Numéro
Plume Libre #34
- Titre
- Plume Libre #34
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- décembre 1994
- numéro
- 34
- Résumé
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- nombre de pages
- 8
- Sujet
- Moustapha Soumahoro
- Ivoirité
- Balla Keita
- Élection présidentielle ivoirienne de 1995
- Congrès AJMCI (1994)
-
Association des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire
- Conseil National Islamique
- Islamisme
- Terrorisme
- Intégrisme
- Laïcité
- Langue
- Français
- A une partie
-
Interview. Moustapha Soumahoro (Pdt A.J.M.C.I) : le contexte Algérien est différent du nôtre
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001354
- contenu
-
SCANDALEUX!
Attentat à la pudeur
Top Visage:
La déchéance
morale à son comble
A la une de l'hebdomadaire Top Visage N°49 du 17 au 23 Novembre 1994, se dressait le portrait rocambolesque d'un "artiste" exhibant sa nudité avec un mouton. Scandalisé par cette grossière bassesse, nous avons le devoir de dénoncer ce libertinage à la fois révoltant et dévalorisant.
Nul n'ignore en effet, que la presse dans son ensemble a en plus de sa fonction de propagande, une fonction d'éducation des masses. Son utilisation maladroite choquerait comme c'est le cas, la conscience collective.
Au regard de ce triste aveu, on est en droit de s'interroger, sur l'usage de la censure dans ce pays. Autant, nous avons salué la suspension d'antenne de certaines artistes qui exposaient impunément leur nudité sur le petit écran, autant nous nous élevons contre la publication d'images obscènes à travers la presse écrite.
Après le phénomène (s'il en est un) Tina Spencer, le congrès (s'il faut l'appeler ainsi) des homosexuels, un artiste sans vergogne, en mal de publicité et visiblement mal inspiré, de montrer à la face de l'opinion, qu'il est insatisfait de sa malheureuse condition, dont nul n'est responsable.
Il importe, pour une société qui se veut respectable, que la société civile et les pouvoirs publics s'accordent pour combattre la profanation de l'éthique morale, en appelant à écraser la "chienlit".
L'Afrique si riche, de ses valeurs, ne permettra pas à n'importe quel déséquilibré de les vilipender, rien qu'à partir de cliché stéréotypé. Que cela fait pitié quand les hommes perdent ainsi l'honneur. *
Khady Ossaman
EDITO - PLUME
L'Etat et la question
musulmane
'Par Dembélé Al Séni
«Il n'y a pas de problèmes entre l'Etat et la communauté musulmane de Côte d'Ivoire (...) Il y a des activistes et ceux là, on sait de quoi ils se réclament...»
Cet extrait de l'intervention du chef de l'Etat à Paris devant les journalistes le 16 novembre dernier pose à nouveau, et de façon dramatique la question des rapports entre l'Etat et les musulmans de Côte d'Ivoire. Depuis deux ans, c'est une réalité palpable, cette communauté a entrepris sous la houlette de ses chefs religieux, "de grands travaux" pour son organisation, et pour se doter de structures à même de lui permettre d'être à la hauteur de son poids démographique, économique et social.
L'Etat ivoirien, comme dépassé par l'accélération de l'histoire, a depuis lors accumulé erreurs et fautes politiques à l'égard de ce monde qu'il croyait lui être acquis éternellement corps et âme: descentes policières musclées dans les mosquées, perturbation du pèlerinage, propos d'exclusion, tentatives multiformes de déstabilisation, tout y est passé!
En réalité toute cette fébrilité de l'Etat s'explique. Nos gouvernants actuels n'ont qu'une lecture conjoncturelle de la mutation profonde qui s'opère dans le monde musulman en Côte d'Ivoire et ne sont capables d'en saisir ni les motivations, ni le dynamisme, ni la détermination des acteurs. Le besoin politique immédiat, surtout électoraliste les a empêché d'envisager avec sérénité le traitement que mérite ce tournant de l'histoire de notre pays. L'option choisie par le gouvernement: ramener vaille que vaille "le troupeau perdu à la bergerie" a produit l'effet contraire.
Aujourd'hui par la faute du pouvoir essentiellement, un mur compact de méfiance s'est dressé entre la communauté musulmane et l'Etat. Face à cette situation, et comme atteint d'un atavisme, l'on continue dans la fuite en avant: entrée en scène burlesque de prétendus réconciliateurs, appel du pied à la France à qui l'on présente l'argument qui fait recette: le péril islamiste!
A la vérité, ni Chirac, ni Pasqua, ni Balladur n'ont de recette miracle à proposer pour cette situation qui n'est qu'ivoiro-ivoirienne: l'Etat face aux problèmes créés par lui au sein de la plus importante frange de sa population (même si les statisticiens de la 25e heure refusent eux de prendre acte de ce qui n'est qu'une évidence).
Actuellement, devant la communauté musulmane, l'Etat ivoirien est face à lui-même. Ses atermoiements ont montré ses limites. Du courage! Du courage politique! Voilà ce qu'il faut! Reconnaître ses fautes, les assumer, créer un climat de confiance et de compréhension telle est l'unique voie qui s'offre aujourd'hui au pouvoir. Mais chaque jour qui passe nous éloigne, hélas, un peu plus de cette voie de sagesse! D'ailleurs, avons-nous les hommes qu'il faut pour comprendre cette nécessité et la concrétiser?
La question reste posée, et le temps très certainement nous situera. Alors comme disent les anglais, wait and see. *
D. A. S.
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SOMMAIRE
Edito-Plume
L'Etat et la question musulmane.
Plume dans le quotidien
Bondoukou et Bouna : Le CNI peut compter sur nous! P.3
Interview : M. Soumahoro (AJMCI) P. 4
Plume Politique
Bedié à Paris:
Les musulmans ne représentent rien ! P.5
Projet de code électoral: La patrie en danger P. 5
Balla Kéïta: ...hélas ! P. 6
Plume en Liberté
Palestine: La difficile quête de la paix P 8
Détente P.8
Bédié agit comme si aucun musulman ne peut voter pour lui...
PLUME LIBRE / Décembre 1994 / Du 28 Djoumadal-Sani au 28 Radjab 1415/ Page 2
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
A l'image de toute la Côte d'Ivoire
Bondoukou et Bouna :
Le CNI peut compter sur nous
Par Koné Seydou
LORSQUE le car de la compagnie SABE TRANSPORT s'ébranle ce vendredi 16 Septembre 1994 en direction de l'Est, il est 16H. Dans les deux voitures de tourisme qui bouclent le convoi se trouvent le président Idriss Koudouss Koné et des membres de son bureau.
Pour la soixantaine d'imams qui fait ce déplacement, il s'agit d'aller s'acquitter de l'une des dernières parties de l'œuvre entreprise depuis quelques mois, et qui consiste à installer les coordinations régionales et départementales du C.N.I. à travers toute la Côte d'Ivoire.
L'heure de la prière de maghrib nous trouve à Agnibilékrou, et c'est la majestueuse mosquée de cette cité qui nous accueille.
