Numéro
Plume Libre #43
- Titre
- Plume Libre #43
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- octobre 1995
- numéro
- 43
- Résumé
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- nombre de pages
- 8
- Sujet
- Moustapha Diaby
- Conseil Supérieur Islamique
- Sékou Sylla
- Élection présidentielle ivoirienne de 1995
- Construction mosquée
- Radicalisation
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001363
- contenu
-
PLUME Libre
"Oui ceux qui mécroient, c'est égal pour eux, que tu les avertisses ou ne les avertisses pas: ils ne croiront pas.
S.2 V.6
Mensuel Islamique Ivoirien d'Informations Générales
Octobre1995 - du 06 Djoumadall au 04 Radjab 1416 H - 200F-N°043
L'Imam Sékou Sylla aux fidèles
( à propos de la sittuation politique)
"Craignez un péril qui ne s'arrêtera pas à ceux qui vont le provoquer ! "
Pouvoir-opposition
Vers le "deuil pour deuil, sang pour sang"?
LA COTE D'IVOIRE FACE A SON DESTIN
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édité par le Groupe Plume Libre
Petite Mosquée de la Riviéra
08B P: 2462 tél: 43 47 58 Fax: 43 78 38
Dépôt légal: n°2732 du 07-09-91
Directeur de Publication:
Dembélé Fausseni
Rédacteur en Chef: Koné Zakaria
Secrétaire Général de la Rédaction:
Koné Seydou
Photos: Ojekalé Mahmoud et Inza Koné
Micro-Composition: Grpe Activ'Service
14B p 1310 Abidjan 14 tél 39 26 28
Impression: Imprimerie-Reprographie
tél: 37-03-28
Distribution: Edipresse tél: 37-17-27/18-60
Au sommaire de ce numero
Edito-plume
La Côte d'Ivoire face à son destin..........................P. 2
Plume dans le quotidien
La nouvelle mosquée d'Adjoufou..........................P. 3
Plume religieuse
Sékou Sylla craignez un péril qui ne s'arrêtra pas à ceux qui vont le provoquer...............................P. 4
Plume Politique
Pouvoir opposition: vers le deuil pour deuil sang pour sang?..............................................................P. 5
Diaby Koweit par ci Cherif parlà: la bouffonnerie continue..................................................................P. 6
T.V: Inégalité de traitement.....................................P. 6
Origine nationalité: un péril pour la nation............P. 7
France-Afrique: l'ère chiraquienne ou le retour de l'Afrique au statu quo ante.....................................P. 8
Plume services
Naissance
La Oumah islamique vient de s'enrichir d'un nouveau membre.
En effet, depuis quelques jours Mr et Mme Dagnogo Abrahamane, frère aîné de l'actuel président de l'AEEMCI et ancien membre du comité Exécutif de cette association, sont les heureux parents d'un nouveau et beau bébé. Dagnogo Ibrahim El Hadj c'est son nom a été baptisé le Dimanche 1 Octobre dernier à Attékoubé en présence de nombreux amis et connaissances.
La Rédaction de "Plume Libre" présente ses félicitations à l'heureux couple.
Décès
Nous avons le profond regret de vous annoncer le décès de Coulibaly Souleymane, Chef du service "Avis et Communiqués" à la Radio nationale, et oncle de notre frère Coulibaly zanifon ex trésorier du Comité Exécutif de l'AEEMCI.
Nous avons également le regret de vous annoncer le décès du père de notre frère Abou Fofana ( membre du BEN de l'AIMCI ) et grand-père de notre frère Abou Fofana ( Directeur de la librairie HIJJRA ).
Assurément nous sommes à Dieu et nous retournerons à Dieu ( coran ).
Fasse Dieu qu'ils reposent en paix!
Edito-plume
LA CÔTE D'IVOIRE FACE A SON DESTIN
Koné Zakaria abd'Allah
L'heure est grave, extrêmement préoccupante. De l'illusion de la paix nous venons de faire le pas décisif qui nous plonge dans la mer tumultueuse de la guerre. Les premiers martyrs hantent déjà et désormais les couloirs du palais. Or donc il n'existe pas de nature ivoirienne tournée irrésistiblement vers la paix, la passivité, la soumission comme les faucons de la basse cour ont toujours tenté de nous en convaincre. En effet une résignation naïve et trop persistante à l'égard des tendances du politique ivoirien à accordé justice à son peuple, a dissimulé au plus grand nombre le danger de chaos qui nous menace aujourd'hui. La réalité est là combien affreuse et épouvantable : le feu et le sang qui semblent désormais de moins en moins évitables Mais devant cet apocalypse imminent ce qui donne d'avantage de frisson, c'est la légèreté avec laquelle on prétend poser le garrot salvateur qui va arrêter l'orage de sang qui s'annonce à l'horizon en clamant dans le meilleur esprit peut-être que la loi c'est la loi ; elle doit s'appliquer quelle qu'elle soit. Mais bon Dieu de quelle loi s'agit-il? Car il y a loi et loi. Laquelle s'applique à tous et à tous les prix et laquelle doit changer selon l'intérêt général?
La loi qui s'impose impérativement ce n'est pas cette loi qui ballote de rive en rivage au gré d'intérêts rivaux. La loi immuable ce n'est pas celle marquée au sceau de la subjectivité d'esprits partisans et qui rencontre la révolte d'une frange importante du peuple. La loi qui ne change pas ce n'est pas cette loi dont le caractère impersonnel n'est ni prouvé ni garanti.
