Numéro
Plume Libre #08
- Titre
- Plume Libre #08
- Type
- Périodique islamique
- Editeur
-
Plume Libre
- Date
- mai 1992
- numéro
- 8
- Résumé
- Mensuel ivoirien d’informations générales
- nombre de pages
- 12
- Sujet
- Journées de la femme musulmane
- Femmes
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans au Burkina
-
Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Côte d'Ivoire
-
Association des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire
- Intégrisme
- Laïcité
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-issue-0001330
- contenu
-
Mai
1992
Prix :
200 F
N°008
PLUME Libre
MENSUEL IVOIRIEN D'INFORMATIONS GÉNÉRALES
LA CHARIA ENTRE CARICATURES ET RÉALITÉS
"Le Hijab
est mon
honneur
s'il vous
plaît,
ne me
l'enlevez
pas"
Musulmans et Politique
en Côte d'Ivoire
Silences
gênants
O. N. U.
Il faut démocratiser
le "Grand Machin"
Souleymane Doumbia
2 ans
déjà
Fini le RAMADAN
Que reste-t-il de
l'ardeur des
Musulmans ?
PROCHE-ORIENT
La paix
introuvable
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EDITO-PLUME
ARAFAT RESSUSCITE !
Le leader au sourire éternel comme la légitimité de la lutte de l'OLP, Yasser Arafat est mort dans les journaux, des suites d'un accident d'avion survenu en Libye dans la nuit du 7 au 8 Avril. C'est en tout cas ce qu'on a cru comprendre au vu des oraisons funèbres que certains commençaient déjà à pondre et considérant l'explosion de joie qui a accueilli la nouvelle en Israël (c'est comme çà qu'on porte le deuil là-bas!) Quelques heures plus tard, nouvelle explosion de joie dans les rues de Beyrouth, Damas, Alger...
La raison: Arafat ne serait que blessé à l'œil, et mieux, il promet aller prier très bientôt à Jérusalem. Cette fois-ci, silence de mort à Tel Aviv (c'est comme ça qu'on montre se reconnaissance envers Dieu là-bas !).
Arafat ressuscité, le Monde épris de justice chante : "Allahou Akbar" et que le Créateur exauce son vœu.
Koné Seydou
RAMADAN 92 : SANS FAUTE
Les musulmans sont des "anarchistes", ils sont désorganisés, irresponsables, etc... Tels sont les propos qu'on avait coutume d'entendre la veille, le jour ou après les fêtes de l'Aïd El Fitr. Aujourd'hui tout cela semble être devenu de tristes souvenirs grâce à la « prise de conscience» des musulmans. Cette année tous les musulmans ont fêté un Ramadan unique.
La grande prière qui s'est déroulée simultanément à Adjamé, à Port-Bouët, au campus, à Kong comme à Tabou, Danané, Aboisso... a été un grand succès. Au campus la prière a été dirigée par l'Imam Cheikh Sylla en présence du Pr Bakary Tio-Touré, recteur de l'Université Nationale. Tous les prêches ont tourné autour de trois points essentiels : l'unité nationale, l'organisation et la solidarité entre musulmans et enfin le sens et le mérite de la Zakat El Fitr.
Même s'il est trop tôt pour chanter victoire, il faut tout de même saluer cet effort d'organisation qui s'effectue depuis un certain temps. L'AEEMCI, La LIPCI, l'AFMCI, le Conseil Supérieur des Imams, l'AJMCI, etc..., n'en sont que des illustrations.
Ces différentes organisations (plus précisément le Conseil Supérieur des Imams dont il faut saluer l'avènement) ont largement contribué à cette évolution positive, corroborant du coup ce Hadith du Prophète qui dit :«si vous êtes deux, choisissez vous un chef...(afin de faciliter les prises de décisions, NDLR)».
Le CSI malgré ce que disent ses détracteurs, a réussi un grand coup.
Nigériens, maliens Marocains, Libanais, etc..., qui fêtaient d'habitude en même temps que leurs pays d'origine ont accepté de se plier à sa décision. Cela démontre encore que l'absence d'une direction a longtemps été l'handicap majeur de la Communauté.
Il faut maintenant espérer et souhaiter que cette nouvelle orientation puisse continuer tout en se diversifiant
DHL
"UN AUTRE PAS"
LOIN du tintamarre des débats oiseux sur la soutane et la politique où l'on nous demande à cor et à cri d'être ce que l'on veut que nous soyions, au Lycée Scientifique de Yamoussokro, l'AJMCI ( Association des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire) naissait. Evénement majeur! Evènement majeur en effet, parce que l'AJMCI vient combler un vide. Notre jeunesse des communes, les descolarisés, les non-scolarisés et ceux qui, ayant fini leur cursus scolaire ne sont plus à même de militer dans les structures existantes (notamment l'AEEMCI) trouvent avec cette nouvelle association le cadre idéal, qui pour poursuivre son militantisme, qui pour s'initier, se former et participer à l'action d'ensemble de la communauté musulmane nationale. Certes, quelques esprits chagrins nostalgiques de l'ordre ancien où il était loisible au dernier des corniauds de manipuler à sa guise notre communauté trouveront qu'il s'agit d'une organisation de trop ou de simple snobisme. N'en n'ayons cure ! Soyons sereins et demeurons lucides.
L'AJMCI, "c'est un autre pas" dans le difficile chemin d'organisation de l'Islam en Côte d'Ivoire; Il est heureux que ce travail se fasse (surtout) par les jeunes car pendant longtemps les discours étaient nombreux qui montraient l'Islam comme l'affaire des vieux, des illétrés ou des frustrés.
Dembélé Al Séni
Faut-il le rappeler le plus difficile pour les militants de la nouvelle organisation et plus singulièrement pour ses dirigeants n'est pas de l'avoir créée mais de la maintenir, de l'entretenir et de la faire croître. Pour cela, il faudra qu'ils sortent des sentiers battus pour rechercher en eux-mêmes et dans les préceptes islamiques le dynamisme et la créativité qui feront le bonheur de l'AJMCI et partant de l'Islam tout court. Dans l'espace national qu'ils occuperont désormais avec d'autres organisations déjà en place ( et celles avenir ) , ils devront privilégier le dialogue et la concertation pour une synergie de leurs actions et une complémentarité indispensable sur le terrain. Il reste entendu que cette évolution positive des choses dans la communauté musulmane ne plaisant pas à tous, l'on ne manquera pas de donner corps à des fantômes ou d'exhiber davantage des fantôches (nous y reviendrons inch'Allah dans nos prochaines éditions) pour ensuite dire : "les musulmans ne sont pas organisés, ils ne s'entendent pas " avec pour seule et unique ambition d'assouvir de bas desseins personnels.
Bien sûr qu'il faut demeurer vigilant et traquer la vermine d'où qu'elle vienne et quel que soit son commanditaire, mais il faut également savoir raison garder. Dieu ne dit-il pas dans le saint Coran (chap 3, verset 54) "Ils stratégient, Dieu stratégie. Dieu est le meilleur des stratèges"?
Alors, en avant et bienvenue à l'AJMCI.
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PLUME LIBRE / Mai 1992 / Page 2
--- Page 3 ---
PLUME RELIGIEUSE
LES RELIGIONS ET LE ROLE DE LA FEMME
LES religions monothéistes ne sauraient être tenues pour responsables du moindre manquement au statut de la femme. En effet, ni la Thora, ni l'Evangile n'établissent un quelconque assujettissement de la femme par l'homme en réduisant les droits de celle-là aux seules nécessités des besoins de celui-ci.
En Europe, quelques doctes chrétiens influencés par les coutumes païennes ou laïques et, par ailleurs manifestement égarés par une mauvaise exégèse de la Bible, crurent devoir nier à la femme "son humanité", lui octroyant "une âme damnée".
Ailleurs, si elle ne fut point ainsi damnée, elle n'en fut pas plus heureuse non plus. Avantageusement exploitée, sa force de production égala sinon fut supérieure à celle de l'homme, lorsqu'elle n'était pas à sa naissance tuée ou déjà mariée.
Les doctrines philosophiques et sociales dites d'avant-garde s'en prirent à tort à la religion et à Dieu en leur imputant l'état d'esclave de la femme et son maintien dans un système féodal qui lui niait toute personnalité.
En réalité, la laïcité, encouragée parfois, mais très souvent combattue par l'église catholique, a plus que tout autre facteur contribué, à l'asservissement de la femme, même si au 20e siècle, elle tend à prendre le contre-pied de son rôle traditionnel.
Le marxisme, en confondant la religion et la pratique religieuse des hommes, (qui n'ont pas toujours hélas respecté les commandements de Dieu), s'est fourvoyé en s'en prenant à la religion. De même, certains laïcs ont-ils cette tendance plutôt facile à vouloir opposer le progrès en faveur de la femme " aux préceptes rétrogrades des religions".
Une telle attitude, plutôt hostile de certains marxistes et de certains laïcs, dénote de leur part, une méconnaissance totale de la réalité religieuse en général et de celle de l'Islam en particulier qui, à cet égard, ne manifeste aucun triomphalisme pour être allé aussi loin que possible et cela, avant les doctrines dites progressistes.
Au 7 ème siècle, le prophète (BDSL), a instauré et pratiqué effectivement dans le premier Etat islamique, l'égalité de la femme et de l'homme. Il y a quatorze siècles, Dieu renouvela par les révélations du Coran, l'identité de nature, à l'identité de nature de la femme et de l'homme tous deux issus du genre humain et leur égalité en droits en tous lieux et tous temps. Les messages divins antérieurs (Thora et Evangile) n'avaient pas soutenu une affirmation contraire.
La religion, depuis les temps anciens, a promu la femme à de hautes fonctions auprès de Dieu, à commencer par Sainte Marie, la fille d'Imran; la mère de Moïse, Azia, la femme de Pharaon, etc... (que la paix de Dieu soit sur elles). Du temps de notre prophète (BDSL), celui-ci éleva la femme au plus haut rang alors qu'elle était maintenue au plus bas niveau de la hiérarchie sociale.
Rappelons cette attitude très significative du Seigneur au sujet de la femme à propos de Sainte Marie (bénédiction de Dieu sur elle- BDE). Hanna (bénédiction de Dieu sur elle- BDE), mère de Marie avait fait le voeu de vouer l'enfant qu'elle portait en grossesse, s'il était un garçon, au culte exclusif du Seigneur. Après son accouchement, l'enfant est une fille. Il ya un intéressant commentaire et de Hanna et de Dieu sur le fait que l'enfant est une fille et non un garçon (voir verset 36- Sourate III).
La fille fut baptisée Marie. "Dieu l'accueillit de la meilleure manière" (verset 37 ) sans égard pour le sexe de l'enfant Dieu le fit grandir.
Plus tard, bien qu'elle fut femme, Marie ( BDE) fut admise au temple (Jérusalem) jusqu'alors réservé aux seuls hommes alors que rien dans la Thora n'excluait les femmes.
Le prophète Zacharie ( BDE), oncle de Marie, après tirage au sort fut chargé, parmi d'autres de veiller sur elle.
Ainsi, Dieu accepta de se faire adorer par une femme à la place d'un homme. Le Seigneur, en agissant ainsi contrairement à une tradition non fondée, donna la meilleure démonstration de l'égalité de la femme et de l'homme.
En résumé, la mère de Marie dans sa prière à Dieu voulait un garçon pour le vouer au culte de Dieu. Dieu exauça le voeu de Hanna (BDE), mais en partie ; car il lui donna une fille au lieu d'un garçon. Par le fait que Marie, en dépit de son statut de femme, fût acceptée dans le temple, Dieu montra que pour lui, seule compte la piété sans considération pour le sexe.
