Numéro
Plume Libre #26
- Titre
- Plume Libre #26
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- avril 1994
- numéro
- 26
- Résumé
- Mensuel islamique ivoirien d’informations générales
- nombre de pages
- 8
- Sujet
- Mosquée Salam du Plateau
- Comité National pour l'Organisation du Pèlerinage à la Mecque (CI)
- Conseil Supérieur Islamique
- Maconi Cissé
- Hadj
- Femmes
- Intégrisme
- Obscurantisme
- Terrorisme
- Langue
- Français
- A une partie
-
Une mosquée au plateau … et alors ?
-
Meeting du PDCI le 12 Mars. Fologo : Musulmans Dehors !
-
Mosquée du Plateau : le prix du pardon
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001347
- contenu
-
PLUME libre
Avril 1994
Du 19
Chawal au 19
Zoul-Qa'dah
1414
125 F
N° 026
MENSUEL ISLAMIQUE IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
"Si ton Seigneur avait voulu, tous ceux qui sont sur terre, en totalité auraient cru... Eh quoi, veux-tu contraindre les hommes à être Croyants?
(Coran S. 10- V. 99)
Meeting du PDCI du 12 mars
Fologo: musulmans
Dehors !
* L'homme qu'il ne faut pas à la place qu'il faut.
* Nous ne sommes pas dupes.
Mosquée du Plateau
Le prix du pardon
Pèlerinage à la Mecque
Sabotage à l'horizon !
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Plume scientifique
Soutenances de thèses
Pour une réhabilitation des valeurs morales
AMPHITHÉÂTRE n°3 de la faculté de médecine d'Abidjan. Soutenance de thèse de Doctorat d'Etat en médecine. Les impétrants sont les frères Assad Ouattara, le Jeudi 17 mars, et Koné Moussa, le mardi 22 mars 1994. Assad Ouattara a présenté son travail (les accidents d'automobile : risques corporels en fonction du siège occupé) devant un jury composé des professeurs agrégé Fanny Adama, Koffi Sylvain, Banan et du Pr. Waota, président du Jury. Après avoir pris connaissance des grandes articulations de son travail fondé sur des statistiques on peut retenir que les sièges n°1 (celui du conducteur), n°2, et n°4 (siège arrière à la droite du conducteur) sont des sièges à risque d'où les recommandations qui ont été faites, sur le port de la ceinture de sécurité.
Le jury, lui a décerné le titre de docteur d'Etat en médecine avec la mention très honorable, les félicitations du Jury et a proposé d'échanger cette thèse avec les facultés étrangères.
Quant à Koné Moussa, il a réalisé un travail sur "les tumeurs O.R.L. Cervico-faciales : étude épidémiologique et histopathologique à propos de 668 cas sous la conduite de son directeur de thèse, le professeur agrégé Kouakou K. Bertin. Le jury était constitué par les professeurs agrégés Fadiga Dougoutigui, Diomandé Isidore et Gadegbeku Samuel. Ils lui
Dr. Assad Ouattara lors de sa prestation de serment.
ont décerné le titre de Docteur d'Etat avec la mention très honorable, et les félicitations du jury. Son travail a été proposé pour un échange avec les facultés étrangères et pour concourir pour le prix de thèse. Au delà des qualités intellectuelles de ces humbles disciples d'Hippocrate, les remarques élogieuses faites sur eux par le jury ont rempli de fierté plus d'un fidèle présent ce jour-là. Les témoignages faisaient ressortir l'importance des valeurs morales. "Oui, il faut réhabiliter la morale" a dit le professeur Fadiga, "les jeunes élèves selon les normes islamiques, sont des exemples à suivre". Suite à ces et la salle de vibrer au son des Takbir comme jamais auparavant. Les frères venus soutenir leurs frères, se sont distingués par leur tenue correcte et exemplaire. Avec les docteurs Ouattara et Koné, c'est aussi le Secor Médical Islamique (SEMI) qui s'enrichit et la population ivoirienne toute entière qui bénéficiera de leur compétence et de leur courtoisie, inch'Allah. Puisse le Très-Haut (Exalté soit-Il) leur faciliter la tâche afin qu'ils réalisent un carrière riche et exemplaire. Amine
Khady S. Ossaman
EDITO - PLUME
Lumière sur lumière
Par Koné Zakaria abd'Allah
CHAPELET ! instrument de compte dira le zikreur. Vrai mais plus, c'est tout le processus de la vie dont les étapes sont diverses multiples et multiformes. Chaque année est un chapelet de mois, chaque mois un chapelet de semaines, chaque semaine un chapelet de jours. Chaque jour, apporte son chapelet d'événements positifs ou négatifs aussi bien pour chaque individu pris isolement que pour les communautés.
Parlant des individus rappelons que nous sommes tous engagés dans un labyrinthe fangeux et obscur, dans une traversée que nous devons réussir de façon héroïque. Dans ce parcours du combattant le plus important est l'orientation la bonne orientation celle qui se fait en conformité avec l'immense giration cosmique avec ses exigences de vérité de bonne foi et de sincérité. Ainsi atteint-on l'embouchure où le fleuve de notre misère rencontre l'océan de la miséricorde divine. Et là, seulement là, la petite incandescence dont nous avons pour mission d'entretenir notre vie durant se ravive et devient flamme. Cette flamme nous permet de voir l'étendue incommensurable de la vallée sanctifiée ou Dieu étend sa grâce sur nous et nous permet d'entendre et comprendre cette déclaration solennelle : Dieu est la lumière des cieux et de la terre (...) lumière sur lumière. Dieu guide vers sa lumière qui il veut; et Dieu frappe des exemples pour les gens tandis que Dieu se connaît à tout.
Arrivé a ce stade de compréhension par l'esprit et par le cœur, plus de peur plus de gène la transformation se traduit dans les actes. C'est cette étape ultime qu'à atteint notre sœur Aziah Marcelle qui est devenue Aziah Nourah le vendredi 08 avril 94.
Quant à la communauté musulmane Allah dit ceci : «Lorsque vient le secours de Dieu, ainsi que la victoire et que tu vois les gens entrer par légions dans la religion de Dieu alors par la louange chante pureté de ton Seigneur, et implore Lui pardon, oui Il demeure grand accueillant au repentir». Que Dieu consolide sa foi et celle de chaque musulman du monde.
SOMMAIRE
Edito-Plume
Lumière sur lumière ... P.2
Soutenance de thèse : pour une réhabilitation des valeurs morales ... P. 2
Plume Religieuse
Pèlerinage 94 : Sabotage à l'horizon ... P. 3
Les rites du pèlerinage ... P. 3
Plume politique
Fologo : musulmans dehors ... P.4
Mosquée du Plateau : le prix du pardon ... P. 4
L'homme qu'il ne faut pas à la place qu'il faut ... P. 5
Nous ne sommes pas dupes ... P. 5
Plume dans le quotidien
Conversion : la lumière de Dieu brille ... P.6
Entre nous ... P. 6
La Plume des Lecteurs
Une Mosquée au Plateau... et alors ? ... P. 7
A quand la fin des traditions dans l'Islam ? ... P. 7
Plume en liberté
A l'adresse des sœurs ... P. 8
PLUME LIBRE / Avril 1994 / Du 19 Chawal au 19 Zoul Qa'dah 1414 / Page 2
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PLUME RELIGIEUSE
Pèlerinage 94 :
Sabotage à l'horizon!