Nous reprenons ensuite la route, pour nous arrêter cette fois, aux environs de 20H, à Tanda dont les populations, informées de notre passage, ont tenu à nous témoigner leur foi et leur soutien à la cause commune.
Nous faisons donc escale à la Grande Mosquée où nos hôtes nous servent à boire pendant que le grand imam et le président du CNI échangent des politesses.
Nous arrivons finalement aux environs de 22H à Boudoukou, où nous trouvons des milliers de frères rassemblés à la place de feu l'imam Timité Koudouss (que Dieu soit satisfait de ce saint homme dont il avait fait Son ami!), la main sur le cœur, et le cœur battant au rythme de la lecture du Coran.
Des abris sur lesquels pendent des dizaines d'ampoules à néon ont été dressés en carré. La délégation fait le tour d'honneur pour saluer la population. Suivent quelques allocutions de bienvenue après lesquelles rendez-vous est pris pour le lendemain.
Le luxueux car gracieusement mis à notre disposition par le frère Karim Djabagaté, nous conduit alors au domicile du frère président de la compagnie sœur, la SATRABO, Mama Ouattara, dont la famille nous a préparé un véritable festin.
Les choses sérieuses commencent samedi matin.
Le président Koudouss et sa délégation arrivent, après une marche au lieu dit des manifestations en chantant les éloges du Créateur et de Son Messager, le plus noble de tous les Messagers.
Les mêmes chants les accueillent, et après un tour d'honneur, ils s'installent en face de tout ce que la ville aux mille mosquées et ses environs comptent d'imams et de responsables politiques et administratifs.
Les élèves des médersas entonnent l'hymne national en arabe, puis les intervenants se succèdent à la tribune.
Leurs propos sont traduits en Koulango et en Dioula (de Bondoukou) Le frère Kassim Timité procède à la lecture du Coran.
Le maire dit sa joie de voir sa commune abriter un aussi important événement.
Puis, le président du comité d'organisation présente à l'assemblée le président local du Conseil Supérieur des Imams.
Il s'agit de son excellence l'imam El Hadj Timité Ibrahim Timité, qui vient alors, en compagnie de ses pairs du Bureau national saluer le président Koudouss au milieu de takbirs repris en chœur par la foule.
L'imam interviendra ensuite, après la présentation de son bureau pour dire la qualité de cette manifestation qui répond uniquement à un élan du cœur. Le comité présente également l'imam de Tanda, choisi pour coiffer la section de son département.
C'est ensuite le capitaine des Eaux et Forêts Bakari Binaté, président de la section local du C.E.R.I.C.I., qui prend la parole au nom d'autres associations telles que l'A.E.E.M.C.I. et l'A.J.M.C.I. Il attire l'attention de la communauté sur le fait que les femmes de Bondoukou n'arrivent pas à s'organiser. Clin d'œil donc à la présidente nationale de l'A.F.M.C.I., Hadja Konaté née Touré qui est justement du déplacement. Elle est invitée à faire un tour d'honneur en compagnie des membres de son bureau. Le grand imam de la cité lui prend même la main pour lui faire des bénédictions à la satisfaction générale.
A 10H55mn, Oustaz Fofana s'adresse à l'assistance au nom du Conseil Supérieur des Imams. Il explique comment des gens ont pris en otage des musulmans ivoiriens en vue d'en faire des marionnettes politiques, et ce depuis les indépendances. Il fustige également le comportement de certains frères qui donnent raison à ces mécréants en prostituant leur foi pour quelques billets de banque. Il s'attaque ensuite aux magouilles qui se trament dans les hautes sphères de l'Etat en vue de présenter dans les instances internationales des gens acquis à la cause de l'immoralité comme étant les représentants des musulmans de Côte d'ivoire. Et de raconter tout ce que la communauté rencontre comme problèmes, depuis le sabotage du pèlerinage jusqu'à l'agression à la mosquée de Treichville, en passant par les douloureux évènements de la mosquée d'Abobo. Il insiste sur le fait que ce qui motive l'organisation des musulmans autour du C.N.I., ce ne sont pas des ambitions politiques mais la volonté d'instaurer un ordre religieux islamique en Côte d'Ivoire, afin notamment que la célébration des fêtes soit harmonisée, que les imams soient pris en charge par la communauté, que la liberté de culte soit respectée et que les politiques cessent d'utiliser nos moquées à des fins bassement humaines.
Suite à cette brillante intervention saluée par l'allégeance de la population aux idéaux nobles du saint Coran, le comité présente les présidents choisis pour diriger les coordinations départementales de Bondoukou et de Tanda; il s'agit des frères Timité Ahmed Koudouss et Timite Hassan.
Quand, enfin, El Hadj Kone Koudouss prend la parole, tout Bondoukou est accroché à ses lèvres. Il rend à la cité un hommage mérité et salue la mémoire des saints qui y ont laissé leurs traces. Puis il fait remarquer qu'en vertu de la puissance de l'Islam, s'il s'agissait de demander à Allah (Exalté soit-Il) une solution radicale et définitive pour faire cesser les gesticulations fébriles des fossoyeurs de l'unité des musulmans, le temps mis pour rallier Bondoukou à Abidjan serait même trop long pour que tout rentre dans l'ordre. Mais il demande la patience à ses frères qu'il invite à ne pas perdre de vue l'exemple laissé par le Prophète Mouhammad (P.B.D.L.).
Les imams mettent fin à la cérémonie à 12H30mn par des bénédictions, et chacun rentre chez lui, heureux d'avoir participé à cette grande manifestation.
"S'il ne s'agit que de régler le compte de ces mécréants, il nous suffit de prendre nos chapelets, et inch'Allah, avant de quitter Bondoukou, tout sera réglé à Abidjan. Mais, même dans les situations les plus difficiles, l'Envoyé de Dieu (PBDL) n'a pas recouru à celà. C'est pour vous dire, mes chers frères, que nous devons accepter de continuer à subir les gesticulations de ces gens. De toutes façons, Allah (Exalté soit-Il) s'occupe d'eux." C'est à peu près en ces termes que le président du C.N.I. a schématisé aux populations de la célèbre cité aux mille mosquées, le rapport de force réel qui existe entre les musulmans et les mécréants qui s'évertuent inutilement à empêcher les premiers de s'organiser.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Interview
Moustapha Soumahoro (Pdt A.J.M.C.I)
Le contexte Algérien est différent du nôtre
Du 13 au 15 août 1994, l'Association des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire (AJMCI) a tenu au Collège Moderne la Colombe de Koumassi son premier congrès ordinaire. Pour en savoir davantage, nous nous sommes entretenus avec le président reconduit.
Plume Libre: Oustaz Soumahoro Moustapha, le premier congrès ordinaire de l'AJMCI vient de vous renouveler sa confiance. Sous quel signe placez-vous ce nouveau mandat?
Soumahoro Moustapha: Au lendemain de notre premier congrès ordinaire, je suis animé d'abord par un sentiment de joie pour la confiance que les frères m'ont renouvelée, ensuite j'éprouve des craintes pour les responsabilités que j'aurai à assumer.