Et on ose faire un rapprochement avec le fétiche. Mais justement pour que le fétiche s'impose à tous il faut qu'on l'ait fabriqué ensemble et qu'on l'adore ensemble. Alors qu'on arrête les jérémiades si on n'est pas capable de prendre la vérité par les cornes. La loi qui s'impose à tous de façon impérative et sans exception en tout temps et en tout lieu et qui doit s'appliquer quoique cela coûte aux uns et aux autres, c'est la loi des vertus morales. Ce sont entre autre les lois de la justice, de l'équité, de la probité et de la transparence dans la gestion de la cité. Si cette loi fondamentale des vertus n'est plus située au-dessus de l'état, les animateurs de celui-ci peuvent proclamer sous forme de loi tout ce que bon leur semble. Aucune limite n'est alors imposée à l'arbitraire si ce n'est leur puissance coercitive réelle pour mettre en vigueur leur volonté. Nous en sommes là aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Le trouble actuel est le résultat de la lente désintégration des notions de justice et de probité. C'est le lieu de préciser que la dictature représente non pas la personnification de l'autorité mais celle du pouvoir qui rejette les appels de la raison, de la probité, de la justice en somme de Dieu.
Alors que les ivoiriens prennent la juste mesure des flammes qui nous menacent, la Côte d'ivoire est face à son destin. De notre capacité à dire la vérité et à soutenir les valeurs morales immuables et universelles, dépend notre survie.
Que celui qui a la grandeur d'âme élevée au niveau de cette capacité veuille bien la mettre au service de notre patrie ou qu'il se taise à jamais.
Chapelet
"Charités électorales"
L'économiste et le professeur se sont lancés dans la course que certains disent sans enjeu. Nos murs, nos oreilles, notre vue seront quant à eux bien servis même si ça parait indigent au regard de 1990. Les têtes et nos corps fossilisés par le quotidien intenable seront pendant ces jours bien dotés: casquettes, tee-shirts, médaillons. C'est vrai que les sous invisibles malgré les grandes pluies de milliards ont commencé une danse carnavalesque sous nos yeux. Les "rassasiés" promenant valises de 117 et 200 millions chez le prince. Ces "modiques" contributions qui insultent nos misères nous révèlent fatalement notre condition de "damnés". Pour le reste, on peut toujours se contenter des charités électorales et attendre encore cinq ans.
Leyla Daloufa
Micro-Composition:
Activ'Service 14B.p 1310 Abidjan 14 tél 39 26 28
Colère
IVOSEP : Un peu d'égard pour les musulmans.
Mercredi 20 Septembre, nous nous rendons à IVOSEP pour une levée de corps (activité principale d'IVOSEP). Elle était prévue pour 16h30. Avant cette heure nous décidons de nous acquitter de notre devoir vis à vis de Dieu, à savoir faire la prière de ASR (16h).
Grande fut notre déception doublée d'une colère de constater qu'à IVOSEP tout a été peut-être prévu, sauf un lieu pour les musulmans, où il peuvent faire leurs prières.
Si vous allez à IVOSEP et que vous voulez faire votre prière, on vous indiquera la devanture des toilettes et on vous présentera des nattes de fortune. C'est donc dans cette odeur nauséabonde des toilettes que vous accomplirez vos prières. Triste tout ça. Les responsables d'IVOSEP font tout pour ignorer les musulmans concernant leur lieu de prière, mais n'oublie pas de traiter les corps de musulmans pour empocher les sous.
Messieurs les responsables d'IVOSEP, veuillez à corriger cet état de fait, afin que toutes les confessions se sentent à l'aise chez vous. Ayez un peu d'égard pour les musulmans.
Ben Nabil
Plume Libre / Octobre1995 - du 06 Djoumada II au 04 Radjab 1416 H
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Plume politique...
DIABY KOWEIT
par-ci, Chérif par là : La bouffonnerie continue.
Kèlètigui Sylla
En Côte d'Ivoire, on connaît des situations burlesques. Si burlesques qu'on se croirait dans un numéro de clowns. En effet, il suffit de porter un manteau et une chéchia rouges, de laisser pousser sa barbe et d'exhiber un chapelet kilométrique pour bénéficier des grâces de certains individus et être présenté comme "grand imam" de quelle mosquée ? Ce n'est pas important.
Scénario : des plaisantins de ce genre, on les ramasse à la pelle avec leurs déguisements bigarrés. On les rassemble dans une salle et on organise un semblant de congrès d'imams affiliés à un prétendu Conseil Supérieur Islamique, dirigé par un drôle d'imam, à la fois Conseiller présidentiel, secrétaire général de parti, et "homme d'affaires" (excusez du peu).
Et c'est parti pour les singeries d'un groupe d'individus qui, comme des primates, veulent exécuter les mêmes gestes que les hommes doués de raisons et d'intelligence. Suivez-nous.
Du samedi 30 Septembre au dimanche 1er Octobre, le COSIM (le Conseil supérieur des Imams) organise un séminaire de formation à Bingerville. Aussitôt, le fameux Diaby Koweït décide au même moment d'organiser un congrès des imams affiliés au Conseil Supérieur Islamique ; et comme il fallait s'y attendre, c'est le gentleman enturbanné aux multiples fonctions qui est élevé au rang de "guide suprême" de ce groupe "d'imams de circonstances" (n'ayons pas peur d'utiliser ce mot puisqu'il est à la mode).
D'un autre côté, le COSIM fait une déclaration sur le code électoral, invitant les autorités à se pencher sur certains de ces aspects. Aussitôt, comme dans un match de ping pong un individu enturbanné de blanc, avec une barbe blanche qui devrait être un signe de sagesse, fait son apparition sur les écrans de la télévision nationale dans un baragouin qu'il croit être la langue de Molière, écorche les oreilles des téléspectateurs en comparant les paroles d'un homme à celles de Dieu ! La bouffonnerie tourne à la catastrophe. Le vieillard, Chérif est son nom, qui à son âge devrait s'occuper de ses petits enfants prononce des énormités entérinant ainsi l'adage qui dit que le bouc n'aurait jamais été conduit à l'abattoir si la barbe avait été un signe de sagesse. Seuls des imams de circonstance, des marionnettes en fait peuvent agir de la sorte. Mais qu'ils se détrompent. Les imams de la côte d'Ivoire les vrais, et ils sont légions, savent bien faire la différence entre un pantin et un imam. Ils savent tous que la chéchia, la gandoura, le chapelet ne suffisent plus pour s'arroger ce titre si respectueux d'Imam.