Le pèlerinage 93 a été une réussite. Le coup d'essai du CNOPM s'est transmué en coup de maitre au grand plaisir de tous les musulmans sincères vivant dans ce pays. Cette réussite n'est pas venue exnihilo. Elle est l'œuvre de la prompte mobilisation dont les musulmans ont fait preuve malgré les conditions rocambolesques dans lesquelles la tache leur a été confiée (moins d'un mois du pèlerinage).
C'est donc tout légitimement que la communauté musulmane de Côte d'Ivoire a placé l'édition 94 sous le double signe de l'espoir et la confirmation. Espoir de la réédition de l'exploit, confirmation dans l'organisation parfaite de ce pilier si longtemps martyrisé par un comité interministériel pilonné par le ministère de l'intérieur qui dans les faits n'était rien d'autre qu'un club d'amis une association de consommateurs de cacahuètes. Cet espoir connaîtra-t-il l'aboutissement escompté ?
A l'analyse de la situation qui prévaut présentement nous avons des raisons d'en douter.
En effet une menace grave pèse sur l'organisation du pèlerinage 94 en Côte d'Ivoire.
Car des individus dont le point d'attache avec la communauté musulmane se résume à des préoccupations bassement et honteusement matérielles décident de faire cavalier seul. Ils se font appeler démarcheurs. Ce qui nous place au cœur d'un bicéphalisme dangereux et rétrograde. Au moment où nous écrivons ces lignes deux points d'enregistrement sont ouverts: l'un, celui du comité d'organisation dûment mandaté, maitre d'œuvre de tout le bonheur dont les pèlerins ont bénéficié l'année dernière; et l'autre celui des démarcheurs, coauteurs du scandaleux échec du pèlerinage 92 qui a vu le voyage spirituel d'environs 250 candidats ivoiriens se transformer en un tourisme vulgaire (pour n'avoir pas fait les rites fondamentaux du pèlerinage).
Ces bons monsieurs qui ont toujours gravité autour du ministère de l'intérieur avaient pour préoccupation essentielle de remplir leur cagnote quelque soit les déboires et les calvaires des pèlerins sur lesquels ils prélevaient leur ristourne par compagnies de voyage interposées. Que ces individus à moralité mercantile s'agitent pour avoir perdu cette source d'argent, cela est normal. Par contre ce qui est déconcertant et difficilement compréhensible c'est l'attitude des autorités compétentes face à cette agitation. En effet voilà une activité qui a été officiellement confiée Par arrêté N° 145 du Int/ ATAP/AGP/3 à une structure à caractère national regroupant le conseil supérieur des imams, le conseil national islamique et le conseil supérieur islamique (malgré l'illégitimité de ce dernier par souci de compromis au pouvoir qui nous l'impose).
C'est donc une structure qui regroupe toutes les tendances de l'islam en Côte d'Ivoire, faisant d'elle l'organisatrice légale, légitime et exclusive du pèlerinage.
D'où vient alors l'agrément octroyé aux démarcheurs qui leur permet de faire de la publicité par-ci de donner des points de contact par là en vue de l'organisation de cette même manifestation ? Alors comment expliquer cette duplicité des autorités chargées de la question ? Suffit-il à n'importe qui de se présenter à elles comme candidat à l'organisation du pèlerinage pour qu'il obtienne un agrément ?
Si ce double-jeu du ministère de l'intérieur devait nous conduire a une double représentation à la Mecque comment pratiquement cette situation deyra-t-elle être gérée ?
N'est-on pas encore en train de nous mettre des peaux de banane afin de nous voir replonger dans les marécages du désordre qu'on nous avait colle et que l'on entretenait savamment ?
Dans tous les cas tout ceci sent du souffre-le moins qu'on puisse dire c'est que l'heure est venue ou chacun devra prendre sa responsabilité face à chaque acte qui rythme la vie de notre communauté.
Et la plus grande ici incombe aux musulmans sincères. Ils n'ont pas droit au rêve naïf or la pire des naïvetés serait de penser que les oiseaux nocturnes qu'on a délogés pour prendre en charge le pèlerinage, se sont irréversiblement avoués vaincus car si pour nous le pèlerinage est un acte d'adoration, une prescription divine, pour eux c'est une affaire de gros sous qu'on accepte pas de perdre si facilement.
Donc que les musulmans s'attendent a des guet agents de cette nature dont le seul objectif est de montrer qu'ils ne peuvent pas s'entendre par conséquent qu'ils ne peuvent pas organiser un voyage de si grande envergure.
Comme ça, "les agents de la Côte d'Ivoire" reviendraient au nom de l'Etat s'adonner a leur besogne préférée dans un champ d'arachide qui leur appartiendrait à nouveau; Oh! musulmans gare à vous si vous regardez dans leur bouche pour y chercher la cause de vos loyer impayés de vos véhicules non affrétés a la Mecque.
Alors pendant qu'il est encore temps restons accrochés à la corde de la vérité celle de Allah, sachons par conséquent distinguer le bon grain de l'ivraie. C'est à ce prix qu'on apprendra a ces démarcheurs nostalgiques et leurs commanditaires que la période des ristournes sans pèlerinage et du tourisme gratuit à Djeddah, est bel et bien terminée.
Koné Zakaria abd'Allah
Les Rites du Pelerinage à la Mecque
Le pèlerinage à la Mecque ou le hajj represente le dernier des cinq piliers de l'Islam, il a été imposé par Dieu Le Créateur aux musulmans en ce verset du Glorieux: «Dieu a prescrit aux hommes, par déférence envers lui, de se rendre en pèlerinage, pour quiconque en a les moyens,.» S.2- V 97 )
COMME objectif du hajj, le prophète nous dit: «Ceux qui accomplissent le hajj ou la umra (petit pèlerinage) sont des gens rendre visite à Dieu avec l'unique intention de prier Dieu. S'ils l'implorent, ils leur répondra. S'ils lui demandent grâce, il leur pardonnera.»
En tant que tel le pèlerinage demeure un sacrifice total du confort personnel, des plaisirs mondains de l'acquisition des richesses, de la compagne des parents et des amis, de la vanité vestimentaire, de la fierté de la lignée et du statut social.
