Numéro
Plume Libre #41
- Titre
- Plume Libre #41
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- juillet 1995
- numéro
- 41
- Résumé
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- nombre de pages
- 8
- Sujet
- Bafao Dagnogo
- Ivoirité
- Élection présidentielle ivoirienne de 1995
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
- Laïcité
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001361
- contenu
-
Fatiha pour
Dembele Fousseni Doumbia Ibrahim Abou Cisse Debekwassi
Ils sont injustement détenus à la MACA, ne les oublions pas.
* La face cachée de l'ivoirité : le règne de la médiocrité
* Ivoirité et éthique islamique
* La diplomatie préventive
* L'Islam à la MACA
PLUME Libre
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
Juillet 1995 - Du 09 Safar au 07 Rabial Awal 1416 H - 200 F - N° 041
Coran
Dis : Non, mais vous êtes entrain de nier l'existence de Celui qui crée la terre en deux jours et de Lui donner des égaux ! Tel est le Seigneur et Maître des Univers.
(S 41 - V 9)
Elections générales ivoiriennes '95
Attention, danger !
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PLUME Libre
édité par le
Groupe Plume Libre
Petite Mosquée de la Riviera
08 B.P 2262 Abidjan 08
Tél. 43-47-58
Dépôt légal : N° 2732 du 07 09 91
Directeur de Publication : Dembélé Fousséni
Rédacteur en Chef : Koné Zacharia
Secrétaire Général de la Rédaction : Koné Seydou
Photos Ouattara Mahmoud et Ibra Koné
Micro-Composition : ASSIDI BP 6887 Abidjan 01 Tél. 45-79-24
Impression : Imprimerie Reprographie Tél : 37-03-28
Distribution : Edipresse Tél : 37-17-27 / 18-60
Tirage: 10.000 exemplaires
Edito - Plume
La mission des croyants
Par Koné Zakaria abd'Allah
APRES la démocratie à l'ivoirienne la Côte d'Ivoire est à l'ère de la démocratie apaisée. Concept apparemment rassurant pour une société hétérogène qui ne demande qu'à vivre en bonne intelligence et dans le respect des différences qui fonde l'ipséité de chacune de ces composantes. Mais voilà, en faisant l'effort de dépasser cette apparence on s'aperçoit que cette "nouvelle démocratie" n'est pas plus définissable, pas moins mystérieuse, pas moins aérienne que d'autres divinités et ses théologiens ne manquent pas de contradictions évidentes. Car ils ne se laissent pas guider par leur dieu. Ce sont eux qui le traîne par le bout du nez, lui imposant les formes sous lesquelles il doit se manifester. Tout en proclamant le caractère sacré de notre loi fondamentale, ils n'hésitent pas à la violer par obstruction et à prophétiser la fraude par la chicane. Ainsi en brûlant l'encens de l'intégration en façade, on a crée la ségrégation emballée dans l'enveloppe d'un chauvinisme des plus étroits ou les citoyens ne sont plus logés au même étage. Face à ces attitudes réductrices et cancerigènes qui sont entrain de gangrener notre patrie, la Côte d'ivoire, les croyants doivent transcender leur différences doctrinales pour ne retenir que le but qu'ils ont tous en commun: Dieu. Et au nom de cet But peser de toute leur foi pour quelque peu inhiber la passion des politiciens professionnels et permettre ainsi à la raison que tous partagent de s'exprimer dans toute sa plénitude. Ce qui permettra de poser des jalons d'une démocratie vraiment apaisée parce que reflétant l'aspiration de la vrai et souveraine majorité.
NAISSANCE
La miséricorde de Dieu est immense.
Il vient de combler de sa grâce le frère Ouattara, président de la coordination regionale CNI de Dabou à travers une fille née le 14/ 05/95.
Lefrère a eu le plaisir de la nommée Ouattara Maghan Zainab lors du baptême le Dimanche 21/05/95 à Dabou.
La rédaction de plume Libre forme ses meilleurs vœux à l'heureuse famille et souhaite une vie islamique pleine à Zainab
Au sommaire de ce numéro:
Edito-Plume
La mission des croyants P.2
Plume Religieuse
L'islam à la MACA P3
Plume Politique
Elections générales ivoiriennes 95: attention, danger P.4
La diplomatie préventive P.4
Face cachée de l'ivoirité: le règne de la médiocrité P.5
Ivoirité et éthique islamique P.5 & 6
Ivoirité, boycott de l'UEMOA P.6
Bastonnade d'Aboudramanne Sangaré: le vrai visage du PDCI P.6
Plume dans le Quotidien
Déclaration de l'AEEMCI sur l'altération du climat sociopolitique en Côte d'Ivoire P.7
Chapelet: le miracle ivoirien P.7
Plume en Liberté
Bosnie: la résurrection des muslmans P.8
Ouassenan à l'épreuve du châtiment P. 8
Exécutions publiques: ne touche pas à mon Coran
Communiqué
Le CERICI
(Cercle d'Etudes et de Recherches islamiques en Côte d'Ivoire)
organise inch'Allah son premier congrès ordinaire
les 29 et 30 Juillet 1995 au CAFOP supérieur de Yamoussoukro.
Droit de participation: 12 500 F CFA par délégué.
