Article · Sidwaya · 15 mai 2019 Citer
Mariage d'enfants au Burkina Faso : croisade dans trois régions
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Fabé Mamadou Ouattara
- Editeur
-
Sidwaya
- Date
- 15 mai 2019
- Description
-
Une caravane « Zéro mariage d’enfants », lancée le 3 mai 2019 à Dédougou par Laurence Ilboudo, a sensibilisé du 6 au 21 mai les populations de 15 communes sur les conséquences scolaires et sanitaires des unions précoces. Dans la Boucle du Mouhoun, les autorités ont recensé 142 cas en 2016, 157 en 2017 et 139 en 2018; les taux de filles mariées avant l’âge légal atteignent 34% dans la Kossi et 24% dans les Banwa. La campagne associait journalistes, agents sociaux et sanitaires, avec un objectif de 20 000 personnes touchées et 2 500 prestations de santé reproductive.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Sujet
- Hélène Marie Laurence Ilboudo-Marchal
- Mariage
- Abdoul Karim Ouédraogo
- Enfant
- Éducation
- Santé
- Planification familiale
- Sensibilisation
- Jeunesse
- Langue
- Français
- Source
-
Wayback Machine
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0001297
- contenu
-
Au lancement de la caravane, la ministre en charge de la femme, Laurence Ilboudo a encouragé les parents à laisser leurs enfants poursuivre les études et avoir la maturité physique avant toute union.
Le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l'Action humanitaire, en collaboration avec les ministères en charge de la santé et de l'éducation, organise une caravane intégrée de sensibilisation dénommée : “Zéro mariage d'enfants”, du 6 au 21 mai 2019, dans 15 communes des régions de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins et du Centre-Est.
Plus de la moitié des femmes burkinabè (53%) sont mariées avant l'âge légal de 18 ans, selon les chiffres de l'enquête démographique et de santé de 2010. Le Burkina Faso, grâce au Programme d'autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (en anglais SWEDD), est décidé à mettre fin à cette pratique qui compromet le droit à l'éducation des “enfants-épouses” et les expose à des risques sanitaires majeurs liés aux grossesses précoces, alors que leur corps n'y est pas physiquement préparé.
La ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l'Action humanitaire, Laurence Ilboudo a, à ce titre, donné le top de départ d'une campagne de sensibilisation, le 3 mai 2019 à Dédougou. Il s'agit, pour des agents de santé et de l'action sociale ainsi que des journalistes, de sillonner, du 6 au 21 mai, 15 communes des régions de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins et du Centre-Est.
Ainsi, des équipes de presse, de plaidoyer, d'animation grand public, de prestations gratuites de santé (dépistages de lésions précancéreuses, services de planification familiale, distribution de préservatifs…) ont été déployées dans ces zones à la rencontre des populations féminines et des leaders coutumiers et religieux. L'objectif étant de toucher 20 000 cibles, d'offrir au moins 2 500 prestations de services de santé de la reproduction et de planification familiale et d'obtenir au moins 15 déclarations fortes en faveur de l'abandon du mariage d'enfants, a annoncé le coordonnateur du projet SWEED au Burkina, Abdoul Karim Ouédraogo.
Six communes visitées dans la Boucle du Mouhoun
L'imam de Yé, Boubacar Dissa, a déploré l'attitude de la jeunesse actuelle qui est sexuellement précoce.
Cette mission organisée en collaboration avec les ministères en charge de la santé et de l'éducation consistera, en ce qui concerne les journalistes, à connaître les réalités de la pratique du mariage précoce dans les zones cibles, notamment, les perceptions des populations, les raisons et éventuellement les actions menées pour juguler le phénomène. La première étape, dans la région de la Boucle du Mouhoun a permis aux journalistes de découvrir des cas de filles mariées, avant l'âge légal, dans les communes rurales de Yé, Gassan, Sanaba, Bourasso, Ouarkoye et Bondoukuy.
En termes de prévalence dans la zone, le directeur régional en charge de l'action sociale, Ali Demè, a donné le chiffre de 34% de filles mariées précocement dans la province de la Kossi, 24% dans celle des Banwa, 22% au Nayala, 17% pour le Mouhoun et 7% dans les Balé, le Sourou n'étant pas répertorié. «Les données statistiques recueillies par nos services font état de 142 cas de mariage d'enfants en 2016, 157 cas en 2017 et 139 en 2018 », a détaillé M. Demè. Les causes sont diverses. Adjara Tinta, à Sanaba, 16 ans, a, par exemple, été retiré de l'école en classe de CM2, pour être donnée en mariage par son père sans qu'elle ait eu son mot à dire, ni su la raison.
Elle est aujourd'hui la troisième femme de son mari. Alice Benao, 17 ans, originaire de Dédougou, a quant à elle, dû déménager à Bourasso, au sein de la famille de son mari où elle peut confier son enfant à la maison afin de continuer les études. Elle a donc pu reprendre sereinement la classe de 4e, et a obtenu la moyenne lors des deux premiers trimestres. «Quand je suis tombée enceinte, mes parents m'ont interrogée et j'ai choisi de me marier. Je ne regrette rien», a-t-elle confié aux journalistes.
