Article · Sidwaya · 30 janvier 2004 Citer
Pèlerinage à La Mecque à pied : l'expérience de El Hadj de Abdoul Salam Kafando
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Etienne Nassa
- Editeur
-
Sidwaya
- Date
- 30 janvier 2004
- Description
-
Abdoul Salam Kafando, originaire de Tougouri et résidant à Ouagadougou, raconte son pèlerinage à La Mecque entrepris à pied avec son épouse et deux élèves coraniques aux premières années de l’indépendance de la Haute-Volta. Pour financer le voyage, il a cultivé du riz à Pouytenga, travaillé deux ans à Niamey pour le président Hamani Diori, puis séjourné à N’Djamena et deux ans à Khartoum, où il vendait de l’eau et effectuait des petits travaux. Le trajet a duré quatre ans et six mois; après quinze ans à La Mecque, il est rentré en Haute-Volta en 1979 grâce à un avion mis à disposition par le gouvernement saoudien.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Couverture spatiale
- Djibo
- Dori
- Fada N'Gourma
- Ouagadougou
- Pouytenga
-
Arabie saoudite
-
Soudan
- Djeddah
-
Nigéria
- La Mecque
-
Burkina Faso
- Niamey
-
Niger
- Kano
-
Tchad
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0000838
- contenu
-
Le Pèlerinage à La Mecque est un acte très important pour le fidèle musulman. Aussi, ils sont des milliers de nos jours à s'y rendre en avion et en quelques heures seulement. Mais des fidèles ont effectué le voyage à pied il y a de cela, plusieurs décennies. A cette époque, l'avion n'était accessible qu'à de rares privilégiés. Sidwaya a rencontré un de ces rares disciples de Mahomed ayant accompli le hadj à pied. Il raconte son aventure.
Il s'appelle Abdoul Salam Kafando. Il réside au secteur 30 de la ville de Ouagadougou. Son âge, il ne le connaît pas exactement. "Quand le Mogho Naaba Koom régnait j'étais déjà un jeune garçon", explique-t-il. A cet âge-là, ce n'est pas évident que l'on puisse se souvenir avec précision de certaines choses. Cela s'est ressenti dans notre entretien.
Abdoul Salam Kafando ne se rappelle plus des noms de certaines villes qu'il a traversées au cours de son voyage.
Son aventure commence à Pouytenga quand il décide de quitter Tougouri, son village natal dans la province du Namentenga pour aller à La Mecque. C'était aux premières années de l'indépendance de la Haute-Volta. "A cette époque, ce n'était pas tout le monde qui pouvait faire le pèlerinage en avion", explique-t-il.
Avec son épouse (qui avait un bébé), et ses deux élèves coraniques, il décide de s'arrêter dans cette localité pour se faire de l'argent indispensable pour le voyage. Il y a cultivé du riz pendant une saison. "J'ai récolté près de 100 sacs de riz paddy que j'ai vendu. Après cela, j'ai poursuivi ma route", indique Abdoul Salam. Il mettra trois jours pour rallier Fada N'Gourma, la deuxième étape de son voyage vers La Mecque. Notre pèlerin ne s'attardera pas dans cette ville. Il passera une semaine avant de poursuivre sa route, toujours en compagnie de son épouse et de ses deux élèves.
Après douze jours de marche, c'est Niamey la capitale du Niger qui accueillit Abdoul Salam et sa famille. Il y restera deux ans. "Il me fallait de l'argent pour continuer", explique-t-il.
A Niamey, la chance le mettra sur le chemin du premier président du Niger, Hamani Diori. "Il m'a embauché pour la culture du riz. J'étais payé à 6000 F CFA par mois, avoue-t-il.
Abdoul Salam fait observer que le président Hamani Diori était très satisfait de lui. "Il ne voulait même plus que je poursuive ma route".
Quelques mois après le retour du chef de l'Etat nigérien qui s'était lui même rendu sur les lieux saints, Abdoul Salam réussit à quitter Niamey avec sa famille pour Kano au Nigéria. Mais en voiture cette fois-ci. Son séjour dans cette ville n'a duré que deux jours.
N'Djamena, la capitale tchadienne fut l'étape suivante de nos voyageurs. Abdoul Salam indique qu'il est resté six mois à N'Djaména. "J'ai dû renvoyer mes deux élèves qui m'accompagnaient à leurs parents au village; mon frére qui résidait déjà à la Mecque me l'avait conseillé".
Abdoul Salam quitte donc N'Djamena six mois après pour le Soudan, dernière étape avant Arabie Saoudite. Notre pèlerin ne se souvient plus des noms des villes du Tchad qu'il a traversées avant d'entrer au Soudan.
Il nous a seulement expliqué que c'est un vaste territoire. Il a dit aussi que c'est à partir du Tchad qu'il a croisé d'autres futurs pèlerins avec lesquels il a fait chemin jusqu'au Soudan. "Certains étaient des peulhs de Dori, de Djibo mais il y avait aussi des Maliens et des Nigériens", précise-t-il.