Contacts:
Koné Ibrahim: 39 - 14 - 11 (Domicile)
22 - 36 - 10 (Bureau)
Abahebou Kamagaté: 42 - 53 -26 (Domicile)
20 - 26 - 16 (Bureau)
Le comité d'organisation
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Plume Religieuse
Visite à la communauté de la MACA
Par Leyla Daloufa
C'était le Lundi 05 Juin 1995, que le comité de soutien aux journalistes incarcérés organisa une visite aux musulmans de la MACA Cette journée revêtait un caractère peu ordinaire pour les détenus qui recevait la visite d'un important nombre de musulmans
Après la lecture coranique d'ouverture faite par l'imam central de la MACA, le président central des musulmans de la MACA débuta la série des allocutions. Celui-ci indiqua que c'est la première fois dans l'histoire de la MACA qu'un important nombre de musulmans rend ainsi visite à leurs frères prisonniers Il terminera son intervention en résumant les préoccupations des détenus en ces termes:
- vous venez d'ouvrir un chemin en nous rendant visite faites en sorte qu'il ne soit envahi par les herbes en le parcourant
- nous demandons votre aide pour plaider auprès des hommes de loi afin que la procédure judiciaire nsooit moins longue
- nous souhaitons la visite régulière d'une équipe de prêcheurs
-nous déplorons le manque total d'assistance et médical,
-enfin les conditions sanitaires sont détériorées et il y a une pénurie alimentaire sans pareille.
Oustaz Bimaté, le deuxième à prendre la parole s'empressa de dire à l'assemblée que tous les croyants sans distinction de leur situation géographique et qu'il soient prisonniers ou hospitalisés sont tous des frères. Car ils attestent tous qu'ils n'y a de divinité qu'Allah (Exalté soit-il) et Mouhammad (PBDL) est son messager Il ajouta que le repentir et la miséricorde divine est accessible à tous. Pour son intervention il rassura les musulmans de la MACA en leur permettant que les leaders de la communauté musulmane feront tout leur possible pour faire obtenir les doléances exprimée par le président central des musulmans détenus.
Monsieur le régisseur de la MACA, troisième et dernier intervenant fut très bref dans ses propos. Il souhaite qu'à l'instar des autres communautés religieuses, les musulmans fréquemment visite à leurs frères prisonniers comme aujourd'hui.
Et il se réjouit comme tous les prisonniers présent dans la salle de l'organisation de cette première visite. Ce maintenant le temps de l'exposé de Oustaz Dembélé Mouhammed, traitant du thème de la foi, de nous montrer que l'objet d'une vie sur terre n'est autre que s'adonner à l'adoration de l'unique Créateur. C'est pourquoi nul ne doit mener son existence gratuitement. Entendons par là que chacun doit s'appliquer à accomplir ses devoirs islamiques seuls moyen de s'assurer un avenir heureux auprès du Créateur Seigneur des mondes. D'ailleurs les faits de par leur déroulement dans notre existence traduisent des messages que nous devions tous méditer. Alors comme l'a si bien déclaré Oustaz Dembélé Mouhammed: il est donné au prisonnier de constater que le châtiment de Dieu est réel et par contre l'homme libre quant à lui doit reconnaitre que la Miséricorde ou le Paradis de Dieu est vérité.
Ainsi pour dire que ces messages interpellent nos frères détenus afin qu'il profitent de leur temps de détention pour rechercher auprès de Dieu l'absolution de leur péché et la Miséricorde Divine, Pour cela ils appelés à être assidus aux prières; aux séances de prêches et à accomplir les œuvres recommandées par le Saint Coran.
Le prêche fut place à la projection de film sur les fléaux de la drogue. Et après la prière de 13h la manifestation prit fin par la visite de l'infirmerie qui est en réalité une salle d'attente de candidats à la mort.*
L.D
L'islam à la MACA: une communauté dynamique
A la faveur de la visite des musulmans le Lundi 05 Juin dernier à la MACA, pour une cérémonie de don et de prêche, nous avons découvert nos frères prisonniers de cette maison. Comment sont-ils organisés? Comment vivent-ils leur foi? Reportage.
Aussi étrange que cela puisse paraitre, il existe une importante communauté musulmane à la MACA. Malgré l'hostilité de l'univers carcéral et la misère généralisée sans nom, les musulmans de cette cité maudite (comme d'aucun l'appellent) ont mis sur pied une structure viable. Dans chacun des 4 bâtiments de détenus (A, B, C et "assimilés") existe un bureau avec président, secrétaire, trésorier. Il a à charge les affaires administratives, sociales et financières. Le côté religieux est dévolu dans chaque bâtiment à un imam assisté d'un ou deux adjoints. Un comité central fédère tous les responsables "locaux".