Il faut donc souligner ce fait important que les religions monothéistes n'ont pas eu à concourir à la mise en tutelle de la femme. Mais, au contraire, elles ont eu à lui donner un statut égal à celui de l'homme.
Il faut retenir en revanche, que la force, la ruse, les justifications pseudo-religieuses, coutumières et traditionnelles de la laïcité et du faux modernisme, ont consacré la suprématie de l'homme avec le culte du mâle devenu seigneur et maître de la femme. Cette croyance enracinée en l'homme, imposée à la femme pour le "bien de la société " a sous-tendu toute la législation laïque du moyen-âge jusqu'au 20e siècle qui a vu enfin le mouvement féministe aller victorieusement, mais en partie à l'assaut du féodalisme masculin.
Cette mentalité rétrograde s'est bien appuyée sur les croyances forgées de l'homme et a pu maintenir la triste réalité de l'exploitation de la femme grâce par ailleurs, à la rigueur et à la force de la législation laïque. Celle-ci a influencé le monde musulman, lequel, dominé par l'homme s'est laissé aller vers l'asservissement de la femme. Cette attitude de l'homme musulman, quel qu'il soit et d'où qu'il soit, s'est traduite sur le plan de l'égalité islamique, par une "tricherie" constante pour ne pas dire plus.
Depuis l'avènement de l'Islam et une fois passé le temps des quatres Califes orthodoxes bien inspirés, le monde musulman, progressivement, a détourné au profit de l'homme, les droits que Dieu a bien voulu accorder à la femme. Cette imposture du musulman s'est faite non sans subtilité, accueillie par un silence total, signe de l'humanité des hommes. Du temps des Omeyyades et des Abbassides, nous savons que le monde islamique était particulièrement actif, réalisant conquête sur conquête dans les domaines militaire, politique, économique, scientifique et technique, des arts et de l'architecture pour ne citer que ceux-là.
La civilisation arabo-musulmane qui fit preuve de tant de raffinements, en particulier, dans le domaine des sentiments et des valeurs chevaleresques, inventa l'amour courtois avec la galanterie et les formules de galanterie qui devaient, par l'Andalousie musulmane, devenir l'héritage de l'occident alors ignorant des choses de l'amour. "Ce culte" de la femme devait, par la suite, se pervertir et se transformer en servitude de cette dernière.
Curieusement, au fur et à mesure de l'expansion, de l'épanouissement et de la consolidation de la civilisation arabo-islamique, le statut de la femme tend à se rétrécir pour être réduit comme une peau de chagrin. Cette contradiction entre, d'une part, la lettre du Coran et de la sunna et, d'autre part, la structure mentale et la situation sociale devait perdurer jusqu'à nos jours. Au plan de l'approfondissement des arts et de la culture, il est loisible de constater la faiblesse numérique des publications islamiques sur la femme et son rôle dans la société. Cependant, nul ne songe à nier les droits conférés à la femme ; face à cette évidence, on laisse jouer la pesanteur écrasante de la tradition et des "bons usages".
C'est pourquoi, très peu de femmes, dans le monde islamique, ont laissé une grande empreinte dans la société. Mais il est vrai aussi selon un auteur musulman, que "si tu éduques un enfant, tu éduques un homme" "si tu éduques une femme, tu éduques un peuple".
L'homme musulman n'a pas respecté la shari'ah- tant s'en faut- en ce qui concerne la femme et ses droits. De l'Asie à l'Afrique et ailleurs, la femme fut maintenue à la traîne du mâle qui a profité et profite encore de la violation presque constante des droits légitimes de la femme. Avec Mamadou Dia, nous dirons: "Si la masculinité écrase la femme musulmane au point de la réduire à une "hôtesse d'accueil", ce n'est pas, du fait de l'islam. Il faut incriminer les mœurs des sociétés musulmanes qui sur ce plan aussi, ont besoin de s'islamiser davantage".
Il appartient à la femme - surtout musulmane - de formuler ses revendications dans un processus de contestations salutaires d'autant admissible qu'elle aura la loi, la réalité et par dessus tout et surtout Dieu et l'avenir pour elle. L'une de ses revendications dont on a beaucoup parlé est "la liberté sexuelle"
À SUIVRE...
Par Moussa Diakité Bamako-Niarela. (Mali)
"La religion, depuis les temps anciens a promu la femme a de hautes fonctions"
PLUME LIBRE / Mai 1992 /Page 3
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PLUME RELIGIEUSE
FINI LE RAMADAN, QUE RESTE-T-IL DE L’ARDEUR DES MUSULMANS ?
Par Moussa Sangaré
Les musulmans ont célébré la prière pour couronner ce mois sacré. Les ardeurs vont-elles s'émousser après ?
TOUS les musulmans dans un même élan de cœur et de ferveur viennent d'accomplir les 29 jours du mois de jeûne. De la même façon d'ailleurs, ils ont célébré la prière pour couronner ce mois sacre. Le mois de Ramadan se révèle à l'analyse comme le résumé des cinq piliers de l'Islam. Comme tel c'est un mois de test certes, mais surtout c'est un mois pour s'exercer d'avantage au culte. Au sortir de cette noble épreuve chacun devrait s'interroger pour savoir s'il a atteint la piété. Autrement dit nous devrions tous faire la somme de nos acquis spirituels.
Il est malheureux de constater hélas que les ferveurs ont vite fait de s'émousser, que les ardeurs ont tôt fait de s'éteindre. En effet un simple constat nous permet de savoir que tous les lieux (informels) quotidiens de prière se sont dissipés, volatilisés comme par enchantement et que les mosquées ne connaissent plus leur affluence. Où sont passés tous ces fidèles et leurs dévoués Imams? Que sont devenus toutes ces âmes charitables ? Notre Islam se voudrait-il saisonnier ? Nous ne le pensons pas. Mais alors les musulmans doivent comprendre que si le mois de Ramadan leur a été prescrit par Allah c'est dans le secret espoir qu'ils deviendront pieux. Or la piété nous le savons résulte d'une pratique constante et continue d'actes spirituels. Autrement dit mettre fin à ces pratiques entamées durant le mois de jeûne, c'est aussi mettre en péril sa piété. Peut-on déduire d'une telle situation que la fin du jeûne voit la fin de l'Islam ? Et bien non !
Pour la simple raison que ce mois sacré doit avoir ses effets d'entrainement. C'est d'ailleurs à ce titre que les prières surérogatoires doivent être multipliées. En outre il n'est un secret pour personne que la paix est plus que nécessaire pour notre société d'aujourd'hui. Justement en suivant les prescriptions du Ramadan qui encourage la fraternité et la maîtrise de nos passions nous y contribuerons énormément. En effet la fraternité a pour corrollaire la solidarité et la justice, or le préalable à la paix c'est la justice. Pour atteindre un but aussi noble, il faut toujours persévérer dans le pardon et la patience, la charité et la générosité qui au plan social permettent de réduire les inégalités.
S'il est une pratique que le fidèle ne doit nullement omettre c'est bien le rappel : le Zikr. De par le seigneur nous apprenons que le plus grand Zikr c'est la lecture du Coran. Or selon Muslim et Bokhari "celui qui récite le Coran avec habileté sera avec les scribes nobles et purs et celui qui le lit avec difficulté aura deux récompenses" Il parait très important a cet égard de multiplier la lecture du Coran. Ainsi Allah nous dit à propos du Zikr : "Le rappel est certes ce qu'il y a de plus grand" (S.24 v.45). En outre il nous fait une promesse "souvenez-vous de moi je me souviendrai de vous" (S. II V 152) . Or la miséricorde et la grâce de Dieu sont infinies. Enfin le musulman pour se rapprocher du Seigneur doit se repentir tous les jours que Allah fait. Le Prophète Muhammad (S.A.W.) lui même se repentissait soixante-dix fois par jour. Dans le Saint Coran Dieu nous exhorte également au repentir : "O vous les croyants ! Revenez tous à Dieu ! Peut être seriez-vous heureux."
Il est cependant important de rappeler ici les conditions du repentir. Elles sont au nombre de trois :
. cesser de commettre le péché
. regretter le péché commis
- prendre la résolution de ne plus jamais recommencer.
De plus si le droit d'une tierce personne se trouve lésé il s'ajoute une quatrième condition : il s'agit de demander le pardon de ladite personne et que celle-ci l'accepte. Signalons en passant que de par l'importance du jeûne, il faut multiplier les jeûnes surérogatoires dont voici le tableau ci-contre. En effet lorsque l'on jeûne de façon volontaire un seul jour, cela éloigne de l'enfer d'une distance qu'on peut parcourir en 70 ans. Pour conclure il faut rappeler comment le musulman doit rattraper les jours de jeûnes perdus. Précisons qu'il y a trois manières de rattraper. En effet nous avons :
- la compensation.
Elle consiste à remplacer un jour par un autre. Elle fait suite à un jour de jeûne que l'on a manqué pour des raisons indépendantes de sa volonté.
- L'expiation.
Elle consiste à remplacer un jour de jeûne manqué par un acte autre que le jeûne lui-même. Elle devient nécessaire lorsque une personne se trouve dans l'incapacité physique de jeûner (maladie, vieillesse) la femme enceinte qui craint pour sa santé). Dans ce cas il faut pour chaque jour manqué donner à manger à un pauvre - l'équivalent d'un mudd (2,1 Kgs).
- La compensation - expiation.
Elle consiste à appliquer les deux méthodes de façon simultanée. Elle fait néanmoins suite à une rupture volontaire du jeûne avec ou sans raison légale (femme enceinte ou nourrice qui craint pour son enfant, homme pubère qui n'accomplit pas les 29 ou 30 jours de ramadan, jeune fille qui pour des raisons de menstrues n'a pu accomplir les 30 ou 29 jours mais n'a cependant pas pu compenser avant le prochain ramadan).
En pratique dans le premier et le troisième cas elle compensera chaque jour laissé, et cependant nourrira un pauvre pour chaque jour laissé.
Dans le second cas : l'individu soit nourrira 60 pauvres par jour, soit accomplira 60 jours de jeûne consécutifs, soit libérera un esclave.
Notons pour finir que tout ce qui est valable pendant le ramadan l'est aussi en dehors du ramadan. En d'autres termes si un ramadan est fini l'Islam continue néanmoins de vivre.
CALENDRIER DES JEUNES OBLIGATOIRES ET VOLONTAIRES
DECEMBRE - JANVIER
du jeu. 19 au sam. 21 Déc. 91
1412 H ; 13 ; 14 ; 15
Joumadal-san
du sam 18 au Lundi 20 jan 92
1412 H. 13, 14, 15 Rajab
FEVRIER
du mer. 5 au mer. 19.
jeûne de la 1 ère quinzaine de Chaabane
du Lun. 17 au Mer. 19
1412 H (13, 14, 15)
Chaabane
MARS
jeu. 5 : apparition de la nouvelle lune de Ramadan
du ven. 6 Mars au ven 3 Avril : jeûne obligatoire de Ramadan
1412 H du 1er au 30 ramadan
AVRIL
sam. 4, Fête de Ramadan
1412 H. 1er Chawal
du dim 5 au ven. 10 : jeûne de 6 jours de chawal ; 1412 H : du 2 au 7 chawal
du Jeu. 16 au Sam. 18
1412 H : 13, 14 ; 15 chawal
MAI
du Sam. 16 au Lun. 18
1412 H : 13, 14 ; 15
Zoul Kaada
JUIN
du Mar. 2 au Jeu 11 : jeûne volontaire de 10 jours.
