Article · Le Pays · 11 octobre 2015 Citer
Assaut meurtrier contre la gendarmerie de Samorogouan
- Type
- Article de presse
- Editeur
-
Le Pays
- Date
- 11 octobre 2015
- Description
-
L’attaque de la gendarmerie de Samorogouan, menée vers 4 heures par une cinquantaine d’hommes cagoulés, a tué trois gendarmes et blessé quatre personnes, dont des civils. Cet assaut, après ceux de Tambao, Déou et Oursy, est présenté comme un possible acte de représailles djihadistes contre la Transition et les tombeurs de Blaise Compaoré, même si la piste d’anciens éléments de l’ex-RSP reste envisagée. L’éditorial appelle à juger rapidement Gilbert Diendéré, démanteler l’empire financier de Compaoré et soutenir la sécurisation du pays.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Sujet
-
Blaise Compaoré
- Gilbert Diendéré
- Conseil national de la transition
- Démocratie
- Terrorisme
- Radicalisation
- Djihadisme
- Sécurité
- Couverture spatiale
-
Burkina Faso
- Langue
- Français
- Source
-
Le Pays
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0000252
- contenu
-
Depuis la mise en place de la Transition suite aux événements des 30 et 31 octobre derniers, des attaques (certaines ont été meurtrières) contre le Burkina ont été enregistrées. En effet, il y a eu d'abord l'attaque de la mine de manganèse de Tambao dans le Nord du pays, qui s'était soldée, on se rappelle, par l'enlèvement d'un Roumain chargé de la sécurité des lieux. Dans la même zone, il y a eu ensuite des assauts à la Kalachnikov contre le poste de douanes de Déou et la brigade de gendarmerie d'Oursy. Le dernier acte du genre vient de se produire dans l'Ouest du Burkina par des individus non identifiés, pendant que le pays était en train de pleurer les victimes du putsch manqué du général Diendéré.
L'insécurité est un phénomène qui ne date pas d'aujourd'hui
Les auteurs de cette attaque, une cinquantaine dit-on, cagoulés, ont fait irruption à la gendarmerie de Samorogouan vers 4h du matin, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le bilan est tout simplement effroyable : trois gendarmes tués et quatre personnes blessées dont des civils. L'on peut, avant de s'interroger sur l'identité des assaillants de Samorogouan, faire les remarques suivantes : certes, l'insécurité est un phénomène qui ne date pas d'aujourd'hui, mais ce genre d'attaques n'a jamais été observée sous le règne de Blaise Compaoré. La deuxième remarque est que l'on peut avoir l'impression d'assister à une sorte d'encerclement du Burkina par les forces du mal. Hier, c'était le Nord du pays qui avait reçu leur visite. Aujourd'hui, elles se signalent avec beaucoup de hargne, dans l'Ouest. L'on peut dès lors, si des mesures vigoureuses et efficaces ne sont pas prises contre le phénomène, se poser la question de savoir si le Sud, le Centre et l'Est du Burkina, encore épargnés, ne vont pas connaître leur part d'attaques dans les jours à venir. Ce qui ne serait pas pour déplaire aux anciens partisans du règne à vie de Blaise Compaoré, qui avaient déjà juré que sans leur mentor, le pays serait, à l'instar de certains de ses voisins, une zone de prédilection des attaques terroristes. Et ils savaient certainement de quoi ils parlaient. En effet, leur champion avait réussi le tour de force d'offrir le gîte et le couvert à des individus peu fréquentables sur lesquels pesaient de forts soupçons d'accointances avec les milieux terroristes, et aussi de posséder une expertise en matière de négociations pour la libération des otages aux mains de la nébuleuse djihadiste et terroriste. D'ailleurs, la qualité des relations que certaines chancelleries occidentales entretenaient avec Blaise Compaoré, pourrait trouver sa justification dans ce rôle obscur que ce dernier s'était proposé de jouer à dessein pour se rendre indispensable à la fois pour son pays et pour l'ensemble de la sous-région. De ce point de vue, il ne serait pas insensé de décrypter l'assaut meurtrier contre la gendarmerie de Samorogouan et tous les autres qui l'ont précédé comme des actes de représailles des mouvements djihadistes et terroristes contre les tombeurs de la personne en qui ils avaient placé leur confiance et qui le leur rendait bien.