Moralité : L'habit ne fait plus le moine.
Ben Nabil
Vu pour vous à la télé
INÉGALITÉ DE TRAITEMENT
Mardi 03/10/1995, au Journal de 20h Levy Niamkey Journaliste à TV1 faisait son appel à la paix après les événements malheureux du 02/10/1995. Ce fut très pathétique, mais hélas, cet appel nous a laissé sur notre faim tant et si bien qu'il a été fait avec des œillères.
Après les événements du 02/10/1995, toute la Côte d'Ivoire meurtrie, était sans voix à cause de ce qu'elle venait de vivre, vingt quatre heures auparavant. Avec la mort de cinq ivoiriens : un gendarme et quatre démocrates qui ne faisaient que condamner le code électoral voté par le gouvernement Bédié et qui divise les Ivoiriens aujourd'hui.
Meurtri et blessé dans sa chair comme les autres Ivoiriens, Levy Niamkey, journaliste au vrai sens du terme a fait un appel à la paix, comme à ses habitudes (cf. reportage sur la paix en Afrique). Contrairement à des journalistes qui, en panne sèche d'arguments, se croient obligés de descendre dans la poubelle, Levy dans le film qu'il a proposé a eu recours à sa propre voix. Mais pour donner un poids à ce qu'il disait a eu à puiser dans les archives de la RTI pour nous faire revivre des appels lancés par les religieux. C'est ainsi que l'on vit successivement défiler à l'écran Mgr Agré, le Pasteur N'cho mais point de Tidiane Bah, de Koudouss ou Fofana Aboubacar.
Pourtant tout le monde connaît ces dignes représentants de l'Islam dans notre pays. En plus de cela, tout le monde est au courant de l'adresse des Imams faite à la Nation, concernant le code électoral. Levy Niamkey s'est contenté de nous présenter un vieil homme en train d'égrener son chapelet. Cet acte par Levy posé est surprenant. Seul lui peut nous expliquer pourquoi il a oublié (?!). Comme par enchantement ce message des imams tant repris par les journaux, Levy peut peut-être ne pas le savoir, mais son devoir de journalisme l'oblige à faire des recherches avant toutes diffusions. A moins qu'il n'ait pris délibérement l'engagement d'ignorer l'Islam, religion pourtant majoritaire en Côte d'Ivoire. Levy Niamkey passait pour un journaliste trop sérieux et exemplaire pour faire pareille chose. A moins que ses "get keapers" ne l'y aient contraint. Il a fait preuve d'une inégalité sans pareil.
Un lycée privé à second cycle à Odienné dès la rentrée des classes 1995-1996
LE "LYCÉE PRIVÉ DIABY", SIS DANS LES ANCIENS LOCAUX DE LA CNPS, A TOUT PRÉVU POUR
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Classes ouvertes :
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44 - 18 - 57
44 - 42 - 81
44 - 41 - 03
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Plume Religieuse
Sermon du Vendredi
l'Imam Sékou SYLLA à la Nation:
" Craignez un péril qui ne s'arrêtera pas à ceux qui l'auront provoqué!"
L'éléphant d'Afrique, s'il réalise de bons scores sur l'économique réalise cependant de très mauvais score sur le plan intérieur.
L'éléphant d'Afrique est malade, très malade, et ce qui est inquiétant, c'est la tournure que prennent les choses. Tout le monde, le Lundi dernier 02 Octobre 1995 a été meurtrie dans sa chair, car pour la première fois en Côte d'Ivoire, des hommes sont tombés sous des balles. Des Ivoiriens se sont entretués. C'est une grande première, fasse Dieu que cela n'aille pas loin. Chers frères et chères sœurs, l'heure est grave. L'heure est très grave et nous ne sommes pas au stade de l'inquiétude, mais au stade de la peur presque même de la panique et chaque petite nouvelle actuellement fait affoler tout le monde; c'est le signe du danger qui tourne autour de nous. Et nous les Imams et les membres chargés du clergé et toutes les autres confessions avons fait part de notre avis sur le déroulement des choses, malheureusement, nous n'avons pas été entendu, certains même ont affirmé que nous n'étions que des civils comme les autres mais, nous avons dit et nous continuons à le dire, nous ne voulons pas jouer au médecin après la mort.
Nous ne voulons pas qu'on nous dise un jour "pourquoi vous n'avez pas dit". L'histoire sera témoin, nous avons donné notre avis et nous continuons et nous persistons sur ce que nous avons. Que Dieu nous assiste, et que Dieu sauve la Côte d'Ivoire."
Tous les hommes peuvent commettre des erreurs mais les meilleurs des hommes, c'est ceux qui se ressaisissent rapidement. Cet Hadith que nous répétons tous les vendredis, a toute sa signification aujourd'hui. Et le Tout Puissant nous dit dans le saint Coran. " Craignez un péril qui ne s'arrêtera pas à ceux qui vont le provoquer" c'est le Coran qui nous le dit. Cela nous amène Chers frères et chères sœurs à dire cet autre Hadith du prophète Mouhammad (SAW) qui dit : "les dangers, la guerre sont en sommeil, malédiction, malheur de Dieu à celui qui va être le responsable de leur mise au grand jour".
Et le prophète Mouhammad (SAW) a donné exemple des hommes qui sont dans un bateau, certains en haut et d'autres en bas qui montent de temps en temps pour aller prendre de l'eau potable sur le pont. Ces derniers, un moment prétendant qu'ils sont fatigués d'aller prendre cette eau sue le pont, décident de le prendre directement dans la caille en perçant le bateau. Le prophète dit à cet effet, "Si ceux de la haut laissent ceux du bas percer le bateau c'est tout le monde qui va périr en même temps".
Voilà où la Côte d'Ivoire en est aujourd'hui. Et là nous commençons par les hommes politiques de la droite comme de la gauche comme du centre, comme d'en haut ou d'en bas. Il n'est pas tard, chers politiciens de la Côte d'Ivoire de faire la paix. Il n'est pas tard, il n'est pas tard, car même le petit temps qui reste peut être salutaire pour tout le pays.
