Article · Le Pays · 7 janvier 1993 Citer
Triandé Toumani : "Les médersas ne dispensent pas un enseignement au rabais"
- Type
- Article de presse
- Créateur
- Ahl-Assane Rouamba
- Editeur
-
Le Pays
- Date
- 7 janvier 1993
- Description
-
Triandé Toumani, président de la Communauté musulmane, se félicite de la restitution des médersas et annonce la reprise de leur réorganisation dans le cadre de l’enseignement privé. Les fermetures et la baisse des effectifs — de 3 000 élèves à 500 ou 600, après notamment la fermeture de la médersa de Gounghin, qui comptait neuf classes — ont entraîné des compressions de personnel. Il défend un enseignement général bilingue, en français et en arabe, dispensé par des enseignants égyptiens et burkinabè compétents, qui offrirait aux élèves les mêmes chances d’emploi que les autres écoles, y compris dans les pays arabes.
Annotations de valeur
- AI Model - Summary
- GPT-5.6 Luna
- nombre de pages
- 1
- Sujet
- Communauté Musulmane du Burkina Faso
- Enseignement confessionnel islamique
- Toumani Triandé
- Médersas
- Éducation
- Chômage
- Langue
- Français
- Contributeur
-
Frédérick Madore
- Identifiant
- iwac-article-0004830
- contenu
-
Triandé Toumani : “Les médersas ne dispensent pas un enseignement au rabais” Problème des medersas au Burkina ; le Président de la Communauté musulmane apporte des informations, pour éclairer l’opinion publique.
“Le Pays " : M. Le Président, les medersas ont été restituées à la communauté musulmane. Quel est votre sentiment à ce propos ?
Triandé Toumani : Merci bien, j'apprécie beaucoup votre démarche ; en ce sens que c'est un sujet qui nous préoccupe tous, je veux dire, la communauté musulmane, les parents d'élèves et tous ceux qui ont suivi le problème. Le sentiment que j’exprime ici, n’est pas seulement personnel, mais également collectif ; c'est le sentiment de tous les responsables de la Communauté, des parents d’élèves : c'est un immense sentiment de satisfaction parce que justice a été faite.
“Le Pays” : Que pouvez-vous dire au sujet du statut des medersas ?
Triandé Toumani : Les statuts des medersas sont toujours en étude ; vous avez dû suivre le colloque sur l’Enseignement privé qui s’est tenu dernièrement à Ouahigouya. Il y a eu pas mal de recommandations que nous devons mettre en application. Nous sommes également sur le point d’organiser des journées d'étude qui vont se tenir probablement dans la troisième semaine de Janvier et je crois que le problème y sera évoqué. De toute façon, les statuts des medersas ne peuvent que s'inscrire dans le cadre de l'Enseignement privé, cadre établi par les autorités du pays.
“Le Pays" : Comment a-t-on résolu les problèmes des medersas à ce jour?
Triandé Toumani : Résoudre les problèmes ? il n'y avait pratiquement pas de problème à résoudre ! Il fallait tout simplement remettre les medersas à qui de droit ! II y a eu beaucoup de dégâts certainement, car nous avons été môme obligés de fermer certaines medersas comme celle de Gounghin qui comptait neuf classes ; les niveaux primaires et secondaires de la medersa centrale vivotent. Celles de Zogona et de Tanghin vivotent également et il faut mettre de l'ordre dans tout ça. Il y a eu beaucoup de dégâts tant au niveau de l'enseignement qu'à celui du personnel, et cela nous a conduit à des compressions de personnel car nous n'avons plus beaucoup d'élèves : sur 3.000 élèves que comptait l'ensemble des medersas, il ne nous reste guère que 500 ou 600, même pas un millier ; cette compression de personnel suscite des remous actuellement, mais on y trouvera également une solution.
“Le Pays" : Qu'est-ce qui a été fait d'une part, pour uniformiser les programmes d’enseignement, et d’autre part, pour adapter leur contenu pédagogique aux réalités de notre pays ?
Triandé Toumani: (Rires) Vous posez là, une question très pertinente. En ce qui concerne l'uniformisation des programmes, un travail avait déjà été fait, il y a 4 ou 5 ans, peut-être même au début de la révolution. Les documents avaient déjà été élaborés en arabe et il restait à les traduire en français étant donné que parmi les responsables de l’éducation (inspecteurs et autres) il n’y a aucun arabophone. Seulement, entre-temps, Il y a eu cette cassure entre ceux qui nous avait retiré nos medersas, et nous. Voilà ce qui nous avait contraint à arrêter le travail. Depuis le colloque sur l’enseignement privé, nous avons des vues plus claires et nous allons certainement mettre à profit les grandes vacances à venir et à la rentrée prochaine, s’il devait se trouver que nous n'avons pas abattu tout le travail, au moins quelque chose aura été fait.
