaux pour plusieurs années, se transforme de plus en plus aujourd'hui.
La distance est parcourue en 8 heures par un Boeing 747. La quête y a perdu de son absolu. Le comportement de certains individus assoiffés par le gain s'éloigne souvent des prescriptions humanitaires de l'Islam et de la tradition d'hospitalité des arabes.
Mais, cet aspect se retrouve dans tout pèlerinage, aventure intérieure de piété ternie par l'exploitation politique et commerciale qui accompagne inévitablement tout grand rassemblement humain.
En dépit de cela, le souvenir de cette immense communion de cultures différentes et d'individus d'horizons divers, rassemblés autour d'une même identité, l'Islam, demeure dans les mémoires.
Nous voulons terminer en encourageant les futurs pèlerins dans la voie qu'ils auront choisie. De plus, nous leur ferons quelques recommandations utiles, fruits de l'expérience acquise lors du dernier pèlerinage 1985.
Au niveau sanitaire :
Le carnet de vaccinations au départ des pèlerins
Les vaccinations contre les maladies suivantes sont nécessaires :
-la fièvre jaune :
-la méningite
-le choléra :
-la grippe.
Il est utile de signaler que ces vaccinations peuvent être faites au niveau du service national de l'Institut d'Hygiène.
En ce qui concerne la grippe, il est bon de savoir que la majorité des pèlerins en seront atteints (plus de 60%). A ce titre, cette vaccination devra être observée par tous les pèlerins, surtout par les personnes âgées, où le terrain est particulièrement vulnérable. D'autres vaccinations peuvent être proposées par votre médecin traitant.
- Un examen médical avant les séances de vaccination :
Cet examen permettra de dépister certaines maladies susceptibles de se décompenser au cours de cette entreprise de foi et de piété, qui a lieu sous un soleil de plomb et qui exige une certaine dépense d'énergie.
Une consultation chez le médecin généraliste permettrait d'écarter ou de prendre des dispositions vis-à-vis de :
- un diabète
- une hypertension artérielle ;
- une insuffisance cardiaque ;
- un asthme bronchique.
Ainsi, des mesures spécifiques permettraient d'éviter des complications évolutives, très facilement prévisibles dans les conditions du pèlerinage :
- prise régulière des médicaments ;
- surveillance médicale renforcée de l'équipe médicale autour de ces individus ;
- Provision des médicaments appropriés pour les maladies en cause.
L'affluence des pèlerins autour de la Kaaba
D'autre part, il est nécessaire de prendre avec soi quelques médicaments utiles :
Flavoquine " comprimés :
1 comprimé le matin à la veille du départ
2 comprimés le soir au coucher à la veille du départ
Ce traitement sera observé tous les quinze jours.
- Intetrix gellules "
Pour réduire les inconforts créés par la diarrhée du voyageur :
2 gellules matin, midi et soir.
- Aspirine 500 comprimés ou Paracetamol 500 comprimés pour soulager les maux de tête
- Vitamine C comprimés effervescents pour se redonner un peu de tonus :
2 comprimés le matin, dissouts dans un demi verre d'eau.
Les conditions d'hygiène individuelle et communautaire :
Le pèlerinage a lieu dans un pays désertique, où la température à l'ombre est au dessus de 50°C. Par conséquent, il se produit une très grande pespiration (perte d'eau par sudation), ce qui a pour conséquence la déshydratation, qui conduit à la fatigue, puis à la maladie. Aussi, il est recommandé de boire de l'eau au maximum, au moins 2 litres d'eau par jour. Nous conseillerons l'eau minérale en bouteille, qui offre les conditions optimums de potabilité.
Par ailleurs, les pèlerins devront éviter de s'exposer inutilement au soleil.
Pour éviter les égarements ou la perte des papiers administratifs des pèlerins
En ce qui concerne le premier aspect, il faut, dès l'arrivée en territoire saoudien, procéder au choix d'un MOUTAWWIF (littéralement, celui qui fait faire les circumambulations autour de la KA'ABA). En fait, c'est le logeur qui prend en charge le pèlerin dès son arrivée à JEDDAH, l'héberge durant son séjour à la Mecque et sur les lieux saints environnants et organise ses déplacements pour l'accomplissement de tous les rites du pèlerinage. On distingue le MOUTAWWIF dont le champ d'action est la Mecque, du MOUZAWWIF (littéralement celui qui fait visiter), dont le champ d'action est Médine.
Le pèlerin aura toujours sur lui la carte de visite du MOUTAWWIF, sur laquelle il inscrira son nom et son pays (à défaut de celle-ci, le pèlerin doit inscrire ou faire inscrire (de préférence en arabe) sur une feuille de papier qu'il gardera toujours sur lui, son nom, celui de son MOUTAWWIF et celui de son pays.
Pour ce qui est des papiers administratifs, il faut signaler les faits suivants :
- la délégation officielle :
Chaque pays fait accompagner ses pèlerins par une délégation officielle. Cette délégation comprend souvent des théologiens chargés de prodiguer des conseils aux pèlerins pour l'accomplissement de leurs devoirs religieux, une mission sanitaire pour leur donner des soins en cas de maladie, du personnel d'assistance administrative.
En assistant les pèlerins dans l'accomplissement des formalités de police, en conseillant un MOUTAWWIF à ceux qui n'en connaissent pas, en établissant une liste des personnes qu'elle a en charge, en réglant à la place des pèlerins les diverses redevances, en se renseignant sur les moyens de transport mis à leur disposition, en les guidant vers les guichets des banques auxquels ils sont affectés, la personne ou l'équipe chargée de ces formalités rend des services inestimables aux pèlerins, mais également à l'administration d'accueil.
Témoignage de
MEITE MORI
Médecin chargé de l'encadrement Sanitaire Pèlerinage 1985.
LES PELERINS DANS LA PLAINE D'ARAFAT
ALIF / 1992 / Page 12