Regardez la Palestine, depuis 1940, ils ont fait la guerre, mais ils ont fini par s'asseoir pour dialoguer. Vous prenez l'Afrique du sud, l'Apartheid, qui était une loi où les gens se sont entretués, ils ont fini par s'asseoir pour dialoguer, et enfin l'Angola qui après vingt ans de guerre civiles, a vu des enfants s'asseoir et discuter ça c'est toujours terminer ainsi. Et plus près de nous au Liberia qui est à nos portes, ils se sont entretués, ils ont même poussé jusqu'à chez nous, mais ils ont fini par s'asseoir et discuter. Alors chers politiciens de la Côte d'Ivoire, sachez que c'est par la discussion que tout va se régler
Alors faites l'effort de nous économiser; une guerre pour notre pays., car comme les journalistes ont coutume de le dire; on sait quand une guerre commence, mais on ne sait jamais quand elle prend fin. Et il faut jamais minimiser l'adversaire. Alors comme Monseigneur Agrey l'a dit le Jeudi 05/10/1995, que chacun fasse un effort pour faire des concessions. Il n'est donc pas trop tard pour nous éviter ce que nous avons coutume de voir à la Télévision. En Bosnie et autres. Mais ce qui m'a frappé depuis quelques jours Chers frères et chères sœurs, le savez-vous? remarquez aux arrêts de bus, à la gare, depuis cocody, de port bouet, d Anyama, vous avez les gens avec leurs petites valises. Les gens commencent aller au village, à faire partir les parents au village, en prévision de ce qui se prépare, car le ciel s'assombrit chez nous. Les gouttes ont commencé à tomber, il ne reste la tornade, fasse Dieu qu'il 'éclate pas. Si vous sortez de la mosquée, remarquez d'ailleurs, dans les gares vous verrez des gens, dans les arrêts de bus attendant le taxi avec leurs sacs, c'est l'exode interne qui a débuté. L'exode interne à déjà commencer et c'est par la faute des politiciens, car vous et nous qui ne pouvons pas prendre un billet d'Avion pour aller à Paris, ou à Londres ou à Washington, nous ne pouvons faire que cela. Sachez qu'il y a des hommes qui ont déjà commencé à faire partir leurs parents vers ces pays tandis que vous et nous sommes encore ici à Abidjan. Et vous les hommes en uniforme, nous voulons vous dire la chose suivante : la balle qui s'en va ne connait pas le frère, ni la sœur. La balle qui s'en va tuer, vous ne savez pas qui il va tuer. Et n'oubliez pas que nous nous connaissons entre nous. Chers frères et chères sœurs, l'heure est très grave, très très grave, c'est l'angoisse, c'est la panique. Chacun fait ses prévisions, on se croirait en Bosnie où chacun fait ses emplettes pour se mettre à l'abri. Comme nous l'avons déjà dit : "craignez une guerre qui ne va pas s'arrêter à ceux qui l'on décidée". Ceux qui l'auront voté sur papier seront en Europe, c'est nous qui serons à l'intérieur ici, soit entrains d'accompagner les uns au cimetière, soit entrain de pleurer nos morts; Que Dieu protège!
Troisième personnage auquel je voudrais m'adresser, ce sont les hommes Satans, car dans cet imbroglio, il y a une catégorie d'hommes, qui ne font que souffler sur le feu, ce sont eux les hommes Satans. c'est eux qui mettent l'huile sur le feu. Sachez qu'à l'heure où nous sommes, mot pèse lourd; chaque mot pèse très lourd et chaque bout de mot, chaque phrase peut enflammer ce pays. Et mon inquiétude est devenu encore plus grande ce matin, lorsque à cela, à ce danger, à cet explosif, nous avons l'aspect qui commence à
L'Imam Sékou Sylla de la petite mosquée de la Riviéra
Charles Taylor (Chef du N.P.L.F)
Le syndrome libérien guette la Côte d'Ivoire.
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Plume politique...
Pouvoir - Opposition
Vers le "deuil pour deuil sang pour sang"?
Leyla Daloufa.
Pays de dialogue , pays de paix! Pendant trois decennies les attributs et superlatifs n'ont pas manqué pour magnifier la situation exceptionnelle de la cote d'ivoire de stabilité dans une Afrique des instabilités , revolutions coups d'Etat . Dépuis 1990 et singulièrement depuis un certain 7 Décembre 1993, le destin fatal de l'Afrique semble avoir rattrappé l'éléphant d'Afrique. Mieux le pachiderme apparait aujourd'hui englué de tel sorte que chaque pas vers un lendemain semble une nouvelle avancée vers l'apocalipse. Les raisons? les apetits et autres extrémismes politiques. D'un Côté le PDCI des Fologo, Guikahué et autres Atsin Achi de l'autre le front républicain mené par Laurent Gbagbo ,
gendarmes bardés d'armes de combat . le spectacle était tout simplement apocalyptique pour ce peuple qui aussi loin que l'on remonte la mémoire, n'en n'a pas connu de pareil après son accession à l'indépendance. même les jours chauds d'Avril 1990 qui ont contraint le premier chef d'Etat Ivoirien Feu Felix Houphouet Boigny a instauré le multipartisme n'ont pas atteind un tel seuil de violence. Cinq morts au total dont quatre par balle et par accident, un gendarme chargé pour le maintient de l'ordre . Alors qu'on s'attendait à ce que cette journée funeste serve de détonateur pour ramener à la raison les acteurs politiques, les positions semblent malheureusement se crisper. La
CNB qui a dans une déclaration solennelle lu à la télévision, invité ses ouailles à donner la replique à l'opposition. Dans les milieux proches du front républicain on laisse entendre que le PDCI et ses multiples clubs sont sans réel emprise sur le terrain. Ils ne ferraient que s'abriter derrière les forces de l'ordre et inciter celles-ci à broyer de l'opposition. Mais comme le martelle un jeune sympathisan de l'opposition, "si les gendarmes tirent, nous nous
Djény Kobinan ( R.D.R )
Bamba Moriféré et Djény Kobinan. Le péril d'abord latent a pris corps dès lors que au << asseyons-nous et discutons>> de ceux-ci a fait écho la cinglante réponse "le débat est clos" de ceux-là. À la surenchère verbale des deux côtés a succedé depuis le 02 Octobre la triste réalité de l'affrontement. En effet, ce jour-là, des lagunes Abidjan était la parfaite replique des villes palestiennes accupées aux plus forts de l'Intifada : pneus enflammés, barricardes de toutes sortes cocktail molotofs, gaz lacrimogènes nourries de
Gbagbo laurent ( F.P.I )
être à la messe présidentielle. Le pouvoir à l'image du chef de l'Etat reste intransigeant : "le code électoral ne sera pas retirer". Il se fait même menaçant "aucun Etat ne peut laisser la chienlit s'installée".