Ce qui fait dire à plusieurs leaders coutumiers et des imams rencontrés que la principale cause du mariage précoce des filles dans la région aujourd'hui est à rechercher dans leurs comportements sexuels. «Vous pouvez décider de garder votre fille jusqu'à ce qu'elle atteigne 18 ans. Mais à votre grande surprise, à 14-15 ans, l'enfant vient avec une grossesse. Ou bien, elle disparaît, et vous découvrez qu'elle est chez un garçon», a expliqué le premier adjoint au maire de Bondoukuy, Issouf Sawadogo. Des considérations d'ordre religieux subsistent également.
C'est le cas au niveau de Gassan où l'imam, El Hadj Sidiki Demè a soutenu sa conception selon laquelle, dès que la fille voit ses menstrues, elle est apte au mariage. Et selon lui, les règles apparaissent chez la jeune fille généralement à l'âge de 18 ans environ. Sa compréhension a été battue en brèche par les spécialistes de l'action sociale et de la santé qui accompagnent la caravane.
Au demeurant, il a été rappelé au leader religieux que l'âge légal du mariage au Burkina Faso est 18 ans et que la loi pénale condamne toute union célébrée avant cette date. El Hadj Demè s'est montré réceptif à la sensibilisation et a promis de relayer le message au sein de la communauté musulmane de sa localité. La caravane se poursuit et a établi ses quartiers dans les Hauts-Bassins pour la seconde étape de son parcours.
Fabé Mamadou OUATTARA
Comment citer ce document
Ouattara, Fabé Mamadou. “Mariage d'enfants au Burkina Faso : croisade dans trois régions.” Sidwaya, 15 mai 2019. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/3527.
Ouattara, F. M. (2019, mai 15). Mariage d'enfants au Burkina Faso : croisade dans trois régions. Sidwaya. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/3527.
Ouattara, Fabé Mamadou. “Mariage d'enfants au Burkina Faso : croisade dans trois régions.” Sidwaya, 15 mai 2019. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/3527.
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L’article rapporte certaines conceptions religieuses favorables au mariage précoce, mais mentionne aussi la réceptivité de l’imam et ne généralise pas ces positions à l’ensemble des musulmans.
L'article traite d'un sujet social sensible (mariage des enfants) avec une approche informative et sensibilisatrice, sans hostilité ni adhésion explicite envers l'islam ou les musulmans, malgré la mention de leurs positions.
L'article rapporte des faits et des déclarations sans exprimer de sentiment envers l'islam ou les musulmans ; les imams sont décrits comme réceptifs à la sensibilisation, ce qui reste factuel et sans jugement de l'article lui-même.
Le texte se borne à rapporter les positions des leaders religieux et l'action de sensibilisation de l'État sans porter de jugement global sur l'islam.
L'article rapporte la position traditionnelle de l'imam sur l'âge du mariage sans la commenter, note qu'il « s'est montré réceptif à la sensibilisation et a promis de relayer le message au sein de la communauté musulmane », sans adopter de ton valorisant ni dépréciatif envers l'islam ou les musulmans.
Centralité
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L’article porte principalement sur la lutte contre le mariage des enfants, mais il accorde une place significative aux imams, aux considérations religieuses et au relais du message dans la communauté musulmane.
Les imams et leaders religieux sont des acteurs clés de la caravane, avec leurs positions sur le mariage précoce discutées en détail, notamment leur vision religieuse de l'âge du mariage.
L'article traite de la campagne 'Zéro mariage d'enfants' et de la prévalence du mariage précoce au Burkina Faso ; l'islam n'apparaît qu'au travers des imams et des 'considérations d'ordre religieux' parmi les causes, sans être le sujet principal.
L'islam est mentionné à travers les interventions d'imams et les considérations religieuses comme facteurs ou leviers de lutte contre le mariage d'enfants.
L'article mentionne à plusieurs reprises des imams (Boubacar Dissa, El Hadj Sidiki Demè) et la « communauté musulmane de sa localité », et rapporte une justification religieuse du mariage précoce (« dès que la fille voit ses menstrues, elle est apte au mariage »), mais ces éléments restent subordonnés au sujet principal, qui est la campagne gouvernementale contre le mariage d'enfants en tant que problème de santé publique et de droit.
Subjectivité
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Plutôt objectif
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Le traitement est essentiellement factuel et s’appuie sur des chiffres et des déclarations attribuées, même si des formulations comme « battue en brèche » marquent légèrement le cadrage de l’article.
L'article rapporte des faits, des statistiques et des témoignages de manière équilibrée, en citant les positions des imams et des leaders coutumiers sans les endosser, tout en présentant les arguments des spécialistes de la santé et de l'action sociale.
Le ton est informatif et les propos des acteurs (ministre, coordonnateur, imams) sont rapportés avec attribution et distance, par exemple lorsque la conception de l'imam de Gassan est présentée comme battue en brèche par les spécialistes de l'action sociale et de la santé.
L'article relate les faits et les discours de manière informative, bien qu'il souligne l'opposition entre les arguments de l'imam et ceux des spécialistes de la santé.
Le texte est essentiellement factuel (dates, chiffres, citations attribuées), mais le choix du verbe « battue en brèche » pour décrire la réaction des spécialistes à la conception de l'imam El Hadj Demè introduit une légère marque d'appréciation sur le thème religieux, sans pour autant basculer dans l'opinion.
