Numéro
Plume Libre #37
- Titre
- Plume Libre #37
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- mars 1995
- numéro
- 37
- Résumé
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- nombre de pages
- 8
- Langue
- Français
- A une partie
-
La défense confond le parquet
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001358
- contenu
-
Fatiha pour
Dembélé Fausseni Doumbia Ibrahim
Bédié les retient en prison depuis le 21 février 1995.
* Les journalistes désormais entre Bédié et les musulmans.
* C H U - Treichville : Le SEMI au secours de la mosquée
* Télévision : Super Bible ou Super Book ?
PLUME Libre
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
Mars 1995 - Du 29 Ramadan au 29 Chawal 1415 H - 200 F - N° 037
Coran
"Et les autres se mirent à stratégier. Dieu aussi stratègie. Et Dieu est le meilleur des stratèges !
S III V 54"
Procès Plume Libre :
un procès politique ?
--- Page 2 ---
PLUME ENCHAINEE
Poème
Ils ont été condamnés!
Parole parle la mort dans l'âme
Elle a atrocement mal à l'âme.
Deux cœurs ont été blessés, maladroite l'âme.
Ils ont été condamnés!
Qu'ont-ils fait ?
Les deux cœurs ont eu le malheur d'avoir informé le peuple.
Les deux cœurs ont eu le malheur de dénoncer les idées Hitleriennes des Goliaths.
Lame injuste, brimante, suffocante, étouffante, pourquoi existes-tu?
Sais-tu que tu seras toi jugée par Le Maître ?
Non! tu ne peux pas empêcher l'encre de couler.
Non! Lame, cœur de pierre, visage de croque-mort, intelligence sans raison, la lumière et l'obscurité appartiennent au Maître, tu n'as pas le droit.
Il ont été condamnés !
Lame, saute, roule pendant que tu as encore du souffle.
Car ils riront de toi dans le temps infini, pour que ton âme souffre, essouffle diantre!
Deux autres cœurs encore brimés !
Oh! cœurs femelles plastronnés, riez à la lumière des 10 bougies plausibles.
Rengainez vos larmes de désespoir et rendez vous la vie possible.
Le secours du Maître du jour est infiniment grand et proche de la lame trouble.
Lame de la honte ouvre ton œil si tu le peux l'heure de la victoire approche...*
Ouattara Tiéba
Bismillahi Rahmani Rahimi
SEMI
Semaine médico-sociale du 18 au 26/03/95
Sous le parrainage du Conseil Supérieur des Imams et sous la présidence effective du Ministre de la Santé Publique et des Affaires Sociales, le
Secours Médical Islamique de Côte d'Ivoire
s'interroge:
"Quelle assistance médicale pour les couches les plus démunies de notre société?"
Au programme:
Conférences, tables-rondes, consultations, soins, dons au village Marchoux, sensibilisation des populations des communes d'Adjamé et de Koumassi...
A noter également:
Première Assemblée Générale à l'INSP les 25 et 26 Mars 95 en présence de tous les musulmans du corps médical.
SEMI - CI
"Pour plus d'amour et de solidarité envers ceux qui souffrent. Salam Aleykoum"
EDITO - PLUME
Que les renards se retractent
Par Koné Zakaria abd'Allah
Ça y est le barrage a craqué, la digue a cédé, le seuil névralgique est franchi, les faits sont qualifiés, la sentence est tombée comme une fatalité. De l'exemplaire sanction de quatre ans requis par le procureur de la république, nous en sommes aux dix mois retenus par le juge. Le rouleau compresseur de notre appareil judiciaire est en marche. L'histoire, assise sur un côte le regarde dans ses gesticulations et élucubrations sans mot dire. Une vaillante et dynamique équipe de défenseurs de la liberté, celle de penser et celle de s'exprimer, est à ses trousses, jusqu'à ce que s'applique le droit, rien que le droit. Jusqu'à ce que les préoccupations politiciennes soient laissées aux politiciens. Car nous savons la rivière en crue déversant depuis un certains temps sur la grève, son trop plein d'arbitraire, d'injustice et de violence. Mais ce que nous savons davantage c'est que ce qui a charri, c'est le fleuve de la misère et de la peur. La misère d'un corbeau à qui on enseigne que son plumage est exceptionnellement et exclusivement le plus beau sous les tropiques. Mais la peur de se découvrir corbeau dans toute la splendeur de sa légendaire laideur sous les projecteurs de la réalité-vérité.
Le vigilant collectif de défenseurs a déjà montré avec brio la vacuité et la vanité du dossier.
Il reste à espérer que pour une fois la justice montrera son indépendance et sa loyauté. Faute de quoi, nous aurons toutes les raisons de penser à une grotesque mise en scène, à une comédie de mauvais goût visant seulement à nous intimider, nous dissuader et surtout museler notre voix. Si c'est cela l'objectif poursuivi, alors que les cercles de renards se rétractent, l'entreprise est vaine et ridicule.
Car accéder à cette demande ce serait renier notre foi et trahir dans le même mouvement la Côte d'Ivoire. On aura ainsi troublé l'ordre public, celui de la liberté d'expression, expression de la pluralité d'opinions, surtout celle de la vérité. Non, nous ne renoncerons a aucun prix à dire ce que nous pensons être la vérité. Nous pouvons nous tromper - cela est humain - mais qu'on nous le démontre. Nous n'éprouverons aucune honte à reconnaître notre erreur et à nous en repentir.
