Numéro
Plume Libre #35
- Titre
- Plume Libre #35
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- janvier 1995
- numéro
- 35
- Résumé
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- nombre de pages
- 8
- Sujet
- Association des Femmes Musulmanes de Côte d'Ivoire
- Bafao Dagnogo
- Ivoirité
- Élection présidentielle ivoirienne de 1995
- Congrès AEEMCI (1994)
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
- Intégrisme
- Langue
- Français
- A une partie
-
"Complot à trois têtes" : un tissu de mensonges !
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001356
- contenu
-
PLUME Libre
Janvier 1995
Du 29 Radjab
au 30 Chaban
1415
200 F
N° 035
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Mon Maître est Dieu. Il a fait descendre le Livre et c'est Lui qui investit les Saints."
(Coran. S.7 — V. 196)
Faux et usage de faux, menaces, intimidation...
MINISTERE DE L'INTERIEUR
DIRECTION DES AFFAIRES NATIONALES
B. P. V 126 ABIDJAN
Tout pour abattre les musulmans en '95
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PLUME SERVICE
Naissance
Les rangs de Plume Libre se sont renforcés le 21 Décembre dernier avec le joli bébé que nous a fait l'épouse du red'chef, Aïcha Koné née Konaté. Tout en priant pour qu'Allah (Exalté soit-Il!) en fasse l'un de Ses plus valeureux serviteurs, nous l'avons appelé Moussa Kalimoullah.
K.S.
Cérémonies funéraires du vieux Djikahué: une belle leçon de foi!
Almé Abdoulaye Djikahué (à d.), l'un des fils du défunt, en compagnie de notre photographe: la dignité dans la douleur.
La communauté musulmane ivoirienne en général et celle de Gagnoa en particulier, était en deuil dans la semaine du 12 au 18 décembre 1994. En effet, M Aïdara Oumar Djikahué a été arraché, par décret divin, à l'affection de ses pairs et des membres de sa famille le 13/11/1994.
Moins de 48h après, il devait être enterré dans le plus strict esprit de l'Islam. Le groupe Bété, on le sait, est véritablement porté sur ce qu'on pourrait appeler "le culte des morts", en ce sens que, après le décès d'un des leurs, ils conservent le corps habituellement à la morgue pendant plusieurs mois, afin de faire des économies substantielles qui financeront des funérailles pompeuses.
Faisant entorse à cette tradition ancestrale, la famille Djikahué a respecté les convictions et le choix religieux du vieux Oumar et elle a taché de donner une belle leçon à ces musulmans qui tournent le dos aux principes de l'Islam par pur mimétisme servile des non musulmans.
Plutôt que de s'abandonner à des pleurs et à des lamentations interminables, nos frères musulmans de cette famille ont respecté la tradition prophétique en repentant avec conviction: "C'est à Dieu que nous appartenons et c'est à Lui que nous faisons retour".
Loin de tomber dans des dépenses exorbitantes non justifiées, le vieux Oumar a été simplement inhumé dans le traditionnel linceul islamique.
Loin des tambours et des boissons alcoolisées, les funérailles de ce vieux ont été ponctuées par du Zikr (invocation) et par des séances de lecture coranique sous la bannière du CNI de la région centre-ouest conduit par son président M. Fofana Youssouf.
On ne nous rétorquera certainement pas que c'est par manque de moyen que tout s'est ainsi passé, quand on sait que les ministres ne sont pas les plus démunis de notre société, et qu'un des fils du vieux est ministre dans le présent gouvernement ivoirien.
Nous conclurons cet hommage à notre père Aïdara Oumar Djikahué en disant comme le Prophète (PBDL) à sa fille lorsque celle-ci avait perdu son enfant que: tout appartient à Dieu, ce qu'Il offre et ce qu'Il retire. Il a assigné un terme à tout ce qu'Il a crée. C'est donc le terme de la vie de Oumar qui a sonné. Frères et sœurs musulmans de la communauté de Gagnoa et de la famille Djikahué supportez votre malheur tout en ayant foi en la récompense divine.
Sam - Agassi
EDITO - PLUME
Etre au dessus de la mêlée!
Par Dembélé Al Séni
'UNE des caractéristiques des partis uniques a été de mettre tout ce qui vit, tout groupe organisé à leur service. La religion n'y a pas échappé. Aujourd'hui, les partis uniques en Afrique ont vécu. La culture démocratique et républicaine, elle, cependant, tarde à supplanter les réflexes de l'ordre ancien. Bien de responsables rêvent encore de faire, comme par le passé, des religions (dans république, elle est totalement hors du champ politique) des succursales de leur parti. L'enjeu est tentant.
Dans la religion, l'homme s'adonne à son Créateur et obéit à ses principes. Si par le truchement de quelque chef religieux, on parvenait à détourner cette fidélité vers le parti ou son leader, on s'offrirait ainsi une masse prête à répondre à tous les mots d'ordre; bien entendu totalement acquise pour les joutes électorales. Ceux qui ont par le passé (parti unique oblige en partie) bénéficié de cette situation, sont les plus réticents à la volonté des religions de sortir de ce rôle contre-nature qu'elles ont été amenées à jouer. Au passage, notons que l'Allemagne hitlérienne avait contraint des évêques à reconnaître comme chrétien l'auchluss.
En Côte d'Ivoire, il en est ainsi des rapports entre le parti au pouvoir et la religion musulmane. De l'indépendance jusqu'en 1990, les mosquées ont été utilisées pour chanter les louanges du père de la nation et les mérites du parti "du bonheur de l'homme ivoirien". Malgré l'éclatement du paysage politique et le juste retour à l'ordre normal qu'on observe dans cette religion, les cerbères n'entendent pas baisser les bras.
Pour eux, la religion est certes apolitique mais l'Islam, "leur chose", doit partout et publiquement leur réaffirmer son "indéfectible attachement". Faute de quoi il n'aura pas droit de cité dans le carré éburnéen.
Peut-on raisonnablement se clamer de la république et de la démocratie et œuvrer ainsi à assujettir politiquement une religion qui est de surcroît la plus importante du pays? Il faut, malgré les passions actuelles, avoir l'intelligence nécessaire pour maintenir la religion et la politique chacun dans son domaine d'action. La neutralité politique de l'Islam est un puissant moyen pour sauvegarder la nation et maintenir l'équilibre social dans ce pays.
Chaque musulman, citoyen ivoirien, en fonction de ses aspirations et de ses convictions a la latitude d'adhérer à l'un quelconque des 80 partis reconnus. Des imams aux présidents des associations islamiques nationales, en passant par les responsables des communautés de quartier, les dirigeants de l'Islam resteront sourds aux différents appels des sirènes. Ceux-ci se feront de plus assourdissants ou séduisants mais la quiétude et la dignité de millions de fidèles seront préservées, inch'Allah. C'est le plus important.