Notre premier mandat nous a permis d'implanter l'AJMCI qui est devenu maintenant une réalité en Côte d'Ivoire. Selon les résolutions du congrès la formation et l'intégration socio-économique des militants doivent être les objectifs majeurs de notre mandat.
P. L.: Que constatez-vous concrètement au niveau socio-économique?
S. M.: A ce niveau le congrès a recommandé la création d'une entreprise digne de ce nom. Nos départements techniques concernés viennent de boucler le montage du projet d'un coût de 20.000.000 F repartis en 8.000 actions de 2.500 F. Il s'agit d'une entreprise dénommée Agro-Ivoire qui s'occupera de l'agro-industrie. Ainsi nous nous occuperons de la collecte et de la distribution des produits vivriers dans la première phase du projet, ce qui devra permettre la création de 200 emplois pour nos militants. La 2e phase consistera à installer de jeunes agriculteurs qui soumettront à notre analyse des projets intéressants. Dans la 3e phase nous comptons transformer les produits vivriers et offrir un millier d'emplois.
P. L.: Ce projet n'est-il pas trop ambitieux pour l'AJMCI?
S. M.: Il est certes ambitieux mais il est à la mesure de nos objectifs. Si les deux premières phases marchent, cela va engendrer la 3e phase au terme de laquelle les bénéfices permettront de réaliser des œuvres d'intérêts publics (écoles, dispensaires etc.) au nom de la communauté musulmane au service de la nation.
P. L.: Qui peut être actionnaire dans cette société?
S. M.: Tout musulman intéressé par le projet peut être actionnaire. La fin des souscriptions est fixée au 10 janvier 1995.
P. L.: Moustapha, hier à l'AEEMCI, aujourd'hui à l'AJMCI et au CNI. Que veut Moustapha?
S. M.: La vie est un choix. En tant que musulman nous devons avoir l'ambition de progresser. On peut-être musulman à plusieurs niveaux: le musulman ne s'occupant que des actes cultuels; celui qui se comporte ainsi, c'est son droit mais celui qui veut avoir beaucoup plus de récompenses. Dieu lui demande plus parce qu'il est demandé dans le Coran aux musulmans de ne pas commettre des actes blâmables et ils sont encouragés vers les actes recommandés par Dieu. Cela ne peut s'obtenir que dans l'action. C'est donc une progression normale dans notre parcours.
Quand nous étions à l'école, le cadre idéal était l'AEEMCI. Après nos études nous avons constaté qu'une frange de jeunes (les déscolarisés et les jeunes travailleurs) n'étaient pas encadrés. Nous n'avons fait que leur apporter notre petite expérience afin d'organiser ce secteur.
Quant au CNI qui est une structure fédérative nous estimons qu'il mérite soutien et encouragement pour l'organisation de l'Islam en Côte d'Ivoire. Toutes ces activités ne me permettent pas d'accorder assez de temps à ma famille. Mais puisque c'est un travail qui est fait pour Dieu, nous le prions afin de nous aider à encadrer notre famille surtout que mon épouse partage entièrement mes convictions. Ainsi s'occupe-t-elle de l'encadrement des enfants à la maison.
P. L.: Que pensez-vous des rapports entre le C.N.I et le pouvoir? Ils ne semblent pas être au beau fixe.
S. M.: Il n'y a pas de problème majeur. A un certain moment, les musulmans se sont sentis lésés de certains droits. Ils les ont réclamés et cela a été rétabli.
C'est plutôt certaines personnes qui essaient de créer des problèmes dans leur seul intérêt.
P. L.: Et pourtant le CNI, semble-t-il, n'a pas répondu à une réunion convoqué par un conseiller à la présidence en vue de réconcilier le CNI et le CSI.
S. M.: Nous répondons à ces questions parce qu'en tant que membre du CNI nous participons à certaines réunions.
Pour tenter de résoudre la crise qui semblait exister entre le CNI et le pouvoir, un comité de trois membres (les ministres, Lamine Fadiga, Essy Amara et Saliou Touré) a été mis sur pied. Il a été retenu que seul ce comité était habileté pour toutes les médiations. C'est donc les seules personnes reconnues auxquelles il faut ajouter le ministre Nemin Noel.
Nous avons donc été surpris par l'action du ministre Balla Kéita qui, à certain moment avait résolu effectivement des problèmes du vivant du Président Houphouët.
P. L.: Quelle est la frontière entre l'AEEMCI et l'AJMCI?
S. M.: La cible de l'AEEMCI ce sont les élèves et les étudiants. L'AJMCI vient compléter l'action de l'AEEMCI parce que quand on entre dans la vie active il y a un vide. Et ce vide est comblé par l'AJMCI en prenant en compte aussi les jeunes chômeurs qui sont dans les quartiers. La frontière est donc mince. A Bouaké il y a des frères qui appartiennent aux deux structures sans qu'il y ait des problèmes. Il faut surtout que les responsables comprennent cela et permettent aux jeunes de militer comme ils l'entendent dans les deux structures parce qu'ils œuvrent pour Dieu.
P. L.: Des étudiants sont actuellement à la grande mosquée de la Riviéra pour une grève de la faim. Quelle appréciation portez-vous sur cet acte dans le temple de Dieu?
S. M.: C'est une démarche que nous trouvons logique. C'est pourquoi le CNI a entrepris une action de médiation avec les autorités gouvernementales afin de trouver des solutions. Le président du CNI a eu des contacts avec les grévistes afin qu'ensemble des solutions puissent être envisagées. L'acte en soi n'est pas mauvais. En choisissant la mosquée, ces étudiants montrent que l'Islam a une certaine importance et qu'avec l'intervention des responsables religieux musulmans des solutions peuvent être trouvées à leur problème. Nous souhaitons donc que leurs vœux soient exaucés.
P. L.: Que pensez-vous des actions du FIS?
S. M.: Faisons une mise au point avant de répondre.
Généralement quand on pose ces genres de question, c'est pour mettre le musulman dans une situation de culpabilité. Pour nous, je pense qu'il y a lieu d'opérer une rupture avec les contextes. Le contexte algérien est différent du nôtre. Depuis un certain temps, tant dans la presse nationale qu'internationale l'on laisse croire que les intégristes sont aux portes ivoiriennes. Alors que les musulmans ivoiriens n'ont jamais posé d'actes de nature à troubler l'ordre. Les problèmes des musulmans ivoiriens se sont toujours résolus par la voie du dialogue et de la négociation.
En Algérie il faut comprendre que c'est une réaction de personnes dépossédés de leur pouvoir. Sans toutefois cautionner la violence, il faut souligner que la presse généralement ne présente que les conséquences des actes du FIS sans souligner les causes. Au regard même des communiqués de presse, la violence est de deux côtés (pouvoir et FIS).
La réaction de la communauté internationale est injuste. En Haïti, les américains ont aidé le Père Jean Aristide à retrouver son pouvoir pendant qu'ils tirent à boulets rouge sur Abbassi Madani.