Mar. 9 : jeûne d'Arafat pour non pèlerins
Jeu. 11 Fete de Tabaski (pas de jeûne ce jour ni pendant les trois jours du Tachrick)
du Lun. 15 au Mar 16.
1412 H : 14 et 15 Zoul Hidja
JUILLET
Jeu. 2 : 1er jour de l'AN hegir
1412 H. 1er Mouharam
du Jeu. 2 au 30 : jeûner tout ou partie de Mouharam
Ven. 10 : Nuit d'Achoura
Sam. 11 : Achoura
du Jeu. 9 au Sam. 11 jeûne d'Achoura
du Mar. 14 au Jeu. 16 :
1413 H : 13, 14, 15 Mouharam
AOÛT
du Mer 12 au Ven 14
1413 H : 13 ; 14 ; 15
Safar
SEPTEMBRE
Mer. 9 Maouloud ou anniversaire du prophète mouhammad(saw)
du Jeu. 10 au sam. 12 :
1413 H 13, 14 ; 15
Rabial awal
OCTOBRE
du Sam. 10 au Lun. 12
1413 H : 13, 14 ; 15
Rabial Sani
NOVEMBRE
du Mar. 8 au Jeu. 10
1413 H : 13 ; 14, 15
Joumadal Awa
DECEMBRE
du Dim. 8 au Mar. 10
1413 H : 13 ; 14, 15
Joumadal Sani
PLUME LIBRE /Mai 1992 / Page 4
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
LA FEMME MUSULMANE À
L'HONNEUR À DABOU
Du 12 au 14 Avril 1992 se
sont tenues à Dabou les 4
èmes journées de la femme
musulmane organisées par le Comité
Exécutif de L'AEEMCI et placées
sous le parainage de Mme Ouattara
Adjaraba, censeur du Lycée
Technique d'Abidjan. Ainsi, ce sont
plus de 130 sœurs venues des quatre
coins de la Côte d'Ivoire et repré
sentant aussi bien les associations de
quartier, les secteurs universitaires,
de Grandes Ecoles, de même que les
lycées et collèges qui se sont retrou
vées dans la capitale du Leboutou
pour réfléchir sur le thème suivant :
La femme musulmane et le concept
d'adoration en Islam.
La femme musulmane doit s'identifier pour mieux s'affirmer face aux autres.
Outre le thème central, elles ont eu à
réfléchir sur des thèmes comme "le
concept d'émancipation féminine en
Islam", "la femme musulmane et le
travail" etc...
C'est le 12 Avril à 16 heures qu'a eu
lieu la cérémonie d'ouverture au
cinéma Capitole de Dabou en pré
sence des autorités administratives
et politiques, de l'Imam de la ville
ainsi que de parents venus massive
ment prendre part à l'évènement.
Comme c'est le cas en de telles
cérémonies, tout a commencé avec
la lecture du Coran par Ustaze
Cheikh Sylla, Imam de l'AEEMCI.
Puis la parole est revenue au repré
sentant du maire de Dabou qui a
souhaité la bienvenue à ses hôtes.
Intervenant à leur tour, les vices-pré
sidentes du sous-comité de Dabou et
du Comité Exécutif de l'AEEMCI
ont situé le cadre de l'événement
tout en précisant que les femmes
musulmanes de Côte d'Ivoire atten
dent beaucoup de ces assises qui
doivent ouvrir une ère nouvelle pour
elles. Quant à la maraine elle s'est
dite très satisfaite du choix qui s'est
porté sur sa personne et a souhaité
que
le résultat des reflexions permettent
à la femme musulmane de mieux
s'identifier, de mieux s'affirmer en
face des autres.
La cérémonie d'ouverture a atteint
son apothéose avec la brillante
conférence prononcée par Mme
Cissé Makoni, professeur au Lycée
classique d'Abidjan sur le thème :
"Le concept d'émancipation fémini
ne en Islam". Maîtrisant parfaite
ment son sujet, Mme Cissé n'est pas
allée par quatre chemins pour dire
ce qu'elle pense. L'émancipation de
la femme en Islam n'est pas syno
nyme d'un appel effréné à l'égalité
avec l'homme. C'est plutôt une
acceptation d'"équivalence" et
d'"entraide" entre les deux sexes
dans le cadre d'une complémentarité
indivisée.
Pendant 2 jours, les travaux se sont
poursuivis en ateliers conformement
aux sous-thèmes choisis. Les ateliers
ont remplacé cette année les travaux
en commissions et ceci dans un
souci d'efficacité et de rigueur dans
la réflexion comme nous l'a confié
la vice-présidente du CE, la sœur
Mahoua Soumahoro.
Le 14 Avril à 11 heures 25 minutes
le rideau est tombé mettant ainsi fin
aux 4 ème journées de la femme
musulmane qui ont obtenu selon
l'avis des participantes et des obser
vateurs un succès indéniable. Avant
de regagner Abidjan, les sœurs de
l'AEEMCI ont tenu à se rendre à
Cosrou, village Adjoukrou situé à
48 Km de Dabou, afin de commu
nier avec la communauté musulma
ne de cette localité. Dans nos pro
chaines éditions nous reviendrons
sur cette excursion.
DHL
LA PALME D'OR À DABOU
Pour faire de grandes œuvres, il faut de grands artistes. De même,
pour servir Dieu, il faut des hommes de foi. Ces deux adages, les asso
ciations musulmanes de Dabou les ont fait leur, et la vice-présidente du
comité exécutif n'a pas manqué de le souligner de fort belle manière
dans son discours d'ouverture: «Il faut dire qu'à Dabou, nous avons
rencontré des hommes et des femmes sûrs de l'avenir de l'Islam et de
sa jeunesse, disponibles et disposés à apporter leurs contributions à une
œuvre dont ils ont confiance en l'aboutissement heureux, mais aussi,
conscients des sacrifices à endurer».
Le succès de ses journées est à mettre à l'actif du sous-comité de
Dabou, du G.I.R.E (Groupe Islamique de Reflexion et d'Entraide) et
de la cellule féminine en gestation. Cela ne saurait surprendre quand on
sait que depuis un certain temps, le sous-comité de Dabou est l'un des
bastions sûrs de l'AEEMCI. LA solidarité agissante rencontrée à
Dabou est le gage d'une communauté vivante, une communauté pour
laquelle les préceptes de l'Islam sont une réalité vivante et pratique...
D.H.L
3e SÉMINAIRE DE FORMATION DES
SŒURS DE L'AEEMB
(Burkina-Faso)
Après Ouahigouya en 89,
Koudougou en 91, c'était au tour
de la ville commerciale de
Pouytenga, située à 140 Km de
Ouaga, d'abriter le 3è séminaire de
formation islamique des sœurs de
l'AEEMB.
Cette activité entrait dans le cadre
du programme annuel d'activités
du comité exécutif national. Durant
5 jours, près de 120 élèves et étu
diantes musulmanes venues de tous
les horizons du pays ont suivi des
cours islamiques portant sur les
cinq piliers, l'islam et les autres
"religions", la famille musulmane
et l'étude de hadiths sur le compor
tement. Des causeries débats noc
turnes sur l'habillement en Islam,
la vie du prophète (SAW), la jeu
nesse et la foi, etc... se sont tenues.
Ainsi que deux conférences
publiques, ayant pour thèmes :
La femme en Islam et la jeune
fille musulmane face au moder
nisme.
Le séminaire des sœurs, après trois
éditions est en passe de devenir
une institution, au niveau de
l'AEEMB.
Il devra bientôt ouvrir ses portes à
des associations sœurs de la sous
région, pour permettre un échange
fructueux d'expériences. Ce sémi
naire marque l'avant-dernière
grande activité du comité exécutif
de l'AEEMB, en attendant le mois
d'Août où la ville de Koudougou
accueillera le 3 e congrès de l'asso
ciation, placé sous le thème :
"AEEMB : perspectives d'avenir."
D'après une correspondance
particulière de
Tiemtore - Tiego
Avec ce séminaire consacré à la
femme, l'AEEMB s'affirme pour le
prestige de l'Islam.
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PLUME DANS LE QUOTIDIEN
LES MUSULMANS ET LA POLITIQUE EN COTE D'IVOIRE : SILENCES GENANTS
Faut-il s'en réjouir ou s'en méfier ? Le soudain intérêt pour la Communauté Musulmane ne cesse d'étonner. Alors qu'ils étaient royalement ignorés par les leaders d'opinion, voici que l'on se met à sonder les cœurs et les reins des Musulmans. Pour savoir ce qu'ils pensent ou ne pensent pas ; ce qu'ils font ou ne font pas. Depuis le début du multipartisme, on cherche à savoir «quels actes les Musulmans ont posé » (l'expression est à la mode). On peut apporter plusieurs réponses à cette question faussement innocente. Mais on peut y répondre aussi par une série de questions de fonds.
Pendant trente deux ans, quel leader d'opinion s'est véritablement intéressé aux Musulmans ? Qui s'est jamais demandé dans quelles conditions se déroulait la formation des jeunes musulmans des écoles Medersa, vivotant dans une sémi-clandestinité ? Qui a jamais attiré l'attention des autorités sur les dangers guettant de jeunes chômeurs, futurs délinquants, au sortir de ces écoles, que tous ignoraient ? Où étaient-ils, ces procureurs instruisant les procès des Musulmans "trop tièdes", pendant tout ce temps, où ces millions de jeunes gens se débattaient et se débattent encore, dans le "ghetto intellectuel" ?
Ces questions, on peut les poser aussi à propos du pèlerinage. Perçu par les uns et les autres comme simple expédition touristico-folklorique, le pèlerinage à la Mecque, s'est déroulé dans des conditions ahurissantes. Aujourd'hui encore, pour un quelconque séjour en terre sainte en temps normal, les Ivoiriens vont chercher leur visa au Niger ou ailleurs... Apparemment, cela n'a pas dérangé les bonnes consciences qui se taisaient, pendant que les Musulmans menaient patiemment cette lutte sourde. Ces mêmes consciences ne semblent guère troublées non plus, par le fait que la quasi-totalité des Imams vivent dans des conditions indécentes qui menacent leur dignité. Si donc, les Musulmans représentent quelque chose, (une conscience) dont les avis comptent, pourquoi tous ces donneurs de leçons ne se préoccupent toujours pas du sort des chefs religieux ?
En réalité, ceux qui s'étonnent du silence des Musulmans, oublient que leur silence sur ces questions a étonné les Musulmans, durant ces nombreuses années. Ceux-ci ont mené et mènent encore une véritable lutte pour bénéficier d'un traitement équitable, en matière d'éducation. Lutte qui n'a pas encore abouti. Alors, faire semblant de découvrir subitement le poids de la communauté Musulmane est une attitude étrange. En fait, le débat, s'il a lieu ne peut que s'enliser. D'abord, percevoir cette Communauté comme un bloc obéissant à un chef, est une erreur. Sans vouloir caricaturer les choses, on peut dire que l'Imam n'est qu'un "technicien", qui a certes une autorité morale, mais n'a aucun pouvoir pour imposer des directives, surtout dans un domaine extra-religieux.