Il est vrai que cette année électorale fera connaître une véritable onde de choc au pays tout entier. Mais fort de la foi et de l'assurance de ceux qui ont pour objectif final Allah, le Créateur, les responsables de l'Islam en Côte d'Ivoire, sauront malgré tout, être au dessus de la mêlée.
D. A. S.
SOMMAIRE
Edito-Plume
Etre au dessus de la mêlée !.
Plume Politique
Code électoral P. 3
Faux et usage de faux-menaces-intimidation...
Tout pour abattre les musulmans en '95 P. 4
Plume dans le quotidien
Angré: Silence... on travaille P. 5
AEEMCI: Bafao à la barre P. 6
Un complexe islamique à Niangon P. 7
FESTA P. 7
Révélation P. 8
Détente P. 8
Les fidèles musulmans ivoiriens affronteront beaucoup d'épreuves cette année, mais ils en sortiront vainqueurs, inch'Allah:
PLUME LIBRE / Janvier 1995 / Du 29 Radjab au 30 Chaban 1415 / Page 2
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PLUME POLITIQUE
Code électoral:
Attention au nationalisme fanatique!
Par Kèmè Brahma
Le code électoral a été voté. Il aura fait couler beaucoup d'encre et de salive surtout au niveau de l'article 49 concernant l'élection du Président de la République. Cet article fait obligation entre autre, à tout candidat à la Présidence de la République, d'être ivoirien de naissance né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens, d'avoir résidé en Côte d'Ivoire sans interruption pendant les cinq années précédant le jour du scrutin et de n'avoir pas obtenu la nationalité d'un autre pays.
Au delà même de ce code, c'est le problème majeur des ivoiriens et de leur ivoirité qui est posé. Ce texte «aussi explicite, aussi clair, cherchant à répondre à l'attente des ivoiriens authentiques» dixit Djédjé Mady, fait transparaître de manière évidente la xénophobie qui anime une certaine catégorie d'individus vivant sur cette terre d'Eburnie: celle qui s'érige en ivoirien de "souches pures", en ivoiriens "authentiques", traitant ainsi les autres d'ivoiriens de circonstance. Ces "purs-sang" par opposition aux ivoiriens "hybrides" ou "métèques", n'hésitent en aucun cas à crier haut et fort leur approbation à cette loi à la fois cynique et inique qui institutionnalise la discrimination et écarte de façon criarde certaines catégories d'ivoiriens de la gestion de notre cher pays. Ainsi, fait-on fi des critères de compétence et d'intégrité morale pour se fonder sur les critère de sang. Toutes choses qui nous rappellent le système nazi prôné par Hitler et l'apartheid pratiqué il y a si peu en Afrique du sud.
La Côte d'Ivoire devient ainsi une terre où prend naissance un quatrième Reich avec toutes les déviations que cela sous-tend. Ce phénomène de rejet, de "classification" des enfants d'un même pays en "authentiques" et en "adaptables" est étalé de manière ostentatoire sur la place publique. Des hommes politiques, en mal de publicité n'en font aucun mystère que ce soit Pépé Paul ou Achy Koman, tout le monde y va de sa petite manière. Le porte-parole des Députés PDCI, le ministre Djédjé Mady n'hésite pas à déclarer que «Nous devons faire en sorte que gouvernent cette terre ceux qui n'ont pas d'autres points de chutes et qui brûleront avec elle si elle prenait feu», paraphrasant ainsi le Ministre Faustin Kouamé initiateur de cette phraséologie d'exclusion. Cette déclaration, si elle met en évidence le caractère pyromane de son auteur de même que son appartenance à ceux qui n'hésitent pas à traiter une frange importante de la population d'étrangère, nous permet par la même occasion d'évoquer un phénomène nouveau en Côte d'Ivoire: le nationalisme fanatique qui frise la xénophobie.
Il n'y a qu'à se référer à certains journaux de la place tel que "Frat / Mat" et "La Nouvelle République" pour le constater, et c'est ce qui est grave. Que des hommes politiques tel que Achy Koman se montrent plus nationalistes disons xénophobes, cela se comprend, il faut un créneau qui peut s'avérer payant auprès d'une certaine catégorie de personnes; mais que des journalistes se mêlent à la danse, cela devient inquiétant. Ils "allument le feu" alors que Djédjé Mady met en garde tout le monde contre "ce feu".
Certains de nos confrères tels que Michel Kouamé, Venance Konan, Lambert Kouassi et autres appartenant tous au groupe Fraternité Matin (cf. Frat/Mat n°9035 et 9039) se spécialisent dans "l'ivoirisation tous azimuts". Ainsi Venance Konan, dans le nouveau fôle de défenseur acharné de la patrie ivoirienne qu'il s'est arrogé, n'hésite-t-il pas à déclarer: «Est-ce être raciste et xénophobe que de prendre un minimum de précaution pour que notre pays ne tombe pas aux mains d'aventuriers? Est-ce aller trop loin que d'exiger que le père et la mère au moins soient ivoiriens pour être sûr que celui qui dirigera notre pays n'aura pas un cœur qui balance ailleurs?». En d'autres termes, seul un ivoirien authentique devrait diriger le pays, comme si les qualités telles que la compétence, la probité morale et intellectuelle, de même que les capacités de diriger un groupe étaient liée à la pureté sanguine! Notre confrère n'a qu'à regarder ce qui se passe autour de lui à travers le monde: Alberto Fujimori, qui est en train de sortir le Pérou d'une situation critique est d'origine japonaise. Il dirige comme ne l'avait pas fait auparavant un péruvien bon teint. Il en est de même pour Carlos Menem qui, malgré ses origines syriennes dirige l'Argentine avec foi et dévouement. Plus près de nous, Jerry Rawlings, qualifié de meilleur élève du FMI, celui qui a sorti le Ghana de ses difficultés, n'est-il pas d'un père écossais et d'une mère ghanéenne? Cela ne l'empêche pourtant pas d'aimer son pays et de le servir mieux que ne l'avait fait tout autre ghanéen de père et de mère eux-mêmes ghanéens, tels que Illah Limam Acheampong et autres. Que peut dire Venance Konan des Poniatowski, Kissinger, Simone Veil et autres, eux qui n'étaient pas français ou américain "sang pour sang"? Oublie t-il que lui-même travaille sous les ordres d'un ministre qui est elle-même de mère française? Cette dernière sert -elle la Côte d'Ivoire comme une aventurière?
Par ailleurs, notre confrère, Venance Konan affirme que: «Notre économie ne nous appartient plus, toutes nos boutiques sont tenues par des mauritaniens (...)» Ignore-t-il que ce sont les ivoiriens qui louent leurs maisons aux mauritaniens? L'état n'a jamais interdit le commerce aux ivoiriens. On les y a même encouragés! Mais que sont devenues les chaînes PAC, la SACI?