Sur ceux, l'opposition ne donne aucun signe de fléchissement. Mieux la détermination est comme bonifiée par la radicalisation du PDCI. Lors d'une conférence de presse organisée quelques heures après la rencontre avec le président Bédié le chef du FPI a assené " on naît un jour et on meurt un jour" ça se passe de commentaire . Pour mobiliser les bases le RDR et le FPI ont organisé des conventions extraordinaires. Le mot d'ordre commun aux militants "restez mobiliser comme des soldats". Quelques jours avant eux Dona-Fologo le Secrétaire général du parti au pouvoir lançait à ces troupes en substance "il faut opposer tous les moyens aux violences de l'opposition". Au regard des nuages qui s'amorcellcnt on ne peut qu'être inquiet pour la Côte d'Ivoire . Si les énergies concentrées de part et d'autre devaient déferler sur le carré éburnéen nul doute que le 02 Octobre ne ressemblerait qu'à uné embrassade joyeuse au regard de ce qui s'anonce . Déjà la machine pernicieuse de l'intoxication de la délation, des
rencontre le mardi 03 Octobre dernier entre le chef de l'Etat et l'ensemble des partis politiques reconnus a accoucher d'une toute petite souris. Rien n'a se mettre sous la dent de ce côté. Nombre d'observateurs ont d'ailleurs fait remarquer que l'élargissement à tous les partis de cette rencontre initialement prévue entre le chef de l'Etat et les partis significatifs notamment le front républicain était le signe d'un échec patent . Des Leaders de partis quraient passer plusieurs heures à se rememorer le cigle de leur formation politique pour pouvoir
suspicions est en marche. dans les bureau, les marchés, les bus, on se ragard en chien de faïence en s'épie. Les passions surtout tribales s'exacerbent. de plus en plus, on n'a confiance qu'aux siens. Comme pour décupler les énergie destructrices et organiser les apetits voraces, les rumeurs les plus folles sont savemment distillées, ont fait ainsi état de forces de repressions constituées sur des bases tribales prêtes à intervenir au moment opportun pour casser
defendrons par tous les moyens. Ils vivent avec nous dans les quartiers: leurs épouses et enfants sont connus de nous. Notre replique sera foudroyante. comme on le voit, deux Côte d'Ivoire aujourd'hui sont face à face prêtes pour l'affrontement. "Le pays assurément mettra du temps pour se relever si d'avanture les va-t-en guerre l'emportaient sur le reste de la population . Il est temps que les suplications des Imams , des Evêques, de la société civil
trouvent un échos au près d e s politiciens Ivoiriens. Le temps les dates la volonté de règner ... Aucun obstacle n'est insurmonté pour préserver le présent e t l'avenir
Pierre Gnangni N'Da ( P.D.C.I )
tout ce qui ne respire pas au rythme du pouvoir. Il est également question d'armes achetées massivement du côté du Libéria pour alimenter des maquis en constitution. De source digne de foi cependant, il est de plus en plus question de ne laisser aucun coup de l'adversaire sans réponse. C'est certainement le cas de Pierre Gnangni N'Da le président du
du pays. Il est encorè possible d'éviter le "deuil pour deuil sang pour sang".
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Port-Bouët:
Une nouvelle mosquée à Adjoufou.
Par Koné Seydou
Photos: Cissé Adama
Madame Bamba Aïcha :
Priez pour moi.
[Photo: L'Imam Camara au centre, avec à sa gauche El Hadj Djiré, et à sa droite le donnateur Al Hadj Mouhamed]
Vendredi 29 Septembre 1995. Le quartier Adjoufou de la commune de Port-Bouët connaît une animation inhabituelle. Cela n'a rien à voir avec les combats que se livrent opposants et forces de l'ordre à travers les rues d'Abidjan. Il s'agit plutôt de l'inauguration de la nouvelle mosquée du quartier.
Adjoufou compte désormais une mosquée de plus. C'est une belle bâtisse blanche. Bercée à la fois par le clapotis des vagues la mer toute proche et le rugissement des moteurs des avions la seconde mosquée du vendredi est décorée de tableaux sur lesquels on peut lire la shahada ou encore le nom du Prophète. Sur le sol des tapis s'étalent des deux côtés du mur qui sépare les hommes des femmes.
Lorsque nous arrivons sur les lieux il est 11H45. Un frère est en train de livrer un pré-sermon. A 12H15 un autre lui succède sur le podium c'est Oustaz Cissoko de Marcory.
12H40: Les muezzins entonnent l'Adhan l'un après l'autre aux trois portes de mosquée. Arrive l'Imam Camara qui salue s'installe sut sa chaire se redresse et s'adresse à ses fidèles en s'appuyant sur sa canne. Il lit ensuite un passage du Coran en fait un tafsir en Dioula avant d'inviter les fidèles à s'acquitter de la grande prière Le président Mamadou Traoré de la section locale de l'AJMCI, son secrétaire général Salif Taméoga et le délégué culturel Adama Koné étaient les plus heureux ce jour-là. En effet leur dynamisme venait d'être récompensé par le don fait par l'un des membres d'honneur de leur sous-comité.