P. L.: Votre mot de fin.
S. M.: Nous remercions Plume Libre pour le travail qu'il fait pour aider la communauté musulmane à s'organiser. L'AJMCI est disposée à aider Plume Libre dans sa distribution.*
Propos recueillis par
Ryabak Nagbé
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PLUME POLITIQUE
Bédié à Paris
Les musulmans ivoiriens ne représentent rien!
Le mercredi 16 novembre 1994, les ivoiriens ont pu voir au journal de 20H la démonstration, combien magistrale, du président de la République sur la répartition des Ivoiriens selon leur religion. Le Président répondait à une question sur les risques de polarisation du paysage politique de la Côte d'ivoire entre le Nord et le Sud, entre chrétiens et musulmans.
SELON le président de la république il y a en Côte d'Ivoire 40% de musulmans ou les Ivoiriens de souche (c'est le terme consacré) ne dépassent pas 15%, les chrétiens (catholiques, protestants, synchrétiques) 33%. Ici, le président de la République ne nous dit pas qu'il y a des étrangers...
Cette présentation du paysage religieux de la Côte d'ivoire, discutable, est malheureusement celle qui a cours officiellement. Cela permet de comprendre pourquoi les forces de l'ordre contrôlent des cartes de séjour près des mosquées et non pas des églises, de comprendre le statut privilégié de la religion catholique, en dépit de la laïcité de l'Etat inscrite dans la Constitution.
Pour mieux comprendre la démonstration du chef de l'Etat il faut peut-être le situer dans son contexte. Une semaine auparavant, l'hebdomadaire Jeune Afrique, dans un numéro double titrait: "Côte d'Ivoire: le croissant et la bannière ou comment être musulman au pays de Bédié". Dans son article Francis Kpatindé fait état de l'importance de cette communauté 5 millions (40% de la population totale) des frustrations des musulmans malgré les progrès enregistrés ces derniers temps. Tenant compte de l'impact de tels articles en France, où tout ce qui a trait à l'Islam engendre une passion irrationnelle, le chef de l'Etat a sans doute voulu rassurer les autorités françaises en minimisant l'importance de cette communauté. Mais en le faisant, le chef de l'Etat soulève une polémique sur le chiffre exact de la population musulmane en Côte d'Ivoire, surtout celle de nationalité ivoirienne.
Ce chiffre, pour des raisons politiques, stratégiques fait rarement l'unanimité.
Selon le dernier recensement effectué en Côte d'Ivoire en 1988, les musulmans viennent en tête avec 38,7% de la population totale, suivi des chrétiens 27,5%, les animistes 17%. Dans les groupe chrétien, les catholiques viennent en tête avec 20,8%, protestants 5,3%, harristes 1,4%.
En réalité, si nous nous fondons sur ce qui existe au sein des différents groupes confessionnels, les musulmans "ivoiriens" de souche constituent le groupe religieux le plus important avec 25,1% suivis des catholiques 20% (y compris les étrangers) des protestants 10%.
Ce sont là des données globales du recensement de 1988, mais si l'on tient compte du dynamisme des différentes confessions, il apparait que les musulmans, les protestants et les synchrétiques gagnent du terrain. Ce qui doit inciter à nuancer ces données de 1988. On le voit les propos du chef de l'Etat ne sont pas conforme à la réalité statistique disponible mais également celle du terrain.
D'autres opinions vont d'ailleurs dans ce sens. Le Secrétaire Général du FPI a affirmé dans une interview à Jeune Afrique du 20 - 26 octobre 1994 N° 1763 que les musulmans représentent 40% de la population ivoirienne contre 14% pour les chrétiens. Le défunt président de la Côte d'Ivoire a affirmé lors d'une rencontre avec le CNI en 1993 que les musulmans représentent 60% de la population ivoirienne. Même si l'on y extrait les étrangers (28% de la population totale toute tendance confondue) il reste environ 30% de musulmans ivoiriens. Cette communauté musulmane faut-il le rappeler comprend toutes les ethnies, toutes les régions de la Côte d'Ivoire. De Korhogo à Abidjan, de Man à Bondoukou ou Abengourou. Certaines petites villes ou villages fortement islamisés représentent ce symbole, Korékipra au Centre-Ouest (65%), de musulman bété, Agnibilekrou à l'Est, Kossrou au Sud.
En vérité cette démonstration du premier magistrat de la Côte d'Ivoire qui tend à minimiser une frange importante de la population est dangereuse pour l'unité nationale. Ce qui apparaissait comme un discours de circonstance au plus fort de la guerre de succession est inscrit dans un système de discours officiels, repris au sommet de l'Etat. Et c'est inquiétant car le chef de l'Etat garant de l'unité nationale a mieux à faire surtout à l'étranger que de tenir un discours partisan, excluant une partie de ses concitoyens qu'il représente. Si l'on suit le chef de l'Etat dans sa logique, les musulmans ne représente que 15% il peut se passer de leur voix pour les élections de 1995. S'il peut se passer de leur voix, c'est que cette communauté n'est qu'une quantité négligeable. On le voit les propos du chef de l'Etat ont "une longue portée". A la limite compte tenue de sa faible représentabilité, cette communauté devrait se satisfaire des faveurs accordées par lui par exemple la mosquée du Plateau qui serait en chantier or tout le monde peut constater que les travaux n'ont même pas encore démarrés, les mauvaises herbes ont commencé à pousser sur le terrain.
Tout se passe donc comme si cette communauté musulmane n'était faite que pour recevoir les faveurs des princes, sans véritable droit. A la vérité, les discours du chef de l'Etat rejoint tous les autres tenus par Fologo, Me Faustin Kouamé, Michel Kouamé, Kipré Pierre, Constant Bombet... Un discours tendant à rechercher "une pureté ethnique" ivoirienne. L'on n'est donc pas surpris par ce code électoral qui va dans ce sens. Alors que l'on admettait de façon évidente que tous ceux qui ont la nationalité ivoirienne sont des ivoiriens, de nouvelles distinctions entre ivoiriens sont faites.
Quels objectifs visent ce type de classification? Dans ce pays il est bon ton de parler de paix et d'établir des comparaison avec les pays troublés. Il convient de rappeler que ces troubles ne sont pas des fatalités mais le résultat de frustrations subies par une partie de la population. L'exemple récent du Rwanda est présent dans tous les esprits. Deux peuples Hutu et Tutsi qui ont plus de points communs que de différences en sont arrivés à se détester de façon irrémédiable. Gardons la Côte d'Ivoire de troubles inutiles que les calculs politiciens, circonstanciels ne sauraient justifiés. Ce pays appartient à tous ceux qui y sont attachés. Les musulmans ont fait la preuve de leur attachement à ce pays et sont prêts à le défendre parce qu'ils seront parmi les plus perdants dans un chaos généralisé. Cela devrait être compris de tous afin que la cohabitation harmonieuse perdure.*
Par Abdul Jabbar
A. J.
Projet de code électoral:
La patrie en danger
Par Koné. Z. abd'Allah
L'HISTOIRE passe souvent à pas feutrés mais sans interruption. Elle passe avec son cortège de faits et de méfaits inscrits sur des claviers que nous choisissons volontiers de taper.