Par ailleurs, ce ne sont pas les étrangers qui ont mis l'EECI en faillite: 125 milliards de déficit pour une société qui détenait le monopole pendant trente ans! Que sont devenues toutes nos sociétés d'Etat: SATMACI, AVB, SOGEFIHA et autres? Elles ont été toutes fermées par suite de malversations financières et ce par la fautes d'enfants "bons teints" du pays. L'exemple le plus palpable de ces malversations financières demeure le scandale de la SODESUCRE dont le dossier reste toujours un secret d'état.
En définitive, le code électoral s'il a été voté, l'a été par le biais des Députés PDCI qui sont majoritaires; c'est donc la dictature du nombre qui l'a emporté au détriment de la raison. Qu'on arrête aussi d'aviver les rancœurs comme l'a fait Faustin Kouamé (journal de la Radio du samedi 17/ 12/ 1994): selon lui, en Algérie, le code électoral va plus loin, car en plus de la nationalité, on exige l'appartenance à la religion musulmane. Ce qui veut dire...?*
K. B
Abidjan le 15 Décembre 1994
KODIARA KONE
Inspecteur Général de
l'éducation nationale à la retraite
08 BP 2408 Abidjan
Lettre ouverte à Monsieur MEITE LOSSENI, Député de la circonscription de Kani-Morondo-Worofla-Djiborosso, Membre du groupe parlementaire PDCI-RDA, Vice-Président de l'Assemblée Nationale
Monsieur le Député-Président,
Le vendredi 9 décembre dernier, aux informations du matin, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt vos appréciations très approbatives sur le code électoral que vous veniez de voter. C'est pourquoi je viens soumettre à votre sagacité l'exercice de travaux pratiques suivant, en tant que député de la circonscription qui englobe et ma sous-préfecture et mon village d'origine connue En voici les données:
Sur ma filiation, le jugement supplétif N° 79 du 10/9/41 dit que < le nommé Kodiara KONE est fils de Vassiné KONE et de Djovi KOLOSSE de race et de coutume sénoufo, est né vers 1930 au village de Morondo, canton sénoufo, subdivision et cercle de Séguéla Transcrit par Nous De BRADKE, adjoint principal des services civils, chef de la subdivision centrale de Séguéla le 10/9/41 >
J'ai fait mes études primaires à l'école régionale de Séguéla de 1941 à 1945, et les études primaires supérieures de 1946 à 1948 à l'EPS de Bobo-Dioulasso alors capitale de la haute Côte d'Ivoire, et à Bingerville de 1949 à 1950.
J'ai effectué mon service militaire au DMA3 de Kati, dans l'actuel Mali alors Soudan français du 10/10/51 au 27/11/51 et au BACI de Bouaké du 29/1/53 au 13/12/53.
J'ai enseigné et occupé différentes fonctions en Côte d'Ivoire du 17/12/51 au 31/12/85. Depuis je suis à la retraite et perçois une pension de l'Etat ivoirien.
En tant que citoyen de l'Union française, j'ai acquis un passeport français en 1958. Il est périmé depuis.
Mon père Vassiné KONE était chef du canton sénoufo Karadjandougou. Il est décédé en 1943.
Ma mère Djovi KOLOSSE est décédée en 1944.
Mon grand père paternel, Tchoulo KONE était chef du canton sénoufo Karadjandougou. Il est décédé en 1939.
Ma grand-mère paternelle, est Mabéré DIOMANDE. Elle était originaire de Djiborosso. Elle est décédée vers 1941.
Mon arrière grand-père paternel était Tazo KONE. Je ne l'ai pas connu De mes grands parents maternels je ne sais absolument rien.
Je puis donc affirmer que je suis petit fils et fils de chef, donc un des princes de la République.
Seulement voilà, de tout ce beau monde, un seul a un papier de naissance et une attestation d'identité. Et celui-là c'est moi.
Alors questions:
1. Questions croisées:
Démontrez que:
a- Tchoulo KONE et Djovi KOLOSSE étaient ivoiriens de naissance.
b- Vassiné KONE et Mabéré DIOMANDE étaient ivoiriens de naissance.
c- Mabéré DIOMANDE et Djoyi KOLOSSE n'étaient pas ivoiriennes de naissance.
d- Tchoulo KONE et Vassiné KONE n'étaient pas ivoiriens de naissance.
2. Questions à choix divers:
Peut-on conclure que Kodiara KONE est ivoirien à 100% ou 50% ?
3. Question simple:
Comment pouvez-vous prouvez que Kodiara KONE est un ivoirien à 0% ?
NB: De BRADKE était le représentant de la France qui a délimité et baptisé la Côte d'Ivoire.
4. Question hors programme:
-Y-a-t-il probabilité que Kodiara KONE soit un ivoirien de circonstance, c'est à dire qu'il peut être selon les circonstances heureuses ou malheureuses, ivoirien et / ou:
Gambien? Ghanéen? Gabonais? Libérien? Ruandais? Malien? Koweïtien? Somalien? etc...
- Connaissez-vous dans votre entourage quelqu'un à qui une ou plusieurs de ces probabilités puissent convenir?
- Si oui, qui est-ce?
- Si non, relisez attentivement la liste des responsables des structures des partis politiques que vous connaissez.
En vous remerciant d'avance de votre compréhension et des résultats que j'espère fructueux de vos cogitations, je vous prie d'agréer , Monsieur le député l'assurance de ma considération distinguée.
A très bientôt.
K. KONE
PLUME LIBRE / Janvier 1995 / Du 29 Radjab au 30 Chaban 1415/ Page 3
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PLUME POLITIQUE
Faux et usage de faux - menaces - intimidation... Par Dembélé Al Séni
Tout pour abattre les musulmans en '95
Que nous réserve 1995 ? Attendue avec impatience par certains, redoutée par d'autres, l'année 1995 est là. Pour notre pays, cette année prend une importance particulière et pour cause, les échéances électorales. Ce rendez-vous interpelle chaque citoyen quel que soit son degré "d'ivoirité." Au regard des monstrueux amalgames qui n'épargnent désormais plus même les sphères religieuses, l'Islam tiendra cette année encore la vedette sur l'échiquier national. Il y a donc lieu de s'interroger sur le sort de cette communauté en cette année capitale. Analyse.
DANS ses livraisons des 20, 21 et 22 décembre dernier, le quotidien "Le jour" a révélé des documents "aux origines inconnues" faisant état d'une stratégie commune entre l'opposition et la communauté musulmane pour faire échec au parti au pouvoir. Point n'est besoin d'être sorcier ou "initié" pour comprendre. Déjà dans nos récentes livraisons nous dénoncions les conspirations souterraines ourdies pour casser du musulman et supprimer les structures islamiques jugées trop indépendantes et subversives, mais nombreux sont ceux qui avaient crié au cassandre. La réalité est là. En fait, le pouvoir a, dans un premier temps cherché à phagocyter l'Islam à travers ses marionnettes. Premier échec. Suite à cela, ce fut la phase de séduction, en réalité de séduction-menace. Deuxième échec. C'est d'ailleurs cette situation qui explique le blocage du projet de la mosquée du Plateau. Constatant donc leurs déboires, les stratèges du palais et l'aile ethno-fasciste du PDCI, comme l'équipage d'un navire en perdition, n'ont pas manqué de crier: «en avant toute!». Il s'agit cette fois de sortir les grands moyens de rabattre, d'acculer et de traquer l'ennemi, jusqu'à l'abattre. Les documents comme ceux publiés par notre confrère "Le jour" n'ont pour but que de préparer l'opinion à la sale besogne qui se prépare.