Les amis du Burkina doivent aider le pays des hommes intègres à tourner définitivement la page Compaoré
Cette hypothèse est d'autant plus plausible que face à l'insécurité grandissante, le chef d'état-major général des armées, le général Pingrenoma Zagré, avait déclaré en juillet dernier que la menace djihadiste sur le Burkina Faso, était « une réalité qui n'est pas nouvelle ». Un autre élément que l'on pourrait verser dans l'hypothèse d'une attaque terroriste, est lié au fait que les autorités de la Transition avaient révélé récemment aux Burkinabè et au monde, que les putschistes du général Diendéré avaient prévu, dans leur plan de liquidation de la démocratie au Burkina, de faire appel à des forces terroristes au cas où les choses tourneraient mal. Mais il n'y a pas que cette seule piste qui pourrait être explorée à propos de l'assaut du poste de gendarmerie de Samorogouan. L'on pourrait aussi avancer d'autres hypothèses. La première consisterait à imputer cet assaut aux éléments de l'ex-RSP qui se sont évaporés dans la nature avec des armes qui, selon les autorités, ne peuvent pas déstabiliser le pays. On peut leur rétorquer que pour poser un acte terroriste, l'on n'a pas forcément besoin d'armes lourdes et sophistiquées. Même avec un pistolet artisanal, on peut le faire. En attendant que les enquêtes viennent élucider cette affaire, l'on peut déjà tirer les grands enseignements suivants et ce, en relation avec le putsch manqué que le Burkina vient de vivre. Le premier est que le Burkina a intérêt à juger rapidement, dans l'équité, la transparence et dans les normes, Gilbert Diendéré et ses présumés acolytes. Cela pourrait contribuer à sécuriser le Burkina en ce qu'il pourrait amener les putschistes à faire des révélations susceptibles de briser définitivement le rêve de tous ceux qui croient toujours à une restauration du système Compaoré. L'autre enseignement est que Blaise Compaoré, en tant qu'individu, est parti mais le pilier financier sur lequel reposait son régime, reste intact. Après s'être attaqué à son bras armé que représentait l'ex-RSP et après avoir invalidé la candidature de ceux qui l'avaient accompagné dans sa forfaiture, il reste à s'attaquer à son empire financier. Autrement, l'on peut être sûr que l'on n'est pas au bout de nos surprises. Dans cet ordre d'idées, les amis du Burkina, les vrais, tous ceux qui savent que les individus sont éphémères et que seules les nations sont éternelles, doivent aider le pays des hommes intègres à tourner définitivement la page Blaise Compaoré et son clan en apportant leur contribution à l'effort de sécurisation du pays, entrepris par la Transition. A cet effet, tous les Burkinabè épris de démocratie et de liberté doivent jouer leur partition en termes de renseignements, sans pour autant tomber dans la délation contre-productive.
« Le Pays »
Comment citer ce document
“Assaut meurtrier contre la gendarmerie de Samorogouan.” Le Pays, 11 octobre 2015. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2482.
Assaut meurtrier contre la gendarmerie de Samorogouan. (2015, octobre 11). Le Pays. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2482
“Assaut meurtrier contre la gendarmerie de Samorogouan.” Le Pays, 11 octobre 2015. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2482.
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Les groupes djihadistes sont associés à des attaques meurtrières, à la « nébuleuse djihadiste et terroriste » et à une menace d’encerclement du pays, sans que cette caractérisation soit étendue aux musulmans en général.
Les groupes djihadistes sont présentés comme une menace terroriste majeure, et le terme 'djihadiste' renvoie implicitement à une affiliation islamique, conférant une tonalité négative à la représentation de l'islam dans ce contexte.
Les mouvements djihadistes, qui se réclament de l'islam, sont décrits comme une « nébuleuse djihadiste et terroriste » et des « forces du mal », ce qui constitue un portrait nettement défavorable, mais l'article ne généralise pas aux musulmans dans leur ensemble.
Le courant djihadiste est représenté de manière hostile, associé systématiquement au terrorisme et décrit comme une « menace » et des « forces du mal ».
La terminologie négative (« forces du mal », « hargne », « nébuleuse ») est dirigée exclusivement contre les groupes armés et contre la figure politique de Compaoré, sans que l'article étende sa critique à l'islam en tant que religion ou aux musulmans en général ; le traitement reste celui d'une analyse sécuritaire et politique plutôt que d'un jugement sur la communauté religieuse.
Centralité
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L’article porte principalement sur l’insécurité et la transition politique au Burkina, mais développe l’hypothèse d’attaques liées à des « mouvements djihadistes et terroristes ».
L'article évoque des attaques attribuées à des groupes djihadistes, intégrant ainsi une dimension religieuse dans le traitement de l'insécurité.
L'article analyse principalement l'attaque de la gendarmerie de Samorogouan et développe longuement l'hypothèse d'une action de « mouvements djihadistes et terroristes », ce qui place l'islam au cœur de l'enquête, mais le texte aborde aussi le putsch manqué et la transition politique comme sujets parallèles.
L'article analyse une série d'attaques en les attribuant à la « nébuleuse djihadiste et terroriste », faisant de cette menace un axe majeur du cadrage sécuritaire.
L'article rend compte d'attaques contre des postes de gendarmerie et une mine, en cadrant explicitement les assaillants comme « mouvements djihadistes et terroristes » et en développant l'hypothèse d'« actes de représailles des mouvements djihadistes et terroristes contre les tombeurs » de Compaoré, ce qui fait de la dimension islamiste un axe structurant de l'analyse sécuritaire.
Subjectivité
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Très subjectif
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Plutôt subjectif
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Le texte mêle faits et spéculations, tout en employant un lexique fortement orienté comme « forces du mal », « avec beaucoup de hargne » et « rôle obscur ».
L'article critique ouvertement Blaise Compaoré et son régime, utilisant des termes comme 'rôle obscur' ou 'individus peu fréquentables', ce qui révèle une prise de position subjective sur la scène politique et sécuritaire.
L'article est un éditorial engagé qui multiplie les jugements et qualifications à charge : « forces du mal », « individus peu fréquentables », « rôle obscur », « forfaiture » ; il émet des hypothèses personnelles (« il ne serait pas insensé de décrypter ») sans distance critique.
Le texte adopte un ton éditorial marqué par des jugements de valeur et un lexique émotionnel, qualifiant notamment les assaillants de « forces du mal ».
Le texte est truffé de jugements et de formulations chargées sur la menace islamiste — « encerclement du Burkina par les forces du mal », « avec beaucoup de hargne », « nébuleuse djihadiste et terroriste » — et présente comme quasi-certitude une hypothèse (« il ne serait pas insensé de décrypter… comme des actes de représailles des mouvements djihadistes »), ce qui dépasse un simple compte rendu factuel.