Chaque son interpelle un pan de notre destin national et collectif que nous souhaitons toutefois différent de celui de la poule à crête le jour de l'an ou de celui du mouton de Tabaski.
Et pourtant l'immense clameur des sentiments divers qui s'abat sous les tropiques éburnéens, est manifestement porteur de signes annonciateurs d'orages de moins en moins latents. Ils deviennent d'autant plus probables que le vacarme d'éclairs et de foudres aveuglants et assourdissants nous fait balloter de rives en rivages toujours en deçà ou au delà de notre Constitution. Et dire que nous nous trouvons sur le territoire des intégrateurs et des légalistes: cela ne fait qu'en ajouter au danger. Danger? Oui, danger car l'éthique de la vie sociale nationale se trouve engagée dans le tourbillon d'un écartèlement où elle est tirée dans tous les sens et chaque sens multiplie sa divergence de telle sorte qu'il devient de moins en moins facile de les ramener à un principe commun et consensuel. Or la configuration pluraliste nouvelle de la carte politique de notre pays en fait une exigence de premier ordre.
Danger? - oui, danger !- À lorgner un temps soit peu du côté de l'étiologie du débat actuel sur le Code qui devra régir et réglementer les échéances électorales futures, on s'aperçoit que ce n'est pas une simple plate-forme de prises de positions purement intellectuelles et contradictoires mais un débat de fond qui atteint la racine principale du contrat social qui nous maintient à l'intérieur d'une même frontière en bonne intelligence, donc en paix et dans la justice.
Pourtant à voir de près, d'une part, "l'ivoirien aux fibres multiséculaires" qu'est Kipré Pierre, "ceux qui n'ont d'autres points de chute" dont fait partie Faustin Kouamé, "les ivoiriens vrais" de Djédjé Mady; et d'autre part le candidat qui "doit être ivoirien de père et de mère eux-mêmes ivoiriens" de l'article 49 du nouveau Code, l'accointances est trop poussée et le projet de société de leur auteurs est effrayant. Réserver la Côte d'Ivoire à une "race pure" d'ivoiriens donnant naissance du coup à des sous-ivoiriens électeurs mais non éligibles. Nous avons peine à nous convaincre que nous ne sommes pas en train d'assister à la naissance du 4e Reich ou à la reconstruction du pays de Pieter Botha. Avec la seule et simple différence que le critère de discrimination n'est pas la pigmentation de l'épiderme, mais la pureté du sang.
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PLUME LIBRE / Décembre 1994 / Du 28 Djoumadal-Sani au 28 Radjab 1415/ Page 5
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PLUME POLITIQUE
Balla Kéita
...hélas !
Par Ben Nabil
Dans notre livraison du mois d'octobre 1994 (C F "Plume Libre" N° 032), nous interpellions le Dr Balla Kéita à propos d'informations peu reluisantes le concernant. Cela n'a malheureusement servi à rien. Son honneur a été mis en jeu et il a volé en éclats parce qu'il n'a pas pu le défendre. C'est dommage !
BALLA Kéïta et Diaby Koweït filent aujourd'hui le parfait amour. Cela ne doit guère surprendre. Car le "ministre des pauvres" a, à n'en pas douter été ébloui, hypnotiser, voire magnétiser par les dollars koweïtiens, sinon comment comprendre la subite volte face Balla Kéïta réalise aujourd'hui lui qui a toujours été aux côtés du CNI, lui qui a été l'intercesseur entre le CNI et le pouvoir ?
La question que l'on se pose aujourd'hui est de savoir pourquoi il a accepté de jouer ce rôle d'intercesseur, alors qu'il n'ignorait pas l'existence de Diaby Koweït et de son groupe.
Aujourd'hui il s'affiche sur tous les toits comme étant le père fondateur du CNI dont il peut disposer quand et comme il veut, il veut jouer aujourd'hui le pari de la réconciliation.
Réconciliation entre qui et qui ? y a-t-il un problème quelque part ?
Fort de son statut de "père fondateur" du CNI dont il s'autoproclame, il fait un communiqué laconique à la presse en guise d'invitation au CNI et d'autres groupes de musulmans à la foi douteuse, pour une prétendue réconciliation, sans au préalable prendre le pouls de la situation en vue d'un travail préparatoire avec les responsables du CNI et du COSIM (conseil supérieur des imams) pour quelqu'un qui a été Ministre de la recherche scientifique, c'est léger et ce n'est pas malin.
L'on est donc en droit de conclure que ce comportement affiché par Balla Kéïta est une provocation, vu les propos grossiers et désobligeants à l'endroit des membres du CNI et du COSIM, en disant qu'aucun "Blakro" (incirconcis en Malinké) ne pourra être chef des musulmans de Côte d'Ivoire devant Diaby Koweït. Notons que jusque là le CNI avait maintenu des rapports cordiaux et fraternels avec le DR Balla Kéïta; Mais lui qui se disait loin de Diaby Koweït est aujourd'hui en accointances avec ce dernier.
Selon des informations dignes de foi, il aurait introduit Diaby Koweït à l'UNESCO auprès des ambassades et organisations internationales arabes comme représentant de la communauté islamique en Côte d'Ivoire. Il a, avec Diaby Koweït entrepris une campagne de presse pour vendre l'image de celui-ci dans les journaux comme Jeune-Afrique, le Nouvel Afrique-Asie et Africa International.
Il a en outre voyagé à bord du même avion aux côtés de Diaby Koweït de Genève à Abidjan, où il se sont rendus au siège du CSI et où Balla Kéïta s'est cru obligé de tenir toutes sortes de propos injurieux à l'encontre des responsables du CNI et du COSIM.
Ainsi Balla Kéïta se disqualifie et partant perd toutes qualités de médiateur dont il se targuait.
Au DR Balla Kéïta disons, tout simplement qu'un homme peut tout perdre, qu'à un homme on peut tout prendre sauf une seule chose: sa dignité, celle là même qui fait homme.
Et les sages nous enseignent qu'il est mieux de mourir que d'avoir honte.
Oui car ils auront honte ceux qui veulent nuire aux intérêts de la communauté musulmane en Côte d'Ivoire. Ceux qui prétendent faire imploser le CNI si ce dernier n'accepte de s'aligner. S'aligner sur qui et sur quoi ? Le CNI ne s'alignera jamais sur quelqu'un. Il s'alignera sur Dieu et son prophète Mouhammad (PBDL). Ils peuvent stratégier ceux qui se croient stratèges, mais Dieu (Le Très Haut) demeure le Meilleur des Stratèges. *
B. N.
Les fourberies de Balla Kéita
Par Koné Seydou
Des injures, des menaces et surtout cette habitude maladive qui consiste à parler de soi, et qui est la caractéristique des gens qui souffrent du complexe d'infériorité: c'est le plateau qu'à servi Balla Kéïta au petit monde qui avait fait le déplacement à son domicile en vue d'assister à une prétendue cérémonie de réconciliation entre l'inénarrable Diaby Koweït et les musulmans. Récit.