Faire d'une pierre deux coups
PARCE qu'il croit le monde musulman perdu pour lui, le pouvoir s'est lancé à bride abattue dans une diabolisation de cette communauté. Partout, on a fait miroiter le vrai faux péril islamique. Rappelons la politique du "Containment" prônée par Fologo lors d'un meeting à Treichville et la célèbre phrase du chef de l'Etat lors de sa conférence de presse en France: "En Côte d'Ivoire, il n'y a pas de problème avec les musulmans. Ce sont les activistes qui s'excitent."
La montée en puissance de l'opposition avec un discours attrayant à l'endroit des musulmans n'a pas manqué de donner des oripulations aux actuels princes éburnéens. Du coup, l'idée géniale de faire de cette opposition l'alliée du "diable".
Qui pactise avec le diable n'est pas fréquentable par la bonne société. Par la même occasion on peut attendre des patrons de ce monde (France surtout) qu'ils disqualifient cette opposition qui flirte avec un compagnon indécent.
Pour la communauté musulmane, l'année 1995 sera l'année de toutes les épreuves. La pression va aller crescendo. A coup de billets de banque, on cherchera à briser la cohérence dans les mosquées en achetant les consciences. Dans la misère généralisée actuelle, les candidats ne manqueront certainement pas.
Année de toutes les épreuves pour les musulmans
A l'aide des préfets miraculeu-sement, ils sont tous absents aux installations régionales du CNI!) et autres sous-préfets, le cheval de troie du PDCI au sein de l'Islam, Moustapha Koweït, installera à coup de trompette "ses bases" sur toute l'étendue du territoire national. On fera preuve de générosité. Libation, sang et CFA seront de la fête. Au delà du folklore, Koweït et sa cohorte (enrichie depuis par un ancien ministre particulièrement enragé) auront pour tâche de dénigrer le CNI, le Conseil Supérieur des Imams et de demander aux musulmans de revenir (pour les uns) et de rester fidèles pour les autres à son parti. Pour meubler le tout, des prières de soutien seront dites comme à l'accoutumée. L'arme fatale de cette stratégie à la fois machiavélique et puérile sera une campagne en règle contre les leaders de la communauté. Déjà il y a quelques semaines à Duékoué, le ministre Fadiga, l'ex-préfet Moussa Comara et le sieur Ahoua Sylla ont donné le ton: les responsables du CNI et du COSIM (Conseil Superieur des Imams) sont épinglés et présentés comme des politiciens agissants sous le couvert de l'Islam au profit de partis d'opposition. Il leur sera donc réservé le traitement approprié y compris, estiment certains barons, la mise au silence ou pourquoi pas.... l'élimination pure et simple. (L'attentat d'Odienné contre Koudouss est encore vivace dans les esprits!). Enfin le sucre sera distribué en abondance ce ramadan, et l'expérience malheureuse du bicéphalisme pour l'organisation du pèlerinage sera maintenue.
De 1994, les musulmans ivoiriens se souviendront comme de l'une des années les plus éprouvantes et les plus humiliantes qu'ils aient vécues depuis l'indépendance. Pour cette année 1995, c'est le coup de semonce qu'on leur réserve. La baillonnette remplacera le bâton, car, aux yeux du Pouvoir, sans nul doute c'est cette année ou jamais. "Le monstre" doit être abattu vaille que vaille, et tous les moyens seront utilisés à cette fin. Rappelons tout de même que s'en prendre à l'Islam, c'est creuser sa propre tombe. Raison pour laquelle les croyants une fois de plus opposent la sérénité responsable à toute cette fébrilité.★
D.A.S
Encore Balla...
AU sein de la communauté Musulmane Nationale, le docteur Balla Kéita est l'homme qui défraie (tristement d'ailleurs) la chronique en ce moment. Il multiplie les frasques et les inconduites, jusqu'ici tolérées. Le 18 Décembre dernier à Niangon-Sud, le porte-parole du Conseil Supérieur des Imams a fustigé le comportement de certains cadres "musulmans", dont Balla Kéita. Car Balla Kéita dont le capital d'honneur prend chaque jour une allure dégressive, n'arrête point d'en ajouter à son discrédit.
Ayant lamentablement échoué dans le rôle de médiateur qu'il s'était découvert, le voilà devenu en un temps record, un apprenti-sorcier.
De faux rapports auxquels il n'est pas étranger, circulent dans les luxueux salons de Cocody et font état entre autres de la création d'une légion islamique et de la tenue à Djekanou d'une réunion subversives à laquelle auraient pris part les imams Boikary Fofana, Anzoumana Diakité, Afou Sanogo et autres.
S'il ne dit pas que le CNI, lors de ses tournées aurait demandé aux musulmans de quitter le PDCI, c'est Idriss Koné qu'il accuse de distribuer des fiches d'adhésion à un parti politique.
Diaby Koweït, aurait-il donc séduit Balla, au point de le pousser à sacrifier l'intérêt de sa communauté pour des miettes ?★
Khady Ossaman
"Complot à trois têtes"
Un tissu de mensonges !
NOTRE confrère "Le jour" dans ses livraisons des 20, 21, et 22 décembre a fait écho d'un complot dit à trois têtes, contre le pouvoir PDCI.
Au fur et à mesure qu'on parcourt les lignes des prétendus procès verbaux brandis comme preuves, on passe de surprise en indignation. Car ces documents ne relèvent même pas du vraisemblable: Oustaz Boikary Fofana aurait participé à une réunion à Djekanou, une ville où il n'a jamais mis les pieds; Odjekalé, le photographe et Koné Seydou, le secrétaire général de notre rédaction auraient pris part à une réunion au nom du CERICI, structure à laquelle ils n'ont jamais appartenus,etc. Et surtout, des extraits d'interventions publiques de Koudouss qu'on attribue à Oustaz Boikary Fofana...
Bref une compilation d'extraits de "Plume Libre" et de discours d'autorités musulmanes, déformés à souhait, afin de prendre le sens qu'ils ont voulu leur donner.
Tout ceci assaisonnés de propos graves, produits, par les meninges enragées qui hantent les couloirs du palais. Voilà le plat préparé dans les terrines, prématurément sorti et servi aux ivoiriens, en n'oubliant pas d'incriminer la France et Israël, histoire de les inviter à broyer de "l'intégriste".