Que cela soit tenu pour su, nous défendrons notre idéal de foi et de justice, quoi que cela nous coûte contre tous les prophètes du néant, tous les vendeurs d'espoir, tous les chasseurs de grandeur et/ou tous les pécheurs de domination.
Que la force intérieure qui a maintenu cette foule de jeunes (filles comme garçons) sur la pelouse devant la cour du palais de justice avec une égale détermination aussi bien sous le soleil caniculaire du mercredi que sous la pluie battante du jeudi, soit un signe pour ceux qui pensent que la violence gratuite peut tout résoudre.*
K. Z. A.
SOMMAIRE
Edito-Plume
Que les renards se rétractent. P.2
Plume politique
Procès Plume Libre: un procès politique ? P 3
La défense confond le parquet P 3
Peut-on emprisonner la vérité ? P 4
Plume des lecteurs P 6
Plume dans le quotidien
La plume a grandi P 7
C H U - Treichville: le SEMI au secours de la mosquée P 8
T.V: Super Bible ou Super Book ? P 8
Les journalistes désormais entre Bédié et les musulmans P 5
--- Page 3 ---
PLUME POLITIQUE
Interpellés le 21 Février par la Brigade de Recherche, puis écroués le 22 Février pour incitation à la haine tribale et religieuse et trouble de l'ordre public, MM. Fausseni Dembélé et Doumbia Ibrahim, respectivement Directeur de Publication et journaliste à "Plume Libre" ont finalement été condamnés le 02 Mars dernier à 10 mois d'emprisonnement ferme par le Tribunal de Première Instance d'Abidjan.
Procès Plume Libre: un procès politique ?
PRESIDE par M. Blé Dominique, c'est à 14 heures 30 et non à 8 heures comme prévu qu'a débuté le mercredi 01 Mars le Procès de "Plume Libre". D'entrée de jeu, le Président du tribunal a précisé qu'il ne s'agit pas d'un Procès de l'Islam mais de journaliste pris dans l'exercice de leur fonction. Comme il fallait s'y attendre, ce premier acte de procès a tourné autour des questions de procédure. Après lecture des faits, le collectif des neuf avocats sous la houlette de Me Bourgoin s'est déporté après avoir tout tenté en vain d'obtenir le report du procès afin de mieux coordonner sa stratégie de défense. Le Président prend alors acte de cette déportation et ajourne la séance pour le lendemain à 13 heures tout en demandant aux prévenus de se constituer un autre conseil. Ce qui a été jugé inadmissible par les avocats qui ont promis être présents le lendemain au procès.
Un réquisitoire musclé
L'acte deux du procès n'échappera toujours pas aux questions de procédure. Elles portent entre autre sur l'incompétence du Tribunal, l'illégalité du mandat de dépôt; l'infraction constatée étant punie d'une peine de détention et non d'une peine d'emprisonnement. Ce qui du coup rend caduque la procédure de flagrant délit. C'est ici qu'interviendra le représentant du Parquet M. Blé Antoine pour faire remarquer que ce genre de délit a été transféré aux tribunaux de droit commun depuis 1990. Le tribunal joint alors l'exception au fond et poursuit les débats par l'interrogatoire des prévenus.
En substance, ceux-ci devraient répondre aux questions relatives à la portée de l'information, au rôle du journaliste, à la cible du journal, à la place de la communauté musulmane dans la société. L'information selon les accusés ne dépend que de ce que le récepteur en fait, le rôle du journaliste islamique étant de la mettre à sa portée. Plume Libre étant un journal islamique d'informations générales, sa cible est d'abord la communauté musulmane mais tout le monde y trouve son compte. La communauté musulmane fait partie intégrante de la société ivoirienne.
Très attendu, le réquisitoire du parquet s'est attelé à faire ressortir la gravité des faits reprochés aux prévenus, ces faits méritants selon ses propos des "sanctions exemplaires?". Après avoir donné lecture intégrale de l'article incriminé, le ministère public s'est beaucoup appesanti sur un élément du titre "l'épuration ethnique" et sur un autre de la conclusion à savoir "à qui le tour demain?". Ces deux expressions sont jugées séditieuses et de nature à dresser le Nord du pays contre le Sud, les musulmans contre les non-musulmans et à discréditer le gouvernement. Ce sont de tels propos qui sont à l'origine des troubles du Rwanda, de la Bosnie et surtout de l'Algérie. Le parquet fonde son argumentation sur le fait que les musulmans sont statiquement les plus nombreux de ce pays et qu'ils sont très engagés. Donc inciter une telle communauté est un péril pour la nation. Il requiert donc quatre années d'emprisonnement ferme après un réquisitoire musclé.