Il est l'interlocuteur de l'administration. Tous les grands problèmes de la communauté musulmane est sous l'autorité religieuse d'un imam central. Le titulaire de cette charge est actuellement le frère Moussa Konaté. C'est lui qui officie les prières de Vendredi et les deux Aïds. Chaque Vendredi et Lundi, de 14 heures à 16 heures, des causeries et prêches islamiques sont organisés dans l'enceinte de l'église de la MACA prêtée pour la circonstance aux musulmans. Le président du comité central musulman de la MACA, le frère Touré Moussa en fonction depuis Janvier 1995 explique: "nous avons pu à force de persévérance obtenir une petite salle sur le flan de l'église, s'est elle qui nous sert de bureau et de lien de retrouvailles... Il n'y a pas de mosquée construite ici. Et oui! Les choses ont toujours été ainsi dans notre très laïque république. Les prières du Vendredi et autres rassemblements importants pour ainsi dire, ont lieu dans le vaste enclos du bâtiment A. A la merci bien entendu du soleil, de la poussière, de la pluie. "Mais quand il s'agit de foi, assure un détenu, la trentaine environ, on supporte tout". Par son dynamisme, Cette communauté musulmane de la MACA s'est taillé une solide réputation. Les actes de solidarité et de fraternité abondent. Témoin, le bureau de la communauté est pris d'assaut chaque soir par les détenus en quête de subsistance. Comme conséquence logique, les conversion sont légion mais les moyens font défaut. Même chez les musulmans "multiséculaires", il y'a quelques fois des défaillances dues au quotidien intenable. Témoignage de Mory Sidibé: "J'ai fais trois ans au blindé-NDLR lieu réputé le plus difficile de la MACA. J'ai toujours fais là-bas mes prières. Mais depuis quelques mois, je n'arrive plus. De temps en temps, je fais des prières mais même mon corps ne me permet plus de soutenir le rituel". Il montre ses bras, ses pieds, véritable loque humaine. "Malgré tout, poursuit-il, je sens toujours quelque chose me pousser vers la prière mais comment faire?" Que dire alors des mouvements venus à l'islam! Ses moyens, il en faut à cette communauté qui a besoin de l'assistance de tous. Elle a plus que réalisée sa part de responsabilité et de pénitence. Aux musulmans "du monde libre" de jouer leur partition.*
L. D
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Plume Politique
Elections générales ivoiriennes '95
Attention danger!
Par Koné Zakaria abd'Allah
Côte d'ivoire '95, un autre tournoi de foot?
Non; c'est le rendez-vous que le pays a pris avec son destin. Les uns l'attendent avec euphorie et passion qui n'a d'égale que leur détermination à maintenir le statu quo. Les autres l'accueillent comme la première opportunité de voir leur espoir du changement se transformer en une merveilleuse réalité. Nous nous situons au confluent des deux, avec beaucoup d'appréhension, d'inquiétude même quelque fois de frisson car à voir les réalités objectives des faits en Côte d'Ivoire on ne peut pas ne pas crier, danger!
Danger parce que malgré le vacarme assourdissant sur la scène politique, en lieu et place d'un débat qui pourrait aboutir à un consensus, un double monologue et une interprétation diamétralement divergente des mots et des concepts s'installent. Pendant que les uns soutiennent l'indispensable retrait d'un code électoral qu'ils jugent trop partial, trop obscur et même très dangereux pour l'unité nationale, les autres parlent de son l'application intégrale. Pendant que les uns estiment que les conditions de la nécessaire transparence des opérations électorales ne peut se faire qu'en dehors des couloirs trop sombres et très étroitement partisans du ministère de l'intérieur, les autres affirment que cette obscurité et cette étroitesse sont le gage de leur réussite bref sur tous les points, les acteurs de la politique ivoirienne se retrouvent dos à dos. Pire encore ce fanatisme doctrinal se retrouve dans les moindres recoins de la vie nationale et semble lancé dans une propulsion que personne ne maîtrise, même pas le président du PDCI et de tous les ivoiriens.
Sinon comment comprendre qu'au mépris de toute bienséance républicaine, en marge de tout respect des institutions que le pays souverainement s'est donné et que le président se vante de défendre, un individu fut-il général se paie le luxe d'humilier avec les moyens de l'Etat un honnête citoyen. Alors que le Président sous le coup de cette bévue, cherche à pacifier ce mauvais vent en condamnant l'acte, certains éléments incontrôlés de sa troupe s'adonnent a la chicane triomphaliste et provocatrice en soutenant que cet acte obscène s'inscrit dans notre tradition de colonisés.
A cela s'ajoute le vocabulaire de certains dirigeants tels: "le PDCI gagne ou l'armée prend le pouvoir" - "Tchoko tchoko le PDCI gagne", - "pas un pas sans Bédié"... d'une part et d'autre part l'exigence irréductible de l'opposition pour l'organisation d'un combat qu'elle refuse, et quelque soit le prix à payer, de perdre d'avance.
Chaque force est donc engagée dans une logique jusqu'au boutiste qui se veut irréversible. Cette contradiction prise dans l'écartellement que nous observons aujourd'hui, si rien n'est fait pour changer son cours, ne manquera pas de dégénérer en antagonisme. Et comme tout antagonisme, l'objectif, le seul qui subsistera sera l'élimination physique de l'autre d'où la guerre oui la guerre comme au Libéria ou au Rwanda, une guerre atrocement et militairement civile.
Alors avant qu'il ne soit tard que chacun y mette du sien, un peu de bonne volonté. Surtout les hommes de foi car "la conscience du croyant est guidée par deux sorte de lumière, celle de la foi et de la raison. Par contre, celle du non croyant est guidée à la fois par la passion et par la raison. La science peut se mettre autant au service de la foi que de la passion. Dans le premier cas, elle élève l'homme vers la transcendance , l'harmonie, buts fuyants de toute existence; dans le deuxième, elle le ramène à l'animalité, au génocide, même si elle est savante et technicienne". Alors, que nos imams , nos prêtes, nos pasteurs acceptent pendant qu'il est encore temps de peser de toute leur foi dans la balance de notre pays afin de faire éviter à leur peuple un destin prématurément tragique *.
