Numéro
Plume Libre #36
- Titre
- Plume Libre #36
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- février 1995
- numéro
- 36
- Résumé
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- nombre de pages
- 8
- Sujet
- Moustapha Diaby
- Conseil Supérieur Islamique
- Henri Konan Bédié
- Ivoirité
- Tentative d'enlèvement Idriss Koudouss Koné
- Intégrisme
- Islamisme
- Terrorisme
- Langue
- Français
- A une partie
-
Il faut tenir !
-
Les musulmans ivoiriens : cette "minorité" qui gêne
-
Mission parlementaire ivoirienne au Koweït : que faisait Diaby Koweït dans la délégation ?
-
Chasse aux cadres musulmans : l'épuration ethnique continue!
-
Combat contre l'Islam : les nouvelles alliances
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001357
- contenu
-
PLUME libre
Février 1995
Ramadan 1415
200 F
N° 036
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Quiconque fait le bien, le fait pour lui-même; et quiconque agit mal, agit contre lui-même."
(Coran. S. 45 — V. 15)
Menaces de mort sur les chefs musulmans
Renouveau et
* Chasse aux cadres musulmans: L'épuration ethnique continue
* Les musulmans ivoiriens: Cette "minorité" qui gêne
* Ramadan 95: Sous quel signe ?
Le pouvoir s'enfonce!
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PLUME SERVICE
DAAWA
L'AJMCI au Mali
DU 23 au 28 Décembre dernier, l'AJMCI (Association des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire) comité communal de Yopougon a séjourné à Sikasso au Mali dans le cadre d'une sortie islamique, dénommée "Caravane de Daawa".
A travers cette sortie, l'objectif visé était la consolidation de la fraternité, de la convivialité et de la solidarité entre les peuples frères du Burkina, du Mali et de la Côte d'Ivoire.
Ainsi, dans les villes de Zegoua et de Sikasso, l'accueil fut grandiose. Surtout à Sikasso, où le Maire et ses administrés ont tenu à nous accueillir à 10 km de ladite ville. Une marque de fraternité qui a été saluée à sa juste valeur par les "dattins".
Ce séjour malien a été surtout meublé par des prêches, des conférences, des ateliers de formation, des visites aux autorités politiques, administrative et religieuse.
De même certains cite touristiques ont été visités, tels le marchés central, le champs de thé, la résidence de Tièba résistant à la colonisation.
De telles sorties se doivent d'être multipliées pour favoriser le rapprochement et l'intégration sociale des peuples de la sous-région.
Nous adressons nos sincère remerciement à la Société CENTRACI, qui a manifesté de l'amour pour notre œuvre en nous facilitant les conditions de transport. Egalement nous remercions toutes les bonnes volontés qui ont contribué à la réussite de cette sortie, notamment El Hadj Idriss Koné Koudouss président du CNI, et le frère Cissé Mamadou de Ouangolo.
Que Dieu nous aide.*
Issa Zongo
A l'occasion du mois sacré de ramadan, la Rédaction de Plume Libre vous adresse ses meilleurs vœux.
EDITO - PLUME
Il faut tenir !
Par Dembélé Al Séni
PROCLAMER sa neutralité dans un contexte d'antagonisme exacerbé n'est pas chose facile. C'est l'expérience que vit la communauté musulmane en Côte d'Ivoire. Bien que les responsables du Conseil Supérieur des Imams et du Conseil National Islamique aient décidé de mettre l'Islam en dehors des champs partisans, les appétits politiques n'ont pas déserté cette religion. Du côté du pouvoir surtout, on voit d'un mauvais œil "l'indépendance politique" de l'Islam. Habitué qu'on était à faire charrier par ce canal la masse électorale vers le grand fleuve "du cœur et de la raison de chaque ivoirien". Du coup, la volonté des musulmans de soustraire la force religieuse des intrigues politiciennes est devenue en Côte d'Ivoire un crime. La non participation affirmée des structures et des responsables musulmans à la politique politicienne est présentée comme un piège intégriste visant à transformer ce pays en république islamique. A travers discours, journaux et cercles, on prépare insidieusement les consciences. On fait planer une vraie-fausse menace islamique sur le carré éburnéen. A la lumière de ce qui se fait et se dit sur le plan international aujourd'hui, on ne peut s'empêcher de relever un paradoxe. En Algérie, les musulmans sont pourchassés, traqués, abattus... parce qu'au nom de l'Islam, ils entendent participer au jeu politique de leur pays. En Côte d'Ivoire, c'est le contraire. Parce que les musulmans décident de se mettre à l'écart du jeu politique, ils sont intimidés, menacés, humiliés. Jusqu'où ira cette logique infernale?
Opter pour la neutralité n'est pas l'expression d'une quelconque incapacité. Choisir la voie de la vraie paix et y travailler patiemment ne signifie nullement la résignation fataliste! Il faut éviter de prôner de façon incantatoire la paix et poser chaque jour que Dieu fait des actes qui poussent vers l'apocalypse. Les exemples sont légion: officialisation du discours hideux d'exclusion et de pureté ethnique, diabolisation à outrance, chasse aux sorcières...
Les musulmans de Côte d'Ivoire ,du disciple le plus humble aux premiers responsables de cette communauté, tout en se refusant dans le cadre de leur foi et de leurs mosquées de s'aligner politiquement ne demeurent pas moins des observateurs très attentifs de la vie nationale. Il sauront prendre leur responsabilité, toute leur responsabilité le cas échéant. On ne peut reculer au delà du mur!