Le parquet s'est fait le complice et le bras séculier du politique
Quant à la défense, elle a accentué son intervention sur deux axes: le fond et la forme du débat. Pour ce qui est de la forme, elle a reproché au parquet et de piper les dés en faisant allusion aux pratiques de l'Islam et à l'Algérie refusant du coup de circonscrire le débat comme cela avait été exigé par le tribunal. Pour M. Samassi et Me Bourgoin, le parquet s'est fait le complice du politique et son bras séculier. Brandissant le bélier du 26 Décembre 1994 qui titrait "ADO, Masta grands boubous ,oust". Me Samassi s'est dit très offusqué par les réactions partisanes du parquet qui lui-même inciterait plus à la haine. Me Bourgoin dira que le hic vient du fait que le parquet "a pensé sévir avant qu'il ne soit trop tard", alors que son rôle traditionnel requiert la constitution des faits avant de sévir.
Les questions techniques et de fond feront l'objet des interventions de Me Fanny et de Me Assi. Comment prouver ce qui n'existe pas? S'interrogea Me Fanny à l'attention du tribunal. Il appartenait au procès verbal de l'enquête préliminaire de prouver le délit or celui-ci est vide. Aucun élément de l'infraction n'est constitué. Autant faire appel à un jeteur de cauris pour trancher cette affaire a-t-il déclaré. Il a demandé la relaxe pure et simple de ses clients.
Procureur, confessez-vous
Me Assi ira plus loin pour réclamer la confession du procureur car en leur métier on peut se ressaisir. Il a fait remarquer également que le délit de presse n'est pas constitué seulement par la publication d'un article mais par l'acte qui en découle. Insistant particulièrement sur le cas du directeur de publication, il fait remarquer qu'il n'a posé aucun acte personnel qui puisse lui être reproché un fait postérieur à l'infraction ne pouvant être poursuivi. En outre, tout le débat a porté sur le titre (une simple image) qui a fait l'objet d'une abondante littérature. S'interrogeant à son tour, il s'est demandé si c'est un article de presse qui a fait le Liban, l'Algérie etc... s'il a conclu en demandant au juge de ne fonder son jugement que sur les faits. En a-t-il été ainsi? Difficile de répondre. Toujours est il que nos confrères après avoir bénéficié de circonstances atténuantes? ont été condamnés à 10 mois de prison ferme en lieu et place de la relaxe. Se sentant lésée, la défense a interjeté appel.
Affaire donc à suivre.*
D H L
Depuis le debut de la crise les imams ne demandent qu'une seule chose aux fidèles : garder le calme !
La défense confond le parquet
Procureur:
Les faits et expressions sont graves, le message aussi alors la sanction doit être exemplaire. Il veulent chauffer à blanc la conscience des frères du Nord pour les dresser contre le reste de la Côte d'Ivoire. Or les musulmans constituent la communauté homogène la plus importante du pays. Vrais croyants qu'ils sont, ils sont très engagés. Allons-nous attendre que notre pays devienne l'Algérie, le Rwanda, la Bosnie, le Libéria?...
Après ce réquisitoire qui ne repose sur aucun fondement juridique et concret, les avocats ont fustigé le tribunal jusqu'à friser l'humiliation. Ecoutez:
Me Konaté
Le support est paru le 1er Février et c'est par un "soit-transmis" du 14 Février que la gendarmerie a été mise en scelle pour commencer sa poursuite. Si l'on s'en tient à l'article 53, il n'est pas applicable dans ses alinéas 1 et 2 car il ne s'agit pas de flagrant délit.
Une procédure de flagrant délit? Là encore nous disons qu'un délit politique est puni d'une peine de détention et non
Par Koné Z. abd'Allah
d'emprisonnement. Monsieur le président vous devez prononcer la nullité du mandat de dépôt.
Me Samassi
Le législateur est sage, très sage comme vous l'avez dit monsieur le procureur mais vous, vous ne l'êtes pas: vous êtes excessif, révoltant et vous semez la haine et le péril musulman. Il s'agissait de faire une appréciation technique juridique: il est inadmissible que le parquet se fasse le porte-voix de la division.
Suite Page 5
PLUME LIBRE / Mars 1995 / Du 29 Ramadan au 29 Chawal 1415 / Page 3
--- Page 4 ---
PLUME POLITIQUE
Peut-on emprisonner la vérité?
Par D H L
La communauté musulmane subit les assauts répétés du Pouvoir. Après la carotte, le bâton. Mais jusqu'à présent, elle a su garder son sang froid
L'Islam, par définition, est la soumission à Allah, le Pur, l'Exalté et l'Inégalable. Il est la religion de la pureté et de la vérité, la religion éternelle. A la lumière de ce verset du Saint Coran, il est incontestable que les manigances de quelque ordre que ce soit ne peuvent empêcher la vérité de triompher.