K. Z. A
Chacun sait comment ça commence, mais personne ne sait quand et comment ça prend fin,.
Non, évitez nous ça.
La diplomatie préventive
L'ON a beaucoup parlé ces dernières années de la diplomatie préventive, surtout en Afrique. La diplomatie préventive, qu'est-ce que c'est?
C'est tout simplement le fait de désamorcer les conflits avant l'éclatement de troubles aux conséquences désastreuses. Le moyen pour y parvenir est la négociation. Vous avez dit négociation? Ou encore dialogue? Vous y êtes car mon pays en a vraiment besoin aujourd'hui, hanté qu'il est par les hiboux dont les cris funestes annoncent toujours et certainement le malheur. La diplomatie préventive mon pays plus que jamais en a besoin, car déjà, avant l'orage les hôpitaux rejettent du monde, les médicaments sont insuffisants et coûteux, la famine rode, l'angoisse persiste, c'est déjà trop.
Amis de la Côte d'Ivoire, décideurs de tous les bords, aidez-nous car il est encore temps. Cette fois-ci abandonnez l'hypocrisie, évitez de faire le médecin après la mort... Nous avons plus besoin de diplomatie ce jour que de médicaments, de couverture ou de nourriture demain.
Alors écoutez notre cri de détresse, accourez à notre secours car il est encore temps *.
DHL
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Plume Politique
La face cachée de l'ivoirité
le règne de la médiocrité.
Par Faber
CHAUVINISME, narcissisme, ignorance : réunissez tous ces ingrédients et vous avez un concentré d'individus dangereux pour la nation.
C'est le moins qu'on puisse dire des tenants de l'ivoirité et de leurs idéologues journalistes. Enfin pénétrons la personnalité de ces individus pour mieux appréhender leur identité. En vérité les défenseurs les plus acharnés de l'ivoirité se recrutent parmi deux catégories d'égoïstes : les égoïstes parvenus et les égoïstes minables.
Qui sont-ils ?
Les premiers (égoïstes parvenus) sont ceux-là même qui sans scrupule ont mis le pays à genoux en pillant sans retenu les richesses nationales. Ceux qui très minoritaires détiennent 80% du revenu national. Véritables rapaces associés au capitalisme central, usant des prête-noms, ils gèrent la vie nationale tant sur le plan économique que politique ; ces deux aspects étant en interaction perpétuelle. On comprend que dans un tel Eldorado, ils ne lésinent devant aucun moyen pour rester accrocher au pouvoir politique afin de n'avoir jamais de compte à rendre à la nation. Au besoin il sont prêts à plonger le pays dans les situations les plus rocambolesques.
Les seconds (les égoïstes minables) sont ceux que la tradition malinké nomme «bakroni-kô» entendez par-là la queue du bouc. Si par essence cette dernière n'est pas d'une grande utilité, elle sert cependant de tremplin aux ténébreux de tout acabit. C'est tout naturellement que les princes de notre univers se servent d'eux comme boucs émissaires pour les basses besognes. Il ne pouvait en être autrement car ces boucs émissaires sont sevrés de toute valeur intrinsèque. Léchbotisme et délation deviennent alors leurs outils de promotion sociale. Les idéologues assermentés de l'ivoirité sont ceux qui, il n'y pas très longtemps, étaient très peu connus sur l'échiquier national tant leurs œuvres étaient dans l'anonymat. Tapis dans l'ombre de leur ignorance, comme atteint d'une cécité intellectuelle, ils sont apparus au grand jour avec le règne de la médiocrité.
Qui se ressemblent, s'assemblent dit l'adage *.
D H L
Ivoirité et éthique islamique
Par Bouka
Les musulmans ivoiriens rejettent "l'ivoirité".
"Ivoirité" voilà un nouveau terme qui semble, depuis l'avènement du pouvoir Bédié faire son petit bout de chemin, mais qui à la lumière d'un sondage plus sérieux se révèle être une notion contestée par la base de la nation ivoirienne.
En effet en parcourant les quartiers de la ville d'Abidjan et de l'intérieur du pays, l'on se rend compte aisément que les ivoiriens ne veulent plus de ces terminologies ou autres idéologies qui n'ont pour seul objectif que d'endormir la conscience des peuples.
Heureusement que les musulmans de ce pays, symbole de toute une nation ont, contrairement aux apparences trompeuses, une conscience politique éclairée par la période glorieuse du "Califat" qui a donné un autre sens à la gestion des affaires publiques basée sur la fraternité, l'hospitalité et la justice.
Heureusement que les enseignements du guide des croyants, le Prophète Mouhammad (PDBL) demeurent et demeureront à jamais constants dans l'esprit de la meilleure communauté surgie d'entre les hommes, celle qui ordonne le bien et proscrit le blâmable.
L'un des fondements de base du dogme islamique est la foi (la crainte du Dieu Tout-Puissant dans tous les actes de la vie) qui trascende toute autre valeur humaine fondée sur le race, l'ethnie , le groupe etc.