Mais le plus important, c'est la réflexion que ce dossier suscite et qui nous amène à nous poser la question: qui en est l'auteur? Si nous nous en tenons à l'attitude du gouvernement qui joue, en apparence en tout cas, la carte de l'indifférence devant un problème qui met si violemment notre pays en péril, on a des raisons de penser que l'innocence n'est que l'épiderme d'une hypocrisie certaine. Cela nous amène à reconsidérer la nature du rapport qui lie le pouvoir à la communauté musulmane aujourd'hui. En effet de la simple contradiction (à l'instar de toutes les autres forces sociales) on est passé à un véritable antagonisme où le pouvoir cherche à soumettre les musulmans par la force.
Mais que chacun comprenne que les musulmans de Côte d'Ivoire sont décidés à ne se soumettre qu'à Allah. Alors, que les vautours continuent de stratégier, Dieu stratégie aussi, mais Dieu est le meilleur des stratèges.★
Koné Zakaria abd'Allah
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
La vie de nos communautés
Cocody-Angré
Silence... on travaille!
Par Koné Seydou
Lentement mais sûrement, le président Traoré (à g.) et les fidèles d'Angré islamisent leur espace vital.
La communauté musulmane de Cocody-Angré est l'une des mieux structurées de notre pays. L'environnement quelque peu hostile que se partagent généralement les musulmans des quartiers chics de notre capitale, est géré ici avec une lucidité surprenante. A la faveur d'une lecture coranique organisée par les fidèles d'Angré, et à laquelle avaient pris part l'imam Haroun Koné et d'autres frères de l'AJMT (Treichville), nous sommes allés à la découverte de cette dynamique communauté.
L'HISTOIRE du COMUCAN commence autour de l'an 1978, avec l'occupation du quartier par ses premiers habitants. Les musulmans se rabattent alors sur Aghien, le quartier d'à côté. Puis, progressivement un noyau se forme qui demandera au regretté El Hadj Diané (qu'Allah soit satisfait de lui!) de diriger les prières sur place. Petit à petit, se mettra ainsi en place ce qui devait devenir la communauté musulmane de Cocody - Angré et environs.
Le président Traoré Mamadou, en sa qualité de coordinateur général est aujourd'hui très à l'aise pour parler de la vie de sa communauté, une structure méticuleusement organisée qui assure aussi bien la formation religieuse et technique des fidèles, que l'organisation du pèlerinage.
Comme dans toute association islamique de quartier, l'iman joue ici un rôle fondamental, mais, on n'a pas voulu faire les choses à moitié : c'est pourquoi un pool d'imans a été mis sur pied autour de oustaz Ladji Karamoko Diakité, un biotechnologiste médical de la King Addul-Aziz University d'Arabie Saoudite, spécialisé en marketing médico-pharmaceutique, mais qui, pour les besoins de la cause, s'est investit dans le marketing islamique. Il bénéficie dans ce cadre, de l'aide de l'imam Ouattara de la LIPCI (un autre ancien des universités saoudiennnes) et des jeunes frères Nouh Coulibaly et Souleymane Dosso (soulignons au passage que de jeunes collégiens sont formés afin de pouvoir s'acquitter de cette tâche).
La vie en communauté, c'est aussi le social; et le responsable de ce département, le frère Dosso Mamadou travaille en collaboration très étroite avec la commission des sœurs et celles des jeunes. Ensemble, la main dans la main et suivant l'exemple du prophète Mouhammad (PBDL), ils animent le quartier avec différentes manifestations, encadrent les nouveaux mariés, encouragent les sans-emplois à se prendre en charge en leur dispensant des cours de gestion, etc.
Les animateurs de toute cette machine sont, à part le président Traoré et l'Iman Diakité, bien connus dans les milieux du CNI, les frères Yaya Koné, 1er vice-président, Abdoulaye Coulibaly, secrétaire général, et son adjoint Salif, Gbané Aboubacar, commissaire aux comptes, et les soeurs Hadja Mmes Djénéba Traoré, présidente du comité des sœurs, et sa vice-présidente Hadja Maïmouna Samassi.
C'est avec plaisir que l'on apprécie l'œuvre immense abattue par les jeunes réunis autour du président Nouh Coulibaly et de son secrétaire général Fofana Aboubacar Siddiq, quand on sait que les activités du bureau sont essentiellement financées par la vente de cartes de membres et de timbres pour la mosquée. A propos de mosquée justement, un terrain de 700 m2 a été soldé au ramadan 1994, qui permettra, inch'Allah, aux fidèles de quitter la cour de l'école primaire du quartier pour se recueillir dans un endroit approprié.
Un autre élément qui force l'admiration à Angré, c'est l'existence d'un département chargé de la gestion des produits. Le travail qui incombe à son responsable, le frère Hassane Ouattara, consiste à organiser la communauté de manière à pouvoir faire face au pèlerinage et à la oumra, entre autres. Cela consiste à prendre les attaches des banques et autres établissements financiers en vue de rechercher des facilités. Ainsi un fidèle pourra-t-il économiser dans le compte communautaire l'argent qui servira à couvrir son pèlerinage.
La gestion des produits, c'est également le budget prévisionnel qui couvre tout ce que le bureau organise comme manifestation, même si, de temps en temps, certains fidèles prennent en charge le carburant, la nourriture, etc... On ne sera donc pas surpris de voir comme résultat de toute cette débauche d'énergie physique et intellectuelle sur la voie de Dieu, que la communauté d'Angré serve d'exemple à toutes ses sœurs.
A Angré, on ne se contente pas d'affirmer son existence, on islamise son environnement. Les fidèles y font un travail remarquable dont l'un des points culminants sera l'édification dans un futur proche, inch'Allah, d'une mosquée qui sera la fierté du quartier. Lorsqu'on travaille dans le sentier de Dieu, on bénéficie de la baraka du Très-Haut (Exalté soit Son Nom!). Qu'Allah couronne de succès les efforts des fidèles d'Angré, et qu'il bénisse la communauté musulmane toute entière. Amine.*
K. S.
Entre femmes
D'Angré à Bondoukou
Les sœurs d'Angré ont tenu à apporter leur soutien à l'organisation des femmes de Bondoukou, répondant ainsi à l'adresse faite par le porte-parole des associations islamiques à la présidente nationale de l'AFMCI, lors du dernier passage des autorités du CNI dans la ville aux mille mosquées.
UNE association islamique n'est pas une organisation ordinaire. Quand les femmes se regroupent autour de l'Islam, ce n'est pas pour des palabres, mais pour vivre leur foi en Allah (Exalté soit-Il!).
L'organisation des femmes d'Angré repose sur la sensibilisation. Pour ce faire, elles vont jusqu'à faire du porte-à-porte pour déposer les convocations afin d'inciter leur sœurs à venir aux réunions.