CEUX qui pensent qu'il est encore possible d'empêcher les légitimes représentants de la communauté musulmane de s'exprimer exposent notre pays à de graves dangers dont ils ne mesurent pas la portée réelle. A cet effet, méditons ces reflexions de Spinoza: «Aucun appareil de répression ne peut étouffer l'idée vraie car les honnêtes gens ne reculent devant aucun obstacle pour confirmer leur bonne foi.» En effet, la restriction excessive des libertés fondamentales dont la liberté de culte et d'expression ne peut avoir pour corollaire que la putréfaction des relations sociales. Et toujours d'après Spinoza, ceux qui en profitent ne «sont que les hommes faibles de caractère et sans foi, les perfides, les corrompus, les avides et autres flatteurs, les courtisans...» Cet état de fait ne peut aboutir qu'à des irritations et à des frustrations. C'est vers une telle situation que nous tendons dans notre pays si certains prédateurs ne mettent pas fin à leurs agissements. La liberté de s'organiser a-t-elle un impact sur l'Etat qui ne puisse être atténuée? En tout état de cause, elle ne représente aucune menace ni pour l'Etat, ni pour les citoyens. C'est bien au contraire sa suppression qui peut être à l'origine des schismes et des rébellions car les musulmans sincères ne peuvent renoncer à leurs nobles idéaux quoi qu'il advienne. Ce ne sont pas les exhibitions de quelques fanfarons qui les en empêcheront. Nous ne pouvons terminer cette réflexion sans encore paraphraser Spinoza afin de soumettre à l'attention des fossoyeurs de notre communauté les réalités suivantes. Loin d'être un obstacle pour la sécurité de l'Etat, la tolérance à l'égard des libertés morales, intellectuelles et religieuses doit être un acquis dans tout Etat de droit. La conviction des hommes vis-à-vis de leurs idées et opinions est telle que ni les tyrannies les plus sanglantes, ni les appareils de répression les plus barbares ne peuvent en venir à bout. Même en écrasant ceux qui disent la vérité en ce moment, d'autres hommes viendront reprendre et redire les mêmes choses et souvent faire pire que leurs prédécesseurs. Tout Etat qui prétend supprimer la vérité s'engage inévitablement dans un processus autodestructeur car il purge indéfiniment le pays des honnêtes gens pour ne faire place qu'aux perfides profiteurs qui ne peuvent supporter à armes égales la responsabilité de leurs semblables.*
D.H.L
Extrait de Plume Libre hors serie N°001.
Comité de soutien aux journalistes de Plume Libre
Incarcérés à la MACA.
Siège de l'AEEMCI
Petite mosquée de la Riviéra
Abidjan - Cocody
Tél: 43 - 47 - 58
08 BP 2462 Abidjan 08
CHAPELET
Si le ridicule pouvait tuer...
Si le ridicule pouvait tuer on serait tous morts le Vendredi 1/03/95 au palais de justice. En effet lorsqu'une guerre de procédure battait son plein entre le collectif d'avocats constitués pour la défense des frères Dembelé et Doumbia et le ministère public qui refusait le report demandé par les avocats. Que n'a t-on pas vu? Une comédienne digne des planches d'Adjé Daniel ployant sous le poids d'une robe comme celle des avocats mais qui avait perdu toute grâce et toute majesté. Me, le défenseur de Diaby Koweït traversa la salle narguant les avocats, les vrais et alla apporter son soutien au procureur de la république pour qu'il maintienne son refus.
Après cette scène de mauvais aloi elle se déporta auprès des avocats pour faire du bruit rien que bruit qui visiblement gèna nos défenseurs, lorsque la question lui fut poser sur ce qu'elle voulait. Noire de haine elle n'hésita pas a craché du venin: j'ai un réquisitoire de 10 pages contre Plume Libre. Pendant qu'elle nous fournissait ce spectacle gratuit et futile un malheureux qui avait demander ses services a été condamné a 3 ans de prison sans avoir été défendu dans une autre salle.
Oh pauvre malheureux ton droit est de prendre un avocat mais si tu n'en connais pas il faut demander.
Ici tôle c'est pas tôle oh.
Fruit c'est pas fruit car une mangue de surcroît verte est vraiment différente d'un avocat.
Heureusement que le ridicule ne tue pas.*
Koné Zakaria abd'Allah
PLUME LIBRE / Mars 1995 / Du 29 Ramadan au 29 Chawal 1415 / Page 4
--- Page 5 ---
PLUME POLITIQUE
Les journalistes désormais entre Bédié et les musulmans
En période préélectorale, on bâillonne le cœur pour laisser s'exprimer la raison.
Au delà de tout pragmatisme politique, l'arrestation des deux journalistes de "Plume Libre" constitue un coup de poignard aux relations entre les musulmans de Côte d'Ivoire et le Président du parti au pouvoir. Les tentatives de rapprochement amorcées depuis un certain temps tendant à réparer les injustices ou erreurs commises n'ont pas abouti aux effets escomptés (Mosquée du plateau, comité de conciliation, ...) et voilà que l'on retourne le couteau dans la plaie.
On ne cessera jamais de le dire, c'est à tort que l'on accuse la communauté musulmane de ce pays d'être une menace pour la paix. Les vrais ennemis de la paix, ce sont ceux-là qui, meurtris par leur haine, leur aversion pour les autres qui sont différents d'eux posent chaque jour des actes qui mènent la Côte d'Ivoire sur un chemin tortueux et dangereux.
Le dernier en date est certainement l'arrestation de nos collègues qui de surcroît sont des piliers de nos structures islamiques.
Horreur et indignation dans les Mosquées.
En effet, à cette fin de Ramadan, c'est avec un cri de colère et d'indignation que les fidèles dans la quasi-totalité des Mosquées du pays se sont exprimés face à cet acte qu'ils estiment injuste et comme étant une atteinte à la communauté musulmane toute entière.