Certes dans la plupart des pays sous les tropiques, le politicien n'a pour objectif que la conquête du pouvoir et la jouissance des privilèges liés à son exercice. Néanmoins, le plus petit amour pour son pays commande à tous ceux qui sont engagés dans cette conquête d'épargner (à défaut de protéger) les valeurs essentielles qui maintiennent la stabilité sociale et symbolisent la cohésion nationale. Pour la Côte d'Ivoire, l'Islam est une de ces valeurs essentielles. Si sa neutralité politique n'était pas affirmée, il fallait le faire. Ceux qui s'excitent devant cette situation devraient plutôt remercier le Créateur d'avoir ainsi inspiré les chefs de l'Islam dans ce pays. Qu'allait-il advenir si "le rouleau compresseur" de l'Islam était déployé dans le champ politique? La neutralité politique de l'Islam en Côte d'Ivoire, c'est le choix de la sagesse. Il faut maintenir le cap et tenir malgré les fébrilités des arbalétriers qui veulent disposer de l'Islam.*
D. A.S
SOMMAIRE
Edito-Plume
Il faut tenir !. P.2
Plume religieuse
Les mérites du ramadan P. 3
Le mois de ramadan: sous quel signe? P. 3
Plume Politique
Menaces de mort sur les chefs musulmans: le pouvoir s'enfonce! P. 4
Que dira Ouassenan? P. 4
Le beau geste du Cardinal Yago P. 4
Rumeurs P. 5
Les musulmans ivoiriens: cette "minorité" qui gêne P. 5
Mission parlementaire ivoirienne au Koweït: que faisait Diaby Koweït dans la délégation P.5
Plume dans le quotidien
Chasse aux cadres musulmans: l'épuration ethnique continue P. 6
Entre nous: consensus P. 7
Conférence de presse du CSI: Koweït parle pour ne rien dire P. 7
Plume en liberté
L'aventure de Dagbè P. 8
Combat contre l'Islam: les nouvelles alliances P. 8
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PLUME RELIGIEUSE
Les mérites du Ramadan
Par El Hadj Tidiane Bah
DIEU dit dans le Coran, Sourate "Le Groupe" Verset 53 : "Dis à mes Serviteurs, vous qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez point de la miséricorde de Dieu. En vérité, Dieu pardonne tous les péchés, car il est clément et miséricordieux.
Revenez repentants vers votre Seigneur! soumettez-vous à lui, avant d'être surpris par un châtiment.
Nul ensuite, ne saurait vous prêter secours.
Suivez Ses enseignements sublimes, qui vous sont révélés avant que la tourmente ne vous saisisse, soudain, sans que vous l'ayez pressentie".
Dans la Sourate "Famille d'IMRAN, Verset 135, le Seigneur déclare :
"A ceux qui, ayant commis une infamie, ou s'étant fait tort à eux-mêmes, invoquent aussitôt Dieu, implorant humblement Son pardon, car qui peut absoudre un pécheur, en dehors de Lui et qu'ayant confessé leurs erreurs, n'y persévèrent pas sciemment, à ceux-là seront impartis pour récompense, un pardon ineffable de leur Seigneur, et des jardins éternels, baignés de ruisseaux, digne récompense d'aussi bons ouvriers".
Dans la Sourate "Les Femmes", verset 109, il est dit : "Celui qui a commis un mal, ou s'est fait injustice à lui-même, trouvera néanmoins indulgence et miséricorde auprès de Dieu, s'il veut implorer Son pardon."
L'envoyé de Dieu (SAW) a dit : "Si les serviteurs de Dieu savaient quelle est la valeur du jeûne du Ramadan, ils souhaiteraient que l'année entière fût Ramadan."
Il déclare dans un autre Hadith : "Malheur à celui qui a vu apparaître le Ramadan, et qui n'a pu obtenir la rémission de ses péchés, car si ses péchés ne sont pas pardonnés en ce mois, quand le seront-ils ?"
La clémence, la miséricorde et la grâce divine sont fréquemment mises en relief dans le Coran, avec tant de force et de vigueur, que l'on est tenté de penser qu'aucun musulman ne sera inquiété le jour du Jugement Dernier, pourvu que sa foi soit sincère, et qu'il fournisse un minimum d'effort. Il est écrit dans le Coran et dans les Hadiths que Dieu pardonne sans condition tous les péchés mineurs commis par le fidèle, s'il s'éloigne des péchés majeurs.
Le pardon est accordé également à tout musulman qui, ayant commis des péchés majeurs, prend conscience, revient à Dieu repentant et sincère.
Si son repentir est accompagné de l'accomplissement de bonnes œuvres, ses péchés sont transformés en bonnes actions.
Le fidèle ayant commis des péchés majeurs, et qui meurt avant de s'en repentir et de revenir à Dieu, peut soit obtenir la grâce divine, soit subir une condamnation pour un temps déterminé, puis être gracié par Dieu, et intégrer le Paradis.
La bonté, la clémence, la miséricorde et la grâce divines sont constantes.
Mais elles se manifestent avec plus d'éclat, plus de vigueur, pendant le Saint mois du Ramadan.
Durant ce mois, une série de mesures est prise, pour permettre au musulman de se racheter, et de se laver de tous ses péchés.
L'Envoyé de Dieu (SAW) a dit :
1) "Celui qui observe le jeûne du Ramadan, avec foi et en comptant sur la récompense divine, obtiendra la rémission de tous ses péchés."
2) "Celui qui fait la prière nocturne du Ramadan avec foi et en comptant sur la récompense divine, obtiendra la rémission totale de tous ses péchés."
3) "Le Ramadan est le mois de la patience. Et la récompense de la patience est le paradis".
4) "L'accomplissement d'une œuvre surérogatoire pendant le Ramadan, équivaut à l'accomplissement d'une œuvre d'obligation divine en dehors du Ramadan, et l'accomplissement d'une obligation divine, équivaut à l'accomplissement de 70 obligations en dehors du Ramadan".
5) "La meilleure des aumônes est celle faite pendant le Ramadan. L'une des plus belles aumônes est de faire manger celui qui a jeûné. Celui qui donnera à manger au jeûneur au coucher du soleil, verra ses péchés effacés, et sera affranchi du feu de l'enfer."
6) "Celui qui allège la charge de son employé, pendant le Ramadan, verra son corps affranchi de l'enfer, par Dieu."
7) "Le fidèle qui invoque Dieu, pendant le Ramadan, est un homme pardonné."