L'assemblée générale définit le programme d'action afin que chaque femme se sente concernée et que le maximum de femmes puisse être touché. Les réunions mensuelles relancent les activités sociales, et les cotisations mensuelles permettent d'apporter une aide financière aux femmes qui viennent d'accoucher.
Le premier objectif visé par le comité des sœurs est l'épanouissement de la femme dans le cadre islamique (ainsi, de nombreuses sœurs arrivent aujourd'hui à lire le Coran en arabe).
Ensemble dans les difficultés, dans la joie comme dans la peine, les sœurs en Islam se rendent visite à domicile même sans prévenir; en cas d'incompréhension, elles pardonnent à cause de Dieu et quand l'une d'entre elles est souffrante, l'infirmière du groupe va lui administrer des soins.
Complices dans la voie de Dieu, les sœurs le sont, afin que règne dans le foyer, la paix et l'amour nécessaires au sain développement des enfants et au dynamisme de l'homme.
Entre femmes, c'était une correspondance des sœurs Hadja Mmes Djénéba Traoré et Maïmouna Samassi d'Angré à leur sœurs de Bondoukou.
Salam - Aleikoum!*
Hadja Djénéba Traoré: aider la femme à s'épanouir dans le cadre islamique.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
8e Congrès de l'AEEMCI
Bafao à la barre !
Du 24 au 27 Décembre 1994, s'est tenu au Lycée Moderne d'Abobo, le 8è Congrès de l'Association des Elèves et Etudiants Musulmans de Côte d'Ivoire. Voici en exclusivité pour vous, l'intégralité du discours prononcé à l'occasion de son investiture par son nouveau Président, le frère Dagnogo Bafao.
EN ce moment solennel où l'honneur me revient de m'adresser à vous en tant que président de l'association des élèves et étudiants musulmans de Côte d'Ivoire, nous voudrions avant tout, et cela avec votre permission féliciter mon prédécesseur, le frère Ouattara Sinan Ali pour l'excellent travail accompli par lui et ses collaborateurs pendant ces deux dernières années passées à la tête de l'AEEMCI. Il revient à Allah, le Miséricordieux, de les rétribuer à la hauteur de leur mérite.
Chers invités,
chers parents,
chers frères et sœurs,
Le 8e Congrès de l'AEEMCI a vécu. Mais pendant ces quelques jours d'intenses labeurs, nous avons arrêté des décisions de haute portée à même d'assurer un avenir encore plus grand pour notre association. Il faut le reconnaître cependant, c'est maintenant que le plus dur commence. En effet, il nous appartient désormais de traduire en actes concrets tout ce qui a été décidé.
Pour ce faire, nous aurons besoin non seulement de votre soutien et de votre collaboration mais aussi et surtout de vos bénédictions et de vos conseils.
Chers invités,
chers parents,
chers frères et sœurs,
20 ans après, notre association va négocier à partir de ce congrès un autre virage important de son existence. Les écueils seront multiples et les tentations grandes! Mais ensemble unis et solidaires, nous saurons avec la grâce du Tout Puissant relever cet autre défi.
Défi? Oui! nous avons un grand défi à relever. Le regard lucide et objectif que nous avons jeter sur le passé, à côté des immenses acquis, fait ressortir un grand besoin en formation et des difficultés structurelles au plan financier. Fort de ce constat nous attendons faire de la formation et de la réalisation effective de la politique d'autofinancement les axes prioritaires de notre mandat.
Chers invités,
chers parents,
chers frères et sœurs,
L'AEEMCI est au cœur du combat noble que mène l'islam aujourd'hui en Côte d'Ivoire pour la justice, la tolérance vraie, le respect mutuel et le recouvrement intégral de la dignité du musulman. Ce rôle là, inchallah sera maintenu et renforcé. Une communauté musulmane forte et responsable, c'est un atout pour la consolidation de la nation ivoirienne. Il importe donc qu'à tous les échelons de la vie nationale, cela soit compris et qu'à défaut d'aider nos responsables à atteindre cet objectif, on n'entrave pas, par des méthodes dilatoires cette noble tâche.
Nous voudrions à ce stade de notre propos, du fond du cœur remercier toutes les associations qui ont bien voulu répondre à notre invitation et prouver par là, toute l'estime qu'elles portent à l'AEEMCI pour son action en faveur des élèves et étudiants musulmans de Côte d'Ivoire.
Au Conseil Supérieur des Imams, notre parrain et au Conseil National Islamique sous la présidence de qui se sont tenues nos assises, nous voudrions une fois de plus réitérer notre ferme engagement et notre adhésion totale à l'œuvre de construction d'une communauté musulmane digne de la Côte d'Ivoire et des musulmans.
Merci pour vos conseils et orientations qui nous ont été fort utiles tout au long de nos travaux. La jeunesse scolaire et estudiantine musulmane de Côte d'Ivoire sait qu'avec vous, elle a des raisons de croire en l'avenir lumineux de l'islam dans ce pays.
Quant à vous, frères et sœurs congressistes. Pendant ces 3 jours, vous avez travaillé avec courage, esprit de sacrifice et loyauté. Malgré des aspects passionnels du débat, vous avez toujours su garder le sens de la mesure et de la courtoisie. Nous nous réjouissons de ce comportement qui honore notre association et par delà elle l'islam notre religion. Qu'Allah le généreux et le bienfaisant vous en récompense.
Nous ne saurions terminer cette intervention sans remercier une fois de plus nos autorités universitaires en particulier le recteur de l'université nationale de Côte d'Ivoire et avec lui le vice-recteur du centre universitaire d'Abobo-Adjamé. La grande sollicitude dont ils ont fait preuve à notre égard a été un atout précieux pour la réussite de ce 8è Congrès. Nous associons à ce remerciement le proviseur et tout le personnel du Lycée Moderne d'Abobo pour tout ce dont nous avons bénéficié tout au long de notre séjour ici. Merci à chacun et à tous d'être venu! ★
Le nouveau président saura compter sur le soutien de tous, Inch'Allah.
La jeunesse musulmane de Côte d'Ivoire à la croisée des chemins.
Résolutions finales du congrès
Du 24 au 27 Décembre 1994, trois cent (300) jeunes de l'association des élèves et étudiants musulmans de Côte d'Ivoire venus des quatres coins du pays se sont retrouvés dans le cadre de leur 8è Congrès Ordinaire au Lycée Moderne d'Abobo pour réfléchir sur le thème générique: L'AEEMCI vingt ans après, quel avenir?
Ce fut l'occasion pour ces délégués d'envisager l'avenir de leur association après deux décenies d'existence, d'analyser les effets de la double vacation sur les élèves et étudiants musulmans et de faire des recommandations sur l'environnement politique nationale.
Au titre de la formation, constatant les déficiences actuelles, le Congrès recommande l'accentuation des cours religieux, la réactivation des nuits de prières et la généralisation des concours d'instruction religieuses. Au chapitre économique, le congrès recommande l'initiation de projets économiques et une participation plus conséquent les militants au financement des activités de l'association.