Ceux qui attendent que la hiérarchie musulmane, qui est largement informelle, parle d'une seule voix, - soit pour approuver ou pour condamner des faits précis, - n'ont guère de chance d'être satisfaits. Beaucoup de musulmans se sont interrogés sur la position en retrait des chefs religieux ; ce n'est donc pas seulement les non-musulmans ou ceux qui clament leur athéisme, qui s'intéressent à la question. Mais, il s'agit de mesurer les risques que cela fait peser sur la mosquée. Car, les prises de positions très tranchées ne sont pas sans conséquences pour la stabilité de la communauté Musulmane. Pourquoi nier que celle-ci malgré sa force, est très fragile du fait des particularités de l'Islam et des conditions de son implantation en Côte d'Ivoire.
Pour le reste, si la question sur le silence des musulmans est tout à fait légitime, les insinuations qui les accompagnent sont, elles, inacceptables. Veut-on dire que les Musulmans sont lâches? Plus de 4 millions de lâches, ce serait inquiétant pour la Nation entière! D'ailleurs, que peut-il leur arriver, eux qui savent que dans la vie "grandes difficultés et grandes facilités sont entremêlées". Les musulmans sont-ils silencieux parce qu'ils ont été achetés? A combien et par qui? Plus sérieusement, on remarquera que malgré les gesticulations actuelles tendant à faire croire le contraire, beaucoup de gens sont restés effectivement silencieux pendant trente ans. Faisons remarquer aussi que les Musulmans n'ont jamais eu de traitement spécial qui serait le prix de leur "silence".
Le seul véritable ordre supérieur des Musulmans est Dieu. On peut juger le bon et le mauvais Musulman par rapport à l'observance des règles islamiques. Le citoyen, quelle que soit sa confession, est jugé, lui, par rapport à son engagement, sa sensibilité politique qui, en principe ne devrait rien à voir avec sa religion. Ceux qui exigent que le Musulman réagisse à leur signal, sont paradoxalement les mêmes qui agitent le spectre de l'intégrisme musulman. Les mêmes qui ont dénigré les expériences de certains clergés islamiques à la conquête du pouvoir.
Veulent-il que le citoyen musulman cesse d'agir comme un citoyen pour développer des réflexes de "talibé" docile, prêts à se faire tuer pour obéir? Pourquoi cet empressement à voir émerger un clergé musulman, alors que, par ailleurs, les dures tentatives des jeunes musulmans pour se regrouper (A.E.E.M.C.I. , L.I.P.C.I. , A.J.M.C.I., Cercles des Intellectuels Musulmans, Constructions de Centres Culturels etc...) sont ignorées par les donneurs de leçon.
Plus grave, il y a une maladroite tentative à présenter les Musulmans comme des gens flous, indécis et ne participant pas à la vie démocratique. Les mêmes ressorts qui ont entraîné les violences et les pogroms dans d'autres circonstances, sont certes rouillés, mais ils peuvent encore fonctionner si l'on y prend garde. Dans la même veine, on recherche abusivement un parallélisme entre l'Islam et le Christianisme. On veut les pousser dans une concurence qui n'est même pas de saison. Vaine tentative. Car, il ne faut jamais oublier que si concurrence il y a, elle doit opposer croyants et mécréants et non croyants entre eux.
Tristes séquences: au début, on a insinué bien des choses sur les Musulmans et leurs intelligences supposées avec des puissances telle que la Libye. Ensuite, on a parlé de la réceptivité de cette Communauté à des thèses iraniennes. Aujourd'hui, on veut intimer l'ordre aux Musulmans de prendre collectivement position (on perçoit cette Communauté comme une masse molle). Vaines tentatives là aussi. Tous ceux qui souhaitent voir les Musulmans distribuer à tour de bras des "fatwas" seront déçus. Ceux-ci agissent selon un calendrier que nul ne leur impose. C'est cela la liberté.
Ibrahim Sy Savané
La maîtrise du temps
La sobriété est une attitude qui fait partie de l'Islam. Ceux qui le savent n'ont donc pas été surpris outre mesure, par la concision des propos de l'officiant de la prière de l'AID- EL FITR, L'Imam Mohamed Lamine Kaba. Ce dernier, qui parlait en présence de ses pairs Tidiane Ba et Fofana Aboubakar, exprimait ainsi d'une voix autorisée, le point de vue de millions de corréligionnaires sur la situation du pays. En résumé : Que partout, chacun puisse vivre pleinement la démocratie ; que les uns et les autres cherchent constamment l'équité et le consensus. D'une certaine façon ces propos prolongeaient ceux de l'Imam Sékou Sylla qui exhortait, le 31 mars ( nuit du destin ), à ne point considérer le « silence » des musulmans comme de l'indifférence. C'est que l'Islam est une religion active mais qui agit selon ses modalités spécifiques. C'est aussi une religion qui consacre beaucoup d'efforts à la maîtrise du temps. C'est pourquoi, l'Islam n'a pas à s'adapter au calendrier personnel de qui que ce soit. Il n'a pas vocation à servir de force d'appoint ou de tremplin. Il n'obéit pas non plus aux sommations.
Religion des évidences qui se veulent catégoriques, l'Islam n'en entretient pas moins des rapports fraternels avec les autres religions. Tous ceux qui peuvent le savoir, savent ainsi qu'un véritable échange permanent existe entre les chefs religieux de ce pays, malgré - disons même, à cause - des différences d'appréciation qui peuvent exister. Les temps actuels sont troublés, ceux qui viennent sont suffisamment incertains pour que cette exigence de dialogue soit plus affirmée encore. Ce n'est pas fatalisme de considérer que beaucoup de choses sont déjà écrites et que le travail des hommes et des femmes vient seulement pour aider à réaliser telle alternative, au détriment de telle autre, plus funeste. On comprend dans ces conditions que bien des musulmans privilégient les enseignements clairs et évidents de la religion. Quelle que soit par conséquent l'urgence, ils ne peuvent se départir de cette attitude. La perle de cet enseignement islamique se résume en ceci, qui est moins sibyllin qu'il n'y paraît : «Nous sommes ce que nous sommes». Camper sur de telles certitudes permet certainement de ne point avoir peur de l'avenir. Certitudes permanentes, jamais démenties, que Mohamed Lamine Kaba a rappelées au cours des deux Rakats en récitant tour à tour les Sourate 91 «le soleil» et 93, «Le jour montant». Des centaines de millions de fidèles musulmans de par le monde, ont écouté les paroles éternelles du Coran. Paroles libératrices.
La vitalité de l'Islam remettra dans certaines mémoires cette autre Sourate, la 110, dénommée «Le Secours» extraits : «Lorsque vient le secours de Dieu, ainsi que la victoire, et que tu vois les gens entrer par légions dans la religion de Dieu, alors par louange, chante pureté de ton seigneur et implore lui pardon». Grâce à cela, l'Islam échappera toujours aux passions tourbillonnantes et aux engagements conjoncturels. Il en sera toujours ainsi.
Inch' Allah.
Ibrahim Sy Savané
In Fraternité Matin, lundi 6/4/92
IN MEMORIAM
6 Avril 90 - 6 Avril 92, il y a deux ans que nous quittait Souleymane Doumbia, ex-Directeur de Canal II animateur de l'émission religieuse Musulmane. Une cérémonie commémorative de lecture Coranique et de bénédiction, a eu lieu le 5 Avril dernier au domicile familial sis à Williamsville, pour le repos de son âme.
Notre frère a été une parfaite illustration, de ce qu'un musulman peut apporter à Dieu et à sa Communauté. Nous invitons les humbles serviteurs d'Allah, à avoir un penchant pieux pour lui en ces jours anniversaires.
Puissions-nous être à la hauteur de la lourde mission du Seigneur-Amine
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PLUME EN LIBERTE
LA CHARIA ENTRE CARICATURES ET RÉALITÉS (suite et fin)
Par Bouka Tchiemfola
Le voile, on le sait constitue un point d'achoppement entre l'Islam et le monde occidental. Cependant, comme le soulignent si bien Cheikh Mohamed Saghir et Kouhmane Sultan dans l'Islam, la femme et l'intégrisme « ce n'est pas pour mépriser la femme et la dénigrer que l'Islam lui prescrit de cacher les charmes de son corps en dehors de son foyer conjugal ou familial mais c'est pour la protéger contre l'assaut des caprices, de la concupiscence, des mauvaises langues, des privautés et des regards malsains. En Protégeant la pudeur de la femme, c'est l'unité de la famille qu'on protège, c'est l'avenir moral et spirituel des enfants qu'on garantit, c'est la société tout entière qu'on bâtit sur des bases solides.» Si l'Islam interdit l'adultère il ne peut par la même occasion permettre à la racine du mal de se développer. Car on le sait aujourd'hui plus que jamais, l'origine de ce mal demeure l'atmosphère de "super excitation sexuelle" de la gent masculine créée par la présentation indécente des femmes. On ne peut demander à un chien de retenir ses ardeurs carnivores à la vision fréquente de viande fraîche sans propriétaire apparent, surtout qu'il n'a jamais été dompté auparavant dans le sens de ne dévorer que de la chaire achetée et offerte par son maître.
Les interdits en Islam (adultère, alcool...) ne souffrent en réalité d'aucune contestation d'ordre théorique. On s'entend tous sur la gravité du problème que constitue l'adultère. Un mari, fusse-t-il du Groenland, du Kazakhstan, de la Suisse, ou de la Côte d'Ivoire aurait la même réaction de haine meurtrière devant l'amant de sa femme, et vice versa. Tout père ou toute mère de famille digne ne laisserait volontiers sa fille être la proie facile d'irresponsables individus. Quant à l'alcool, point n'est besoin d'épiloguer là-dessus eu égard aux campagnes de sensibilisation menées ça et là à travers tous les pays pour lutter contre les conséquences désastreuses de l'alcoolisme, du tabagisme et de la drogue. Le réel problème entre l'Islam et l'occident (en temps que courant de civilisation) est la rigueur avec laquelle cette religion aborde ses interdictions. En effet en occident, l'on préfère planter les germes du mal en espérant tout simplement calmer ses retombées, ce qui est une erreur manifeste. Demander à quelqu'un de boire juste un verre d'alcool et de ne pas en rajouter relève de la méconnaissance de l'âme humaine qui est sujette à tous les excès possibles.
Des femmes musulmanes descendent dans les rues à Paris pour défendre le port du voile (HIJAB) symbole du respect de leur dignité.
Faire confiance simplement à la force morale des individus pour éviter des comportements sexuels excessifs, c'est oublier la contexture même de la société car comme le dit l'Imam Mohamed Saghir dans le livre précité (P 18) «Le monde n'est pas peuplé que d'individus normaux. Il y a des malades forcenés, des névrosés, des obsédés, des paranoïaques, des vieux vicieux, des abrutis, des violeurs en puissance, des sadiques invétérés, des pervers, comme il y a des orphelins, des veufs, des veuves, des adolescents frustrés, des travestis, des profiteurs, des proxénètes à la recherche de nouvelles proies...»
Hélas ! aujourd'hui la population anormale telle que décrite semble être la plus nombreuse. Ce laxisme est malheureusement encouragé par certaines "religions" qui s'accommodent si bien avec ces nouveaux styles de vie de libertinage. On préfère celles-ci à l'Islam trop rigoureux ou "intégriste". Mais on oublie que la rigueur morale est un signe distinctif de la vraie religion. Dieu qui est transcendant et omniscient ne peut à la fois interdire un mal et autoriser ce qui peut créer ce mal. On sait aussi que ce laxisme s'explique par les retombées financières que les firmes produisant de l'alcool et leur cortège de bars ou autres provoquent notamment au niveau du fisc. Mais échanger l'équilibre moral, physique et psychique d'une société contre des devises, est-ce là la solution? surtout quant on sait qu'en aval, l'on dépense encore plusieurs milliards pour la construction de centres de santé (hôpitaux, centres spécialisés pour alcooliques,...) pour la lutte contre certaines maladies dont le SIDA...