ENTRE les étudiants musulmans de la cité Mermoz et Balla Kéïta, existe des rapports de fraternité islamique(?).
En tant que membre d'honneur de leur sous-section, les étudiants lui rendent même régulièrement visite. C'est à ce titre que l'imam Soro Yaya et ses adjoints recevront courant Octobre la visite de deux jeunes hommes venus leur demander d'aller lire la sourate Ya Sin pour leur oncle défunt.
Le lendemain sera chargé de surprises, à commencer par le lieu des funérailles: la cour de Balla Kéïta. Ils entrent, et là, deuxième surprise: Diaby Koweït trône au salon, et en fait de prières pour le mort, ce sont les éloges du "distributeur de sous" que font les griots. L'imam et ses vice-présidents, Koné Seydou, Koné Inza et Zakoré Moïse n'y comprennent rien, d'autant plus que jusqu'à présent, Balla Kéïta leur avait laissé entendre qu'il ne pouvait pas sentir Diaby Koweït et qu'il l'avait même chassé de son domicile une fois. De retour en cité, l'imam convoque tous ses frères pour leur faire le compte-rendu de ce qui s'était passé. Il s'ensuit une grande discussion, au bout de laquelle les étudiants n'arrivent pas à tomber d'accord sur l'attitude à adopter vis-à-vis de leur "membre d'honneur". Tout au plus, décident-ils de lui accorder le bénéfice du doute. Mais quelque chose de beaucoup plus grotesque se préparait, et ils n'allaient pas tarder à l'apprendre à leur dépens...
Un jour qu'il était en train d'étudier - on est en période d'examen, l'imam reçoit à minuit une invitation pour assister chez Balla Kéïta à une cérémonie dite de réconciliation. Il prévient donc ses frères, et le lendemain, son bureau l'accompagne au lieu dit de la réunion. Là, la scène est aménagée pour abriter une autre comédie burlesque. Les personnages: des gens qu'on présente volontiers comme étant des imams de la sous-région, des membres du Conseil Supérieur Islamique - version Diaby Koweït, de prétendus représentant du CNI... et bien sûr, nos deux larrons en foire. Le décor planté, le cinéma peut commencer.
Balla Kéita monte au créneau. Avec l'aisance verbale qui le caractérise, il commence par faire - avec fierté, s'il vous plaît - ses propres éloges de griot. Il raconte ensuite comment, la Police ayant empêché la tenue de la première réunion constitutive du C N I, des musulmans étaient allés le voir pour demander son intercession, et comment il était allé voir feu le Président Houphouët pour obtenir son feu vert. Conclusion: c'est lui qui a créé le C N I Ensuite, notre très cher frère s'attaque au C N I et à ses responsables qu'il traite de "petits comptables" (sic!) et de "petits traducteurs" (re-sic!) qui se proclament meneurs des musulmans ou docteurs de la Charia. "Les vrais docteurs sont là", et de montrer Moustapha Sy et sa cohorte... Si le ridicule pouvait tuer! Mais il ne tue pas, et Balla poursuit en disant que Diaby Koweït est reconnu à l'UNESCO, et que dans des réunions internationales il s'assoit devant quand Koudouss se trouve au fond de la salle. Suit le chapitre des menaces.
Balla Kéïta traite les gens de bâtards à tour de bras: il dit que lorsque la maison familiale est sur le point de s'écrouler, ce sont les bâtards qui disent qu'il ne veulent plus de leur part d'héritage. Il enchaîne à ce moment sur un parti politique, le R D R dont il traîne les fondateurs dans la boue. Bref, à tout ce beau monde, Balla Kéïta lance un avertissement: "sa" machine est en marche, et elle écrasera sur son passage tous ceux qui ne sont pas du P D C I et du Conseil de Diaby Koweït. Enfin, une si belle envolée lyrique n'aurait su se terminer sans la traditionnelle motion: Bédié est le digne successeur d'Houphouët, et tous deux ont été élevés par des Dioulas, donc nous devons le supporter.
Diaby Koweït monte ensuite sur le podium, et clame sa bonne foi à qui veut l'entendre. Il affirme même prier(?) chaque jour pour l'unité des musulmans. C'en était trop pour les étudiants qui demandent alors à partir. Mais Balla Kéïta insistant pour que l'imam dise un mot à l'assemblée, celui-ci lira quelques versets du Coran avant de faire remarquer que si le CNI n'a pas participé à cette réunion, c'est parce que les conditions ne sont pas réunies pour l'union. Mais honnêtement, peut-on parler de réconciliation avec des gens qui n'ont de musulman que le nom ?
La présence des étudiants de Mermoz à cette réunion a été forcée, mais cette faute leur incombe. A toujours vouloir se mettre sous la coupe des "grands frères", on finit par se laisser entraîner dans des situations où la honte le dispute aux regrets. En tout état de cause, ils devront s'expliquer devant le comité exécutif de l'AEEMCI, même si, en réalité, personne ne doute de leur bonne foi. *
Koné Seydou
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PLUME POLITIQUE
Bédié à Paris :
Exclusion au sommet
Par D.H.L
TOUS les systèmes de dictature et d'exclusion n'ont laissé sur leur passage que ruine, sang et désolation comme en témoigne les deux guerres mondiales, la guerre de sécession en Amérique, et plus proche encore celle du Libéria, de la Bosnie, de l'Algérie ou du Burundi; la liste n'est pas exhautive. Et ce n'est pas être oiseau de mauvaise augure d'affirmer que la Côte d'Ivoire est dans leur collimateur tant, les faits dans ce sens abondent. Suivons plutôt.
Ce n'est plus un secret de polichinelle. Pour certains ivoiriens et non des moindres, une écrasante majorité de notre peuple jouit du statut de sujet, moins encore de réfugiés. Ces ivoiriens (là) sont de souches récentes. Ils ont d'autres points de chute, une résolution dont le seul "espace vital" est le Sahel, la patrie des patriotes. Les théoriciens de cette tristement célèbre litanie politique ont pour nom Faustin Kouamé (en réalité chef de file d'un groupe parlementaires), Pièrre Kipré "le républicain", Fologo pour ne citer que ceux-là.
Jusqu'à une époque très récente, cette gaucherie politique, œuvre d'apprentis politiciens mal inspirés au demeurant très dangereux serait passé incognito si...
Du haut de la tour Eifel le Chef de l'Etat, garant de l'unité nationale et de l'intégrité du territoire ne s'était pas livré à une anthropologique politique, du reste peu juste, fragilisant la très précaire unité nationale tout en mettant la patrie en danger. Ainsi en procédant à sa façon à une répartition géographique et numérique de la population musulmane, en la reduisant au néant, le Président Bédié s'attire des soupçons quant à son éventuel coalition avec les divisionnistes semant le désarroi et l'inquiétude dans le cœur de nombreux ivoiriens. Ce désarroi et l'inquiétude sont de plus en plus renforcé par le fameux (projet ?) de code électoral, exclusif à souhait. Aussi graves encore sont les rencontres tribales organisées par certains présidents d'institution dans le seul but des élections générales de 1995.