"Tous les croyants sont frères" nous apprend le Saint Coran. Les exégètes interpretent ce verset dans le sens que " tous les croyants sont obligatoirement des frères, on ne peut être que des frères".
Cette obligation de fraternité imposée par le Tout-Puissant n'admet aucun autre discours ou thème en rapport avec le repli d'un peuple sur soi.
Repli sur soi, telle est l'expression susceptible de mieux caractériser l'attitude des tenants de la thèse de l'ivoirité Mais cette notion, les musulmans la rejettent en bloc étant en totale discordance avec leur éthique religieuse.
Depuis plus d'un demi siècle avant l'indépendance de cette terre d'éburnie, les musulmans ivoiriens ont appris à mettre en œuvre cette prescription divine, en donnant l'exemple de l'intégrité la plus parfaite.
Que de familles d'odiennékas ou de korhogolais n'ont elles pas accueilli leurs frères venant de Guinée, du Mali, du Nigéria ou du Ghana pour leur permettre de développer leur génie créateur ?
Que de familles de Dioulas n'ont elles pas accueilli les enfants de leurs frères bétés, baoulés, agnis dans les grandes villes de Côte d'Ivoire afin que ceux-ci puissent effectuer leur scolarité dans des conditions descentes et de facilité ?
Le Président Bédié en a donné l'exemple en disant à la face de tout le peuple ivoirien qu'il se considère comme un Diaby, ayant été lui-même accueilli par cette famille pendant une période de sa vie ?
Le Président sait que chez les malinkés, on ne peut reconnaitre dans la famille, le fils d'autrui, à moins d'être physionomiste. Tous les enfants mangent dans la même l'assiette. Ils seront éduqués par le père de famille sur même base.
Les musulmans ivoiriens refusent la theorie de l'ivoirité au nom de la cohesion nationale.
Suite page 6
PLUME LIBRE /Juillet 1995 / Du 09 Safar au 07 Rabial Awal 1416/ Page 5
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Plume Politique
Quotidien
Ivoirité, boycott de l'UEMOA
Par Ben Nabil
Le 1er Août 1994 a marqué l'entrée en vigueur du traité de l'UEMOA ( Union Economique et Monétaire Ouest-africaine). Un an après, 1995 nous voici en année électorale en Côte d'Ivoire. Et brusquement des théoriciens sortent de terre et brandissent leurs sciences: l'ivoirité. Qui prône la pratique d'une politique de repliement sur soi. Si l'on n'y prend garde, l'ivoirité mettra en péril se noble traité. En d'autre terme l'ivoirité sera vu comme un boycott du traité de l'UEMOA.
Lorsqu'en 1994 annonce a été faite de l'entrée en vigueur du traité de l'UEMOA grande fut la joie des habitants des pays signataires. Les ivoiriens n'étaient pas en reste. Car tout le monde y voyait la disparition des frontières qui nous ont été imposé depuis la conférence de Berlin (1884- 1885), et ce, par les colonisateurs. Avec l'UEMOA les pays de la sous-région voyaient déjà des solutions à leurs problèmes économiques, monétaires... Ils voyaient la volée en éclat des barrières douanières à l'instar des pays européens qui prônent aujourd'hui la perméabilité à leur frontières respectives. Mais voilà qu'en Côte d'Ivoire les tenants d'une science appelée ivoirité semble avoir oublié les efforts fournis par les chefs de gouvernements des pays concernés, et ce, pour des raisons purement électoralistes. De par leur nouvelle trouvaille, ils dressent des frontières psychologiques, en plus des frontières géographiques qui existent déjà. Ils s'accrochent à des théories qui n'ont plus pignon sur rue! Anachronisme ou ignorance? Ceci est d'autant plus dommage que ces théoriciens s'empêtrent toujours dans leurs explications chaque fois qu'ils sont invités à définir, à donner un sens à ce mot creux, qu'est l'ivoirité. L'heure est à la coopération tous azimuts entre africains qui n'ont que trop souffert de leur politique d'isolement matérialisée par les barrières géopolitiques qui ont été dressées entre nous.
Halte au boycott du traité de l'UEMOA au nom d'une dictature.
Ben Nabil
Plume Libre
le mensuel de l'information vraie qui est à votre porté le premier Vendredi de chaque mois.
Suite de la page 5
Tous ceux, bétés ou baoulés qui sont passés par là peuvent le témoigner.
Si les Dioulas, ont réussi ce modèle d'intégration, de solidarité, c'est parce qu'ils avaient la base religieuse islamique. Et les musulmans de Côte d'Ivoire savent que le faisant, ils n'attendent aucun acte de reconnaissance de leur ancien protégés (même si certains d'entre eux poussent aujourd'hui l'ingratitude au point de les rejeter hors du territoire ivoirien) étant entendu qu'ils l'on fait en vu d'obtenir les satisfactions du Seigneur et de sauver une âme au nom de la fraternité humaine.
Le critère de nationalité du Présidentne doit pas déboucher sur des relents xénophobes et racistes.
