Article · Le Pays · 11 novembre 2010 Citer
Moutons cherchent clients
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Aimé Nabaloum
- Editeur
-
Le Pays
- Date
- 11 novembre 2010
- Description
-
À quelques jours de la Tabaski 2010, les marchés à bétail de Ouagadougou connaissent une affluence inégale et des prix allant de 20 000 à 150 000 F CFA. Au marché de la gare routière, Issiaka Traoré achète deux moutons à prix abordable, tandis que l’imam Ousmane Kaboré demande aux vendeurs de modérer leurs tarifs, certains atteignant 80 000 F CFA. À Gounghin, les vendeurs dénoncent un emplacement invisible et l’absence de clients ; Inoussa Dianda affirme n’avoir vendu aucun mouton depuis quatre jours. Les acheteurs, dont Rasmané Barry, jugent les prix élevés après la rentrée scolaire mais restent contraints d’acheter.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0000159
- contenu
-
La Tabaski est une fête musulmane dont la célébration est synonyme d'immolation du mouton. C'est pourquoi elle est aussi appelée fête du mouton. Chaque chef de famille doit faire le sacrifice du mouton quand il en a les moyens. A quelques jours de la fête, ambiance dans quelques marchés à bétail de la place.
Plus que quelques jours, pour que les musulmans célèbrent la fête de la Tabaski. A l'instar des autres fêtes, la Tabaski est une fête qui occasionne des dépenses. Une angoisse pour beaucoup de chefs de famille, surtout que la vie devient de plus en plus chère au Faso.
Difficile de joindre les deux bouts, à plus forte raison de s'acheter un mouton pour que la fête soit plus belle, surtout qu'elle est religieuse. Pour l'occasion, les vendeurs sont allés chercher des moutons, qui à Ouahigouya, qui à Dori, qui à Djibasso, qui à Kaya ou Boulsa. Il ne faut pas rater l'occasion. Une affluence relative dans les marchés
A notre arrivée au marché de la gare routière (Ouagainter) le 11 novembre 2010, il était 10h 30. Evidemment, un marché qui grouille de vendeurs, de quelques clients autour de la "peuplade" de moutons. Nous sommes attiré par une discussion entre un client et des vendeurs. Il s'agit de Issiaka Traoré envahi par les nombreux vendeurs.
Chacun vante son mouton. A la question de savoir comment il appréciait le marché, la réponse est nette : "Peut-être que je suis venu plus tôt. Je suis là depuis 45 mn et ça vient de se passer très bien". Issiaka Traoré s'est procuré deux moutons pour ses parents. Pour lui, le fait qu'il soit venu tôt explique le prix abordable auquel il a acheté ses moutons.
Entre bêlements et hèlements, notre équipe arrive à se frayer un chemin. Nous avons été reconnu par les vendeurs, chacun voulant se faire entendre. Motif : "Il faut que les gens viennent, le marché est lent".
Une autre discussion plus loin, entre l'imam Ousmane Kaboré, résident du secteur 30 et un vendeur. "Je suis client, vous m'avez trouvé en train de marchander. Vous voyez, à 25 000 ou 30 000, si vous avez ce mouton-là, c'est vraiment bien.
Pour cette année, je rends grâces à Dieu. Mais je souhaite que les vendeurs soient raisonnables dans la fixation des prix". La fête est pour tous, renchérit l'imam Kaboré. Il faut donc diminuer les prix. Abdramane Ouédraogo vient d'arriver de Djibasso (province de la Kossi), avec une dizaine de moutons.
Il n'espère pas grand-chose, puisque le marché est lent et l'affluence morose. "A 50 000 F, je peux vous vendre à vous mais c'est un prix étudié", affirme-t-il. Il espère que d'ici le jour de la fête, il aura vendu sa dizaine de moutons.
Attendre les derniers jours
Ils sont nombreux les vendeurs qui attendent les derniers jours. A quatre jours, ils estiment que l'espoir est permis. Pour ceux-ci, leur prix est indiscutable. Notre dernier vendeur a fixé le prix de son mouton à 80 000 F CFA.
"Indiscutable, à prendre ou à laisser", confie-t-il. Quand notre équipe s'apprêtait à quitter les lieux, le couple Diawara s'en allait mais a tout de même répondu à nos questions, le mouton, sur la moto.
Pour Sékou Diawara , le prix est élévé et il pointe du doigt les autorités. Pour lui, il est plus que nécessaire de réguler le marché à bétail, à l'instar d'autres pays de la sous-région. Il fustige par ailleurs, le désordre dans la fixation des prix des bêtes en général au Burkina. Autre marché, autres réalités, malgré l'imminence de la fête.
Au marché de Gounghin, le vieux Mahamoudou Soré est notre premier interlocuteur. Il est le responsable du marché à bétail. Il estime que nous n'aurons que des vendeurs puisque le marché est caché. Il n'y a pas de clients.
Nous nous rendons vite à l'évidence. Nous n'avons affaire qu'à des vendeurs. Inoussa Dianda, vendeur, se prête volontiers à notre micro après que nous avons expliqué l'objet de notre visite, et sans attendre nos questions : "C'est Dieu seul qui va nous sauver.
Nous avons été relogés dans un trou. Nous sommes invisibles. Comment voulez-vous que les gens viennent ? Ils ne savent pas où nous sommes. C'est parce que vous êtes journalistes que vous nous avez retrouvés".