D'ores et déjà il est possible de prévoir une véritable chasse aux sorcières pour ceux qui n'auront pas joué le jeu car la neutralité politique est un véritable crime de lèse-majesté en ces lieux. 1995 nous édifiera inch-Allah.
Est-il besoin de mettre ainsi en péril l'unité nationale pour des besoins personnels fussent-ils politiques? Nos responsables ont-ils appréhendé à sa juste valeur la portée de leurs actes? Le pouvoir est-il devenu pour eux une fin en soi?
Ce qui est sûr, la nation ivoirienne n'a jamais été aussi en péril qu'aujourd'hui et pourtant elle est belle et vaut la peine d'être sauvegardée. C'est l'occasion de rappeler que la Côte d'ivoire est un don de Dieu à l'Afrique. Ce pays est comparable à la Hollande des années 1950 où chacun pouvait y élire un domicile sans crainte de persécution. Le melting-pot qui en résulta fit de ce pays le centre des affaires et de l'intelligentsia de l'époque, la science et les arts y ont prospéré. Amsterdam était devenu la capitale du monde. Dans le même ordre les USA sont aujourd'hui un exemple édifiant. S'il est vrai qu'Abidjan n'est pas encore Amsterdam ou New-york, il est quand même, à l'image de tout le pays un centre d'affaire prospère et relativement stable. Alors efforçons-nous de préserver ce joyau que nous a laissé Feu le Président Félix Houphouet Boigny. C'est à ce prix qu'on pourra se proclamer son digne successeur.
Que Allah nous préserve des prévaricateurs.
Qu'Il prenne en charge la destinée de ce pays. *
D.H.L
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Quant à la délégation, elle se rend de nouveau au domicile du président Ouattara pour prendre un copieux déjeuner où la fameuse igname locale ne pouvait pas manquer. Peu avant 15H, nous reprenons la route en direction de la non moins célèbre cité de Gbônan, pardon, Bouna.
Nous arrivons à destination à 17H40, et le comité d'accueil nous conduit immédiatement à la grande mosquée où nous attend une population en liesse. Echange d'allocutions pendant lesquelles arrive l'un des plus célèbres fils de la région, le général Palenfo, qui, en bon musulman, s'est libéré pour venir aider ses parents à rendre le plus agréable possible le séjour du C.N.I. Nous faisons ensemble la prière de Maghrib puis celle de Icha' entre lesquelles Oustaz Fofana improvise un petit sermon. Nous nous rendons ensuite à la résidence du ministre Palenfo où un délicieux repas est pris en famille. La dynamique population dans laquelle se distingue également le député Jean Kambiré s'occupe ensuite de nous héberger.
Dimanche 18 Septembre. La délégation relie à pied la préfecture à la place de la mosquée. La population, à la tête de laquelle se trouvent tous les imams de la région, plusieurs personnalités politiques et administratives et les chefs coutumiers, l'accueille dans l'allégresse. Il est 10H30mn. La cérémonie peut commencer. On procède à la lecture du Coran, plus précisément de la sourate Ya Sin, puis le président du comité d'organisation souhaite la bienvenue au nom de Bouna et de ses environs: Nassian, Téhini, Doropo... Ensuite, le président local du Conseil Supérieur des Imams est présenté à la population: c'est le vénérable El Hadj Mama Cissé, un ancien élève du célèbre Ahmed Cissé. Il est âgé de 72 ans, est père de onze enfants et occupe la fonction de grand imam depuis 1984. Le maire, M.Koblan N'Guessan Roger prend alors la parole pour saluer l'événement et attirer l'attention du C.N.I. sur le fait que ses administrés ne sont pas très enthousiastes quant à envoyer leurs enfants à l'école occidentale. Lui succède le porte-parole des associations islamiques locales, qui est suivi sur le podium par le président local de la L.I.P.C.I., et Oustaz Fofana qui porte à la connaissance de la population les promesses de Bondoukou. On procède ensuite à la présentation puis à l'intronisation du président de la coordination départementale de Bouna, le frère Abdou-Razzak Camara.
Dans son intervention qui devait être la dernière de la cérémonie, le président Koné Koudou s salue le Bouna de haute mémoire, en citant les grands maîtres qui ont fait sa renommée. Puis il exhorte ses frères non seulement à accepter l'école occidentale, mais aussi à construire des écoles confessionnelles islamiques. Il termine en saluant à sa juste valeur les efforts déployés par le Général Palenfo, le président Djabagaté et tous les valeureux fils de Bouna pour rendre des plus agréables le séjour de sa délégation. Mais il est déjà l'heure de la prière de zouhr et toute la foule converge vers la mosquée pour appeler la bénédiction divine sur l'engagement qui vient d'être scellé entre le Nord-Est et le C.N.I.
Le Préfet, absent à la cérémonie (comme la plupart de ses pairs partout où le C.N.I. est passé, soit dit en passant), tient quand même à nous recevoir à déjeuner avant notre départ. Avant de quitter Bouna, nous n'en faisons pas moins encore un dernier tour chez le Général qui n'a pu s'empêcher d'offrir des ignames aux imams. Le car reprend la route d'Abidjan, mais déjà, on parle de se préparer pour aller installer les coordinations d'Abengourou et des poches de résistance que constituent Bouaké et Daoukro. *
K. S.
Suite de la page 5
Et quand au même moment, le garant présumé de l'unité nationale clame à mille lieues à la face du monde que tous les étrangers dans son pays appartiennent à une seule communauté religieuse, minorisant ainsi celle-ci sur l'échiquier des purs-sangs, nous disons que le problème devient désespérément complexe.
Mais si nous nous placions au-dessus de la mêlée pour aborder le palier de la logique froide?
Comment concilier les plaidoyers d'un groupe de personnes, hier, en faveur du vote des étrangers pratiqué par Houphouët, et l'acte d'exclusion d'une bonne partie des ivoiriens de postuler aux postes électifs de l'Assemblée Nationale et/ou de la présidence?
Comment permettre à un homme de voter au nom de sa citoyenneté et dans le même mouvement lui interdire au nom de cette même citoyenneté de se faire élire?
En quoi un fonctionnaire ivoirien envoyé à l'extérieur par l'Etat ivoirien est-il plus apte à diriger la Côte d'Ivoire qu'un autre parti sans la caution de l'Etat.
Pourquoi s'acharner tant sur la pureté du sang et marginaliser la probité morale et les conditions de la transparence?
En attendant la réponse appropriée à ces différentes questions espérons qu'on nous fera éviter le pire *
K.Z.A
PLUME libre
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PLUME EN LIBERTE
Palestine
La difficile quête de la paix
Vendredi 18 Novembre 1994; à la grande mosquée de Gaza: Tir des policiers palestiniens sur des fidèles musulmans eux aussi palestiniens: Bilan: 15 morts et plus de 200 blessés.