Sacrifice du moi qui fut accompli sans restriction aucune par le prophète Ibrahim (PBDL) (paix et bénédiction de Dieu sur Lui) pour nous présenter l'un des mérites du hajj le prophète Mohamad (PBDL) nous dit: «Qui visite cet édifice (la kaaba) sans commettre ni acte charnel ni libertinage sera absous de ses péchés et reviendra pur comme au premier jour de sa naissance.»
A l'instar des autres piliers de l'Islam, le pèlerinage exige des conditions à remplir avant de l'accomplir suivant des rites fondamentaux. Ses conditions obligatoires sont au nombre de quatre:
- Etre musulman
- Jouir de ses facultés mentales et être en bonne santé
- Etre majeur
- Posséder les moyens de l'accomplir: provision et monture.
Les pratiques du pèlerinage dans l'ordre dans lesquelles sont observées:
La premier le pèlerin accomplit l'état de sacralisation (appelé Ihram). Il se décrit comme suit: avant de s'approcher de la Mecque, le pèlerin prend un bain si cela est possible, sinon il fera l'ablution avant de se revêtir de l'Ihram. Il formule alors son intention: «Seigneur j'ai l'intention d'accomplir le hajj et j'entre dans l'état de sacralisation. Rends mon pèlerinage aisé et accepte-le moi».
L'Ihram que porte les hommes est composé de deux pièces de toile blanche non-cousue: l'une pour couvrir la partie inférieure du corps jusqu'aux chevilles et l'autre pour couvrir la partie supérieure. Pour les femmes il n'existe pas d'Ihram spécifique. Elles doivent porter de longs vêtements propres dans l'état de sacralisation afin de couvrir les cheveux.
Réciter la formule de «Talbia» au moment de l'ihram. Le port de l'ihram est suivi de deux raka'a de prière.
En tant que durée en cet état de sacralisation il est interdit au pèlerin:
- le port des habits cousus;
- le port des bijoux;
- de se couvrir la tête;
- de se parfumer. Il est permis de se laver le corps à condition d'utiliser un savon non parfumé;
- de se couper les ongles;
- de faire raser ses cheveux ou poils par quelque moyen que ce soit (l'épilation, rasage ou même simple coupe de raccourcissement);
- les rapports sexuels: le flirt, les baisers et les fiançailles. L'œuvre de chair en état de sacralisation a pour conséquence l'annulation du pèlerinage;
- de faire la chasse aux d' animaux terrestres à l'exclusion des animaux et insectes nuisibles (mouches, moustiques, puces, punaises etc.) ou pouvant mettre la vie en danger (serpents, scorpions, etc). La pêche et chasse maritime sont par contre autorisées;
- de couper des arbres ou toute plante verte ou de saccager les végétaux dans l'ensemble du territoire sacré. Seul l'arrachage des herbes sèches est autorisé.
- de commettre des actes de violence ou de se quereller ou d'entrer en litige avec qui que ce soit.
- Deuxième acte (appelé tawaf) qui consiste à tourner sept fois à l'intérieur de la mosquée autour de la Kaaba en l'ayant à sa gauche. Chaque tour commence et finit par la pierre noire. Il est impératif de faire ces tournées sans interruption, sauf en cas de nécessité, autrement le Tawaf est à reprendre.
A noter qu'une des obligations du Tawaf est la formulation de l'intention avant de l'accomplir. Le pèlerin essaie dans la mesure du possible de toucher la pierre noire; à défaut il fait un signe en sa direction. Comme sunna il est recommandé au pèlerin d'accomplir deux raka'a à la "station d'Abraham" après le Tawaf.
- Troisième acte (appelé Sa'ai) ou le parcours entre le Safa et Marwa.
Cet acte se définit comme une course entre Safa et Marwa, aller et retour dans un esprit de dévotion. Avant de l'accomplir il est obligatoire de formuler l'intention: [...] sept fois sans interruption, sauf en cas de nécessité. Il est recommandé par la sunna de s'arrêter à chaque étape sur le monticule de Safa et sur celui de Marwa pour invoquer Dieu et prononcer le Talbiya (réponse à l'appel divin).
- Quatrième acte: Arafate et Muzdalifa.
Après le lever du soleil au 9ème jour de Dhul-Hijja, les pèlerins se dirigent vers le Mont Arafate. A midi ils se mettent debout au Mont Arafate pour glorifier le Seigneur, faire leur examen de conscience et chercher le repentir. A propos d'Arafate le prophète Mouhamad (PDBL) nous enseigne: «Les meilleures prières sont celles observées ce jour-là à Arafate».
Juste après le coucher du soleil, les pèlerins de hâtent vers Muzdalifa, où tout le monde célèbre les prières du Maghreb et de Icha avant de se préparer à y passer la nuit.
- Cinquième acte: Mina.
Les pèlerins retournent à Mina le 10 Dhul-Hijja au matin. Là ils renouvellent le geste d'Ismaël devant les trois stèles de satan sur lesquels ils viendront trois jours (ou deux jours) durant lancer sept cailloux dur chacun d'eux. Ce geste symbolise leur volonté de résister à tout ce qui peut écarter du chemin de la vérité.
- Sixième acte: Aïd-el-adha (ou la fête du sacrifice).
Le 10 Dhul-Hijja après avoir lapidé les trois stèle de satan, les pèlerins sacrifient un mouton, un cabri ou un chameau afin de perpétuer la sunna du Prophète Abraham (PBAD) (Celui-ci avait sacrifié un bélier pour remercier Dieu d'avoir épargné le sacrifice de son fils Ismaël).
Après le sacrifice, le pèlerin rase ou coupe quelque brins de cheveux. Il accomplit ensuite le deuxième et dernier circuit de la Kaaba (Tawaf) constitutif (Ifada), toujours le 10 Dhul-Hijja. Et enfin le pèlerin devient libre des contraintes ou des prohibitions de l'ihram, ce qui marque la fin du pèlerinage.
Diallo M. Yaya
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PLUME POLITIQUE
Meeting du PDCI le 12 Mars
Fologo : Musulmans Dehors !
Par Dembélé Al Séni
La politique politicienne, c'est connu de tous, est l'affaire des politiciens, mais que pour les besoins de mobilisation de ses troupes, de réalisation d'objectifs partisans un homme politique s'enprenne inconsidérablement à toute une communauté religieuse, cela ne peut laisser personne indifférent. Le 12 mars dernier au parc des sports de Treichville, au mépris de toute règle de courtoisie, M. Laurent Dona Fologo, secrétaire général du PDCI RDA s'est lancé dans une violente attaque contre l'islam. Plongé dans les propos désintégrateurs du ministre de l'intégration nationale.