Lorsque nous l'avons interrogé sur l'affluence de la clientèle, Inoussa Dianda a répondu que depuis son retour de voyage, il y a quatre jours, aucun mouton n'a été vendu.
Il a terminé par le "Inch Allah" pour fonder son espoir que des clients viendront. Dans le marché de Gounghin, les prix vont de 20 000 F CFA à 150 000 F CFA, selon la bourse de chacun, a soutenu Brahima Ouédraogo .
Rien à "se mettre dans le micro", étions-nous tentés de dire. Alors que nous nous apprêtions à rebrousser chemin, nous apercevons Rasmané Barry. Il vient se procurer un mouton pour la fête.
Rasmané Barry a besoin de six moutons mais il estime que les prix sont élevés. Le marché n'est pas favorable. Néanmoins, il achètera, à son corps défendant, quelques moutons.
Il dit comprendre les vendeurs, mais la période de la fête, placée après la rentrée scolaire, c'est tout de même difficile. Il faut faire avec, conclut-il.
Comment citer ce document
Nabaloum, Aimé. “Moutons cherchent clients.” Le Pays, 11 novembre 2010. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2389.
Nabaloum, A. (2010, novembre 11). Moutons cherchent clients. Le Pays. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2389
Nabaloum, Aimé. “Moutons cherchent clients.” Le Pays, 11 novembre 2010. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/2389.
Visualisations
Sentiment IA
Polarité, centralité à l’islam et aux communautés musulmanes, et subjectivité de cet article, évaluées indépendamment par GPT-5.6 Luna, Mistral Small 4, DeepSeek V4 Flash, Gemma 4 31B, Qwen3.8 27B. Lues directement dans la notice de ce document.
Polarité
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Neutre
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L'article décrit factuellement les achats de moutons, les difficultés économiques et les échanges dans les marchés, sans dénigrer ni idéaliser l'islam ou les musulmans.
L'article décrit une situation socio-économique difficile (prix élevés, difficultés financières) sans porter de jugement de valeur sur l'islam ou les musulmans, se contentant de relater des faits et des opinions attribuées.
L'article ne prend pas position pour ou contre l'islam ni les musulmans : il rend compte de manière équilibrée des achats pour la Tabaski, des prix et des difficultés, sans lexique valorisant ou dépréciateur, tout en restant dans un registre informatif.
L'auteur relate les faits et les difficultés économiques liées à l'achat des bêtes sans porter de jugement ni exprimer de sentiment sur la religion ou les pratiquants.
L'article décrit la pratique du sacrifice et la vie des marchands sans jugement valorisant ni dépréciatif : l'obligation religieuse est présentée comme un fait (« Chaque chef de famille doit faire le sacrifice »), les difficultés économiques sont attribuées à la « vie » « de plus en plus chère au Faso » et non à la religion, et le « Inch Allah » du vendeur est rapporté sans commentaire.
Centralité
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Central
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Très central
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L'article est entièrement consacré à la Tabaski, présentée comme une fête musulmane, et à la pratique du sacrifice du mouton par les familles musulmanes.
L'article traite exclusivement de la Tabaski, fête musulmane majeure, avec des références constantes à des acteurs musulmans (imam, clients musulmans) et à des pratiques religieuses (immolation du mouton).
L'article est entièrement consacré à la préparation de la Tabaski, fête musulmane, depuis le premier paragraphe qui la définit comme 'fête musulmane' jusqu'aux reportages dans les marchés à bétail, avec des acteurs explicitement religieux comme l'imam Ousmane Kaboré.
L'article est centré sur la préparation de la Tabaski, définie d'emblée comme une « fête musulmane » dont le but est l'« immolation du mouton ».
L'ensemble du reportage est organisé autour de la Tabaski, définie explicitement comme « une fête musulmane dont la célébration est synonyme d'immolation du mouton », et la visite des marchés à bétail n'a d'autre objet que de montrer la préparation de cette obligation religieuse par les familles musulmanes du Faso.
Subjectivité
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Très objectif
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Plutôt objectif
Voir les justifications
Le traitement repose surtout sur des observations de terrain et des témoignages attribués, même si quelques formulations comme « une angoisse pour beaucoup de chefs de famille » ajoutent une légère appréciation.
Le texte adopte un ton journalistique classique avec des interviews variées (vendeurs, clients, imam) rapportées sans commentaire éditorial, et une mise en scène factuelle des échanges.
Le reportage est essentiellement descriptif et factuel (prix, témoignages, scènes de marché), mais l'angle choisi — mettre en avant les difficultés économiques des fidèles — et quelques commentaires comme 'Une angoisse pour beaucoup de chefs de famille' trahissent une appréciation discrète sur la situation des musulmans à l'approche de la fête.
Le texte adopte un ton de reportage journalistique, se limitant à décrire l'activité des marchés et à rapporter fidèlement les témoignages des commerçants et clients.
Le texte adopte un ton de reportage observational (« A notre arrivée au marché de la gare routière… il était 10h 30 ») et multiplie les citations directes de vendeurs, d'un imam et de clients sans prendre position, la seule trace d'appréciation étant la mention d'« angoisse pour beaucoup de chefs de famille », qui concerne la dimension économique plutôt que le thème religieux lui-même.