Il est né Adiamba Niamké Joseph en 1922. Il est devenu Al Hadj Mohamed. Naturothérapeute de profession, il soit et guérit par les plantes. L'amour qu'il a pour Allah, il a voulu l'exprimer en faisant don d'une mosquée à la communauté un d'un siège au Sous-comité de l'AJMCI. Ce vendredi donc, c'est un frère rayonnant de joie qui a accueilli les représentants du COSIM et du CNI. Discret à souhait, notre donateur n'en a pas moins saisi l'occasion pour formuler des prières afin que règne sur la Côte d'Ivoire la paix et l'entente entre les fils du pays. C'est à son domicile que nous nous sommes entretenus avec l'Imam Camara et son adjoint Habib Touré. Pour l'Imam, la lecture du Coran sera d'un apport inestimable pour le maintient de la paix sociale. Quant au représentant du CNI, El Hadj Djiré, il a remercié le Très-Haut, a prié pour qu'Il exauce les prières des fidèles avant de terminer en félicitant le donateur pour son geste.
Lorsque nous quittions les lieux la cour de la mosquée grouillait encore du monde qui était resté pour partager le copieux repas offert par Al Hadj Mohamed. Un geste à encourager. Une communauté à féliciter.
Elle s'appelait Toti Edwige. A la faveur de la sa conversion en Mai 1994 à l'Islam, elle est devenu le 26 Janvier 1995 l'épouse du frère Bamba Mohamed.
C'est par les rêves qu'Aïcha est arrivée progressivement sur la Voie droite. Aujourd'hui elle n'a qu'un seul mot à la bouche: merci. Elle remercie Dieu parce qu'elle a vu de ses yeux la preuve de l'Islam. On comprend dès lors la peur qui l'habite d'avoir à perdre un jour cette foi. C'est la raison pour laquelle elle demande à toute la communauté de prier pour elle.
Aïcha est fière de sa religion et ne cache pas la joie qu'elle éprouve d'être auprès de son mari et encadrée par les jeunes musulmans de Port-Bouët. Nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance.
Koné Seydou
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Un lycée privé à second cycle à Odienné dès la rentrée des classes 1995-1996
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Plume politique
ORIGINE NATIONALITÉ :
UN PÉRIL POUR LA NATION?
Badr Touré
Dans son Numero d'Octobre 91 " Plume Libre " mettait déjà le doigt sur le péril que constituait pour la nation les amalgames et confusions faits entre l'origine et la nationalité. Quatre ans après, le code-Bombet redonne à ce texte toute sa signification. Nous vous le reproposons.
Ivoirien, étranger, quelle différence en Côté d'ivoire? Au niveau du grand public, subsiste une confusion totale. C'est un problème qui n'a jamais été objectivement posé. Il surgit parfois à la faveur de quelques événements importants tels les premières élections multipartites d'Octobre 1990, parfois aussi à la faveur de discussions plus ou moins sérieuses, dans un bus, dans un maquis, au stade etc.
Le code de la nationalité a sa position qui n'est pas forcement celle des populations. Alors question : qui est "Ivoirien"? quels rapports y a-t-il entre l'origine et la nationalité? Voici un problème très sérieux qui n'a jamais fait l'objet d'une étude ou d'un débat approfondi et qui, à la longue risque de mettre en péril notre jeune Nation. Il doit être résolu au plus tôt. "Plume libre". Ouvre cet épineux dossier. Il est fréquent de voir dans les rues d'Abidjan des gens se traiter mutuellement << d'étranger >>. A ce niveau, les préjugés vont bon train. Parfois ce sont les frontaliers du GHANA qui sont considérés comme << les étrangers >>, par moments aussi, ce sont les nordistes, les étrangers du pays. D'autres fois encore, ce sont tous ceux qui portent les noms << Dioulas >>. Noms désignant généralement les musulmans qui sont d'emblée les << indésirables étranger >>. De l'homme de la rue aux cercles << bien pensants >>, on mélange sans cesse les éléments selon les objectifs du moment : l'appartenance ethnique, la situation géographique et la conviction religieuse sont autant de paramètres qui peuvent transformer subitement d'honnêtes Ivoiriens en étrangers. très souvent, les problèmes commencent à se poser lorsque l'individu occupe un poste de responsabilité ou jouit d'un privilège sur le plan social. Le mot << étranger >> lui-même n'a pas une connotation précise. Manœuvre de dénigrement de responsables à quelque niveau que ce soit, acte de jalousie à l'endroit de la réussite sociale de quelqu'un ou d'un groupe ou encore moyen utilisé pour créer le complexe chez l'adversaire? En tout cas, le mot << étranger>> est devenu un leitmotiv dont se servent bon nombre d'Ivoiriens parmi lesquels des personnalités politiques et des intellectuels responsables. Cette situation inconfortable pour bon nombre de citoyens crée un malaise dans la population et est source de tensions, d'insécurité, d'absence de paix sociale et de cohésion nationale. Elle conduit souvent même à des actes de vandalisme sur certaines personnes. Or il est important, que toutes les popula-
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s'ajouter. nous savons que la plus dangereuse de toutes les guerres y a la guerre tribale. Et cet aspect des choses commence à faire son petit bon homme de chemin. Chers frères et chères sœurs, nous sommes inquiet, nous avons peur pour notre pays peur pour l'avenir. Nos enfants qui sont avec nous, j'ai peur qu'ils ne reprennent l'école cette année. J'ai très peur Chers frères et chères sœurs. Voyons les positions de part et d'autre. Aucun parti ne veut faire de concession; et chacun parle d'être Républicain. Sachez que les armes ne connaissent pas la République. Non Chers politiciens ayez pitié de votre population ayez pitié de ce pays qu'on vous léguer, ayez pitié de ce pays. Car, s'il n'y a pas de concession ce sera inévitable évidement. Je répète dans un affrontement, il ne faut jamais négliger son adversaire. Les malinké le dise si bien "de la touffe d'herbe que tu néglige on peut extraire la corde qui t'attachera". Que Dieu nous aide. L'heure est très grave inquiétante. Et voyez les informations foules qui circulent dans le pays actuellement. À chaque moment, à chaque instant, on n'est affoler on n'est pas très loin de cette description apolyptique que le Coran nous signale cf. "sourate". Qu'est ce qui arrive à l'éléphant d'Afrique? Quelle est cette folie qui prend l'éléphant d'Afrique? Est ce qu'il est encore trop tard pour s'asseoir et éviter à notre pays, à ce pays qui d'ailleurs donné en exemple en Afrique, que tout tombe à l'eau par la faute d'une guerre qui peut tout détruire en un seul jour.