8) "Enfin, le mois de Ramadan est un mois d'amnistie, qui permet à des millions de musulmans perdus et condamnés à l'enfer, d'obtenir la grâce divine."
Suite page 6
Le mois de Ramadan sous quel signe ?
LE Ramadan, un mois béni et sacré pour les adeptes de l'Islam.
Ce neuvième mois du calendrier lunaire est plus riche en devoir d'adoration et de piété par conséquent plus élevé en grade que les autres mois de l'année.
Ceci pour montrer combien les fidèles musulmans ont intérêt, pendant ce mois à se surpasser avec beaucoup de dévouement dans les actes d'adoration. Ces actes d'adorations en plus de l'assiduité aux prières (obligatoires et surérogatoires), aux jeûnes et aux lectures liturgiques du Glorieux Coran qui sont très méritoires, doivent s'étendre aux actions telles que : - multiplier les aumônes en faveur des nécessiteux, favoriser les rapprochements entre les fidèles pour le maintien d'une fraternité solide, multiplier les sermons, les prêches et les causeries pour rappeler aux uns et aux autres les valeurs de l'éthique islamique. Bref multiplier ce que nous appelons communément "les actes de dévotion".
En Islam le temps est jalonné des devoirs d'adorations qui raffermissent le souvenir constant du Créateur chez le fidèle. Cela lui permet de se maintenir dans la droite ligne de la soumission à Dieu et de se préserver de tout ce qui peut nuire à sa foi.
Nous musulmans en Côte d'Ivoire, avec le contexte socio-polique dans lequel nous vivons à présents, il nous est utile de garder notre sérénité et de demeurer sincères dans l'adoration d'Allah. Car le plus grave péché que Dieu ne pardonnera point si son auteur arrivait à mourir sans s'être au préalable repenti, c'est se vouer au service d'un autre que Lui (le Créateur). Cet autre peut aussi bien représenter le bien matériel, l'homme ou l'esprit (ou une doctrine quelconque).
Pour cela, en ce mois béni tout fidèle musulman se doit d'invoquer constamment Allah le Tout-Puissant de le préserver lui et la communauté toute entière de tout égarement si minime soit-il.
Sur ce disons que le musulman qui compte sur la protection du Créateur Eternel ne craint aucune menace provenant de forces humaines ou d'un quelconque esprit. Ne dit-on pas à chaque récitation de la (S1, V4) : "C'est Toi que nous adorons et c'est Toi dont nous implorons le secours". N'est-ce pas là un serment que nous prêtons au moins dix-sept fois par jour devant Dieu ?
Alors frères en Islam, ayons une conscience sincère des actes d'adoration que nous posons. Soyons attachés à notre éthique. Renforçons notre unité et notre fraternité. Ne laissons pas les autres acheter notre conscience mais œuvrons à la fois pour raffermir notre foi et celle de nos frères et amener les autres à comprendre le caractère saint de la voie islamique par conséquent à nous rejoindre.
Le jeûne qui par définition signifie l'abstinence doit nous apprendre à nous abstenir de suivre tout ce qui n'est pas conforme à la volonté de Dieu.
Ce mois du fait qu'il renferme maintes actes d'adoration doit nous aider à nous repositionner dans la quête de Dieu, à renforcer notre ardeur au "travail islamique" pour le meilleur devenir de l'humanité. A tous et à chacun bon Ramadan 95. *
Diallo Yaya
PLUME LIBRE / [...]
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PLUME POLITIQUE
Après un silence déshonorant, le pouvoir passe à un vacarme inutilement assourdissant : maladresse ou culpabilité ?
Menaces de mort sur les chefs musulmans :
Le Pouvoir s'enfonce !
FACE à ce qui convient désormais d'être appelé la série musulmane, le gouvernement ivoirien a mis le pied dans le plat. En effet au lendemain de l'annonce par RFI et La voie de la "tentative d'enlèvement" du chef des musulmans de Côte d'Ivoire, un communiqué a été lu sur les antennes dont le contenu peut se résumer en substance à ceci :
«Non n'y croyez pas, n'y croyez pas du tout, il n'y a pas eu tentative d'enlèvement mais un simple braquage perpétré par de vulgaires bandits. Certes c'est un acte crapuleux mais pas politique. Entre le gouvernement ivoirien et les musulmans tout va bien.»
Voilà qui est clair. Mais ce qui est clair c'est l'ambiguïté c'est-à-dire ce qu'on ne comprend pas dans le comportement de ce gouvernement qui passe sans transition d'un extrême à un autre : d'un mutisme déshonorant à un vacarme inutilement assourdissant et puérils. Suivons le film :
Premier épisode
Le président, Koudouss et une bonne délégation du CNI effectue une sortie sur Odienné en vue d'installer la coordination régionale dudit conseil.
A quelques kilomètres de cette ville, des gens en arme tirent sur la voiture de Koudouss après avoir opéré une sélection judicieuse entre tous les véhicules du cortège. Ces agresseurs ont même poussé l'audace à venir fouiller la voiture du président au nez et à la barbe des policiers au barrage desquels, l'honorable citoyen avait cherché refuge. Comme épilogue à cette tragi-comédie, on n'obtient qu'une promesse du ministère de la sécurité d'ouvrir une enquête. L'enquête est-elle toujours ouverte ou a-t-elle été fermée en s'ouvrant ? Etait-ce un acte crapuleux, une bavure des forces de l'ordre ou un acte commandité ?
Bien malin qui pourra répondre !
Deuxième épisode
Certains chantres du PDCI, qui semblent avoir échoué dans leur mission de rallier la communauté musulmane n'hésitent plus à proférer publiquement des menaces à l'encontre des dignitaires musulmans. Ils sont conduits par "un pigiste" dans une honorable institution à Paris.