Certes, l'on peut requérir qu'un Président d'un Etat doit satisfaire aux critères de nationalité pour être éligible. L'islam ne s'y oppose pas. Seulement, ce qui est réservé aux candidats à la course présidentielle (4 ou 5 personnes) ne doit être la source de rejet de toute une communauté élargie qui a contribué à sa manière au développement de ce pays (et souvent mieux que les nationaux).
Le critère de nationalité des présidentiables ne doit non plus être le credo d'une haine souterraine pour une communauté nationale. Lorsqu'un responsable politique dit ouvertement sur les chaînes nationales que "80% du transport est détenu par les étrangers" alors qu'on sait que ce secteur est effectivement détenu principalement par la communauté musulmane de ce pays, l'on doit se poser des questions sur les objectifs réels poursuivis par les auteurs d'une telle ineptie.
Contre tous ces néo-politiciens, adeptes d'idéologies lointaines, assombries par la lumière revivifiante de l'islam. Les musulmans de Côte d'ivoire leur demandent de regarder du côté du Rwanda, quelque part dans un quartier de Bujumbura, pas loin du génocide, hutus et Tutsis musulmans continuent de vivre dans la sérénité se demandant simplement ce qui arrive à leur frères d'à-côté.*
Bastonnade d'Aboudramanne Sangaré:
Le vrai visage du regime PDCI
Par N'golo Trougbè
DANS le bureau du ministre de la sécurité intérieure, le pantalon d'un citoyen est descendu. Des matraques "volent" sur des fesses. Quatre policiers sous le regard du ministre en personne exécute la sale besogne. On croyait que des scènes de cette nature appartenaient désormais à l'histoire. L'histoire des dictatures qui ont fleuris en Afrique des indépendances jusqu'en 1990.
Que non! Malgré 5 ans de multipartisme, le régime PDCI qui tente chaque jour de se couvrir d'un vernis démocratique montre son vrai visage. Le vrai, celui qu'il à toujours eu: la dictature.
En effet, si le n°2 d'un parti de l'opposition comme le FPI est torturé en 1995 avec tous les risques que cela peut occasionner ou peut légitimement s'interroger sur le sort que l'ivoirien ordinaire a vécu pendant les 35 ans du régime solitaire de ce parti. Livré à lui-même sans témoin, sans défense au bon vouloir des princes gouverneurs, l'ivoirien a donc souffert tout ce temps le martyr d'un pouvoir monstrueux. Ce qu'à fait le général Ouassenan montre au sommet la souffrance de la population à travers les sévices et tortures quotidiens dans les commissariats et brigades de gendarmeries. Le ministre de la sécurité intérieure vient ainsi de confirmer tous les témoignages allant dans ce sens. Désormais, plus rien ne peut masquer les pratiques qui ont cours chez nos forces de l'ordre qui sont la plupart du temps de flagrantes violations des droits de l'homme. Puisque le premier responsable de la chose est friand de ces spectacles "macabres", on comprend aisément le comportement des subalternes. Le régime PDCI est donc maintenant à nu. Dans toute la splendeur de ses horreurs. C'est un avocat sénégalais qui disait qu'en Afrique, la sécurité de l'Etat se construit sur l'insécurité du citoyen. Il ne croyait pas si bien dire! Le régime PDCI vient de remporter l'oscar africain dans ce domaine. Mais "AFAKAYA" comment les ivoiriens on pu vivre sous un tel régime pendant tout le temps?
N. T
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Plume dans le Quotidien
Déclaration de l'AEEMCI sur l'altérationdu climat socio-politique en Côte d'ivoire.
GRÂCE soit rendue à Dieu que nulle expression ne saurait glorifier, en dénombrer les bienfaits ou Lui rendre suffisamment hommage. Paix et Bénédictions sur l'imam des envoyés, la plus noble des créatures ainsi que sur ses illustres compagnons.
«Que soit, parmi vous, une communauté qui appelle au bien ordonne le convenable et interdise le blâmable. Or les voilà les gagnants» (Coran 3.V104).
«quand on constate une chose à propos de laquelle on a un avis à formuler, et qu'on garde le silence, le jour de la résurrection, Dieu, Tout puissant dira: «qui t'a empêché de parler à propos de telle chose? «il répondra «j'ai eu peur des gens» Tu aurais dû me craindre moi-même» dira Dieu» (Hadith du Prophète Muhammad (SAW))
Dans la perspective de ce qui précède, l'AEEMCI se sent plus que jamais interpellée par ce qui se passe à l'intérieur du quadrilatère éburnéen nonobstant l'apolitisme dans lequel le maintiennent volontiers ses textes.
L'actualité politique ivoirienne, connaît depuis l'adoption du nouveau code électoral une certaine ébullition. Notre affirmation ne constitue t-elle pas un truisme?
La politique a aujourd'hui pénétré toutes les sphères sociales. Même les milieux à elle hermétiquement fermés jadis, en raffolent aujourd'hui. Cela constitue à notre sens une aspiration légitime. Aujourd'hui en Côte d'Ivoire la politique connaît une forte coloration tribale sous la poussée de certains "intellectuels" et hommes politiques. C'est une situation dangereuse. Pire, avec la récente adoption du code électoral, l'atmosphère s'est électrifiée de sorte à interpeller tout un chacun. En outre avec la naissance du concept de «l'ivoirité» aux contours "mal définis" et aux relents pas très rassembleurs certaines composantes ethniques se regardent en chiens de faïence.