Après les hommes Satans, je m'adresse aux Satans charognards! qui sont ceux-là? Ceux sont les grandes puissances qui ne viennent jamais avant la guerre. Ils ne viennent qu'après que la guerre est déclenchée. Qu'est ce qu'elle attendent aujourd'hui pour intervenir? Pour que nous retrouvions le climat de paix que nous connaissions auparavant; mais elles attendent certainement le moment où nous << nous commencerons à nous bouffer pour intervenir. C'est en ce moment que les commerçants d'armes commenceront à intervenir, car c'est en ce moment que les affaires fructifient. C'est en ce moment qu'elles se feront une guerre des chiffres pour déterminer celle qui a été la plus grande vendeuse d'armes c'est ça leur marché : nos chairs, nos enfants, nos épouses et nos pays. Elles veulent que nous nous entredéchirions qu'elles viennent vendre les armes. En ce moment le chômage diminue chez eux. Elles créent donc la mort chez nous, pour régler le problème du chômage chez elles. C'est ça la réalité. Alors Chers frères et chères sœurs vous et nous la seule chose qui nous reste, car nous n'avons rien d'autre c'est le record à Dieu. À où nous sommes, d'après ce que nous avons vu dans les positions il n'y a que Dieu peut nous sauver. humainement parlant nous avons fait ce que nous devions faire, nous avons dit ce que nous devions dire, mais comme aucune position ne change alors chers fidèles nous qui sommes de la société civil adressons nous à Dieu. À compter de cette prière d'aujourd'hui nous avons décidé de passer à ce que Mouhammad (SAW) dont Dieu dit dans le Saint Coran qu'il ne dit rien de lui-même mais, que tout ce qu'il dit est l'émanation de Dieu nous a conseillé : Le Quonout. Il s'agira pour nous de nous adresser à partir de la deuxième rakat à Dieu car le Prophète (SAW) en temps de crise, en temps de guerre, en temps de péril, il faut avoir recours au Qounout. Nous ferons donc le Qounout pour que la situation difficile que nous vivons revienne à l normale. Nous le ferons dans toutes les cinq Canoniques et dans les prières du vendredi. C'est une décision du CNI. C'est tout ce qui nous reste : le recours à Dieu afin qu'il aide ce pays à sortir de la crise, de zone dangereuse dans laquelle il est engouffré. Lorsque les hommes ne peuvent plus rien, il faut qu'il s'adressent à celui qui les a créés, car c'est lui qui détient la vérité.
À partir d'aujourd'hui que chacun dans sa famille, partout où il se trouve fasse des prières Zikrs, des lectures du Coran afin d'implorer le Tout Puissant qu'il fasse revenir nos hommes politiques à de meilleurs sentiments afin que le pays soit sauvé, car pour une poignée d'hommes, on détruire tout un pays. Aujourd'hui, quand je vois Jonas Savimby tapé sa poitrine, content pour un poste de Vice-président, content parce que les grandes puissances ont octroyé 500 milliards pour refaire l'Angola, je dis que c'est grave. Ils oublient ces politiciens, ces millions d'hommes qui sont morts. Est-ce que 500 milliards peut acheté un homme ? il est content. Il est très content. Cependant lui il n'a jamais vu les balles. C'est pour cela que je vous dis qu'il est temps qu'on se ressaisisse. Adressons-nous donc à Dieu afin qu'il puisse nous épargné de ce malheur qui est en train de nous tourner autour. Et quand je vois des gens inviter les uns à s'armer contre d'autres alors je dis que l'éléphant d'Afrique est dans une sable mouvant qui commence à l'enliser petit à petit. fasse
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tions, d'un État moderne aient la même quiétude, les mêmes droits dans l'exercice de leurs activités et dans leur existence en tant que citoyens. Faute de quoi, c'est la porte ouverte au népotisme, au tribalisme au favoritisme... autant de fléaux qui sont des obstacles à l'édification d'une nation véritable pis << la voie royale >> vers une << Libéralisation >>.
UN PROBLÈME GRAVE A RESOUDRE INCESSAMMENT
Considéré sous l'angle de rumeurs et de préjugés que le sens commun fait circuler à travers le pays, la question de la nationalité semble être peu inquiétante.
Mais la situation devient tout autre lorsqu'elle apparaît déterminante dans les grands choix et les grandes orientations du pays. Les premières élections multipartites d'Octobre 1990, ont eu entre autre, le mérite de poser le problème. Le débat sur le droit de vote des étrangers a en effet soulevé une question essentielle : Qui est Ivoirien et qui est étranger ?
Il ne s'agit donc plus là de simples << ragots >> mais d'un problème extrêmement important qui interpelle chaque citoyen conscient et patriote. Si les décideurs, la jeune opposition et la société civile en générale ne réagissent pas à temps, on peu raisonnablement craindre pour ce pays un épisode sombre comme l'ont connu nombre de pays dans l'histoire encore récente.