Troisième épisode
Une affaire de complot ourdi contre l'Etat éclate. La communauté musulmane est l'un des facteurs de la trinité impliquée. Le tissu de mensonge est découvert et déchiré fort heureusement. Mais des interrogations demeurent. Qui sont les instigateurs d'un acte si grave qui met en péril tout notre patrimoine de paix et d'harmonie sociale ?
Face à un jeu si dangereux de manipulateurs obscurs, comme si cela ne lui disait rien, le pouvoir se garda d'intervenir ; aucun communiqué, aucune réaction de quelque ordre que ce soit. Seulement des atermoiements du ministère de l'intérieur plaidant non coupable.
Quatrième épisode
Enfin vint la tentative d'enlèvement à domicile de Koudouss. L'acte est perpétré le jeudi 12 janvier 1995.
RFI et "La Voie" l'annoncent le vendredi 13.
Et c'est seulement là que notre pouvoir réalisant que son mutisme desservirait sa cause, éprouve le besoin de réagir. Et quelle réaction ? Celle qui précède toute investigation sur la question. Tout simplement fébrile et compromettante voire honteuse. Honteuse car à scruter l'esprit de ce communiqué, on constate que c'est simplement la défense d'une position politique qui a retenu l'attention du gouvernement. Aucune indignation face à un acte qui, s'il était réalisé aurait des conséquences imprévisibles. Aucune volonté de dissuader les velléité tendant à menacer la vie d'honnêtes citoyens de surcroît leader d'opinions.
Décidément à lire toutes les réalités sociales à travers des prismes politiciens, on voit tout de façon anamorphosée et on finit par présenter une attitude où maladresse et culpabilité ne sont plus identifiables dans leur pureté. Alors, ainsi les suspicions ne sont-elles pas naturellement légitimes ?*
Par Koné Zakaria abd'Allah
K. Z. A.
Que dira Ouassenan Koné ?
Rendant compte, au cours d'une conférence de presse, des conclusions de sa commission d'enquête sur les barbaries policières à la mosquée d'Abobo Banco II, le tout puissant ministre de la sécurité intérieur, le général Gaston Ouassenan Koné à la surprise de tous, a affirmé d'un air mi-sérieux, mi-humoristique : "ce sont les fidèles de la mosquée qui ont provoqué les forces de l'ordre. Ceux-ci n'avaient d'autres recours que de se défendre (...) les musulmans sont responsables de ce qui est arrivé". Connaissant l'homme et le système actuel, c'est avec beaucoup d'impatience qu'on attend les conclusions de l'enquête que le ministre de la sécurité dit avoir diligentée après la tentative d'enlèvement du président Idriss Koudouss. Quelle sera la nouvelle trouvaille du général ? Sans se ruer dans les brancards, il y a fort à parier que le scénario Ouassenan nous présentera cette fois-ci le président Koudouss "s'autobraquant" pour ensuite crier à l'agression ! N'eut été la gravité de la situation on aurait sollicité au cours d'une soirée comique l'award du ridicule pour le général.*
Dembélé Al Séni
Que proposez-vous cette fois ci mon général ?
Le beau geste du Cardinal Yago
Qui a dit qu'il y avait péril religieux en côte d'Ivoire ? Quel est l'esprit chagrin qui a osé établir l'éventualité d'une guerre entre chrétiens et musulmans dans ce pays ?
EN tout cas, le Cardinal Yago en apportant son soutien moral à Koudouss du Conseil National Islamique, a ainsi apporté un démenti formel à toutes les allégations mensongères et qui tentent de discréditer la communauté musulmane.
Le Cardinal Yago, en allant apporter son réconfort moral à Koudouss marque ainsi sa désapprobation pour ces actes qui relèvent du passé non glorieux de l'humanité, caractérisé par la barbarie.
Merci Cardinal !
l'instinct sauvage.
Le geste du premier magistrat de l'Eglise ivoirienne au-delà de l'interprétation immédiat qui est celle de soutien d'un confrère, pose à notre avis ses quelques bases :
- La désapprobation des pratiques qui consistent à porter atteinte à l'intégrité morale et physique des dignes représentants religieux.
- Enfin, la reconnaissance de la sincérité des dignitaires religieux musulmans dans leur épreuve face aux intrigues politico-religieuses.
Le Cardinal le sait. Il n'existe aucun péril religieux qui vienne en tout cas des musulmans. Il y a tout au plus, une communauté qui désormais veut se tenir loin de la démagogie politicienne et retrouver sa vraie vocation
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PLUME LIBRE / Février 1995 / Ramadan 1415 / Page 4
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LA PLUME POLITIQUE
Les musulmans ivoiriens :
Cette "minorité" qui gêne
Par Abdul Jabbars
A en croire le président de la république et ses thuriféraires, les musulmans Ivoiriens ne seraient qu'à peine 15% de la population totale. Si l'on part de ce constat fort contestable l'on a du mal à comprendre toutes les campagnes à la fois de séduction et de division de cette communauté si "négligeable." L'islam et les musulmans de Côte d'Ivoire, c'est le moins qu'on puisse dire sont au centre du débat national surtout dans la perspective des élections générales de 1995. Cela démontre en réalité, l'importance de cette communauté économiquement mais surtout numériquement et son poids déterminant dans les futures élections. A preuve note confrère le "Jour" dans sa livraison du 26 janvier 1995 voit dans la visite du chef de l'état au Sénégal une raison "religieuse islamique".
Face à ce constat fait par tous les états majors des partis politiques sur l'importance de cette communauté, deux attitudes se dégagent.
D'une part celle des partis de l'opposition dont les leaders ne ratent pas une occasion pour faire appel à la communauté Musulmane comme en témoigne, le séminaire organisé à Bouaké par le FPI sur les musulmans de Côte D'ivoire, de même les appels répétés de Djeny Kobena invitant les Musulmans à rejoindre massivement son parti.