“Le Pays" : Quelles perspectives y a-t-il pour les élèves formés dans ces établissements, notamment en ce qui concerne l'emploi ?
Triandé Toumani : Ces élèves ne sont pas différents des autres élèves (je veux parler des élèves des écoles publiques, des écoles privées, notamment catholiques, protestantes, etc.). Je veux dire que sur le plan de l'emploi, nul ne peut se targuer de n’avoir pas de difficulté, dans aucun pays ; même aux Etats Unis et en France, le problème du chômage se pose ; du reste, l’école n’est pas là pour former des employés, il y a des écoles spéciales pour former des travailleurs. La medersa dispense un enseignement général. La spécificité est que l'enseignement a lieu en français et en arabe et elle n’en a pas d’autres. Les élèves qui sortent de ces medersas ont donc les mêmes chances que les autres élèves du Burkina, de trouver de l’emploi. Ils ont même plus de chance puisque dans les pays arabes, ils peuvent être embauchés.
Nous avons donc beaucoup d’espoirs quant à l'avenir des élèves sortant des medersas, l’enseignement n’y est pas un enseignement au rabais comme tentent de le faire croire certains : nous avons en ce moment à la medersa centrale, des professeurs égyptiens, burkinabè très compétents. Il suffit qu’on se réorganise pour que les choses aillent bien. Je vous remercie.
Interview réalisée par : Rouamba Ahl-Assane
Comment citer ce document
Rouamba, Ahl-Assane. “Triandé Toumani : "Les médersas ne dispensent pas un enseignement au rabais".” Le Pays, 7 janvier 1993. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/10080.
Rouamba, A.-A. (1993, janvier 7). Triandé Toumani : "Les médersas ne dispensent pas un enseignement au rabais". Le Pays. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/10080
Rouamba, Ahl-Assane. “Triandé Toumani : "Les médersas ne dispensent pas un enseignement au rabais".” Le Pays, 7 janvier 1993. https://islam.zmo.de/s/afrique_ouest/item/10080.
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L’article rapporte principalement les propos du président de la Communauté musulmane sans commentaire éditorial propre, même si celui-ci défend positivement les médersas.
L'article défend et valorise les médersas et leur enseignement, rejetant l'idée d'un enseignement de moindre qualité et soulignant la compétence des professeurs et les perspectives d'emploi des élèves.
L'article rapporte les déclarations favorables du président de la communauté musulmane, mais ne les endosse pas : aucune formulation orientée, ni sélection à charge ; le ton demeure informationnel.
Le journal se contente de rapporter les propos du président de la Communauté musulmane sans ajouter de commentaire valorisant ou dépréciateur.
L'article se borne à transmettre les déclarations du président de la Communauté musulmane sans les endosser ni les contredire ; les éléments factuels (fermeture de la médersa de Gounghin, compression de personnel, colloque à Ouahigouya) sont rapportés sans adjectif valorisant ni dépréciatif de la part du rédacteur.
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L’article est entièrement consacré aux médersas, à leur statut, leur enseignement et à leur avenir au sein de la communauté musulmane.
L'article traite exclusivement des médersas, institutions islamiques, et est centré sur la communauté musulmane à travers l'interview de son président.
L'article est entièrement consacré aux medersas, institutions d'enseignement islamique, et à leur gestion par la communauté musulmane, à travers une interview de son président ; l'islam et les musulmans constituent le sujet principal.
L'intégralité de l'article est consacrée au fonctionnement, au statut et à la qualité de l'enseignement dans les medersas.
L'interview porte intégralement sur les médersas (écoles coraniques) restituées à la Communauté musulmane du Burkina : leur statut, leurs effectifs passés de 3 000 à 500-600 élèves, leurs programmes bilingues français/arabe et l'avenir de leurs diplômés.
Subjectivité
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Le texte prend la forme d’une interview et attribue clairement les jugements favorables à Triandé Toumani, notamment lorsqu’il affirme que « l’enseignement n’y est pas un enseignement au rabais ».
L'article rapporte abondamment les opinions, sentiments et jugements de valeur du Président de la Communauté musulmane et de ses membres, avec des expressions comme « immense sentiment de satisfaction » ou « l’enseignement n’y est pas un enseignement au rabais ».
Le journaliste se borne à poser des questions factuelles et à relater les propos de Triandé Toumani sans les commenter, ni les prendre à son compte ; les opinions exprimées sont explicitement attribuées à l'interviewé.
L'article adopte une forme d'interview avec des questions ouvertes et factuelles, laissant l'interlocuteur s'exprimer sans intervention subjective du journaliste.
Le format est une interview Q&A où les questions du journaliste sont neutres et les opinions de M. Toumani (« immense sentiment de satisfaction », « l'enseignement n'y est pas un enseignement au rabais ») sont clairement attribuées, sans commentaire éditorial de la rédaction.