Faire fi des sommes collectées au titre des impôts sur l'alcool, c'est investir pour la lutte contre la destruction de la société. L'exemple de la lutte contre la drogue est pourtant édifiant en la matière. La drogue génère des devises importantes et pourtant à travers le monde entier, l'on a dit d'une seule voix, Non.
Telle est la vision de la Charia islamique. Ne pas installer de débit de boisson alcoolique pour ne par créer des êtres à la conscience intermittente dans la société. Créer les conditions d'une spiritualité qui vaccine la société contre les faux appétits de la chair en couvrant la femme de vêtements décents qui inspirent le respect et découragent les diables. Ainsi l'on prévient le mal pour ne pas chercher à le guérir après.
QUE DIRE ALORS DE L'INTRUSION DE L'ISLAM DANS LA POLITIQUE ?
S'il est un concept aujourd'hui le plus utilisé dans les différentes législations à travers le monde, c'est bien celui de la laïcité c'est-à dire la nom implication de la religion dans les affaires de l'Etat.
L'histoire de la laïcité est bien connue. Elle découle du déclin du monarchisme absolu entre le 17 ème et le 18 ème siècle en Europe. Le compromis qu'il y a eu entre les révolutionnaires et le clergé à cette époque a concerné une religion, la chrétienté, pendant ce temps dans une grande partie de l'orient, l'Islam était vécu en partie ou en totalité économiquement, socialement, politiquement. Aucune révolution interne à ces pays n'a demandé le départ de l'Islam de la scène politique. Si nombre de ces pays ont par la suite adopté des législations inspirées d'ailleurs, cela s'est fait manu militari par la colonisation occidentale. Aujourd'hui cependant, force est de reconnaître que nulle part dans le monde, les législations ne font référence à une quelconque religion, à part l'Islam. L'Iran et l'Arabie Saoudite se réfèrent expressément au Coran comme base de leur législation. Bientôt en Afghanistan et dans les républiques Islamiques de la CEI, l'Islam sera la religion d'Etat. En Algérie, n'eût été le "hold up démocratique" opéré par ceux qui voguent à contre courant de l'histoire, l'Islam serait à la base de la vie politique. Dans de nombreux autres pays à population à majorité musulmane en orient, en Afrique noire comme au Maghreb, même si cela n'est pas écrit expressément, les législations se réfèrent pour l'essentiel aux valeurs islamiques en attendant la consécration politique. La position de l'islam à propos de la politique est donc claire et ne saurait souffrir d'aucune ambiguïté. Le champ d'investigation de la politique est l'homme à travers sa vie sociale. La religion ne s'intéresse pas à un personnage autre que l'homme aussi à travers sa vie sociale. Les deux champs s'entremêlant, politique et religion ne peuvent former qu'un seul bloc. En Islam il n'y a pas de scission entre religieux et laïcs, tout le monde est assujetti aux mêmes devoirs religieux. Un simple commerçant peut-être nommé Imam (chef religieux) s'il remplit les conditions suffisantes de connaissance et de foi. Il peut conserver son activité de commerçant et vaquer à ses occupations habituelles hormis les moments où il doit
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PLUME EN LIBERTÉ
diriger les prières quotidiennes.
L'ISLAM PEUT-IL GOUVERNER?
L'Islam a gouverné et continue de le faire. Contrairement aux autres prophètes de Dieu, le prophète Mohamed (PSL) a dirigé un Etat. Moïse (PSL) n'a pas atteint la terre promise. Le Christ (PSL) a été relevé vers Dieu à l'âge de 33 ans sans avoir été le chef d'une véritable communauté réunie au sein d'un Etat.
Le prophète Mohamed (PSL) a eu une jeunesse, a mené une vie de chef de famille et a été un chef d'Etat au vrai sens du terme. Ainsi sa vie toute pleine peut servir et servira pour toujours d'exemple à l'humanité toute entière. Tout au long de son apostolat, il a établi les bases d'une société Islamique, intégrant à la fois les dimensions culturelles, sociales, économiques, et politiques. L'originalité est qu'aucun de ces aspects n'est détachable de l'autre.
C'est l'occasion de dire que l'Islam possède un vrai projet de société qui tient compte des réalités humaines et se distingue ainsi des visions de ces pseudo-religieux qui ont voulu bâtir à une époque de l'histoire des modèles qui relevaient plutôt de l'ordre du métaphysique. Ce projet est contenu dans ses fondements dans le Coran, dans sa pratique dans les enseignements du prophète Mohamed (PSL) et de ses vertueux compagnons ainsi que dans la jurisprudence (Fiqh). Qu'on ne s'inquiète pas. Dans un Etat Islamique, les droits des minorités religieuses sont garantis. «Pas de contrainte en religion» proclame le Coran à la sourate 2. Verset 256.
Durant tout l'apostolat du prophète Mohamed (PSL) ainsi que sous le règne des khalifes, les minorités Juives et chrétiennes ont été protégées et leurs droits préservés tant qu'ils ne menaçaient pas la loi et l'intérêt des musulmans. Jamais ils n'ont été assujettis aux mêmes devoirs civiques que les musulmans (exemple paiement de la zakat). Les litiges les opposant entre eux étaient tranchés selon leur législation. Y a-t-il plus grande tolérance? Pendant que les Juifs étaient persécutés de partout en occident, ceux-ci trouvaient refuge dans les territoires musulmans. Si l'Etat d'Israël existe aujourd'hui, c'est bien d'abord grâce à l'hospitalité des Arabes qui leur ont offert les premières terres en Palestine pendant qu'ils étaient renvoyés d'Allemagne et d'ailleurs. On connaît la suite de l'histoire. L'ingratitude des Juifs a été la monnaie de cette marque de fraternité.
QUELLE POSITION ALORS POUR LES MUSULMANS DANS UN ETAT NON ISLAMIQUE?
C'est le cas des musulmans en Europe aux Etats-unis, dans les pays africains et singulièrement en Côte d'Ivoire. La laïcité qui a été érigée en principe constitutionnel dans ces pays ne peut et ne doit signifier que la stricte égalité entre les religions. Cette laïcité ne peut non plus vider la religion de toute son essence. Car cette même constitution garantit la liberté de culte en faisant référence à la déclaration universelle des droits de l'homme. Interdire la polygamie n'est elle pas une violation de ce principe quand on sait qu'il y a en Côte d'ivoire des millions de musulmans qui souhaiteraient se placer sous ce système matrimonial?
Des combattants moudjahidines. Bientôt l'Afghanistan République islamique.
Où est la laïcité, quand on constate sans moyens de défense que toute la vie politique nationale est régentée par une religion?
Y'a-t-il une religion d'Etat en Côte d'Ivoire?
Si oui, alors cette religion devrait être celle de la majorité.
Dans ce cas alors, consultons les statistiques. Elles ne sont pas pourtant cachées...
CHARIA ET DROIT PÉNAL
S'il est enfin une critique acerbe lancée contre l'islam, c'est bien en son droit pénal. La charia est tout simplement assimilée au droit pénal. Lorsqu'on évoque en effet le terme de charia ou tout simplement du Coran dans certains milieux notamment occidentaux, c'est la vision immédiate de la main coupée du voleur, de la peine de mort. Certains chefs d'Etat aussi (Gaffar El Nimeiry au Soudan) plus soucieux de préserver leur pouvoir que de faire la promotion de l'Islam ont commencé par appliquer ces peines en déclarant vouloir faire de leur pays des Etats Islamiques. Corroborant ainsi les dires des détracteurs de l'Islam.
Est ce là la charia Islamique?
Le Coran comporte 6236 versets. 228 seulement sont consacrés à des prescriptions juridiques, parmi lesquels 70 le code civil des biens et des personnes, 13 la juridiction et la procédure, 10 le droit constitutionnel, 10 l'ordre économique et financier, 25 les relations internationales, 30 le code pénal.
Au total, 4% du Coran pour le droit et 0,7%(*) pour le pénal. En somme la quasi-totalité du Coran traite de la foi et de la morale, de la "voie droite", c'est à dire des fins à poursuivre pour accomplir la volonté de Dieu.
Vouloir donc appliquer la sanction pénale en dehors de tout le contexte coranique qui lui désigne une vision globale de la vie de notre comportement, ce serait commencer par la fin. C'est à dire exiger des sanctions avant que ne soit réalisée la justice sociale, objectif d'abord recherché par Dieu à travers le saint Coran.
La charia n'est pas un code mais un mode de vie. C'est une loi exigeante, commandant tous les aspects intérieurs et extérieurs de la vie. Il est possible de tromper un partenaire dans une transaction, un pacte ou un contrat; il est possible de tricher dans son travail ou ses relations avec autrui; il est possible à un chef politique de mentir à un peuple; mais il n'est pas possible d'être trompeur si l'on a conscience d'agir, en toute chose sous le regard de Dieu, "celui qui entend et qui sait tout". (Coran S2, V127).
Le code pénal s'inscrit dans le contexte d'une justice sociale telle que les infractions qu'il sanctionne (vol, adultère...) n'auraient plus de place et par conséquent la sanction plus d'objet. Cela est si vrai que l'un des plus proches compagnons du prophète, Omar, lorsqu'il devint Khalife, suspendit la punition de la main coupée du voleur en période de famine, où il n'était pas possible au pouvoir de faire régner la justice sociale.
QUELLES RÉALITÉS SUR LE TERRAIN?
Prenons un exemple bien simple: l'Arabie Saoudite où la charia est applicable et un quelconque pays européen ou américain à législation "laïque".
Le premier pays c'est à dire l'Arabie Saoudite aurait une législation "barbare" selon les détracteurs parce qu'il couperait la main au voleur. Le deuxième pays serait "civilisé" parce qu'il aurait une législation beaucoup plus souple se contentant de mettre en prison le voleur.
Cependant dans le premier cas, l'Islam étant appliqué dans sa globalité, l'injustice sociale disparaît et avec elle toute forme de vol et de banditisme. Aujourd'hui en Arabie Saoudite l'on peut circuler en toute sécurité. Les cas de vol, meurtre, adultère... sont rarissimes. Les peines sont donc quasi inappliquées. La "barbarie" reste dans les textes et la paix s'installe dans la vie publique.
Dans le second cas le texte demeure "civilisé" mais la barbarie s'installe dans la vie sociale (grand banditisme, meurtres, enlèvements, viols...). Cet exemple doit servir ceux qui ont la charge de notre sécurité. Le droit seul ne peut résoudre le problème de l'insécurité. Il faut commencer par établir une harmonie entre les différentes couches sociales. Que conclure? Que la raison retrouve son trône. Il est grand temps que l'on se débarrasse des apriorismes et des idées préconçues. L'Islam n'est pas une religion dogmatique. Il repose avant tout sur la raison. «Le Coran a été révélé pour les gens doués d'intelligence» nous apprend le saint Coran.
(*) Sélection de chiffres réalisée par Roger Garaudy
1er CONGRES DE L' AJMCI
MOUSTAPHA SOUMAHORO À LA BARRE
Le premier congrès extraordinaire de l'AJMCI ( Asssociation des Jeunes Musulmans de Côte d'Ivoire) s'est tenu du 18 au 20 avril 1992, au lycée scientifique de Yamoussoukro. C'est le frère Moustapha Soumahoro qui a été porté à sa tête pour une durée de 2 ans.