D'autre part il y a l'attitude du parti au pouvoir qui est plus complexe. Il manie la carotte, (Ex : le don du terrain pour la construction d'une mosquée au Plateau) et la chicotte, (les événements de la Mosquée d'Abobo Banco II). Les journaux qui lui sont inféodés n'hésitent pas à "l'arroser" de propos diffamatoires. A leur niveau, "la dérive intégriste" est toujours brandie comme une épée de Damoclès sur la tête des ivoiriens. On importe ainsi en Côte d'Ivoire des notions inconnues sons nos cieux. On diabolise le CNI, en qui, pourtant, la très grande majorité des musulmans de ce pays se reconnaissent. La tentative d'enlèvement de son président, loin de susciter l'indignation et la condamnation du gouvernement est, presentée comme un acte crapuleux pur, simple, sans enquête préalable et cela deux jours après la diffusion de l'information par les radios internationales.
Bref les actions quotidiennes du gouvernement sont en porte à faux avec son discours sur le respect des différentes organisations religieuses. La dernière preuve de ce malaise entre les musulmans et le pouvoir est l'incrédulité de ces derniers quant à la neutralité affichée et pratiquée par le CNI.
Assurément cette minorité gêne.*
A. J.
Suite de la Page 4
qui est celle de servir la cause d'Allah.
Le Cardinal le sait aussi, que cette communauté qui est malgré elle au centre de tous les débats, est celle-là qui hier à accordé toute sa confiance à ceux qui règlent les affaires publiques mais, qui n'a pu recevoir de ces derniers un traitement d'égal valeur à son importance et à son engagement à conduire ce pays vers le chemin de la croissance et de l'équilibre social
Le Cardinal Yago en allant voir Koudouss ouvre un avenir certainement différent et plus prometteur pour la conscience des deux plus importantes communautés descendant d'Abraham.
Espérons que les fidèles de part et d'autres sauront en prendre acte dans leur vie de tous les jours et maintenir la convivialité entre tous.
Merci Cardinal pour le beau geste.*
Bouka
RUMEURS - RUMEURS
* Selon certaines sources, des armes, des documents compromettants et même de la drogue seront dans les prochains jours discrètement déposés dans des mosquées. Il s'agira ainsi de trouver des preuves accablantes pour appuyer les accusations de complot et de terrorisme. Attendons de voir.
* Un autre comité de réconciliation après ceux d'Abou Doumbia et de Balla Kéïta serait déjà en activité. Objectif : demander au Comité National d'Organisation du Pèlerinage à la Mecque de se fondre dans le groupe à Diaby Koweït. En cas de refus, le pèlerinage retournerait comme au beau vieux temps au comité interministériel.
Mission parlementaire ivoirienne au Koweït :
Que faisait Diaby Koweït dans la délégation ?
Une délégation parlementaire ivoirienne conduite par le Président de l'assemblée nationale, Monsieur Charle Boza Donwahi, au mois de Janvier dernier était en tournée au Koweït. Dans cette délégation, figurait l'architecte de la future Mosquée du Plateau, et le "gentleman enturbannée", Diaby Moustapha alias Koweït. Officiellement, il s'agissait de rendre aux parlementairs Koweïtiens une visite de courtoisie en réponse à celle qu'il avaient effectuée en Côte d'ivoire quelques jours auparavant.
Et c'est là où il y a ambiguïté. Que faisaient ces deux hommes dans cette délégation de Députés, étant donné qu'ils ne le sont pas eux-mêmes ? Cela masque des intentions inavouées comme on s'en doute et mérite moult réflexions.
Un architecte qui n'a rien à voir avec l'hémicycle dans un groupe de parlementaires au pays des pétro-dollars ? Cela laisse perplexe et suscite des interrogations surtout quand on sait que le Koweït n'hésite pas à "ouvrir les vannes" quand t-il s'agit de construire des édifices à la gloire de Dieu. Tout laisse croire que la "participation" promise par qui on sait pour la Mosquée du Plateau est entrain d'être "cherchée" ardemment.
Il était à la tête d'une délégation qui excédait largement l'Hémicycle.
Dans le langage populaire ivoirien on hésiterait pas à dire même "qu'on cherche avec torche en plein jour".
Quant à Diaby Koweït, que faisait-il dans ce groupe ?
En vérité ; sa présence au sein de la délégation parlementaire Ivoirienne ne fait que confirmer ce que tout le monde sait déjà. Le parti au pouvoir de même que le gouvernement ont pris depuis longtemps fait et cause pour le C S I et son président, qui a la particularité d'être aussi sécrétaire d'une section du PDCI, membre des instances du parti au pouvoir et suprême privilège, conseiller du Président de la république. Toutes ces casquettes que Diaby Koweït portent ne gênent apparemment personne ; même pas les laïques qui voient l'intégrisme quand une organisation se proclame neutre et pratique cette neutralité et se font discrets lorsqu'un chef religieux affiche son appartenance au parti au pouvoir, son soutien au chef de l'état comprenne cette logique qui pourra. Il faut compter sur l'intelligence des Ivoiriens pour se faire un opinion exacte de cet amalgame servi dans les médias. Ce serait une lapalissade que de dire que le pouvoir a bel et bien choisi.
Par ailleurs, pourquoi une délégation de parlementaires ivoiriens en terre musulmane, sans un député musulman ? Simple interrogation.*
A. J.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Chasse aux cadres musulmans:
L'épuration ethnique continue!
Par Kèmè Brahma
Dans Plume N° 027 du mois de mai 1994, suite au grand mouvement de "déblayage" dans l'administration qui avait écarté de nombreux musulmans, nous publiions, à la une de notre journal: Les musulmans écartés de l'administration: Coïncidence ou épuration ethnique?
Comme il fallait s'y attendre, ce titre a fait beaucoup de bruits. De nombreuses personnes et non des moindres n'avaient pas hésité à nous traiter de séparationnistes, de sécessionnistes, voyant en notre action, une volonté de balkanisation de notre pays en deux zones: le nord, occupé par les musulmans, et le sud par les chrétiens. Ce qui n'était qu'une suspicion légitime en ce temps à notre niveau, est aujourd'hui devenue une certitude inébranlable. Il y a bel et bien épuration ethnique.