QUE les Palestiniens s'entretuent fait remettre au devant de l'actualité l'un des dossiers les plus brûlants de notre siècle: le problème palestinien, créé de toute pièce par les puissances occidentales:
Pour comprendre cet imbroglio territorial, il faut remonter à 1917 au moins. En effet, cette année là, précisément le 2 Novembre, le ministre britannique des affaires étrangères lord Balfour déclarait en substance que "le gouvernement de sa majesté envisage favorablement la création en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif et déploiera les plus grands efforts pour atteindre cet objectif... ; la Palestine étant alors sous mandat britannique.
A travers cette déclaration, il ressort aisément qu'une "nation a solennellement promis à une deuxième le territoire d'une troisième".
Mais la commission King-Crane, envoyée en 1919, en Palestine par le président américain Wilson, pour s'informer sur "les opinions et les désirs de l'ensemble de la population" devait indiquer dans son rapport que "ici (en Palestine) les plus anciens habitants c'est à dire les musulmans et les chrétiens (arabes), ont la même attitude hostile envers une migration massive des juifs et envers tout effort pour établir une souveraineté juive sur eux".
Pour arriver alors à leur fin les puissances occidentales avec à leur tête les américains et les Anglais vont penser utiliser le "machin", la très controversé Nations-Unies: Ainsi le 29 Novembre 1947, l'Assemblée Générale de l'ONU adoptait, au prix de mille et une pressions sur les petits pays (Haïti, Philippine, Libéria) par les Etats-Unis, et après deux remises du vote, une résolution de partage de la Palestine: une partie arabe et une partie juive. Cette résolution fut aussitôt mise en exécution bien qu'on sût qu'elle n'avait valeur que de recommandation. Seules les décisions du conseil de sécurité ont valeur exécutoire en la matière.
Telles sont en substance les origines de ce vieux conflit qui a développé des méthodes terroristes des plus abjectes et occasionné des carnages des plus dégradants.
Et la signature des accords à Washington, le 13 Septembre 1993, aboutissements de négociations d'Oslo, faisait naître l'espoir d'un règlement pacifique. Aujourd'hui, 7 mois après la mise en application de ces accords et l'installation de l'autorité palestinienne de Yasser Arafat, la situation demeure critique.
Entre le marteau et l'enclume.
LA situation apparaît très inconfortable pour le leader de l'OLP: D'un côte, il doit donner des gages d'assurance à Israël, de l'autre il doit pouvoir contenir les irréductibles du Hamas résolument opposés aux accords de paix dans sa forme actuelle.
Arafat en voulant "plaire" à Israël apparaît aujourd'hui comme un administrateur israélien en Palestine. Conséquence il s'attire les foudres de l'opposition islamique.
Rabin lui a laissé la gestion quotidienne de l'intifada. Et aujourd'hui, c'est les palestiniens qui s'entre-tuent au grand désarroi des uns et des autres.
En octobre dernier, un caporal Israélien, Nachshon Waxman est enlevé. Itzhak Rabin somme Arafat de donner la chasse aux militants du Hamas.
Le chef de l'autorité palestinienne s'exécute aussitôt en faisant arrêter des centaines de personnes. Mais l'issue est tragique.
Arafat, également accepte sous la pression d'Israël que les adversaires de l'accord de Washington soient écartés des prochaines élections palestiniennes.
Et les événements du 18 Novembre dernier constituent la goutte d'eau qui a débordé le vase.
Aujourd'hui les palestiniens sont au bord de la guerre civile.
Et Arafat du coup perd toute crédibilité à leurs yeux: sur 11 camps palestiniens au sud-Liban, 2 seulement lui restent fidèles aujourd'hui
Les implications économiques:
POUR le président Hosni Moubarak, les européens doivent tenir leur promesse d'aide à la Palestine, autrement la paix ne sera jamais au rendez-vous.
Ces remarques du raïs égyptien apparaissent fondées quand on sait qu'à Gaza, en effet, par manque d'emplois, plus de 50% de la population active est au chômage depuis plusieurs années. Et l'aide n'arrive qu'au compte-gouttes.
A ce niveau aussi, il convient de signaler qu'Arafat ne peut disposer librement de ces fonds dans la mesure où Israël exerce une tutelle sur les transferts bancaires.
Mais l'aspect économique ne peut absolument expliquer l'attitude des palestiniens. Il y a les rancoeurs qui subsistent devant la spoliation qu'il ont subi. Et seul le temps peut les cicatriser.
Au vue de tout ce qui précède, le problème palestinien demeure entier et exige d'être traité avec dextérité.
Israël de ce fait doit adopter une attitude souple vis à vis de Arafat, éviter toute politique d'exclusion et opter pour une plus grande transparence, une plus grande ouverture; faute de quoi la paix demeurera en péril sur cette terre fragile de la Palestine.*
K. B. A. A.
DETENTE
Le Mot Caché N°21:
Le sceau des prophètes
Abdulhayy - Aïcha - Ahmad - Aura - Etre - Haram - Idriss - Jésus - Masjid - Nouh - Rocher - Sot - Tidiane - Toc - Tombeau - Wahabite - Wali - Wojud - Yemen.
M A B D U L H A Y Y
M O S S I R D I E E
A I U U A E B M O T
S L T S A U E A W I
J A O I T N R R O B
I W C H D A S A J A
D H U A E U P H U H
A O M T S O T H D A
N H R E H C O R A W
A E J E N A I D I T
Par Koné Seydou
Mots Croisés N°23
HORIZONTALEMENT:
I- L'Envoyé d'Allah. II- Chez Pharaon - Héritier spirituel du Prophète. III- Bout - Pas haut. IV- Lettres de vigile. V- Traîne une carapace. VI- Préparatifs - En chimie dans un sens. VII- Jour inversé - Infinitif. VIII- A la kermesse - Fourni dans un sens. IX- De bonne heure - Préposition - Voyelle doublée. X- Possédées - Chef religieux.
VERTICALEMENT:
1- Qualité - saison. 2- Dans un sens, c'est le nafs - Dans le sol - Début de route. 3- Ordonné, ça fait acheter en Anglais - Renchérit. 4- Vaisseau soviet. 5- Consonnes de tort. 6- Lettres d'évadé - Culture dans un sens. 7- Presqu'une urne dans un sens. 8- Vêtir. 9- Manifestation, dans un sens - Lettres de ornemaniste. 10- Soumission - Content.
SOLUTION DES JEUX PRECEDENTS
Le Mot Caché N°20: Tolérance
Mots Croisés N°22
Horizontalement:
I- Abouhanifa. II- Ghazali. III- Hi - Cnh. IV- Ali - Baraka. V- Lma (mal) - Anodin. VI- Gpl - Dot. VII- Aa - Geste. VIII- Justice - Am (ma). IX- Ruine - Asr. X- Marécage.
Verticalement:
1- Alhallaj. 2- Ilm - Aura. 3- Og - Iag (gai) - Sûr. 4- Uhc - Pitié. 5- Hanbal - Inc (CNI). 6- Azhan - Gcea (cage). 7- Na - Rodée. 8- Il - Ados (soda) - Ac. 9- Fi - Kiitas. 10- Han - Emra (arme).
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