"Il y a deux maladies que certains veulent introduire en Côte d'Ivoire... la maladie du régionalisme et la maladie de la division religieuse (...) l'intégrisme religieux s'arrête au porte du sahel il n'entre pas dans la forêt ivoirienne (...)". Pas besoin de "psychocritiquer", ces propos du secrétaire général du "parti le plus puissant de Côte d'Ivoire" (?) pour savoir que la religion incriminée ici est l'islam et que les intégristes indexés sont les musulmans. Ainsi donc, devant des milliers de partisans plus intrigués qu'enthousiastes, M. Fologo a ouvert une autre plaie béante dans la fragile unité nationale du pays. Faut-il encore douter que dans les cercles politiques au sommet, les musulmans de Côte d'Ivoire plus que jamais considérés comme des individus dangereux à surveiller de près ? Après les clichés de l'ivoirien ordinaire, les insinuations et les intrigues de certains religieux, voilà que les hommes politiques rejoignent le lot de ceux qui pensent que l'islam est un corps étranger dans cette éburnie de la soutane et du bossonnisme, un ver qu'il faut extirper pour restaurer la pureté originelle violée ! De là à la purification religieuse, il n'y a qu'un pas... déjà entamé. On le voit donc le risque de la conflagration religieuse n'est pas une utopie. Peut-on en effet un seul instant, inorganiser 50% de population ivoirienne, se résigner à «l'exil au sahel» du seul fait qu'elle est musulmane ? Un jeune cadre musulman rencontré dans un super marché au Plateau s'indigne : «Qu'il remue sept fois la langue au moins avant de parler»... Sans commentaire ! Pour cette étudiante du Campus de Cocody "elle aussi musulmane, «le secrétaire général du PDCI tient de tels propos juste pour donner du travail au ministre de l'intégration nationale».
A voir de près ces propos ne sont pas les premiers dans ce genre. Leur gravité cependant, réside dans la personne même de celui qui les a tenus. Secrétaire général du PDCI-RDA, Ministre de l'intégration nationale et chrétien catholique engagé, M. Fologo était l'ivoirien le plus mal placé pour se livrer à une telle diatribe contre l'Islam au moment même ou pèse dans l'atmosphère, une lourde et sourde suspicions entre les différentes confessions religieuses. Au-delà de la faute politique, fracture profonde entre la communauté musulmane et le pouvoir en place. Les répercussions sociales sont les plus à craindre. Désormais qu'elle sera la confiance entre les musulmans présentés comme "des terroristes" et le reste de la population ? Quel crédit un musulman peut-il accorder par exemple à un catholique, convaincu que la hiérarchie de cette religion de connivence avec des hommes politiques veut bouter l'islam hors de la Côte d'Ivoire ?
Définissant son rôle au gouvernement, M. Fologo à laisser entendre que sa mission consiste à faire en sorte que tous les ivoiriens se sentent à l'aise dans ce pays. Malheureusement par ses propos du 12 mars dernier, aucun musulman ne peut se sentir à l'aise en Côte d'Ivoire ! Et pourtant, plus que quiconque, ce pays est le leur.
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Le 12 mars dernier, au parc des sports de Treichville, le Secrétaire Général du PDCI RDA a lancé une violente attaque contre l'Islam.
Mosquée du Plateau
Le prix du pardon
La communauté musulmane du Plateau souffre depuis plusieurs décennies du manque d'un lieu de culte. Mais depuis le samedi 19 mars 1994, l'espoir est né. «Vivement une mosquée au Plateau pour pallier l'injustice dont sont victimes les musulmans» Quand notre journal faisait cette réflexion (Plume Libre N° 001 & 002 octobre et novembre 91) reprise par nos confrères d'Alif (N°001 mars 1992), certains ivoiriens n'ont pas manqué de nous taxer "d'intégristes" et d'utopistes ; pour eux, seuls une cathédrales, un temple ou une synagogue sont dignes du plateau. Une mosquée ne viendrait qu'y "polluer" l'air parce qu'ils considèrent l'Islam comme une sous-religion.
Au grand dam de ces intolérants, ce qui, hier était chimère, deviendra bientôt réalité car depuis le samedi 12 mars 1994, un terrain de 600 m2, l'ancien site de la Préfecture d'Abidjan, a été octroyé à la communauté musulmane du Plateau.
Pour la gouverne de certains, il faut souligner que cela est l'aboutissement du combat mené par le Conseil National Islamique (CNI) qui a parachevé une œuvre entamée depuis 1958. En effet bien avant l'indépendance de notre pays, certains Imams (dont El Hadj Tidjane Bah) et association comme l'union cultuelle musulmane de Côte d'Ivoire ont "démarché" pour l'obtention d'un terrain en vue d'y édifier une mosquée.
Mais pour des raisons qui nous échappent, ces doléances sont restées 35 ans durant sans suite. Et ce, bien que les musulmans comme les autres religieux aient participé à "l'opération édification des lieux de cultes au Plateau". Pour cette opération, selon nos sources, les musulmans auraient contribué à hauteur de 600 millions de F.CFA (non dévalués). Jusqu'à ce jour, les musulmans sont dans l'attente.
Contrairement à ce que certains confrères ont écrit les musulmans n'ont obtenu que réparation de 35 ans de dommage. Il manquait cruellement à ce centre des affaires de la ville d'Abidjan un lieu de culte digne des fidèles musulmans qui y habitent ou qui y travaillent. Ce handicap n'a pourtant pas ébranlé la foi des musulmans qui par milliers, suivent l'Imam Cissé Djiguiba Abdallah, chaque vendredi sur le parking de l'hôtel de ville sous un soleil caniculaire.
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PLUME POLITIQUE
Fologo : L'homme qu'il ne faut pas à la place qu'il faut
PRÉSENTATION du gouvernement DUNCAN surprise, la création d'un ministère chargé de l'intégration nationale. Belle initiative peut être si l'on a effectivement compris qu'au delà des problèmes économiques même s'ils sont majeurs ne peuvent étouffer l'objectif ultime qui demeure la construction de l'unité nationale. Peut-être était-ce le poste qu'il fallait. Mais plus grande surprise encore était la nomination de Laurent Dona Fologo pour jouer ce rôle de rassembleur. Bizarre !! Quand il y a inadéquation entre l'objectif et les moyens, les savants parlent d'absence de synergie et donc d'absence d'efficacité. Car comment peut-on comprendre qu'un chef de parti qui demeure la représentation d'intérêts de groupe privé soit commis à une œuvre de portée générale et anti-partisane? Pensez vous objectivement que les militants des partis de gauche(prenons ce simple exemple) habitués au langage d'exclusion proféré à leur encontre par ce responsable du parti au pouvoir accepteront un compromis de ce dernier? Même au prix d'une confession? "Mes concitoyens de Sinématiali m'ont refusé un tabouret. Houphouët m'a offert une chaise..." "A quelque chose près c'est en ces termes que s'est exprimé LDF aux lendemains de son accession à la tête du PDCI et après sa défaite au poste de la députation dans sa ville natale.
Fologo et les faux logos
L'Homme reconnait ainsi qu'il ne doit ses responsabilités que par des décisions administratives et non par le fait d'une légitimité acquise au prix d'un véritable dévouement pour la cause des populations.