LA FOI ET LA RÉALITÉ
La Côte d'Ivoire comme la quasi totalité des États Africains actuels est la création du colonisateur (ici les français) en quête de territoire. Le hasard ou les nécessités de l'histoire ont amené plusieurs peuples à se retrouver sur le territoire de << Côte d'ivoire >> et à vivre ensemble. Cette diversité constitue à coup sûr une richesse. mais il y a aussi des dangers qu'il faut savoir prévenir pour atteindre la nation véritable. la logique impose que tous ceux qui se situent dans les limites de ce territoire soient considérés ipso facto comme Ivoiriens à part entière et au même dégréé. L'esprit de tolérance, de respect d'autrui doit être propagé pour le bien-être de tous. cet esprit d'Ivoirien de première ou de seconde zone doit être banni. de même que celui de poste de responsabilité ou de secteur d'activité réservés à des groupes ethniques ou religieux spécifiques. Le Liban en a fait les frais. Personne ne doit se sentir inférieur à autrui du seul fait de son ethnie ou de sa religion. Notre code de nationalité fait une ouverture. Si l'un des parents est Ivoirien, l'enfant l'est aussi. c'est clair et sans ambiguïté.
Reste le cas de tous ceux qui ont immigré très tôt en Côte d'Ivoire, avant les indépendances pour la plupart, qui y ont poussé des racines. Ceux-là qui ont lutté aux Côtés des autochtones, pour la libération et la construction de ce pays. Certains y ont laissé ont laissé leurs vies. Que l'on se rappelle les nombreux morts dans les travaux de construction du chemin de fer, des ponts << Houphouet-Boigny >> et << de Gaulle >>, du Canal de vridi...
Plus important est le cas de leurs enfants nés en Côte d'Ivoire, qui ont fréquenté nos écoles et qui servent le pays. ceux-là doivent-ils se considérés comme des étrangers ? Peut-on leur interdire le droit d'être Ivoirien ? Pour un État qui se veut moderne, le problème ne devrait pas se poser. Ils sont et doivent être considérés comme des Ivoiriens à part entière. En effet, il y a une différence entre l'origine et la nationalité. Le premier est inné et confrère automatiquement le second. mais le second dépend du bon vouloir de l'individu qui peut le rejeter. la consolidation de la Nation Ivoirienne passe par la résolution de ce problème et la rupture avec les préjugés. Toutes les forces vives du pays doivent collaborer à cela : les partis politiques, les services d'État, les autorités, les collectivités et les individus afin que la Côte d'Ivoire soit entre cette terre de réconciliation des hommes on parle tant
Badr Touré
France -Afrique :
L'ère Chiraquiènne ou le retour de l'Afrique au statut quo anté.
Koné Bafo Abdel Alim
28 Septembre 1995 : Bob Denard, le tristement célèbre mercenaire Français débarque aux Comores à la tête d'une bande et détrône le président Mohammed Djohar par un coup d'État. Une semaine plus tard des forces spéciales françaises débarquent à Moronie la capitale, pour "restaurer la légalité constitutionnelle" mise en male par une agression dite extérieure, en vertu des accords de défense qui lie la France à ce petit archipel. Le Président Mohammed Djohar libéré est exilé à la Réunion au motif qu'il doit y subir un bilan de santé. Il est alors remplacé par son premier ministre et son retour n'est jusque-là pas envisagé malgré son désir de revenir au pays.
Le putsch de Bob Denard : une parodie de coup d'État. à l'analyse de la situation créée aux Comores, l'on est en droit de douter de la sincérité Française. La France a justifié son intervention par le fait que les Comores ont subis une agression de mercena ires. Certes. Mais là où le Bât-bless c'est que Paris entendait restaurer la légalité constitutionnelle. À ce niveau l'on n'est d'autant plus surpris qu'après la rédition des mercenaires, le premier ministre s'installe dans le fauteuil présidentiel au vu au su de la France. Le président Djohar vivant, en bonne santé est tout bonnement écarté du pouvoir. Ainsi la France vient de déjouer un premier coup d'État (celui des mercenaires) tout en cautionnant un deuxième (celui du premier ministre). Cette attitude Française nous amène à nous demander si le premier putsch n'a pas été suscité en fait. Bob Dénard plusieurs fois utilisé par les services secrets français aurait-il repris du service ? L'homme en effet condamné à cinq ans d'emprisonnement avec sursit, n'aurait pu sortir ainsi du territoire français sans avoir reçu une certaine caution.
L'avenir du pré-carré français :
Ce putsch Comorien peut être interprété sous deux angles : d'abord au niveau des Comores il s'agissait de créer du désordre et intervenir ensuite pour installer de nouveaux hommes de Paris en l'occurrence l'ex-premier ministre. Djohar l'indésirable, ne faisant plus l'affaire des français, est ainsi écarté.
Ensuite ce putsch devait servir de leçon aux autres pays francophones, car selon Jacques Godfrain, le nouveau ministre de la coopération, Paris interviendra ainsi dans les États Africains chaque fois qu'un président démocratiquement élu est déchu par un coup d'État. La France Chiraquienne annonce donc les couleurs : Elle n'entend plus se cantonner dans l'application stricte des principes des accords de défenses face aux agressions extérieures. Comme elle l'a toujours fait elle continuera à défendre des régimes mêmes vomis par leur peuple car l'on sait comment est organisée la plupart des élections en Afrique.
L'attitude de la France apparaît comme une mise en garde aux défenseurs de la vraie démocratie et de la transition pacifique. paris entend ainsi tiédir toute velléité de contestation dans la mesure où certain de "ses" pays phares connaissent de plus en plus des crises socio-politiques à la veille d'élection. Mais, que la France se le tienne pour dit : l'Afrique a grandit, l'Afrique a mûrit, l'Afrique entend assumer elle même son destin. Et les Africains ont soif de liberté. Il ne veulent plus entendre parler << de monde libre >>. Ils veulent y vivre et toute opposition à cette volonté risque d'être farouchement combattu. Et paris payera cher, très cher ses perpétuelles immixtions, dans les affaires intérieures des États Africains : la France doit savoir qu'elle a en face d'elle des gens assoiffés de changement ; ce ne sont plus des Africains velléitaires sans convictions.
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