Les participants à ce congrès ont eu à plancher sur le thème "quelle stratégie pour l'intégration du jeune musulman dans le système économique", à établir les statuts et règlements intérieurs et à définir la politique économique et de financement de l'association.
L'équipe du nouveau président aura comme tâche principale, asseoir les bases de l'association et lui donner une audience plus large. Gageons qu'elle soit à la hauteur des espoirs placés en elle.
Doumbia Nouho
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PLUME POLITIQUE
ONU
IL FAUT DEMOCRATISER “LE GRAND MACHIN”
Par Dembélé Al Séni
Démocratie par-ci, démocratie par-là. Depuis la brèche ouverte dans le système communiste, brèche qui se transformera en un vent puissant qui balayera les dictatures populaires de l'ancien bloc de l'Est (et emportera au passage son initiateur le grand Gorby), ces quatre syllabes dé-mo-cra-tie semblent être devenues le sésame de cette fin de millénaire. Partout les peuples se soulèvent pour réclamer le droit à l'égalité, à plus de liberté et de justice. Cette volonté légitime des populations quoique connaissant des fortunes diverses en fonction des pays est un signe positif de l'évolution de l'humanité. Il faut souligner le rôle de premier plan joué par les grands pays occidentaux dans cette évolution. Rappelez-vous le fameux sommet de la Baule qui vit la France établir un lien direct entre l'aide aux Etats africains et l'évolution démocratique de ces pays.
Mais, ce qui ne manque pas de surprendre dans ce grand bouleversement actuel, c'est l'ONU. La plus grande et la plus importante des organisations internationales, qui symbolise l'aspiration à un monde d'égalité, à un nouvel ordre où les nations se parleront et discuteront d'égal à égal et cela pour le règne de la force du droit reste curieusement indifférente à l'évolution du temps.
Le “grand machin” comme l'appelait le général De Gaulle refuse de faire sa “toilette” démocratique. Et pourtant ...
UN INSTRUMENT NÉCESSAIRE
Au sortir de la folie de la 2e Guerre Mondiale, le monde entier avait besoin d'un instrument politique et juridique qui lui permette de garantir la paix et la sécurité collective. De ce point de vue, la naissance de l'ONU en 1945 sur les cendres de la SDN (Société Des Nations créée en 1919) était plus que louable. On s'était pris à rêver à un monde plus humain surtout avec les discours humanistes d'un Roosevelt qui ne finissait pas d'idéaliser le “nouveau monde” naissant dont l'ONU serait le meilleur garant. Mais, le contexte même de la naissance de l'ONU : fin de guerre avec des pays vainqueurs et triomphateurs (USA, URSS, Angleterre et dans une moindre mesure la France) et des pays vaincus et humiliés principalement l'Allemagne et le Japon pouvait-il permettre la réalisation d'un tel objectif ? On en doute surtout que les pays alliés (les vainqueurs de la guerre) étaient pour la plupart soucieux de se poser comme les sauveurs du monde et donc de s'arroger le rôle de super-gendarmes chargés de sa protection. Dès lors, au delà des discours rassurants et de l'appel au plus grand nombre possible de pays pour la mise sur pied de l'organisation des nations-unies, les dés étaient déjà pipés. La structuration de l'organisation sera la meilleure illustration de cette supercherie.
L'ONU dans ses actes, ou quand un seul pays décide pour l'humanité
UNE STRUCTURATION... À LA COMMUNISTE
L'ONU par sa structuration n'a rien à envier à la machine soviétique. Dans un pays comme l'ex URSS, le pouvoir se caractérisait par son extrême concentration. Le soviet suprême prenait ou (feignait de prendre) les grandes décisions et décidait les grandes orientations, mais l'essentiel du pouvoir se retrouvait aux mains du secrétaire général du Parti Communiste. De temps à autre un Président jouait le rôle de chef du protocole. A quelques nuances près, ce schéma est celui adopté par l'ONU.
L'Assemblée Générale de l'ONU, instance de l'organisation où siègent tous les pays membres avec pour principe un pays une voix, est en réalité dépourvue de tout pouvoir. Elle adopte certes des résolutions mais dans la pratique, ces résolutions ne sont que des appels sans force exécutoire réelle. L'Assemblée Générale s'apparente donc au Soviet Suprême. Elle est devenue aujourd'hui le forum de défoulement des “sans grades” de la communauté internationale, c'est-à-dire de tous les pays n'appartenant pas au Conseil de Sécurité et ne pouvant comme Israël, l'Allemagne ou le Japon lui faire accepter leur désir.
Le Secrétariat Général, c'est l'équivalent de la présidence des Républiques soviétiques avec un Andréï Gromyko, une espèce de super-concierge chargé de la gestion du palais de verre et de la “nomination” de ses collaborateurs.
Quant au Conseil de Sécurité, c'est le véritable maître des lieux. Figurez-vous que même le choix du Secrétaire Général ne devient effectif qu'avec son aval. L'alter ego du Secrétaire Général du Parti Communiste dans notre comparaison, le Conseil de Sécurité, symbolise plus que tout, l'injustice et l'échec du système des Nations-Unies.
CINQ PAYS POUR DÉCIDER DU SORT DE L'HUMANITÉ
Le Conseil de Sécurité de l'ONU comprend des membres non permanents et des membres permanents. Ces derniers sont dotés du droit de veto, véritable pouvoir dictatorial qui leur permet d'orienter les décisions de l'ONU en leur faveur ou tout au moins de bloquer toute décision n'allant pas dans le sens de leurs intérêts fut-elle approuvée par les autres pays de l'organisation (plus de 150 actuellement). Ils sont au nombre de cinq. Ce sont les Etats-Unis, la Russie (en lieu et place de l'Union Soviétique), la France, la Chine et l'Angleterre. A cinq donc, ils décident du sort de l'humanité. Ce système inique et unique en son genre dans l'histoire des relations internationales est à la base d'abus de toutes sortes. On l'a bien vu et on continue de le voir encore, c'est lui qui a permis aux Etats Unis de mener la guerre de Corée, à l'Union Soviétique d'envahir l'Afghanistan, à l'Angleterre de “reconquérir” les Malouines. Ces pays peuvent se permettre de telles équipées parce que sûrs de leur impunité sur le plan international. Peut-on en effet être juge et partie et se condamner ? Or la pratique du droit de véto fait des pays membres du Conseil de Sécurité les seuls juges de leurs actions intérieures comme internationales.
LE PLUS GRAVE EST À CRAINDRE
Bien que anti-démocratique et inique, le Conseil de Sécurité, par le jeu de l'opposition bipolaire Est-Ouest qu'entretenaient les Etats-Unis et l'Union Soviétique gardait un certain équilibre. La volonté hégémonique des deux super-grands se neutralisait pour une grande part et la domination sur le plan international était partagée. Les petits pays pouvaient s'appuyer sur tel ou tel bloc pour se faire entendre ou pour affirmer leur existence et leur présence en tant qu'Etats souverains. Mais, depuis la désagrégation de l'Union Soviétique, cet équilibre est rompu. La Russie affamée est devenue un “mendiant” auprès des occidentaux ; la Chine pour ses besoins en capitaux s'est départie de son rôle de porte-voix et de protecteur des Non-Alignés et s'est enfermée dans un mutisme total face aux événements internationaux. La France fière et orgueilleuse de son indépendance sous le général De Gaulle n'est avec Mitterand qu'un “béni oui-oui” des Etats-Unis, rejoignant en cela l'Angleterre qui depuis la fin de la 2e guerre mondiale a accepté son statut “d'ex-grande puissance en voie de sous-développement” et s'est rangée sous la bannière américaine. C'est dire donc que de cinq membres de façon nominale, le Conseil de Sécurité n'en comprend aujourd'hui qu'un seul de façon effective. Il y a un seul pays qui décide aujourd'hui pour le monde entier : les Etats-Unis d'Amérique.
Cette domination unilatérale de l'Amérique sur la scène internationale s'est déjà soldée par la destruction de l'Irak et le vote d'un embargo aérien et militaire contre la Lybie. Cet embargo vraisemblablement va se généraliser et atteindre surtout le pétrole et se transformer en blocus... puis ce sera l'intervention militaire directe. Scénario devenu classique. Désormais en effet, tout pays sait qu'il a le choix : les relations internationales “made in USA” ou le bâton. On peut dès à présent donner les noms des prochains pays qui seront dans le collimateur de l'oncle Sam : La Syrie et l'Iran, au moyen-orient, Cuba en Amérique latine.
Les Etats-Unis ont donc ajouté au “dollar diplomacy”, “l'ONU diplomacy” au demeurant plus civilisé et plus efficace.
DES RÉFORMES SONT NÉCESSAIRES
Pour sortir les nations-unies de leur rôle actuel de pendant international du Congrès américain, il convient d'opérer des changements radicaux dans le système de fonctionnement de l'ONU.
Le mieux serait de supprimer le Conseil de Sécurité et de remettre à l'Assemblée Générale les prérogatives actuelles de cet organe. Ce faisant, l'ONU retrouvera une aura nouvelle et donnera l'exemple même de la démocratie au monde entier. A défaut de cela, on peut envisager l'élargissement de ce tout puissant Conseil de Sécurité à d'autres pays, la suppression du droit de véto. Les sessions de l'Assemblée Générale éliront les membres du Conseil pour 3 ans. Le Conseil de Sécurité dans son fonctionnement nouveau prendrait ses décisions à la majorité de ses membres. Il reste entendu que par un système de rotation bien compris, chaque pays aura son tour au Conseil de Sécurité. Bien sûr, au regard des réalités internationales actuelles, on ne voit pas comment ces transformations pourraient voir le jour tant les Etats-Unis semblent maîtriser la situation. Mais, l'histoire de l'Humanité a toujours démontré qu'elle a su sécréter le contrepoids nécessaire à tout pouvoir dominateur. La parenthèse américaine sera elle aussi tôt ou tard refermée.
Et puis, il y a moins de cinq ans régnait encore la toute puissante URSS confortablement assise sur la forteresse communiste. Aujourd'hui, la CEI (Communauté des Etats Indépendants) tente désespérément de se maintenir sur les vestiges du géant déchu. Tout est donc possible. Alors, Wait and see.
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LITTERATURE ET SCIENCES
LE MIRACLE CORANIQUE
Au nom de Dieu, le clément ; le tout miséricordieux. Dieu soit loué, que la paix et la bénédiction soient sur son envoyé Mohamed et tous ses compagnons.
A travers les temps, Dieu, tout puissant a envoyé une suite de messagers qui ont guidé l'humanité et révélé l'Ecriture. Ces messagers s'appuyaient, a chaque fois, sur des miracles divins qui ont prouvé aux croyants qu'ils étaient réellement envoyés par Dieu
Moïse (PSL) se rendit chez le pharaon appuyé par des miracles tels que celui de transformer des objets en serpent. Jésus (PSL) était soutenu par des miracles tels que ressuciter des morts et guérir des aveugles de naissance.
Avant la venue de Mohamed (PSL), les miracles divins soutenant les envoyés de Dieu étaient localisés dans le temps et dans l'espace, c'est dire que seuls les gens qui étaient présents en un lieu donné et à une heure donnée étaient capables de témoigner de tels miracles. Personne d'entre nous, par exemple, n'a vu Moïse quand il jetait son bâton et le transformait en serpent, personne d'entre nous n'a pu témoigner Jésus quand il transformait de l'argile en oiseau pour en faire ensuite, par la volonté de Dieu, un oiseau vivant.