Fort de ce handicap, Mr Laurent Dona Fologo devrait comprendre qu'il ne devra son salut qu'à une lutte sincère pour l'intégration de toutes composantes de la Nation ivoirienne en devenir mieux il devrait veiller qu'à ce qu'aucune couche ethnique, professionnelle, religieuse ne se sente exclu, lésé dans ses droits les plus légitimes.
FAUX PAS
Faux pas fatal devrait on dire après la rentrée politique bruyante de LDF dont la veste à double face qu'il est désormais appelé à porter est un bien lourd fardeau. Jugez-en vous même quand on est au ministère, pour mériter le salaire du mois, on parle le langage de l'harmonie des peuples, lorsqu'on est au PDCI, pour les besoins de la cause, on redéfinit la carte de la Côte d'Ivoire. Chasse le naturel et il revient au galop, dit l'adage populaire. Si l'intégration nationale est et demeure une préoccupation légitime et pressante, s'il est bien évident qu'il faut toujours à la place qu'il faut, l'homme qu'il faut pas l'homme du "faux logos".
Bouka
→ Suite de la Page 4
Faut-il une fois de plus faire appel à l'histoire pour dire que les universités islamiques ont été édifiées dans ce pays au moment où «la forêt ivoirienne» ne savait même pas l'existence de ces ivoiriens qui n'ont d'autre point de chute? D'ailleurs simple constat, l'islam est non seulement enraciné dans «la forêt ivoirienne» mais mieux c'est au bord des lagunes qu'il prend son nouvel envol pour l'épanouissement total de ses fidèles.
Des fidèles libres et responsables, conscients de leur responsabilité religieuse et de leurs droits civiques sans exclusifs; des hommes et des femmes qui n'accepteront plus jamais de se faire anesthésier les énergies et les génies dans quelque domaine que se soit par des clichés et des discours à dessein. La Côte d'Ivoire a besoin d'un discours rassembleur qui transcende les différences ethniques et religieuses. La politique d'integration nationale imitée par le nouveau pouvoir devrait dans cette optique prendre appui sur des valeurs sûres à même de réussir cet objectif. Au centre de ces valeurs se trouve l'islam présente partout sur le territoire national et comptant les disciples dans toutes les ethnies du pays. Les hommes pour conduire une telle politique au demeurant ne manquent pas dans la société civile ivoirienne. La nomination de M. Fologo à ce poste relève de la liberté qu'a le chef de l'Etat de s'entourer à tous les postes de collaborateurs de son choix. Malheureusement le secrétaire général du PDCI-RDA, par son discours du 12 mars dernier s'est volontairement mis hors-jeu dans la conduite de la politique d'intégration nationale. Reste simplement qu'on en tire les leçons qui s'imposent.
D.A.S.
Nous ne sommes pas dupes !
SAMEDI 12 mars 1994, meeting du PDCI au parc des sports, animation M. Laurent Dona Fologo.
«Le virus de la religion doit s'arrêter aux portes du sahel». Voilà l'un des propos importants (?) du secrétaire général du PDCI. En d'autres termes, "musulmans dehors" est-on tenté de reprendre. Ce, au mépris de notre loi fondamentale qui stipule en son article 6: «La République assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race, de sexe ou de religion. Elle respecte toutes les croyances...» où sont donc passés les légalistes de la succession? Les propos du S.G. du PDCI «ne laissent place à aucune ambiguïté» ils s'adressent bel et bien aux musulmans.
Contrairement à la «clarification» d'un confrère selon laquelle «aucune religion n'était particulièrement visée, pas plus l'Islam que toute autre». Mais dites-nous a-t-on besoin d'être sortie de la Sorbonne pour comprendre que la religion dominante du sahel est l'Islam?
Arrêtez de nous distraire... Ça suffit.
Les musulmans (les vrais) ont su décrypter le véritable sens des propos de M. Fologo. Les limites géographiques qu'il indique n'étaient-ce pas celles désignées par le "G7" des parlementaires pour montrer "aux ivoiriens de circonstances" (qui ne sont malheureusement pas toujours du côté où on les cherche) leur point de chute? qu'on le tienne pour dit: en aucun moment les musulmans n'accepteront d'être "expatriés" selon le bon vouloir de quelques politiciens qui ne savent pas encore que l'islam a gravi les sols latéritiques de Korogho pour être sur les macadams de la "perle des lagunes" M le S G du PDCI doit revoir sa copie car l'islam n'a jamais représenté un virus en Côte d'Ivoire. Ce dont-il s'agit c'est l'immixion des autorités politiques dans les affaires intra musulmanes Attention quand on chauffe un glaçon il fond...
Quant aux "clarificateurs" qu'ils sachent que nous ne sommes pas dupes et que nous savons lire entre les lignes.
Nous esperons tout de même que le Ministre de l'Intégration Nationale rectifiera les propos du S G du PDCI et exigera de ce dernier des excuses publiques aux musulmans
RYABAK NAGBE
PLUME LIBRE / Avril 1994 / Du 19 Chawal au 19 Zoul Qa'dah 1414 / Page 5
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
Conversion :
La lumière de Dieu brille
Une fois n'est pas coutume, cette rubrique s'ouvre sur le message adressé par une sœur lors de sa conversion, à tous ceux qui lui sont chers. Notre consœur de Radio-Côte d'Ivoire, Aziah Marcelle est devenue Aziah Nourah, le vendredi 8 avril 1994 à la petite mosquée de la Riviera.
Bismilahi Rahmane Rahime
Alahou Akbar
Alahou Akbar
Alahou Akbar
Al Hamdou Lilah Rabbil Alamine
Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. Il en est de Sa Lumière comme d'une niche où se trouve une lampe, la lampe dans un verre, le verre, comme un astre de grand éclat, elle tient sa lumière d'un arbre béni, l'Olivier. Ni d'est ni d'ouest dont l'huile éclaire où peu s'en faut, sans même que le feu y touche.
Lumière sur Lumière. Dieu guide vers Sa Lumière qui Il veut, et Dieu frappe des exemples pour le gens, tandis que Dieu se connaît à tout.
(Sourate 24- La Lumière- V. 35)
Frères et sœurs, souffrez que je prenne quelques minutes sur votre temps pour louer Dieu et dire Merci Allah. Je considère ma décision de ne me soumette qu'à Dieu et rien qu'à Dieu comme une grâce de Dieu le Très Miséricordieux, le tout Miséricordieux. Comment reconnaître autrement à mon Créateur son infinie Miséricorde !
Nous savons tous ici présents que le pas que je viens de franchir n'est pas fait pour faire plaisir à tous, dans ma famille, parmi mes amis...
Frères et sœurs, votre sœur que voici est née par la grâce de Dieu. Ma mère dont je salue la foi en Dieu ici, est passée partout et il a fallu qu'elle s'en remette à Dieu pour m'avoir.