APRÈS l'éviction de leur poste de la première vague de nordistes tels que Hadji Diarra, Ali Coulibaly, Issa Diakité et autres dans le cadre d'une opération de "dédramanisation" tous azimuts, il y a eu le coup de la CAA où Coulibaly N'Golo et tous ceux qui avaient le malheur de s'appeler Ouattara, Coulibaly ou Koné, ont été évincés de leurs postes; aujourd'hui c'est une nouvelle purge qui voit le jour.
La liste n'est pas exhaustive, nous nous limiterons à quelques cas à commencer par Daouda Thiam.
Ce dernier a été limogé non seulement parce qu'il n'est pas ivoirien "sang pour sang", (code électoral oblige), mais plus parce qu'il est un "empêcheur de manger en rond". Dans ce pays où puiser dans les caisses de l'Etat est une convention, cela relève d'un crime.
Soumahoro Mamadou a eu le malheur d'appartenir au RDR, ce "parti des dioulas", ce qui lui a valu d'être éjecté de son poste de sous-directeur à la CCIA.
Traoré Hamidou, sous-directeur de la Sicogère, éjecté de son poste, par on ne sait quelle raison. Que lui reproche-t-on? Rien, sinon qu'il serait RDR, et surtout sacrilège, qu'il pourrait un jour postuler au titre de Directeur de cette Société qui est une chasse-gardée pour les "pur-sang".
Si les évictions de Thiam et de Soumahoro Mamadou et autres paraissent s'expliquer plus ou moins, l'exemple le plus frappant de ce flou gouvernemental est sans nul doute celui de Touré Abou (Vassiriky) DGA de la CNPS. Que lui reproche-t-on? Rien.
Intègre, il l'est.
Travailleur, il l'est également.
Son seul tort? Il appartient au CNI, organisation islamique agréée pourtant par l'Etat. Mais pour les gouvernants qui dit CNI, dit intégristes toutes choses qui, comme il faut s'y attendre mérite un "traitement" particulier. Pour nos gouvernants, il faut éliminer ces "pestiférés". La fin justifiant les moyens, tous les coups sont bons, y compris les limogeages dans l'administration, les enlèvements...
Où va-t-on avec cette logique pernicieuse? A ce rythme, c'est tout une frange de la population qu'on se met sur le dos. Car éjecter un cadre de son poste pour des raisons inavouées c'est toucher à la fibre sensible de toute une région qui se sent visée d'une manière ou d'une autre. Car qu'on le veuille ou non en Afrique, un enfant qui réussit, est le fils de tout le village, de tout le clan et de toute la famille.
Au delà de ces raisons qu'on pourrait traiter de "pas conformes au temps moderne", c'est la compétence et l'intégrité morale qui sont reléguées au second plan, au profit des mobiles bassement politiques. Cette politique d'exclusion prônée par le gouvernement Bédié n'est pas à sa fin. Elle ne fait que s'amplifier, faisant fi de toutes les rancœurs que cela suscite. Hier c'était Ali Coulibaly et compagnie. Aujourd'hui, il s'agit de Touré Vassiriky et autres. A qui le tour demain? Attendons voir. Dans tous les cas, le pouvoir n'est pas la propriété exclusive d'un seul individu ou d'un seul groupe ethnique. L'histoire qui est toujours en marche réserve des surprises désagréables. Les premiers d'hier peuvent devenir les derniers d'aujourd'hui. Certains peuples qui étaient à la traine il n'y a pas longtemps à travers le monde sont aujourd'hui au premier rang. Il n'est pas nécessaire de les citer. Tout le monde les connait. Dans tous les cas, le Coran est clair à ce niveau «O Dieu, possesseur du règne! Tu donnes le règne à qui tu veux et tu ôtes le règne à qui tu veux. Tu donnes puissance et considération à qui tu veux et tu avilis qui tu veux. En ta main est le bien. Tu es capable de toute chose». Chap. III, verset 26. Puisque la parole de Dieu est infaillible...★
K. B
Les rubriques:
«la vie de nos communautés» et «jeux et détentes» n'ont pu paraitre pour des raisons indépendantes de notre volonté.
Toutes nos excuses.
Suite de la page 3
L'envoyé de Dieu (SAW) a dit: "Chaque jour du Ramadan, du moment du déjeuner au coucher du soleil, Dieu affranchit du feu de l'enfer un million de personnes condamnées."
"Lorsqu'arrive le Vendredi, Il affranchit un million de personnes toutes les heures.
Et le dernier jour du Ramadan, Dieu affranchit autant de personnes qu'Il a affranchies, depuis le début du mois."
"Serviteur de Dieu, le Ramadan est une belle occasion qui vous est offerte, pour vous laver totalement de tous vos péchés, et vous réconcilier avec votre Seigneur, le Clément, le Miséricordieux. Profitez-en!. La porte de Dieu est toujours ouverte. Il est toujours prêt à accueillir le fidèle qui vient vers Lui, repentant."
"Vos péchés, quelle que soit leur gravité, ne sont rien par rapport à la clémence et à la miséricorde de Dieu."
Anas rapporte qu'il a entendu le prophète (SAW) dire:
"Allah le Très-Haut a dit.
O fils d'Adam, tant que tu M'invoqueras et mettras ton espoir en Moi, Je te pardonnerai les péchés dont tu te seras chargé, sans Me soucier de leur grand nombre.
O fils d'Adam, si tes péchés atteignent toute l'étendue visible du ciel, et qu'alors tu implores Mon pardon, Je te pardonnerai.
O fils d'Adam, si tu viens à Moi, ayant rempli la terre de tes péchés, et qu'alors tu Me rencontres, cependant que tu n'associes personne d'autre à Moi, Je te donnerai de quoi la remplir avec autant de pardon.
Que Dieu nous donne la foi et la force nécessaires, pour l'accomplissement de ce devoir sacré!
Qu'il veuille bien nous pardonner nos omissions et nos erreurs!