Bédié peut-il encore compter sur les musulmans pour les prochaines joutes électorales ? Apparemment non ! Le divorce semble être consommé
Beaucoup de fidèles que nous avons rencontrés, nous ont confié: «La libération de nos deux journalistes est désormais au centre de nos revendications immédiates.»
D'autres affirment: «Aucun événement, en dehors de la tentative d'enlèvement de Koudouss et de l'agression policière de la Mosquée d'Abobo ne nous a davantage éprouvés que l'arrestation de nos frères, et surtout pendant ce mois de carême si difficile.»
Un constat semble se dégager de l'avis de tous les musulmans: Entre Bédié et les musulmans de Côte d'Ivoire, il y a désormais Fausseni et Ibrahim.
De leur sort va dépendre l'avenir immédiat de la Côte d'Ivoire ou tout au moins du pouvoir politique de la place.
"Ceux qui ont tourmentés les croyants et les croyantes pour leur faire renier leur foi et qui ne sont pas par la suite revenus au droit chemin, ceux-là auront les tourments de l'enfer et ceux-là subiront le supplice du feu". Coran (S.85 V.10).*
Hamza
Suite de la page 4
En plus le dossier est vide, rien de concret. Ceci est un procès de foi et de loi. Votre juridiction monsieur le président, ne devra être le bras séculier d'un quelconque pouvoir.
Les diviseurs de ce pays ne sont pas ceux-là (montant les prévenus) c'est cette complicité de silence.
Voilà entre mes mains un journal: intitule "ADO, Masta, grands boubous out!" injurieux, séditieux, humiliant au point où on ne peut le comparer à Plume Libre. Et pourtant ses auteurs ne sont nullement inquiétés et ne le seront jamais. Vous dites qu'il y a trouble de l'ordre public mais ce numéro a été mis sur le marché le 1er Février, jusqu'au 14 Février date à laquelle vous avez saisi la gendarmerie, rien n'avait été constaté comme trouble. Le seul incident qu'on a constaté : c'est ce déploiement massif des forces de l'ordre devant le palais et c'est vous monsieur le procureur qui l'avez crée.
C'est vous même qui troublé l'ordre public.
Me Fanny: Ce procès est particulier pour nous car il s'agit de celui de frères, de coreligionnaires. Sur le fond technique, ils sont accusés d'avoir écrit des propos de nature à porter atteinte à l'ordre public. Mais l'ordre public qu'est-ce que c'est? De quel ordre public s'agit-il?
L'ordre public est la notion la plus évolutive du droit.
L'ordre public au temps colonial était que cette cour de justice était interdite aux noirs, l'aquarium juste derrière l'était également.
Qu'un noir s'introduise dans un de ces lieux, c'était troubler l'ordre public.
A certain moment en Côte d'Ivoire, exprimer son opinion sur certains aspects de vie nationale était troubler l'ordre public. Mais aujourd'hui qu'est-ce que l'ordre? C'est la pluralité des opinions et leur expression.
C'est que les musulmans puissent dire enfin: on est l'objet de traitement particulier et injuste. C'est ça l'ordre public. En quoi l'ont-ils troublé?
En plus le P.V. de l'enquête préliminaire est vidé, il n'y a pas eu d'enquête. Comment dans ces conditions on peut établir une culpabilité?
Me Assi: L'expression du procureur a dépassé sa pensée. Ce qui l'a conduit à s'élever contre toute une communauté sans pouvoir se justifier ni expliquer.
Il n'y a pas d'infraction possible sans acte matériel ou intentionnel or aucun de ces deux n'est établi ici.
D'ailleurs le délit d'atteinte à l'ordre public n'est pas un délit de presse. Et que vient chercher la Bosnie, l'Algérie, le Libéria... Ces conflits sont-ils le fait des journalistes?
Et vous trouvez le message de cet article grave. Mais en quoi l'est-il ? Voilà un journaliste qui constate qu'on évince de leur poste des membres d'une communauté donnée, qui le dénonce et met en fin d'article ce verset du Coran «O Dieu, possesseur du règne! Tu donnes le règne à qui Tu veux et Tu ôtes le règne à qui Tu veux. Tu donnes puissance et considération à qui Tu veux et Tu avilis qui Tu veux. En Ta main est le bien. Tu es capable de toute chose»(S.III V.26)
C'est en définitive un message de paix: vous êtes victimes d'une situation ne vous en faites pas. Remettez-vous à Dieu. C'est troubler l'ordre public ça?
"Le prophète ne dit-il pas: «Le combat le plus aimé de Dieu est la parole juste prononcée devant un gouvernement injuste.»"
Non Monsieur le président, on n'a pas soumis au débat les éléments de nature à troubler l'ordre public.
Certes vous obéissez au principe d'opportunité mais vous ne devez pas vous soustraire à celui de la légalité.
Vous devez relaxer Doumbia Ibrahim et Fausseni Dembélé.
