L'Afrique des laïcités, c'est d'abord quatorze pays qui célèbrent un demi-siècle d'indépendance, non sans avoir inscrit au préalable la laïcité de l'occupation coloniale française dans leur constitution. Quatorze pays qui sont en proie à un scepticisme croissant à l'égard d'une action publique incapable d'endiguer les processus de paupérisation, tandis que les acteurs religieux interviennent de plus en plus massivement au sein des économies morales et politiques nationales. Trente chercheurs africains et européens analysent les tensions et les accommodements entres les différents acteurs de ces économies, examinant les modalités suivant lesquelles se décline et se dit la laïcité au sein des différents contextes nationaux. Ils passent en revue les formations étatiques précoloniales qui ont pu opérer une séparation entre l'État et les cultes, avant d'aborder l'exercice d'une gouvernance coloniale fort peu laïque, puis les pouvoirs autoritaires africains qui se sont en partie déchargés sur les instances religieuses pour « développer » ou acculturer leur société. Ils pointent enfin la façon dont les différends qui s'articulent autour des débats actuels sur la laïcité croisent ou accentuent d'autres tensions sociales touchant notamment aux questions identitaires et de genre et, plus généralement, aux exigences de démocratisation et des modernités africaines. Ouvrage de référence, l'Afrique des laïcités. État, religion et pouvoirs au sud du Sahara traduit l'amorce d'une nouvelle époque, celle d'une indépendance vécue cette fois-ci de l'intérieur, où les peuples africains et leurs élites sociales forcent désormais les pouvoirs publics à penser et mettre en place leur propre « laïcité », y compris dans des contextes parfois tendus ou dramatiques.
La sharia bientôt à Bamako ou à Ouagadougou ? Pas si incroyable. En vingt ans, l’Afrique est devenue le terreau fertile de l’idéologie islamiste. Cet essai inédit explique les facteurs de l’expansion réussie des groupes djihadistes et ses conséquences dramatiques pour les populations.
Après avoir prospéré au Moyen-Orient et dix ans après Serval – l’intervention militaire française au Mali –, les groupes djihadistes ont désormais étendu dangereusement leur influence sur le continent africain. L’implosion de la Libye, le renversement du régime de Ben Ali en Tunisie, la chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso et le retrait français après l’arrivée des milices russes Wagner leur ont offert des opportunités inespérées. Ces groupes occupent désormais des zones entières au Mali, au Tchad, au Burkina Faso, au Niger, jusqu’au golfe de Guinée.Fort de son expérience sur le terrain, Luis Martinez nous explique comment l’une des régions les plus peuplées et les plus jeunes de la planète est devenue la proie de l’islam radical. Profitant des nombreuses failles intérieures économiques, démographiques et politiques, les djihadistes offrent des solutions aux communautés locales, pauvres à l’extrême, en capitalisant sur un profond ressentiment post-colonial et l’abandon de la part d’élites corrompues et indifférentes à leur sort. Il y a urgence à restaurer des États capables de sécurité et de stabilité. Cet immense défi nous concerne tous.
La these est une etude sur la culture arabe et islamique au moogo (pays mossi = moose), elle comprend quatre parties : les agents et les facteurs de l'introduction de la culture arabe et islamique en pays mossi dans le passe et dans la situation actuelle : les artisans, les commercants venus de l'etranger, ainsi que les pelerins de la mecque, les confreries et les associations islamiques forment la premiere partie. En seconde partie, les matieres enseignees dans les ecoles, le programme d'enseignement, le contenu des manuels de lecture et de religion sont exposes. La troisieme partie concerne les fondateurs d'ecoles, l'origine sociale et religieuse des maitres et des eleves, leur mode de vie, les materiels scolaires, l'organisation des ecoles, les ressources des etablissements, le recrutement des maitres et des eleves, la didactique, les examens et les debouches. Enfin, la derniere partie est une etude sur la culture arabe, islamique et celle des moose (burkina faso) au point de vue d'emprunt, de la croyance, le mariage, le bapteme, les funerailles et les systemes de partage d'heritage.
Arab and Islamic culture is made available to students in several venues. In the Soaw district, there are, on the one hand, the Coranic school which was introduced back in the 16th century by Yarse Muslims, and, on the other hand, the medersa which was founded as late as 2001. Both systems teach Arab and Islamic culture. The difference between the two, however, is that the objective of the former is not to teach Arabic, but to transmit religious knowledge; it does not help learners to find jobs after the completion of their studies. The medersa, on the other hand, teaches how to read and write Arabic with a view to engage in a professional activity. In other words, the Coranic school teaches only religion, and Arabic is translated into and explained in the vernacular teaching language. The medersa teaches religion, Arabic, French and a number of scientific disciplines, which are explained either in Arabic or in French.