Relativement à l'instauration de la double vacation, le Congrès note que cette décision ministérielle est une entrave au fonctionnement de l'AEEMCI.
Particulièrement, elle contrarie la pratique de la prière notamment celle de vendredi qui est une obligation fondamentale de la religion musulmane.
Le Congrès souhaite que les horizons d'espoir entrevus après les rencontres entre les autorités musulmanes et le Ministre de tutelle se traduisent sur le terrain par des actions concrètes afin de décanter la situation qui prévaut.
Le Congrès note en outre que l'atmosphère nationale est de plus en plus marquée par des tensions perceptibles.
Aussi, lance-t-il un appel pressant à toute la société ivoirienne et particulièrement aux autorités religieuses de toutes les confessions afin qu'elles usent de leur poids moral pour tempérer les passions actuelles.
Pour terminer, le Congrès invite l'ensemble des musulmans à toujours demeurer unis et fraternels sous la conduite éclairée du CONSEIL NATIONAL ISLAMIQUE (CNI) à qui il réaffirme son soutien total.★
Fait à Abidjan, le 27/12/94
Le Congrès
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Un complexe islamique à Niangon
Le 18 Décembre dernier à Niangon-sud, on a procédé à la pose de la première pierre du Centre Islamique, puis à l'inauguration de la mosquée de Niangon-sud en présence d'un parterre de personnalités politiques et religieuses parmi lesquelles leurs éminences Koudouss Idriss Koné et Oustaz Boikary Fofana, porte parole du COSIM (Conseil Supérieur des Imams).
La fête aura tenu ses promesses tant du point de vue de l'affluence qu'elle a suscitée, que par la qualité des interventions. Le Centre Islamique qui verra bientôt le jour, sera érigé sur une superficie de 2 hectares. Feu Bamba Vamoussa, donateur du site, avait souhaité qu'elle soit la plus grande mosquée du pays. Elle le sera, du point de vue de la superficie. L'architecture sera une synthèse des styles africains et arabes. D'une capacité d'accueil de 2.600 fidèles, sans compter l'esplanade, le Centre sera reparti en deux zones séparées par une cour et des faciaux.
Le complexe comprendra également une école de 24 classes pouvant accueillir mille élèves tous cycles confondus, une villa de 5 pièces pour loger l'imam, et deux blocs sanitaires de 28 toilettes l'unité.
Estimé à 840 millions en 1988, ce montant a été majoré de 50% après la dévaluation, soit 1 milliard 200 millions.
Les fidèles de Niangon-sud, selon Oustaz Moritieba Koné, comptent sur Allah et les fidèles pour le financer. Vœu traduit par une cotisation spontanée sur l'initiative de Koudouss Idriss Koné : 515.000 F recueillis. Cette première phase se termine par l'intervention du Président du CNI, Idriss Koudouss qui appelle les musulmans à plus de solidarité, en s'impliquant davantage dans les actions sociales.
Changement de décor et de lieu. En dépit de difficultés de logistique, les invités se rendent à la mosquée actuelle de Niangon. D'un coût total de 9.177.325 F, elle s'étend sur 2.400 m², avec une capacité de 250 places à l'intérieur et 350 à l'extérieur. En ce qui concerne la manifestation proprement dite, après une brève allocution, l'imam Aly Ouattara intronisera le président du Comité Central, Oustaz Koné Moritieba. Puis la cérémonie s'achèvera avec un somptueux repas à 14H.*
K.O.
FESTA - FESTA - FESTA
Par Khady Ossaman et Faber
La drogue, les "religieux" et la politique
Le festival d'Abidjan aura été l'occasion de donner libre cours à tous les vices. (Notre photo : le jamaïcain Jimmy Cliff, aujourd'hui converti à l'islam et vivant sa foi avec fierté.)
Le festival de musique a drainé 100.000 personnes environ. De plus, une retransmission à la radio en a été faite. Ce qui aura permis d'en donner un retentissement assez large.
Un événement de l'envergure du FESTA, mérite qu'on s'y attarde. Deux faits retiennent notre attention. D'abord la récupération politique que le pouvoir a voulu faire, ensuite la place qui a été faite aux bonnes mœurs.
Le pouvoir ne cesse d'étonner, qui s'illustre chaque jour là où on l'attend le moins. Le FESTA, événement purement musical, a servi de théâtre à la propagande politique. Et Balla Keïta fut rabroué par la foule ! Les occasions de rassemblement aussi importants de jeunes, étaient jadis les lieux de s'octroyer un électorat certain. Qui ne se souvient pas du mémorable concert d'Alpha Blondy en 1985 au Lycée Scientifique de Yamoussoukro ? La communion avec le ministre Balla était totale. Cette fois, il n'en fut rien, bien au contraire l'effet inverse s'est produit, car des slogans favorables à d'autres leaders politiques (Gbagbo, ADO) étaient scandés.
Avec la complicité tacite du pouvoir, ce jour là, on encouragea la jeunesse à se détruire. Dans les gradins du stade, on pouvait se droguer même sans y toucher. La consommation était libre, et cela avec la bénédiction active des forces de l'ordre.
Le concert a aussi enregistré la présence fort remarquée de "El Hadj" Diaby Koweït, "président" du Conseil Supérieur Islamique. Une présence incongrue sans doute ! Mais rien d'étonnant en fait pour qui connaît l'homme. Dès que le spécial conseiller aux affaires islamiques du Président de la République a fait son apparition à la mosquée... pardon au stade, il lui a été immédiatement rappelé sans ambiguïté que sa place était à la mosquée. Mais le "Docteur en Théologie" est resté sourd à l'appel de cette foule venue consacrer le culte à une autre idole. Il est d'ailleurs resté depuis 15H jusqu'après 18H.
Entre temps le "saint homme" avait eu le temps de se délecter, de jouir du spectacle. Et s'il vous plaît, de se rincer les yeux au passage de la très célèbre Tina Spencer. Certainement que "l'imam" avait porté le voile à ce moment. Si le ridicule pouvait tuer !
Eh Dieu ! C'est un homme pareil qu'on veut imposer aux musulmans de Côte d'Ivoire comme leur chef.
Et c'est cet homme qui est le guide des docteurs en théologie et de certains imams. Comment s'apprécient-ils ceux-là ? Eux qui ont choisi de vivre aux dépens d'un homme qui à l'évidence a beaucoup besoin de leurs enseignements.
Mais pire, plusieurs moments de prière (Asr et Mahgrib) sont passés sans que le président n'ait honoré son rendez-vous quotidien avec Allah. Et tout ça, pour des futilités.
Savent-ils seulement, que rien ne peut justifier le report d'une prière ? Oublient-ils que la pudeur constitue la moitié de la foi ? Pudeur d'ailleurs qui invite le croyant à baisser le regard et à ne voir, faire et dire que des choses décentes.
