Article · L'Observateur Paalga · 9 avril 2014 Citer
Intelligence de la foi : trois défis pour le dialogue interreligieux !
- Type
- Article de presse
- Créateur
- P. Jean-Paul Sagadou
- Editeur
-
L'Observateur Paalga
- Date
- 9 avril 2014
- Description
-
Le dialogue interreligieux repose sur trois défis : une connaissance intime des croyances, pratiques et spiritualités d’autrui, la « conversion réciproque » proposée par Mgr Teissier en août 1975 à Louvain, et le « partage de la vérité » formulé par Claude Geffré. Sans abandonner sa foi, chacun accepte d’être transformé par l’autre et de reconnaître qu’il peut porter une vérité qui lui manque, afin de favoriser la paix et une coexistence harmonieuse. Les familles africaines, souvent composées de plusieurs traditions religieuses, ont un rôle majeur à jouer.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0000606
- contenu
-
Pourquoi favoriser le dialogue interreligieux aujourd'hui ? Comment, pour les chrétiens, concilier les exigences de l'annonce de l'Evangile avec celle du dialogue avec les autres croyants ?
La réponse à ces questions nécessite une prise de conscience des défis à relever en matière de dialogue interreligieux. Trois me paraissent particulièrement importants : la connaissance mutuelle, le besoin de conversion et la recherche d'une compréhension nouvelle de la vérité.
D'abord la connaissance mutuelle : il est important que nous travaillions à connaître la religion des autres. «Connaître la religion de l'autre signifie plus qu'être informé au sujet de sa tradition religieuse.
Cela implique entrer dans la peau de l'autre, marcher avec ses souliers, voir le monde, en un sens, comme l'autre le voit, poser les questions à l'autre, pénétrer dans le sens qu'a l'autre d'être un hindou, un musulman, un juif, un bouddhiste, ou quoi que ce soit» ( F. Wahling).
En tout cas, si nous tenons à préserver la paix civile dans nos pays, dans nos villes, dans nos quartiers, comme sur l'ensemble de la planète, si nous souhaitons que la diversité humaine et religieuse se traduise en une coexistence harmonieuse plutôt que par des tensions génératrices de violence, nous ne pouvons plus nous permettre de connaître vaguement les autres, de manière approximative, superficielle, grossière. Nous avons besoin de les connaître avec subtilité et dans leur intimité.
L'intimité d'une religion, c'est l'ensemble de ses croyances, de ses pratiques, de sa littérature, de sa spiritualité et de la vision qu'elle se fait de l'homme. Quelles que soient nos origines religieuses, nous sommes tous, dans ce monde, des «compagnons de voyage» appelés à construire un monde habitable pour tous.
Second défi : le besoin de conversion. Il ne s'agit pas de s'obliger à devenir musulman ou chrétien. Le besoin de conversion peut s'exprimer par la formule suivante : « la conversion réciproque ». Mgr Teissier, ancien archevêque d'Alger, est à l'origine de cette belle expression.
En août 1975, à la Semaine de missiologie de Louvain, il faisait la déclaration suivante : «Le respect que nos frères musulmans attendent de nous est le signe que la conversion n'est pas à sens unique, que les temps sont venus de la conversion réciproque dont Dieu seul connaît les conséquences sur chacun de nous et sur chacun de nos groupes.
C'est dans la recherche ensemble de la volonté de Dieu sur nous, chacun selon notre itinéraire propre, que nous nous rendrons disponibles à l'Esprit de Dieu. Il nous convertira les uns par les autres à un meilleur acquiescement à sa volonté et à un plus grand amour».
En tout cas, pour le chrétien, le Christ ressuscité ne pratique aucune discrimination. Dieu ne fait pas de différence entre les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste. Le dialogue suppose la conversion réciproque.
Et la conversion réciproque est une sorte de «retournement» qui s'effectue à l'égard de notre propre foi, par la médiation de l'autre croyant, en direction du Règne de Dieu. Sous le regard de l'autre, nous pouvons nous découvrir nous-même. L'amour du frère ne s'arrête pas à la porte du temple, de l'église ou de la mosquée.
Enfin, la recherche d'une compréhension nouvelle de la vérité. C'est ce que le théologien Claude Geffré appelle «le partage de la vérité». Qu'est-ce à dire ? Eh bien, on peut dire que dès qu'il s'agit de la foi, on n'est jamais dans une possession totalitaire de la vérité.
Autrement dit, comme l'affirme le pape François, «si quelqu'un dit qu'il a rencontré Dieu avec une totale certitude et qu'il n'y a aucune marge d'incertitude, c'est que quelque chose ne va pas.
Si quelqu'un a la réponse à toutes les questions, c'est la preuve que Dieu n'est pas avec lui, que c'est un faux prophète qui utilise la religion à son profit».
L'enjeu majeur donc, pour toutes les religions, c'est de créer la possibilité concrète de «partage de la vérité». Cela signifie que grâce au dialogue interreligieux chaque religion peut dépasser une conception insuffisante de sa propre vérité pour accéder à une vérité plus haute.
En fait, ce qui est vrai dans le domaine de tout dialogue interhumain l'est aussi dans le domaine du dialogue interreligieux, à savoir que, d'une certaine façon, nous avons besoin de passer par la vérité des autres pour mieux comprendre la vérité dont nous nous réclamons. Ce propos n'est pas banal. Il concerne tout dialogue qui va jusqu'au bout de ses exigences.