Qu'il nous reçoive dans sa miséricorde!★
Extrait de
"Allahou Akbar" N° hors série
de Avril-Mai-Juin 1990
PLUME LIBRE / Février 1995 / Ramadan 1415/ Page 6
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Entre nous
Consensus!
Par Hamza
On n'en doute point aujourd'hui, les musulmans de Côte d'Ivoire sont l'objet d'intrigues de toutes sortes. Nous le signalions dans notre précédante parution, la communauté musulmane nationale est au cœur de péripéties scandaleuses, dont les auteurs souterrains sont en dehors de cette religion.
La tentative d'assassinat du président Koudouss exprime si l'on en doutait encore que ceux qui veulent nuire à la paix de ce pays sont prêts à aller jusqu'au bout de leurs possibilités.
Simple intimidation ou déclaration de guerre contre la communauté la plus paisible de Côte d'Ivoire, nous en sommes en droit d'opter pour la seconde éventualité.
Mais alors, cette communauté est-elle prête à faire face à ces intrigues?
Nul n'ignore que certains problèmes (si petits soient-ils) qui relèvent plutôt de querelles doctrinales, continuent de gêner quelque peu les relations intra-communautaires.
A tous ceux qui tenteraient de réveiller ces différents d'ordre doctrinal, nous disons, qu'en état d'urgence, il faut savoir raison garder.
En effet, que l'on soit sunnite, karidjite ou adepte de la tidjanya, nous devons tous, unir nos forces contre le diable, car avant tout, c'est notre religion commune, notre Livre de base (Le Coran) qui sont en jeu.
Le second péril qui menaçait la communauté est la diversité régionale.
Bien que l'on se réclame de la même communauté islamique, des esprits régionalistes ou ethnocentriques demeurent parmi nous. Certains (même des cadres entre dans ce jeu) feront la différence entre Odienné et Korhogo, entre Agnibilékrou et Bondoukou etc. Pire encore, des musulmans préféreront s'aligner sur Lagos, Rabat ou Dakar pour les dates des événements religieux, mettant ainsi en péril, la cohésion, l'unité et la discipline au sein de la communauté.
A tous ceux-ci, à tous ces esprits velléitaires "intra muros" nous en appelons à leur sens de sagesse, de la piété, afin que tous ensemble, nous formions la "umma islamique", laquelle décampe.
Fasse Dieu que "Lah ilaha ilala" soit notre trait d'union. Et pour cela entre nous. Consensus.*
Hamza
Conférence de presse du CSI:
Koweït parle pour ne rien dire
Par Fanta Kassamba
C'est le 9 janvier dernier, date anniversaire du C.N.I qu'a choisi KOWEIT MOUSTAPHA DIABY pour animer une conférence de presse au siège du C.S.I.
C'EST dans un français à la Moussa, d'Ivoire Dimanche des années 70, que Koweït a animé sa conférence de presse à partir de 11h25, après deux heures d'attente des journalistes. Il a parlé de tout et de rien sans un fil conducteur. Après avoir donné des conseils d'usage aux journalistes présents qui ne font pas leur boulot, Koweït passe aux menaces: "Je connais moi aussi la route de la justice".
D'une manière désordonnée, il a parlé de la politique la religion et du C.S.I qu'il qualifie de réseau et le compare à l'O.L.M. (Jeune chambre économique) A l'analyse.
Koweït cherchait un moyen pour se faire une publicité dans les jouraux de la place. N'a-t-il pas utilisé certains journalistes de nouvel Afrique Asie, Jeune-Afrique, Africa Internationl pour parler du C.S.I. et de lui-même? La preuve, à la fin de la conférence, les journalistes présents ont réçu deux cent cinquante mille francs (250.000 cfa) de Koweït,: après une attente de persqu'une heure les numéros de téléphone des organes de presse car koweïl appelera les journalistes alimentaires qui appliqueront les consignes que Koweït a données.
Dailleurs tous les numéros des organes présents ont été relévés. Koweït se permettait de faire manger tous les journalistes alimentaires qui écrivaient selon sa volonté.*
F. K.
CHAPELET Une chance de plus
"Point d'autres dieux qu'Allah et Mouhammad (PBDL) est son envoyé."
Oh toi qui viens de prononcer cette phrase, la plus lourde qui soit;
Toi qui viens ainsi de donner un sens à l'univers en le relativisant;
Toi qui, à la scintillation du divin, viens de découvrir ton origine et ta fin dernière.
Ton Créateur t'appelle.
Interromps volontairement ton rythme vital,
Affirme ainsi ta liberté de ton "moi égoïste" et ses penchants.
Souviens-toi de ton Seigneur.
Penses à celui qui a faim, à celui qui a soif;
sois solidaire de tous les croyants et soumets-toi à cette proclamation solennelle:
«O vous qui croyez! le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux générations qui vous ont précédées, jeûnez durant des jours comptés;...»
Ainsi tu seras un homme, c'est une chance de plus.*
Koné Zakaria abd'Allah
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Février 1995 / Ramadan 1415/ Page 7
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PLUME EN LIBERTÉ
**L'aventure de Dagbè**
*Par Kodiara Koné*
*Au politicien qui s'excite*
*au politicien qui s'agite*
*au politicien qui insulte,*
*qui menace de torture et d'emprisonnement;*
*je voudrais conter cette aventure de "Dagbè".*
Le roi des rois des animaux dans les temps anciens avait une fille en âge de se marier. Elle était belle, si belle qu'on l'avait surnommée "Barrasseni" (le bijou doré de l'épouse préférée)
Les prétendants vinrent des quatre points cardinaux du royaume et des royaumes vassaux voisins: jeunes rois et jeunes princes, fils des gouverneurs et des Généraux rivalisèrent.
Alors, le grand roi fit connaître à tous qu'il ne donnerait sa fille, ni au plus riche, ni au plus puissant, ni au plus beau, ni même au plus courtisan des courtisans, mais au plus malin d'entre eux. Et pour tester cette qualité, il leur proposa une épreuve physique, une course de fond dont le point de départ était à mille kilomètres environ du point d'arrivée: à peu près la distance qui sépare Odienné d'Abidjan en passant par Korhogo.