La leçon que la foule a donnée au "ministre des affaires islamiques" et à son avocat défenseur est un mauvais présage. En effet ils ont été lapidés avec des sachets d'urine. Hélas, en Afrique on ne lapide pas avec la souillure, c'est une malédiction.
Mais rien d'étonnant car c'est un proverbe Dioula qui dit : "Lorsque Dieu veut te lâcher, il le fait si bien qu'un nid d'oiseau peut, en tombant de là-haut, te percer la tête.*
PLUME LIBRE
est édité par le
Groupe Plume Libre
Petite Mosquée de la Riviera
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Tél. : 43-47-58
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Directeur de Publication
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Rédacteur en Chef
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Secrétaire Général de la Rédaction
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Photos
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Tél : 45-79-24
Impression
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Distribution
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Tirage : 5000 exemplaires
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PLUME EN LIBERTÉ
Révélation
La cigarette contient du vin!
Par Atoi-Ur-Rahiym Ibn Mouhammad
Que le tabac soit nocif pour la santé, point de doute. En dépit de la multiplicité et surtout de la clarté et de l'évidence des preuves de son illicéité (selon la shari'a islamique) certains musulmans, à l'image de plusieurs autres personnes, continuent de s'autodétruire.
Si l'Islam interdit la consommation du tabac, c'est parce qu'il cause de nombreuses maladies dont le cancer aussi bien chez le fumeur que chez ceux qui l'entourent. A cela il faut ajouter que la consommation de tabac est source de gaspillage d'argent. A ces preuves déjà manifestes vient de s'ajouter une autre, plus manifeste encore.
L'hebdomadaire français "Le nouvel observateur", (du 28 avril 1994 P.98), révèle que le tabac à cigarettes contient 599 composés chimiques et simples dont, tenez-vous bien, le vin! Il n'y a donc plus de doute au sujet de la cigarette puisque l'interdiction du vin n'est sujette à aucune ambiguïté. L'interdiction du tabac ou de la cigarette, à l'image de toutes les autres ne vise que le bien être de l'homme. Ce qui est en jeu ici, c'est notre santé et notre salut. Allah ne nous dit-Il pas: «...Et ne vous jetez pas de vos propres mains dans la destruction...» (S.2-195); ou encore «ne vous tuez pas vous-mêmes». Veuillons donc à la préservation et au salut de notre corps et de notre âme.
En Islam tout ce dont la consommation est interdite ne saurait être commercialisable. Le commerce du tabac est par conséquent interdit à tout musulman. C'est la Société Reynolds qui, le 13 avril 1994, a révélée ce qui était un secret connu des seuls fabricants de cigarettes. Se trouve ainsi dévoilé un des multiples pièges que tend l'occident au monde musulman afin de le faire dévier du droit chemin.
Que tous ceux qui sont en mal de civilisation et qui, pour cette raison même trouvent leur "certificat de civilisation" dans la consommation de tout ce qui vient de l'Ouest prennent garde d'enfreindre les prescriptions d'Allah de par leur mortel complexe d'infériorité. Attention donc au champagne d'ananas, au saucisson et autres produits douteux.
Louange à Allah qui guide dans le droit sentier.*
Atoi-Ur-Rahiym Ibn Mouhammad
CHAPELET
Le carnaval des maudits
CHEZ nous, rien ne se perd. Tout se transforme. Tonton l'ancien gouverneur donne maintenant des conseils. Tout comme l'autre qui devait initialement soulager nos pauvres bêtes domestiques. L'ancien brillant soldat des océans est devenu, lui, chercheur d'or. Tous crient à l'unissons le mérite de Zeus le nouveau père! C'est le père des pères qui nous l'a donné. Faisons en sorte de ne pas le chercher avec une torche.
Les prophètes nous l'avaient déjà dit pour le premier père qui a eu "mal à la dent" il y a un peu plus d'une saison. Notre beau monde des "nouveaux"-les méchants disent "has been" remue ciel et terre pour sa noble tâche : amener mosquées, imams, Dioulas, musulmans... dans les cercles.
Au besoin, des vieillards pourront être fessés, alors, que dire des autres?
Le ton a été donné au "Festa". Dans la rage du lion mort qui veut encore effrayer.
Ici et partout, ils sont là, promettant monts et merveilles après gaz, profanation et humiliation!
Faut-il pleurer? Non! Rions. C'est le carnaval des maudits.*
D.A.S
DETENTE
Le Mot Caché N°22
Mère des Croyants
Alima - Asile - Dot - Egarer - Hajj - Hejaz - Ismaël - Jérusalem - Jus - Mage - Maja - Maqam - Masjid - Mazda - Miraj - Misr - Moïse - Muezzin - Oumma - Qutb -Rut - Ryal - Zemzem - Zikr.
J E R U S A L E M H
A K R U T L A A A S
R M S H E M S J T A
I O I A M J J U A A
M I M U I D Q N S M
H S O D S I M I E I
I E O U M A L Z Z L
D T J A Q E M Z I A
J E G A R E R E K Y
A E M A Z D A M R R
Par Koné Seydou
Mots Croisés N°24
HORIZONTALEMENT:
I- Le serviteur du Tout-Puissant. II- Raillons - Songe. III- Pronom - Dans un sens, ça peut être du fer. IV- Mamiwatta dans un sens - Aliment. V- Qutb. VI- Lettres de travail - Programme mondial. VII- Dans un sens, elle est provoquée - Consonnes de belle. VIII- Mausolée. IX- Prônée par l'Islam. X- Sable mouvant dans un sens - Dans l'ancienne russie.
VERTICALEMENT:
1- En Asie occidentale - Cube. 2- Pas mal - Sous le bonnet. 3- Il y en a au Rocher à Jérusalem - Dans un sens, c'est ce qui mène à Dieu. 4- Presque onéreux - Ordonné, ça vient du rhume. 5- Coutumes - Début d'inversion - Dans un bac. 6- Consonnes de las - Presqu'une alerte. 7- Perroquet - Au pouvoir en Irak. 8- Lettres de Petrozavodsk - Ota la vie dans l'ordre. 9- Lettres de balivernes - Infinitif. 10- Célèbre pour son eau - Possessif.
SOLUTION DES JEUX PRECEDENTS
Le Mot Caché N°21: Mouhammad (PBDL)
Mots Croisés N°23
Horizontalement:
I- Moustapha. II- Egypte - Ali. III- Rebord - Bas. IV- Veigl (Vigile). V- Tortue. VI- Elan - Elom (Mole). VII- Rios (Soir) - Er. VIII- Erek - Inrag (Garni). IX- Tôt - Par - Aa. X- Eues - Mufti.
Verticalement:
1- Mérite - Eté. 2- Oge (Ego) - Ol - Roü. 3- Uyb (Buy) - Rareté. 4- Spoutnik. 5- Ttr. 6- Aedve - Siam (Maïs). 7- Nru. 8- Habiller. 9- Alag (Gala) - Oraat. 10- Islam - Gai.
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