La proximité de pays étrangers a fait de la région de Bawku au Ghana une zone propice aux échanges d'idées, de techniques, de produits. On y voit coexister plusieurs religions, et, pour ce qui est de l'islam, plusieurs tendances comme des sunnites, des adeptes de la confrérie tidjane, mais aussi des Wahhabites. L'auteur a cherché à comprendre comment s'est propagé l'islam dans la région de Bawku, où vit un rameau de la famille maraboutique, et à quel point l'enseignement coranique a été un agent important à cet égard. L'étude est fondée sur les données d'enquêtes de terrain menées sur place et d'entretiens avec des musulmans appartenant à la plupart des groupes de population présents dans la ville, dont des descendants des premiers enseignants venus au cours de la période coloniale. Elle évoque les liens entre le Ghana et la Haute-Volta d'alors (Burkina Faso). L'auteur a observé l'évolution de l'instruction musulmane de chaque côté de la frontière et les répercussions survenues à Bawku après l'indépendance (1957), quand une certaine orientation politique, au Ghana puis au Burkina Faso, a favorisé la modernisation des méthodes pédagogiques et des enseignements.
Whilst religious radicalism is at the heart of media and scientific preoccupations, this study shows that, in Burkina Faso, Muslim authority has experienced a steady regression in the urban environment of Ouagadougou. On the basis of interviews conducted with young Muslims at the University of Ouagadougou, the article proposes a reflection on the factors that are causing such an erosion of authority. If the spiritual dimension of this authority is not being called into question, the temporal dimension is undergoing a process of de-legitimisation, which is increasing in line with the interpenetration of the religious and political spheres as well as the discrediting of the semi-authoritarian regime of Blaise Compaoré. In addition to highlighting the fragmentation of the sectors of authority, the study allows for better identification of the position of youths ("cadets sociaux") in the religious field.
Allahu akbar, « Allah est grand » ou « Allah est le plus grand », est une expression arabe à l’origine ordinaire, entendue quotidiennement, surtout dans des localités où se trouvent les mosquées qui l’utilisent pour annoncer les cinq prières journalières recommandées en islam. Lorsque les groupes armées terroristes prononcent ces mots, ils sont considérés comme un « cri de guerre ». Allahu akbar a pris une connotation négative à cause de son utilisation dans des situations d’une extrême violence, en particulier dans les attaques dites terroristes causant des tueries individuelles ou de masse.
Cet article est inspiré d’une étude de cas de l’attaque armée contre la gendarmerie de Samorogouan au Burkina Faso en 2015, une attaque non revendiquée par aucun groupe armé. A partir d’une recherche essentiellement qualitative, l’objectif de cet article est de comprendre les changements socio- politiques, sécuritaires et religieux liés à l’incantation de Allahu akbar lors d’une attaque armée.
Sous la révolution sankariste, des centaines de scolaires musulmans burkinabè, auparavant militants de l'Association des élèves et étudiants musulmans de Côte d'Ivoire (AEEMCI), ont commencé à rentrer de ce pays pour poursuivre leurs études à l'université, au Burkina Faso. Dotés d'une expérience en gestion d'associations islamiques en milieu académique, ils trouvent sur place une association islamique non officielle de scolaires, basée à Ouagadougou.
Ce retour a coïncidé avec la création de l'Association des élèves et étudiants musulmans au Burkina (AEEMB) en 1985. Comment le retour de cette diaspora burkinabè a-t-il influencé l'évolution de l'islam en milieux scolaire et estudiantin ? En quoi les autres associations musulmanes en ont-elles été influencées ? Quels sont les signes manifestes de l'impact de la diaspora musulmane sur tout le territoire burkinabè ?
Pour y répondre, nous avons adopté une approche qualitative, en menant des enquêtes de terrain et en faisant immersion dans de nombreuses activités de l'AEEMB dans plus de quinze villes, dont Ouagadougou, Bobo – Dioulasso, Ouahigouya et Koudougou. En outre, des recherches documentaires ont permis d'approfondir notre investigation.
Nous avons constaté que l'AEEMB est présente dans toutes les provinces du pays, dont les lycées publics de ses principales villes et ses universités publiques disposent d'une mosquée en lien avec cette structure. En outre, des milliers de ses militantes portent le voile et fréquentent la mosquée. Enfin, l'Association a des relations avec les autres associations islamiques nationales et sous-régionales.