Sur ce plan le rôle de certaines presses n'est pas à négliger. Ces organes avec l'onction de certains hommes politiques ont embouché la trompette de l'exclusion, de l'intransigence et de la haine tribale. Le tableau socio-politique de la Côte d'Ivoire, loin d'être reluisant s'annonce très maussade. Et les faits contribuant à la putréfaction de l'atmosphère politique méritent d'être dénoncés. Par ces dénonciations nous épargnerons notre pays d'une guerre civile destructrice.
Dans cette perspective, l'AEEMCI en tant que structure religieuse tient à dénoncer les arrestations des journalistes, l'exacerbation de la haine tribale.
l'humiliation et la banalisation de certains citoyens: le cas Aboudrahamane SANGARE.
L'AEEMCI a l'intime conviction que l'accumulation des faits susmentionnés ne peut que déboucher sur les déchirements sociaux et le chaos.
S'agissant de l'affaire "Ouassénan - Sangaré", L'AEEMCI déplore l'acte du ministre qui constitue une atteinte aux droits de l'homme notamment le droit à la dignité humaine.
A cet effet le Coran ne nous interpelle-t-il pas, qu'il ne faudrait pas que l'aversion que vous avez pour un peuple vous pousse à l'injustice.
L'AEEMCI tient à manifester sa solidarité à l'égard de la victime.
En définitive, l'observation du tableau socio-politique de la Côte d'Ivoire permet immanquablement de conclure qu'il y a des périls à l'horizon. Face à cette situation critique, l'AEEMCI se sentant interpellée en appelle à la tempérance, à la discussion et à l'ouverture. Aussi lance-t-elle un appel pressant à l'endroit des dignitaires religieux toutes confessions confondues afin qu'ils se sentent concernés par ce qui se trame actuellement sur la scène politique. La laïcité ne saurait nullement justifier leur silence.
Pour terminer l'AEEMCI propose ce verset sublime à la méditation de tous.
«Redoutez une guerre civile qui n'atteindrait pas uniquement ceux d'entre vous qui ont été les instigateurs et sachez que Dieu a le châtiment sévère»(S. 8 V. 25).
Que Dieu préserve cette paix chancelante.
Le Président du comité exécutif
DAGNOGO Bafao
CHAPELET
Miracle ivoirien!
Qui a dit que les créatures miraculeuses, que Dieu n'en faisait plus? Adam sans père ni mère est connu de tous; Eve sortie d'Adam c'est de la vielle histoire. Jésus fils de marie sans père, tous les Dimanches on le redit. Dans nos quartiers les histoires d'enfants à "deux pères" chacun en a eu pour l'oreille!
Restait quelque chose de merveilleux pour ce pays tout aimé et béni par Dieu!.
Quelque chose comme...miracle: un enfant à "deux mères" On l'a depuis avec notre deuxième chance. Miracle de Dieu? Plutôt miracle ivoirien!
Sur ce chapitre-là au moins, on a plus besoin de s'asseoir pour discuter. Le débat peut-être définitivement clos!*
Leyla Daloufa
Communiqué
AEEMCI
Seminaire national de formation islamique - Bouaké 95
Du 11 au 19 Août 1995
THEME
CENTRAL
Quelle contribution de l'islam à la sauvegarde de l'unité nationale
Cérémonie d'ouverture:
Dimanche 13 Août 95 à 9 heures
Cérémonie de cloture:
Vendredi 18 Août 95 à 9 heures
N.B : Date limite des inscriptions: le 30 Juillet 1995
Lieu d'inscription: petite Mosquée de la Riviéra
Lisez et faites Plume Libre pour avoir accès à l'information traitée avec l'éthique islamique.
PLUME LIBRE / Juillet 1995 / Du 09 Safar au 07 Rabial Awal 1416/ Page 7
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Plume en Liberté
Bosnie
La resurrection des musulmans
Par Koné Bafo Abdel Alim
DEPUIS maintenant quelques jours, l'armée bosniaque a repris l'initiative des combats afin de se libérer de l'étau Serbe autour de Sarajévo.
Cette reprise des hostilités a été diversement appréciée. Mais la décision bosniaque se justifie par le fait que les mesures prises jusque-là par les grandes puissances (ONU interposée) n'ont servi, sur le terrain qu'à maintenir leur calvaire :
Sarajevo est assiégé depuis plusieurs mois par les serbes et est pilonné souvent au su et au vu des casques bleus de la FORPRONU.