Puisque Mohamed (PSL) est le sceau des prophètes et le dernier envoyé (coran 33 : 40) , il est logique que le miracle divin qui soutient sa mission soit éternel et perpétuel afin que les générations puissent en témoigner. Il s'en suit aussi que le message qu'il a livré et le miracle qui en dérive soient parfaitement préservés et protégés de la moindre altération (voir Coran 17 : 88).
Quel est le miracle de Mohamed (PSL) ? Le divin message livré par le coran nous informe que le miracle qui soutient sa mission est le Coran lui même (29 : 49-50).
Les événements historiques des 1400 dernières années confirment clairement la divine vérité. Ainsi, chaque génération d'êtres humains suivant l'avènement de Mohamed a témoigné d'aspects indéniablement miraculeux dans le saint-coran. La 1ère génération de l'Arabie post-islamique, reconnue pour son excellence littéraire, à la fois en poésie et en prose était terriblement charmée et bouleversée par la perfection littéraire et linguistique du coran révélé par un illetré.
Les générations suivantes ont pu voir des miracles de plus en plus convaincants dans le coran. Au fur et à mesure que les mystères de l'univers étaient dévoilés par les progrès scientifiques technologiques, ceux qui étudient le coran ont noté que de nouvelles découvertes avaient déjà été mentionnées dans le Coran. Par exemple, quand l'humanité se pâmait en découvrant que la terre tournait sur elle-même et autour du soleil ; on pouvait noter que le Coran avait confirmé ce fait sans ambiguïté (27:88)
"Tu verras les montagnes, que tu croyais immobiles, passer comme des nuages. C'est une œuvre de Dieu : Il fait bien toute chose. il est parfaitemment informé de ce que vous faites "
Et quand on a découvert que la forme de la terre était ronde, ceux qui étudient le glorieux Coran ont vu qu'il est confirmé en termes clairs dans le verset 5 de la sourate 39, "Il enroule la nuit sur le jour ; et il enroule le jour sur la nuit" Les termes de ce verset-sacré ne laissent aucun doute que l'enroulement de la nuit sur le jour et l'enroulement du jour sur la nuit ne sont possibles que parce que la terre est ronde . Dans le même sourate, au verset 24, nous voyons que le commandement viendra de nuit ou pendant le jour, "Le Dieu omniscient, évidemment sait exactement quand la vie sur terre s'achèvera que ce soit pendant la nuit ou pendant le jour. Mais la vérité est que la terre est une moitié dans le jour et une moité dans la nuit à n'importe quel moment, eu égard à sa forme ronde et à l'incidence de la lumière sur l'un de ses côtés. D'où la déclaration divine dans le verset 39-24 que la fin viendra " pendant la nuit ou pendant le jour ". La Science que la moitié de la terre est dans le jour et l'autre moitié dans la nuit à n'importe quel moment n'était pas accessible aux temps de la révélation du Coran.
Une autre génération d'êtres humains a vu un autre miracle du Coran quand on a découvert que le soleil est une "source " de lumière tandis que la lune n'est qu'un simple réflecteur de la lumière solaire. Le Coran avait déjà confirmé cette "découverte" dans les versets 10 : 5, 25 : 61, 71 : 16 où le soleil est appelé avec insistance "SIRAJ" = lampe, tandis que la lune y est décrite comme lumière.
Un autre exemple est la déclaration du Coran dans le verset selon laquelle la disponibilité d'oxygène diminue avec l'altitude. Cela prendrait beaucoup de volumes, s'il fallait mettre en évidence tous les traits miraculeux qui se sont manifestés dans le Coran pendant des générations passées. Cet article a pour objet, les miracles Coraniques manifestés à notre propre génération et illustre la pérennité du miracle divin qui supporte le dernier message de Dieu.
RACHID Khalifa
"Analyse informatique des miracles du saint Coran"
PROCHE ORIENT
LA PAIX INTROUVABLE
Considéré comme un foyer de tension inextinguible. Il n'est point besoin de décrier les horreurs, les crimes abominables perpétrés dans cette région du monde, dévastée par une guerre qui ne dit pas son nom.
Plus que les conflits séculaires entre nations Arabes et Juifs, il s'agit aujourd'hui de parvenir à une paix difficilement négociable. Cela en raison des positions divergentes des parties.
Le processus qui a cours trouve son explication dans les prises de position pendant la guerre du golf. Les régimes Arabes se sont vus administrés différents traitements, de la part des Etats-Unies et ses accolytes Occidentaux. Et pourtant avec la obstentation et fracas, ils se devraient d'être dignes des choix faits, symbole véritable de leur souveraineté.
L'OLP alors taxée de complicité tacite avec l'Irak, voit décliner son pouvoir politique au sein des instances internationales. La justice internationale voudrait que l'on pense comme les Américain, qui avec les mêmes arguments éculés, absolument dépourvus d'originalité proposent, une conférence de paix entre nations Arabes et Israël.
VERS LA COMPROMISSION PALESTINIENNE.
Nonobstant ses insuffisances et son caractère anachronique, le succès d'un telle démarche réside dans la création de conditions saines de discussions.
On s'explique avec peine, que l'on n'ait pu associer la centrale Palestinienne aux négociations, tenir compte du droit du peuple palestinien à établir un pouvoir national indépendant sous la direction de l'OLP en sa qualité de seul et légitime représentant du peuple palestinien, sur chaque portion de territoire libéré, est une exigence particulièrement impérieuses. Cela peut paraître péremptoire, dans la mesure ou l'on parle aujourd'hui de partage des eaux, de sécurité régionale, de désarmement, qui sont certes des questions importantes, mais pas un préalable aux discussions. Pour un début de reglement de la brulante question des réfugiés Palestieniens victimes de frustrations variées, l'on a trouvé mieux que l'intégration sur place.
Ce type de solution de nature à éluder les véritables problèmes, est comparable au soutien économique et militaire quasi-inconditionnel des Etats-Unis à l'Etat hébreux dont il faut appeler une cessation totale, sont ici des conditions sous-jacentes si l'on veux parvenir à une paix juste et durable.
LA MISE EN SCENE ISRAELIENNE
Les négociations actuelles comportent à l'évidence, une volonté de l'administration Shamir, de se livrer à des manœuvres dilatoires, pour enliser les débats, en se cantonnant dans des considérations visant à éviter les préoccupations fondamentales,. Cela correspond bien à l'un de ces cas où l'excès d'ambition condamne à l'absence de résultat.
5 Janvier 92, bannissement de 12 activistes Palestiniens
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INFOS - PLUME
des territoires occupés, tollé d'indignation de la délégation Palestinienne qui surseoir à sa participation au 2è round des négociations prévues pour le 7 janvier 92. Outre cela, en dépit de la désapprobation de l’opinion Internationale, Israël poursuit avec détermination l’implantation de colons Juifs dans les territoires occupés, point jugé non négociable par Tel-Aviv.
3è round des négociations multilatérales à Moscou entre Arabes et Israéliens les 28 et 29 Janvier 92. Deux faits marquants à relever, l’absence de la Syrie, du Liban, et les questions à l’ordre du jour évoquées plus haut.
L’absence Syrienne n’est pas à négliger, car elle dispose d’une voix prépondérante dans les relations inter-arabes.
LA Syrie est la créatrice de l’Arabisme, le premier pays qui ait inscrit à l’article 1 de sa constitution : «La Syrie est une partie de la Nation arabe». Cette aspiration est si profonde et si ancienne chez elle, qu’elle fait partie de son sang.
Elle est l’une des nations Arabes à payer cher le désastre militaire de Juin 1967 avec la perte du Golan. Rien ne peut se décider dans cette région sans la Syrie. Les questions évoquées à la table des négociations sont certes importantes pour les parties, mais face à l’intransigeance de l’Etat Hébreux certaines questions majeures ne sont traitées qu’avec une approche superficielle. Pour couronner le tout, Israël menace de boycotter les discussions, si l’on associe la Diaspora Palestinienne.
QUELLE ISSUE POUR JÉRUSALEM
On se garde d’aborder des questions telles que le statut de Jérusalem, que Israël considère bon gré mal gré comme sa capitale. Et pourtant des solutions “ad libitum” ont été rejetées par l'Etat Hébreux, en des moments indiqués. Même s’il apparaît prématuré de poser des problèmes d'une telle acuité à ce stade des discussions, il ne faut pas se leurrer, Israël n'est guère prête à admettre Tel-aviv comme capitale, encore moins à envisager un partage voire une Internationalisation de Jérusalem.
LE TRIOMPHE DES VERTUS MORALES
Les excès d’inconvenance, rappellent l'Israël, intraitable, pourvu amplement de moyens de destruction face à des personnes sans défense. Sur la foi de déclarations parfois simulatrices, l’Etat Hébreux se livre à des raids contre des positions pro-palestiniennes. Pour peu qu’une instance ou un Etat souverain condamne Israël pour telle ou telle politique à l’égard des Arabes, il s'ensuit une série de représailles et de contre- représailles. Aujourd'hui c’est Israël qui constitue une menace pour la paix, pas les palestiniens et surtout pas l’intifada. L’humanité devrait avoir honte d’une telle conception de vertus aussi nobles que la justice et l’égalité. Ne sommes-nous pas en train d’accréditer une certaine opinion, qui voudrait croire que l’apartheid et ses accessoires sont des attributs normaux de l’existence. Ce n’est pas d'une intégration qu’ont besoin les palestiniens des territoires occupés, mais d'une patrie. Cela est une vérité historique que ni les sympathies, ni les antipathies politiques ne sauraient travestir. Il convient d’affirmer au plus haut point, le droit de chaque peuple à disposer d’une patrie et à l'autodétermination.
Les écarts de conduite entre Israël et les Etats-Unis, ont souvent les allures d’une dure leçon de réalisme. Les incartades de l'Etat-Hébreux a quand même suscité des réactions, de la part de l'administration Bush, qui de temps à autre s’efforce timidement de marquer sa distance à l’égard d'Israël. Le refus des Etats-Unis de garantir les fonds nécessaires pour l’implantation de colons Juifs dans les territoires occupés, en est une illustration.
Ce recours au courage, ce durcissement de la volonté et du ton sont dignes d'admiration. Souhaitons que cela prenne le pas sur la complaisance et les ardeurs supra-nationalistes.
Doumbia Nouho
AFGHANISTAN :
KABOUL LA CITADELLE AUX MAINS DES MOUDJAHIDINES
Les combattants islamiques d’Afghanistan qui contrôlent la quasi-totalité du pays sont aux portes de la capitale.Le président Naji Bulah a pris la clé des champs et s’est réfugié à l'ambassade de l'Inde à Kaboul dont la chute n’est plus qu'une question de jours (inchallah).
Pour la première fois de l'histoire, l’Amérique a armé et soutenu des combattants qui se réclament de l'islam.
Mais attention ! Tout comme l'arbre ne doit pas cacher la forêt, il faut remarquer que ce soutien entrait dans le cadre de la guerre froide. C'est maintenant plus que jamais que les différentes fractions afghanes doivent rester vigilantes. Déjà, l'Amérique leur demande de déposer les armes et de passer aux négociations. L'oncle Sam s'accommodera-t-il d’un pouvoir islamique pur à Kaboul? Ce n'est pas sûr. Alors, vigilance.