C'est pourquoi j'ai été baptisée sept jours après ma naissance.
Mon grand-oncle, qui a été le tuteur de ma mère, s'est converti à l'Islam et jusqu'à sa mort, il était le chef de la communauté musulmane du village. Paix à son âme.
Pendant les vacances, j'aimais passer du temps à parler avec lui, et ces contacts m'ont marquée. Ma recherche de Dieu s'est manifestée aussi dans mon engagement à enseigner la parole de Dieu très tôt. En classe de 5e-4e, j'enseignais le catéchisme dans les écoles primaires.
C'était à Korhogo, au collège Ste Elisabeth. La soif de connaître Dieu m'a emmenée à acheter et à lire le Coran.
La rencontre, il y a un peu plus de deux ans de Mme Cissé Makoni a été très déterminante. Comment une catholique engagée qui a été membre du Conseil Paroissial de l'Eglise St Jean de Cocody et membre de la commission liturgique, pouvait-elle dire à une musulmane, "si Dieu te permet d'arriver à la Mecque, prie pour moi" ? Depuis, les différentes traductions du Coran, les analyses et critiques sur l'Islam et la vie du Prophète Mouhammad (Paix et Salut de Dieu sur lui) ont rempli ma maison. Etre à toutes les manifestations islamiques (Sifram 93, Lailatoul Qadr 93 et 94) est alors devenu un impératif. Je n'éprouvais même plus de gêne.
Une nuit de prière, organisée par nos sœurs de Cocody le 5 mars dernier, a fini par situer les choses dans ma tête. Pendant la lecture du Coran par Touré Mohamed Lamine, sans rien comprendre, j'ai entendu un poème, un beau poème, un poème divin. Ça ne pouvait être que divin.
Il fallait décider, ça n'a pas été facile, je l'avoue. Et l'imam Samassi Aboubacar, ce samedi 19 mars, au cours d'une conférence ici même, a parlé pour moi et de moi sans savoir que je me trouvais dans la salle. Dès lors, je ne ressentais plus de peur, ni de gêne. Comment avoir peur, ou quoi que ce soit, plus longtemps quand Dieu vous guide à sa Lumière ?
C'est pourquoi je salue, nous devons saluer, la présence de ceux qui sont venus m'accompagner. Saluons aussi Monsieur l'abbé Kima Lucien, curé de la paroisse St Jean de Cocody, pour son soutien moral et son ouverture d'esprit. Mes remerciements vont également à nos imams :
- Imam Koné Idriss, Président du Conseil National Islamique, votre présence ici m'honore particulièrement.
- Imam de la mosquée du Plateau-Dokui, El Hadj Binaté Ibrahim, Président de la Ligue des Prédicateurs de Côte d'Ivoire.
- Imam Cissé Djiguiha, imam de la future mosquée du Plateau, vous qui, il y a deux ans m'appeliez déjà Hadja, Dieu vous entende oustase.
- Imam Fofana Aboubacar, imam de la mosquée d'Agbien.
- Imam Sékou Sylla qui nous reçoit dans cette maison de Dieu.
J'ai une pensée particulière pour l'imam Samassi Aboubacar qui n'a pu être présent à cette cérémonie qui porte ses empreintes.
Enfin, merci à Mme Cissé Makoni - Hadj Cissé Makoni que Dieu dans Sa grande Bonté t'accorde le bénéfice d'une âme qui se rachète.
A tous, à toutes, je dis merci.
Que Dieu, Lumière sur Lumière nous guide vers Sa Lumière.
Salam Aléikoum frères et sœurs musulmans.
Notre humble famille vient donc de s'agrandir. Puisse le Très-Haut (Exalté soit Son Nom) accorder Sa grâce et sa bénédiction à Nourah et à toute la communauté. Puisse notre foi s'accroître en Allah, l'Unique, le plus Grand, Lui qui n'a point engendré et qui n'a point été engendré, afin que nous devenions tous de vrais musulmans, des musulmans sincères et pieux. Amine
Aziah Marcelle, animatrice à radio Côte d'Ivoire prononçant le credo : Il n'y a de Dieu que Dieu et le Prophète est son envoyé. Devenant ainsi Aziah Noura.
Entre nous...
ENCORE et toujours le problème des fêtes islamiques en Côte d'Iv. On croyait la question définitivement résolue avec la mise en place du Conseil National Islamique et du renforcement de l'organisation des Imams. Mais hélas ! on n'est pas encore au bout du tunnel. Cette année encore a été l'objet d'innombrables supputations à partir du début du mois de Ramadan et de sa fin correspondant à la fête. Pour le début, passons. Il remonte un peu plus loin. Quant à la fête, on se souvient qu'elle n'a été annoncée qu'à 20h au journal télévisé ; une et une seule fois, très vite et plus jamais, donnant l'impression d'être un événement mineur. Encore elle, la télévision. Depuis le décès de nos valeureux militants El Hadj Alpha Cissé et El Hadj Souleymane Doumbia (qu'Allah les reçoive dans son infinie miséricorde) les déboires de la communauté Musulmane face à ce précieux instrument d'information semblent s'installer pour longtemps. La critique est facile. "Nous avons vu la lune, mais ce sont les organes d'information qui n'ont pas diffusé la nouvelle au moment et comme nous l'avions souhaité ". C'est en ces termes que rétorquent souvent les responsables devant l'ampleur du désordre provoqué. Oui et Non.
Oui, car c'est effectivement aux organes de presse publique que revient le droit d'informer le peuple Ivoirien des événements majeurs que constituent ces festivités musulmanes. Elle le fait si bien pour les autres.
Non aussi, car quand comprendrons nous enfin que ce pays est boiteux et que cela ne constitue ni un objectif sous-jacent ni un vœu déclaré de voir se réaliser la promotion de l'Islam ?
Quand comprendrons nous que la télévision et la radio nationale ne nous appartiennent pas ?
Quand comprendrons nous enfin qu'il faut avant tout compter sur nous mêmes, sur ce que nous avons comme ressources propres disponibles ?
Entre nous, les mosquées et les Imams disséminés sur le territoire national ne constituent-ils pas le plus important réseau d'information de nos couches musulmanes ?
La chaîne est vite établie.
Si le conseil des Imams aidé par le CNI est informé de l'apparition de la lune à 18h30, il informe par téléphone des Imams répertoriés des villes importantes (chef lieu de région ou de département qui eux à leur tour avertissent par téléphone ou tout autre moyen. Les Imams de leur communauté proche ou environnante de tel sorte que l'information circule avec ou sans l'apport de la télévision ou de la radio. Ces deux instruments ne venant qu'en appoint et non comme vecteur principal et unique, si nous n'apprenons pas à utiliser nos propres instruments, fussent-ils apparaître archaïques nous avons contribué à notre fragilisation.
Le Muezzin a appelé ce matin.