L'embargo sur les armes ne touche en réalité que les musulmans. Les serbes contournent cette mesure onusienne en se ravitallant par le biais de la Serbie. Les serbes se livrent à des atrocités inqualifiables sur leurs adversaires aussi bien bosniaque que croate. Déjà en 1992, la résolution 780 du conseil de sécurité avait demandé un rapport sur les questions humanitaires. Sous la direction du professeur Chérif Bassiouni, d'Egypte, 4 experts néerlandais, canadien, norvégien et sénégalais vont travailler sur ce dossier. Et depuis mai 1994, le rapport est sur la table du conseil de sécurité. Et selon le journal "Le Monde" du 21 Juin dernier, il est accablant pour les serbes de bosnie. Ceux-ci se livrent à un "nétoyage ethnique" systématique dans les zones qui sont sous leur influence. Les casques bleus de l'ONU sont impuissants devant la situation bosniaque. Aux Nations Unies même, elle semble être prise à la légère malgré tout le tohu-bohu autour de l'affaire. Aucune mesure concrète n'est prise pour empêcher les serbes de continuer leur sale besogne. Ils n'hésitent même pas à narguer les soldats de la FORPRONU au passage. L'échec de l'ONU en Yougoslavie est d'autant plus patent que, face à son incapacité à résoudre le problème, elle demande à la Russie de faire pression sur les serbes. Comment peut-on demander aux bouchers des tchétchènes de contraindre les bourreaux des bosniaques ?! Enfin ! Peut-être qu'entre barbares la compréhension est possible. Une chose est certaine actuellement, c'est que les bosniaques ont compris qu'ils ne peuvent et ne doivent compter que sur eux-mêmes. Ils veulent prendre leur destin en main d'où leur offensive ces derniers jours. Cette offensive commence à porter ses fruits dans la mesure où certaines positions serbes jusque-là à l'abri des attaques sont sérieusement menacées. *
K. B. A. A
Ouassenan à l'épreuve du Châtiment d'Allah
AVANT d'aborder le sujet qui a fait la une de l'actualité dans notre pays, je me réfère à ces versets du Coran :
«Tous, étaient des gens qui transgressaient dans leur pays et y avaient commis beaucoup de désordre. Donc, ton Seigneur déversa sur eux un fouet de châtiment. Car ton Seigneur demeure aux aguets.» ( S 89 V 11 à 14).
Ces versets plus que révélateurs traduisent le comportement du «Général Ouassenan» et aussi le sort qui lui sera réservé tôt au tard.
Toute la Communauté musulmane se rappelle du gazage de nos frères de la mosquée de Banéo II à Abobo par des policiers agissant sous ordre de Ouassenan. Après cet évènement, le Président Koudouss du CNI a été la cible de deux attentats manqués. Tout le monde sait l'attitude du général par rapport à ces faits. Et comme Allah recommande à ses fidèles la patience et l'endurance dans l'épreuve, les musulmans ont su garder raison, évitant de céder à la provocation. Allah ne demeure t-il pas le Gardien et le Protecteur des croyants. De mémoire d'ivoiriens, aucun ministre de la république n'a eu un comportement aussi ignoble. Comment peut-on infliger des atrocités à un respectable citoyen du rang d'Aboudramane sangaré, Professeur Agrégé et n° 2 d'un grand parti politique. Pour d'autres, ce comportement peut paraître surprenant, mais pour nous musulmans c'est tout le contraire. Nous nous attendions à cela. Après les agressions dont nous avons été victimes, nous avons invoqué Allah de manière sincère et convaincue. La forfaiture de Ouassenan est la preuve tangible que notre invocation a été exaucée par notre Seigneur. Ce n'est que le début des châtiments qu'Allah abattra sur notre «Général». Aucun être humain ne peut arrêter la volonté du tout Puissant même fut-il Président de la République. Qu'on démissionne Ouassenan ou pas, Allah le démettra, il se détruira lui-même et cela par ses propres actes. D'autres gens ont essayé avant Ouassenan, ils ont quitté la scène politique par la petite porte dans la plus grande humiliation. Que tous ceux qui nourrissent des intentions nocives et inavouées à l'encontre de notre communauté sachent qu'Allah veille au grain.
Gloire à Allah! *
Issa Soundiata
Nouveau programme de la RTI 1ère chaîne :
l'Islam : le grand négligé.
LORSQUE le 19 Juin 1995, le Directeur des programmes de le RTI 1ère chaîne lançaient la nouvelle grille des programmes de sa chaîne, nous étions à la fois contents et inquiets. Contents parce que nous étions lassés de ce que nous voyions sur le petit écran, malgré la redevance télé.
Inquiets parce que nous avons eu peur qu'on ne supprime notre seule émission: Allahou-Akbar. Certaines rumeurs faisaient état de sa disparition.
Mais notre joie fut d'autant plus grande, que non seulement l'émission a été maintenue, mais au lieu de deux fois par mois, elle passera tous les Jeudis avec beaucoup de changements qui ont été introduits. Merci messieurs pour cette ingéniosité. Nous restons cependant sur notre faim sur l'heure qui n'a point changé et cela est dommage. Nous souhaiterions que les responsables de la première chaînes tiennent davantage compte des musulmans de ce pays. Nous méritons de suivre notre émission à des heures dues. Pour ce faire, nous suggérons que l'on nous passe l'émission juste après le journal, que de nous passer des films, ou des pièces de théâtre qui prennent un temps fou. Avant la fin de ces films plusieurs de ceux à qui l'émission est destinée s'endorment. Très peu sont ceux qui peuvent suivre. Les musulmans paient aussi la redevance télé comme tous les autres. Il est grand temps qu'on accède à leur desiderata en passant leur émission à l'heure de leur choix.
Que Dieu nous aide tous! *
Ben Nabil
Mme le Ministre nous n'arrivons plus à voir notre émission Le temps de passage nous en empêche !? -> Dessin KOUASSI IVOIRIEN
PLUME LIBRE / Juillet 1995 / Du 09 Safar au 07 Rabial Awal 1416 Page 8