ANTIPODES
Le samedi 04 Avril 1992, jour de l’Aïd El Fitr, nombreux sont les musulmans qui sont restés auprès de leurs postes radio pour suivre les rares émissions consacrées à cette fête. Ce samedi 04 dans la matinée, le métronome Kaba Taïfour a animé une émission d'une très haute portée spirituelle. Elle consistait en un Tajwid et Tafsir (lecture psalmodiée et commentaire en Français du Saint Coran), le tout entrecoupé de cantiques. Il faut également noter l’émission de Raphaël kinambari avec la chorale de Salah Eddine. Riches et instructifs, ces quelques moments passés en compagnie de Radio côte d'Ivoire ont épaté plus d’un auditeur. Aussi, s’attendait-on à la pareille à la télévision surtout que l'émission Allahou Akbar vient de subir une cure de jouvence. Là, l’attente ne fut pas totalement comblée.
GRANDE BRETAGNE:
DES CHAUSSURES SATANIQUES
Après Salman Rushdie pour son livre, un autre blasphématoire de l’Islam sur le marché Londonien (encore Londres): des chaussures sur lesquelles se trouve graver le plus célèbre verset du Coran ( Il n’ y a pas d'autre Dieu qu'Allah).
Priée de retirer cette marchandise offensante de ses rayons , Mme Diana Lewis alléguant son ignorance a pour toute réponse refuser d’obtempérer et ce qui devrait arriver arriva le week-end Pascal.
La boutique de Mme Diana détruite par un incendie d’origine criminelle, les auteurs de l’attaque ont fracassé la vitrine du magasin avec une voiture avant de mettre le feu au véhicule.
Mme Diana qui craint pour ses deux autres boutiques "Valentina” à Nottinghan et Peterborough est enfin revenue à des meilleurs sentiments acceptant de se plier aux exigences de la communauté Musulmanes qui estime que “ C’est pire que Rushdie; Rushdie a écrit un livre que l'on porte dans les mains. Là, on foule aux pieds le nom du Sacré (du prophète).
La commerçante d’origine Italienne, qui est tombée des rues ignorait-elle le sens des enjolivures gravées sur les chaussures dorées importées d’Italie et qui coûtent environ 36 000 F CFA?
ALGÉRIE :
LES ÉTUDIANTS POUR LA DÉFENSE DU CHOIX DU PEUPLE
Les étudiants Algériens réunis au sein du M.U.D.C.P ( mouvement universitaire pour la défense du choix du peuple entendent harceler le pouvoir du groupe Boudiaf jusqu’à ce qu'il accepte le choix du peuple clairement exprimé lors des dernières législatives. Pour cela, ils multiplient depuis quelques mois meetings, manifestations et grèves de protestation. Malgré la brutalité des actions de répression à leur égard, ils entendent aller jusqu'au bout de leur action.
SI LE RIDICULE TUAIT...
Abdel Kader Hachani le dernier président du bureau provisoir du Fis est toujours maintenu en prison malgré le rejet par la chambre d'accusation du tribunal d'Alger des accusations retenues jusque là contre lui. .Naturellement, pour maintenir M. Hachani en prison, le pouvoir n’a pas cherché loin: ” Ecrits et informations de toutes sortes incitant à la révolte" tel est le nouveau chef d'accusation retenu contre lui. Vraiment, si le ridicule tuait ...
Une selection de D.H.L et Mohamed Anafoj
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SPORT & DETENTE
ATHLETISME
GABRIEL TIACOH N’EST PLUS
Le premier ivoirien médaillé aux Jeux Olympiques s’est éteint le Jeudi 2 Avril à l’hôpital de l'Université d’Emory à Atlanta, Géorgie (U.S.A) des suites d'une méningite.
Né le 10 Septembre 1963, Gabriel Tiacoh avait connu très tôt l'aventure avec ses parents. Sa brillante carrière débutée en France s'est donc brutalement achevée aux Etats-Unis d’Amérique après sa décision de se retirer des pistes en 1990.
A sa veuve et à toute sa famille, la rédaction de “Plume Libre” présente ses condoléances les plus attristées. Adieu, Tiacoh, et que vive le sport!
K.S.
COUPES AFRICAINES DE FOOTBALL
BON DEBUT DES EQUIPES IVOIRIENNES
Le championat africain des clubs est reparti. Et comme chaque année la Côte d'Ivoire est représentée dans chacune des compétitions. En coupe des clubs, nous avons l’Asec Mimosas pour la deuxième fois consécutive, en coupe des coupes, l'Africa Sport National, en coupe de la CAF le Sporting Club de Gagnoa et en coupe UFOA le Stade d’Abidjan.
Le ton a été donné cette année par l'Africa Sport National, en coupe des coupes. L’équipe de Mémé Yaya a eu l’honneur et le privilège d’ouvrir les compétitions africaine des clubs. A cette occasion, elle était opposée au PORT'S AUTHORITY de Sierra Léone. Cette équipe ne fit pas le poids devant les poulains d'Ibrahim Sunday qui après un nul (2-2) obtenu sur terrain adverse ont fait une bouchée de leurs adversaires au match retour sur le score sans appel de 4 buts à 0. Avec cette éclatante victoire l’Africa se qualifie pour les prochains tours et se présente comme un sérieux prétendant pour Dame coupe (rappelons qu’elle a déjà enlevé a trois reprise la coupe UFOA)
L’Asec a rencontré pour les premiers tours des clubs champions sa sœur jumelle du Burkina, L’EFO. (Elles ont le même sponsor).
A l’aller, les hommes de philippe Troussier ont réalisé une belle performance en l’emportant par 2 buts à 1. Au match retour, les Mimos confirment leur supériorité en battant cette fois-ci leurs adversaires par deux but à zéro (2-0). C’est donc le plus logiquement du monde que l’Asec de Ben Badi se qualifie pour le second tour, où elle devra rencontrer le Horoya de Conakry. Une autre manche qui promet. Car comme on le sait, les guinéens ont toujours constitué un obstacle pour les Mimos : l’on se souvient encore des années 1973, 1976 avec un certain Asec-Hafia et non loin de nous un certain Asec- Kaloum Star. L’Asec des Pokou et autres n’a rien à voir avec l’Asec des Ben Badi, Gadji, Bassolé, qui en ont gros sur le cœur après leur élimination étriquée de l’année dernière face au gigantesque Iwanyawu du Nigéria.
La grande innovation est l’introduction de la coupe de la CAF et c’est le Sporting Club de Gagnoa qui a l’honneur, en tant que club ivoirien d’en faire la première exploration. Son adversaire s’appelle le Petroca, une équipe centrafricaine. Le Match aller s’est joué en deux manches pour cause de pluie. A la première manche, Gagnoa menait 2-0 avant qu’une pluie ne vienne gâcher la fête. A la seconde manche, Gagnoa récidive et bat son adversaire par trois buts à zéro (3-0).
Le Stade quant à lui attend la fin du litige FIF/UFOA pour se lancer dans la bataille. Après avoir enlevé le tout premier trophée UFOA (1976), les Bleu et Rouge sont revenus pour le reconquérir mais sans succès. Souhaitons que ce litige trouve une issue favorable pour que l’équipe d’Aduo Luc s’exprime comme ses sœurs.
CAUNEY ISSAH
TÆ KWON DO
LA FEDERATION DEVANT LES TRIBUNAUX ?
L'ÉQUIPE de Me Tonga Jules serait actuellement en difficulté pour un problème d’assurance. Un véritable scandale!
En effet, un athlète de l’Abidjan-Université-Club, blessé en juin 1991 au Palais des Sports de Treichville, et victime de l'irresponsabilité de la FITKD et de l'AUC, a décidé de les poursuivre en justice par l'intermédiaire de son avocat, Me Diallo, du cabinet Mariani. Selon une enquête menée auprès de certaines compagnies d’assurance, il semble qu’aucun pratiquant de Tae-Kwon-Do ne soit assuré. Et pourtant dans chaque club, il est exigé que tous- enfants ou adultes, débutants ou gradés -s’acquittent de leurs primes d'assurance. Et là encore les tarifs les plus farfelus sont appliqués, généralement à la tête du client.
Plus grave, il semble que ce soit le cas pour tous les arts martiaux, et même pour la plupart des disciplines sportives. Quand on connaît les risques qu’encourent les athlètes, surtout dans les sports de combat, un tel état de fait ne peut que révolter. D’autant plus que le championnat national interclub de Tæ Kwon Do, débuté le 15 Mars se poursuit et doit connaître son apothéose le 17 Mai prochain.
Vivement que le ministre Réné Diby, dont on connaît le dynamisme, assainisse ce secteur pourtant clé de son département. Et dommage que le respect du grade ait jusqu’à présent empêché de dénoncer ces responsables à qui il coûte tant de reverser aux compagnies d’assurances les cotisations des adhérents. On attend de voir en tous cas, ce que feront le Directeur des Sports, M. Namogo Silué Alfred et son Sous-Directeur des Sports Civils, M. Goméné, saisis de l'affaire.
K.S.
LE MOT CACHE N°1 : On le fait au nom de Dieu
Abus- Adam- Afrique- Akbar- Allahou— Amer- Ami- Amour - Arabe- Art- Balte- Bananes- Bébé- Bien-Bile- Bismillahi- Bit- Boa- Carême- Ciels-Cors- Dieu- Ebat-Egypte- Epouses- Femme- Foi- Imam- Impur- Islam- Joie- Justice- Kaaba- Loi- Luxe- Mal- Maroc- Mecque- Mohamed- Mosquée- Musulmane- Nattes- Oulema- Pan- Pélérins- Pic- Près-Prière- Rive- Roi- Roue- Rouer- Saut- Sérieux-Sion- Sort-Star- Tacs- Vers- Vert- Vrai.
MOTS CROISES - N°2 PAR KONÉ SEYDOU
HORIZONTALEMENT
I- Feuilles de Pureté- Toit. II- Richesse- Langage très codé- III- Récipients- Dans la voix. IV- Lettres du premier- Le Clément, le Miséricordieux- V-Détester sans raison- Soumission à Dieu. VI- En état de pureté- Utilise- Vil- Fin d’un jeu de société du nom d'un animal aux yeux rouges- Ainsi de suite. VIII- Test psychologique où le sujet invente une histoire complète- Rapidement. IX- Dans le gîte - Imitation grossière de caractère cynique- X- Introduction- lentille, fin de revers.
VERTICALEMENT
1- Fracture présentant de nombreux fragments- 2- Ça brille et ça coûte cher- Dans une Fiat- Ragoût- 3- Paragraphe numéroté d’un texte sacré- 4-Président sans territoire, mont sacré- Entre 3 et 4- 5- A nous - Interjection- 6- Le pélérin y séjourne- Divinité Egyptienne- 7- Sur un siège- Lettres de vote- 8- Mi-enfant- Eclaircit- 9- Sceptre des dieux Egyptiens- Shoot- 10- Adverbe- Actions.
SOLUTION DES JEUX PRECEDENTS
Le mot caché: Kaaba
Mots croisés n°1: HORIZONTALEMENT: I- Générosité- II- Détrônés- III- No- Ici- Et- IV- Ivre- Ane- V- Animé- Nem- VI- Lit- Vérité- VII- Aimer- VIII- Bien- BD- IX- Bonheur- X- Nous- Saint.
VERTICALEMENT: 1- Genial- Bon- 2- OVNI- 3- ND- Rit- Ehu- 4- Ee- Em- Onos- 5- RTI- Ev- 6- Orca- Eahbs- 7- Soin- Ridea- 8- In- Enim- Ui- 9- TEE- Eieum- 10- Estimer.
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