Son cri répercuté par les ondes naturelles a drainé une foule d'ivoiriens de maliens de yoroubas.... vers la mosquée du quartier, de la ville, tous dans un même dessein : glorifier Allah le Très Haut.
Mais entre nous, lorsque les Imams de ce pays se réunissent et décrètent que le lendemain est jour de fête ou de début de jeûne. Qu'ont-ils ces musulmans à regarder brusquement de l'autre côté de nos frontières ? La nouvelle doit-elle venir d'abord de radio mali, radio sénégal ou "from lagos" ?
Gardons nous d'attitudes qui n'ont d'explication que par la persistance de l'ignorance.
On applique sa foi là où l'on réside. Pas par satellite.
Hamza
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PLUME DES LECTEURS
Une mosquée au plateau... et alors ?
C'EST connu, même si nos nouveaux gérants s'ingénient à le nier, l'ancienne Eburnie est un Etat laïc, démocratique. C'est un principe fondamental, dynamique dans la définition et l'appréciation de nos devoirs et nos droits dans l'aboutissement de notre idéal commun de liberté, d'égalité et de justice.
La croix et le croissant peuvent et doivent s'apprécier dans le cadre de ce principe. Puisque nous sommes des hommes de foi, donc tolérants, 30 ans de violation de notre constitution peuvent être acceptés, oubliés pour la sauvegarde de la paix sociale.
Une mosquée au nez du sanctuaire du chef ? Pourquoi pas, ce n'est que justice. C'est un dû et non une faveur. C'est à savoir !
Halte donc aux déclarations hasardeuses. Remerciements ? Pourquoi pas, dans tous les cas, nous sommes polis, nous sommes bien éduqués, pétris du sens de la responsabilité et de l'honneur, nous sommes des religieux !
Une mosquée même au plateau ne peut faire le bonheur de toute une communauté !
Deux cent millions !
Ce n'est rien moins que 24 F par fidèle.
24 F pour soutenir 5 ans d'injustice et de confiscation de liberté ? Jamais !
Après le sucre, c'est le tour de la mosquée. Après la mosquée peut-être qu'on pensera à une pécule mensuelle pour les imams. Encore qu'on prévoit nous les jeter par delà notre forêt, dans notre exil forcé du Sahel.
Tiens ! que vous a-t-il apporté ce fameux sucre et ces cargaisons de lait ? Misère et malédictions je suppose ?
Pauvres fidèles musulmans, toute cette pénitence, toutes ces dévotions pour se laisser diviser pour si ppu.
Mille mois d'adoration vilipendés pour des miettes.
Dommage !
Ce qui n'est pas connu et que nous voulons savoir, c'est votre silence sur vos rapports avec le nouveau messie enturbanné, aux boubous d'apparat qui encombre nos écrans, fuyant nos mosquées et nos quartiers embaumés de notre misère et nos intégrismes intolérants, pour se réfugier dans les luxueuses suites insolentes de l'hôtel en Ivoire.
Oui nous voulons le savoir de votre bouche à nos oreilles fatiguées de rumeurs.
Qu'on me pardonne mon insolence ; vous le justifiez et la forcez très souvent à mon cœur défendant.
Il nous faut aller de l'avant, rompre avec le traditionnel discours.
Il nous faut nous agripper aux temps à jamais ouvert au renouveau démocratique de justice et de liberté.
Yacouba de Sylla
Abidjan
A quand la fin des traditions dans l'Islam ?
LA première fois que j'ai séjourné au Nord, j'ai découvert des choses qui m'ont choquées chez mes frères musulmans. Précisément à Séguéla la capitale des Woro. En plein mois de Ramadan et plus grave, le jour de la Nuit du Destin, des groupes de jeunes filles accompagnées d'adultes woro, torse nu, la poitrine exposée aux regards, le corps parfumé et luisant à souhait, le visage exagérément maquillé sillonnent la ville encouragées par les adultes. Ces "charmantes" demoiselles visitent les bureaux et domiciles de tous les habitants musulmans et non-musumans de la cité.
Que faire pour faire cesser ces pratiques ? Car ces jeunes filles sont appréciées et même encouragées par des musulmans d'âge respectable.
La nuit de Laylatoul-kadr, elles occupent toutes les rues et organisent des danses appelées "Kroubissi", au cours desquelles, elles utilisent les Noms de Dieu et des versets coraniques.
Cette ou ces danses se nomment le "Kroubissi". Tout près de Séguéla, à Mankono il y a le "DO", un masque sacré que les femmes ne voient pas. A chaque fête musulmane "le Do" sort de son bois sacré. Certains affirment que Dieu a autorisé les masques et les danses dans le Coran. Je leur réponds soubhana Allah. On dit encore que celui qui critique le "Do" mourra. Où allons-nous ? Et si nous, les convertis, pratiquions l'Islam avec nos danses et nos masques, à quoi ressemblerait le monde musulman ?
Dans des villes considérées comme islamiques telles que Touba ou Odienné, ces traditions continuent de se perpétuer.
Arrêtons le massacre, et revenons à l'Islam sur la voie du Prophète Mouhammad (PBDL).
Tra Bi Ya Alexis
Aboubakar
-> Suite de la Page 4
Les autres jours, les offices ont lieu trois fois dans l'après-midi dans le jardin en réfection, ce qui entraîne quelquefois un œcuménisme des plus inquiétants avec d'autres confessions qui pêchent au même endroit et aux mêmes périodes.
Avec l'octroi de ce terrain aux musulmans, c'est justice qui leur a été rendue. Mais en même temps qu'on s'en réjouit (on ne crache pas sur son bonheur) on ne peut s'empêcher de faire quelques réflexions. N'est ce pas le rassemblement des musulmans sur le parking qui gênerait ou inquiéterait ?
Les "déménager" résoudrait plus d'un problème : leur joie et la "sécurité" aux alentours du Palais présidentiel afin d'éviter que le "virus" dont ils sont porteurs n'infestent la Cour.
A un an des échéances électorales, il ne serait pas inutile de s'allier les musulmans (la frange considérée à tort comme Alassanistes) après les avoir mécontenté en s'immisçant dans leurs affaires. Cette "faveur" pourrait relever d'une stratégie politique. Il faut donc savoir raison gardée.
Ce dont nous sommes le plus sûrs, c'est que l'annonce a été faite aux musulmans au lendemain des propos exclusionnistes du S.G. du P.D.C.I. à l'endroit de la communauté musulmane. N'est-ce pas d'ailleurs la même personne (mais en sa qualité de Ministre de l'intégration) qui a porté l'information aux musulmans !
"Cela devra donc apaiser leur colère" a-t-on pensé. Sinon nous savons que c'est le Ministre de l'intérieur qui a toujours réglé les affaires religieuses à moins qu'on pense qu'avec une mosquée au Plateau, les musulmans "intégreraient" la communauté nationale.