Suite page 6
PLUME LIBRE /Mars 1995 / Du 29 Ramadan au 29 Chawal 1415/ Page 5
--- Page 6 ---
PLUME POLITIQUE
Le combat pour la liberté
Par Abdul Jabbar
Le combat pour les libertés est une mission noble à laquelle tout le monde doit adhérer. La Côte d'Ivoire est à un tournant de son histoire, où les libertés aujourd'hui plus qu'hier sont violées par un pouvoir fébrile. L'incarcération des journalistes loin d'être un acte isolé s'inscrit dans une logique répressive amorcée depuis le 7 Décembre 1993. D'aucuns peuvent s'estimer à tort ou à raison à l'abri du pouvoir, et ne pas se sentir concerner par ses exactions. Mais que non, s'ils leur arrivaient de ne pas caresser les hommes au pouvoir dans le sens du poil, ils connaîtraient à leur tour les résidences de la M A C A Tout journaliste ou tout intellectuel doit se sentir interpellé lorsqu'on emprisonne un journaliste. Car qu'est ce que la liberté d'expression, si l'on ne peut critiquer, si l'on ne peut interpeller le pouvoir politique sur les conséquences fâcheuses des actes qu'il pose. Il ne faut pas attendre que le feu s'allume pour crier au secours, mais anticiper l'incendie. Et c'est justement ce qu'a fait Kèmè Brahma dans l'article incriminé. En le faisant, notre collègue inscrit son nom sur le tableau de l'histoire de ceux qui auront tout fait pour que la Côte d'Ivoire ne sombre pas un jour dans le tribalisme, véritable gangrène de l'Afrique moderne. Ceux qui doivent être entendus par le juge ne sont pas ceux qui dénoncent un état de fait mais plutôt ceux qui le créent.*
A J
Merci aux combattants de la liberté
Dès que la nouvelle de l'incarcération de nos confrères leur est parvenue, ils se sont tout de suite constitués pour leur défense. C'est un acte louable à plusieurs titres. D'abord, ils se sont immédiatement constitués sans qu'on ne le leur demande. Ensuite ils l'ont fait gratuitement sans réclamer un sou. Le dévouement, la conscience professionnelle avec laquelle ils ont défendu nos confrères et mieux ils ont remis de l'argent aux prévenus. Tout cela nous fait dire que les avocats ont posé là un acte qui restera gravé dans la mémoire non seulement de la communauté musulmane, mais de tous les ivoiriens épris de justice, de tolérance et de paix vraies.*
Abdul Jabbar
PLUME DES LECTEURS
Que Dieu éclaire nos dirigeants.
Je vous écris ces quelques lignes relatives à l'interpellation et l'incarcération de mes deux frères de "Plume Libre" que sont Dembélé Fausseni et Doumbia Ibrahim. Notre objectif est ici de montrer à toute la Côte d'Ivoire et surtout à sa classe dirigeante, s'il en était encore besoin que ces petites pratiques d'intimidation ne sont plus de l'heure. Le regain d'intérêt que les musulmans ont aujourd'hui pour leur religion n'est pas lié à ceci ou à cela. Bien plus c'est un état d'esprit, un mouvement interne de l'âme qui ne fait que revenir à sa vocation originelle et matinale. Personne ne peut rien contre.
La Côte d'Ivoire se vante souvent et chaque fois qu'elle en a l'occasion, par le truchement de ses dirigeants, de clamer à qui veut l'entendre que notre pays connaît une scolarisation de plus de 70% depuis plus d'une décennie. Comment peut-on continuer de croire que ce peuple aussi grandement scolarisé est gouvernable avec les clichés de 1960. Si l'objectif de l'incarcération de nos deux frères est de nous dissuader, que le pouvoir sache que cela ne fera que revivifier notre engagement de militant islamique.
En outre, il faut qu'une chose soit claire dans l'esprit de tous. Quand une association se réclame apolitique, cela signifie qu'elle ne défendra pas les idéaux d'un parti politique encore moins se mettre à sa solde. Mais qu'on ne pense pas que cette association et ses membres doivent s'interdire de faire une lecture critique des différentes actualités qui les concernent, soit en tant que croyants, soit en tant que citoyens. Le faisant, ils agiraient conformément à ce hadith du Prophète(PBDL) qui dit que la société ressemble à un bateau dans lequel tous les citoyens ont une place en propre. Mais si l'un d'entre eux se met à creuser un trou à sa place, les autres doivent l'en empêcher parce que son acte entraînera non seulement sa perte mais aussi celle de tous ceux qui sont à bord. Nos frères n'ont fait que poser un acte dans ce sens. Qu'on les ait incarcérés pour cela n'est ce pas là une injustice criarde?
Mes frères rappelez-vous les propos d'Allah (S.II - V.45) «Prenez aide dans la patience et la prière. Elle est certainement bien lourde sauf ceux qui les font avec recueillement.»
Que Dieu éclaire nos dirigeants!*
Sam - Agassi
Suite de la Page 5
Me Bourgoin:
Monsieur le président je suis inquiet, inquiet pour mon pays, notre pays, la Côte d'Ivoire. Le parquet a agit en politique. Si c'est de son propre chef c'est grave, si c'est sous injonction c'est tout aussi grave.
On s'ingénie à diviser la communauté musulmane en bons et mauvais.. Les bons étant les thuriféraires du pouvoir et les mauvais les intégristes.
Et le parquet suggère qu'on sévisse avant que des actions en cascades ne se produisent, ce qui est contraire à sa vocation. On ne peut pas anticiper sur l'acte.