Les prétendants protestèrent contre cette décision du roi et dénoncèrent la connivence avec "Dagbè", le meilleur spécialiste en la matière dans tout le royaume et les royaumes voisins. Et puis comment peut-on proposer une épreuve physique pour déceler une qualité qui, après tout n'est qu'intellectuelle?
Mais la beauté de "Barrasseni" ne tarda pas à faire balayer du revers de la main cet obstacle qui, du reste, n'était pas insurmontable. Mais qui est "Dagbè"?
"Dagbè" est un mammifère ruminant de nos savanes. Il est haut sur pattes, plus grand qu'une biche mais plus petit qu'un buffle. Son pelage est généralement roux tacheté de blanc. Le pourtour de la gueule est toujours blanc, d'où le nom de "Dagbè" qui signifie bouche blanche ou gueule blanche. Tous les chasseurs des savanes savent qu'on ne poursuit pas "Dagbè" à la course et tous les animaux lui concèdent cette qualité. C'est pourquoi ils décidèrent de l'éliminer de l'épreuve. On écarta l'assassinat et l'empêchement temporaire par empoisonnement. Tout le monde se mit d'accord pour l'immobiliser le jour venu.
Au jour indiqué, une équipe fut chargée de cette besogne. "Caméléon" dont le sort dans l'affaire était réglé d'avance se joignit au groupe qui surprit "Dagbè" dans son sommeil et le ligota si fort qu'il était hors de question de se débattre.
Sur le chemin du retour, le groupe rencontra le "Caméléon" qui hésitait à avancer ou reculer et disant: Eh oui! sur cette terre des hommes, il est prudent de marcher doucement doucement, prudemment, car il y a des bosses et des trous, des collines et des montagnes, des cratères de volcans éteints et de volcans en activité, des ruisseaux et des rivières et des fleuves. Et puis, surtout il y a aussi ceux qu'on mange et ceux qui vous mangent.
Ainsi au petit matin, "Caméléon" trouva "Dagbè" dans les cordes et le détacha lentement, doucement tout en lui parlant:
Que moi, je sois éliminé pour ma lenteur excessive, ma prudence exagérée, cela ce conçoit, mais que toi, le meilleur coureur soit éliminé par la jalousie des autres cela est inconcevable.
Et "Dagbè" libéré de ses entraves prit le groupe en chasse avec "Caméléon" dans la touffe de l'extrémité de sa queue, ce dont il ne se douta pas. Dans une foulée extraordinaire il rattrapa et dépassa les groupes à l'étonnement de tous. Découragés, certains comme les éléphants et les hippopotames, trop lourds pour cette grande randonnée perdirent espoir et abandonnèrent. Pendant ce temps "Caméléon" avançait lentement sur le dos de "Dagbè" et se blottit entre ses cornes.
Quand la foule massée autour du roi et de "Barrasseni" vit arriver "Dagbè" on cria encore à la connivence du roi. Persuadé qu'il avait gagné, "Dagbè" ralentit, fit des pirouettes à droite et à gauche et s'avança vers "Barrasseni". C'est ce moment que choisit "Caméléon" pour faire le bond décisif, le bond de la victoire pour se loger entre les bras de "Barrasseni". La foule stupéfaite, médusée, ne put réagir. Le roi se leva, salua "Caméléon" et l'honora de la main de "Barrasseni".
Epuisé, déçu, désorienté, humilié, "Dagbè" fendit la foule et alla s'asseoir derrière, la tête entre les pattes. Quand tout le monde se retira, il ne bougea pas, ne se leva pas, ne se releva plus, ne se relèvera jamais.
*Je donne à méditer cette aventure de "Dagbè" au politicien qui s'excite,*
*au politicien qui s'agite,*
*au politicien qui insulte,*
*qui menace de torture et d'emprisonnement.★*
K.K.
***
**Combat contre l'Islam: Les nouvelles alliances**
*Par Koné Bafo Abdel Alim*
Si aujourd'hui certains pays comme la France sont connus pour leur anti-islamisme viscéral et leur combat acharné contre cette religion, d'autres font peu à peu montre de leur intérêt pour ce combat: c'est le cas de la Mauritanie, du Sénégal, de l'Italie, du Portugal etc.
Des fronts se créent, des alliances se tissent, des stratégies se mettent en place contre l'islam et tout cela avec la complicité de certains pays musulmans comme la Tunisie de Zine Abidine Ben Ali qui a eu le mérite, aux yeux de l'occident, de décapiter le groupe islamiste ENNADA de Rachid Gannouchi.
Ainsi s'est tenue en janvier dernier, à Tunis, une réunion des ministres français, italien, portugais, espagnol, algérien et tunisien de l'intérieur, sur initiative de la France, en vue d'arrêter des mesures communes de lutte contre l'intégrisme. Titre dont est affublé l'islam aujourd'hui.
Quelques temps auparavant, après le dénouement tragique de la prise en otage de l'avion de Air France (décembre 94) par des islamistes algériens, une réunion similaire, dans la capitale tunisienne, avait eu lieu entre pays... arabes.
A ce niveau l'on est d'autant plus inquiet dans la mesure où des pays dits musulmans font de la lutte contre l'islam la pierre angulaire de leur politique, manipulés en cela par des puissances occidentales, la France en tête.
Mais il faut faire remarquer que la paix à l'intérieur et à l'extérieur de leur frontière n'est pas à ce prix.
Aujourd'hui pour arrêter la violence très souvent justifiée, il conviendrait plutôt de créer un cadre légal d'expression libre de toutes les sensibilités dans les différents Etats; faute de quoi elle sera toujours au rendez-vous.★
K. B.A.A.
Joyeux Ramadan
à tous dans la
Paix d'Allah.
PLUME LIBRE / Février 1995 / Ramadan 1415/ Page 8
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