La fin justifiant les moyens, nous pouvons inférer que le terrain de la mosquée du Plateau est le Prix du Pardon aux musulmans.
RYABAK NAGBE
PLUME libre
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Petite Mosquée de la Riviera
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Directeur de Publication
Dembele Fousseni
Rédacteur en Chef
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Distribution
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Tirage : 5000 exemplaires
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PLUME EN LIBERTE
A l'adresse des sœurs
Décidément les congés de Pâques 94 ont été l'occasion d'une intense effervescence du côté de la jeunesse estudiantine musulmane de Côte d'Ivoire. De Sakassou à Abidjan en passant par Béoumi chaque, ville a abrité son séminaire. Mais Bouaké s'est taillé la part du lion, elle a été le théâtre d'une double manifestation le séminaire de formation des responsables de base et les journées de la femme musulmane qui se sont déroulées conjointement le 2, 3 et 4 Avril. A la cérémonie d'ouverture Adja Ami Diabaté épouse de notre bien aimé Maître Fofana Boikary, marraine a prononcé ce discours combien émouvant a l'intention de ses petites sœurs.
Chères sœurs,
C'est avec beaucoup d'émotion, mêlée d'appréhension que j'ai accepté d'être la marraine de cette rencontre à caractère religieux; je ne suis ni une érudite, ni responsable d'une organisation islamique. En toute modestie, je pense que d'autres que moi méritent cet honneur: Vous avez sans doute voulu me manifester des sentiments de fidélité, de fraternité et peut-être aussi de charité. En tout état de cause, je mesure la responsabilité de cette charge au regard du thème du séminaire : "LA FEMME MUSULMANE DANS LA SOCIETE" Thème archi débattu mais qui est d'une permanente actualité. Si vous y revenez, c'est pour rappeler à la femme musulmane ses devoirs et ses droits d'épouse, de mère et de citoyenne dans une société laïque où s'exerce librement toutes les confessions.
L'Europe médiévale, dont l'influence n'a pas tout à fait disparu de nos jours, (loin s'en faut), a toujours accusé l'Islam d'obscurantisme en raison, pense-t-elle, de la place trop marginale qu'il accorde à la femme dans la société. A cet égard, Charles Dumas a pu écrire: "une race ne s'émancipe pas lorsqu'elle abandonne la moitié d'elle-même (c'est-à-dire ses femmes) à un servage éternel". Cette affirmation illustre l'ignorance totale des valeurs de l'Islam, en même temps qu'elle traduit une conception de la liberté qui n'est pas forcement partagée.
L'Islam, rappelons le, est une miséricorde pour l'humanité. L'Islam est venu abolir toute forme d'esclavage et restaurer une société équilibrée et régie par des lois justes. Dans les principes, dans aucune société la femme n'est mieux protégée et mieux respectée que dans l'Islam. La pratique peut ne pas être conforme aux principes mais à qui faut-il s'en prendre? Aux principes ou à ceux qui ne les respectent pas?
Chères sœurs, chers frères, honorables invités, la femme musulmane a une place centrale dans la société. Aujourd'hui, les femmes sont dans tous les secteurs de la vie économique; elles sont ingénieurs, médecins, professeurs, agronomes etc. sans rien renier de leur attachement à l'Islam; mieux, le respect de leurs valeurs religieuses est un atout dans leur vie professionnelle.
C'est pourquoi, je souhaite que toutes nos sœurs exorcisent leur complexe et se mettent à l'étude de leur religion.
Une nation n'est dynamique et équilibrée que par la qualité des familles qui la composent.
La source de développement d'une société trouve donc ses racines dans la famille ou la femme occupe une position privilégiée.
Chères sœurs, je voudrais à nouveau vous dire toute ma reconnaissance pour la charge que vous m'avez confiée et dont j'espère m'acquitter avec l'aide du Tout-Miséricordieux. Je souhaite que le présent séminaire soit une occasion d'enrichissement mutuel. Je souhaite qu'il ait une influence positive sur notre comportement social. Nous sommes le présent, mais nous sommes surtout l'avenir.
C'est sur cet espoir que je déclare ouvert le séminaire consacré à "la femme musulmane dans la société"
ASSALAMOUALEIKOUM
Adja Ami Diabaté épouse Fofana
Dans aucune société la femme n'est mieux protégée et mieux respectée que dans l'Islam.
DETENTE
Le Mot Caché N°15
La ville où le Prophète (PBDL) s'est rendu pour effectuer son ascension (mi'raj) vers Dieu.
Ankara - Baghdad - Bilal - Chiite - Cités - Goulots - Islamabad - Kaki - Karachi - Kerbala - Kong - Konya - Kouya - La Mecque - Mahan - Médine - Misr - Pile - Tact - Tabriz - Touba.
B L J E Z I R B A T
I A R M I S R U S A
L M G O U L O T S A
A E A H M A H A N R
L C Y E D M L B K A
A Q N L S A F U O K
B U O I E B D O N N
R E K P T A C T G A
E A E N I D E M E M
K A R A C H I I T E
Par Koné Seydou
Mots Croisés N° 17
HORIZONTALEMENT:
I- Paix - Sa chair est interdite au musulman. II- Adresse - Dans moraliser. III- Début de théologie - Un verbe mutilé. IV- Ordonné, c'est l'une des épouses du Prophète (PBDL) - Cache. V- En nous - Hitlérien. VI- Rasta - Pied de montagne - Durée inversée. VII- Chauffe dans un sens - Pas éternel. VIII- Article - Timonier couché. IX- Religion de Boudha. X- Maison - En Justice.
VERTICALEMENT:
1- En Turquie. 2- Quand les adeptes d'une même religion se combattent - Nom malinké. 3- Couvre un warf - Dur. 4- Capitale arabe - Parcourue des yeux. 5- Le sceau des prophètes. 6- Note - Parc animalier - Interjection. 7- Hezb - Ils règnent sur leurs sujets. 8- Au téléphone dans un sens - Sortes de républiques. 9- Tire à l'aveuglette - Sel. 10- Verre - Infinitif.
SOLUTION DES JEUX PRECEDENTS
Le Mot caché N° 14 : Tariqa
Mots Croisés N°16 :
Horizontalement:
I- Haïdar (Lion) - Ans. II- Ob - Islam. III- Uoh (Hou) - Emprd. IV- Ruses - Ilad (Dali, Salvador). V- Illuminé. VI- Dotés. VII- Farouk (celui qui sait discerner). VIII- Eye - Aigris. IX- Saint - Mort. X- Narrative.
Verticalement:
1- Houri - Fest. 2- Aboul Haya (le père de la pudeur). 3- Hsl - Rein. 4- Di - Eudo (Doué) - Na. 5- As - Smouatr. 6- Rle - Itki (kiti). 7- Amine - GMT. 8- Amples - Roi. 9- Ra - Sirv. 10- Siddiq (celui qui reconnaît la vérité) - Sié.
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