Monsieur le président, la décision que vous allez prendre est attendu dans les hameaux les plus reculés du pays. Que la sérénité soit de mise. Que la population musulmane qui a beaucoup de raisons de penser qu'il y a malaise soit apaisée.
Mais hélas, malgré toutes ses sages et savantes démonstrations; malgré l'illégalité du mandat de dépôt et l'incompétence de la juridiction devant laquelle les frères ont comparu, malgré le fait que, le procès verbal de l'enquête préliminaire est désespérément vide.... le verdict est tombée, les frères ont été retenus coupables et condamnés à 10 mois d'emprisonnement ferme.
Les dés n'étaient-ils pas pipés à l'avance ?*
Koné Zakaria abd'Allah
PLUME LIBRE / Mars 1995 / Du 29 Ramadan au 29 Chawal 1415/ Page 6
--- Page 7 ---
PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Lorsqu'en 1991, les Musulmans ne voulant pas demeurer en reste, ont créé leur journal pour prendre la couleur du temps, nombreux sont ceux qui ne lui prédisaient longue vie. Et pourtant, grâce à Dieu, le mensuel "Plume Libre" s'est imposé dans le paysage de la presse ivoirienne, qu'il a d'ailleurs transcendé. Disons-le tout net aujourd'hui la plume a grandi.
"La PLUME" a grandi
Par BEN, NABIL
PETIT à petit mais sûrement le mensuel islamique "Plume Libre" fait son petit bonhomme de chemin. Hier apparu comme un bébé de la presse écrite ivoirienne aux côtés de journaux qui avaient déjà occupé le terrain bien avant lui. Aujourd'hui le mensuel s'est imposé de par le sérieux et la rigueur dont font preuve les membres de son équipe.
Il ne pouvait en être autrement. Car "Plume Libre" s'est assigné pour mission essentielle de défendre les intérêts d'une religion sérieuse l'Islam, qui a toujours été bafouée et ses pratiquants infantilises et de la société civile en général.
Par le traitement de l'information, le mensuel "Plume Libre" a contribué à faire découvrir et comprendre le vrai visage de l'Islam. Religion qui prône la vérité en tout temps et en tout lieu. Ce qui fait que les articles de "Plume Libre" dérangent et perturbent le sommeil de certaines personnes.
Ces quatre ans d'existence, le mensuel "Plume Libre" est devenu plus qu'incontournable en Côte d'Ivoire. A chaque sortie les lecteurs s'arrachent les numéros auprès de leurs vendeurs habituels. Or tout le monde veut avoir des informations sur la communauté. A force de faire la lumière sur la situation tant sociale que politique de la communauté musulmane (la UMMA) en Côte d'Ivoire, "Plume Libre" a été assigné en justice.
Ce procès, loin d'être une malédiction, apparaît comme une épreuve de Dieu. Et le Musulman ne grandit que dans l'épreuve. "Plume Libre" en tant que journal de défense des intérêts de l'Islam sortira grandi, inch'Allah" de ce simulacre de procès qui a été intenté contre lui.
"Ils stratègient, Dieu stratégie et Dieu demeure le Meilleur des Stratèges !!! *"
B N
Procès Plume Libre (suite)
Echos du Palais
Au cours du procès Plume Libre contre ministère public des phrases ont retenu notre attention :
Blé Dominique (Procureur de la république):
"Sur le plan statistique, les musulmans sont les plus nombreux en Côte d'Ivoire. Ils sont présents même dans les hameaux les plus reculés".
Me Samassi:
"Ce procès est un procès de foi et de loi".
Me Bourgoin:
"La décision de ce jour dot tenir compte du malaise existant entre le pouvoir et les musulmans".
Me Assi:
"C'est parce que la Côte arrive nouvellement au multipartisme que le débat contradictoire est choquant".
Dembélé Fausseni, Directeur de Publication de Plume libre :
"Je respecte trop mon lectorat pour lui imposer mon point de vue".
Me San.assi:
"Si le président du tribunal a été sage, le procureur ne l'a pas été".
Me Konaté:
"Le législateur est sage mais le parquet d'aujourd'hui ne l'est pas parce que ce faisant le porte-parole de la haine".
Me Samassi:
"La justice ne doit pas être le bras séculier du pouvoir".
Me Assi:
"Le procu...ur a pipé les dés".
"Puisque le procureur n'a pas son travail moi je le ferai à sa place".
Une sélection de Ryabak Nagbé
Prochainement inch'Allah, la réaction du public dans
Plume Libre
La voix des musulmans
Plume Libre
Le journal de la communauté
PLUME libre
est édité par le
Groupe Plume Libre
Petite Mosquée de la Riviera
08 B.P 2362 Abidjan 08
Tél. : 43-47-58
Dépôt légal
N° 2732 du 07-09-91
Directeur de Publication
Dembélé Fausseni
Rédacteur en Chef
Koné Zacharia
Secrétaire Général de la Rédaction
Koné Seydou
Photos
Ojekalé Mahmoud
Inza Koné
Micro-Composition
ASNI
01 BP 6497 Abidjan 01
Tél: 45-79-24
Impression
Imprimerie Reprographie
Tél : 37-03-28
Distribution
Edipresse
Tél : 37-17-27 / 18-60
Tirage: 5000 exemplaires
PLUME LIBRE / Mars 1995 / Du 29 Ramadan au 29 Chawal 1415/ Page 7
--- Page 8 ---
PLUME EN LIBERTÉ
CHU de Treichville
Le SEMI au secours de la Mosquée en construction
Le Dimanche 05 Février 1995, le CHU de Treichville a servi de cadre à une sympathique cérémonie de remise de chèque du SEMI au comité de construction de la mosquée sous la présidence de El hadj Idriss Koudouss Koné.