Non seulement il permet de mettre à l'épreuve nos propres convictions, mais grâce à ce dialogue nous pouvons découvrir que nous n'avons pas toujours vérifié intellectuellement ou existentiellement la vérité dont nous nous réclamons.
Mgr Pierre Claverie, ancien évêque d'Oran en Algérie, nous a laissé un message fort avant son assassinat en 1996 : «Le vrai dialogue n'existe qu'à partir du moment où l'autre est peut-être porteur d'une vérité qui me manque. Tout en gardant sa particularité, on peut s'enrichir mutuellement».
Relever ces trois défis n'est pas chose facile. Les familles africaines, qui vivent souvent avec différentes traditions religieuses en leur sein, ont un grand rôle à jouer.
Comment citer ce document
Sagadou, P. Jean-Paul. “Intelligence de la foi : trois défis pour le dialogue interreligieux !.” L'Observateur Paalga, 9 avril 2014. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2836.
Sagadou, P. J.-P. (2014, avril 9). Intelligence de la foi : trois défis pour le dialogue interreligieux ! L'Observateur Paalga. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2836.
Sagadou, P. Jean-Paul. “Intelligence de la foi : trois défis pour le dialogue interreligieux !.” L'Observateur Paalga, 9 avril 2014. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2836.
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Polarité, centralité à l’islam et aux communautés musulmanes, et subjectivité de cet article, évaluées indépendamment par GPT-5.6 Luna, Mistral Small 4, DeepSeek V4 Flash, Gemma 4 31B, Qwen3.8 27B. Lues directement dans la notice de ce document.
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Les musulmans sont présentés dans un cadre de respect, de fraternité et d’enrichissement mutuel, avec l’idée que le dialogue peut conduire à une « vérité plus haute » et à une coexistence harmonieuse.
L'article présente l'islam et les musulmans de manière très favorable, insistant sur la nécessité de les connaître et de dialoguer avec eux, sans aucune critique ou ton négatif.
Les musulmans sont décrits comme des « frères » dont on doit respecter l'attente, et l'article valorise la « conversion réciproque » et l'enrichissement mutuel, avec une bienveillance et une admiration constantes à l'égard de la foi de l'autre.
Le texte adopte un ton bienveillant, évoquant les « frères musulmans » et l'idée que l'autre peut être « porteur d'une vérité qui me manque ».
L'article présente l'islam et les musulmans de manière bienveillante et valorisante — « nos frères musulmans », « l'amour du frère ne s'arrête pas à la porte du temple, de l'église ou de la mosquée », « on peut s'enrichir mutuellement » — en les inscrivant dans une vision d'harmonie et de coexistence, sans aucune critique ou réserve.
Centralité
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Central
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L’islam et les musulmans sont régulièrement mobilisés dans l’argumentation sur le dialogue interreligieux, notamment à travers la « conversion réciproque », le respect des « frères musulmans » et la référence à la mosquée.
L'islam et les musulmans sont mentionnés à plusieurs reprises comme des acteurs clés du dialogue interreligieux, notamment dans la partie sur la connaissance mutuelle où il est question de connaître les musulmans et leur religion.
L'article est entièrement consacré au dialogue interreligieux, dont l'islam et les musulmans sont des partenaires nommément désignés (« musulman », « frères musulmans », « mosquée »), mais ce dialogue concerne aussi d'autres religions et la réflexion chrétienne, ce qui en fait un thème partagé plutôt qu'exclusif.
L'article traite du dialogue interreligieux en s'appuyant largement sur la relation entre chrétiens et musulmans, citant notamment des évêques ayant œuvré en Algérie.
L'islam et les musulmans constituent un axe majeur du raisonnement — « pénétrer dans le sens qu'a l'autre d'être un hindou, un musulman, un juif », « nos frères musulmans », la référence à l'Algérie chrétienne-musulmane (Mgr Teissier, Mgr Claverie) — mais ce thème est partagé avec la réflexion théologique chrétienne et la place d'autres traditions (hindou, bouddhiste, juif).
Subjectivité
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Très subjectif
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L’article défend explicitement une conception théologique et normative du dialogue, affirmant par exemple que « nous avons besoin de passer par la vérité des autres », même s’il s’appuie aussi sur des citations attribuées.
Le texte prend clairement position en faveur du dialogue interreligieux avec les musulmans, en citant des figures religieuses et en utilisant un ton engagé et valorisant.
L'article est un plaidoyer personnel écrit à la première personne (« je », « nous »), défendant une thèse spirituelle et morale avec des jugements de valeur explicites (« belle expression », « message fort », « propos n'est pas banal »), sans distance ni intention informative neutre.
L'auteur exprime un point de vue engagé et prescriptif, utilisant un lexique valorisant comme « coexistence harmonieuse » ou « belle expression ».
Le texte est une tribune théologique personnelle (« Trois me paraissent particulièrement importants », « nous ne pouvons plus nous permettre ») qui exprime un parti pris affirmé sur la nécessité du dialogue et de la conversion réciproque, avec très peu de matière factuelle et un engagement énonciatif constant.