A Karthoum, notre pèlerin séjournera deux ans. "Il me fallait de l'argent pour payer le bateau pour Djeddah. J'ai vendu de l'eau et effectué quelques petits boulots pendant les deux ans afin de me procurer la somme nécessaire".
De Djeddah à La Mecque, Abdoul Salam effectuera le trajet par autocar avec sa famille qui, entre-temps, s'était agrandie. Deux enfants étant effectivement nés au cours du voyage qui a duré 4 ans 6 mois.
Abdoul Salam dit avoir vécu quinze ans à La Mecque. Trois de ces enfants y verront le jour. En 1979, il décide de regagner son pays. "Je crois qu'à un moment donné, le gouvernement saoudien ne voulait plus de nous. Par un communiqué, il a annoncé qu'un avion sera à la disposition de ceux qui voulaient retourner dans leur pays et qui n'avaient pas les moyens. Je suis alors allé m'inscrire à l'insu de mon grand-frère. C'est ainsi que j'ai regagné la Haute-Volta. Un an après mon arrivée, Saye Zerbo a pris le pouvoir", souligne-t-il. Son frère aîné y est resté. Aujourd'hui, il est décédé mais ses enfants y vivent toujours, selon lui.
Comment citer ce document
Nassa, Etienne. “Pèlerinage à La Mecque à pied : l'expérience de El Hadj de Abdoul Salam Kafando.” Sidwaya, 30 janvier 2004. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/3068.
Nassa, E. (2004, janvier 30). Pèlerinage à La Mecque à pied : l'expérience de El Hadj de Abdoul Salam Kafando. Sidwaya. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/3068.
Nassa, Etienne. “Pèlerinage à La Mecque à pied : l'expérience de El Hadj de Abdoul Salam Kafando.” Sidwaya, 30 janvier 2004. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/3068.
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L’article présente favorablement la foi et la persévérance du pèlerin, décrit son long voyage avec intérêt et ouvre sur l’importance du pèlerinage pour le fidèle musulman.
L'article présente le voyage d'Abdoul Salam Kafando de manière descriptive et factuelle, sans exprimer de sentiment favorable ou défavorable envers l'islam ou les musulmans.
Le récit valorise la foi et la persévérance du pèlerin, présenté comme un « disciple de Mahomed » ayant accompli un acte « très important » ; l'article met en scène une aventure édifiante sans jamais porter de regard critique sur l'islam ou les musulmans.
L'auteur relate le parcours du témoin de manière factuelle, sans utiliser de lexique valorisant ou dépréciateur pour qualifier la pratique religieuse.
Le cadrage admiratif — « rare disciple de Mahomed », « notre pèlerin », le hadj qualifié d'« acte très important » — baigne l'ensemble du récit dans une bienveillance chaleureuse envers le fidèle et son cheminement spirituel.
Centralité
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L’article est entièrement consacré au hadj, à La Mecque et au parcours exceptionnel d’un fidèle musulman ayant effectué le pèlerinage à pied.
L'article est entièrement centré sur le pèlerinage à La Mecque (hadj), un acte religieux central dans l'islam, et sur le parcours d'un musulman accomplissant ce devoir.
L'article est entièrement consacré au récit d'un pèlerinage à La Mecque accompli à pied par un musulman burkinabè, avec la description de son itinéraire et de son séjour en Arabie saoudite.
L'article est entièrement dédié au récit d'un pèlerinage à La Mecque, mentionnant explicitement le « hadj » et le statut de « fidèle musulman » du protagoniste.
L'article est entièrement consacré au hadj d'Abdoul Salam Kafando, « rare disciple de Mahomed », de sa marche à pied depuis la Haute-Volta jusqu'à La Mecque, et de ses quinze ans de résidence aux lieux saints.
Subjectivité
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Plutôt objectif
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Le récit repose principalement sur des faits, des étapes et des citations d’Abdoul Salam Kafando, même si des formulations comme « notre pèlerin » et « son aventure » donnent une légère coloration valorisante.
L'article se limite à relater les faits du voyage d'Abdoul Salam Kafando avec un style informatif, sans jugement ni émotion marquée.
Le texte est essentiellement factuel et repose sur le témoignage du pèlerin, mais le choix narratif et certains termes (« aventure », « disciples de Mahomed ») trahissent une appréciation positive discrète.
Le texte adopte un ton narratif et informatif, se bornant à rapporter les propos d'Abdoul Salam Kafando sans y ajouter de commentaire personnel.
Le récit est essentiellement factuel (dates, lieux, durées, salaires), mais des formulations narratives comme « notre pèlerin » et « son aventure » introduisent une sympathie discrète sans jamais dégénérer en jugement explicite.