En effet c'est ce 5e jour du mois de Ramadan 1415 que le Secour Médical Islamique (SEMI) a choisi pour faire don de la somme de un million (1 000 000F CFA) au comité de construction de la Mosquée du CHU de Treichville dont la première pierre a été posée depuis le 18 Mars 1993.
Avant la remise du chèque le président du SEMI a défini les objectifs de son association.
Selon le Professeur Kader, le SEMI a pour ambition de regrouper tous les professionnels musulmans du corps médical en vue entre autres d'assurer l'encadrement médical des pèlerins, la couveture médicale des manifestations islamiques, enfin la prise en charge des soins des démunis.
La remise du chèque, ajoutera le président du SEMI, vient soutenir l'opération "sacs de ciment" qui a permis le début de la construction de la Mosquée sur un espace de 600m2, au départ, mais élargi à 1 000m2 grâce à la bonne compréhension de l'administration du CHU de Treichville.
Prenant la parole, le président du CNI, El Hadj Idriss Koudouss, remerciera les membres du SEMI pour le noble acte qu'ils viennent de poser en ce mois beni de Ramadan car, précisera t-il, le meilleur des sacrifices est celui qui se fait pendant le mois de Ramadan. Il profitera pour lancer un appel aux cadres et hommes d'affaires afin qu'ils se mobilisent pour la finition de cette mosquée. Ce qui devra servir de catalyseur au CHU de Cocody où un terrain est également disponible.
Pour clore son intervetion le président Koudouss a rappelé aux fidèles les cinq actes moraux annulant le jeûne.
Au terme de la cérémonie, les dons receuillis se sont élévés à 346 570 repartis comme suit.
Quête auprès des présents: 101 570
- 200 000F promesse de don de M. Kanté.
- 20 000F (chèque) du Professeur Waotta.
- 25 000F (chèque) du Professeur Sekan.
Ces 2 dons ont été d'autant plus appréciés qu'ils émanent de personnes non musulmanes.
Pour mettre fin à la cérémonie, le comité de construction de la mosquée et le SEMI ont pris l'engagement de finir la construction de la mosquée du CHU de Treichville avant la fin du mois de Juin 1995 inch'Allah. *
Ryabak Nagbe
En raison de l'abondance de l'actualité, le compte rendu de Laïlatoul Kadr et de la fête de Ramadan sera publié dans le prochain numéro inch'Allah.
Télévision
Super Bible ou super book ?
Par Salif Traoré
BISMILLAHI rahmani rahimi. Notre pays connait depuis quelques années une vaste campagne d'évangélisation sous plusieurs formes. Depuis les grandes caravanes de guérison jusqu'au porte à porte, les ivoiriens subissent un matraque médiatique sur Jesus(que la paix de Dieu soit sur lui). La cible la plus prisée est bien entendu la communauté musulmane "minoritaire" (15% selon nos autorités ). Quel est le bilan de tous ces tapages: très peu de chose. Ne dit-on pas que le chien aboie mais la caravane passe et la caravane de l'islam avance lentement mais sûrement. Aujourd'hui, il faut trouver autre chose. Et les évangélistes n'y ont pas mis du temps. C'est par le canal de la télévision 1è chaîne et avec la caution des responsables de cette chaîne, que la frange la plus sensible de la population est visée: les tout-petits. En effet depuis quelques semaines, une grande campagne d'évangélisation a commencé à travers le club des petits: "Super Book". L'histoire des prophètes est racontée selon la version biblique, version qui est en désaccord avec la version coranique. Alors comment réagiront les enfants des musulmans devant ces images. L'objectif n'est-il pas de créer le trouble dans leur tête et de leur faire admettre la thèse chrétienne. La bible étant présentée comme le super book, faisant toute sorte de miracles, comment des âmes si fragiles et si innocentes pourront-elles faire la part des choses. Sommes-nous vraiment dans un pays laïc? Oui comment peut-on admettre des choses aussi graves? C'est une atteinte aux droits des musulmans. Alors il est grand temps que Madame le Ministre de la communication décide d'arrêter cette campagne d'évangélisation de nos enfants. Chaque communauté dispose d'une frange horaire pour faire sa campagne, il est inadmissible que super book passe dans le club des petits. Maintenant que la redevance est là, il faut une télévision pour tous les ivoiriens, multiséculaires ou de circonstances, et non une télévision pour les uns contre l'intérêt des autres. Enfin la communauté musulmane à travers le C N I doit se lever contre Super Bible, non Super Book. *
Salif Traoré
Président du F O C I
PLUME LIBRE / Mars 1995 / Du 29 Ramadan au 29 Chawal 1415/ Page 8
Ressources liées
La défense confond le parquet
Article